Le 2 octobre 1968, dix jours avant l’ouverture officielle des Jeux Olympiques de Mexico, une manifestation étudiante se déroule à Mexico, sur la Place des Trois Cultures, au lieu-dit Tlatelolco. Elle est réprimée dans le sang par l’armée. On compte environ 300 morts.
Avec ce « Massacre de Tlatelolco », le président Díaz Ordaz a voulu étouffer le mouvement estudiantin avant l'ouverture des Jeux. Ceux-ci allaient se dérouler sans autre drame public. On allait néanmoins en conserver le souvenir du poing levé des athlètes noirs américains.
Le contexte de la montée du mouvement étudiant de 1968
Le Mexique des années 1960, qui compte plus de 47 millions d’habitants contre 128 millions aujourd’hui, est alors dominé par le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI). Corrompu et autoritaire, il dirige le pays d’une main de fer depuis plus de trente ans sans discontinuer.
La jeunesse mexicaine, inspirée par les mouvements contestataires qui mobilisent les jeunes des États-Unis à l’Europe, en passant par l’Amérique latine, revendique des réformes politiques et sociales.
Le mouvement étudiant mexicain de 1968 s’inscrit dans cette dynamique internationale. Il prend de l’ampleur à la suite d’une première manifestation en faveur de Fidel Castro, le 26 juillet 1968, qui s'était soldée par deux morts, victimes de brutalités policières.
Le conflit dégénère en manifestations de grande envergure. Les étudiants dénoncent l’autoritarisme du gouvernement mexicain, et demandent plus de libertés politiques et sociales, dont l’abrogation des lois répressives. Leur slogan, « Libertad democrática », fait écho aux aspirations des jeunes pour une démocratie réelle.
Les événements du 2 octobre 1968 : le massacre de Tlatelolco
Le 2 octobre 1968, dix jours avant l'ouverture des Jeux Olympiques de Mexico, une manifestation pacifique est organisée par le Conseil national de grève (CNH - Consejo Nacional de Huelga), composé d'étudiants de diverses universités.
Des milliers de personnes - on estime à 8 000 le nombre de personnes présentes - dont des étudiants, des professeurs et des familles, se rassemblent à Tlatelolco, sur la Place des Trois Cultures, au cœur des quartiers historiques de Mexico, pour protester contre le gouvernement.
Aux alentours de 18h00, alors que les manifestants écoutent les discours, les forces armées mexicaines et la police entourent la place. Sans avertissement, des coups de feu éclatent. Les soldats, ainsi que des membres du Bataillon Olympia, une unité spéciale, commencent à tirer sur la foule. Le massacre fait de nombreuses victimes : le nombre exact reste incertain, car les autorités mexicaines de l’époque ont minimisé les pertes et censuré les informations relatives à l’événement.
Des estimations évaluent le nombre de morts entre 300 et 500, sans compter des milliers de personnes sont blessées ou arrêtées. Le secrétaire de l’Intérieur, Luis Echeverría, futur président du Mexique (1970-1976), est accusé d'avoir orchestré cette répression violente.
Les autorités, sous la présidence de Gustavo Díaz Ordaz, sont accusées d’avoir voulu étouffer le mouvement étudiant, craignant qu'il ne ternisse l'image du Mexique à l'international à l’approche des Jeux Olympiques.
Le gouvernement justifie l'intervention militaire en invoquant la nécessité de rétablir l'ordre et d’empêcher une supposée insurrection communiste dans le contexte de la « guerre froide ».
Les conséquences de la répression
Si ce massacre met fin au mouvement étudiant de 1968 et est éclipsé par les Jeux Olympiques, il crée également une profonde défiance à l’égard du PRI et de son pouvoir autoritaire, jetant les bases d’une opposition politique plus forte dans les années suivantes.
La date du 2 octobre devient un symbole de la lutte pour la justice et contre la répression. Des marches commémoratives sont organisées chaque année, avec pour slogan « 2 de octubre no se olvida » (« On n’oublie pas le 2 octobre »). Le massacre devient également un point de ralliement pour les mouvements sociaux et démocratiques qui émergeront au Mexique dans les décennies suivantes.
Sur le plan juridique, les responsables du massacre, notamment Luis Echeverría, sont poursuivis plusieurs décennies après les événements. En 2006, Echeverría est mis en examen pour génocide mais le procès n'aboutit pas à une condamnation ferme..










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mao-c-tou (16-05-2006 08:19:03)
C'est surtout un fait historique qui a fait que les USA sont ce qu'ils sont maintenant, on aime ou on aime pas, moi j'aime.