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Le Moyen Âge et les châteaux forts en images virtuelles comme si vous y étiez

Devinette

Comment appelle-t-on la loi qui mit fin à l'esclavage au Brésil ? Réponse

22 février 1848
Insurrection républicaine à Paris
 

Le 24 février 1848, au terme de trois jours d'émeutes et de malentendus, l'opposition libérale obtient le départ du roi Louis-Philippe 1er. C'est la naissance de la IIe République. Son existence sera autrement plus brève (3 ans) que celle du régime auquel elle avait succédé.

Joseph Savès.
Un règne ennuyeux

Portrait de Louis-Philippe 1er, par Winterhaller (Musée de Versailles) Pour le roi des Français, c'est la fin d'un long règne de dix-huit ans, la «Monarchie de Juillet», ainsi appelée parce qu'elle est issue de la Révolution des Trois Glorieuses (26 à 28 juillet 1830).

Mari aimant et bon père, Louis-Philippe 1er apparaît comme le «roi-bourgeois» par excellence. Sa vie paisible aux Tuileries, auprès de la reine Marie-Amélie et de leurs cinq fils, reflète les aspirations de la bourgeoisie de son époque.

Son règne est une longue période de paix et de relative prospérité durant laquelle, fait exceptionnel, n'apparaît aucun impôt nouveau.

La seule guerre notable est la conquête de l'Algérie.

Honoré de Balzac témoigne dans son oeuvre romanesque, la Comédie humaine, de la petitesse d'esprit des rentiers et des propriétaires de cette époque.

Les bourgeois libéraux, quant à eux, rêvent d'épopées et vivent dans le souvenir de la Grande Révolution et de Napoléon 1er. Leur nostalgie est alimentée par le retour des cendres de l'Empereur en 1840.

Leur opposition à la monarchie de Juillet se nourrit des caricatures qui ridiculisent la personne du roi et des scandales qui discréditent les grandes familles (ainsi le meurtre horrible de la duchesse de Choiseul-Praslin par son mari pendant l'été 1847).

Interdits de réunion, les républicains contournent la loi en organisant à partir du 9 juillet 1847 des banquets qui réunissent des centaines de participants autour de quelques éminents orateurs. On en compte pas moins de 70 à Paris et dans les grandes villes du royaume au cours des sept mois suivants.

Une révolution romantique

François Guizot L'un de ces banquets ayant été interdit, les étudiants et les ouvriers manifestent le 22 février 1848 à Paris. Ils sont rejoints le lendemain par la garde nationale composée de petits bourgeois. La rue commence à se calmer lorsque le roi renvoie enfin son Premier ministre, le triste et impopulaire François Guizot, qui a dirigé le gouvernement pendant sept longues années (un record).

Mais, le soir du 23 février, une manifestation dégénère devant le ministère des Affaires étrangères, sur le boulevard des Capucines. Un coup de feu entraîne une riposte des soldats. On relève une vingtaine de morts. Les barricades se multiplient. Dans la nuit, Louis-Philippe rappelle Adolphe Thiers, qui l'a porté au pouvoir 18 ans plus tôt, mais le remède est sans effet et, dans son palais des Tuileries, le vieux roi (75 ans) commence à désespérer.

Le 24 février, Adolphe Thiers lui conseille rien moins que de s'enfuir à Saint-Cloud et de reconquérir Paris à la tête de son armée. Le roi, horrifié à la perspective de faire couler le sang de son peuple, s'y refuse comme avant lui Louis XVI et Charles X (Thiers, rallié à la République en 1871, n'aura pas ces scrupules quand il s'agira d'éliminer les Communards).

Reçu avec hostilité par la troupe stationnée au Carrousel, devant le palais des Tuileries, le roi se résout à abdiquer en faveur de son petit-fils, le comte de Paris, en confiant la régence à la duchesse d'Orléans. Il quitte la capitale. Selon une chronique malveillante, le roi s'apprêtant à monter en voiture, un ouvrier lui aurait ouvert la portière en lui soufflant avec ironie : «Fils de Saint Louis, montez en fiacre !»

La duchesse d'Orléans, non sans panache, se présente avec ses deux enfants au Palais Bourbon où siègent les députés. Ceux-ci inclinent à approuver la régence quand, tout à coup, la foule envahit les lieux. Les républicains commencent à se manifester. Un cri retentit : «À l'Hôtel de Ville !»

Victor Hugo plante un arbre de la Liberté sur la place Royale (place des Vosges), dessin de Julius VogelC'est ainsi qu'un petit groupe de républicains, à l'instigation de Ledru-Rollin et du vieux poète Lamartine (58 ans), se rendent dans le lieu mythique de la Grande Révolution, celle de 1789, dans la perspective de rééditer les exploits de leurs aînés (leurs propres héritiers n'agiront pas différemment à la chute de Napoléon III ).

Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure et Marie proclament dans la nuit l'avènement d'un gouvernement républicain.

Ainsi naît la IIe République. Deux jours plus tard, Lamartine convainc les républicains d'adopter le drapeau tricolore et fait par ailleurs abolir la peine de mort pour les délits politiques.

La Révolution parisienne a un énorme retentissement dans les élites européennes. Devant la contagion révolutionnaire, les monarques concèdent des Constitutions à Berlin, Munich, Vienne, Turin,... C'est «le printemps des peuples».

À Paris, les romantiques applaudissent au défilé des délégués européens. Les plus appréciés sont les Italiens et les Allemands. En août 1849, présidant le Congrès international de la paix, Victor Hugo lance, prophétique :
«Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne (...)».

Une Révolution gâchée

Mais, déroutée par la facilité de sa victoire de février, l'opposition parlementaire ne sait que faire de sa République. Elle tente en vain de ressusciter l'esprit de la «Grande Révolution» mais méconnaît gravement les changements qui se sont produits en un demi-siècle.

Subrepticement, à Paris, les revendications sociales ont pris le pas sur les idéaux politiques. Plusieurs signes pourraient éclairer les contemporains : ainsi, dans le langage courant, on regroupe tous les bourgeois sous le terme d'oisifs pour mieux les opposer aux travailleurs. Et l'année même de la chute de Louis Philippe, Karl Marx et Friedrich Engels publient le Manifeste du parti communiste.

La Seconde République échouera sur la question sociale. Ses reculades, dès le mois de juin 1848, ouvriront la voie au Second Empire.

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Les commentaires des Amis d'Hérodote

Tous les commentaires sur cet article :

Sémira (14-06-2006 17:25:29)

Je viens juste de faire une recherche sur le "Printemps des peuples" et j'y ai trouvé tout ce dont j'avais besoin! Merci beaucoup et continuez ainsi!!!!

Albounet (10-05-2006 20:14:19)

Je tiens à vous féliciter pour cet article clair et succint .
Nous ne nous noyons pas dans les méandres des dates et des noms .
Tres bien . Continuez . Merci ...


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