14 décembre 1825

Soulèvement des Décembristes

Le 14 décembre 1825 (26 décembre selon le calendrier grégorien), Saint-Pétersbourg s'apprête à introniser un nouvel empereur (ou tsar) de Russie. Un mois plus tôt, le 19 novembre (1er décembre dans le calendrier grégorien), est mort Alexandre Ier (le vainqueur de Napoléon).

C'est le plus jeune de ses frères Nicolas Ier (29 ans) qui doit lui succéder. En effet, l’héritier légitime, son frère aîné Constantin, gouverneur de la Pologne, a secrètement renoncé au trône après avoir contracté un mariage morganatique avec une comtesse polonaise et il a préféré demeurer dans ce pays.

Un groupe de jeunes officiers et d'aristocrates russes souhaite profiter de la confusion qui règne alors dans la capitale pour introduire en Russie un gouvernement moderniste. Ils souhaitent rien moins qu'abolir le servage et l'autocratie...

Attaque du carré des décabristes par le régiment des gardes à cheval le 14 décembre 1825, Vassili Timm, 1853.

Les insurgés sont qualifiés de Décembristes (ou Décabristes, du russe Dekabr) selon un terme employé pour qualifier les membres de diverses sociétés secrètes. Ils mobilisent trois mille soldats sur la place du Sénat. C'est là que le nouvel empereur doit prêter serment.  

Le prince Troubetskoï est chargé de prendre la tête du soulèvement mais il prend peur et se réfugie chez l’ambassadeur d’Autriche. Les insurgés eux-mêmes répugnent à tirer sur les soldats qui leur font face.

Le nouvel empereur a moins de scrupules. Il voit dans les insurgés les agents d'un complot européen contre l'autocratie.  Il ordonne de tirer sur les rebelles, faisant plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de morts, dont des badauds venus assister au couronnement.

L'insurrection ayant été brisée, Nicolas Ier fait encore pendre cinq meneurs afin d'offrir « une leçon à l’Europe », selon ses propres mots. Plus de deux cents sympathisants et leurs épouses sont déportés en Sibérie.

Nicolas Ier coupe court à toute velléité de réforme. En 1833, son ministre de l’éducation Sergueï Ouvarov résume son ambition par la formule « Orthodoxie, autocratie, esprit national »

Il faudra attendre la mort de Nicolas Ier le 2 mars 1855 pour que son fils et successeur Alexandre II se hasarde avec courage (et un succès mitigé) à faire bouger enfin le pays. L'une de ses premières mesures, en 1856, sera pour amnistier les décembristes survivants et autoriser la publication de du poème « En Sibérie » d’Alexandre Pouchkine, dédié aux décembristes et écrit en 1827.

Pour le centenaire du soulèvement, en 1925, la place du Sénat a été rebaptisée place des Décembristes par Staline. Mais en 2008, Vladimir Poutine, peu soucieux d'exalter une tentative de coup d'État militaire, lui a rendu son ancien nom. Sa méfiance à l'égard des militaires s'est trouvé validée par le soulèvement de la milice Wagner et de son chef Prigojine, les 23-24 juin 2023.

Publié ou mis à jour le : 2025-12-17 14:42:08

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