Société

La violence, hier, aujourd'hui, toujours

Violence, insécurité, peur... Ces mots rappellent une réalité vieille comme le monde et dont il est peu probable qu'elle disparaisse un jour.

Il n'empêche que, depuis le meurtre biblique d'Abel par son frère Caïn, la violence a beaucoup évolué en nature et en intensité...

Violence aveugle

Pour nous en tenir à l'Occident, le IIe millénaire a débuté sous une extrême violence : violence ordinaire des populations paysannes, livrées à elles-mêmes, violence calculée des seigneurs avides et acrimonieux.

Cette violence se tempère au XIIe siècle, quand les souverains, tel Louis VI le Gros, mettent à la raison les seigneurs-bandits et que l'Église discipline les guerriers en les transformant en chevaliers, «défenseurs de la veuve et de l'orphelin».

Au XIIIe siècle, sous le «beau Moyen Âge», la violence au quotidien demeure élevée, au même niveau que celui observé aujourd'hui dans les pays les plus violents d'Amérique latine, avec un taux d'homicide annuel supérieur à 50 pour 100.000 habitants (*).

- Le duel d'honneur :

Cette situation va plus ou moins perdurer jusqu'au XIXe siècle, avec l'apparition, entre temps, à la Renaissance, d'un phénomène inédit : le duel ! Il conduit des gentilshommes à se battre jusqu'à la mort pour l'«honneur» (on trouve généralement une femme à l'origine de la querelle !).

Dans la première décennie du XVIIe siècle, en France, sous le règne d'Henri IV, on attribue aux duels environ 30.000 décès. Les souverains finissent par s'émouvoir de cette hécatombe qui les prive de tant de braves officiers !

Frappé d'interdiction légale, le duel disparaît progressivement au XVIIIe siècle sauf dans quatre pays où il demeure en vogue jusqu'à la Première Guerre mondiale : l'Allemagne, la Russie, l'Italie et l'Espagne. «Sinistre quatuor, note Jean-Claude Chesnais (*). Tous ces pays allaient connaître, au siècle suivant, les dictatures les plus tragiques de leur histoire.»

La mesure de la violence

Comment mesurer la violence ? Quand on parle d'agressions, de viols ou de vols, les définitions varient selon les locuteurs et les sociétés, rendant illusoire toute comparaison.

Le recensement de ces faits dépend souvent de leur perception sociale. Ainsi les viols et les violences conjugales étaient-ils largement sous-évalués jusqu'à une date récente dans les sociétés latino-américaines, au contraire des sociétés scandinaves ou anglo-saxonnes, parce qu'ils s'inscrivaient «dans la nature des choses»...

En définitive, le seul indicateur à peu près objectif pour mesurer et comparer l'intensité de la violence entre deux époques ou deux lieux est le taux annuel d'homicides.

En ce début du XXIe siècle, ce taux tourne autour de 50 homicides par an pour 100.000 habitants dans les régions les plus violentes du monde (parmi celles qui disposent de statistiques) : Venezuela, Colombie, Afrique du Sud... Il est de 0,7 à 1,5 homicides par an pour 100.000 habitants dans les pays les plus sûrs du monde : Japon, Scandinavie, Europe occidentale...

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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