Saint Valentin - Les plus beaux gages d’amour - Herodote.net

Saint Valentin

Les plus beaux gages d’amour

Il n'y a pas d'amour, mais des preuves d'amour... À l'aune de l'Histoire, jamais proverbe ne fut plus vrai, tant il est vrai que princes et monarques ont rivalisé d'excès pour couvrir leurs compagnes et maîtresses, comme autant de signes de leur puissance et de leur largesse.

Marc Fourny
Monuments amoureux

Le premier d'entre eux reste d'ordre architectural, ce qui a le mérite d'allier la connaissance et l'éternité, les monuments étant considérés comme les plus nobles des symboles.

Et quand ils sont associés à l'amour, ils deviennent très vite des légendes, par exemple, à Abou Simbel, le petit temple spécialement dédié à la reine Nefertari, grande épouse royale de Ramsès II (XIIIe siècle avant notre ère).

Le pharaon a fait représenter sa femme, sous les traits de la déesse Hathor, sculptée en pleine roche, hommage assez exceptionnel qui nous donne à penser qu'il devait suffisamment l'adorer pour lui consacrer ce monument délicat.

En Inde, le Taj Mahal, même s'il est d'abord un tombeau, reste aussi le symbole émouvant d'un amour perdu, celui de l'empereur moghol Chah Jahan pour son épouse Arjumand Banu, qui mourut en mettant au monde leur quatorzième enfant.

Un véritable palais de marbre blanc, de corail et de cristal de roche, orné de turquoises et de lapis-lazuli, qui mobilisa pas moins de mille éléphants pour sa construction !

Palais et châteaux restent quand même le plus sûr moyen d'honorer sa belle, tout en s'offrant un refuge discret pour la fréquenter...

À la jeune Agnès Sorel qui l'a guéri de sa mélancolie, le roi Charles VII offre le château de Beauté-sur-Marne, ce qui, dit-on, lui permit de la complimenter en lui disant : « Vous êtes deux fois ma Dame de Beauté ».

Tout autant porté à la mélancolie, Henri II fit don du domaine royal de Chenonceau à sa chère Diane de Poitiers - avec en sus les bijoux de la couronne de France -, des biens que la belle devra rendre (après inventaire) à la reine Catherine de Médicis, dès la mort du roi, en 1559, des suites d'un tournoi fatal. Diane aura eu le temps de réaménager les jardins et lancer le fameux pont (sans galeries) sur le Cher.

Elle obtiendra en compensation le château de Chaumont-sur-Loire.

Dans la liste des maîtresses fortunées, citons également Gabrielle d'Estrées, dont Henri IV était fou au point de vouloir l'épouser après l'avoir couverte d'honneurs, de bénéfices et de biens : devenu marquise de Montceaux (avec le château en prime) puis duchesse de Beaufort, sa mort soudaine mit fin à sa spectaculaire ascension.

Mais c'est avec Louis XIV que le destin des grandes favorites prend soudain une ampleur inégalée... et donne l'occasion au roi de gâter ses conquêtes, parfois sans limites.

La plus célèbre d'entre elle est sans conteste Athénaïs de Montespan, qui partage avec le Roi-Soleil les heures les plus brillantes de la cour. Le monarque lui fait construire le château de Clagny, près de Versailles, sous les directives de Mansart lui-même : une folie qui coûte au royaume trois millions de livres, avec un parc d'un luxe inouï qui compte une perspective d'orangers, des animaux divers et des parterres de fleurs sans cesse renouvelés.

Sa discrète rivale, Françoise d'Aubigné, achète de son côté le domaine de Maintenon (château, terres et fermes), entre Versailles et Chartres, pour 150 000 livres avec le soutien du roi. Elle accède ainsi au marquisat, avant d'épouser secrètement Louis le Grand en 1683.


Publié ou mis à jour le : 2019-06-26 08:01:41

 
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