
Protestant, homme de guerre et poète baroque, le poète Théodore Agrippa d'Aubigné combattit au service de la cause huguenote pendant les guerres de religion. Guerrier brutal, il fut le compagnon d'armes d'Henri de Navarre jusqu'à ce que celui-ci monte sur le trône de France sous le nom d'Henri IV et abjure le protestantisme (1593). Il rompit alors avec lui. En 1620, il se condamna à l'exil et se replia à Genève.
En 1578, il publia les Tragiques, oeuvre poétique de mille vers dans laquelle il raconte les persécutions subies par les protestants en s'appuyant sur ses souvenirs :
« Je veux peindre la France une mère affligée,
Qui est, entre ses bras, de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tétins nourriciers ; puis, à force de coups
D'ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnait à son besson l'usage ;
Ce voleur acharné, cet Esaü malheureux,
Fait dégât du doux lait qui doit nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frère la vie,
Il méprise la sienne et n'en a plus d'envie. ».
Son fils Constant d'Aubigné, débauché notoire, installé dans le château familial de Maillezais (Vendée), se convertit au catholicisme puis assassina sa première femme, soupçonnée d'adultère. S'étant remarié, il eut une fille, qui naquit dans la prison de Niort où il était incarcéré. Prénommée Françoise, elle allait entrer à la cour de Versailles et, sous le nom de marquise de Maintenon, devenir l'épouse morganatique du roi Louis XIV !









