11 septembre 1973

Mort tragique de Salvador Allende

Le 11 septembre 1973, au Chili, le gouvernement d'Unité Populaire est renversé dans des conditions dramatiques. Le président socialiste Salvador Allende, élu trois ans plus tôt, est conduit au suicide.

C'est pour ce pays prospère de dix millions d'habitants la fin d'une pratique démocratique vieille de plusieurs décennies qui lui a valu le surnom autrefois élogieux de « Prusse de l'Amérique du sud » ou encore de « Suisse de l'Amérique du Sud ».

La Moneda en flammes après le bombardement par l'aviation, Santiago-du-Chili, 11 septembre 1973

L'armée s'insurge

Salvador Allende est le premier marxiste latino-américain élu démocratiquement. Il ne doit cependant son élection à la présidence le 4 septembre 1970, qu'à la division de ses adversaires. 

À la tête d'une coalition hétéroclite qui va des radicaux centristes à l'extrême-gauche révolutionnaire et violente, il voit se dresser en face de lui une droite qui réunit la bourgeoisie mais aussi une fraction des ouvriers victimes des désordres économiques. 

En avril 1973, les étudiants de l'Université catholique de Santiago applaudissent les grévistes de la grande mine de cuivre d'El Teniente ! Plus grave encore, le 29 juin 1973, un groupe d'officiers tente de se mutiner à la tête du principal régiment de blindés de Santiago.

Les commandants de l'armée de l'air et de la marine décident de mettre un terme par la force à l'expérience socialiste. Non sans peine, le 9 septembre, ils persuadent le général Pinochet, qui commande l'armée de terre, de se joindre à la junte.

Le matin du 11 septembre 1973, des unités de la marine neutralisent le port de Valparaiso. Peu après, à Santiago-du-Chili, les soldats investissent le palais présidentiel de La Moneda, construit en 1806.

Salvador Allende, coiffé d'un casque, observe les avions bombardant la MonedaVers midi, l'aviation bombarde le palais et les soldats y pénètrent enfin.

Après une allocution désespérée à la radio, le président demande à ses défenseurs de quitter les lieux. Resté seul, il se suicide d'une rafale de mitraillette. Il a 65 ans.

La junte militaire proclame l'état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45 000 personnes suspectes de sympathies marxistes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago (*).

Trois mille d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires ; beaucoup sont torturées avant d'être exécutées de diverses façons comme d'être lâchées du haut d'un avion dans l'océan !

200 000 Chiliens se sentant menacés prennent les chemins de l'exil.

Ce déchaînement de violence sadique vaudra un quart de siècle plus tard une inculpation de crime contre l'humanité à Augusto Pinochet. (...)

Publié ou mis à jour le : 2019-07-04 14:43:14

Voir les 9 commentaires sur cet article

Jean Paul MAÏS (12-09-2021 12:39:20)

C'est donc PINOCHET, le dernier arrivé des complotistes qui s'empare du pouvoir ? Et "Fidel CASTRO ne serait qu'un autre dictateur" ? Toujours ce renvoi dos à dos des fascistes et des communistes ? On... Lire la suite

Pulchérie (14-09-2017 10:39:52)

En ce qui concerne le Chili d'Allende, le coup d'état de Pinochet n'aurait pu avoir lieu sans les manœuvres de la CIA et l'arrosage financier, et sans la déstabilisation économique par une chute provo... Lire la suite

maria chile (30-03-2017 19:53:06)

J'ai fait connaissance avec le Chili, ma seconde patrie, en août 1972. Dans le port de Valparaiso on ne voyait que les pavillons des bâteaux arborant la faucille et le marteau...on manifestait dans le... Lire la suite

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