25 septembre 1555 - Paix d'Augsbourg entre catholiques et protestants - Herodote.net

25 septembre 1555

Paix d'Augsbourg entre catholiques et protestants

La paix signée à Augsbourg le 25 septembre 1555 (certaines sources donnent le 3 octobre 1555) consacre la division religieuse de l'Allemagne entre catholiques et luthériens. Aujourd'hui encore, le pays compte à peu près autant de catholiques que de protestants.

Une paix précaire

Pendant deux décennies, l'empereur Charles Quint, bon catholique, s'est efforcé de contenir en Allemagne les progrès de la doctrine de Luther.

Dès 1531, les princes luthériens se sont unis dans une Ligue dite de Smalkalde et ont cherché des appuis auprès de François 1er, le roi de France n'hésitant pas lui-même à s'allier aux Turcs et aux Barbaresques pour contrer l'empereur.

Charles Quint doit combattre sur plusieurs fronts, contre les Turcs qui menacent Vienne, contre les Barbaresques de Tunis et d'Alger qui saccagent les côtes italiennes, et contre les protestants allemands. À ces derniers, faute de mieux, il concède la paix religieuse de Nuremberg le 23 juin 1532.

Après la paix de Crépy-en-Laonnois conclue en 1544 avec François 1er, l'empereur décide d'en finir avec la ligue. Il met au ban de l'Empire ses deux chefs, l'Électeur Jean-Frédéric de Saxe et le landgrave de Hesse. Après une victoire des troupes impériales à Mühlberg, en Saxe, le 24 avril 1547, le landgrave fait sa soumission tandis que l'Électeur est déposé et remplacé par son rival Maurice de Saxe.

Cependant, les menaces d'une intervention française en Lorraine et d'une intervention turque en Hongrie obligent une nouvelle fois l'empereur à composer...

Cessez-le-feu

Vieilli et amer, Charles Quint autorise son frère Ferdinand à signer la trêve de Passau en 1552. Puis il lui demande de convoquer une Diète à Augsbourg, en Bavière, pour tenter de mettre enfin un terme à la guerre civile et religieuse.

Au terme de plusieurs mois de négociations, Ferdinand concède aux princes allemands, par le recès d'Augsbourg, le libre choix de leur religion, catholique ou luthérienne. Il leur donne en prime le droit d'imposer leur religion à leurs sujets selon l'adage de l'époque : cujus regio, ejus religio (« tel prince, telle religion »). Seules les villes dépendant directement de l'empereur bénéficient de la tolérance religieuse.

Une exception importante concerne les principautés ecclésiastiques gouvernées par un évêque. Ce dernier, s'il se convertit au luthérianisme, ne peut contraindre ses sujets catholiques à se convertir ou émigrer. Réciproquement, les habitants de ces principautés ont le droit de suivre la foi de Luther. D'autre part, les protestants autres que luthériens (calvinistes, anabaptistes, zwingliens) sont exclus du compromis d'Augsbourg.

Lourd de sous-entendus et de non-dits, le compromis instaure une paix précaire. Charles Quint, qui y voit un échec personnel, abdique un mois plus tard et transmet à son frère Ferdinand la dignité impériale. Les rapports entre les communautés religieuses se tendent au point de susciter à la génération suivante une atroce guerre de Trente Ans.

Cette guerre s'achèvera en 1648 par les traités de Westphalie après que le quart ou le tiers de la population allemande aura trépassé de mort violente. C'est alors seulement que s'installera la paix religieuse.

Ysaline Homant
Publié ou mis à jour le : 2019-05-14 15:50:43

 
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