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La Grèce

Un mythe moderne


La Grèce moderne, pays attachant et d'une profonde humanité, est un legs du romantisme européen. Elle germe dans l'esprit imaginatif des jeunes Grecs qui entourent le tsar de Russie à la fin du XVIIIe siècle. Elle prend corps dans les cercles libéraux de Constantinople et surtout de Paris et de Londres, après l'effondrement de l'empire napoléonien.

Cette jeunesse cultivée d'Europe, rebutée par les excès de la Révolution française, nostalgique du passé aristocratique et pétrie de culture classique gréco-latine, va se mettre en tête de délivrer les Grecs du joug ottoman et de ressusciter la gloire d'Athènes et de l'Antiquité hellénique. Elle va nourrir le «philhellénisme», du nom ancien des Grecs, les Hellènes.

Mais le pays qui va porter ses espoirs est de fait un État balkanique et un héritage de l'empire médiéval de Byzance sans rapport avec l'Antiquité classique... 

Joseph Savès
Les massacres de Scio, par Eugène Delacroix (1824, détail, musée du Louvre)

Un legs du romantisme

Au prix de bien des drames (massacres à Scio ou encore à Missolonghi), les Grecs et leurs amis philhellènes réussissent à arracher à la Sublime Porte (le gouvernement du sultan) un territoire restreint et pauvre, limité à l'Attique, au Péloponnèse et à la Béotie. Cette première Grèce compte seulement 700.000 habitants, pour l'essentiel de modestes paysans, tandis que la plus grande partie des Grecs vivent de l'autre côté de la mer Égée, ainsi qu'à Constantinople.

La péninsule a été en effet largement dépeuplée par dénatalité dès avant la conquête romaine et ce sont essentiellement des Slaves qui se sont installés au VIe siècle sur les terres en friches.

Les principales villes, telle Athènes, sont des bourgades dont les habitants ont perdu le souvenir de leur très lointain passé. Ainsi, quand Chateaubriand se rend dans la région au début du XIXe siècle, il interroge des Athéniens sur leur identité et à sa surprise, ceux-ci se qualifient de Roumies (ou Romains), autrement dit Byzantins.

Pendant tout le cours du XIXe siècle, les dirigeants de la nouvelle Grèce n'ont de cesse de renouer malgré tout avec la Grèce antique et de réunir à eux les communautés orientales.

Grèce d'aujourd'hui, Grèce d'hier et d'avant-hier

La Grèce actuelle inclut le sud de la péninsule balkanique (Péloponnèse, Attique, Béotie, Thessalie, Épire du sud, Macédoine du sud, Thrace occidentale), les îles de la mer Égée et la Crète, soit un territoire de 132.000 km2 avec une population déclinante d'environ 10 millions d'habitants (2011).

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Au terme de plusieurs guerres et de douloureux déplacements de populations, elle a pu rassembler la grande majorité de tous les hellénophones (personnes de langue grecque).

Mais son territoire a peu à voir avec la Grèce antique dont s'énorgueillissent ses habitants, encore moins avec la Grèce byzantine qui a éclairé les derniers siècles de l'Antiquité et le Moyen-Âge.

L'Épire du nord (Albanie) et la Macédoine du nord (République de Madécoine) en sont exclues. L'Ionie (Smyrne, Milet... et la côte occidentale de l'actuelle Turquie) ont quant à elles perdu leurs populations grecques, de même que la «Grande Grèce» (Syracuse, Tarente, la Sicile et le sud de l'Italie) et bien sûr Byzance (aujourd'hui Istamboul).

De l'indépendance à la maturité

L'histoire de la Grèce moderne est tissée de coups d'État, de morts violentes, d'humiliations et de guerres.

Jean de Capo d'Istria, héros de l'indépendance grecque (1776-1831)Les déconvenues commencent avec Jean Capo d'Istria, ancien diplomate grec au service du tsar. Il a déjà participé à un gouvernement républicain dans les îles Ioniennes (ou Heptanèse), après que les Français en ont été chassés en 1797.

Élu dès avril 1827 président provisoire, il tente d'instaurer un gouvernement républicain mais il est assassiné pour des raisons privées.

Aussitôt après, les Occidentaux imposent au nouvel État grec de renoncer à la République et lui donnent un monarque pur sang, le prince Othon de Bavière (16 ans), second fils du roi Louis 1er de Bavière. Il est intronisé à Nauplie le 8 août 1832.

Dès sa majorité, le nouveau souverain s'entoure d'Allemands et gouverne en monarque absolu, ce qui n'a pas l'heur de plaire à ses sujets.

Il achète la paix civile en recrutant des fonctionnaires et pour cela emprunte sans retenue aux États européens qui l'ont installé sur le trône, une pratique promise à un grand avenir... Il tente aussi d'apaiser le mécontentement  latent en accordant une Constitution en 1844.

Georges 1er de Grèce (24 décembre 1845, Copenhague, Danemark - 18 mars 1913, Thessalonique, Grèce), roi des Hellènes le 30 mars 1863Mais une nouvelle humiliation atteint les Grecs avec l'«affaire Pacifico», du nom d'un marchand portugais né à Gibraltar, colonie britannique, et installé à Athènes.

Ce marchand voit sa maison pillée lors d'une émeute populaire en 1847. Sa plainte auprès de l'État grec n'ayant pas abouti, il se tourne vers le gouvernement anglais de lord Palmerston qui prend son parti et entame le blocus naval du port du Pirée. Athènes s'incline devant son puissant «ami» et indemnise le marchand.

Cette humiliation concourt au renversement du roi par un coup d'État militaire, en octobre 1862. L'audace ayant des limites, les Grecs, sous influence anglaise, se donnent un nouveau roi en la personne de Georges 1er (17 ans), deuxième fils du roi du Danemark Christian IX.

Il est élu par l'Assemblée nationale le 30 mars 1863 et va s'atteler dès lors à agrandir son royaume.

Vers le rassemblement de tous les Grecs

Georges 1er obtient de l'Angleterre la cession des îles Ioniennes dès 1863 (beau cadeau d'avènement). En 1881, la conférence de Constantinople lui accorde une petite partie de l'Épire et la Thessalie. Il a beaucoup plus de difficultés à obtenir la Crète. C'est son dernier chef de gouvernement, le Crétois Éleuthérios Venizélos, qui va en faire son affaire.

Cet ardent militant du panhellénisme (le rassemblement de tous les Grecs) appelle les troupes grecques à occuper son île le 21 janvier 1897. Mais, sous la pression des grandes puissances, Athènes doit lâcher prise. Le gouvernement tente de se consoler en envahissant l'Épire. Mal lui en prend. L'armée ottomane, entraînée par des conseillers allemands, ne fait qu'une bouchée des Grecs à Domokos le 17 mai 1897 et refoulée.

Athènes sollicite un armistice. Les grandes puissances interviennent cette fois pour lui sauver la mise. Par le traité de Constantinople du 4 décembre 1897, la Crète obtient un statut d'État autonome au sein de l'empire ottoman mais la Grèce doit payer une énorme indemnité de 94,3 millions de francs-or. Elle doit dès lors en passer par les fourches caudines de ses créanciers...

La bataille de Domokos, 1897 (Fausto Zonaro)
Un déficit permanent

De ses origines byzantines et ottomanes, la Grèce a conservé une société clanique et un système politique clientéliste. Depuis son indépendance chèrement acquise, elle a le plus grand mal à installer une administration moderne. Elle doit faire appel en permanence à la générosité des grands États européens et, qui plus est, ses maigres revenus sont pour une bonne part accaparés par des notables corrompus.

Dans les années 1880, le premier ministre Trikoupis engage l'assainissement des finances publiques et la modernisation du pays, avec la construction d'un réseau de chemins de fer et le percement du canal de Corinthe. Mais les impôts ne rentrent toujours pas et le retour des guerres avec la Turquie font à nouveau bondir la dette extérieure.

Confronté à une grave crise économique et sociale, l'État se déclare en faillite en 1893. C'est la première faillite de son Histoire ; il en connaîtra une deuxième en 1932, pendant la Grande Récession mondiale.

Les Européens perdent patience et proposent la création d'une banque centrale mixte qui contrôlerait la gestion de la dette. Athènes se couvre de barricades. Pas question que des étrangers viennent dicter leur loi au pays de Platon ! Le vieux Trikoupis, qui plaide pour une politique de rigueur, est renversé et le gouvernement se déclare en faillite en 1893, au grand dam de ses créanciers.

En 1897, sa défaite face aux Turcs ne lui laisse plus le choix. Une Commission financière internationale (CFI) composée de représentants de toutes les grandes puissances s'installe à Athènes afin de contrôler les dépenses budgétaires, de la même façon qu'en 2010 la «troïka» UE-BCE-FMI. Jusqu'à sa dissolution en 1936, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, elle va maintenir l'État dans l'orthodoxie financière. 

Le pays va pouvoir entamer sa modernisation (administration fiscale, infrastructures de transport, marine...) et l'armée elle-même va retrouver des couleurs qui lui permettront de prendre une éphémère revanche sur l'«ennemi héréditaire» (d'après Nicolas Bloudanis, Faillites grecques : une fatalité historique ?, Xerolas, 2010).

Vénizelos le Grand

Les militaires et les nationalistes, qui voient en Venizélos leur héros, plaident pour sa nomination à la tête du gouvernement. À l'issue d'un coup de force militaire, le roi Georges 1er se résout à l'appeler à la tête du gouvernement le 18 octobre 1910.

Vénizelos entame contre la Turquie une première guerre balkanique deux ans plus tard. Elle lui permet de récupérer enfin la Crète au traité de Londres, le 30 mai 1913, quelques mois après l'assassinat du roi Georges 1er et l'accession au trône de son fils Constantin 1er.

Une seconde guerre balkanique vaut à la Grèce d'enlever à la Bulgarie une partie de la Macédoine et d'obtenir aussi Salonique et la Thrace occidentale.

Quand survient la Grande Guerre, la tension est à son comble. Le roi, beau-frère de l'empereur allemand Guillaume II, voudrait engager son pays à ses côtés. Venizélos, désireux de gains territoriaux, veut quant à lui l'engager contre la Turquie, autrement dit aux côtés de la France et l'Angleterre.

En octobre 1915, Venizélos encourage secrètement les Alliés à débarquer à Salonique après leur échec des Dardanelles. Le roi, mécontent, le renvoie. C'est la rupture. Venizélos établit un gouvernement rebelle en Crète puis à Salonique, auprès des Alliés.

Le général Sarrail, qui commande l'armée d'Orient, fait débarquer des fusiliers marins au Pirée, le port d'Athènes, et exige le départ du roi. Celui-ci abdique le 12 juin 1917 au profit de son deuxième fils Alexandre (22 ans).

Venizélos, de retour à Athènes en juin 1917, déclare officiellement la guerre aux Puissances centrales. Cet engagement lui vaut, lors des négociations de paix, d'obtenir des gains territoriaux exorbitants. La Grèce se voit reconnaître par le traité de Sèvres toute la mer Égée, y compris la rive orientale et Smyrne.

C'est plus que n'en peuvent supporter les Turcs. Sous la direction de Moustafa Kémal, ils écrasent l'armée grecque, imposent l'armistice de Moudanya (11 octobre 1922) et obtiennent par le traité de Lausanne (24 juillet 1923) une complète révision du précédent traité.

Mais ils ne s'en tiennent pas là. Ils rejettent de l'autre côté de la mer Égée toutes les populations grecques, soit environ 1.300.000 personnes. En retour, quelques 300.000 Turcs quittent la Grèce pour la Turquie. Avec ce premier transfert de population de l'Histoire moderne, c'en est fini de trois millénaires de culture hellénique en Anatolie (la Turquie moderne).

Le temps des troubles

Quatre guerres contre la Turquie (1897, 1912, 1913 et 1920) s'achèvent sur un désastre. La Grèce entre dès lors dans une crise aigüe, tant du fait des difficultés militaires que des difficultés intérieures : accueil des réfugiés, déliquescence de l'administration et des finances publiques.

Le 15 octobre 1920, le jeune Alexandre 1er meurt accidentellement des suites de la morsure d'un singe.

Un mois plus tard, le 14 novembre 1920, les déboires militaires en Anatolie valent une déroute électorale au parti de Venizélos et un référendum populaire rappelle le germanophile Constantin sur le trône. Mais les militaires obtiennent son abdication définitive après l'armistice de Moudanya, qu'ils ne lui pardonnent pas. Constantin suit Venizélos sur les routes de l'exil et laisse le trône à son fils aîné Georges II.

En décembre 1923, retournement de situation : les vénizélistes contraignent le roi Georges II à abdiquer à son tour. En mars suivant est instaurée la Seconde République (après celle de 1830).

L'inusable Venizélos retrouve son poste de Premier ministre en 1928. Désormais soucieux d'étouffer les conflits potentiels, il se rapproche de l'Italie de Mussolini comme de la Yougoslavie d'Alexandre 1er.

Ses efforts n'ont pas le temps de porter leurs fruits. La Grèce, fragile et pauvre, est frappée de plein fouet par la crise économique consécutive au krach de Wall Street (octobre 1929).

Un référendum, en novembre 1935, replace sur le trône Georges II. Mais cela ne règle rien et, le 4 août 1936, le général Ioannis Metaxàs s'empare du pouvoir. Admirateur de Mussolini, il exerce une dictature du même type sous l'égide de la couronne et avec un large soutien populaire.

Il n'en est pas moins affecté quand l'Italie envahit l'Albanie en 1939. Se sentant désormais menacé, il resserre les liens de la Grèce avec ses voisins balkaniques. Quand éclate la Seconde Guerre mondiale, il s'efforce de maintenir son pays dans la neutralité. Mais un ultimatum italien du 28 octobre 1940 vient bouleverser ses calculs. À cet ultimatum, Metaxàs répond fermement «Ochi» («non»).

Le petit royaume est aussitôt envahi par les troupes italiennes. À la surprise générale, les Grecs résistent avec une âpreté étonnante à l'invasion et parviennent à repousser les Italiens en s'appuyant sur les fortifications frontalières de la «ligne Metaxàs» ! Mussolini, de dépit, appelle à la rescousse son allié Hitler.

La Wehrmacht envahit le pays le 6 avril 1941. Deux mouvements de résistance au nazisme, bientôt antagonistes, se mettent en place : l'EAM-ELAS communiste et l'EDES libéral, qui bénéficie du soutien actif des agents britanniques du Special Operations Executive (SOE) et dont la participation à la lutte contre le nazisme reste néanmoins marginale.

Après une longue résistance qui se poursuit jusqu'en Crète, tout le pays est finalement occupé et dépecé. La famine ravage le pays, causant pas moins de 300.000 victimes. Comble de l'horreur, de nombreux juifs sont déportés et l'importante communauté israélite de Salonique exterminée.

Quand arrive l'heure de la Libération, en 1944, d'autres épreuves attendent les Grecs, non moins atroces, avec une guerre civile entre les deux mouvements de résistance, communistes d'un côté, libéraux et royalistes pro-occidentaux de l'autre. Winston Churchill, soucieux d'empêcher à tout prix la Grèce de tomber dans le camp stalinien, prend résolument parti pour les seconds et engage un corps expéditionnaire à leurs côtés.

Le président américain Harry Truman lance le plan Marshall dans le même but, «endiguer le communisme» en Grèce et accessoirement dans le reste de l'Europe. Les dollars de Washington vont utilement relancer les économies des pays occidentaux mais, en Grèce même, vont se perdre dans les maquis de la corruption et du népotisme... tout comme les euros de Bruxelles en 2001-2011. 

La guerre civile ne va prendre fin qu'en octobre 1949, faute de combattants.

Le temps des déconvenues

La paix, enfin ! Sous le règne de Paul 1er, qui a succédé à son frère Georges II le 1er avril 1947, la Grèce entreprend sa reconstruction. Tout est à faire ou refaire. Après l'occupation allemande et la guerre civile, elle bénéficie du plan Marshall  et tente de remonter la pente sous protectorat américain mais sans que changent ses structures clientélistes.

Elle a aussi la satisfaction de recouvrer en 1948 les îles du Dodécanèse et Rhodes, cédées à l'Italie après la Première Guerre mondiale. Elle entre au Conseil de l'Europe en 1949 et dans l'OTAN en 1951. Le conservateur Constantin Caramanlis (ou Konstantin Karamanlis) accède en 1955 à la tête du gouvernement. Il est battu en 1963 par le chef de l'opposition de gauche Georges Papandréou (ou Papandhréou).

Le fils de celui-ci s'étant compromis avec une organisation d'extrême-gauche, en pleine guerre froide, il s'ensuit une crise politique. Elle débouche sur un coup d'État militaire le 21 avril 1967. Le monarque, selon une habitude bien enracinée, ne tarde pas à prendre le chemin de l'exil. Ce «régime des colonels» s'effondre suite à l'invasion inconsidérée de Chypre le 15 juillet 1974. L'aspect trouble de cette période a été illustrée par le film Z de Costa-Gavras (1969) qui raconte l'assassinat du député Gregoris Lambrakis en 1963.

Ce jour-là, avec la complicité des colonels qui exercent le pouvoir à Athènes, en Grèce, la Garde nationale cypriote fomente un coup d'État contre le président Makarios et tente de réaliser l'Enosis (rattachement de l'île à la «mère-patrie»). L'armée turque, prétextant une menace pour les habitants turcophones, envahit aussitôt le nord de l'île. Depuis cette date, les deux communautés vivent séparées, de part et d'autre d'une «ligne verte».

Déconsidérés, les colonels remettent le pouvoir aux civils et, le 24 juillet 1974, Constantin Caramanlis reprend la tête du gouvernement. La monarchie est définitivement abolie par le référendum du 8 décembre 1974. Depuis lors, le pouvoir est exercé en alternance par les deux grandes familles politiques du pays : les Caramanlis, chefs du parti conservateur Nouvelle Démocratie, et les Papandréou, chefs du parti socialiste Pasok.

Illusions européennes

Le 1er janvier 1981, la Grèce a pu fièrement entrer dans la Communauté économique européenne (aujourd'hui l'Union européenne), en dépit d'une économie fragile et pauvre. «On ne ferme pas la porte à  Aristote et Platon», aurait déclaré le président français Valéry Giscard d'Estaing.

Vingt ans plus tard, pour les mêmes raisons, avec la même indulgence de la part des dirigeants européens, elle a pu rejoindre la zone euro. Il ne s'est pas écoulé dix ans avant que n'éclate l'irréalisme de ces promotions prématurées.

Publié ou mis à jour le : 2013-10-22 17:25:13