Camille Saint-Saëns (1835 - 1921)

Compositeur prolifique et voyageur forcené

Saint-Saëns, un des plus grands compositeurs français, fut tout autant admiré pour son intelligence et la qualité de sa musique que rejeté pour son intolérance et son académisme jugés dépassés. Artiste extrêmement doué, virtuose au piano et grand improvisateur à l’orgue, il fut très célèbre en France et à l’étranger de son vivant.

François-Xavier Lenoir

Enfant prodige

Né en 1835 à Paris dans une famille bourgeoise parisienne d’origine normande près de Dieppe, Camille Saint-Saëns stupéfie son entourage en jouant du piano dès l’âge de deux ans, en se produisant en concert à sept ans, puis aux Tuileries à onze ans devant la duchesse d’Orléans. Malgré de brillantes études, il rate de peu le grand prix de Rome en 1852. Il se console en étant nommé l’année suivante organiste titulaire de Saint-Merri à Paris, puis cinq ans plus tard à la prestigieuse tribune de l’orgue Cavaillé-Coll de l’église de La Madeleine toujours à Paris. Il en démissionnera vingt ans plus tard pour se consacrer à la composition, aux tournées et aux voyages.

Chroniquement affecté de troubles pulmonaires, pour se soigner il fait beaucoup de séjours dans des villes thermales et dans les pays chauds, notamment en Égypte où il se rendra seize fois et en Algérie où il ira 19 fois et où il finira sa vie à Alger en 1921.

Camille Saint-Saëns (Paris, 9 octobre 1835 ; Alger, 16 décembre 1921), 1898, portrait par Jean Benjamin-Constant, musée de la Musique, ParisEsprit curieux de tout, écrivain, caricaturiste, grand voyageur, Saint-Saëns laisse une œuvre abondante dans tous les genres musicaux, aussi bien œuvres dramatiques, symphoniques et instrumentales que cantates et musique religieuse. Eclectique dans ses choix musicaux comme dans ses relations humaines, il apprécie Liszt mais pas Wagner, il n’aime pas Brahms, ni César Franck, ni Massenet qui sont ses rivaux. En revanche, il est ami avec Gounod, Bizet, Fauré et s’entend bien avec Debussy et Chabrier, un peu moins avec Ravel.

Certains trouvent sa musique trop académique et lui reprochent son manque de sensibilité. Ses grandes œuvres, telles que l’opéra-oratorio Samson et Dalila, créé en allemand à Weimar en 1877, le Requiem (1878) mais aussi la 3ème Symphonie avec orgue (1886), dédiée à Franz Liszt, et les cinq concertos pour piano sont célèbres et toujours jouées dans le monde entier mais ne sont pas des exemples de sensibilité romantique. Les concertos pour violon ou pour violoncelle, les quatre poèmes symphoniques, dont la célébrissime Danse macabre (1874), et enfin l’incontournable Introduction et Rondo capriccioso (1867) sont encore souvent donnés en concert.

Il a aussi composé des morceaux pleins d’humour et de chaleur comme la Havanaise avec violon solo (1887), morceau de choix des violonistes du monde entier, ou le Carnaval des animaux (1886) qui a assis sa célébrité alors qu’il pensait n’avoir commis qu’une « plaisanterie » dont il avait proscrit toute exécution de son vivant, à l’exception du fameux Cygne souvent repris au violoncelle. Il est surtout réputé pour avoir remis à l’honneur la musique instrumentale, à l’exemple du septuor pour trompette, piano et cordes (1881) ou du quatuor pour piano et cordes (1875), à une époque où elle était déconsidérée. Au total sa production compte plus de 400 œuvres.

Admiré par tous, cet infatigable voyageur a séduit aussi bien les auditeurs suédois que du Sri Lanka (alors Ceylan) et captivé les publics d’Athènes aussi bien que de Tunis… Encore exceptionnelles pour l’époque, toutes ces pérégrinations (Italie, Allemagne, Russie, Scandinavie, Extrême-Orient, Amérique du Nord et du Sud… 27 pays en tout) sont connues grâce à son abondante correspondance.

La France resta néanmoins le pays de son cœur. Il créa en 1871 à Paris, la Société nationale de musique dont la devise est « Ars Gallica » pour promouvoir l’école française. Omniprésent dans la vie artistique et même politique française à Paris comme en province, Saint-Saëns a donné de nombreux concerts dans la France entière. Béziers se souvient encore de la représentation de sa composition Déjanire dans le théâtre des Arènes devant 8000 personnes en 1896.

La Normandie occupe une place à part. Dès avril 1889, il passe régulièrement la belle saison sur la côte dieppoise. Fait exceptionnel, le musicien eut l’insigne gloire de participer en 1907 à l’inauguration de sa propre statue dans sa ville d’adoption. En remerciement, il fit don de ses biens à la ville de Dieppe, notamment de son premier piano, de nombreuses œuvres d’art et des milliers de lettres.

Publié ou mis à jour le : 2021-01-02 14:23:24

 
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