Bimensuel, N° 1, Octobre 2012, 3,90€

Ce fascicule est le premier d’une collection de vingt titres thématiques à paraître dans l’année : Le Monde Histoire, Comprendre un monde qui change.
Le format est élégant (15x19 cm) et la mise en page plaisante, avec une centaine de pages aux aplats colorés, beaucoup de photos dont certaines en couleur et une chronologie détaillée.
Sous le titre : Crises, du krach de 1929 aux menaces sur l’euro, ce premier volume rassemble des articles parus dans le quotidien Le Monde au fil des dernières décennies, avec une longue et intéressante introduction du journaliste Serge Marti.
Ces articles ont les qualités et les défauts du journalisme : ils décrivent les événements de manière détaillée mais hélas sans les mettre suffisamment en perspective.
Le volume débute avec la crise de 1929. L’article raconte le fameux «Jeudi Noir» (24 octobre 1929), qui a vu plonger la Bourse de New York, avec quelques erreurs de détail (il remet en selle la légende selon laquelle de nombreux spéculateurs se seraient ce jour-là suicidés).
L’ennui est qu’il ne dit rien des origines de ce krach ni surtout de ses suites. Rien sur la crise britannique de 1924 et la réévaluation de la livre sterling en 1925, à l’origine de la flambée spéculative à Wall Street. Rien non plus sur les années qui ont suivi…
Petit rappel : en 1931, l’économie occidentale peut se croire sortie d’affaire quand survient la faillite d’une banque autrichienne, la Kreditanstallt Bank. Panique générale. Dans la foulée, les gouvernements allemand (Brüning, 1932) puis français (Laval, 1935) mettent en place des programmes de rigueur budgétaire, qualifiés à l’époque de «déflationnistes». Il s’ensuit l’arrivée de Hitler et les drames que l’on sait…
Loin de ces considérations, Le Monde Histoire passe directement du récit du «Jeudi Noir» à celui des accords de Bretton Woods (1944) pour finir en accéléré sur les crises contemporaines. Regrettons là aussi que la crise de 2001 en Argentine soit réduite au récit des manifestations de ménagères, sans qu’il soit question de montrer comment on en est arrivé là, par la volonté obstinée d’arrimer le peso argentin au dollar pour en faire une «monnaie forte».
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