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autour de cet événement :
À qui doit-on la découverte du bacille de la peste ? Réponse
Le 10 juillet 1559, Henri II, fils et successeur de François 1er, meurt après dix jours de grandes souffrances.
Ce roi de la Renaissance, amoureux des fêtes et des tournois, a été blessé à l'oeil par un éclat de bois en rompant des lances avec le comte Gabriel de Montgomery.
Le funeste tournoi a été organisé à Paris, rue Saint-Antoine, à l'occasion de deux grands mariages, dont celui d'Élisabeth, fille du roi de France, avec Philippe II, roi d'Espagne.
Les meilleurs chirurgiens sont requis pour soigner le souverain. Parmi eux l'illustre Ambroise Paré et le chirurgien attitré du roi d'Espagne, André Vésale.
Détail macabre : ne sachant trop comment enlever l'éclat de bois sans trop de dommages, Ambroise Paré s'exerce sur des têtes de condamnés à mort fraîchement décapités !
Dans son roman La Princesse de Clèves, publié en 1678, sous le règne de Louis XIV, Mme de Lafayette évoque dans sa langue délicieuse et subtile les dernières années du règne de Henri II et la fin de la Renaissance (avec des considération peu amènes sur la belle Diane) : «La magnificence et la galanterie n'ont jamais paru en France avec tant d'éclat que dans les dernières années du règne de Henri second...»
Au terme de douze années de règne, Henri II peut éprouver la satisfaction d'avoir repris Calais aux Anglais et occupé lesTrois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun. Il a surtout mis fin aux guerres d'Italie par le traité du Cateau-Cambrésis du 3 avril 1559. Ce traité est indirectement la cause de sa mort car l'une de ses clauses comportait le mariage entre les enfants des rois de France et d'Espagne, mariage à l'occasion duquel eut lieu le fatal tournoi.
En mourant à 40 ans, le roi laisse quatre jeunes fils qui lui succèderont à tour de rôle sauf le plus jeune, mort prématurément, et une veuve, Catherine de Médicis, qui règnera comme régente, sans compter une maîtresse toujours aimée, la belle Diane de Poitiers, alors âgée de... 60 ans.
Il laisse aussi une situation incertaine du fait de tensions au sein de la noblesse entre catholiques et protestants. Ces tensions vont déboucher trois ans plus tard sur les tragiques guerres de religion.
Après son fatal accident, le roi Henri II a été transporté dans l'hôtel voisin des Tournelles. Cette belle résidence avait été édifiée par Louis d'Orléans, frère de Charles VI, un siècle et demi plus tôt, avant de revenir à la famille royale. C'est là que le roi meurt après d'interminables souffrances. Sa veuve Catherine de Médicis ne veut plus entendre parler dudit hôtel. Elle se lance dans la construction d'un nouveau palais, les Tuileries, à l'ouest du vieux Louvre de Philippe Auguste, et fait détruire l'hôtel des Tournelles.
Une génération plus tard, Henri IV et son ministre Sully font lotir l'emplacement. Ils envisagent d'y aménager une grande place (une première à Paris !). Une manufacture de draps de soie d'or est édifiée sur le côté nord de la future place Royale (il s'agit, au nom du mercantilisme, de limiter des importations coûteuses en développant la culture des mûriers et une industrie nationale de la soie).
Il est prévu que les marchands et les artisans de la manufacture habiteront les maisons de la place. Mais les 24 «officiers» (ou familiers de la cour) qui ont acquis les lots de terrain trouvent l'endroit à leur goût. Ils apprécient en particulier la place ! Les marchands se voient priés d'aller ailleurs et, derrière les façades bourgeoises en briques et pierres et la galerie marchande, les propriétaires aménagent pour eux-mêmes de beaux hôtels particuliers. La manufacture elle-même est supprimée au bout d'une quinzaine d'années.
La place Royale est inaugurée en 1612 par un somptueux ballet équestre, à l'occasion du mariage du jeune Louis XIII (11 ans) avec Anne d'Autriche. En 1634, sur la fin de sa vie, Sully, vieillard non dépourvu d'extravagances, rachète l'hôtel somptueux qui porte aujourd'hui son nom, dans le Marais, entre la place Royale (place des Vosges) et la rue Saint-Paul. Selon les canons de l'époque, cette résidence nobiliaire est située «entre cour et jardin», à l'abri des bruits de la ville.
Dans l'un des hôtels de la place Royale naît en 1626 la future Madame de Sévigné. La future femme de lettres y sera à bonne école car c'est là, dans les hôtels de la prestigieuse place, qu'est né et s'est épanoui, sous le règne de Louis XIII, l'art de la conversation ou «préciosité» mais aussi le libertinage.
Sous la Révolution, la place sera rebaptisée place des Fédérés en 1792 puis place de l'Indivisibilité en 1793. Elle deviendra place des Vosges en 1800 pour honorer le premier département à s'être acquitté de ses impôts !
17 novembre 1558




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