8 janvier 1996

Mort de François Mitterrand

Sept mois après avoir quitté l'Élysée, le président François Mitterrand (79 ans) s'éteint à Paris, le 8 janvier 1996, dans l'appartement du 9, avenue Frédéric-Le Play que l'État a mis à sa disposition.

François Mitterrand à la fin de sa vie (DR)Rongé par un cancer de la prostate depuis l'automne 1981, il avait longtemps lutté en secret contre la maladie tout en étant convaincu que, comme son père et son grand-père, il n'atteindrait pas son 80e anniversaire. La maladie était devenue publique à l'occasion de la campagne référendaire sur le traité de Maastricht, à l'automne 1992.

Avant son décès, il avait trouvé la force d'aller à Noël à Assouan avec sa fille adultérine Mazarine Pingeot, avant de passer le réveillon à Latché, dans sa résidence de campagne, au milieu de sa famille... et devant un plat d'ortolans (un mets que l'on dit exquis mais que la loi prohibe...).

François Mitterrand avait lui-même mis en scène sa fin de façon théâtrale et quasi-monarchique. Lors de ses derniers voeux télévisés aux Français, le 31 décembre 1994, le président socialiste et agnostique de la République laïque avait ainsi déclaré : « Mes chers compatriotes, je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas ».

Il avait d'abord songé à une inhumation dans l'ancien oppidum des Éduens, sur le mont Beuvray, tel un chef gaulois, et avait acheté une parcelle de terrain à cet effet. Mais il y avait finalement renoncé pour une inhumation plus modeste dans le caveau familial de Jarnac (Charente). Soucieux de décorum, il avait toutefois précisé dans son testament : « Une messe est possible ».

C'est ainsi que, pendant les funérailles familiales, le 11 janvier 1996, une messe solennelle se déroule à Notre-Dame de Paris en présence de très nombreux chefs d'État et de gouvernement, dont le chancelier Helmut Kohl en larmes.

Funérailles de François Mitterrand à Jarnac (Charente) en présence de sa famille, le 11 janvier 1996 (DR)

La maladie du président

Élu en mai 1981 à 64 ans, François Mitterrand se rend dès l'automne suivant à Cancun, au Mexique, pour un sommet planétaire. Au retour, il se plaint de violentes douleurs lombaires et les médecins diagnostiquent un cancer de la prostate avec des métastases. Espérance de vie : un an.

Le président serre les dents et se jure de tenir jusqu'à la fin de son mandat, voire d'un second. Il fait en sorte de garder le secret sur son mal, quitte à maquiller les certificats médicaux semestriels qu'il s'est engagé à publier. Il fait appel pour cela à un généraliste qui a soigné sa fille adultérine Mazarine Pingeot et dont il a apprécié l'efficacité et la discrétion, le docteur Claude Gubler. Ce dernier suivra désormais le président dans tous ses déplacements et lui appliquera le traitement prescrit par les urologues.

Les proches du président et l'opinion publique ne seront informés de la maladie qu'à la fin de 1992, après le référendum sur le traité de Maastricht. Dans les derniers mois de son mandat, le président, gravement malade, n'a plus que quelques rares heures de lucidité par jour et il lui arrive de commettre des bourdes en public, comme de confondre un pays avec un autre, d'après les témoignages ultérieurs de ses proches conseillers.

Publié ou mis à jour le : 2019-01-04 16:01:19

 
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