L'Histoire en terminale (ES et L)

2 - L'Europe de 1945 nos jours

Voici le rappel de l'aventure européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : espoirs nés de la construction européenne, doutes nés des guerres balkaniques et du retour des crises économiques...

I] L'Europe de l'Ouest en construction

Auréolés par leur participation à la victoire sur l'Allemagne et le Japon, les États-Unis profitent d'une industrie très puissante, intacte et regonflée à bloc par les commandes militaires. Ils aident généreusement les pays d'Europe occidentale à se relever par le biais de prêts financiers (le plan Marshall).

Portés par leur dynamisme démographique et leur volonté d'en finir avec les guerres, les Européens de l'Ouest font bon accueil à ces prêts.

À l'initiative de quelques visionnaires issus de la mouvance démocrate-chrétienne, ils ne s'en tiennent pas là et engagent un processus inédit : l'union du continent par la voie pacifique.

La construction européenne après la Seconde Guerre mondiale procède de plusieurs facteurs : 1) la volonté d'en finir une fois pour toutes avec les guerres européennes, 2) le besoin des nations occidentales de s'unir face à la menace soviétique, 3) la crainte des nations européennes de n'être pas de taille à affronter isolément les défis économiques et scientifiques du futur.

Jean Monnet se démarque des idéalistes d'avant-guerre (Victor Hugo, Aristide Briand) qui rêvaient d'une union immédiate des nations européennes. Négociateur pragmatique, il convainc les dirigeants chrétiens-démocrates de l'Europe d'après-guerre de s'engager dans une politique des petits pas.

C'est ainsi que grâce à l'Allemand Konrad Adenauer, à l'Italien Alcide de Gasperi et à lui naissent d'abord la CECA puis la CEE, enfin aujourd'hui l'Union européenne.

II] Les démocraties populaires (1948-1989)

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe est divisée entre les régions occidentales et la Grèce, occupées par les troupes anglo-saxonnes, et les régions centrales, «libérées» du nazisme ou de l'occupation allemande par l'Armée rouge.

Très vite, du fait de la «guerre froide» et de la tension croissante entre les deux «Grands» (États-Unis et URSS), Staline installe des régimes communistes à la tête de tous les États occupés par ses troupes. Cela passe en Tchécosloquie par un coup d'État. L'Allemagne orientale devient elle-même un État artificiel détaché du reste de l'Allemagne, la République démocratique allemande (RDA).

La Yougoslavie, libérée de l'occupation allemande par les communistes locaux, fait figure d'exception. Son chef, Tito, fait figure de «non-aligné», ne faisant allégeance ni à Moscou ni à Washington.

Mais les régimes communistes se heurtent à de fortes résistances, d'autant qu'ils sont impuissants à combler les aspirations matérielles des habitants.

En Allemagne de l'Est (1953) comme en Hongrie (1956) et en Tchécoslovaquie (1968), les successeurs de Staline recourent à la force armée pour maintenir les populations sous leur tutelle.

Les gouvernants installent une frontière étanche au milieu de l'Europe, le «rideau de fer», pour empêcher leurs sujets de s'enfuir vers l'Occident. Le «Mur de Berlin» parachève en 1961 cette coupure de l'Europe. Il est érigé entre les secteurs occidentaux et soviétique de l'ancienne capitale de l'Allemagne.

La répression ne peut toutefois éradiquer les mouvements clandestins de résistance. Ces derniers bénéficient de la protection de la conférence européenne d'Helsinki.

La Pologne est bientôt en première ligne dans la lutte contre la dictature. Les résistants, issus du monde ouvrier et profondément attachés à leur foi catholique, trouvent un supplément d'énergie dans l'accession à la papauté de l'archevêque de Cracovie, un cardinal charismatique, Karol Wojtila, sous le nom de Jean-Paul II.

L'enlisement de l'Armée rouge en Afghanistan et la très coûteuse course aux armements imposée par le président américain Ronald Reagan portent un coup fatal au prestige de Moscou.

Le nouveau secrétaire général du PCUS (parti communiste de l'Union soviétique) Mikhaïl Gorbatchev prend acte des nouveaux rapports de force. Il engage un processus de libéralisation qui se traduit en trois ans (1986-1989) par la démocratisation de toutes les anciennes «démocraties populaires» d'Europe centrale.

III] Les enjeux européens depuis 1989

La fin des années 1980 et le début des années 1990 se traduisent par l'implosion du système communiste soviétique. L'URSS se décompose et laisse la place à une fédération de Russie amoindrie et près de quinze autres républiques encore plus déshéritées à l'exception des petits pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie).

Épuisée par 70 ans d'une effroyable dictature, la Russie peine à reprendre pied. Sa fécondité extrêmement faible (à peine un enfant en moyenne par femme) est à l'image de son économie.

Dans le même temps, les pays de l'Union européenne se lancent dans l'intégration de leurs économies et onze d'entre eux (sur un total de quinze) créent une monnaie unique, l'euro, qui prend effet le 1er janvier 1999.

Cette intégration à marches forcées ne va pas sans douleur. Elle se traduit en 1993 par la première année de récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec un taux de croissance économique négatif.

L'intégration européenne et l'implosion du système communiste réunifient le Vieux Continent et homogénéisent les modes de vie et les aspirations individuelles.

L'implosion de la zone d'influence soviétique a permis aux pays les plus solides d'Europe centrale de faire acte de candidature dans l'Union européenne : la Pologne, la République tchèque, la Hongrie, ainsi que la Slovénie, la Lettonie, l'Estonie et la Lituanie.

Mais cet élargissement rend encore plus difficile le renforcement politique de l'Union européenne.

Par ailleurs, les conflits des années 1990 en Yougoslavie ont montré que le continent européen n'est pas à l'abri du retour de la guerre ; ils soulignent la difficulté de l'Union européenne à mettre en oeuvre une politique extérieure commune.

La création d'un véritable gouvernement européen, avec son armée, sa diplomatie, son autorité économique et sociale et une direction véritablement démocratique exigerait de tous les États qu'ils fassent le sacrifice d'une part de leur souveraineté. Combien sont prêts à l'accepter en ce début du XXIe siècle?

Pour aller plus loin

- Suivez la lente construction de l'Europe, de la CECA à l'euro [dossier]

- Découvrez la personnalité méconnue et romanesque de Jean Monnet, le «Père de l'Europe» [récit]

- Événements marquants de la guerre froide entre les États-Unis et l' URSS [dossier]

- L'Union européenne à l'épreuve avec le conflit des Balkans [récit]

Des outils pour comprendre
- Se repérer dans le temps :


Chronologie de la construction européenne

- Se repérer dans l'espace :
L'Europe après 1945

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Les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS et les États-Unis, ne vont cesser jusqu'en 1989 de se disputer le leadership de la planète.

C'est la «guerre froide». Le monde vit dans la crainte d'un nouveau conflit généralisé, qui serait, celui-là, atomique. Fort heureusement, il n'adviendra pas.

Vérifier les connaissances

- Quels sont les six pays qui s'unirent par le traité de Rome du 25 mars 1957? [réponse]

- Quels sont les quinze pays issus de l'ancienne Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS)? [réponse]

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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