29 avril 2024

Sciences Po à la pointe de l'antisémitisme

L'ironie est le fort de Sophia Aram. En seulement trois minutes, l'humoriste réussit le tour de force d'exposer les contradictions des agitateurs qui réhabilitent le vieil antisémitisme au coeur des beaux quartiers de Paris.

Le même jour, le quotidien Libération s'interroge sur les motivations de ces enfants perdus de la bourgeoisie appelés à diriger le pays un jour prochain. À l'un d'eux, on fait remarquer que les mains rouges brandies par les manifestants font référence au dépecage odieux de deux jeunes soldats israéliens par le Hamas il y a un quart de siècle. L'étudiant s'excuse : « Je ne connaissais pas cette référence ; je suis né en 2004 ». Autant dire aussi que d'être né après 1945 justifierait de ne rien connaître de la Shoah et des abîmes auxquels mène l'antisémitisme...


En savoir plus avec France Inter
Christian (02-05-2024 08:57:08)

Pour essayer de comprendre ce qui se passe actuellement dans les universités occidentales (américaines et françaises notamment), il faut peut-être rappeler d’abord que l'expression « Sud global » ne recouvre qu’un ensemble de pays hétérogènes dont le seul point commun est une hostilité commune à l’égard de l’Occident « blanc ». Cette hostilité est souvent entretenue de manière plus ou moins artificielle par des gouvernements autocratiques qui ne cessent de rappeler, souvent pour des raisons de politique intérieure, les massacres et les horreurs de la colonisation et de l'esclavage, alors qu’ils les ont parfois eux-mêmes pratiqués et les pratiquent peut-être encore sans jamais exprimer la moindre « repentance » (traite négrière arabo-musulmane, génocide arménien, persécution des Ouïghours en Chine, nationalisme anti-musulman en Inde et ainsi de suite).

De plus, ces pays sont souvent rivaux entre eux et n'hésitent pas à recourir aux manœuvres d'intimidation contre leurs voisins, quand ils ne brandissent pas carrément la menace de la guerre (Inde et Pakistan au Cachemire, Inde et Chine dans l'Himalaya, manœuvres chinoises dans les îles Paracels et Spratleys revendiquées par Pékin aux dépens du Vietnam et des Philippines)...

La faiblesse des démocraties européennes et américaines transparaît dans le fait que les manifestations portant sur les questions internationales ne concernent pratiquement que les conflits dans lesquels la responsabilité des gouvernements occidentaux et/ou « blancs » peut être mise en cause. Il suffit de regarder ce qui se passe actuellement sur les campus américains, où les étudiants les plus politisés s'intéressent presque exclusivement à la cause palestinienne et protestent rarement (voire jamais) contre les bombardements russes en Ukraine ou la persécution des Ouïghours en Chine. Il en va de même en France, où le nombre de manifestations contre les crimes de guerre à Gaza est sans commune mesure avec celui des manifestations de solidarité avec les femmes iraniennes ou les civils ukrainiens.

Ce phénomène n’est pas nouveau puisque, depuis les années soixante, les manifestations contre la guerre du Vietnam et les guerres du Moyen-Orient, fortement teintées d'anti-américanisme et fermement soutenues par le PCF et les mouvements d'ultra-gauche, ont toujours eu beaucoup plus de succès (c'est un euphémisme) que les manifestations contre les massacres génocidaires du Biafra, du Cambodge, du Soudan et de l’Afrique des Grands Lacs, ou contre la mise en place de dictatures religieuses en Iran et en Afghanistan...

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