Les tournois désignaient en Europe, au Moyen Âge, des jeux guerriers très prisés de la noblesse, et tout aussi violents que la guerre et la chasse, ses deux autres activités favorites. Ils dressaient face à face deux hommes à cheval, chacun pourvus d'une lance (on parle alors d'une joute), ou plus souvent deux équipes.
Les tournois se distinguaient de la guerre par la courtoisie que les adversaires s'imposaient avant et après l'affrontement, et par la lice, palissade qui délimitait un espace neutre où chacun pouvait panser ses plaies et se reposer («entrer en lice» signifie encore de manière figurée : «engager un combat»).
Les armes étaient normalement émoussées (on parle alors d'«armes courtoises»). Les affrontements étaient d'autant plus violents que les vainqueurs avaient le droit d'exiger rançon de leur adversaire. Beaucoup de chevaliers sans terre comme Guillaume le Maréchal, vassal du roi anglais Henri II Plantagenêt, tiraient leurs ressources de cette activité. Les morts n'étaient pas rares. Ainsi Geoffroy Plantagenêt, fils cadet d'Henri II et Aliénor d'Aquitaine, fut-il piétiné par des chevaux lors d'un tournoi à Paris, en présence de Philippe Auguste et de sa cour. Sous la Renaissance, le roi de France Henri II trouva également la mort dans une joute, en rompant des lances avec le comte de Montgomery mais il s'agissait d'un accident involontaire.
Les tournois allaient s'assagir à la fin du Moyen Âge, au XVe siècle, puis se transformer en combats singuliers, à l'épée ou au pistolet, dans une forme très ritualisée : les duels (le mot vient du latin duellum, qui veut dire guerre). Le cardinal de Richelieu allait interdire les duels pour éviter que les nobles français ne gaspillent inutilement leur vie.
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