Dagobert 1er (603 - 639) - Le dernier des grands Mérovingiens - Herodote.net

Dagobert 1er (603 - 639)

Le dernier des grands Mérovingiens

Dagobert 1er est le plus brillant des rois mérovingiens, successeurs de Clovis à la tête du Regnum Francorum (le royaume des Francs).

Le jeune roi Dagobert 1er reçoit la couronne des mains des évêques et nobles de Bourgogne (Grandes chroniques de France, XIVe siècle, musée municipal de Castres)

La restauration de l'unité

Son père Clotaire II, arrière-petit-fils de Clovis, a reçu à quatre mois la couronne de Neustrie, sous la régence de sa mère Frédégonde. Devenu adulte, il s'empare de l'Austrasie, partie orientale de l'empire, et en profite pour faire périr Brunehaut, rivale de sa défunte mère.

Roi de tous les Francs, il confie en 622 à son fils aîné Dagobert la couronne d'Austrasie, sous la tutelle d'Arnould, évêque de Metz, et de Pépin de Landen (leur commune descendance inaugurera un siècle plus tard la dynastie des Pippinides ou Carolingiens).

En 629, à la mort de son père, Dagobert 1er se fait reconnaître roi de Neustrie par les leudes (nobles) du royaume. Il offre à son frère cadet Charibert, en guise de compensation, le gouvernement de l'Aquitaine, entre Loire et Pyrénées, sans le titre royal.

Timides réformes

Dagobert, qui a fait de Paris sa nouvelle capitale, contribue à la création d'un régime modéré avec équilibre des pouvoirs, en rendant périodique la session de tribunaux avec jurys populaires, où il impose la présence d'un évêque ou d'un clerc, qui peut demander la reconsidération des sentences et interjeter appel.

Pour lutter contre les manipulations monétaires, sur les conseils de l'ancien orfèvre Éloi (le « bon saint Éloi » de la chanson), il centralise en son palais de Clichy la frappe des monnaies. Entouré de conseillers compétents, tels Éloi et Ouen, qui seront tous les deux canonisés, ou encore le trésorier Didier, il tient une cour fastueuse selon les canons de l'époque.

Lui-même mène une vie peu édifiante. Rempli d'assurance, il répudie en 632 Gomatrude, l'épouse que lui a donné son père à 15 ans, et épouse une simple fille de service, Nanthilde.

Une diplomatie énergique

En 631, le roi signe un traité de paix perpétuel avec l'empereur d'Orient Héraclius.

En 632, la mort de Charibert lui permet de réunifier sous son autorité tout le Regnum francorum, Bourgogne et Aquitaine comprises. La même année, le roi mène une expédition outre-Pyrénées pour détrôner le roi wisigoth Svintila et mettre un fidèle à sa place.

En 634, quand le roi de Bretagne, Judicaël se retire pour laisser le pouvoir à son fils Alain II, Éloi s'installe dans le palais des gouverneurs de Vannes pour mieux surveiller le nouveau roi. Brest devient alors un centre de construction navale et Le Mans un noeud d'échanges entre la Bretagne et la Neustrie. C'est aussi à cette époque que se développent les manufactures de toiles de Vitré et de Locronan, et les salines de Guérande et de Bourgneuf-en-Retz.

En 637, Dagobert met à la raison les Gascons révoltés. Il a plus de difficultés avec les Slaves qui occupent la Bohème.

Mais le roi compromet l'oeuvre de sa vie en donnant à l'Austrasie un nouveau roi en la personne de son fils aîné Sigebert III, à la demande des nobles locaux et notamment de ses conseillers Pépin et Arnould. Peu avant de mourir, il promet aussi à son fils Clovis II la Bourgogne et l'Aquitaine. Ainsi défait-il l'unité du Regnum Francorum, péniblement reconstituée par son père Clotaire II.

Sitôt après sa mort, à Saint-Denis, Pépin de Landen et Arnould, influents conseillers du roi, quittent Paris pour Metz. À la tête de l'Austrasie, Dagobert a placé son fils Sigebert III comme roi. Il n'a que 10 ans et les deux compères profitent de la jeunesse du nouveau roi d'Austrasie Sigebert III (10 ans) pour gouverner à sa place le royaume. Pépin, ancêtre des Pippinides et de Charlemagne, exerce la fonction officielle de « maire du palais » (ou majordome) et la transmet à son fils Grimoald (ou Grimaud).

Clovis II, l'autre fils de Dagobert, est de son côté reconnu roi de Neustrie et de Bourgogne. Lui seul conserve le titre de « roi des Francs ». Le Regnum Francorum mérovingien est à nouveau divisé et, plus gravement, ses souverains perdent le pouvoir effectif au profit de leur maire du palais. Cela leur vaudra la réputation de « rois fainéants ».

Vers une nécropole royale

Dagobert a choisi d'être enterré, non dans l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, comme ses prédécesseurs, mais dans celle de Saint-Denis, qu'il a prodigieusement enrichie, sur le lieu où repose déjà depuis 570 Arégonde, la quatrième épouse de Clotaire 1er.

Son tombeau fut reconstruit six siècles plus tard par Saint Louis. On peut encore voir, près du maître-autel, une scène de ce tombeau, où l'âme de Dagobert, sous la forme d'un enfant nu et couronné, est entraînée vers l'enfer par des démons griffus. Saint Martin et saint Denis se précipitent alors pour le libérer et le présenter au Ciel, ce qui semble suggérer que Dagobert aurait mérité l'enfer et n'a dû son salut qu'à l'intercession des saints !

Publié ou mis à jour le : 2017-09-13 21:03:48

 
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