21 novembre 1620

Le pacte du Mayflower

Traduction en Anglais

Un jour froid de l'automne 1620, le Mayflower aborde en un lieu baptisé Plymouth, près de Cape Cod, sur la côte sauvage du Massachusetts. Ce voilier amène d'Angleterre 102 colons. Parmi eux, 35 protestants anglais très pieux, chassés de leur pays par les persécutions du roi Jacques Ier. Cinq jours plus tôt, le 21 novembre 1620, ces « Pilgrim Fathers » ou Pères Pèlerins ont défini les principes de gouvernement de leur future colonie dans un pacte célèbre.

Alban Dignat

La signature du pacte du Mayflower (Mayflower Compact, novembre 1621), par  Jean Leon Gerome Ferris (1863)

Europe inhospitalière

Les « Pilgrim Fathers » ont d'abord tenté leur chance aux Pays-Bas, à Leyde. Mais l'état de l'Europe les a déçus.

En Angleterre, les troubles religieux laissent entrevoir la chute de la monarchie et la dictature de Cromwell. L'Allemagne souffre de la guerre de Trente Ans. En France, la régence troublée de Marie de Médicis fait suite à l'assassinat d'Henri IV...

Le petit groupe d'Anglais décide donc de créer une « Nouvelle Jérusalem » en Amérique. C'est le moment où la Compagnie de Virginie organise le peuplement de la nouvelle colonie anglaise de Virginie (ainsi nommée en l'honneur de la reine Elizabeth Ière).

Une destination imprévue

Les Pères Pèlerins embarquent en septembre 1620 à Plymouth sur le Mayflower (ou Fleur de Mai), un voilier de 180 tonneaux.

Après une traversée agitée, le navire arrive en vue de Cape Cod, sur la côte vierge du futur Massachusetts, le 21 novembre 1620 (11 novembre selon le calendrier julien encore en vigueur en Angleterre). Les passagers comprennent alors qu'ils ont fait fausse route. Ils doivent se résigner à débarquer sur une terre inhospitalière, encore inconnue des Européens.

En prévision de l'avenir, les « Pilgrim Fathers » et leurs compagnons de destinée signent le jour même, sur leur navire, un pacte de bonne entente. Ce pacte connu comme le « Mayflower Compact Act » édicte les principes qui doivent régir le futur établissement. Il met sur pied une démocratie locale efficace et respectueuse des croyances de chacun.

Il est prévu une assemblée, le General Court, qui se réunit autant que de besoin. Elle élit le gouverneur et les administrateurs, fait les lois, lève les impôts et établit les tribunaux. Dès 1639, avec l'extension de la colonie et l'impossibilité pour beaucoup de fermiers d'assister aux réunions, il faudra recourir à un système représentatif.

Des débuts difficiles

Sitôt débarquée, la communauté conclut un traité de paix avec les Indiens des environs (Narrangans et Wampanoag). Elle n'aura dès lors à se plaindre que d'incidents de voisinage, nombreux mais sans gravité.

Au cours de l'hiver, la famine et la maladie ont raison de nombreux colons. Les dindes sauvages et le maïs obligeamment fourni par les Indiens permettent toutefois au plus grand nombre de survivre.

C'est ainsi qu'au terme de la première année, en novembre 1621, leur chef, William Bradford, décide d'organiser une journée d'action de grâce. C'est le « Thanksgiving Day ».

Quelques semaines plus tard, les Indiens, qui commencent à s'inquiéter de l'enracinement des Blancs, envoient à ceux-ci une troupe de 50 guerriers porteurs d'une poignée de flèches liées par une peau de serpent. À ce signe évident d'hostilité, Bradford répond en renvoyant la peau bourrée de poudre et de balles. Les Indiens se le tiennent pour dit et la paix est préservée entre les deux communautés.

Une leçon de tolérance

Les puritains du Mayflower et leurs compagnons d'aventure vont apprendre non sans difficulté les vertus de la tolérance et de la démocratie locale. Ces vertus nées de la cohabitation de différentes communautés de réfugiés sont devenues l'idéal nord-américain. C'est pourquoi le souvenir du Mayflower reste encore si vif aux États-Unis et au Canada.

Plusieurs navires relèveront ce nom mythique. Dans les années 1840, l'un d'eux amènera d'Irlande à Boston de nombreux émigrants, catholiques ceux-là, chassés par la famine.

Le Thanksgiving Day ou Fête de l'Action de Grâces

Le premier repas de Thanksgiving (novembre 1621), par Jean Leon Gerome Ferris

Le « Thanksgiving Day » de novembre 1621 va se renouveler d'année en année en Nouvelle-Angleterre jusqu'à l'indépendance des États-Unis.
• En 1789, le président George Washington proclame le premier « Thanksgiving Day » sous le régime de la nouvelle Constitution.
• En 1863, après la bataille de Gettysburg, le président Abraham Lincoln érige le « Thanksgiving Day » en fête nationale afin de ressouder le peuple américain ; il l'établit le dernier jeudi de novembre.
• En 1941, sur une décision du président Franklin Roosevelt, le Congrès reporte la fête au quatrième jeudi de novembre (simplement pour ne pas empiéter sur la préparation des étrennes).

La commémoration du « Thanksgiving Day » demeure de nos jours encore très vivante : chaque 4e jeudi de novembre, les familles des États-Unis savourent de la dinde aux airelles avec des patates douces et de la tarte au potiron au dessert, à l'imitation des Pères Pèlerins.
Au Canada, cette commémoration porte le nom de « Fête de l'Action de Grâces » et elle est célébrée le deuxième lundi d'octobre... avec un menu identique à celui des Américains.

Publié ou mis à jour le : 2020-10-14 15:30:24

 
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