Le kiosque de l'Histoire, anciennes parutions

Guerres & Histoire

Bimestriel, N° 8, Août-Septembre 2012, 5,95€

Bimestriel, N° 8, Août-Septembre 2012, 5,95€

En couverture de ce magazine, deux décennies de guerre au Viêtnam mais aussi des récits et des témoignages qui, comme dans les précédents numéros, couvrent toutes les périodes.

À noter une découverte en images de l'arsenal de Venise, un fantastique outil industriel qui a permis à la Sérénissime République, dès le Moyen Âge, de construire des galères à la chaîne selon les principes qui seront appliqués au XXe siècle aux chantiers navals... ou à la construction automobile.

Les galères à rames sont, pendant un demi-millénaire, les redoutables gardiennes de la Méditerranée. Les Vénitiens en maîtrisent mieux que quiconque les atouts. Mais leur entretien est coûteux et, dans les périodes  de paix, ils se contentent d'une dizaine de galères. Quand la tension internationale l'exige, ils en assemblent de nouvelles à la hâte à partir de coques et de composants standardisés, préfabriqués et stockés à l'abri. C'est ce qui se passe en 1570 lorsque le sultan Selim II entreprend de s'emparer de Chypre, possession vénitienne. En cinquante jours, les chantiers navals vénitiens mettent à la mer une centaine de galères équipées.

Les chantiers ont été édifiés par le doge Faliero en 1104 à l'extrémité orientale de la ville, sur des marais asséchés, dans le quartier de Castella. Ces chantiers navals, propriété de l'État, sont appelés «arsenal», de l'ancien vénitien arzana, qui vient lui-même de l'arabe dâr as-sina«maison de l'ouvrage» ou «manufacture». Ils sont surnommés «forge de guerre» par les Vénitiens.

D'une superficie initiale de 3,2 hectares, ils en viendront à occuper finalement 45 hectares, soit 15% de la surface de la ville, au terme de plusieurs agrandissements successifs jusqu'en 1810. En 1473, suite à l'occupation de la mer Égée par le sultan Mehmet II, les Vénitiens portent la superficie de l'arsenal à 24 hectares et l'entourent d'un mur de briques aveugle haut de 15 mètres et long de 4 kilomètres.

L'arsenal est surveillé avec autant de soins qu'une forteresse... ou une usine de composants électroniques. Toutes les matières premières sont stockées sur place dans de vastes entrepôts et font l'objet d'une comptabilité rigoureuse. Du haut d'un campanile, la Marangona, la cloche des charpentiers, annonce le début et la fin de la journée pour les ouvriers qui travaillent sur place (jusqu'à 16.000, y compris 2000 ouvriers qualifiés, les arsenalotti). L'élite ouvrière est constituée par les charpentiers qui se transmettent leurs secrets de père en fils. Des inspecteurs effectuent quotidiennement un contrôle-qualité rigoureux et sévère. L'encadrement est assuré par des nobles et la direction générale par un amiral.


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