25 septembre 1513

Balboa découvre l'océan Pacifique

Vasco Núñez de Balboa, découvreur du Pacifique (Jerez de los Caballeros, Castille, 1475 - Acla, Panama, 15 janvier 1519)Le 25 septembre 1513, le conquistador espagnol Vasco Núñez de Balboa (38 ans) arrive après plusieurs jours de marche à travers la cordillère d'Amérique centrale en vue d'un océan encore inconnu des Européens.

Il le baptise « Grande mer du Sud » (en espagnol, « mar del Sur ») et, pénétrant dans ses eaux, en prend possession au nom du roi d'Espagne.

Six années après les rapports de voyage d'Amerigo Vespucci, traduits sur une carte du géographe Waldsemüller, il démontre que les terres découvertes par Christophe Colomb constituent bien un Nouveau Monde, séparé de l'Asie par un grand océan.

C'est ainsi que l'océan Pacifique, colonisé depuis des siècles par les ancêtres des Polynésiens, entre dans la réalité européenne. Son nom actuel lui sera donné huit ans plus tard par Magellan, quand le grand navigateur portugais aura découvert la voie maritime permettant d'y accéder.

Soif de l'or

Après une jeunesse désordonnée, Balboa a quitté en 1500 son Estrémadure natale pour participer à la colonisation de l'île d'Hispaniola (Saint-Domingue).  En 1509, pour échapper à ses créanciers, il se joint clandestinement à une expédition destinée à porter secours à une petite colonie espagnole, sur la côte sud-américaine, près du golfe de Darién ou golfe de Panamá.

Toléré à contrecoeur par le chef de l'expédition (l'adelantado) Fernández de Enciso, Balboa se rend populaire auprès de ses compagnons par son charisme et sa connaissance du pays. Avec le concours d'Indiens locaux, il transfère la colonie vers des terres fertiles et paisibles, proches de l'isthme de Panamá. 

Jugé trop rigide, Enciso est désavoué par ses hommes et ces derniers portent à leur tête Balboa qui s'octroie bientôt le titre de gouverneur de la nouvelle colonie, Santa Maria de Darién. Il poursuit de difficiles explorations dans l'actuelle Colombie en quête d'un mythique pays de l'or. C'est ainsi qu'il apprend de la bouche des Indiens qu'il existerait une «grande mer du Sud» de l'autre côté de la chaîne de montagnes (la cordillère qui traverse du sud au nord l'isthme centre-américain). 

Balboa se sait mal vu à Madrid du fait de sa promotion illégale par voie de mutinerie. Pour se donner une nouvelle légitimité, il décide de partir sans tarder à la découverte de cette mer. Il monte pour cela une expédition d'environ 200 Espagnols, bientôt renforcée par quelques centaines d'Indiens. La traversée de l'isthme de Panamá et le franchissement de la cordillère s'effectuent en un peu plus de trois semaines, entrecoupés de quelques combats avec les Indiens de rencontre. 

Enfin, la petite troupe, du haut d'un col, découvre à ses pieds l'étendue maritime tant rêvée. C'est la preuve qu'il est possible de franchir l'obstacle américain et d'atteindre enfin les riches terres à épices d'Asie !

Ingratitude

De retour à Santa Maria, Balboa n'est guère récompensé. La couronne espagnole, qui n'a pas oublié l'atteinte portée à son autorité, envoie dans la colonie une expédition de 1500 hommes, la plus importante qui ait jamais jusque-là traversé l'Atlantique. Balboa s'incline et remet la charge de gouverneur au commandant de l'expédition, Pedro Arias Dávila.

De sa rétrogradation, il se console en caressant le projet de reprendre l'exploration de la « grande mer du Sud ». Le nouveau gouverneur, jaloux de ses succès, l'en empêche mais consent tout de même à lui céder l'une de ses filles en mariage. La réconciliation ne va pas durer plus de deux ans. L'explorateur est arrêté sur ordre du gouverneur par un certain Francisco Pizarre. Après un long procès, il est décapité avec quatre de ses compagnons à Acla (Panamá actuel) le 15 janvier 1519.

Fabienne Manière
Publié ou mis à jour le : 2019-09-17 10:26:35

 
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