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France

Au hasard des routes

D'une région à l'autre, au gré des routes, de Versailles aux ruines majestueuses de Coucy en passant par la maison de vacances de Mauriac à Malagar, voici quelques sites plus ou moins célèbres, plus ou moins secrets : Azay-le-Rideau, Chambord, Château-Gaillard, Coucy, Fontainebleau, Fontaine-Henry, Fougères, Langeais, Le Bouilh, Le Plessis-Bourré, Malagar, Provins, Pierrefonds, Saint-Germain-en-Laye, Versailles.

Aquitaine
- Le Bouilh, un gîte royal :

Comme le roi Louis XVI ne connaissait pas en Aquitaine de château digne de l'héberger, le marquis de La Tour-du-Pin décida en 1786 de raser son manoir du Bouilh, sur la rive nord de la Dordogne, et de le reconstruire dans le goût royal. Il confie les travaux à l'architecte Victor Louis, plus connu pour la construction du Grand Théâtre de Bordeaux.

L'architecte projette un édifice en style néo-classique, avec une façade orientée vers le sud et dominant l'estuaire grandiose de la Gironde. Cette façade devait être constituée de deux ailes séparées par une galerie à colonnes et bordées d'écuries et de communs en demi-lune. Seules une aile et une demi-lune (photo ci-dessus) ont pu être construites avant l'arrêt des travaux en 1789 pour cause de Révolution... Le malheureux roi n'eut jamais l'occasion de visiter l'Aquitaine !

L'ensemble n'en a pas moins beaucoup d'allure. Il offre une vision intéressante du style néo-classique alors en vogue. Le château et son domaine viticole ont été au début du XIXe siècle acquis par Henry Hubert de L'Isle, gouverneur de l'île de La Réunion. Ses descendants gèrent encore l'ensemble et y organisent expositions et visites.

- Malagar, le refuge de François Mauriac :

L'écrivain François Mauriac hérite du domaine de Malagar, dans les Graves, au sud-est de Bordeaux, en 1927. C'est désormais là que tous les étés, il va se réfugier pour écrire son oeuvre littéraire à l'écart des bruits de la vie mondaine de la capitale. La nombreuse descendance de l'écrivain, bien que fortunée, n'a pas souhaité entretenir Malagar et a légué en 1985 la demeure au Conseil Régional d'Aquitaine, lequel l'a transformée en un «centre littéraire François Mauriac» (sans trop regarder à la dépense).

Bretagne
- Le château et la cité de Fougères :

L'étendue de la forteresse de Fougères en fait le plus vaste château fort de Bretagne. Il présente plusieurs édifices caractéristiques de l'architecture castrale des XIIIe, XIVe et XVe siècles. Son site naturel est par ailleurs remarquable, juché sur un éperon rocheux dans une boucle du Rançon...

Centre Val-de-Loire
- Le château et le domaine de Chambord :

Chambord domine une forêt giboyeuse qui est encore aujourd'hui une grande réserve de chasse.

Sa construction, à 20 kilomètres au sud-est de Blois, dans le val de Loire, a débuté en 1519, sous le règne de François 1er, principal souverain de la Renaissance. Elle a bénéficié des conseils de Léonard de Vinci, mort peu avant, et s'est étalée sur 30 ans. Le résultat, c'est une construction féerique, connue pour ses innombrables tourelles et son escalier intérieur à double révolution.

Caprice d'un souverain, résidence prestigieuse mais inutile, peu habitée au cours des siècles, elle est le pendant français des châteaux néo-gothiques du roi Louis II de Bavière...

- Le château de Langeais :

Le comte Foulque Nerra, contemporain du roi Hugues Capet, a construit à Langeais, sur les bords de la Loire, en aval de Tours, le premier château fort en pierre.

Cinq siècles plus tard, le roi Louis XI décide de construire à côté de ce vieux donjon, aujourd'hui en ruine, un orgueilleux château dans le style de la première Renaissance. Il veut contenir de la sorte les turbulents barons locaux. La construction, de 1464 à 1466, est suivie par ses conseillers Jean Bourré et Jean Briçonnet.

Pour finir, le roi cède le château à son cousin Dunois, fils d'un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. C'est dans ce château que sera célébré en catimini le mariage de Charles VIII et Anne de Bretagne. Le château appartient aujourd'hui à l'Institut de France.

- Azay-le-Rideau, logis des fées :

Point n'est besoin de longs discours pour présenter l'un des plus célèbres châteaux du Val de Loire. La fine silhouette d'Azay-le-Rideau se mire dans ses larges douves, sur une île de l'Indre. Elle a fait le tour du monde et séduit des millions de visiteurs.

Chef-d'oeuvre de la première Renaissance française, construit de 1518 à 1524 par un financier de la Cour, Gilles Berthelot, le château rappelle par certains aspects (douves, tourelles, machicoulis...) la symbolique des forteresses médiévales à la fin du XVe siècle.

Île-de-France
- Fontainebleau, résidence royale et impériale :

Fontainebleau est l'une des plus anciens demeures royales de France. Le château a accueilli les souverains de l'aube du Moyen Âge (1137) à la chute du Second Empire (1870).

Situé à 60 kilomètres au sud-est de Paris, le site doit son succès à sa situation au coeur de l'une des plus belles forêts du pays, l'une des plus giboyeuses aussi. Il garde le souvenir de Philippe le Bel, qui y est né et mort, de Christine de Suède, également de Napoléon 1er qui y a abdiqué...

- Versailles, incomparable demeure du Roi-Soleil :

Coquet rendez-vous de chasse sous le règne du roi Louis XIII, Versailles s'agrandit sous le règne de son successeur Louis XIV jusqu'à devenir le modèle de la résidence royale classique...

Situé à moins de 20 kilomètres au sud-ouest de Paris, le palais sera définitivement abandonné par la monarchie le 6 octobre 1789, lorsque les Parisiennes en colère viennent chercher la famille royale. Les parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat s'y réunissent encore en congrès pour les grandes occasions...

- Le château de Saint-Germain-en-Laye :

Construction de style disparate, le vénérable château de Saint-Germain-en-Laye inclut un donjon construit par Louis VI le Gros, une Sainte Chapelle construite par Saint Louis, préfiguration de la Sainte Chapelle de l'île de la Cité (Paris), et des corps de bâtiment dont la construction s'étale de la Renaissance à l'époque classique (XVIe-XVIIe siècles).

Le château a vu naître le futur roi Louis XIV. Il attire l'intérêt des visiteurs par sa situation incomparable, sur une terrasse boisée qui domine Paris et la plaine d'île-de-France, et par la présence dans ses murs du musée des Antiquités nationales, créé en 1862 sur instruction de Napoléon III.

Sa plus célèbre pièce n'est hélas pas visible du public. Il s'agit de la délicieuse Dame à la capuche ou Dame de Brassempouy, du nom d'un village des Landes où elle a été découverte. Cette petite statue en ivoire de 25.000 ans est le plus ancien visage féminin connu.

- Provins, ville médiévale :

Attestée au début du IXe siècle, la cité de Provins connaît son apogée aux XIIe et XIIIe siècles, à l'époque des célèbres foires de Champagne. Elle est la résidence principale des comtes de Champagne qui sont les principaux seigneurs du royaume et ne craignent pas de s'opposer au souverain.

Provins garde de cette époque un riche patrimoine : remparts et tours fortifiée, quartier de vieilles maisons médiévales... C'est aujourd'hui en large partie grâce au tourisme généré par son classement au patrimoine mondial de l'Unesco, que cette ville attachante a recouvré son lustre d'antan.

Normandie
- La Renaissance à Fontaine-Henry :

Fontaine-Henry se niche dans une vallée bucolique, entre Caen et la Manche. Sur des fondations presque millénaires, le château expose de magnifiques façades et une très haute toiture représentatives de la Renaissance française.

Les salles intérieures de Fontaine-Henry présentent une superbe collection d'oeuvres d'art, essentiellement du XVIIe siècle (Mignard, Rigaud, Watteau...).

Depuis sa fondation, le château se transmet par les femmes dans la même lignée familiale. Les actuels propriétaires lui donnent vie en organisant des fêtes costumées et des expositions...

- Château-Gaillard, fille de Richard Coeur de Lion :

Pour verrouiller le cours de la Seine et couper aux troupes françaises les accès vers la ville de Rouen, le roi d'Angleterre et duc de Normandie Richard Coeur de Lion fit construire à partir de 1196 un énorme complexe fortifié aux Andelys (Eure) dominé par le célèbre et redoutable Château-Gaillard... «Qu'elle est belle, ma fille d'un an !», se serait-il exclamé en 1197, en découvrant l'état d'avancement de la forteresse, dominant les méandres de la Seine.

L'oeuvre est remarquable par sa perfection et son unité, d'autant qu'elle a été achevée en deux ans... Elle formait le pivot d'un système défensif appuyé sur les bastions des Andelys et pouvu de chaînes qui fermaient l'accès de la Seine.

Philippe II Auguste devait s'en emparer par la ruse en 1204... En 1314, le roi Louis de Navarre y fit enfermer son épouse Marguerite de Bourgogne à la suite du scandale de la Tour de Nesle. La forteresse a été démantelée par Louis XIII en 1613 mais ses ruines font toujours impression.

Pays de la Loire
- Le Plessis-Bourré, un bijou bien caché :

Le Plessis-Bourré est un magnifique château de la transition entre le gothique flamboyant et la première Renaissance, à une quinzaine de kilomètres au nord d’Angers. Il a été construit en 5 années seulement, de 1468 à 1473, par Jean Bourré, qui fut ministre et trésorier de Louis XI puis de son fils et successeur Charles VIII. Il est resté jusqu’en 1750 dans la famille Bourré et appartient depuis un siècle aux descendants du maréchal Soult, duc de Dalmatie.

Dans les pièces meublées selon différentes époques, on peut voir le blason royal à trois fleurs de lys sur fond bleu ; les fleurs de lys évoquant les vertus de la dynastie : foi, sagesse et chevalerie, dans le langage de l’héraldique.

Picardie
- Le fier donjon du sire de Coucy :

Né en 1182, Enguerrand II de Coucy, dit «le Grand», participe à la croisade contre les Albigeois comme beaucoup de petits seigneurs du bassin parisien. Il s’illustre aussi à Bouvines et, fort de ses succès, agrandit son château de Coucy, en Picardie, entre Soissons et Laon, dans une région de collines et de bocages. Il le dote de puissantes murailles et de quatre tours d’angle dont chacune est comparable au donjon du Louvre, la résidence parisienne du roi de France.

Le donjon de Coucy, lui-même haut de 59 mètres, est l’un des plus grands d’Europe. Les tours et le donjon ont été dynamités par les Allemands pendant la Première Guerre mondiale mais, aujourd'hui encore, les visiteurs ne manquent pas d'être impressionnés par ce qui reste des murailles de la petite cité [planches d'Androuet du Cerceau (1576)].

Le seigneur se donne fièrement pour devise : «Roi ne suis, ni prince, ni duc, ni comte aussi. Je suis le sire de Coucy» (on peut rapprocher cette formule de celle des princes de Rohan : «Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan suis»). Présumant de sa puissance, ledit sire de Coucy participe en 1226 à la révolte féodale contre Blanche de Castille, qui gouverne le pays pendant la minorité de son fils Louis IX, futur Saint Louis. La révolte est défaite. Plus tard, le sire devra en rabattre quand, ses gardes ayant pendu quatre jeunes gens qui avaient chassé sur ses terres, il sera appelé à comparaître devant le roi, lequel le condamnera à une sévère pénitence.

- Pierrefonds, songe romantique de Viollet-le-Duc :

Comme la forteresse voisine inachevée de La Ferté-Milon (Aisne), Pierrefonds est essentiellement l'oeuvre du prince Louis d'Orléans (1372-1407), frère du roi Charles VI.

Le château fut totalement réinventé par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc à la demande de l'empereur Napoléon III qui voulait en faire une résidence impériale. Le résultat, dans le style néo-gothique à la mode au milieu du XIXe siècle est impressionnant à l'oei et tout à fait digne d'intérêt.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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