« La civilisation arabo-musulmane n’a rien inventé » : cette idée reçue remonte à la Renaissance et sera confortée au XIXe siècle...
Histoire d’un préjugé
Au XVIe, alors que la civilisation arabo-musulmane est entrée en déclin, l’Europe prend l’ascendant et redécouvre son héritage gréco-romain ; elle doit bien admettre sa dette : la plupart des textes perdus pendant « l’âge des ténèbres » avaient été traduits en arabe par des savants syriens maîtrisant les deux langues ; mais on souligne leur chrétienté plutôt que leur arabité. Il est vrai que les bédouins d’Arabie des débuts de la conquête avaient des poètes mais pas de savants.
Au XIXe siècle, les tenants de la laïcité, dont de grands écrivains comme Ernest Renan et le positiviste Auguste Comte, critiquent l’obscurantisme des religions sur un fond d’antisémitisme ; or les Arabes sont aussi des sémites.
Partageant cette façon de voir, les orientalistes de l’époque minimisent les apports originaux de la civilisation arabo-islamique en expliquant qu’elle n’a été qu’une courroie de transmission de la science grecque et des savoirs indiens et persans.
Ce sont des spécialistes, notamment européens et arabes et le Pakistanais Abdus Salam (1926-1996), premier prix Nobel scientifique (physique, 1979) du monde musulman, qui rétabliront les faits dans la seconde moitié du XXe siècle.
En 1999, le prix Nobel de chimie a été décerné à l’Égyptien Ahmad Zuwail.
Les Arabes à la pointe de la modernité
Du VIIIe au XIIIe siècle, cette civilisation a été à la pointe de la modernité. Il y a certes eu un « miracle grec » dans l’Antiquité mais il y a eu aussi un « miracle arabe » au Haut Moyen Âge, celui des savants et des penseurs qui ont choisi de rédiger leurs travaux dans cette langue alors qu’ils étaient persans, berbères, andalous, juifs, etc. Ils ont exploré tous les domaines du savoir : astronomie, mathématiques, physique, chimie, médecine, philosophie, géographie, architecture, botanique, histoire (...).


Spécialiste du monde arabo-musulman, ancien journaliste au Monde et directeur honoraire du Centre d’études de l’Orient contemporain, Paul Balta (né le 24 mars 1929 à Alexandrie et mort le 27 janvier 2019 à Paris) réexamine ci-après une idée reçue sur la science arabe.









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Bernard BELPAIRE (11-08-2025 11:36:52)
Je rejoins les commentateurs LABORDE, christophe de medeiros, dénominateur commun et adalberon.
En effet Paul Balta mélange Arabe et musulman, quelle confusion!
LABORDE (10-08-2025 20:31:33)
Il y a certainement confusion entre Arabe et Musulman. Khwarizmi, Jabir, Razi, Khayan sont perse et surtaout ne pas dire à un ouzbek que Biruni et Avicenne sont arabes...!
christophe de medeiros (12-10-2017 18:55:30)
et si la renaissance etait le fait des intellectuels de culture grecque classique et italique ayant fui la conquête islamique de l'empire byzantin... j'ai peine à croire que cet empire avait perdu t... Lire la suite