Édimbourg - L'« Athènes du Nord » - Herodote.net

Édimbourg

L'« Athènes du Nord »

L'Athènes du Nord... Joli surnom pour Édimbourg, mais quel est le lien entre la capitale de l'Écosse et les Grecs, qui n'ont jamais mis le pied sur les îles britanniques ? Une petite promenade dans ses rues suffit à convaincre le visiteur du bien-fondé du rapprochement entre ces deux villes de culture. Suivez-nous pour vous laisser convaincre à votre tour !

Isabelle Grégor
Panorama des quartiers historiques d'Edimbourg (DR)

Le château : pour la gloire de l'Écosse

Présents depuis 5000 ans dans la région, les premiers habitants ont vite repéré le piton rocheux qui se dresse à quelques kilomètres de la mer du Nord, à l'embouchure de l'estuaire de la Forth. Un endroit idéal pour se mettre à l'abri et surveiller !

C'est au VIIe siècle qu'Edwin, roi de Northumbrie (région du nord-ouest de l'Écosse) donna son nom à la ville. Il fonda une forteresse sur Castle Rock sous le nom d'Edinburgh, « château d'Edwin » en vieil anglais). Elle devint le symbole de la royauté écossaise lorsque la ville fut désignée comme capitale, au XIe siècle. Durant les siècles qui suivirent, elle ne cessa d'être l'objet des convoitises des Anglais, de la reine Elizabeth 1ère, qui le pilonna en 1573, à Cromwell qui s'en empara en 1650.

Au début du XVIe siècle, sous le règne de Jacques IV, la résidence royale se transporte dans le palais plus moderne de Holyroodhouse. Aujourd'hui, l'imposant bâtiment renferme divers musées consacrés aux joyaux de la couronne, aux troupes armées mais aussi aux prisonniers de guerre, notamment français, qui y séjournèrent pendant les guerres napoléoniennes.

A l'extérieur, le canon continue toujours à tonner à 13 heures pour donner l'heure précise aux marins.

David Octavius Hill, Vue d'Edimbourg depuis le nord du château
Les déboires de la couronne

On peut admirer aujourd'hui, présentés derrière les murs épais du château, les joyaux de la couronne écossaise et les objets composant le « Regalia », le Trésor. Pour la plupart datés du XVIe siècle, ils reviennent de loin : personne n'a pu les approcher pendant plus d'un siècle !

Après le couronnement de Charles II, en 1651, les bijoux ont été en effet cachés dans un château pour les protéger contre la guerre civile qui embrasa le pays. Mais lorsque le siège fut mis devant la place-forte, le trésor ne dut sa sauvegarde qu'au courage de deux femmes qui parvinrent à le faire sortir en le dissimulant dans leurs vêtements et paquetages.

« The Honours of Scotland » est alors enterré dans une église proche jusqu'à la mort de Cromwell, ce qui lui permet de retrouver enfin les murs du château d'Édimbourg. En 1707, au moment de l'union de l'Écosse et l'Angleterre, il est enfermé dans un coffre, lui-même déposé dans une salle scellée. Ce n'est que 111 ans plus tard, en 1808, que l'écrivain Walter Scott obtient l'autorisation de sortir les objets sacrés de leur longue solitude pour permettre à tous de les admirer.

De The Old Town à The New Town

Dans le centre d'Édimbourg, deux quartiers se font face : en haut, The Old Town, la ville ancienne qui s'étend au pied du château autour du Royal Mile qui est, selon Daniel Defoe, « la plus grande, la plus longue et sans doute la plus belle avenue, non seulement en Grande-Bretagne, mais dans le monde entier ».

Il est vrai que le quartier, qui accueille notamment la cathédrale Saint-Gilles et le Parlement, a gardé de sa grandeur même si le « Grand Départ » l'a privé de sa population nantie. Au début du XIXe siècle en effet, les ménages aisés ont fait leurs valises pour se déplacer en contrebas, dans le quartier néoclassique de The New Town dont ils appréciaient l'organisation géométrique, les larges avenues et les parcs privés. Ils pouvaient également enfin profiter de la lumière en multipliant les fenêtres, ce qui ne passa pas inaperçu : c'est ainsi que le gouvernement finit par instituer une taxe sur les ouvertures !

Une partie de The Old Town et The New Town a été classée au registre du patrimoine mondial par L'UNESCO, en 1985.

Bobby, chien fidèle

Édimbourg sait rendre hommage à ses grands hommes : les statues de David Hume ou Adam Smith veillent ainsi sur la vieille ville et ses habitants du haut de leurs piédestaux. A un carrefour, une célébrité plus inattendue monte la garde : il s'agit de Bobby, petit chien de la race de Skye Terrier, devenu le symbole de la ville.

Pour comprendre sa popularité, il faut revenir en 1874, année de la mort de son maître. Celui-ci fut inhumé au cimetière de Greyfiars, à proximité du Parlement. Pendant les 14 années qui suivirent, les habitants du quartier virent le petit chien revenir obstinément sur la tombe de son maître, qu'il n'acceptait de quitter que pour aller manger au pub voisin, où tous deux avaient leurs habitudes. Pour rendre hommage à cette fidélité sans faille, on fit construire à proximité du cimetière une fontaine surmontée de la statue de bronze, grandeur nature, du compagnon à poils. Observant la rue, il semble toujours attendre...

Bobby, chien fidèle, Edimbourg (photo : Gérard Grégor, pour Herodote.net)

Au cœur de l'Écosse moderne

Édimbourg n'est pas une ville figée dans son passé, au contraire. Construite sur sept collines volcaniques, elle a su tirer parti de la topographie du lieu pour associer transports et nature. Ainsi, si la gare s'étend en plein centre ville, occupant une partie de l'ancien Nor'Loch, elle laisse vite place aux jardins de Princes Street et à ses musées qui ont profité du désengorgement liée à l'arrivée du tramway.

Parmi les plus importantes villes universitaires d'Europe, Édimbourg est aussi un lieu politique important puisqu'elle abrite le Parlement écossais qui, depuis 1998, possède une partie des pouvoirs législatifs cédés par le Parlement du Royaume-Uni.

Au niveau économique, notons l'importance de son port, Leith, qui a été mis à l'honneur en recevant le célèbre yacht royal, le Britannia, désormais amarré à ses quais. Enfin, la vitalité d'Édimbourg se manifeste également dans le sport : qui ne connaît le nom de son célèbre stade de rugby, Murrayfield Stadium ?

Les fantômes ? en sous-sol !

Les nombreux magasins de souvenirs qui animent les rues de la « Old town » cachent une réalité bien moins riante : depuis des siècles, fantômes et créatures maudites continuent à parcourir le labyrinthe de passages étroits, appelés « closes », qui irriguent la vieille ville.

Ils sont la conséquence de la décision des autorités de détruire, en 1753, les maisons anciennes du quartier mais en conservant les parties basses des bâtiments, qui se transforment alors en ruelles aveugles. Les détrousseurs de cadavres et cadavres eux-mêmes, souvent victimes de la grande peste de 1645, se seraient empressés d'y trouver refuge !

Portrait de Robert KnoxCette atmosphère mystérieuse pourrait faire sourire, si Édimbourg n'était pas le berceau d'individus quelque peu louches...

Comme ce cher docteur Robert Knox, éminent anatomiste qui avait pris l'habitude d'exercer son art sur les victimes des tueurs en série Burke et Hare, au XIXe siècle.

Ou comme William Brodie, connu à la fois pour son habilité d'ébéniste, le jour, et pour ses escapades nocturnes qui, de vol en vol, le menèrent au bout d'une corde.

Ces histoires vous rappellent quelque chose ? Relisez Docteur Jekyll et Mister Hide, de Robert Louis Stevenson. Un natif d'Édimbourg qui connaissait bien l'histoire de sa ville !

Alexander Hay Ritchie, Execution de William Brodie, XIXe s., City of Edimbourg Art and Museum

La chapelle de Rosslyn : vous avez dit « mystérieuse ? »

A quelques kilomètres d'Édimbourg, une petite chapelle est devenue en quelques années le centre de toutes les attentions, et le point d'orgue de nombres de parcours touristiques. Voulue par le clan Sinclair au XVe siècle, elle nécessita 40 ans de travaux avant de souffrir au fil des siècles de nombreuses dégradations, notamment lorsqu'elle servit d'écurie pour les troupes de Cromwell, en 1650.

La richesse de sa décoration lui valut l'admiration de la reine Victoria qui, en visite dans la région, exigea qu'elle soit préservée, « pour le pays ». Mais c'est en 2004 que le destin de la chapelle bascula avec la publication d'un roman au succès mondial : Da Vinci Code de Dan Brown, qui en fit un des éléments-clés du livre.

Dès lors, les visiteurs affluent pour percer les secrets du lieu : le nom Rosslyn viendrait-il de Rose Line, ligne rejoignant les pôles Nord et Sud  ? Son plan ne serait-il celui du temple de Salomon ? Et que dire des symboles maçonniques qui se cacheraient au milieu des centaines de sculptures, toutes plus surprenantes les unes que les autres ? Les conservateurs restent muets sur ces sujets, mais aiment à rapporter une légende en montrant un pilier particulièrement ouvragé : un maître maçon aurait demandé à son apprenti de le terminer pendant son absence mais, découvrant à son retour la perfection de la colonne, il aurait tué le jeune insolent d'un coup de maillet. Décidément, cette chapelle provoque des réactions bien exacerbées !

A visiter

Cathédrale Saint Gilles (XVe s.), pour aller observer les détails inattendus de la chapelle de l'Ordre du Chardon.

National Gallery of Scotland, pour se promener au milieu d'une collection extraordinaire de Vinci, Botticelli, Rubens, Van Gogh...

National Portrait Gallery, pour aller à la rencontre des grands personnages de l'histoire écossaise.

National Museum of Scotland, pour retrouver une âme d'enfant en déambulant dans les galeries des animaux, des techniques ou des peuples du monde.

Camera obscura, pour jouer avec les illusions d'optique.

Lady Stair's House, pour partir sur les traces de trois des grands écrivains locaux, Walter Scott, Richard Burns et Robert Louis Stevenson.

A faire

Le Festival international d'Édimbourg est le plus grand festival artistique (théâtre, musique, danse, parades militaires, expositions...) du monde. Il a lieu à partir de la deuxième semaine d'août.


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• 14 août 1040 : Macbeth s'empare du trône
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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