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Devinette

Quelle était la première appellation de l'art gothique ? Réponse

Les lettres d'Hérodote
22 juin 1929
Le Vatican «s'arrange» avec le Mexique
 

Le 22 juin 1929, le Vatican signe avec le gouvernement mexicain les arrangements («los Arreglos»). Il demande aux Indiens catholiques de déposer les armes sous peine d'excommunication (*).

Beaucoup de catholiques voient dans ces accords une capitulation face au gouvernement socialisant et franc-maçon du Mexique dont l'intolérance a entraîné les Indiens à la révolte.

André Larané.
La Vendée mexicaine

Président de la République de 1924 à 1928, le général Plutarco Calles entreprend de consolider les acquis de la révolution de 1910, illustrée par les exploits de Zapata et Pancho Villa.

C'est ainsi qu'il réorganise l'instruction publique et étend la réforme agraire, distribuant plus de trois millions d'hectares aux petits paysans des coopératives (les ejidatarios). Il confirme aussi la nationalisation de l'industrie du pétrole au grand dam des États-Unis,...

Il a enfin la mauvaise idée de s'en prendre à l'Église catholique.

Le 1er décembre 1924, il prive de droits civiques les catholiques (laïcs et prêtres) sous prétexte qu'ils obéissent à un souverain étranger, le pape ! Il expulse le nonce, l'ambassadeur du Vatican, ainsi que tous les ecclésiastiques étrangers.

Il interdit aux prêtres toute critique du gouvernement en vertu de l'article 130 de la Constitution de 1917. Il interdit les congrégations enseignantes et ferme pas moins de 20.000 églises !

Le clergé se rebiffe et suspend le 31 juillet 1926 l'administration des sacrements dans tout le pays pour une durée de trois ans.

Les paysans indiens du Jalisco se soulèvent contre les autorités de la capitale au cri de «¡ Viva Cristo Rey !» (Vive le Christ-Roi !), dans un parallèle frappant avec le soulèvement des Vendéens en 1793, en lutte contre les révolutionnaires parisiens.

Avec 50.000 combattants, ils constituent la plus importante rébellion qu'ait jamais connue le pays et arrivent à conquérir la moitié des 30 États de la Fédération.

Un groupe de Cristeros mexicains

Ce soulèvement des Cristeros ou soldats du Christ-Roi est réprimé de la manière la plus brutale qui soit. Pour l'occasion, Calles accepte même de se réconcilier avec les États-Unis. Il accepte des concessions sur le pétrole en échange de l'aide de l'US Air Force dans son combat contre les Cristeros.

En 1928, le général Calles cède la présidence à Emilio Portes Gil mais continue de diriger en sous-main les affaires du pays avec le titre de «jefe maximo» (chef suprême).

C'est au président Portes Gil qu'il revient de mettre un terme à la guerre religieuse (plusieurs centaines de milliers de victimes). Il fait appel pour cela à la médiation du haut clergé catholique des États-Unis. Il s'agit d'Irlandais qui n'ont guère de sympathie pour les va-nu-pieds mexicains. Ils pressent le Vatican de conclure un compromis.

Après que le président Portes Gil ait autorisé à nouveau le culte catholique le 3 mars 1929 et fait rouvrir la cathédrale de Mexico, il revient au cardinal Gasparri, celui-là même qui signa les accords de Latran avec Mussolini, de signer «los Arreglos».

Arrangements bafoués

Le gouvernement promet une amnistie pour les rebelles et s'engage à ne plus tenter d'appliquer les articles antireligieux de la Constitution ! Dans les faits, l'amnistie n'est pas respectée et des centaines d'insurgés sont assassinés dans d'atroces conditions après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque.

Le général Luis Garfias reconnaîtra dans Epoca le 4 janvier 1993 : «L'armée fédérale a mené une guerre sans pitié. Elle ne faisait pas de prisonniers, les civils étaient pris comme otages et beaucoup d'entre eux fusillés. La torture fut systématique, on détruisit d'innombrables villages et hameaux» (*).

L'élection du président Lázaro Cárdenas en 1934 met fin à la période dite du Maximato, autrement dit au règne du général Plutarco Elías Calles. Mais il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.

L'émotion suscitée par «los Arreglos» va entraîner la disgrâce du cardinal Gasparri qui sera aussitôt remplacé à la Secrétairerie d'État (le ministère des Affaires étrangères du Vatican) par le cardinal Eugenio Pacelli (futur Pie XII).

De cette illustration dramatique des excès auxquels a pu conduire au XXe siècle la haine antireligieuse, le romancier américain Graham Greene a tiré son chef-d'oeuvre, La Puissance et la Gloire.

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