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Devinette

À qui devons-nous les notes de musique ? Réponse

6 février 1919
Naissance de la République de Weimar
 

Le 6 février 1919, trois mois après l'armistice qui a mis fin à la Grande Guerre (1914-1918), une Assemblée constituante allemande se réunit dans le théâtre de Weimar, la ville de Goethe et Schiller, illustres représentants de l'âme allemande !

Elle régularise les institutions républicaines nées de la défaite allemande et de l'abdication de l'empereur Guillaume II.

André Larané

Friedrich à la tribune de l'assemblée de Weimar, 6 février 1919

Une République mal née

Dès le 9 novembre 1918, dans une atmosphère de révolution et de défaite, le leader social-démocrate Philipp Scheidemann a officiellement aboli le IIe Reich allemand et proclamé la République.

Le même jour, un autre leader social-démocrate, Friedrich Ebert, accède à la chancellerie (la direction du gouvernement) en remplacement du prince Max de Bade. Il troque aussitôt son titre de chancelier contre celui de président du Conseil des commissaires du peuple, un titre ronflant destiné à rassurer les émeutiers révolutionnaires.

Ces révolutionnaires tentent de mettre à profit la défaite militaire pour instaurer dans les grandes villes allemandes des «Conseils ouvriers» (en fait des gouvernements dictatoriaux) inspirés de l'exemple russe. Leur agitation accréditera plus tard la thèse véhiculée par les militaires, en premier lieu le général Ludendorff, selon laquelle la défaite de l'Allemagne aurait été due à un coup de poignard dans le dos («Dolchstoss») par des traîtres de l'intérieur (Juifs, marxistes,...).

Dès la nuit qui suit son entrée en fonction, Friedrich Ebert conclut un accord secret avec l'armée pour mettre fin aux désordres. Sans attendre l'arrêt des combats, l'armée et les groupes révolutionnaires engagent un bras de fer dans les grandes villes du pays.

Les Spartakistes, un mouvement révolutionnaire proche des bolcheviques russes qui emprunte son nom à l'esclave romain Spartacus, déclenchent une grève générale à Berlin même. La grève est écrasée par l'armée au cours de la «Semaine sanglante» du 11 au 15 janvier 1919 cependant que les deux chefs spartakistes, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, sont assassinés dans leur prison.

À Berlin et dans les métropoles allemandes, d'anciens combattants et des chômeurs se constituent en corps francs, avec une organisation de type militaire, pour s'opposer dans la rue aux démonstrations communistes.

À Munich, où l'insurrection a été particulièrement virulente, un ancien combattant est désigné par l'armée comme «officier politique» pour surveiller les menées communistes. Il a nom... Adolf Hitler.

Des institutions démocratiques...

À Weimar, entre-temps, s'est réunie l'Assemblée nationale, majoritairement constituée de députés socialistes, démocrates ou catholiques (Zentrum).

Friedrich EbertRassurés par l'échec des menées révolutionnaires, les députés mettent en place les institutions républicaines qui vont remplacer le IIe Reich allemand. Ils installent à la tête du pays un président de la République, officiellement appelé Reichspresident, le nouvel État républicain conservant le nom de Reich (Empire en français).

Ce président est élu pour sept ans, avec de larges pouvoirs dont celui de suspendre les droits fondamentaux des citoyens et d'autoriser le chancelier (autrement dit son Premier ministre) à gouverner par décrets-lois, sans passer par un vote du Parlement ou Reichstag.

Le premier président de la République est Friedrich Ebert. En raison des circonstances exceptionnelles, il est désigné par l'Assemblée et ne sera jamais légitimé par le suffrage universel comme le prévoit la Constitution de Weimar.

Désireux de créer le système le plus démocratique qui soit, les constituants introduisent le référendum d'initiative populaire mais aussi un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale. En encourageant l'éclatement des partis et les gouvernements de coalition, ce mode de scrutin va se révéler une source de faiblesse pour le nouveau régime.

... mais une image détestable

En acceptant l'humiliation du traité de Versailles du 28 juin 1919, le nouveau régime ternit son image auprès de l'opinion publique. Les énormes réparations imposées à l'Allemagne par les Alliés empêchent la démocratie de se consolider.

À la mort du président Ebert, en 1925, le vieux maréchal Paul von Hindenburg (78 ans) est élu à sa succession au suffrage universel. C'est lui qui devra appeler Hitler à la chancellerie le 30 janvier 1933. Ce sera la fin de la République de Weimar.

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