Autour de l'An Mil (Xe-XIe siècles de notre ère), l'Europe occidentale entre dans une longue phase de progrès d'où va sortir notre civilisation.
L'Église, sous l'impulsion d'abbés et de papes réformateurs, encourage les «trêves de Dieu» et les assemblées de paix», c'est-à-dire les pauses dans les guerres privées qui mettent régulièrement à feu et à sang les campagnes. Non sans succès, elle atténue ainsi la violence des guerres féodales. L'amélioration des systèmes défensifs (châteaux forts, armures) contribue aussi à limiter les dégâts causés par les guerres. C'est l'époque où émergent une noblesse héréditaire, la chevalerie et les premiers États-Nations.
L'amélioration de la sécurité favorise l'essor économique et démographique. Les seigneurs y participent en investissant dans les fours et les moulins ruraux. L'Église y participe par le biais de ses moines. Ces derniers procèdent à de nombreux défrichements et implantent des abbayes et des monastères dans les lieux les plus ingrats. Ils réhabilitent le travail manuel.
L'historien Georges Duby a qualifié cette période de «Printemps du monde». Il a fait litière du mythe de la «Grande Peur de l'An Mil» inventée par les historiens romantiques du XIXe siècle. Sur la foi de quelques écrits du chroniqueur Raoul Glaber, ceux-là pensaient que nos ancêtres assimilaient l'An Mil à une possible fin du monde. Pour qualifier cette croyance supposée, on avait forgé en 1840 le mot «millénarisme».
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