Guillaume II (1859 - 1941)

Empereur boutefeu

Troisième et dernier empereur d'Allemagne, Guillaume II de Hohenzollern règne de 1888 à 1918. Succédant à son père, le libéral Frédéric III, il ambitionne de faire de l'Allemagne la première puissance mondiale et abandonne la Realpolitik de Bismark au profit d'une Weltpolitik expansionniste et colonialiste. Il développe une marine de guerre destinée à concurrencer l'Angleterre elle-même et mène une politique autoritaire et militariste.

Son abdication, le 9 novembre 1918, précède de deux jours la fin de la Première Guerre mondiale.

Va-t-en-guerre

Né le 27 janvier 1859 à Berlin, le futur Guillaume II a pour mère Victoria, dite « Vicky », fille aînée de la reine Victoria. Intelligent et cultivé, il souffre d'un complexe d'infériorité du fait de son bras gauche paralysé depuis sa naissance. Il s'efforcera en permanence de cacher ce handicap qui l'empêche de pratiquer les armes et de bien monter à cheval.

Guillaume II de Hohenzollern (27 janvier 1859, Berlin ; 4 juin 1941, Doorn, Pays-Bas)Très vite, dès mars 1890, Guillaume II renvoie le vieux chancelier Bismarck et se détourne de sa diplomatie de bascule entre l'Autriche-Hongrie et la Russie. Son objectif est d'asseoir le prestige de l'Allemagne par une expansion tous azimuts, à la fois commerciale, coloniale et maritime.

De fait, l'Allemagne obtient des résultats spectaculaires en matière industrielle (chimie, charbon, métallurgie...).  Mais l'empereur ne s'en tient pas là. Il rompt le subtil équilibre instauré par Bismarck, qui visait à isoler la France en nouant des liens tant avec la Russie qu'avec l'Autriche-Hongrie. C'est ainsi qu'il ne renouvelle pas le traité de réassurance conclu avec la Russie, ce qui pousse le le tsar à se rapprocher de la France.

Dans le même temps, il s'oriente vers une alliance privilégiée avec l'Autriche-Hongrie, de quoi irriter à la fois la France, la Russie et même l'Italie, associée avec l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie dans une alliance défensive , la Triple-Alliance ou Triplice.

Avec l'Angleterre, Guillaume II rêve d'un accommodement raisonnable et, pour l'en convaincre, veut montrer sa force ! C'est ainsi qu'avec l'amiral Tirpitz, il met en oeuvre une politique hardie de construction navale pour rivaliser avec l'Angleterre dans son domaine d'élection, les océans. Londres y voit une menace pour sa suprématie et, du coup, mettant fin à son « splendide isolement », choisit de se rapprocher de Paris : ce sera l'Entente cordiale ! 

En 1913, alors que le système d'alliances s'est solidement mis en place, les dirigeants et l'état-major allemands s'inquiètent démesurément de la montée en puissance de la Russie. Ils se convainquent que cet empire encore très largement arriéré sera en mesure de les attaquer et les battre avant une demi-douzaine d'années. Il importe donc de l'écraser à titre préventif ! C'est ainsi que Guillaume II confie à un journal que la guerre lui apparaît non plus seulement probable mais « nécessaire »...

Par ses maladresses et ses foucades, et plus directement, par son attitude intransigeante dans la crise de juillet 1914, Guillaume II a une grande part - une part seulement - de responsabilité dans le déclenchement de la Grande Guerre. Après deux ans d'un conflit indéterminé, l'empereur va devoir abandonner la réalité du pouvoir aux militaires, à Hindenburg et Ludendorff en particulier.

Au terme de la guerre, il est obligé d'abdiquer sous la pression des Alliés mais aussi de son gouvernement et de son état-major. Par l'article 227du traité de Versailles, il est - de façon quelque peu abusive - déclaré responsable de la guerre. Réfugié aux Pays-Bas, il ne sera jamais reçu par les souverains de ce pays mais la reine Wilhelmine, par loyauté, refusera néanmoins de l'extrader quand les Alliés réunis à Paris lui en feront la demande.

Après la mort de l'impératrice Augusta-Victoria, qui lui a donné sept enfants, il se remarie le 9 novembre 1922 avec une aristocrate allemande, Hermine. L'ex-empereur va décéder de mort naturelle le 4 juin 1941. Il sera inhumé à Doorn, dans un cercueil revêtu de l'emblème nazi - en dépit de ses dernières volontés -.

L'ex-empereur Guillaume II à Doorn (Pays-Bas), en 1932, entre son épouse Hermine et la fille de celle-ci, née d'un premier mariage.

Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 09:50:14

 
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