Ignace Semmelweis (1818 - 1865)

Le pionnier du lavage des mains

Ignace Philippe Semmelweis par Jenő Doby, gravure sur cuivre (1860).En 2020, le lavage des mains est le principal « geste barrière » servant à lutter contre la propagation du Covid-19. Ignace Semmelweis tient sa revanche.

Cet obstétricien hongrois a permis de réduire drastiquement le taux de mortalité dans les maternités en imposant un simple geste : le lavage des mains. 

Mais comme beaucoup de chercheurs ayant eu raison « trop tôt », il s’est attiré les foudres de son temps. Aujourd’hui, ce geste est un b.a.-ba de l’hygiène que l’on apprend dès la petite enfance. 

Une révolution hygiénique mal comprise

En juillet 1846, Semmelweis est nommé chef de clinique à l’hôpital général de Vienne. Il étudie les causes de la fièvre puerpérale qui survient chez la femme après un accouchement ou une fausse couche. Elle est le fléau des premières maternités hospitalières.

Le jeune médecin observe que les femmes qui accouchent chez elle sont moins exposées à la fièvre puerpérale et d'autre part que les deux pavillons d’accouchement de son hôpital n'ont pas la même mortalité : « on meurt plus chez Klin que chez Bartch. » Le premier médecin dirige des étudiants en médecine tandis que le second, des élèves sages-femmes.  Pour éclaircir le mystère, Semmelweis propose que soient échangés les sages-femmes du second pavillon avec les apprentis médecins du premier. Résultat : on meurt désormais moins chez Klin que chez Bartch !

Il s'avère que  les étudiants en médecine pratiquent parfois des dissections cadavériques avant de rentrer en salle d’accouchement. Semmelweis impose alors le lavage des mains avant chaque opération mais son initiative heurte ses collègues et il est révoqué !

Là-dessus, son ami Jakob Kolletschka meurt d’une septicémie après s’être blessé au doigt avec un scalpel lors de la dissection d’un cadavre. L'autopsie révèle une pathologie identique à celle des femmes mortes de la fièvre puerpérale.

Cette observation amène Semmelweis à l’évidence : des « particules » invisibles mais très odorantes, présentes sur les cadavres sont à l’origine de ces morts. Semmelweis a découvert sans le savoir les microbes (le mot lui-même ne sera inventé qu'en 1878 !).

Le lavage à l’eau et au savon ne suffit pas. Semmelweis impose un lavage des mains de cinq minutes avec une solution d’hypochlorite de calcium pour le lavage des mains entre le travail d’autopsie et l’examen des patientes puis l'étend à l'ensemble des examens qui mettent les médecins en contact avec de la matière organique en décomposition.

Malgré ses excellents résultats, la communauté médicale s’oppose à lui. Il regagne sa ville natale et prend la direction de la maternité de l’hôpital Saint-Roch de Budapest. Éprouvé par ses combats, Semmelweis voit sa santé mentale se dégrader et il est interné près de Vienne. Il meurt à 47 ans, le 13 août 1865.

La mise en œuvre des recommandations de Semmelweis et Pasteur a très vite abouti à des résultats spectaculaires. C'est en effet l'amélioration de l'hygiène, plus encore que les vaccins, qui a entraîné dès le milieu du XIXe siècle la chute de la mortalité infantile et l'allongement de l'espérance de vie.

En 2013, l’Unesco inscrit les découvertes de Semmelweis au Patrimoine mondial de l’humanité.


Épisode suivant Voir la suite
Le handicap
Publié ou mis à jour le : 2020-04-04 09:32:05

 
Seulement
20€/an!

Actualités de l'Histoire
Revue de presse et anniversaires

Histoire & multimédia
vidéos, podcasts, animations

Galerie d'images
un régal pour les yeux

Rétrospectives
2005, 2008, 2011, 2015...

L'Antiquité classique
en 36 cartes animées

Frise des personnages
Une exclusivité Herodote.net