Mare Nostrum - Le cœur de l’empire romain - Herodote.net

Mare Nostrum

Le cœur de l’empire romain

À Athènes, vers 400 av. J-C, Platon disait déjà que les Grecs « sont comme des grenouilles autour d’une mare » (note). Il ne pouvait pas mieux décrire le monde romain qui allait lui succéder quatre siècles plus tard. C’est Pompée le Grand qui en jette les bases en 67 av. J-C lorsqu’il met un terme à la piraterie en Méditerranée (note).

Une fois la Méditerranée pacifiée et tous ses rivages soumis à l'autorité de Rome, les Romains eux-mêmes l'appellent avec fierté Mare Nostrum (« Notre Mer » en français). Sillonnée par des milliers de bateaux marchands, elle fait la force et l'unité de l'empire romain, au moins que les légions, sinon plus.

Les échanges commerciaux sont surtout centrés sur l'approvisionnement de Rome dont il s’agit surtout de nourrir la plèbe (autour d’un million d’âmes) grâce aux importations de blé d’Égypte et d’Afrique (Tunisie actuelle). Ils s'étendent aussi aux produits de luxe et engendrent des fortunes immenses...

Arthur De Graauw

Une Corbita, navire marchand, Carthage, bas-relief du IIe siècle. L'agrandissement présente une iconographie de saint Paul naufragé sur l'île de Malte extraite de la Bible latine, dite Bible de Georges d'Egmond, abbé de Saint-Amand de 1526 à 1559, Valenciennes, médiathèque Simone Veil.

Des navires par milliers

Les navires antiques étaient habituellement rattachés à une cité, comme l’était le « navire alexandrin » transportant saint Paul vers Rome dans les Actes des Apôtres (note).

Il est difficile de donner des chiffres précis, mais on estime qu’entre 1000 et 2000 navires de commerce approvisionnaient Rome en denrées diverses. Le nombre total de navires d’une certaine taille qui sillonnaient la mer Méditerranée, la mer Rouge et l’Océan Indien a donc dû être de plusieurs milliers pour un ensemble humain d’environ cinquante millions d’âmes (note).

Kyrenia Olkas, IVe siècle av. J.-C. (d'après le naufrage de Kyrenia), Grèce, musée technologique de Thessalonique. L'agrandissement montre une reconstitution de la navigation du Kyrenia II.Entre 300 av. J-C et 300 ap. J-C, la taille des navires a augmenté d’environ 20-40 tonnes (le Kyrenia II) à 600-1200 tonnes (l’Hermapollon et l’Isis (note) ), c’est-à-dire un facteur de 30 en 600 ans. Le plus grand navire de transport connu dans l’Antiquité (le Syracusia) a été construit par Hiéron de Syracuse avec l’assistance d’Archimède et avoisinait sans doute les 2000 tonnes de charge, mais on pense qu’il était surdimensionné et qu’il n’a fait qu’un seul voyage de Syracuse à Alexandrie pour y être offert à Ptolémée III (note) vers 250 av J-C.

Les plus petits navires de commerce, comme l’épave retrouvée dans les années 1960 près de Kyrénia (Chypre), ne mesuraient pas plus de 14 mètres de longueur et 4,5 mètres de largeur, ce qui est comparable à un voilier de plaisance moderne.

Navire romain à 2 mats sur une mosaïque des thermes de Themetra, Cnrs, DR. L'agrandissement montre un navire de commerce romain du type de La Madrague de Giens, montrant les amphores en cale, Jean-Marie Gassend, 2005. L’épave dite de La Madrague de Giens, retrouvée dans les années 1960 près de Giens, mesuraient 40 x 9 mètres avec un tirant d’eau estimé à 3,5 mètres. On estime sa taille à environ 375 tonnes de charge, ce qui pourrait correspondre à un chargement d’environ 8000 amphores. Ce navire fait déjà partie des gros navires de l’Antiquité.

L’Hermapollon est le navire de commerce qui est mentionné sur le papyrus dit de Muziris, retrouvé en 1985 (note). Il est l'un des rares contrats de transport maritime qui nous soit parvenus.

Ce papyrus contient une liste de marchandises transportées en provenance de l’Inde : 544 tonnes de poivre, 76 tonnes de malabathron (feuilles de Cinnamomum Tamala), 3 tonnes de défenses d’éléphant et 500 kg de fragments d’ivoire, 2 tonnes de carapaces de tortues et 80 boites d’huile de nard du Gange (parfum) (note), soit un total autour de 625 tonnes.

La valeur de ce chargement est de 9,2 millions de sesterces romains, soit autour de 100 millions d’euros actuels. Pas à la portée de n’importe quel marchand… Mais, pour refroidir un peu les ardeurs, on prête souvent à Platon ou à Aristote la phrase suivante : « Il y a trois sortes d’hommes : les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer. »

Publié ou mis à jour le : 2020-01-07 10:18:28

 
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