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A quand remonte la dernière exécution politique en France ? Réponse
Le 31 mai 1902, à Vereeniging, à la pointe sud de l'Afrique, un traité met fin à une guerre de 30 mois entre les Boers et les Anglais. Il s'agit de la plus dure guerre coloniale qu'aient eu à soutenir les Anglais. Et c'était face à des paysans d'origine européenne !
Les Boers (d'un mot hollandais qui signifie paysans et se prononce bour) sont en effet les descendants des Hollandais et Français qui se sont installés autour du cap de Bonne Espérance au XVIIe siècle. Ils se nomment aussi Afrikaners (Africains, dans leur langue, l'afrikaans, dérivée du hollandais). Rudes et solidaires, ils veulent par-dessus tout préserver leurs coutumes et leur religion calviniste.
Vingt ans après que les Anglais eurent annexé leur colonie du Cap (1814), les Boers n'ont pas hésité à émigrer vers le nord pour leur échapper. Mais, ce faisant, ils ont rencontré sur leur chemin les Zoulous et il s'en est suivi des guerres incessantes.
Sur les territoires enlevés aux Zoulous, les Boers fondent d'abord la république du Natal mais, en 1843, les Anglais s'empressent de leur enlever cette possession maritime, stratégique à leurs yeux. Les Boers fondent alors la République du Transvaal et l'État libre d'Orange, à l'intérieur du continent. Ils se croient désormais à l'abri des Britanniques. Ces micro-États comptent à leur fondation respectivement 25.000 et 10.000 habitants blancs.
Londres annexe malgré tout le Transvaal le 12 avril 1877, ce qui vaut aux Anglais le douloureux privilège d'en découdre avec les Zoulous avant d'être expulsés de la petite république au terme d'une première guerre et d'une victoire des Boers à Majuba.
La découverte de l'or en 1886 dans le Witwatersrand, en plein coeur des domaines boers, attire bientôt des immigrants de toutes origines et excite la convoitise des Anglais. À l'affût d'un prétexte pour en finir avec les Boers, Londres dénonce les traitements discriminatoires que subissent les Anglais et les autres étrangers (uitlanders en afrikaans) installés au Transvaal.
Le Premier ministre Joseph Chamberlain multiplie les menaces à l'encontre du vieux président Paul Kruger, un paysan obtus et laid mais farouchement déterminé à préserver l'indépendance du Transvaal. Il finit par lui adresser un ultimatum. Le 11 octobre 1899, c'est pour de bon la guerre. L'État libre d'Orange fait cause commune avec le Transvaal.
Les Boers résistent avec une exceptionnelle énergie aux représentants de la principale puissance mondiale de l'époque.
En janvier 1900, le général anglais Horatio Kitchener, qui s'est déjà illustré au Soudan, prend le commandement du corps expéditionnaire aux côtés du vieux général lord Roberts, qui a perdu dans la guerre son fils unique.
Kitchener reprend Kimberley le 15 février et oblige à la reddition les 6.000 partisans du général Cronje. Il impose enfin la levée du siège de Mafeking que défend le général Baden-Powell, le futur fondateur du mouvement scout. Le 5 juin, il fait une entrée triomphale à Johannesbourg. Mais les indestructibles Boers entament alors une guerre de guérilla. Kitchener réplique par la tactique de la terre brûlée.
Contre les Boers, le général Kitchener fait usage d'une invention récente, le fil de fer barbelé, pour aménager des camps de concentration (les Espagnols, quelques années plus tôt, à Cuba, avaient créé les premiers camps de l'Histoire de l'humanité).
Les barbelés permettent d'emprisonner un grand nombre de personnes à moindres frais et avec une surveillance réduite. 200.000 Boers (hommes, femmes et enfants) sont de la sorte internés dans des conditions lamentables et l'on compte à certaines périodes un décès sur dix parmi les internés. Les Boers évaluent à près de 30.000 le nombre de victimes des camps.
Dénoncée par l'Anglaise Emily Hobhouse, vilipendée par l'opinion internationale et surtout britannique, l'armée de Sa Majesté renoncera ultérieurement à ces pratiques.
Les Anglais soumettent enfin les Boers au prix d'une victoire à la Pyrrhus.
La plus grande guerre coloniale de l'ère moderne, qui a opposé deux peuples d'origine européenne, se solde par 7.000 morts sur un total de 100.000 combattants boers (non compris les victimes civiles des camps de concentration) et par... 22.000 morts dans les troupes britanniques, pas moins de 500.000 hommes ayant été engagés par Londres dans le conflit !
Le Transvaal et l'État d'Orange renoncent à leur indépendance ; les uitlanders obtiennent les droits civiques, mais la langue des Boers, l'afrikaans, conserve droit de cité et Londres s'engage à réparer les dommages de guerre. Pour la première fois, l'impérialisme britannique s'est heurté à une authentique résistance populaire. À quelques mois de sa mort, le 22 janvier 1901, la reine Victoria peut percevoir les premières fissures de l'Empire le plus vaste qui fut jamais.
Huit ans jour pour jour après le traité de Vereeniging, l'Afrique du Sud devient un dominion autonome à structure fédérale : l'Union Sud-Africaine. Le nouvel État scelle la réconciliation des deux ennemis... sur le dos des populations noires, aborigènes et métisses.
Le premier commentaire sur cet article :
Benoit Pellerin (01-09-2006 03:19:06)
mon histoire du Québec natal et celui de la déportation des Acadiens de mon pays
le Canada. Nous Québécois comme Acadiens savons de quoi il en retourne, auront nous
cette chance de nous affirmer en tant que peuple? On ne peut oublier celà.
Les Amis d'Hérodote peuvent envoyer un commentaire sur cet article.
8 mai 1902



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