Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III.
C'est l'époque où les Français redécouvrent l'outre-mer et reconstituent un empire colonial pour remplacer celui qu'ils ont perdu un siècle plus tôt, lors du traité de Paris.
Sous le règne de Louis-Philippe Ier, les Français s'étaient fait doubler par l'ennemie héréditaire, la Grande-Bretagne, dans la prise de possession de la Nouvelle-Zélande.
Dès le début du Second Empire, ils organisent dans le plus grand secret, en guise de revanche, la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie voisine.
Avec l'annexion de cet archipel de l'océan Pacifique à peine deux fois plus étendu que la Corse, la France manifeste son désir de renouer avec l'expansion outre-mer.
Un siècle et demi plus tard, l'avenir de l'archipel reste suspendu au processus électoral enclenché par les accords de Matignon de 1988.
La Nouvelle-Calédonie avait été abordée en 1774 par l'explorateur James Cook qui la baptisa ainsi parce qu'il lui trouvait une ressemblance avec l'Écosse (Calédonie est l'autre nom de l'Écosse).
Les habitants de la Nouvelle-Calédonie, des Mélanésiens (à peau noire) dénommés Kanaks (ou Canaques), furent ensuite évangélisés par des missions protestantes anglaises, puis par des missions concurrentes, catholiques, venues de France.
Quand la France impose sa souveraineté aux habitants, elle est donc en terrain de connaissance. Dès 1854 est fondé un établissement portuaire sous le nom de Port-de-France. Douze ans plus tard, pour éviter la confusion avec la capitale de la Martinique (Fort-de-France), il est rebaptisé du nom kanak du lieu, Nouméa. La ville est aujourd'hui la capitale du territoire, avec plus de 100 000 habitants.
En mai 1864, ne sachant trop quoi faire de ces terres éloignées de tout et sans ressources notables, le gouvernement impérial y installe, faute de mieux, une colonie pénitentiaire. Elle sera supprimée en 1887, en raison de conditions de détention jugées trop... douces.
En même temps qu'arrivent les premiers déportés, un ingénieur découvre sur l'archipel des gisements de nickel. Bientôt affluent des Alsaciens-Lorrains qui cultivent les terres et exploitent les mines avec succès. Peu à peu, les immigrants d'Europe mais aussi de Polynésie deviennent plus nombreux que les autochtones kanaks.
Il s'ensuit des tensions communautaires attisées par les convoitises réciproques sur les ressources du sous-sol et les terres. Elles s'aggravent dans les années 1980.
L'apaisement revient le 26 juin 1988 avec les accords de Matignon-Oudinot, une large autonomie et la promesse d'un référendum d'autodétermination.
De celui-ci, qui s'est tenu le 4 novembre 2018, il a résulté un rejet de l'indépendance à près de 60% des votants. Les Calédoniens, toutes origines confondues, ont préféré une autonomie très étendue, sous l'égide de la France, à une indépendance aventureuse. Affaire à suivre...














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Jihème (24-09-2025 18:24:14)
Nos gouvernements successifs, tous plus ou moins socialistes, font tout pour perdre la Nlle-Calédonie en multipliant les référendums et en gelant le corps électoral, au mépris de nos intérêts g... Lire la suite
Coche (24-09-2025 18:08:58)
Ne serait-il pas plus judicieux de remettre Mayotte, La Réunion, Wallis et Futuna, la Polynésie française, les Eparses et la Nouvelle-Calédonie aux Anglo-Saxons qui possèdent plus de moyens et so... Lire la suite
Jihème (24-09-2025 17:59:27)
Nos gouvernants actuels à courte vue, tous plus ou moins socialistes, font tous leur possible pour perdre la nlle-Calédonie en multipliant les référendums, alors que, comme le souligne l'un des le... Lire la suite