Politique française

À bas les vacances !

Vous n'avez pas pu y échapper... À la crise sanitaire mondiale ? À la dette qui explose ? Au réchauffement climatique ?
Non, pas du tout ! À la seule et unique question qui agite depuis quelques semaines les rédactions et les conversations : « Où allons-nous pouvoir partir en vacances ? »

Heureux pays !

A croire que rien d'autre n'a actuellement d'intérêt que le petit coin de plage ou de champ où l'on va pouvoir aérer son esprit et ses tongs !

A-t-on oublié qu'une partie de la population n'a plus de travail depuis des mois ? Que les étudiants sont obligés d'avoir recours aux associations pour manger correctement ? Et que nous n'avons pas tous les moyens de nous payer un gite en Ardèche ?

Qu'importe ! Tout va très bien, madame la marquise... Nos journaux, télévisés ou pas, multiplient les reportages et prennent tous les risques dans les calanques ou en bord de Loire pour nous faire rêver. C'est semble-t-il devenu leur unique rôle.

Alors nous continuerons cet été à suivre les aventures des buveurs de bière en terrasse, des gourmets attablés devant un bon petit plat et des amateurs de vols au long cours transbahutant leurs valises. Tous, bien sûr, n'oublieront pas de nous envoyer la preuve ultime de leur sourire retrouvé : le fameux selfie, sans lequel le bonheur a aujourd'hui un goût d'inachevé.

Mais, me direz-vous, nous avons bien besoin de prendre un peu le large après une longue année de restrictions en tout genre !

Certes ! Mais de là à en faire une affaire nationale avec des reportages « en direct », « heure par heure » à la porte des bistrots, c'est légèrement exagéré ! Il semble, au grand plaisr des observateurs étrangers, que l'unique projet de toute la population est de prendre le soleil. Dépassée, la notion de travail. Ringarde, l'idée d'effort. On se demande d'ailleurs comment lycéens et étudiants peuvent trouver la motivation nécessaire pour préparer leurs examens ou chercher un emploi puisque désormais ce ne sont plus la persévérance et la rigueur qui comptent mais uniquement le plaisir immédiat et le temps libre que l'on peut amasser pour... ne rien faire.

La cigale et la fourmi (Benjamin Rabier)

Travailler, dites-vous ?

D'ailleurs, à quoi bon se fatiguer ? En un an de confinement, les élèves ont bien compris qu'il suffit d'attendre pour qu'on leur donne leur diplôme ! Habitués à profiter de la « bienveillance » obligatoire, ils n'hésitent pas à déclencher une broncha si l'on ose émettre l'idée qu'ils pourraient quand même passer un oral de 20 mn. Et l'on s'étonne qu'une fois arrivés en université, ils aient du mal à trouver le rythme ! Ce n'est pas en prônant l'apéro à tout bout de champ, en préférant la recherche du bronzage à celui du dépassement de soi que l'on va leur donner envie de se décarcasser un peu.

Car bien entendu, les loisirs, il n'y a que cela de vrai ! Nos jeunes vont bien sûr se précipiter sur le tout nouveau Pass Culture pour aller courir les musées et les salles d'Art et d'Essai... à moins qu'ils ne préfèrent investir autrement les 300 euros qu'on leur a si gentiment offerts en échange de rien : les attendent pour cela des tonnes de mangas, ceux-là mêmes qui mangent petit-à-petit mais inéluctablement les rayons de nos librairies.

On le sait, on va sortir différents de cette drôle de période. Mais malgré les prévisions de début de crise, ce ne sera certainement pas plus sages, mais plus futiles. Alors tâchons pendant qu'il est temps de nous souvenir des vieilles histoires de notre enfance : « La Cigale ayant chanté tout l'été... »

Un enseignant en colère
Publié ou mis à jour le : 2021-05-23 06:19:55

 
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