Le kiosque de l'Histoire, anciennes parutions

Historia

Mensuel, N° 807, Mars 2014, 5,70€

Mensuel, N° 807, Mars 2014, 5,70€

Historia consacre un dossier à la Grande Guerre à l'occasion du Centenaire, bien sûr, et également de la prochaine diffusion par France 2 de la série Apocalypse consacrée à ces quatre années de la Première Guerre mondiale (1914-1918). 

Jean-Yves Le Naour évoque avec beaucoup de vie le quotidien des tranchées. Celles-ci furent perçues comme un moindre mal et un soulagement après les offensives de l'automne 1914, la période de loin la plus meurtrière de la Grande Guerre. Les fantassins, qui eux-mêmes se désignent comme des « troglodytes », apprennent à vivre et survivre dans la boue, la puanteur et la compagnie des rats.

Les attaques étant somme toute assez peu fréquentes, ils doivent supporter l'écoulement monotone des jours, rempli de parties de cartes et de rigolades. « Je vous ai entendu rire, jamais pleurer », écrit Roland Dorgelès dans Les Croix de bois (1919).

La révolution municipale

Notons aussi un article fort complet sur les origines de la fonction de maire et ses aléas au fil de l'Histoire de France, en prévision des élections municipales des 23 et 30 mars 2014. Le mot lui-même dérive du latin « major domus », qui désigne l'intendant de la maison et dont on a fait aussi majordome.

L'administration municipale apparaît au XIe siècle dans les bourgs marchands d'Italie du Nord, avant de se répandre à toute l'Europe occidentale. Ces assemblées élues par les bourgeois sont les interlocuteurs des seigneurs locaux, tant laïcs qu'ecclésiastiques. Elles consolident leurs droits et les privilèges fiscaux et juridiques des bourgeois en achetant des chartes et des franchises que les seigneurs, régulièrement à court de ressources, sont heureux de leur accorder.

À la fin du Moyen Âge, en France, dans les villes franches, dotées d'une charte communale, comme dans l'ensemble des paroisses, ancêtres des actuelles communes, l'administration est assurée par un maire bénévole assisté d'échevins. Dans les pays de langue d'oïl, au nord, le maire est désigné par le roi sur une liste de candidats soumise par les bourgeois ; dans les pays de langue d'oc, au sud, le maire, en fait appelé « consul » (en souvenir de la Rome antique), est directement élu par ces mêmes bourgeois.

Mais en 1692, un édit royal introduit la vénalité des charges municipales. La fonction de maire devient un office que l'on achète et dont le titulaire attend des retombées (prestige et revenus). Il s'ensuit une dégradation de l'administration municipale à laquelle le contrôleur général Laverdy remédie en 1764 par une remise en ordre générale, annonciatrice des réformes de la Révolution française. Il revient à l'élection pour les paroisses et villes de moins de 4500 habitants. 

C'est par la loi du 14 décembre 1789 que prennent forme les communes sous leur forme actuelle. La loi impose la même organisation à toutes les paroisses et villes, avec un conseil municipal et un maire élus pour deux ans. L'article 4 de la loi énonce en toute simplicité : « Le chef de tout corps municipal portera le nom de maire ».

Mais la démocratie est à éclipses. Sous le Consulat, le Premier Consul (Bonaparte) nomme les maires des villes de plus de 5000 habitants et le préfet les autres. Bref retour à l'élection sous  la IIe République, en 1848-1851. Il faut attendre ensuite 1882 pour que les républicains en reviennent à l'élection des maires et des conseils municipaux... sauf à Paris, la capitale étant jugée inapte à s'administrer depuis le soulèvement de la Commune ! 

Nouvelle éclipse sous le régime de Vichy, en 1940-1944 et retour enfin à l'élection démocratique, y compris à Paris depuis une loi du 31 décembre 1975.

André Larané


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