Mensuel, N° 388, Juin 2013, 6,50€

En souvenir du 70e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, le 27 mai 1943, L'Histoire consacre son dossier de ce mois à Jean Moulin. L'importance de l'événement est moins dans l'efficacité combattante que dans l'évitement d'une guerre civile à la Libération.
Jean-Pierre Azéma raconte le contexte de cette première réunion à Paris, avec en arrière-plan la rivalité entre de Gaulle et Giraud. Il s'agissait pour Jean Moulin de rassurer les Alliés anglo-saxons sur le respect des règles démocratiques par le CNR et la volonté de travailler en bonne intelligence avec eux après la Libération du territoire. Il s'agissait aussi pour lui de rassurer ses compagnons sur le fait que les «anciens partis politiques» ne seraient pas rétablis dans toutes leurs prérogatives.
L'arrestation de Jean Moulin à Caluire, le mois suivant, le 21 juin, va fragiliser l'accord et les mouvements vont reprendre un peu d'autonomie. Jean Moulin («Rex» dans la clandestinité) est pris malgré toutes ses précautions parce que Pierre de Bénouville, membre du mouvement Combat, ne pouvant se rendre à la réunion de Caluire, s'est fait représenter par un certain René Hardy, comptant qu'il saurait tenir tête à Jean Moulin. Mais il violait ce faisant les règles de sécurité car Hardy, ayant été arrêté par la Gestapo et relâché, n'était plus fiable...
Pour la Résistance, l'établissement du STO le 16 février 1943 est une opportunité inespérée. Beaucoup de jeunes Français, refusant d'aller travailler en Allemagne, prennent le chemin de la clandestinité. Olivier Wieviorka précise : 650.000 requis en France (un réfractaire sur cinq), 200.000 en Belgique, 250.000 aux Pays-Bas.
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