12 juin 1798

Bonaparte chasse les Chevaliers de Malte

En route pour l'Égypte, la flotte de Napoléon Bonaparte arrive en vue de La Valette, capitale de l'île de Malte, le 9 juin 1798. Trois siècles plus tôt, l'île avait été confiée par Charles Quint aux Chevaliers de l'Ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, dénommés ensuite de Rhodes puis de Malte.

Le jeune général en chef de l'Armée d'Orient adresse une demande d'approvisionnement en eau au grand-maître de l'Ordre de Malte. Celle-ci lui est refusée et Bonaparte saisit ce prétexte pour s'emparer de l'île.

Une modernisation à l'emporte-pièce

Face aux Français, le grand-maître Ferdinand von Hompesch zu Bolheim aurait les moyens de tenir un long siège. Il peut qui plus est bénéficier de l'aide de Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles. Au demeurant, les chevaliers en ont vu d'autres en trois siècles de présence sur l'île. Mais le coeur n'y est plus. Les trois cents chevaliers, en majorité français, n'ont pas envie de se battre et un traité de reddition est signé le 12 juin 1798 à bord de L'Orient, le navire-amiral de l'expédition.

Bonaparte s'installe pour quelques jours à La Valette. Dès le 13 juin, il édicte toutes sortes de dispositions révolutionnaires : met en place des municipalités. Il dote Malte d’une Constitution, forme des municipalités et fait de tous les habitants des citoyens français. Il met en place un code de la famille, abolit les privilèges féodaux mais aussi l'esclavage.

Le lendemain, les Chevaliers sont expulsés de l'île. Ils reconstitueront leur ordre à Rome, sous la protection du pape. Sur place, les Français, quant à eux, vont se payer de leurs efforts en dépouillant les églises de leurs trésors et  de leurs oeuvres d'art, une pratique habituelle des armées révolutionnaires.

Le 17 juin, Bonaparte peut informer le gouvernement du Directoire : « Nous avons, dans le centre de la Méditerranée, la place la plus forte de l’Europe, et il en coûtera cher à ceux qui nous délogeront ». Le lendemain, laissant une garnison de 4 000 hommes sur l'île, sous le commandement du général de Vaubois, il reprend sa route vers l'Égypte.

Mais les Maltais, fervents catholiques, ne tardent pas à se rebeller contre les mécréants et font appel au roi des Deux-Siciles, lequel a l'oreille de l'amiral anglais Nelson. Celui-ci organise un blocus de l'île par la Royal Navy, occasionnant des pertes effroyables dans la garnison et la population. Le 5 septembre 1800, Bonaparte, entretemps devenu Premier Consul, se résigne à céder l'île à l'Angleterre.

Là-dessus, l'Angleterre et la France signent la paix d'Amiens du 25 mars 1802. Londres s'engage en particulier à rendre Malte aux chevaliers de l'Ordre de Saint-Jean en même temps que les Français évacueront les ports napolitains. Les tensions restent néanmoins très vives et la paix va être rompue suite au refus de l'Angleterre d'évacuer Malte. 

Il va s'ensuivre en Europe douze ans de guerres. En 1814, enfin, par le premier traité de Paris, Londres obtiendra la cession de l'île de Malte et de sa petite voisine, l'île de Gozo. L'archipel deviendra une colonie de la Couronne jusqu'à son indépendance en 1964, après avoir participé en première ligne à la guerre contre le IIIe Reich.  

Fabienne Manière
Publié ou mis à jour le : 2021-04-20 05:57:06

 
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