19 octobre 2025

Le vol des joyaux du Louvre enfin éclairci !

C’était le dimanche 19 octobre 2025 : des joyaux d’une valeur patrimoniale inestimable étaient dérobés dans la galerie d’Apollon du musée du Louvre. Toutes les polices se lancèrent aussitôt sur les traces des voleurs. Le président Macron l’assura avec force le jour même sur le réseau social X : « Nous retrouverons les œuvres et les auteurs seront traduits en justice ».

Mais l’enquête s’enlisa très vite et le « casse du siècle » est aujourd’hui tombé dans les oubliettes, une actualité chassant la précédente. Reste le sentiment d’un énorme gâchis dans la gestion du Louvre, le plus grand musée du monde !

Diadème de l'impératrice Eugénie ; agrandissement : Collier et boucles d?oreilles de la parure d?émeraudes de l?impératrice Marie-Louise (photos : RMN)

Du génie dans la conception, des bêtises sans nom dans l’exécution

Ce fricfrac est un coup d'une audace remarquable mais d'une exécution piteuse, avec beaucoup d'indices laissés sur place, notamment des traces ADN. Le 25 octobre, la Brigade de répression du banditisme put arrêter sans trop de mal deux des quatre exécutants, un Algérien et un Malien « défavorablement connus des services de police » (tous les deux avec des papiers français). Les 30 octobre et 1er novembre, trois ou quatre autres suspects furent mis en examen dont un certain Abdoulaye N., surnommé sur les réseaux sociaux « Doudou Cross Bitume » !

Les médias s’esbaudirent sur l'efficacité de la police. Mais il semble évident que ce ne sont pas ces petits voyous qui ont pensé le coup. Sans doute ignoraient-ils tout de la galerie d’Apollon et de ses trésors. Et ils n’avaient bien sûr pas lu Appelez Fantômette (source), une nouvelle de Georges Chaulet, publiée il y a tout juste 50 ans, dans laquelle l’auteur imaginait précisément un fricfrac en tout point conforme dans la galerie d’Apollon !

Le vol fut donc selon toute probabilité organisé de loin par un escroc de haut vol qui s’est empressé de mettre le butin en lieu sûr après s'être joué de ses hommes de main ainsi que de la police.

Herodote.net, sensible aux courants qui font l’Histoire, a enquêté dans cette direction et voici le résultat de nos investigations dont nous laissons à chacun le soin d’évaluer la part de véracité.

Notre correspondant dans un pays dont nous tairons le nom a pu rencontrer le grand ordonnateur de ce fricfrac sans précédent. Il a obtenu le récit détaillé de son « exploit » mais aussi des confidences sur ses motivations et ses intentions quant au butin.

Cet homme est élégant et porte beau. C’est un esthète qui vit dans les beaux quartiers, fréquente les galeries et les cocktails du ministère de la Culture et du Louvre.  Nous l’appellerons Arsène Leblanc et les amateurs de romans policiers y verront une allusion transparente à un célèbre « gentleman cambrioleur ». Il connaît bien le Louvre et notamment la galerie d’Apollon, avec ses vitrines qui contiennent en particulier les Joyaux ou Diamants de la Couronne de France.

Pour préparer son vol, il s'est déguisé avec fausse barbe, perruque et fausse identité, et s'est rendu en Seine-Saint-Denis recruter de la racaille ordinaire : des gens au front bas, qui ignorent jusqu’à l'existence du Louvre. Au nombre de quatre en tout et pour tout, ils ne se connaissaient pas les uns les autres. Arsène a pu les repérer et les évaluer grâce à ses contacts dans le milieu des recéleurs. 

Vol sans violence

Dans un premier temps, notre « gentleman cambrioleur » a envoyé ses hommes de main chercher un camion monte-charge loué sur internet dans le Val-d’Oise. Les malfrats furent assez bêtes pour voler l’engin.

Le jour venu, le véhicule se gara à contre-sens de la circulation sur les bords de la Seine, devant la façade du musée. Les rares badauds qui empruntaient le quai n’y prêtèrent pas attention : ils y virent un chantier comme des centaines d’autres à Paris, à preuve le gilet jaune fluorescent que portaient les comparses.

Deux des malfrats, qui avaient l’expérience des vols avec effraction, avaient reçu la consigne de monter par la nacelle jusqu'à l’une des fenêtres de la galerie d’Apollon, au premier étage. Ils prirent soin de se cagouler. Ils fracturèrent la fenêtre, pénètrèrent dans la galerie et ouvrirent à la disqueuse telle et telle vitrines.

Ils récupérèrent un total de neuf bijoux et regagnèrent la fenêtre, tout cela en quelques minutes, sous l’œil ahuri des agents de sécurité et des premiers visiteurs de ce dimanche matin dont certains avaient pu filmer la scène avec leur mobile sans trop croire à ce qu’ils voyaient.

En s’enfuyant, ils laissèrent tomber la couronne qui avait servi au couronnement de l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III. Ils emportèrent le reste, soit au total huit bijoux (broches, diadèmes, collier…) sertis de centaines de diamants et de perles et ayant été portés par Eugénie, la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe, l'impératrice Marie-Louise, épouse de Napoléon Ier, ou encore la reine Hortense, belle-fille de Napoléon Ier. Ils se gardèrent de récupérer le « Régent », diamant le plus célèbre du monde, invendable.

La couronne de l?impératrice Eugénie, par Alexandre-Gabriel Lemonnier (RMN).

Au pied du camion, leurs deux complices les attendaient en scooter. Ils montèrent à l’arrière avec leur sac. Les scooters démarrèrent aussitôt et suivent les quais jusqu’au périphérique avant d’emprunter l’autoroute du sud. C’est ce qu’indiquent les caméras de la circulation.

Mais les quatre malfrats avaient pris soin de s’arrêter sagement à un feu de circulation. Là, en toute discrétion, ils  donnèrent leurs sacs à un quidam qui les attendait sur le bord de leur chaussée et leur remit en échange des enveloppes avec quelques liasses de billets. Libre à eux de se disperser ensuite dans la nature avec leur rémunération.

Le fricfrac s’était déroulé comme prévu, sans violence, en sept minutes montre en main. Rien à voir avec un « braquage », autrement dit un vol à main armée, selon le mot employé à tort par les journalistes de la bonne presse, du Monde au Figaro ! Le fricfrac ou vol avec effraction, c'est au pire la correctionnelle et cinq ans de prison comme un quelconque ex-président de la République. Pourquoi les racailles, qui n’en sont pas à quelques années de prison près, auraient-elles hésité devant un enjeu aussi peu risqué ?

Le quidam, qui n'était autre que notre Arsène, monta tranquillement dans une voiture et, sans plus attendre, rejoignit la Suisse où, dès le lundi matin, il mit son trésor en sûreté.

Entretien avec notre « gentleman cambrioleur »

Rapportons ici une partie de son entretien avec notre correspondant. Il nous donne à espérer une issue aimable à cette triste affaire.

Herodote.net : Avez-vous l’intention de revendre les diamants, perles et pierres précieuses de votre butin ? Cela reviendrait à détruire des bijoux inestimables, des bijoux qui sont les témoins de la grandeur passée de la France et du savoir-faire de ses artisans.

Arsène Leblanc : Loin de moi cette intention. Je m’en voudrais de détruire ces joyaux. Je projette de les garder au frais le temps nécessaire pour que l’opinion en fasse son deuil. Ensuite, je proposerai aux responsables du patrimoine national un arrangement par lequel ils me verseront une indemnité de dix ou vingt millions d’euros et m’assureront l’immunité. À la suite de cela, j’offrirai à la police la satisfaction de « découvrir » les joyaux dans un grenier de la capitale.

Herodote.net : Est-ce donc dans la seule perspective de cette rançon que vous avez organisé le fricfrac ?

Arsène Leblanc : Pour tout vous avouer, j’en ai conçu l’idée quand j’ai entendu, lors de son entrée en fonction, la présidente du musée parler de « réenchanter le Louvre ». Comme si le Louvre avait besoin d’être « réenchanté » ! Quand, avec cela, j’ai découvert en janvier 2025 le projet du président de la République d’engager des travaux de prestige pharaoniques dans le musée, alors, j’ai décidé d’agir. Je connaissais l’état déplorable de la sécurité du musée, tant à l’égard du vol que de l’incendie. Je connaissais très bien la fragilité des vitrines de la galerie d’Apollon. Ce cambriolage m’a paru être le seul moyen de ramener nos dirigeants aux vraies priorités dans la protection de notre patrimoine. J’espère être entendu.

Publié ou mis à jour le : 2025-11-30 14:36:20

Voir les 33 commentaires sur cet article

Cochin (30-11-2025 02:42:13)

Je suis étonné que les recherches n'ont pas été immédiatement faites à Etretat et la Grande Aiguille fouillée. Que fait l'inspecteur Lenormand ?

Descarte (27-11-2025 13:11:26)

Et si notre Arsène était un personnage voulant par ce vol se faire rembourser de quelques biens confisqués ou immobilisés et acheter peut être quelques drones ensuite......

Cagliostro du Marais (25-11-2025 15:01:12)

La présidente du musée parlait de « réenchanter le Louvre... Peut-être pourrait-elle commencer par des vitrines qui ne s’ouvrent pas à la disqueuse. Parce que pour le moment, la seule magie qu... Lire la suite

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