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17 juillet 1676

Exécution de la marquise de Brinvilliers


La marquise de Brinvilliers, dessin de Charles Le Brun la représentant après sa condamnation (musée du Louvre, Paris)Le 17 juillet 1676, est exécutée à Paris, en place de Grève, la marquise de Brinvilliers (46 ans).

Eu égard à sa condition de noble, elle est simplement décapitée après avoir subi la question préalable et fait amende honorable devant Notre-Dame. Après quoi, le bourreau jette son corps dans un bûcher et ses cendres sont dispersées au vent.

Le supplice se déroule devant une foule nombreuse, qui mêle le peuple à des personnes de haute condition, parmi lesquelles le peinte officiel de la Cour du Roi-Soleil, Charles Le Brun, auquel on doit le seul portrait de la condamnée, mais également Olympe Mancini, ancienne dulcinée de Louis XIV, veuve du comte de Soissons et un temps soupçonnée d'avoir empoisonné son mari.

Madame de Sévigné n'a pas assisté à l'exécution mais n'a pas manqué de le relater.

Les compléments d'enquête liés à ce fait divers peu commun vont entraîner les enquêteurs sur un réseau d'empoisonneurs impliquant des personnes proches du roi. Il va en résulter l'affaire la plus célèbre du siècle, l'«affaire des Poisons».

Une affaire lourde de conséquences

Fille de Dreux d'Aubray, lieutenant civil du Châtelet, Marie-Madeleine appartient à la grande artistocratie.

À la mort de son amant, le chevalier de Sainte-Croix, en 1672, la police découvre chez lui des documents troublants qui l'orientent vers la marquise. Sans attendre d'être arrêtée, celle-ci s'enfuit à Londres puis à Liège. Mauvaise pioche. Les troupes de Louis XIV ayant occupé la ville, le ministre Louvois en profite pour la faire enlever dans le couvent où elle s'était réfugiée.

Dans une confession écrite de la marquise, les enquêteurs apprennent que celle-ci a été violée à 6 ans par un domestique puis a entretenu des rapports sexuels avec son frère à partir de 10 ans ! À 21 ans, elle est mariée au marquis de Brinvilliers, riche et libertin, qui ne fait rien pour retenir Marie-Madeleine auprès de lui et dilapide sa fortune ainsi que la dot de sa femme. Elle aura 6 enfants dont trois tout au plus de son mari.

La belle marquise s'étant amourachée d'un séduisant et redoutable fripon, le chevalier de Sainte-Croix, son père s'en indigne et fait incarcérer l'amant à la Bastille. Mauvaise idée : ledit amant s'initie aux secrets des poisons et de l'alchimie auprès d'un détenu italien, Eggidi. Sitôt libre, il décide de mettre en pratique son savoir pour arrondir sa fortune et se venger en premier lieu de Dreux d'Albray.

Sur ses instances, Marie-Madeleine feint donc de soigner son père tout en lui versant à petites doses de la «poudre de succession», surnom bien mérité du poison. Le père mort, la marquise s'enhardit. Elle élimine aussi ses deux frères de façon à récupérer la totalité de l'héritage paternel. On la soupçonnera aussi d'avoir envisagé d'empoisonner son amant ainsi que l'une de ses soeurs et sa propre fille !

Avant de mourir, au cours d'un ultime interrogatoire face au procureur général du Parlement de Paris, la marquise aurait selon ce dernier affirmé qu'«il y avait beaucoup de personnes engagées dans ce misérable commerce de poison, et des personnes de condition». La condamnée à mort se retient de citer des noms, mais cela suffit à piquer la justice au vif.

Plus tard, certains enquêteurs se souviendront d'avoir vu des personnes de qualité sur le trajet de la condamnée vers le lieu de son supplice... Parmi eux, Gabriel Nicolas de La Reynie, le «lieutenant de police de la ville de Paris» (qui a succédé à Dreux d'Albray à la tête de la police parisienne !).

Il est chargé par le ministre Louvois de faire toute la lumière sur les affaires d'empoisonnement qui se multiplient. Dans la plus grande discrétion, il lance ses limiers dans les milieux interlopes de la rue Saint-Denis, où se pratique le commerce des poisons. Ses découvertes vont déstabiliser la Cour et le roi...

Alban Dignat

Publié ou mis à jour le : 2012-07-17 10:57:44

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