Diderot (1713 - 1784) - Un philosophe athée au «Siècle des Lumières» - Herodote.net

Diderot (1713 - 1784)

Un philosophe athée au «Siècle des Lumières»

« Philosophe des Lumières », Denis Diderot est à l'origine de l'Encyclopédie, une somme de toutes les connaissances du XVIIIe siècle. Il naît le 5 octobre 1713 dans la famille d'un coûtelier aisé de Langres, en Champagne.

Camille Vignolle

Bohème de génie

Portrait présumé de Denis Diderot, par Jean-Honoré Fragonard (musée du Louvre) On le destine à l'état ecclésiastique mais il perd très vite la foi et mène une vie de bohème jusqu'à son mariage, à l'âge de 30 ans, en 1743, avec une jeune lingère, Antoinette Champion.

C'est aussi l'époque où il fait la connaissance de deux penseurs également anticonformistes, Rousseau et Grimm, avec lesquels il se lie d'amitié.

Diderot commence à publier quelques écrits philosophiques tout en louant à droite et à gauche ses services d'«homme de plume» afin de pourvoir à l'entretien de sa famille et à l'éducation de ses enfants (à la différence de Rousseau qui a abandonné les siens).

En 1747, le libraire Le Breton lui soumet le projet d'une Encyclopédie, projet dans lequel Diderot se jette à corps perdu avec son ami Jean Le Rond d'Alembert, sans renoncer pour autant à de nombreuses publications personnelles.

Il va consacrer vingt ans de sa vie à ce «monument de l'esprit humain» (Voltaire) et, pour en assurer l'achèvement, il va se garder d'entrer dans les querelles de son temps, jusqu'à éviter de publier certains de ses écrits, trop hardis pour son temps. Ainsi La Religieuse, roman écrit en 1760, ne paraîtra qu'en 1796.

De ce fait, Diderot est demeuré l'un des moins connus des auteurs de son temps, en dépit d'une oeuvre colossale (écrits philosophiques, critiques d'art, romans et pièces de théâtre). 

Une oeuvre foisonnante

La notoriété lui vient en 1749 avec sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient, où il affiche son athéisme («Il est très important de ne pas prendre de la ciguë pour du persil mais nullement de croire ou de ne pas croire en Dieu», écrit-il notamment avec ironie).

Résultat : deux mois de détention au fort de Vincennes (c'est en lui rendant visite que Jean-Jacques Rousseau a une «illumination» en lisant une question mise au concours par l'Académie de Dijon sur le point de savoir si le progrès des arts a contribué à corrompre ou épurer les moeurs).

De 1755 à sa mort, Diderot noue une passion pour Sophie Volland et entretient avec elle une correspondance riche d'informations sur ses idées. Homme de théâtre, il publie en 1757 Le Fils naturel puis, en 1759, un mémorable Paradoxe sur le comédien. Critique d'art, il affiche un jugement avisé sur les peintres de son temps (Salons). 

En 1761, il poursuit avec Le Neveu de Rameau un travail de romancier entamé l'année précédente avec La Religieuse. En 1773, c'est encore un autre roman, Jacques le Fataliste.

À la cour de Versailles, fort heureusement, Diderot peut compter sur de puissants protecteurs, à commencer par la marquise de Pompadour et Malesherbes, le directeur de la librairie.

Plus fort encore, la tsarine Catherine II de Russie lui apporte son soutien et, pour le libérer de ses tracas financiers, lui achète sa bibliothèque tout en lui en laissant l'usage. Diderot va rendre visite à sa bienfaitrice en 1773 à Saint-Pétersbourg.


Publié ou mis à jour le : 2019-05-23 08:44:05

 
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