Le marquis de Condorcet, grand mathématicien et philosophe des Lumières, fut nommé en 1774 par Turgot inspecteur général des monnaies. En 1786, il épouse Sophie de Grouchy, écrivaine et salonnière, soeur du futur maréchal de Napoléon, de vingt ans plus jeune que lui.
Engagé dans la Révolution comme député de Paris, d'abord monarchiste constitutionnel, Condorcet se rallie à la République sous la Convention comme député de l'Aisne et rallie les Girondins. Après la proscription de ces derniers, le 2 juin 1793, il entre dans la clandestinité et en profite pour écrire un ouvrage plein d'optimisme : Esquisse des progrès de l'esprit humain. Arrêté, il s'empoisonne dans sa cellule.
Bien avant cette fin dramatique, il avait revendiqué dans plusieurs mémoires et essais l'universalité du droit de vote, sans distinction de classe sociale ou de sexe ! En avance d'un siècle, il plaide pour le droit de vote des femmes (Sur l’admission des femmes au droit de cité, 1790), peut-être sous l'influence de son épouse. Mathématicien hors pair, il se penche aussi sur le moyen le plus démocratique qui soit d'élire les représentants de la Nation. Dès 1785, il met le doigt sur les faiblesses du scrutin uninominal majoritaire dans son Essai sur l'application de l'analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix. Il montre que dans le cas de plusieurs candidats en compétition, l'élu n'est pas forcément dans ce cas celui qui a la préférence du plus grand nombre.
Ainsi, dans l'élection présidentielle de 2007, en France, Nicolas Sarkozy a été élu face à Ségolène Royal, François Bayrou et quelques autres candidats mais les sondages indiquent que dans les duels entre chaque candidat et les autres, c'est François Bayrou qui avait la préférence des Français. Simplement, comme il a été éliminé au premier tour, les électeurs ont fait un choix par défaut en se reportant au second tour sur Nicolas Sarkozy... La « méthode Condorcet » remédie à cet inconvénient en préconisant de classer tous les candidats et d'éliminer ensuite, un à un, ceux qui sont les moins appréciés des électeurs...










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