La Révolution française - L'affirmation d'un nouvel univers politique - Herodote.net

La Révolution française

L'affirmation d'un nouvel univers politique

La période révolutionnaire a profondément transformé la France et l'Europe. Elle débute lorsque le système absolutiste français est remis en cause, éclate en 1789, et tente de prendre la forme d'une monarchie constitutionnelle, puis d'une République. Toutefois, la Révolution ne parvient jamais à trouver la stabilité, et c'est la prise de pouvoir de Napoléon Bonaparte qui va donner à la France cette stabilité, au prix toutefois de nombreuses guerres extérieures.

L'exigence de liberté
- la remise en cause de l'absolutisme

La France d'Ancien Régime est une monarchie dans laquelle le roi a des pouvoirs très étendus car il est le représentant de Dieu sur terre. De même, l'ordre politique est censé refléter la volonté divine, il est donc intangible, et divisé en trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état (c'est-à-dire «tout le reste»). Les deux premiers ordres, pourtant bien moins nombreux, sont les plus riches et jouissent de privilèges importants.

Les bourgeois, de plus en plus nombreux avec l'enrichissement du pays, supportent toujours moins d'être tenus à l'écart des décisions politiques. Ils sont influencés par les idées des Lumières et les plus audacieux croient à l'égalité des individus. Ils insistent sur la nécessité d'éduquer le peuple pour le faire progresser et l'arracher ainsi à la «superstition» et au pouvoir, qu'ils jugent excessif, de l'Église.

Les hommes des Lumières s'appuient aussi sur deux exemples étrangers, le modèle anglais et, de plus en plus, le modèle américain.

1789, la nation prend le pouvoir
- les états généraux

La situation financière du royaume étant catastrophique, le roi doit convoquer les états généraux le 5 mai 1789. C'est à cette occasion que les Français rédigent les « cahiers de doléance », qui leur permettent d'exprimer leurs plaintes, dont ils espèrent qu'elles seront entendues. Mais rapidement les trois ordres vont s'affronter, le tiers état demande à être mieux reconnu et exige que le clergé et la noblesse paient des impôts.

Le 17 juin, le tiers état se proclame Assemblée nationale et défie le roi ; le 20, ses membres prêtent le serment du Jeu de Paume et jurent de ne pas se séparer tant qu'ils n'auront pas doté la France d'une constitution. Ainsi, ce n'est plus le roi qui est la source de l'autorité, mais la nation, dont le symbole est la cocarde tricolore.

- le peuple au cœur du jeu politique

Le 14 juillet, le peuple entre en piste et prend la Bastille, prison quasiment vide mais symbolisant l'arbitraire royal. Le 4 août, les représentants votent l'abolition des privilèges, c'est un tournant dans l'histoire de France. Le 26 août, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est adoptée. «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits».

L'enthousiasme fait ensuite place à la méfiance face au roi : le 5 octobre 1789, alors que les prix du pain augmentent sans cesse, un cortège de parisiennes se rend à Versailles. Sous la pression populaire, le roi, qui a laissé l'émeute se développer, doit rentrer à Paris. Il est maintenant prisonnier des révolutionnaires.

L'échec de la monarchie constitutionnelle
- la Constitution

À partir de 1789, le roi règne avec l'Assemblée, qui est chargée de rédiger une constitution : dorénavant, l'organisation des pouvoirs doit être précisément définie et ils doivent être mieux répartis.

L'assemblée engage beaucoup d'autres réformes qui remodèlent en profondeur l'organisation de la France, et dont certaines font encore sentir leur influence aujourd'hui, comme la création des départements.

- Son impossible application

Si, dans un premier temps, on peut croire lors de la Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 que le roi et la Nation s'entendent parfaitement, des tensions apparaissent rapidement. Louis XVI supporte très mal de voir ses pouvoirs rognés, et surtout il s'oppose à l'Assemblée sur les questions religieuses.

Cette dernière a en effet décidé de nationaliser les biens du clergé, afin de régler ses problèmes financiers. Puis elle va plus loin en votant la la constitution civile du clergé.

- la guerre et la chute de la royauté

La tension est d'autant plus forte que les voisins de la France se préparent à l'affrontement. De nombreux nobles français ont émigré et pensent pouvoir facilement battre les révolutionnaires pour restaurer l'ordre ancien. C'est toutefois la France, et plus exactement Louis XVI, qui déclare la guerre à l'Autriche le 20 avril 1792. Le roi espère ainsi, tout en prétendant prendre le parti de la Révolution, qu'elle sera vaincue par l'empereur d'Autriche. Ainsi, il pourra retrouver l'intégralité de ses pouvoirs.

Le 10 août 1792, la famille royale est emprisonnée après que le pouvoir du roi a été déclaré «suspendu» par l'Assemblée législative.

L'impossible stabilisation
- l'enthousiasme républicain

Malgré l'enthousiasme qui accompagne la déclaration de guerre, durant lequel la Marseillaise devient l'hymne de la Révolution, les premiers mois de la campagne sont difficiles.

Cependant, le 20 septembre 1792, les troupes françaises remportent la bataille de Valmy, qui militairement n'est pas importante, mais qui devient le symbole de la puissance révolutionnaire, d'autant qu'elle est confirmée peu après par celle de Jemmapes. Dès lors, les armées françaises envahissent les pays voisins pour y propager la Révolution.

Après la «suspension» du roi, une partie du peuple, les sans-culottes, manifestent et poussent les représentants, réunis dans la Convention, à s'en prendre au roi et à pourchasser les suspects. Le 22 septembre, la France devient une république. Le roi est jugé, condamné à mort et exécuté le 21 janvier 1793.

Ce procès a cependant aggravé les dissensions entre les Girondins, plus modérés, et les Montagnards, parmi lesquels Robespierre, qui obtient finalement l'élimination des Girondins en mai 1793 et institue la «Terreur», nécessaire à ses yeux pour défendre la Révolution. Il fait exécuter son grand rival Danton, mais à partir de ce moment, tout le monde se met à avoir peur de lui, si bien qu'il est à son tour arrêté le 27 juillet 1794 et exécuté le lendemain.

La mort de Robespierre met fin à la période la plus extrême et la plus agitée de la Révolution. La situation militaire est redressée, et beaucoup aspirent à vivre de manière plus insouciante. Les Thermidoriens, ainsi appelés parce que Robespierre est mort durant le mois de Thermidor, selon le calendrier révolutionnaire, rédigent une nouvelle Constitution, qui accorde un rôle moins important au peuple...

Publié ou mis à jour le : 2019-08-14 20:20:27

 
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