Le 7 janvier 1785, à Douvres (Angleterre), un autodidacte normand, Jean-Pierre Blanchard, s’élance dans les airs à bord d’un ballon gonflé à l’hydrogène.
Accompagné de son mécène américain John Jeffries, il s’élance au-dessus des flots et, en moins de trois heures, accomplit la première traversée aérienne de la Manche... 124 ans avant Louis Blériot.
Cet exploit survient à peine plus de treize mois après le premier vol habité. C’était le 21 novembre 1783 à Paris l’envol de Pilâtre de Rozier et du marquis d’Arlandes à bord d’un ballon gonflé à l’air chaud et conçu par les frères Montgolfier.
Un autodidacte dans son siècle
Jean-Pierre Blanchard est né en 1753 en Normandie. Autodidacte à l’esprit créatif et original, il étudie le vol des oiseaux et projette un vaisseau volant équipé d’ailes mécaniques. Mais les travaux des frères Montgolfier sur le ballon à air chaud et ceux du physicien Jacques Charles sur le ballon à hydrogène l'amènent à se réorienter dans cette voie.
Le 2 mars 1784, soit à peine plus de trois mois après Pilâtre de Rozier, il réalise sa première ascension à Paris sur le Champs de Mars avec un aérostat gonflé à l'hydrogène.
Là-dessus, il part en Angleterre où il trouve de riches mécènes prêts à le soutenir dans son rêve fou de traverser la Manche dans un ballon à hydrogène.
En France, Pilâtre de Rozier, l’aéronaute favori des Français, soutenu financièrement par Louis XVI et son ministre Calonne, prépare aussi la traversée de la Manche mais depuis les côtes françaises et dans un ballon à air chaud.
Jean-Pierre Blanchard devance toutefois celui-ci et son succès lui vaut d'être reçu par Louis XVI à Versailles.
En 1792, sous la Révolution, il part aux États-Unis où il réalise le premier voyage aérien américain. Mais, ruiné après l’incendie de son atelier et déprimé après le décès de son fils unique, il doit rentrer en France en 1797.
Lors de sa soixante-huitième ascension en février 1808, en présence de Louis Bonaparte, il est frappé d’apoplexie pendant le vol puis projeté au sol. Il décèdera le 7 mars 1809 mais son épouse Sophie Armant Blanchard prendra sa suite en devenant l’aéronaute officielle de l’Empire avant de décéder elle-aussi d’un tragique accident d’aéronautique.











Vos réactions à cet article
Recommander cet article
Roland Berger (08-01-2024 15:18:23)
Les États-Unis, pays du show permanent, s'entretient en entretenant ses héros. Donald Trump a bien compris ça.