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Élection du roi Hugues Capet
Conquête de l'Angleterre par Guillaume le Bâtard
Saint-Sernin à Toulouse
Saint-Denis et l'art gothique
La Sainte Chapelle

Naissance des Jeux Olympiques

Les historiens font débuter le 1er juillet de l'an 776 avant JC les premiers Jeux Olympiques de l'Histoire. Leur nom vient de ce qu'ils ont lieu à Olympie, un sanctuaire consacré à Zeus, le roi des dieux...

Notons que des jeux furent organisés à Olympie dès le XIIIe siècle avant Jésus-Christ. Ce fait est confirmé par l'archéologie qui a exhumé sur le site les restes d'un village et d'un sanctuaire datant de l'âge du bronze. Mais nous ne disposons de la liste des vainqueurs aux différentes compétitions que depuis l'année 776 avant JC. C'est pourquoi cette année-là est considérée par la tradition comme l'année de naissance officielle des Jeux Olympiques.

Fondation légendaire de Rome

Le 21 avril de l'an 753 avant JC est une date mémorable dans l'Histoire de l'Occident. Rome a été fondée ce jour-là par Rémus et Romulus, descendants du Troyen Énée et de Vénus. C'est du moins la légende qu'exposera plus tard le poète Virgile dans L'Énéide...

Après quelques péripéties également légendaires comme l'enlèvement des Sabines et le viol de Lucrèce, la cité chasse son dernier roi, Tarquin le Superbe, et devient une République sénatoriale.

L'Histoire nous enseigne que la Ville éternelle est née sur le Tibre, à la limite méridionale de l'Étrurie, du regroupement de plusieurs villages établis sur trois collines : l'Esquilin, le Caelius et le Palatin (ou palatium, d'où nous vient le mot palais). Quatre autres collines sont plus tard adjointes à la ville : le Capitole, le Quirinal, le Viminal et l'Aventin. L'ensemble urbain prend alors le nom de Rumon (la « ville du fleuve »), d'où nous vient le nom actuel de Rome.

La cité doit surmonter maintes menaces, dont le siège de la ville par les Gaulois de Brennus. Après quoi le général et dictateur Camille (Marcus Furius Camillus) réorganise l'infanterie romaine en légions (4000 à 5000 hommes) subdivisées en manipules (compagnies) et centuries (sections). Cette armée de soldats-paysans va conduire Rome à la conquête du monde méditerranéen...

Naissance légendaire du Japon

Le Japon aurait été fondé le 11 février de l'an 660 avant JC, par Jimmu Tenno, un descendant de la déesse du soleil, Amaterasu...

Fête nationale

En 1872, l'empereur Meiji a officiellement fait du 11 février l'anniversaire de la fondation de l'empire selon la tradition shintô. Cette fête nationale a été abolie en 1945 par les Américains et rétablie en 1966.

Avènement de Nabuchodonosor

Le 23 septembre de l'an 605 avant notre ère, Nabuchodonosor II est couronné roi de Babylone à la mort de son père, Nabopolassar. Il va hisser le royaume à son apogée...

Nabuchodonosor s'empare de Jérusalem

Le 16 mars de l'an 597 avant JC, Jérusalem tombe aux mains de Nabuchodonosor. Le roi de Babylone emmène les habitants en captivité et, l'année suivante, détruit le Temple de Salomon. Il reçoit la soumission du royaume de Juda, ultime survivance du royaume d'Israël fondé quatre siècles plus tôt par Saül, David et Salomon...

Une éclipse conduit Lydie et Médie à la paix

Le 28 mai de l'an 585 avant JC, si l'on en croit l'historien Hérodote, une éclipse de soleil interrompt une bataille entre les Mèdes et les Lydiens.

Les deux peuples se combattaient depuis cinq ans déjà pour la domination du Moyen-Orient. Voyant dans l'éclipse un signe du ciel, le roi de Lydie Alyattès et le roi de Médie Cyaxare décident de conclure la paix sous l'arbitrage du roi de Babylone Nabuchodonosor II, allié des Mèdes.

Alyattès donne sa fille en mariage à Astyage, le fils de Cyaxare, son ex-ennemi. C'est ainsi qu'un demi-siècle plus tard, le Perse Cyrus, petit-fils d'Astyage, mettra tout le monde d'accord en unifiant le Moyen-Orient sous son autorité.

Petite victoire des Athéniens à Marathon

Le 13 septembre de l'an 490 avant Jésus-Christ, les Athéniens remportent à Marathon une victoire décisive sur les Perses.

À peine la victoire est-elle assurée que le général Miltiade envoie un messager, Philippidès, annoncer la victoire aux habitants d'Athènes. Philippidès meurt d'épuisement en arrivant sur l'Agora, au pied de l'Acropole, après 4 heures de course. Il a tout juste le temps de prononcer un seul mot avant de s'effondrer : « Nenikamen » (on écrit parfois « Nenikikame »), ce qui veut dire : « Nous avons gagné ».

Ce récit, que l'on trouve chez Hérodote (Histoires, VI, 105-106), est à l'origine de l'épreuve la plus prestigieuse des Jeux Olympiques modernes. Le premier marathon olympique est remporté à Athènes en 1896 par le berger Spiridon Louis (24 ans) sur les 40 kilomètres qui séparent l'antique champ de bataille du stade d'Athènes. À l'occasion des Jeux de Londres, en 1908, sa distance a été portée à 42,195 kilomètres afin que les coureurs puissent partir de la cour du château royal de Windsor.

Aujourd'hui encore, dans la plaine de Marathon, on honore le tumulus sous lequel reposent 192 soldats athéniens. Sous un autre tumulus reposeraient 6400 Perses. Sans doute les plus anciens cimetières militaires de l'Histoire...

Grande victoire des Athéniens à Salamine

Le 22 septembre de l'an 480 av. J.-C., la flotte de Xerxès, le «Rois des Rois» des Perses, est anéantie près de l'île de Salamine par les Athéniens. À l'instigation de Thémistocle, chef du parti populaire, ces derniers ont sacrifié leur ville et tout misé sur leur flotte. L'armée perse, 300.000 hommes sous le commandement de Mardonius, est à son tour défaite l'année suivante à Platées, en Béotie, par les Grecs commandés par le roi de Sparte, Pausanias...

Les Dix Mille et le début de l'Anabase

Le 3 septembre de l'an 401 avant JC, les Dix Mille, mercenaires grecs au service d'un prince perse, livrent combat en Mésopotamie. Battus, ils décident de rentrer dans leur pays. Après d'innombrables tourments, ils aperçoivent enfin la mer Égée et n'ont qu'un cri : « Thalassa ! », ce qui signifie mer en grec.

Cette équipée héroïque est restée dans la postérité grâce au récit qu'en a fait Xénophon, l'un des chefs de l'expédition : l'Anabase...

Athènes perd la liberté à Chéronée

Le 1er septembre de l'an 338 avant JC, à Chéronée, le roi de Macédoine Philippe II et son fils Alexandre (qui sera plus tard qualifié de Grand) écrasent les armées d'Athènes et soumettent les Grecs à leur loi...

Alexandre écrase Darius III à Gaugamèles

Le 1er octobre de l'an 331 avant notre ère, Alexandre le Grand bat Darius III, le roi des Perses, à Gaugamèles, en Mésopotamie.

Après cette défaite définitive, le Roi des Rois s'enfuit misérablement dans les montagnes tandis que son vainqueur entre à Persépolis et Ecbatane. Il s'empare des trésors de la dynastie achéménide et se fait proclamer roi d'Asie, réunissant sous son glaive le monde grec et le monde perse, jusque-là ennemis...

Bataille du lac Trasimène

Le 21 juin de l'an 217 avant JC, le consul romain Flaminius tombe dans un piège que lui a tendu Hannibal, chef des armées carthaginoises, sur les bords du lac Trasimène, en Étrurie (Italie centrale)...

Hannibal triomphe à Cannes

Le 2 août de l'an 216 avant JC, le général carthaginois Hannibal (30 ans) inflige une défaite écrasante aux Romains, à Cannes, en Apulie, non loin de la Ville éternelle. La deuxième guerre punique s'achèvera malgré tout par la défaite du général carthaginois.

Fin de la dynastie Qin

Le 12 octobre 207 avant JC, Ershi Huangdi, fils et successeur du Premier Empereur chinois, abandonné par ses conseillers et isolé dans son palais de Xianyang, croit voir des rebelles l'assaillir. Il se suicide ou se fait tuer, on ne sait. Ainsi finit prématurément la dynastie Qin. L'eunuque Zhao Gao, premier ministre du Deuxième Empereur, octroie une simple couronne royale à un sien neveu, le prince Zi Ying. Ce nouveau règne ne durera que 43 jours ! Contre toute attente, un fils de paysan du nom de Liu Bang va relever l'oeuvre du Premier Empereur et la pérenniser.

Mort du premier empereur Han

Le 1er juin de l'an 195 avant notre ère, l'empereur Gaozu, de son vrai nom Liu Bang (ou Lieou Pang) meurt dans son palais de Tch'ang-ngan (aujourd'hui Xi'an), à 52 ans. Il est le fondateur de la prestigieuse dynastie chinoise des Han...

Bataille de Pydna

Le 22 juin 168 avant JC, les Romains écrasent le roi de Macédoine à Pydna. Rome établit en Macédoine des États à sa dévotion. La Grèce courbe l'échine devant son nouveau maître.

Sylla seul maître à Rome

Le 1er novembre de l'an 82 avant JC, Sylla vainc ses opposants à la porte Colline, près de Rome et met provisoirement un terme aux guerres civiles qui déchirent la république...

Cicéron dénonce Catilina

Le 7 novembre de l'an 63 avant JC, à Rome, Cicéron interpelle le conjurateur Catilina en plein Sénat en des termes restés célèbres : « Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? ... ».

Vercingétorix se rend à César devant Alésia

C'est aux alentours du 27 septembre de l'an 52 av. J.-C. que Vercingétorix, jeune chef gaulois, se rend à Jules César. Sa reddition met fin au siège de l'oppidum d'Alésia par les Romains et à la résistance gauloise.

Après la terrible guerre des Gaules, qui a sévi près de sept ans, l'ensemble des peuples établis entre le Rhin et les Pyrénées passe sous la rude domination de Rome… Ce faisant, ils évitent une invasion par les peuples germains, plus pressants que jamais sur la rive droite du Rhin.

Jules César franchit le Rubicon

Défiant le Sénat de Rome, Jules César traverse le Rubicon avec son armée le 11 janvier de l'an 49 avant JC. Le récit de cette aventure nous a été transmis par l'historien Suétone, qui nous a légué la formule : « Iacta esto alea », ou, selon l'opinion commune, « Alea jacta est » (Les dés sont jetés)...

César vainc Pompée à Pharsale

Le 6 juin de l'an 48 avant JC (9 août selon le calendrier d'avant la réforme julienne), Jules César et son allié Antoine battent l'armée de Pompée à Pharsale, en Grèce...

César vainqueur à Zéla

Après avoir vaincu son rival de toujours, Pompée, à Pharsale, Jules César se rue avec son armée en Asie mineure (la Turquie actuelle). À Zéla, aux alentours du 15 juin 47 avant JC, il bat Pharnace II, fils et successeur de Mithridate, roi du Pont (la région de l'actuel détroit du Bosphore), un roi qui donna du fil à retordre aux Romains.

Commémorant plus tard cette victoire par un défilé triomphal à Rome (son quatrième triomphe), Jules César se fait précéder par un porteur qui présente une pancarte où sont écrits les trois mots : « Veni, Vidi, Vici » (Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu). On ne saurait faire plus concis.

Victoire de César à Thapsus

Le 6 avril de l'an 46 avant JC, les troupes de Jules César battent celles de Pompée à Thapsus. La fin de la première guerre civile annonce à Rome la ruine des institutions républicaines.

César vainqueur à Munda

Le 17 mars de l'an 45 avant JC, Jules César affronte la dernière armée pompéienne à Munda, près de Cordoue, en Espagne. Ses rivaux se battent avec l'énergie du désespoir mais sont néanmoins vaincus. Sextus Pompée, l'un des fils du grand Pompée, parvient à s'échapper ; son frère est rattrappé et exécuté. César, désormais maître tout-puissant de Rome, devient dictateur à vie. Il n'a plus qu'un an à vivre...

Naissance du calendrier julien

Le 1er janvier de l'an 45 avant JC prend effet le calendrier mis au point par l'astronome Sosigène d'Alexandrie sur ordre de Jules César...

« Tu quoque, mi fili »

Jules César est assassiné le 15 mars de l'an 44 avant JC, le jour des Ides de mars, sous le «portique de Pompée», où s'est réuni le Sénat romain. Parmi ses assassins figure Brutus.

Le dictateur meurt à 55 ans. Issu de l'illustre famille Julia, il a mené une vie dissipée de jeune dandy avant de révéler son génie...

César tenté par la royauté

Le 15 février de l'an 44 avant JC, a lieu à Rome la traditionnelle fête des Lupercales, qui rappelle la louve nourricière des deux fondateurs légendaires de la Ville, Rémus et Romulus. Cette année-là, Marc Antoine saisit l'occasion de la fête pour poser en public le diadème des rois grecs sur le front auguste de Jules César. Mais la foule proteste contre cette velléité de rétablir la royauté et demande à Lépide, le maître de la cavalerie, d'ôter la couronne. Celui-ci n'en fait rien et César, de dépit, doit ôter lui-même la couronne. Un mois plus tard, il sera assassiné.

Un triumvirat pour succéder à César

Le 11 novembre de l'an 43 avant JC (certaines sources donnent le 26 novembre), Antoine, Lépide et Octave se font nommer par le Sénat romain pour exercer un gouvernement à trois. C'est le second triumvirat (tres viri reipublicae constituendae)...

Fondation de Lyon

Le 9 octobre de l'an 43 avant JC, un légat romain du nom de Lucius Munatius Plancus, ancien officier de César, proconsul en Gaule, fonde la Colonia Copia Felix Munatia Lugdunum (son nom la désigne comme la ville du dieu gaulois Lug).

Située sur la colline de Fourvière, au-dessus du confluent du Rhône et de la Saône, la colonie romaine est promise à un destin exceptionnel.

Par la volonté des empereurs romains, elle ne tarde pas à devenir la capitale commune aux trois provinces de la «Gaule chevelue». Sous le nom de Lyon, c'est aujourd'hui la deuxième métropole de France avec plus d'un million d'habitants. De son prestigieux passé, elle conserve de beaux monuments... Notons que l'archevêque de son diocèse porte encore le titre de «primat des Gaules».

Marc Antoine défait Brutus à Philippes

Le 23 octobre de l'an 42 avant JC, à Philippes, en Macédoine, Marc Antoine bat l'armée de Brutus, l'un des sénateurs romains qui assassina César. On prête à Brutus ces mots avant son suicide : « Vertu, tu n'es qu'un mot ! »...

La bataille d'Actium

Le 2 septembre de l'an 31 avant Jésus-Christ, une grande bataille navale se déroule près d'Actium, en Méditerranée orientale. Elle met aux prises Octavien (ou Octave), fils adoptif et petit-neveu de Jules César, qui restera dans la postérité sous le nom d'Auguste, et le couple le plus romanesque de l'Histoire : Marc Antoine et Cléopâtre. Avec le concours de son lieutenant Agrippa, Octave va l'emporter définitivement sur son rival...

Fin théâtrale de Cléopâtre

Le 15 août de l'an 30 avant JC, Cléopâtre VII disparaît de façon théâtrale. À 39 ans, la reine d'Égypte entre dans la légende.

Recluse dans son palais d'Alexandrie, la reine d'Égypte apprend qu'Octave vient de débarquer. Le nouveau maître de Rome menace d'enchaîner la reine et de la faire figurer dans son triomphe, à Rome...

Octave reçoit le titre d'Auguste

Le 16 janvier de l'an 27 avant JC, le Sénat romain décerne à Octave le surnom d'Auguste.

Ce titre honorifique désigne celui qui agit sous de bons auspices. Il récompense le petit-neveu et fils adoptif de Jules César pour avoir restauré les formes de la République sénatoriale et pacifié le pays en mettant fin aux guerres civiles qui l'ensanglantaient depuis un siècle...

Auguste reçoit la puissance tribunicienne à vie

Le 1er juillet de l'an 23 avant JC, Auguste reçoit la puissance tribunicienne à vie. Aucun tribun ne peut désormais s'opposer à une loi édictée par Auguste. En cumulant les magistratures, et sans renier officiellement les institutions républicaines, le neveu et successeur de Jules César établit le Principat ; il se présente comme le Premier parmi ses pairs (Primus inter pares en latin). C'est un empereur de fait.

Mort de Germanicus

Le 10 octobre de l'an 19 ap. J.-C., Germanicus, neveu et fils adoptif de l'empereur Tibère, meurt en Syrie à 34 ans. On soupçonne Pison, le gouverneur de Syrie, de l'avoir empoisonné sur ordre de l'empereur. Celui-ci aurait été jaloux de la séduction naturelle de l'héritier présomptif et de ses succès militaires en Germanie (d'où son surnom).

Drusus inaugure le sanctuaire des Trois-Gaules

Drusus, beau-fils de l'empereur Auguste, inaugure le sanctuaire des Trois-Gaules le 1er août de l'an 12 avant JC, à Condate, au pied de la colline de la Croix-Rousse, près de la colonie romaine de Lugdunum (Lyon).

Il s'agit d'un très imposant autel entouré de tribunes. Sur les gradins sont gravés les noms des soixante peuples gaulois qui envoient chaque année, le 1er août, des délégués pour rendre le culte à Rome et Auguste, mais aussi pour discuter des problèmes politiques des Gaules.

Sept ans plus tard, un amphithéâtre sera également construit à proximité du sanctuaire. Dans cet amphithéâtre des Trois-Gaules seront livrés aux bêtes les premiers martyrs chrétiens des Gaules, parmi lesquels sainte Blandine et saint Pothin. Il ne reste plus rien aujourd'hui du sanctuaire et de l'amphithéâtre, sinon des évocations picturales sur des monnaies.

Wang Mang, un empereur confucéen

Le 10 janvier de l'an 9 de notre ère, Wang Mang renverse la dynastie Han, au pouvoir en Chine depuis deux siècles...

Crucifixion de Jésus-Christ

Jésus-Christ aurait été crucifié à Jérusalem le vendredi 7 avril de l'an 30 de notre ère, à l'âge de 37 ans, d'après les calculs des historiens modernes, plus précis que le moine Denys le Petit qui, au VIe siècle, établit la naissance du Christ en l'an 753 de la fondation de Rome, soit cinq ans trop tard.

Les Évangiles nous disent en effet qu'il est mort une veille de sabbat, donc un vendredi, et que ce jour était aussi celui de la « préparation » de la Pâque juive, donc le 14 du mois de Nissan dans le calendrier hébraïque. Ces deux éléments coïncident en l'an 30 de notre ère, le 7 avril.

Mise à mort du préjet Séjan

Le 18 octobre 31, l'empereur Tibère fait mettre à mort le préfet du Prétoire Séjan. Celui-ci avait jusque-là bénéficié des faveurs de l'empereur et se présentait comme un successeur potentiel. C'est le triste Caligula, arrière-petit-fils d'Auguste, qui accèdera finalement au trône.

Caligula empereur

Le 18 mars 37, suite à la mort de Tibère, le Sénat romain proclame Caligula empereur. De son vrai nom Caius Caesar Germanicus, celui-ci est le fils de Germanicus et d'Agrippine l'Aînée, digne fille de Julie, elle-même fille de l'empereur Auguste. Il sera assassiné après être devenu fou. On lui prête l'exclamation : « Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils me craignent ».

Rome en flammes

Le 19 juillet de l'an 64, à Rome, un incendie prend naissance dans une boutique située près du Circus Maximus, au pied du mont Palatin où se trouve le palais impérial.

La Ville éternelle, qui compte alors près de 800.000 habitants concentrés sur 13 kilomètres carrés, va être ravagée pendant six jours par les flammes. Néron attribue la responsabilité du sinistre aux chrétiens. C'est le début des premières persécutions...

Vespasien seul empereur à Rome

Le 20 décembre 69, l'empereur Vitellius est égorgé au coeur de Rome par des mécontents. Cet assassinat livre l'empire au général Vespasien, qui a fait la preuve de ses capacités en réprimant brutalement une révolte en Palestine...

Destruction du Temple de Jérusalem

Le 8 septembre de l'an 70, les soldats romains pénètrent à l'intérieur du Temple de Jérusalem, le mettent à sac et le détruisent. C'est l'acte final de la première guerre juive, occasionnée par la révolte des Zélotes. Ces juifs ne supportaient plus la tutelle romaine et la connivence du Grand Sanhédrin (le tribubal religieux) avec l'occupant.

La répression est conduite par le général Vespasien puis, celui-ci étant devenu empereur, par son fils Titus qui mène à son terme le siège de Jérusalem...

Chute de Massada

Le 2 mai 73, la forteresse de Massada tombe aux mains des Romains. Le suicide collectif de ses défenseurs, des Zélotes aux ordres d'Eleazar ben Jair, met fin à la première révolte juive contre la domination romaine.

Le seul récit que l'on ait de ce siège nous vient de l'historien juif Flavius Josèphe...

Disparition de Pompéi

Le 24 août 79, Pompéi, lieu de villégiature au pied du Vésuve, en Campanie, est recouvert sous une pluie de cendres volcaniques. Pline le Jeune nous a laissé le récit de l'éruption...

Trajan succède à Nerva à la tête de Rome

Trajan, Marcus Ulpius Trajanus (Italica 53 - Sélinonte, Cilicie 9 juillet 117)Le 23 janvier 98, à la mort du vieux Nerva (72 ans), son fils adoptif Trajan (44 ans) lui succède à la tête de l'empire romain.

Nerva, juriste respecté, avait été porté à la tête de Rome après l'assassinat de Domitien, dernier représentant de la la dynastie julio-claudienne issue de César et Auguste, le 18 septembre 96.

Bien que malade et réticent à exercer le pouvoir, Nerva avait pu restaurer l'autorité du gouvernement, en accord avec le Sénat. Il avait lutté contre la corruption et amélioré le sort des classes populaires, toutes choses qui cependant avaient déplu à sa garde prétorienne.

Il meurt avant que celle-ci ait eu le temps de le renverser. Son successeur Trajan, fils d'un soldat romain établi à Italica (Espagne), devenu gouverneur de Germanie supérieure, va brillamment poursuivre son oeuvre. Avec lui, l'empire romain entre pour de bon dans son Âge d'Or, le siècle des Antonins.

Hadrien dédicace le futur Panthéon

Le 21 avril 135, jour anniversaire de la fondation de Rome, l'empereur Hadrien dédicace sur le Champ de Mars un nouveau temple à Vénus et à Rome et plus généralement à « tous les dieux ». De là son nom, le Panthéon, traduction grecque de cette expression...

Mort d'Antonin le Pieux

Le 7 mars 161 meurt l'empereur Antonin le Pieux. Marc Aurèle (40 ans) et Lucius Verus (31 ans) lui succèdent à la tête de Rome. L'un et l'autre ont été adoptés 23 ans plus tôt par l'empereur défunt en vue de lui succéder, sur l'injonction de son prédécesseur, l'empereur Hadrien !

Martyre de Sainte Blandine

Le 2 août 177, sous le règne de l'empereur Marc-Aurèle, à Lyon (Lugdunum), un groupe de 48 chrétiens, dont l'évêque Pothin, originaire de Syrie, et une femme nommée Blandine, sont livrés aux bêtes.

Fêtée le 2 juin, la martyre la plus connue des Français est une jeune esclave arrêtée ainsi que ses amis en raison de leur refus de participer au culte impérial.

Selon le récit d'Eusèbe de Césarée, Blandine et un jeune garçon de 15 ans, Pontique, assistèrent sans fléchir à la torture de leurs compagnons d'infortune pendant plusieurs jours.

Au terme de cette première épreuve, ils furent eux-mêmes livrés aux bêtes le 2 août 177 dans l'amphithéâtre des Trois Gaules, devant les représentants des soixante nations gauloises. Les fauves s'étant détournés de Blandine, celle-ci fut fouettée, jetée dans un filet et exposée plusieurs fois aux cornes d'un taureau, enfin égorgée !

Assassinat de Commode

Le 31 décembre 192, l'empereur romain Commode (31 ans), réputé pour sa violence et son caractère fantasque, est assassiné par sa maîtresse Marcia. Celle-ci tente de l'empoisonner mais comme l'empereur arrive à vomir le poison, elle se résout à le faire étrangler ! Commode est l'antihéros du film Gladiator de Ridley Scott.

L'Empire aux enchères

Le 26 mars 193, à Rome, le vieil empereur Pertinax est assassiné par des prétoriens, autrement dit des soldats de sa garde !

Sans s'embarrasser de scrupules, ses meurtriers mettent l'empire romain aux enchères. L'heureux acquéreur, un certain Didius Julianus, ne tarde pas à déchanter. Il est à son tour mis à mort et c'est finalement un général talentueux, Septime Sévère, qui ramassera la mise !...

Victoire de Septime Sévère à Lyon

Le 19 février 197, à Lyon, une bataille met aux prises deux prétendants à l'empire de Rome. Elle s'achève par la victoire de Septime Sévère, le général de l'armée romaine du Danube, sur son rival, le gouverneur de Bretagne, Clodius Albinus.

Le vainqueur pille et détruit Lyon avant d'imposer sa loi à Rome. Avec lui débute ce que les historiens ont appelé le Bas-empire...

Mort de Septime Sévère

L'empereur romain Septime Sévère trouve la mort sur le champ de bataille, à Eboracum (aujourd'hui York, en Angleterre), le 4 février 211.

Élagabal proclamé empereur

Le 15 mai 218, Élagabal, aussi appelé Héliogabale (14 ans), est proclamé empereur romain par la 3e légion établie en Syrie. Cet adolescent syrien et à peine romanisé, grand-prêtre héréditaire du dieu Baal d'Émèse, est le cousin du précédent empereur, Caracalla, et le petit-fils de Septime Sévère. Il abandonne le soin du gouvernement à sa grand-mère, Julia Maesa, veuve de Septime Sévère. Il tente d'introduire à Rome le culte de Baal et finit assassiné par les prétoriens (les soldats de sa garde) quatre ans plus tard, le 11 mars 222, au terme d'un règne déplorable. Un autre cousin lui succède, Alexandre Sévère (13 ans) !...

Avènement de la dynastie des Sassanides

Le 28 avril de l'an 224, Artaban IV, dernier souverain de la dynastie des Arsacides, est vaincu et tué à Hormizdaghan, dans la Susiane, par un roitelet perse, Ardashir (ou Ardachir). L'Iran tombe aux mains de la dynastie des Sassanides. Elle va restaurer le pays dans son ancienne grandeur.

Couronnement de Sapor 1er

Le 23 mars 242, est couronné le roi Sapor 1er (on écrit aussi Chahpur, Châhpuhr, Shapour ou Shahpur, shah signifiant roi en persan.

Sapor 1er succède à son père Ardachir 1er, fondateur de la dynastie des Sassanides (d'après Sassan, un aïeul), à la tête du puissant empire perse. Chef redoutable et cruel, il mène des guerres victorieuses contre Rome, alors en pleine crise.

En 244, il repousse l'empereur Philippe l'Arabe et enlève à Rome l'Arménie et la Mésopotamie. En 260, plus gravement, il bat l'empereur Valérien près d'Édesse et le capture ainsi que, dit-on, 70.000 de ses hommes. Les Romains, y compris l'empereur, seront réduits en esclavage dans des conditions atroces.

Sapor 1er embellit par ailleurs sa capitale, Ctésiphon, en Mésopotamie, où subsistent des ruines impressionnantes.

Dioclétien empereur

Le 20 novembre 284, Dioclétien accède à la dignité impériale. Cet empereur est originaire d'Illyrie (les rives de l'Adriatique) comme ses prédécesseurs immédiats. Il va restaurer pour un temps la puissance romaine et instaurer un gouvernement original à quatre, la tétrarchie.

Dioclétien instaure la « tétrarchie »

Le 1er mars 293, l'empereur romain Dioclétien instaure la tétrarchie, une forme originale de gouvernement à quatre. Il découpe les vastes provinces de l'empire et crée des circonscriptions de taille plus réduite, plus faciles à organiser et défendre. Rome n'est plus le siège du gouvernement. La Ville éternelle est délaissée au profit de quatre capitales frontalières plus proches des légions.

Dioclétien et son collègue Maximien prennent le titre d'Auguste. Le premier gouverne l'Orient (capitale : Nicomédie, au sud de la mer de Marmara, en face de Byzance, le second l'Italie et l'Afrique (capitale : Milan). Les adjoints prennent le titre de César. Constance Chlore gouverne l'Espagne, la Bretagne et la Gaule (capitale : Trèves), Galère l'Illyrie (capitale : Sirmium, dans la Hongrie actuelle). Les premiers résultats se révèlent satisfaisants : mieux encadrées, les légions repoussent avec succès les assauts barbares....

Premier édit de la «Grande Persécution»

Désireux de renforcer la cohésion culturelle et politique de l'empire romain, Dioclétien inaugure de violentes persécutions contre les communautés chrétiennes qui refusent de sacrifier au culte impérial. Il y est encouragé par son collègue Galère, lequel a plus que quiconque les chrétiens en horreur.

En 299, il exclut de l'armée des soldats baptisés, ces derniers refusant en effet de verser le sang ! Puis, de février 303 à février 304, quatre édits impériaux ordonnent de brûler les livres saints et de raser les églises partout dans l'empire.

La «Grande Persécution» atteint son paroxysme avec un édit qui prescrit au début de 304 un sacrifice général dans tout l'Empire, sous peine de mort ou de condamnation aux travaux forcés dans les mines. Toutefois, les fonctionnaires locaux exécutent les édits avec un zèle relatif...

Abdication volontaire de Dioclétien

Le 1er mai 305, l'empereur romain Dioclétien abdique volontairement. Il quitte Rome pour son palais de Split, en Dalmatie. Maximien Hercule, qui a partagé avec lui la fonction d'«Auguste», se résout à abdiquer aussi.

Ils laissent la place à la deuxième génération de tétrarques : Constance Chlore devient «Auguste» d'Occident et Galère «Auguste» d'Orient.

Constantin proclamé empereur par ses soldats

Le 25 juillet 306, Constantin est proclamé empereur par ses soldats à Eburacum, en Bretagne (aujourd'hui York, en Angleterre), où il a rejoint le quartier général de son père Constance Chlore, qui vient de mourir.

C'est le début d'une prodigieuse ascension qui va conduire le jeune trentenaire à la tête de l'empire romain, après l'élimination de tous ses rivaux.

Édit de tolérance de Galère

Le 30 avril 311, l'empereur Galère publie un édit de tolérance qui met un terme aux violentes persécutions engagées par Dioclétien, son prédécesseur, contre les communautés chrétiennes de l'empire romain. Deux ans plus tard, son édit sera confirmé et élargi à Milan par son successeur, Constantin. Le christianisme devient dès lors la religion dominante de l'empire.

Constantin victorieux au Pont Milvius

Le 28 octobre 312, Constantin bat son rival Maxence au Pont Milvius, sur le Tibre, à quelques kilomètres au nord de Rome. Après avoir réunifié l'empire romain sous son autorité, il va légaliser la religion chrétienne et donner à l'empire une nouvelle capitale, la future Constantinople.

Par son action, Constantin apparaît comme l'empereur romain le plus important après César et Auguste...

Édit de tolérance de Milan

Le 13 juin 313, à Milan, l'empereur Constantin 1er et son collègue Licinius, avec lequel il dirige l'empire romain, octroient aux chrétiens la liberté de pratiquer leur religion. Ils leur restituent les biens confisqués et mettent un terme définitif aux persécutions.

Cette décision, connue sous le nom d'« édit de Milan », complète et confirme l'édit octroyé deux ans plus tôt par l'empereur Galère. Elle consacre le triomphe de la nouvelle religion dans l'empire romain quelques années après les très dures persécutions ordonnées par Dioclétien et le même Galère...

Chandragoupta fonde la dynastie Goupta

Le 26 février 320, monte sur le trône du Magadha (l'actuel Bihar, dans la vallée du Gange) Chandragoupta 1er, premier souverain de la dynastie Goupta.

Constantin vainc Licinius à Andrinople

Suit à l'échec du pouvoir collégial instauré par Dioclétien, l'empire romain se trouve partagé entre deux empereurs : Constantin domine l'Occident et Licinius l'Orient.

Constantin pénètre avec son armée en Thrace et se porte à la rencontre de son adversaire (qui est aussi le mari de sa soeur Constantia).

Les deux armées, fortes de plusieurs dizaines de milliers d'hommes chacune, s'affrontent le 3 juillet 324 devant Hadrianopolis (Andrinople), sur les bords de l'Hèbre.

Vaincu, Licinius s'enfuit vers Byzance et traverse l'Hellespont en direction de la Bythinie (Asie mineure). Il est rattrappé et vaincu à Chrysopolis par son adversaire. Constantin, désormais maître de tout l'empire, relègue Licinius à Thessalonique et le fait étranger quelques mois plus tard, sous le prétexte d'une conspiration.

Le concile de Nicée condamne l'arianisme

Le 20 mai 325, l'empereur romain Constantin 1er réunit à Nicée le premier concile oecuménique de l'Histoire en vue de condamner la doctrine d'Arius, l'arianisme, et, plus important que tout, maintenir l'unité de la jeune Église...

Naissance de la future Constantinople

Le 11 mai 330, Byzance devient officiellement la capitale de l'empire romain, en remplacement de Rome, sous le nom officiel de «Nouvelle Rome». Elle sera plus tard appelée Constantinopolis, Constantinople, en référence à l'empereur Constantin le Grand qui l'a fondée...

Dédicace du Saint-Sépulcre

Le 17 septembre 335 a lieu la dédicace du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Une dizaine d'années plus tôt, on a découvert l'endroit où fut enseveli le Christ après sa crucifixion. Constantin, qui règne alors sur l'empire romain d'Orient, ordonne la construction d'une basilique et d'une rotonde autour du Saint-Sépulcre. L'inauguration de l'ensemble va faire de Jérusalem une grande ville de pèlerinage chrétien.

Baptême et mort de Constantin le Grand

Malade, épuisé par un règne agité, l'empereur romain Constantin 1er expire le dimanche 22 mai 337, jour de la Pentecôte chrétienne. Il n'a pas encore soixante ans. Il meurt à Ancyrona, dans les faubourgs de Nicomédie (aujourd'hui Izmit, au sud de la mer de Marmara), tandis qu'il tente de regagner en toute hâte sa capitale, Constantinople.

Avant de rendre le dernier soupir, Constantin a le temps de recevoir le baptême des mains de l'évêque Eusèbe de Nicomédie...

Fermeture des temples païens

Le 19 février 356, par une loi qui impose la fermeture des temples païens, l'empereur romain Constance II confirme l'unification religieuse de l'empire autour du christianisme.

L'empereur Valens tué à Andrinople

Le 9 août 378 a lieu une mémorable bataille qui marque à certains égards le déclin ou la fin de l'empire romain. Elle se déroule sous les murs d'Andrinople, cité fondée un siècle et demi plus tôt par l'empereur Hadrien sous le nom d'Adrianopolis (aujourd'hui Edirne, en Turquie).  Valens, empereur d'Orient, s'avance à la tête d'une imposante armée de plusieurs dizaines de milliers d'hommes, à la rencontre d'une armée de Tervinges (Wisigoths) et Greuthunges (Ostrogoths), elle-même aussi nombreuse. Ces Barbares avaient traversé le Danube deux ans auparavant et obtenu le droit de s'établir avec leurs familles en (Bulgarie actuelle) en qualité de fédérés (troupes d'appoint). Mais ils n'avaient pas tardé à se mutiner et défier le pouvoir impérial. Devant la menace, Valens réclame l'aide de son frère Gratien, empereur d'Occident, mais celui-ci arrive trop tard. L'affrontement témoigne pour la première fois de l'importance de la cavalerie. Il se solde par la défaite de l'armée romaine et la disparition de l'empereur, soit qu'il ait été tué les armes à la main, soit qu'il ait péri brûlé dans une chaumière où il se serait réfugié. L'empire est au plus mal et, quelques années plus tard, c'est du Rhin que va venir le danger.

Le christianisme religion officielle de Rome

Le 8 novembre 392, l'empereur Théodose proclame le christianisme religion officielle de l'empire romain et interdit les autres cultes. Les derniers fidèles de ceux-ci sont dans certaines villes comme Alexandrie victimes de la fureur fanatique.

Un siècle plus tôt, sous le règne de Dioclétien, les chrétiens enduraient encore de brutales persécutions. Son successeur Constantin le Grand y a mis fin en légalisant la nouvelle religion, laquelle ne rallie encore qu'une petite fraction de la population de l'empire.

Mort de l'empereur Théodose

Le 17 janvier 395, la mort de Théodose 1er le Grand consacre le partage définitif de l'empire romain. À son fils Arcadius (18 ans) l'empereur lègue l'Orient (capitale : Constantinople) et à son fils Honorius (11 ans) l'Occident (capitale : Ravenne). Cette scission se lit encore dans la frontière qui sépare la Croatie (occidentale et catholique) de la Serbie et de la Bosnie (orientale et orthodoxe).

Saint Martin est inhumé à Tours

Saint Martin est inhumé à Tours en grande pompe le 11 novembre 397.

Né vers 315 à Sabaria, en Pannonie (aujourd'hui Szombathely, en Hongrie), l'évangélisateur des Gaules s'est acquis une stature exceptionnelle au terme d'une vie agitée, tissée de grands voyages à travers toute l'Europe...

Les Barbares en armes franchissent le Rhin

Le 31 décembre 406, de nombreuses bandes de barbares franchissent le Rhin. Ils profitent de ce que le fleuve, cet hiver-là, est gelé pour le traverser à pied. C'est la plus importante vague d'immigration qu'ait connue l'empire romain depuis ses origines...

Assassinat de Stilicon

Avant de mourir, en 395, l'empereur Théodose 1er a partagé l'empire romain entre ses deux fils.

À Honorius, 11 ans, revient l'Occident (capitale : Rome) et à Arcadius, 18 ans, l'Orient (capitale : Constantinople). Théodose confie la tutelle des deux jeunes empereurs au général Stilicon, fils d'un officier vandale rallié à Rome.

En qualité de préfet du prétoire, celui-ci maintient tant bien que mal l'ordre en Occident. Il repousse à deux reprises les Goths et transfère le gouvernement de Rome à Ravenne, une ville plus aisée à défendre. Il tente avec plus de difficulté d'imposer son autorité à Constantinople.

L'armée s'inquiète cependant de ses recrutements massifs de contingents barbares et lui en veut de n'avoir pu empêcher les invasions barbares en 406. Il est assassiné sur ordre d'Honorius le 23 août 408.

Cela ne va pas arranger les affaires de l'empire d'Occident et deux ans plus tard, Rome se verra elle-même mise à sac par des Ostrogoths...

Prise de Rome par Alaric

Le 24 août 410, Alaric, roi des Wisigoths, s'empare de Rome. Pendant trois jours, ses troupes vont piller et massacrer à qui mieux mieux...

Genséric s'empare de Carthage

Sous la conduite de leur roi Godégisile, les Vandales ont franchi le Rhin avec d'autres tribus de Germains à l'hiver 406 et envahi l'empire romain d'Occident. Ils se sont installés au sud de l'Espagne, en Bétique, laquelle en conservera le souvenir dans son nouveau nom, l'Andalousie (en arabe al-Andalous, déformation de Vandalousie, « pays des Vandales »).

Mais voilà qu'en Afrique du nord, le gouverneur romain de la province, le comte Boniface, se révolte contre l'empereur Valentinien III, fils de Galla Placida. Il appelle à l'aide le roi Genséric (ou Geiséric), fils et successeur de Godégisile.

Mauvais calcul. Les Vandales occupent la Numidie. Le comte Boniface, rappelé à ses devoirs par Saint Augustin, tente de leur résister mais Genséric l'assiège dans Hippone et, pour finir, s'empare de Carthage, capitale de la province, le 19 octobre 439. Valentinien III lui reconnaît la possession de Carthage et de l'Afrique.

Attila est battu aux Champs Catalauniques

Les Huns de terrible réputation sont battus près de Troyes, aux environs du 20 juin 451, en un lieu appelé Champs Catalauniques...

L'Orient se divise au concile de Chalcédoine

Le 8 octobre 451, un quatrième concile oecuménique important s'ouvre à Chalcédoine. Il renouvelle la condamnation de l'arianisme, réaffirme le dogme de la Sainte Trinité et condamne comme hérésies le monophysisme et le nestorianisme.

Enfin, il affirme l'égalité de rang entre le patriarche de Constantinople et l'évêque de Rome (le pape), au risque de heurter celui-ci. Ses conséquences se font encore sentir...

Léon 1er rencontre Attila

Le 8 juillet 452, le pape Léon 1er sort en grande pompe de Rome et va au-devant d'Attila. Le roi des Huns cède à sa prière et renonce à envahir Rome et retourne dans les steppes d'où son peuple est originaire. L'année précédente, il a épargné la ville de Troyes devant les supplications de l'évêque Saint Leu. Il s'est aussi détourné de Paris où Sainte Geneviève animait la résistance.

Pour les chrétiens de l'époque, Attila est le « Fléau de Dieu », autrement dit l'instrument de la punition divine. Il frappe ceux qui se sont détournés de l'enseignement de l'Église, et épargne les miséricordieux.

Aetius assassiné par Valentinien III

Le 21 septembre 454, Flavius Aetius (Aétius), le vainqueur d'Attila, meurt assassiné par l'empereur Valentinien III.

Celui que les historiens vont qualifier de « dernier des Romains » pour ses grandes qualités morales était né en 395 à Dorostolus en Mésie (future Bulgarie), d'une dame italienne et d'un officier scythe. Il était donc à moitié barbare !

Jeune, il fut donné en otage aux Wisigoths à Toulouse, puis aux Huns dans les Balkans. C'est là qu'il va connaître Attila. Adulte, il est nommé général en chef de la Gaule, puis maître de la milice (magister militum) et enfin vice-empereur.

Dans un empire affecté de maux gravissimes, Aétius va faire des prouesses. Il reconstitue les légions, contient les Wisigoths, écrase les Francs Ripuaires sur le Rhin avec l'aide des Huns, bat les Francs Saliens sur la Somme, repousse les Burgondes jusqu'en Rhénanie avec l'aide des Huns, maîtrise les Alains, anéantit les Bagaudes et finalement force Attila à rebrousser chemin à la bataille des Champs Catalauniques (ou Campus Mauriacus), près de Troyes.

Mais ce héros resté païen devient un danger pour l'empereur et les chrétiens. Alors, un complot est organisé, et celui qui « tant de fois a sauvé cet empire, tant de fois affermit le trône de son roi » (Le Cid, Corneille) périra sous le poignard de Valentinien III, qui va ainsi précipiter la fin de l'Empire romain d'Occident.

Saccage de Rome par les Vandales

Le 16 mars 455, l'empereur d'Occident Valentinien III, fils de Galla Placida, a été assassiné par un certain Pétrone Maxime. Sa veuve Eudoxie, craignant pour sa sécurité, appelle au secours le roi des Vandales, Genséric.

Celui-ci s'est établi avec ses guerriers à Carthage, en Afrique romaine (la Tunisie actuelle), après avoir franchi le Rhin et s'être brièvement arrêté en Espagne. Répondant à l'appel de l'impératrice, il traverse la Méditerranée et débarque devant Rome le 16 juin 455.

Mais au lieu de restaurer l'impératrice dans ses droits, le Barbare met la Ville éternelle au pillage. Avec ses troupes croulant de trésors, il ravage aussi la rive de l'Adriatique et la Grèce continentale avant de s'en retourner à Carthage. Dans ses bagages figurent Eudoxie et ses deux filles. Il marie sans façon l'ex-impératrice à son fils Hunéric.

Fin de l'Occident romain

Le 4 septembre 476, Odoacre dépose l'empereur romain d'Occident, un certain Romulus Augustule. C'est la fin de l'empire romain d'Occident...

Le vase de Soissons

Selon le chroniqueur Grégoire de Tours (539-594), Clovis, âgé de 20 ans et encore païen, avait pillé diverses églises, notamment à Reims.

L'évêque de la ville, identifié à Remi (ou Rémi), le prie de lui restituer un vase remarquable et le jeune roi des Francs, soucieux de lui plaire, le lui promet. C'est ainsi qu'à Soissons, devant le butin rassemblé, il demande à ses soldats la permission d'enfreindre l'usage, qui est de distribuer le butin par tirage au sort, en en restituant un lot. Mais l'un des soldats, envieux et impulsif, s'insurge et frappe de sa francisque le vase qui s'en trouve cabossé. Clovis ravale sa rage et restitue malgré tout le vase à l'évêque.

Là-dessus, le 1er mars 487, il passe ses troupes en revue et repère dans les rangs l'homme qui l'a défié. Il lui reproche une tenue négligée et d'un geste brutal jette ses armes à terre. Le soldat se baisse pour les ramasser. Clovis, alors, lève sa hache et la lui plante dans la tête. « Ainsi as-tu traité le vase de Soissons », aurait-il dit en guise d'oraison funèbre.

Théodoric le Grand, seul maître de l'Italie

Le 15 mars 493, le chef ostrogoth Théodoric invite son ennemi Odoacre à un banquet de réconciliation et saisit l'occasion pour l'égorger de sa main. Il devient dès lors le seul maître de l'Italie et va s'employer à restaurer Rome dans son antique grandeur...

Bataille de Tolbiac

Quinze ans après son accession au trône, Clovis, roi des Francs saliens, reçoit un appel à l'aide de son homologue, le roi des Francs rhénans. Celui-ci est menacé par les Alamans, une tribu germanique à laquelle nous avons emprunté le nom de l'Allemagne.

Le jeune roi accourt à son secours. Il veut prendre à revers les Alamans qui assiègent son allié dans la place forte de Tolbiac (en allemand, Zülpich), près de Cologne. Mais peu avant son arrivée, son allié fait reddition et les Alamans se retournent contre les nouveaux venus, inférieurs en nombre.

Le choc survient, croit-on, le 10 novembre 496. En situation périlleuse, Clovis aurait imploré le secours du Dieu de Clotilde et pris la résolution de se convertir en cas de victoire. À peine aurait-il fait ce voeu que le roi des Alamans était frappé à mort d'un coup de hache ! Cette légende a été inspirée plus tard au chroniqueur Grégoire de Tours par le souvenir de l'empereur Constantin au pont Milvius.

Baptême de Clovis à Reims

Le 25 décembre 498, le roi des Francs Clovis et 3.000 de ses guerriers sont baptisés à Reims dans la religion catholique. L'identité de religion avec les Gallo-Romains va faciliter la fusion des deux peuples, à l'origine de la France...

Bréviaire d'Alaric

Le 2 février 506, à Aire-sur-Adour, le roi wisigoth qui règne sur la région de Toulouse publie un recueil de lois connu sous le nom de Bréviaire d'Alaric. Ce document établit un nouveau droit à l'usage des Barbares et des Gallo-Romains et il confirme la prépondérance des premiers sur les seconds. La même année, faute de soutien populaire, les Wisigoths seront battus par Clovis et ses Francs à Vouillé, dans le Poitou. Ils abandonneront l'Aquitaine pour se replier au-delà des Pyrénées.

Clovis partage son royaume entre ses fils

Clovis meurt à Paris à l'âge de 45 ans le 27 novembre 511. Il est enterré dans la basilique des Saints Apôtres, auprès de sainte Geneviève, son amie. Sa femme Clotilde l'y rejoindra beaucoup plus tard. La basilique sera rebaptisée église Sainte-Geneviève avant d'être reconstruite et reconvertie en Panthéon.

Le royaume des Francs (ou Regnum francorum) est partagé selon la coutume germanique entre les trois fils qu'il a eus de Clotilde et un autre fils, Thierry. Ce dernier réside à Metz et reçoit la vallée de la Moselle. Clodomir reçoit la vallée de la Loire ; Childebert Paris et la vallée de la Seine ; Clotaire le nord-est du bassin parisien (que l'on appellera plus tard Neustrie).

Justinien réprime de justesse la sédition Nika

Le 18 janvier 532, une violente sédition éclate à Constantinople contre l'empereur Justinien.

Ensemble, aux cris de «Nika !» (Sois vainqueur !), les insurgés brûlent la basilique de la Sainte Sagesse (Haghia Sophia). Ils se dirigent vers le palais impérial dont ils brûlent aussi le vestibule. Ils proclament un nouvel empereur...

Justinien compile le droit romain

Le 15 décembre 533, à Constantinople, l'empereur Justinien donne force de loi aux Pandectes (d'un mot grec qui signifie «qui contient tout»), un volumineux recueil de lois plus connu sous son nom latin Digeste...

Bélisaire s'empare de Rome

Le 9 décembre 536, le général Bélisaire s'empare de Rome pour le compte de l'empereur romain d'Orient, Justinien.

Inauguration de Sainte-Sophie

Le 27 décembre 537, l'empereur Justinien et son épouse Théodora inaugurent à Constantinople la basilique de la Sainte Sagesse (en grec Haghia Sophia). Le monument est plus communément appelé Sainte-Sophie en Occident...

Benoît lègue sa règle aux moines d'Occident

Le 21 mars 547 meurt saint Benoît de Nursie, proclamé en 1958 père de l'Europe et saint patron de la chrétienté d'Occident.

Il laisse sans trop s'en douter un héritage qui va modeler la chrétienté d'Occident et contribuer à sa grandeur. On lui doit en particulier la redécouverte des oeuvres de l'Antiquité et la règle monastique dite «bénédictine» qui va valoriser le travail dans toutes les couches de la société...

Héraclius devient empereur de Byzance

Le général Héraclius prend le pouvoir à Constantinople le 3 octobre 610 dans une période très critique de l'Empire romain d'Orient. La capitale elle-même est menacée au nord par les Avars (ou Avares), des Barbares qui ont traversé le Danube, et au sud par les Perses sassanides...

Sous son règne, l'Empire romain d'Orient se transforme en Empire «byzantin». Ce qualificatif dérive de l'ancien nom grec de la capitale (Byzance). Lui-même renonce au titre d'imperator pour celui de « basileus » par lequel les Grecs désignaient habituellement le Grand Roi des Perses.

Héraclius raffermit l'empire mais ne peut empêcher la conquête de la Syrie et de l'Égypte par les disciples de Mahomet, son contemporain. L'avènement d'Héraclius et l'Hégire (622) marquent la fin véritable de l'empire romain et de l'Antiquité.

Les Perses s'emparent de la Vraie Croix

Le 5 mai 614, les Perses prennent Jérusalem et s'emparent de la Vraie Croix.

Mort de Saint Colomban

Saint Colomban, un moine originaire d'Irlande, meurt dans la prestigieuse abbaye qu'il a fondée à Bobbio, dans le Milanais, le 23 novembre 615, à près de 75 ans. Avec une douzaine d'autres moines scots (irlandais), il a quitté son île très jeune et fondé différents monastères sur le Continent, en Armorique (Bretagne actuelle) puis dans les Vosges, à Luxeuil.

Chassé par le roi d'Austrasie Thierry II, jaloux de son indépendance, il descend vers Milan où le roi des Lombards l'autorise à s'établir à Bobbio, sur la Trébie. Dans la tradition irlandaise, ce monastère va devenir un grand centre d'étude des Écritures saintes et des Pères de l'Église.

L'Hégire et la fuite de Mahomet à Médine

Aux alentours de la cinquantaine, Mahomet quitte en secret La Mecque pour l'oasis voisine de Yathrib (qui prendra dès lors le nom de Medinat el-Nabi, « la ville du Prophète » - Médine en français).

Cette fuite est désignée en arabe par le mot hijra (en français, Hégire) qui signifie émigration et datée du 16 juillet 622 selon une tradition fixée dix ans plus tard par le calife Omar. D'elle date la naissance de l'islam... et le premier jour de l'ère musulmane.

Mahomet rompt avec les juifs de Médine

Le 11 février 624 marque la rupture entre le prophète Mahomet et les tribus juives de Médine. Cette rupture va déboucher sur un combat à mort...

Mahomet livre bataille aux Mecquois à Ohod

Le 21 mars 625, dans le désert arabe, le prophète Mahomet et sa petite armée de fidèles sont attaqués par 10.000 hommes venus de La Mecque...

Li Shimin devient l'empereur Taizong le Grand

Le 4 septembre 626, à Chang'an, capitale de la Chine classique, le jeune Li Shimin monte sur le trône impérial au lieu et place de son père qu'il avait lui-même intronisé peu de temps auparavant.

Prenant le nom de règne de Taizong le Grand, il restaure l'empire dans toute sa grandeur et fonde la dynastie des Tang, qui règnera sur la Chine pendant trois siècles.

Héraclius victorieux de Chosroès à Ninive

Le 12 décembre 627, l'empereur byzantin, le basileus Héraclius, remporte une victoire décisive sur les Perses sassanides de l'empereur Chosroès II, sous les murs de Ninive, en Mésopotamie.

Avènement de Dagobert 1er

À la mort de son père Clotaire II, le 4 janvier 629, Dagobert, qui, jusque-là, régnait sur l'Austrasie, se fait reconnaître roi de Neustrie par les évêques et les leudes (les hommes qui entourent le souverain). Son frère cadet Charibert (ou Caribert) obtient en compensation le gouvernement de l'Aquitaine. Deux ans plus tard, sa mort permet à Dagobert de reconstituer temporairement l'unité du Regnum Francorum de son ancêtre Clovis.

Le roi, à Paris, s'entoure d'une cour relativement fastueuse et de conseillers émérites, comme son trésorier Didier et le « bon saint Éloi » de la chanson, son argentier, qui ne manque pas de lui reprocher sa débauche. Il soumet les Gascons et le chef breton Judicaël, signe même un traité d'amitié avec l'empereur byzantin Héraclius. Mais en 634, cédant à la pression des nobles d'Austrasie, il a la faiblesse de leur donner un roi en la personne de son fils de 3 ans, Sigebert III...

La Vraie Croix revient à Jérusalem

Le 21 mars 630, suite à une campagne victorieuse contre les Perses de la dynastie sassanide, marquée par la victoire de Ninive, l'empereur byzantin Héraclius rapporte la Vraie Croix à Jérusalem. Cette relique aurait été découverte en 325 dans la Ville sainte, à l'occasion de travaux organisés par l'évêque Macaire et en présence de Hélène, mère de l'empereur Constantin le Grand. Elle était devenue l'objet d'une dévotion très forte chez les orthodoxes. Elle sera plus tard enlevée par le sultan Saladin aux Croisés, avant de s'évanouir à jamais.

Mort du prophète Mahomet

Le 8 juin 632 (le 13 du mois deRabi' premier, selon le calendrier arabe), Mahomet s'éteint à Médine.

Le Prophète de l'islam décède suite à une fièvre douloureuse. Il a environ 63 ans. Sa tombe est creusée à l'endroit même de sa mort...

Mort du premier calife

Le 22 août 634 s'éteint à Médine Abu Bakr, le premier calife de l'islam, remplaçant du prophète Mahomet.

Les Arabes vainqueurs des Byzantins auYarmouk

Le 20 août 636, une armée byzantine est écrasée par l'armée arabe de Khalid ibn al-Whalid dans la vallée du Yarmouk, en Palestine, au sud du lac de Tibériade...

Mort de Dagobert 1er

Le 19 janvier 639 meurt à 36 ans le roi Dagobert 1er, lointain descendant de Clovis. Il le premier roi à être inhumé dans l'abbaye de Saint-Denis qu'il avait richement doté.

Pépin de Landen et Arnould, influents conseillers du roi, quittent Paris pour Metz sitôt après sa mort. À la tête de l'Austrasie, Dagobert a placé son fils Sigebert III comme roi. Il n'a que 10 ans et les deux compères profitent de sa jeunesse pour gouverner à sa place le royaume. Pépin, ancêtre des Pippinides et de Charlemagne, exerce la fonction officielle de « maire du palais » (ou majordome) et la transmet à son fils Grimoald (ou Grimaud). Clovis II, autre fils de Dagobert, est reconnu roi de Neustrie et de Bourgogne.

Le Regnum Francorum mérovingien est à nouveau divisé et, plus gravement, ses souverains perdent le pouvoir effectif au profit de leur maire du palais. Cela leur vaudra la réputation de « rois fainéants ». Notons que seul celui de Neustrie conservera le titre de « roi des Francs ».

Les Arabes s'emparent d'Alexandrie

Sous le règne du calife Omar, les Arabes du général Amr entrent à Alexandrie le 17 septembre 642, après un siège de plusieurs mois. Le patriarche chrétien de la ville, Cyrus, a négocié la reddition de sa ville et un tribut en échange du droit pour les chrétiens égyptiens de continuer à pratiquer leur religion et de gérer les affaires de leur communauté. Peu après, sur le cours du Nil, Amr fonde la forteresse de Fostat (ou El Fustat). Autour d'elle se développera la nouvelle capitale du pays, Le Caire.

Le calife Omar est assassiné

Le 4 novembre 644, le calife Omar est assassiné dans la mosquée de Médine par un esclave persan de confession chrétienne. Son assassinat est le premier d'une longue série à la tête de l'État musulman.

En dix ans de règne, le deuxième calife de l'islam a propulsé l'islam à la conquête de l'Orient méditerranéen et jeté les bases d'un nouvel empire...

L'assassinat du calife Othman secoue l'islam

Le 17 juin 656, le troisième calife Othman est assassiné à Médine par des musulmans mécontents de sa gestion des affaires et de son interprétation de la doctrine de l'islam. La mort de ce vieillard de plus de 80 ans va être à l'origine de la plus grave crise de l'islam...

Bataille du chameau

Le 26 juillet 657 a lieu la bataille du chameau entre des groupes musulmans rivaux.

Assassinat du calife Ali

Le 24 janvier 661, le calife Ali est assassiné par des kharidjites. Sa mort va déboucher sur la scission la plus grave au sein de l'islam...

Les musulmans se déchirent à Kerbela

Le 10 octobre 680, à Kerbela (ou Kerbala), en Mésopotamie, des soldats arabes massacrent une petite troupe conduite par Al-Hussein (ou Husayn), l'un des petits-fils du Prophète de l'islam. Le drame survient moins de cinquante ans après la mort de Mahomet. Il va en résulter une scission irrévocable de l'islam entre sunnites et chiites.

Une fête au goût de sang

Les chiites commémorent chaque année le drame de Kerbela à l'occasion de la fête de l'Achoura, le 10e jour du mois musulman de mouharram. Cette commémoration donne lieu à de grands pèlerinages dont le principal se déroule comme il va de soi à Kerbela (Irak actuel). En Iran, des troupes d'acteurs rejouent sur les places le drame de Kerbela et l'on peut voir des pèlerins manifester leur douleur en se flagelleant jusqu'au sang.

Abdication de l'impératrice chinoise Wu Zetian

Dans la nuit du 22 février 705, à Chang'an (actuelle Xi'an), l'impératrice Wu Zetian (80 ans) est obligée d'abdiquer après avoir dirigé la Chine d'une main de fer pendant 50 ans...

Favorite à 14 ans de l'empereur Taizong le Grand, qui a fondé la prestigieuse dynastie des Tang, elle a séduit aussi son fils et successeur Gaozong. À la mort de celui-ci, elle a gouverné en lieu et place de leur fils, le petit empereur Zhongzong. Enfin, lasse de jouer la comédie, elle l'a déposé et pris elle-même le titre d'« empereur »...

Fondation du sanctuaire du mont Saint-Michel

Le mont Saint-MichelLe 16 octobre 708, au temps des rois mérovingiens, si l'on en croit le récit d'un moine du haut Moyen Âge, un évêque d'Avranches du nom d'Aubert dédicace un sanctuaire en l'honneur de l'archange Saint Michel.

Ce sanctuaire est situé sur le mont Tombe, au milieu d'une vaste baie ouverte sur la Manche. Régulièrement agrandi et embelli au fil des siècles, jusqu'à nos jours, le sanctuaire va devenir l'un des plus célèbres lieux de pèlerinage du monde sous le nom de... mont Saint-Michel !

Les musulmans s'emparent de l'Espagne

Le 11 juillet 711, Rodrigue, roi des Wisigoths d'Espagne, est repoussé par le chef berbère Tarik, qui a pris pied quelques jours plus tôt sur la péninsule avec une petite armée de musulmans en un lieu qui prendra plus tard son nom, le rocher de Tarik (Gibraltar).

Cet événement qui livre l'Espagne aux Maures est dit bataille de Wadi Lakka par les chroniqueurs arabes et bataille de Guadalete ou du rio Barbate par les historiens espagnols....

avènement de l'empereur Tang Xuanzong

Après le long règne de l'impératrice Wu Zetian, son fils Zhongzong monte sur le trône de Chine.

Homme bien intentionné et pieux, il a pour son malheur une épouse à la cuisse légère. Celle-ci s'amourache d'un neveu de Wu Zeitan à l'insu de son naïf mari. Indigné, un prince du sang assassine l'amant mais il est désavoué par l'empereur !

Pauvre Zhongzong ! Le 3 juillet 710, il est empoisonné par sa femme. Elle prétend à son tour régner seule mais n'a pas l'envergure de la précédente impératrice. Trois semaines plus tard, des conjurés envahissent le palais et la criblent de flèches.

Le chef des conjurés, le prince Li Longji, monte à son tour sur le trône le 8 septembre 712 sous le nom de Tang Xuanzong et inaugure la dynastie des Tang. Son règne sera l'un des plus brillants de l'histoire chinoise.

Charles Martel se pose en héritier de Pépin

Pépin II de Herstal, dit Pépin le Jeune, meurt le 16 décembre 714 à Jupille (près de Liège). Issu d'une puissante famille de la région, les Pippinides, Pépin a hérité la fonction de maire du palais d'Austrasie de son père Grimoald et de son grand-père Pépin de Landen.

Après la mort de son rival Ébroïn, maire du palais de Neustrie, il a vaincu la noblesse neustrienne à Tertry, près de Saint-Quentin, en 687. Il est devenu de ce fait l'homme fort du vieux Regnum Francorum de Clovis. Comme Pépin de Herstal n'a pas de fils légitime susceptible de lui succéder, les nobles neustriens décident de prendre leur revanche avec le concours de Plectrude, sa veuve, qui souhaiterait hisser sur le trône son petit-fils.

Par précaution, Plectrude fait enfermer un certain Charles, bâtard du défunt, mais celui-ci s'échappe et prend les armes... Qu'importe ! Les Neustriens tirent d'un couvent un prétendu mérovingien et le proclament roi sous le nom de Chilpéric II. Mais à sa mort, en 721, Charles arrache un nouveau mérovingien d'un couvent et le proclame roi de Neustrie et d'Austrasie sous le nom de Clotaire IV. Le nouveau roi fait de lui le maire du palais. Charles devra à son énergie d'être surnommé Charles Martel. Son fils Pépin le Bref troquera la fonction de maire du palais contre celle de roi et son petit-fils, de roi deviendra empereur sous le nom de Charlemagne !

Les Francs refont leur unité

Le 14 octobre 719, à Néry, près de Senlis, une bataille met aux prises les Francs d'Austrasie et leurs rivaux, les Francs de Neustrie. Le vainqueur de la journée ne va pas tarder à faire parler de lui sous le nom de Charles Martel.

Fort de sa victoire sur les Neustriens, il unifie définitivement sous sa coupe les royaumes mérovingiens issus de Clovis et poursuivra une glorieuse carrière en mettant au pas les peuples d'outre-Rhin (Saxons, Bavarois, Thuringiens et Frisons), en stoppant à Poitiers les incursions musulmans, enfin en ouvrant la voie à Charlemagne, son petit-fils.

Les Arabes sont arrêtés à Toulouse

Le 9 juin 721, près de Toulouse, le duc Eudes d'Aquitaine inflige une sévère défaite aux musulmans. Sa victoire porte un coup d'arrêt à l'expansion de l'islam en Occident, tout juste dix ans après le franchissement du détroit de Gibraltar par les premiers musulmans...

Charles Martel arrête une razzia arabe

Le 25 octobre 732, Charles Martel arrête une razzia arabe près de Poitiers...

Saffah devient calife à la place du calife

Le 30 octobre 749, dans la mosquée de Koufa, en Irak, un chef musulman de 30 ans, Abdullah Abou-el-Abbas, est proclamé calife par ses lieutenants...

Il s'empare alors de Damas, renverse le calife ommeyyade Marwan II et devient le nouveau maître de l'empire arabe sous le surnom mérité de Saffah (le Sanguinaire). Il fonde une nouvelle dynastie appelée abasside, d'après le nom d'un ancêtre, Abbas, oncle de Mahomet.

En 762, al-Mansour, fils et successeur de Saffah, crée une capitale de toutes pièces, au coeur de l'ancienne Mésopotamie et au confluent des civilisations hellénistique et persane, non loin de l'antique Babylone.

Baptisée Bagdad (en persan, Don de Dieu), elle est aussi surnommée en arabe Dar as Salam (la Cité de la Paix). Elle est édifiée avec les pierres tirées des ruines de l'ancienne Ctésiphon, capitale des Parthes et ennemie de Rome.

Pépin le Bref est sacré roi des Francs

Le dimanche 27 juillet 754, le pape Étienne II sacre Pépin III le Bref, roi des Francs . Fils de Charles Martel et petit-fils de Pépin de Herstal, maires du palais d'Austrasie, le nouveau souverain substitue ainsi sa lignée (les Pippinides, plus tard appelés Carolingiens) à celle de Clovis (les Mérovingiens).

Pépin le Bref est le premier souverain occidental à se faire ainsi sacrer, en associant une coutume germanique à un rituel chrétien. On verra plus tard dans cette imbrication de l'autorité régalienne et de l'autorité religieuse « l'alliance du sabre et du goupillon »...

Naissance de l'émirat de Cordoue

Un émirat est fondé à Cordoue le 15 mai 756 par Abd er-Rahman 1er, un prince omeyyade rescapé d'un coup d'État survenu à Damas l'année précédente. Il fait d'al-Andalous (nom arabe de l'Espagne) le premier État musulman indépendant...

Mort de l'ermite Émilion près de Bordeaux

Le 16 novembre 767, l'ermite Émilion s'éteint dans son refuge des environs de Bordeaux. Autour de son tombeau se développe au Moyen Âge une cité qui porte son nom, avec en son centre une curieuse église monolithique dont la nef est creusée dans le sous-sol calcaire. La cité est célèbre aujourd'hui dans le monde entier en raison de la qualité exceptionnelle de son vignoble et de la beauté de ses paysages. Saint-Émilion est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.

Mort de Pépin le Bref

Pépin III le Bref ne s'est pas contenté comme son père Charles Martel d'assumer les fonctions de maire du palais d'un roi fantoche, lointain descendant de Clovis. Il s'est fait lui-même sacrer roi des Francs à Saint-Denis par le pape en personne. À sa mort, à 53 ans, le 24 septembre 768, le royaume a été partagé entre Carloman (20 ans) et Charles (29 ans) selon la coutume germanique. Au premier l'Austrasie, au second la Neustrie et l'Aquitaine.

Charles, plus actif que son frère, supporte mal de n'avoir reçu que la part la plus pauvre de ce royaume immense qui s'étend de part et d'autre du Rhin. De son côté, Carloman refuse à Charles son aide pour soumettre les Aquitains. Qu'à cela ne tienne, Charles (le futur Charlemagne) règle leur compte aux Aquitains et par la même occasion s'empare de la Gascogne, au sud de la Garonne.

La mort de Carloman, le 4 septembre 771 permet à Charles de mettre la main sur l'ensemble des possessions paternelles, après avoir déshérité les enfants de Carloman. Il peut régner désormais sans partage sur le royaume.

Mort de Carloman

Le 4 décembre 771 meurt Carloman, le fils cadet de Pépin le Bref, roi des Francs, et de Berthe au grand pied. Son frère aîné, Charles 1er, futur Charlemagne, peut désormais régner sans partage sur les territoires hérités de son père trois ans plus tôt.

Charlemagne roi des Lombards

Le 16 juin 774, après un très long siège, le roi des Francs Charles entre dans Pavie, la capitale des rois lombards (près de Milan). Il dépose le roi Didier et ceint la couronne de fer des rois lombards, prenant dès lors le titre de « roi des Francs et des Lombards ». Il profite de l'occasion pour effectuer son premier pèlerinage à Rome, histoire d'entretenir les bonnes relations entre sa dynastie et le Saint-Siège (la résidence du pape). Il y gagnera le titre inédit d'« Empereur des Romains ».

Roland meurt à Roncevaux

Le 15 août 778, l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne est défaite au col de Roncevaux, dans les Pyrénées occidentales, par des montagnards basques...

Haroun al-Rachid devient calife

Le 14 septembre 786, Haroun al-Rachid devient calife de Bagdad. Ce contemporain de Charlemagne va porter l'empire arabo-musulman de Bagdad à son apogée…

Idriss, premier roi du Maroc

Le 5 février 789, un prince arabe chassé de Bagdad par des querelles de palais se fait reconnaître comme roi par les Berbères d'Afrique du Nord sous le nom d'Idriss1er.

C'est la naissance du Maroc, deuxième État musulman après l'Andalousie à s'émanciper du califat de Bagdad. Depuis cette date, le pays n'a jamais totalement perdu son indépendance. Il a préservé jusqu'à nos jours son identité nationale...

Première incursion des Vikings

Le 8 juin 793, des hommes venus du nord sur de longs bateaux pillent le monastère de l'île anglaise de Lindisfarne. Leur bref passage suscite l'épouvante jusqu'à la cour du roi des Francs, le futur Charlemagne. D'autres incursions vont suivre au siècle suivant. Elles vont faire connaître partout le nom desVikings...

Charlemagne sacré empereur

Le 25 décembre 800, Charles 1er, roi des Francs, accompagne à Rome le pape Léon III. Ne pouvant plus compter sur la protection de l'empereur byzantin, le pape décide de s'en remettre aux Francs. Dans la basilique Saint-Pierre, en présence d'une nombreuse délégation de Francs, il dépose un diadème sur la tête de Charles, le fait acclamer par la foule puis se prosterne à ses pieds. Le roi des Francs devient ainsi « Empereur des Romains », avec l'illusion de relever l'empire romain d'Occident, disparu quatre siècles plus tôt. Il est resté dans la postérité sous le nom de Charlemagne (du latin Carolus Magnus qui veut dire : Charles le Grand)...

Louis le Pieux au « Champ du Mensonge »

Le 30 juin 833, l'empereur Louis le Pieux, fils et héritier de Charlemagne, se rend, contraint et forcé, à une convocation de ses fils Lothaire, Pépin et Louis, au sud de Colmar, en Alsace, en un lieu de bataille appelé Rothfeld (le « champ rouge »).

Provisoirement ligués contre lui, ses fils se saisissent de lui avec la complicité de son conseiller, l'abbé Wala. Repoussant l'intercession du pape Grégoire IV, ils le font déposer par l'archevêque de Reims le 7 octobre 833 et se partagent l'empire.

C'est la deuxième fois que l'empereur est ainsi renversé par ses propres enfants ! ceux-ci lui en veulent d'avoir remis en cause un premier plan de partage après son remariage avec Judith de Bavière et la naissance d'un demi-frère, Charles. Mais comme précédemment, les trois frères ne tardent pas à se disputer. Pépin et Louis, révoltés par l'outrecuidance de leur aîné, entrent en rébellion contre lui et restaurent leur père sur le trône... En souvenir des trahisons du Rothfeld, ce lieu sera plus tard rebaptisé Lügenfeld (le « Champ du Mensonge »).

Les querelles fraternelles prendront fin avec les serments de Strasbourg et le traité de Verdun, après la mort de Louis le Pieux.

Mort du calife el-Mamoun et déclin de Bagdad

Le 10 août 833 meurt à Bagdad Abdallah El-Mamoun (ou al Ma'mun), deuxième fils d'Haroun al-Rachid et septième calife de la dynastie abbasside.

Vingt ans plus tôt, en 813, el-Mamoun a massacré son frère aîné el-Amin. Après quoi, il a régné sur Bagdad et notamment fondé la Maison de la sagesse (Beit-Al-Hikmat) et favorisé l'école de théologie mouzatilite (ou mouzatilisme)...

Bataille fratricide à Fontenay-en-Puisaye

Le 25 juin 841, Charles le Chauve et Louis le Germanique battent leur frère aîné, Lothaire, à Fontenay-en-Puisaye, dans l'actuelle Bourgogne. Après cette bataille, les deux vainqueurs échangent à Strasbourg un serment d'assistance mutuelle en vue du partage de l'empire de Charlemagne, leur grand-père.

Les serments de Strasbourg

Le 14 février 842, à Strasbourg, Louis le Germanique et Charles le Chauve, fils de l'empereur carolingien Louis le Pieux, se prêtent serment d'assistance mutuelle contre leur frère aîné Lothaire.

D'après le chroniqueur Nithard, le premier s'exprime en roman, le second en tudesque pour être compris des soldats de l'autre camp. C'est le premier témoignage des langues européennes modernes, le français et l'allemand...

Fin de la « querelle des images »

Le 11 mars 843, Théodora, régente de l'empire byzantin, met un terme à la « querelle des images » en instituant solennellement une fête des images dans la basilique Sainte-Sophie, à Constantinople. Ce jour est encore fêté avec éclat. C'est la « Fête de l'orthodoxie ».

Le Breton Nominoë bat les Francs

Le 22 novembre 845, le chef breton Nominoë, auquel Louis le Pieux, fils de Charlemagne, a conféré le titre de duc, se soulève contre les Francs. Il bat les troupes de Charles le Chauve, fils du précédent, à Ballon, près de Redon. À sa mort, en 851, son fils Erispoé lui succède à la tête de la Bretagne et obtient de Charles le Chauve rien moins que le titre de roi ! La Bretagne devient indépendante de l'Hexagone pour près de sept siècles.

Mort de Cyrille, apôtre des Slaves

Cyrille et Méthode, deux frères issus d'une grande famille de Thessalonique (Grèce), se signalent par leur foi et leur science. Disciples de l'illustre patriarche Photius, ils vont en 860 évangéliser les Khazars, des barbares installés sur le cours de la Volga.

Trois ans plus tard, à la demande du duc de Moravie Rostislav, ils se rendent en mission auprès des Slaves de Bohème et Moravie (les actuels Tchèques). Pour leur prédication, ils utilisent la langue slavonne (ancienne langue slave) et mettent au point un alphabet inspiré de l'alphabet grec qui perpétue encore leur souvenir dans le monde slave de tradition orthodoxe : l'alphabet cyrillique, du nom de Cyrille.

Cyrille meurt à Rome le 14 février 869, vers 42 ans. Son frère reprend alors sa prédication en Moravie mais il est contrecarré par les missionnaires venus de Germanie et leur conflit va conduire les chrétiens slaves à se rapprocher de Byzance, une bonne partie d'entre eux choisissant l'orthodoxie contre le catholicisme.

Révolte des Zendj.

Le 7 septembre 869, se déclenche dans les marais du bas Irak la grande révolte des Zendj. Sous la conduite d'un meneur persan, Ali ben Mohamed, ces esclaves noirs vont mettre en péril, par la révolte, le prestigieux empire de Bagdad.

Le partage de la Lotharingie

Le 9 août 870, Louis le Germanique et Charles le Chauve, petits-fils de Charlemagne, se partagent le territoire de leur neveu Lothaire II, la Lotharingie, dont une petite partie sera plus tard appelée Lorraine...

Capitulaire de Quierzy et féodalité

Le 16 juin 877, le roi carolingien Charles le Chauve réunit à Quierzy-sur-Oise ses compagnons de combat. Il veut les emmener combattre en Italie et, en échange des services rendus, leur présente un capitulaire, autrement dit un texte réglementaire par lequel il garantit les droits de leurs fils sur leurs terres au cas où ils viendraient à mourir pendant l'expédition.

Ce capitulaire témoigne de la mise en place progressive d'une noblesse héréditaire destinée à suppléer aux défaillances du pouvoir impérial...

Eudes, premier roi français

Le 29 février 888, Eudes, comte de Paris, est élu roi par ses pairs, les grands seigneurs de la Francie occidentale, consternés par l'incurie des derniers rois carolingiens. Eudes, aïeul d'Hugues Capet, prépare sans le savoir l'avènement d'une dynastie proprement française : les Capétiens...

Fondation de l'abbaye de Cluny

Le 11 septembre 910, le duc d'Aquitaine Guillaume 1er fonde l'abbaye de Cluny. L'ordre clunisien va très vite essaimer dans tout l'Occident. Ses abbés (Odon, Mayeul, Odilon, Hugues,...) vont remettre sur pied l'Église et préparer la réforme grégorienne...

Naissance de l'Allemagne

Le 24 septembre 911, Conrad de Franconie est élu roi de Germanie à la mort du dernier Carolingien direct d'Allemagne, Arnoul (ou Arnulf) de Carinthie.

Ainsi naît l'État allemand, sur les ruines du Royaume des francs, fondé par Clovis et relancé par Charlemagne...

Robert 1er sacré à Reims

Le 29 juin 922, Robert 1er est sacré roi de Francie occidentale à Reims selon un rituel germanique inauguré par Pépin le Bref. Dans la douleur, l'empire carolingien accouche de la France.

Mort du roi Robert 1er

Le roi Robert 1er, fils de Robert le Fort et frère cadet du roi Eudes 1er, est tué le 15 juin 923 à Soissons dans une bataille contre son rival carolingien Charles le Simple. Celui-ci est à son tour vaincu par le fils de Robert 1er, le futur Hugues le Grand. Attiré dans un traquenard par le comte Herbert de Vermandois, le Carolingien meurt en prison à Péronne le 7 octobre 929.

Extinction du titre impérial créé par Charlemagne

Élu par ses pairs roi de Francie orientale (Allemagne) en 896, le margrave Arnoul de Carinthie use de son pouvoir pour se faire aussi couronner empereur d'Occident à Rome, à la manière de Charlemagne. À sa mort, trois ans plus tard, le titre impérial est repris par le roi de Provence, Louis III, petit-fils de l'empereur carolingien Louis II le Germanique.

Un rival, le marquis Bérenger de Frioul, dépose Louis III en 905 et, selon les moeurs de l'époque, le fait aveugler pour mieux l'écarter du pouvoir ! Il devient à son tour roi d'Italie et empereur. Mais il est assassiné par des Véronais en révolte, le 7 avril 924.

Personne ne se présente pour relever le titre impérial. C'est ainsi que disparaît dans l'indifférence la couronne inaugurée par Charlemagne. Il est vrai que celle-ci était très vite devenue un hochet sans pouvoir entre les mains des pitoyables successeurs du grand empereur.

Abd er-Rahman III calife de Cordoue

Le 16 janvier 929, Abd er-Rahman III devient calife de Cordoue. Il va porter à son apogée l'Espagne musulmane.

Otton 1er roi des Lombards

Le 23 septembre 951, le roi de Germanie Otton 1er se fait couronner roi des Lombards à Pavie, près de Milan, comme Charlemagne, près de deux siècles avant lui. Et comme l'empereur « à la barbe fleurie », il se fera plus tard couronner empereur.

Mort de Louis IV d'Outremer

Louis IV d'Outremer meurt d'une chute de cheval le 10 octobre 954, à 33 ans. Son fils Lothaire (13 ans) est sacré à Reims par l'archevêque Artaud le 12 novembre 954. Comme son père et Raoul de Bourgogne, il doit son trône au comte de Paris Hugues le Grand.

Otton 1er écrase les Hongrois au Lechfeld

Le 10 août 955, le roi d'Allemagne Otton Ie écrase les Hongrois au Lechfeld, au sud de l'actuelle ville d'Augsbourg, en Bavière, sur l'un des principaux champs de bataille européens...

Naissance du Saint Empire

Le 2 février 962, à Rome, le Saxon Otton est couronné empereur d'Occident par le pape Jean XII. À 49 ans, il fonde ainsi le 1er Reich allemand.

Cette tentative de reconstitution de l'empire de Charlemagne va perdurer cahin-caha pendant huit siècles sous l'appellation de Saint Empire romain germanique. Son titulaire sera appelé empereur d'Allemagne pour faire court.

Le 1er Reich sera aboli en 1806 par un autre prétendant à la succession de Charlemagne, Napoléon 1er !...

Inauguration de la chapelle Saint-Michel du Puy

Le 18 juillet 962 est inaugurée au Puy-en-Velay la chapelle Saint-Michel.

Cette chapelle a la particularité d'être construite sur une cheminée de volcan d'où elle domine la cité auvergnate. Sa construction a été entreprise par l'évêque du Puy, Gothescalk (ou Godelscalc).

Cet évêque est le premier personnage important qui ait fait le pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. En souvenir de cet illustre «jacquet» (nom donné aux pèlerins de Compostelle), les cérémonies du millénaire de la consécration de la chapelle Saint-Michel, en 1962, ont été présidées par Monseigneur Quiroga y Palacio, archevêque de Compostelle.

Fondation du Caire

Le 6 juillet 969, les Fâtimides fondent le Caire.

Jean Tzimiscès tue l'empereur de Byzance et prend sa place

Le 11 décembre 969, le général byzantin Jean Tzimiscès, amant de l'impératrice Théophano, fait assassiner l'empereur Nicéphore II Phocas et prend sa place...

Mariage d'Otton II et de Théophano

Le 14 avril 972, Otton II (17 ans), fils de l'empereur germanique Otton le Grand, épouse à Rome une belle princesse grecque du nom de Théophano. Elle est la nièce de l'empereur byzantin Jean 1er Tzimiscès. Par ce mariage, Otton 1er rêve de resserrer l'union entre son empire et l'empire romain d'Orient.

La princesse va introduire la culture grecque à la cour d'Aix-la-Chapelle mais le rapprochement n'ira guère plus loin. Il est vrai que Theophano n'est pas une princesse de premier rang, n'étant pas « porphyrogénète », c'est-à-dire née dans la chambre de pourpre comme les filles des empereurs régnants.

Hugues Capet élu roi des Francs

Le 1er juillet 987, à Noyon, les grands seigneurs de Francie occidentale offrent la couronne royale au comte de Paris Hugues Capet (47 ans). Il est sacré deux jours plus tard dans la cathédrale de Reims par l'évêque de Reims, Adalbéron, et devient roi sous le nom d'Hugues 1er.

Deux aïeux d'Hugues 1er, Eudes et Robert 1er, ont déjà régné sur le pays en lieu et place des héritiers de Charlemagne Ses descendants vont quant à eux régner sans discontinuer sur la France, sous le nom de Capétiens, jusqu'en 1792...

Sacre de Hugues Capet

Le 3 juillet 987, le comte de Paris Hugues Capet est sacré roi des Francs sous le nom de Hugues 1er à Reims, par l'évêque Adalbéron. Le premier, il fixe sa résidence à Paris.

Marié à une princesse carolingienne, Adélaïde de Poitou, il se présente en continuateur de la dynastie précédente mais pour assurer la survie de la sienne propre, il associe d'emblée son fils Robert (15 ans) au pouvoir et le fait sacrer dès le 25 décembre 987 à Orléans.

Hugues Capet neutralise Charles de Lorraine

Le 30 mars 991, Charles de Lorraine, oncle du dernier roi carolingien, est enfermé à Orléans avec sa famille par Hugues Capet, fraîchement élu sur le trône de Francie occidentale. Ayant neutralisé son principal rival, le roi peut asseoir son pouvoir. Sa dynastie perdurera pendant un millénaire.

Robert II le Pieux règne seul

Hugues 1er meurt le 24 octobre 996, à 56 ans, après 9 ans de règne. Il est enterré à Saint-Denis. Son fils Robert II le Pieux, fils d'Adelis (ou Adélaïde) d'Aquitaine, né à Orléans 26 ans plus tôt, lui succède sur le trône...

Gerbert d'Aurillac devient Sylvestre II

Le 2 avril 999, Gerbert d'Aurillac devient pape sous le nom de Sylvestre II grâce à la protection de son élève et ami l'empereur Otton III.

La mort prématurée de l'empereur empêchera les deux hommes, l'un et l'autre idéalistes, d'instaurer un empire chrétien universel...

Étienne 1er couronné roi de Hongrie

Le 25 décembre 1001, Étienne 1er est couronné roi de Hongrie par le pape Sylvestre II. Le peuple hongrois s'intègre à l'Europe quelques décennies à peine après son irruption dans la plaine du Danube.

Disparition de l'empereur Otton III

Le 23 janvier 1002 meurt l'empereur d'Allemagne Otton III (19 ans) et avec lui le rêve d'un empire chrétien fondé sur les valeurs évangéliques.

Avec son ami le pape Sylvestre II et sous la bénéfique influence de sa grand-mère et de sa mère, d'origine byzantine, le malheureux empereur avait caressé l'espoir d'instaurer un empire chrétien universel réunissant l'Orient et l'Occident. Cet espoir disparaît à jamais avec lui...

Le massacre de la Saint Brice

Le 13 novembre 1002, le roi anglo-saxon Ethelred massacre la famille du chef danois Sven à la Barbe fourchue. Celui-ci prend la mouche.

En réplique au «massacre de la Saint-Brice», il entreprend de conquérir toute l'Angleterre. C'est ainsi qu'une dynastie danoise va régner sur le pays en attendant les Normands de Guillaume le Conquérant...

Knud le Danois vainqueur d'Edmond Côte-de-fer

Le 18 octobre 1016, le chef danois Knut bat son rival anglo-saxon Edmond Côte-de-fer à Ashingdon, dans l'Essex. Le vainqueur se voit offrir alors la couronne d'Angleterre par les nobles anglo-saxons. C'est le premier Viking à régner sur l'Angleterre. Le second seraGuillaume le Conquérant.

Henri 1er règne seul

Robert II étant mort le 20 juillet 1031, à Melun, à l'âge de 60 ans, son fils Henri 1er, mis au monde 23 ans plus tôt par Constance d'Arles, règne désormais seul sur la France. Il fait appel au duc de Normandie Robert le Diable pour contrecarrer son frère puîné Robert qui tente de le détrôner. En échange de son aide, le duc reçoit le Vexin français (petite province à l'ouest de Paris). Le roi, de son côté, devient le parrain de son fils Guillaume, le futur conquérant de l'Angleterre...

Mort du roi Knud le Grand

Le 12 novembre 1035, le roi Knud le Grand meurt à Shaftesbury, en Angleterre. Avec lui cesse la domination des Danois sur l'Angleterre. La suprématie retourne aux Saxons avant que ceux-ci ne soient renversés par le Normand Guillaume le Conquérant.

Macbeth s'empare du trône d'Écosse

Le 14 août 1040, en un lieu nommé Bothgowanan, le roi d'Écosse Duncan 1er est assassiné par un parent, un rude guerrier du nom de Macbeth, lequel prend sa place sur le trône.

Les deux jeunes fils de la victime n'ont de cesse de venger leur père. Ils s'allient pour cela au roi d'Angleterre, le Saxon Édouard le Confesseur. En 1056, à Dunsinnan, au terme d'un violent affrontement entre les deux armées, Macbeth est battu. Il s'enfuit avant d'être tué par l'un de ses anciens ennemis le 15 août 1057, en un lieu dit Lumphanan. L'héritier de Duncan peut enfin retrouver son trône sous le nom de Malcolm III. Cette tragédie des temps barbares aurait été bien oubliée si elle n'avait été bien plus tard mise en vers par Shakespeare.

Fondation de l'abbaye de La Chaise-Dieu

Le 28 décembre 1043, Robert de Turande fonde dans une clairière d'Auvergne l'abbaye de La Chaise-Dieu, joyau de l'art roman...

Guido d'Arezzo nous lègue sa notation musicale

Le 17 mai 1050 s'éteint à Santa Croce d'Avellano un moine du nom de Guido (Guy), à l'âge d'environ 60 ans.

Ce moine bénédictin s'était fait connaître à la cathédrale d'Arezzo, entre Sienne et Florence, comme professeur de musique. Il est l'inventeur de la notation musicale encore en vigueur...

Le légat du pape excommunie le patriarche

Le 16 juillet 1054, le représentant du pape dépose à Sainte Sophie une bulle d'excommunication contre le patriarche de Constantinople.

De cette péripétie secondaire qui oppose un ecclésiastique à un autre, la tradition historique a fait le point de départ de la rupture entre la chrétienté d'Orient (l'orthodoxie) et la chrétienté d'Occident (le catholicisme)...

Le Turc Toghrul-beg s'empare de Bagdad

Le 15 décembre 1055, le Turc Toghrul-beg s'empare de Bagdad, la prestigieuse capitale de l'empire arabe où siègent depuis trois siècles les califes, successeurs du Prophète Mahomet...

Avènement de Philippe 1er

Le 4 août 1060 meurt Henri 1er. Il lègue le trône à son fils Philippe 1er, mis au monde 8 ans plus tôt par Anne de Russie (ou Anne de Kiev). La régence est confiée à l'oncle du jeune roi, le comte de Flandre Baudoin V.

Guillaume le Bâtard conquiert l'Angleterre

Le 14 octobre 1066, à Hastings, Guillaume le Bâtard, duc de Normandie, défait les troupes du roi d'Angleterre Harold. La victoire du duc marque la naissance de l'Angleterre moderne.

À noter qu'après le débarquement de Guillaume, toutes les tentatives ultérieures de conquête de l'Angleterre échoueront...

Le basileus capturé à Malazgerd

Le 19 août 1071, à Malazgerd (ou Manzikert), l'empereur byzantin, le basileus Romain Diogène, est fait prisonnier par les Turcs Seldjoukides et leur chef Alp Arslan...

Grégoire VII et la réforme grégorienne

Hildebrand, un moine très réputé, devient pape le 22 avril 1073. Il est porté par la foule romaine sur le trône de Saint Pierre et prend le nom de Grégoire VII...

L'empereur d'Allemagne à Canossa

L'expression «aller à Canossa» signifie que l'on se soumet aux injonctions de l'adversaire. Elle remonte au XIXe siècle, lorsque le chancelier allemand Bismarck, en conflit avec l'Église catholique, lança : «Nous n'irons pas à Canossa !».

Le chancelier rappelait de la sorte une fameuse querelle entre le pape et l'empereur d'Allemagne qui se dénoua le 28 janvier 1077 par une humiliation feinte de ce dernier...

Alfonso VI de Castille enlève Tolède

Le 25 mai 1085, le roi de Castille Alfonso VI enlève Tolède aux musulmans. C'est une étape décisive dans la « Reconquista » (Reconquête en espagnol) par laquelle les rois chrétiens des contreforts pyrénéens ont entrepris trois siècles plus tôt de chasser les musulmans de la péninsule ibérique.

Mais ce premier grand succès inaugure un conflit avec les « mozarabes ». Ces chrétiens de culture arabe sont en effet peu disposés à supporter les manières de leurs nouveaux maîtres.

Les Assassins s'emparent d'Alamout

Le 4 septembre 1090, un Perse, Hassan ben Sabbah, s'empare de la forteresse d'Alamout. Il est à l'origine de la secte des Assassins.

De ce nid d'aigle imprenable, lui-même et ses successeurs vont établir pendant deux siècles une domination occulte sur l'ensemble du Moyen-Orient par le crime et le pillage...

Urbain II prêche la croisade

Le 27 novembre 1095, devant les évêques et les abbés du concile de Clermont (Auvergne), le pape Urbain II prononce un sermon dans lequel il enjoint ses auditeurs à favoriser la paix et mettre fin aux guerres privées entre seigneurs. Il appelle aussi les guerriers à partir secourir les chrétiens d'Orient menacés par les Turcs et les Arabes musulmans.

Il va en résulter huit croisades en deux siècles. La première compte quatre armées sous le commandement de Hugues de Vermandois, le comte Baudouin de Flandre et son frère, le duc de Basse-Lotharingie Godefroi (ou Godefroy) de Bouillon, le comte de Toulouse, Raimon IV de Saint-Gilles, enfin Bohémond de Tarente et son neveu Tancrède, Normands de Sicile...

Croisade de Pierre l'Ermite

Le 12 avril 1096, départ de la croisade de Pierre l'Ermite. Témoignage de la ferveur qui agite l'Occident, la croisade populaire quitte Cologne pour Jérusalem. Elle sera dispersée bien avant d'atteindre son but. Il appartiendra à la croisade des seigneurs de conquérir la Ville sainte.

L'art roman s'épanouit à Toulouse

Le 24 mai 1096, le pape Urbain II consacre la table d'autel de la basilique Saint Sernin, près de Toulouse, lors d'une cérémonie à laquelle participent quatorze évêques et archevêques. Cette cérémonie marque l'épanouissement de l'art roman...

Robert de Molesmes fonde Cîteaux

Le 21 mars 1098, Robert de Molesmes fonde l'abbaye de Cîteaux, dans une lande désolée de Bourgogne. En rupture avec l'opulence des abbayes clunisiennes, le religieux renoue avec l'idéal monastique de Saint Benoît de Nursie, fondé sur la prière, le dépouillement et le travail.

Il est rejoint en 1112 par une trentaine de jeunes gens enthousiastes, guidés par un jeune noble bourguignon du nom de Bernard. Celui-ci va fonder une abbaye-fille à Clairvaux, toujours en Bourgogne. Connu sous le nom de Saint Bernard de Clairvaux, le nouvel abbé va porter l'ordre cistercien à son apogée, de sorte que l'on pourra dire du XIIe siècle catholique qu'il est celui de Cîteaux comme le XIe siècle fut celui de Cluny.

Les croisés s'emparent de Jérusalem

Le 15 juillet 1099, quatre ans après l'appel du pape Urbain II, les croisés s'emparent de Jérusalem, sous les ordres de Raimon de Saint-Gilles, Godefroi de Bouillon, Bohémond de Tarente,...

Les soldats égyptiens qui défendent la citadelle ont la vie sauve grâce à Raimon de Saint-Gilles qui leur accorde un sauf-conduit jusqu'à la côte. Mais il n'en va pas de même des habitants qui se sont réfugiés dans les mosquées de l'esplanade du Temple. Ceux-là sont massacrés malgré les ordres de Tancrède, le neveu de Bohémond de Tarente. La tuerie a pour effet de pousser à la résistance les villes de la côte qui étaient sur le point de se rendre...

Prise d'Ashkelon par les croisés

Le 12 août 1099, peu après avoir enlevé Jérusalem aux musulmans, le chef des croisés Godefroy de Bouillon complète son succès en écrasant l'armée égyptienne à Ashkelon (ou Ascalon).

De cette ville, les croisés ramèneront en Occident... l'échalote (du latin ascolonia cepa, qui signifie oignon d'Ascalon).

Philippe 1er au concile de Beaugency

Le 30 juillet 1104, un concile se tient en la nouvelle église abbatiale Notre-Dame de Beaugency, sur les bords de la Loire, en présence des abbés Yves de Chartres et Robert d'Arbrissel (le fondateur de Fontevraud) ainsi que du roi de France Philippe 1er.

Ce dernier est depuis longtemps en conflit avec l'Église car il a eu le front de répudier son épouse Berthe de Hollande et de se mettre en ménage avec Bertrade de Montfort. Cette grivoiserie lui a valu d'être excommunié et de ne pouvoir participer à la première croisade.

Les participants du concile, en accord avec le pape, acceptent enfin de prononcer l'annulation du mariage du roi sous un vague prétexte de consanguinité.

Louis VI le Gros règne seul

À la mort de Philippe 1er (56 ans), à Melun, le 29 juillet 1108, son fils de 18 ans règne désormais seul sur le royaume. Selon la tradition instaurée par Hugues Capet, son père l'a associé au trône et fait reconnaître pour successeur dès 1100.

Il est sacré à Orléans par l'archevêque de Sens quatre jours après son avènement.
Premier des Capétiens à se prénommer Louis, il se fait appeler Louis VI pour signifier que sa dynastie s'inscrit dans la continuité des Carolingiens antérieurs (les descendants de Charlemagne parmi lesquels cinq Louis). Il sera surnommé Louis VI le Gros, étant (comme son père) prédisposé à l'obésité.

Le roi n'a d'autorité effective que sur un territoire qui s'étend de Paris à Orléans. Pour améliorer ses rentrées fiscales et affaiblir les seigneurs féodaux, il lance le mouvement communal : vers 1134, il octroie contre rémunération une charte aux bourgeois de Lorris en Gâtinais. Cette charte garantit les libertés et les droits des habitants. Elle servira de modèle aux futures « franchises », à l'origine du renouveau urbain. Louis VI jette les bases d'une administration moderne avec son ancien camarade d'école, Suger, fils de serf, plus tard abbé de Saint-Denis. Ce dernier promeut aussi l'art gothique en reconstruisant l'abbatiale de Saint-Denis.

En 1119, dans une lettre au pape Calixte II, le souverain se proclame... « roi de la France, non plus des Francs, et fils particulier de l'Église romaine ». Il s'agit de la première mention connue du mot France.

Sacre de Louis VI le Gros

Le 3 août 1108, quatre jours après la mort de Philippe 1er, son fils et successeur est sacré à Orléans par l'archevêque de Sens. Il est le premier des Capétiens à se prénommer Louis mais il se fait appeler Louis VI pour signifier que sa dynastie s'inscrit dans la continuité des Carolingiens antérieurs (les descendants de Charlemagne parmi lesquels cinq Louis). Il sera surnommé Louis VI Le Gros...

Mort de Robert d'Arbrissel

Le 25 février 1117, mort de Robert d'Arbrissel, fondateur de l'abbaye de Fontevrault (ou Fontevraud). Curieuse époque de foi, d'espérance et de misère que celle-là qui voit un va-nu-pieds fonder l'une des abbayes les plus prestigieuses de l'Occident.

Naufrage de la Blanche Nef

À la Noël 1120, un navire, la Blanche Nef, fait naufrage en sortant du port de Barfleur, en Normandie, du fait d'un pilote ivre. Parmi les victimes figurent les fils du roi Henri 1er «Beauclerc», ainsi surnommé parce qu'il avait fait des études, chose rare à l'époque parmi les chevaliers.

Henri 1er, fils cadet de Guillaume le Conquérant, était devenu roi d'Angleterre après avoir évincé Robert Courteheuse, son frère aîné, pendant qu'il était à la croisade !

Désespéré par la perte de ses fils, il désigne pour lui succéder sa fille Mathilde, épouse du comte d'Anjou Geoffroy le Bel.

À sa mort, le 1er décembre 1135, elle devient «dame des Anglais» (et non reine) mais son caractère autoritaire amène les barons à porter sur le trône son cousin Étienne de Blois. Il va s'ensuivre près de deux décennies de guerres civiles jusqu'au renoncement d'Étienne et au couronnement d'Henri II, fils de Mathilde...

Concordat à Worms entre le pape et l'empereur

Le 23 septembre 1122, la signature à Worms d'un Concordat entre le pape et l'empereur allemand met fin à la querelle des Investitures, vieille d'un demi-siècle...

Mort du fils aîné de Louis VI le Gros

Le 13 octobre 1131, banal fait divers à Paris. Dans les rues, comme à l'accoutumée, divaguent de nombreux cochons, une clochette accrochée au cou. Ils nettoient les rues de leurs immondices. Mais voilà que l'un d'eux se jette sous un cheval. Le cavalier tombe et se tue. Ce n'est autre que Philippe, fils aîné et héritier du roi Louis VI le Gros ! L'incident vaudra à son frère de régner sous le nom de Louis VII le Jeune.

Il sera aussi à l'origine d'un édit royal interdisant désormais la divagation des cochons. C'est la première mesure destinée à débarrasser Paris de sa crasse. En 1184, le roi Philippe Auguste ordonne le pavage des rues. Il ne sera achevé que quatre siècles plus tard. En 1506, le roi Louis XII instaure une «taxe des boues et des lanternes» destinée à financer l'évacuation des ordures et l'éclairage des rues...

Succession contestée d'Henri 1er Beauclerc

Le 1er décembre 1135 meurt à 67 ans Henri 1er Beauclerc, roi d'Angleterre et duc de Normandie.

Fils cadet du roi Guillaume 1er le Conquérant, il laisse le trône dans une situation aussi perturbée qu'à son avènement, trente cinq ans plus tôt, avec deux prétendants au trône : sa fille Mathilde et le cousin de celle-ci, Étienne de Blois...

Premier mariage d'Aliénor d'Aquitaine

Le fils aîné du roi Louis VI le Gros étant mort d'une chute de cheval provoquée par la divagation d'un cochon dans une rue de Paris, c'est son cadet qui devient roi sous le surnom de Louis VII le Jeune.

À Bordeaux, le 25 juillet 1137, son père, quelques jours avant sa mort, le marie à la duchesse Aliénor (ou Eléonore) d'Aquitaine. Celle-ci lui apporte en dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Périgord, l'Angoumois, la Marche, le Limousin, la Saintonge... Les frontières du royaume capétien s'étendent dès lors aux Pyrénées !

Louis VII le Jeune règne seul

Né d'Alix de Maurienne, Louis VII le Jeune a 17 ans quand il succède à son père Louis VI le Gros (56 ans), le 1er août 1137, sur le trône de France. Une semaine plus tôt, il a épousé la jeune duchesse Aliénor d'Aquitaine, repoussant de la sorte jusqu'aux Pyrénées les limites du royaume...

Mais ce prince éduqué par les moines de Saint-Denis, cultivé et pieux, timide et doux, n'était pas destiné à régner jusqu'à la mort accidentelle de son frère aîné. Il va révéler au pouvoir un comportement imprévisible, souvent maussade et parfois cruel. Ses querelles avec Thibaud de Champagne vont conduire au massacre horrible de Vitry, à la deuxième croisade, au divorce d'avec Aliénor et à la première guerre de longue durée avec les Anglais !...

Naissance du Portugal

Le 25 juillet 1139, Alfonso Enriques, comte du Portugal, vainc une coalition de roitelets musulmans à Ourique, dans l'actuelle province d'Alentejo, au sud du Tage. C'est le « miracle d'Ourique », à l'origine du Portugal indépendant.

Les cinq écus bleus au centre du drapeau national rappellent les cinq rois maures vaincus à Ourique.

Naissance de l'art gothique à Saint-Denis

L'abbé Suger initie l'art gothique en reconstruisant l'église de l'abbaye de Saint-Denis. Le chœur de l'abbatiale est solennellement consacré le 11 juin 1144 en présence du roi Louis VII le Jeune et de son épouse Aliénor d'Aquitaine ainsi que de tous les grands seigneurs et évêques du royaume qui n'auront d'autre hâte, de retour chez eux, que de reproduire la châsse de lumière qui les a éblouis...

Nour el-Dîn enlève Édesse aux croisés

Le 23 décembre 1144, Nour el-Dîn, atâbeg (ou seigneur) de Mossoul, enlève la ville d'Édesse aux croisés. Il s'agit du revers le plus grave encaissé par les chrétiens depuis la naissance des États francs de Palestine. Il va entraîner le prêche d'une deuxième croisade par Saint Bernard.

Appel de Saint Bernard à une nouvelle croisade

Saint Bernard, abbé de Clairvaux et conseiller des souverains, lance sur la colline de Vézelay, en Bourgogne, le jour de Pâques 1146 (31 mars), un appel aux chevaliers d'Occident. C'est le signal de ce que les historiens considèrent comme la deuxième croisade...

Prise de Lisbonne par Alphonse 1er

Le 25 octobre 1147, après quatre mois de siège, Alfonso Enriques, premier roi de Portugal, enlève Lisbonne aux musulmans qui l'occupaient depuis plus de quatre siècles. Le chemin d'accès vers la citadelle arabe, emprunté par les assaillants, porte encore le nom de « petits escaliers Saint-Crépin » en relation avec le saint du jour (le même saint a honoré de ses faveurs les Anglais à Azincourt en 1415).

Le conquérant avait profité de l'arrivée à Porto, sa capitale, à l'embouchure du Douro, d'une flotte transportant 13.000 croisés en partance pour la Terre Sainte. Il avait convaincu leurs chefs, le Brabançon Arnould d'Aerschot et le Flamand Christian de Ghistelles, de le rejoindre au préalable à l'embouchure du Tage pour l'aider à s'emparer de Lisbonne.

Frédéric de Hohenstaufen élu empereur

Le 4 mars 1152, Frédéric de Hohenstaufen, dit Barberousse, est élu empereur du Saint Empire. Il mourra noyé dans un torrent de Cilicie (Turquie actuelle) en allant combattre Saladin.

Divorce d'Aliénor et Louis VII

Le 21 mars 1152, le roi Louis VII le Jeune, irrité par l'inconduite de son épouse, obtient l'annulation de son mariage par un concile réuni à Beaugency, sur les bords de la Loire. Aliénor d'Aquitaine se remarie presqu'aussitôt avec Henri Plantagenêt, de dix ans son cadet, comte d'Anjou et de Touraine, puis duc de Normandie, enfin roi d'Angleterre !

Mariage d'Aliénor et Henri

Le 18 mai 1152, à Poitiers, Aliénor d'Aquitaine (30 ans environ) épouse Henri de Plantagenêt (20 ans), comte d'Ajou et de Touraine.

Henri Plantagenêt devient roi d'Angleterre

Le comte d'Anjou Henri Plantagenêt ceint la couronne d'Angleterre le 19 décembre 1154 à la suite d'un incroyable concours de circonstances et prend le nom d'Henri II. Son règne sera marqué par d'incessantes querelles avec sa propre femme, Aliénor d'Aquitaine, et ses fils, Henri Court-Mantel, Richard Coeur de Lion, Jean sans Terre, ainsi qu'avec l'évêque Thomas Becket, assassiné par sa faute, et bien sûr le roi de France Louis VII Le Jeune, premier mari de sa femme...

La dynastie dite des Plantagenêt se prolongera jusqu'en 1485, à la fin du Moyen Âge. Outre les péripéties du règne d'Henri II, on en retient ll'octroi de la Grande Charte aux barons (1215), une guerre de Cent Ans avec la France des Valois et une nouvelle guerre civile, la guerre des Deux-Roses...

Louis VII le Jeune épouse Adèle de Champagne

Après son divorce malencontreux d'avec Aliénor d'Aquitaine, le roi Louis VII le Jeune se remarie avec Adèle de Champagne, fille du comte Thibaud II le Grand, le 13 novembre 1160. Le couple donnera le jour au futur Philippe Auguste.

Mort de Baudouin III, roi de Jérusalem

Le 10 janvier 1162, le roi de Jérusalem Baudouin III, adversaire déterminé du redoutable sultan Nour el-Dîn, meurt prématurément, sans doute empoisonné par son médecin. Il n'a que 33 ans. Son frère Amaury 1er lui succède sur le trône de Jérusalem...

Le pape bénit le chantier de Notre-Dame de Paris

Le 24 mars 1163, à l'occasion des fêtes de Pâques, le pape Alexandre III se rend à Paris. Il va consacrer le chevet de la grande abbaye de Saint-Germain-des-Prés, reconstruit dans le nouveau style gothique, mis en oeuvre pour la première fois vingt ans plus tôt à l'abbaye concurrente de Saint-Denis.

Des historiens supposent qu'il a pu saisir l'occasion pour bénir aussi le chantier de la future cathédrale Notre-Dame de Paris, destinée à remplacer sur l'île de la Cité l'ancienne basilique Sainte-Marie.

Cet ambitieux projet a été lancé par l'évêque Maurice de Sully, un clerc de grande valeur issu d'une famille très modeste, devenu évêque de Paris le 12 octobre 1160. Il a reçu l'aval du roi Louis VII le Jeune. Ni l'un ni l'autre ne verront son achèvement. L'essentiel sera achevé en 1250 sous le règne de Saint Louis.

Après ces mondanités, le pape va se consacrer à la véritable raison de son voyage en France, la réunion d'un concile à Tours en vue de condamner l'empereur Frédéric 1er Barberousse et l'antipape désigné par celui-ci.

Concile de Tours

À Tours où il s'est réfugié, le pape Alexandre III convoque un concile. Le 18 mai 1163, il prononce l'excommunication de l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse et la déposition de son concurrent, le pape Adrien IV, que l'empereur a le front de soutenir...

Saladin devient vizir d'Égypte

Le 23 mars 1169, Saladin devient vizir d'Égypte, le principal État arabe, après avoir renversé le vizir Chîwer. C'est le début d'une progression qui conduira cet officier kurde originaire de Takrit à réunir la Syrie à l'Égypte et ainsi prendre en tenaille les États francs de Palestine...

Meurtre dans la cathédrale de Cantorbéry

Le 29 décembre 1170, l'archevêque Thomas Becket (52 ans) est assassiné pendant qu'il célèbre la messe dans sa cathédrale de Cantorbéry.

Il s'était attiré la vindicte du roi Henri II Plantagenêt par son refus d'accepter les Constitutions de Clarendon, qui plaçaient l'Église d'Angleterre sous la tutelle du trône...

Saladin unifie les pays arabes

Le sultan Saladin entre à Damas, capitale de la Syrie, le 25 novembre 1174. Déjà maître de l'Égypte, il réunit les deux pays sous son autorité.

Ayant bâti un empire syro-égyptien, Saladin va désormais diriger ses coups contre les croisés de Palestine...

Avènement de Philippe II Auguste

Philippe est sacré à Reims dans sa quatorzième année, du vivant de son père Louis VII le Jeune. L'année suivante, il épouse Isabelle de Hainaut et, son père venant à mourir le 18 septembre 1180, le voilà désormais seul à régner sur la France sous le nom de Philippe II. Son surnom de Philippe Auguste lui vient de ce qu'il est né un mois d'août !

Malgré ses déboires matrimoniaux avec Ingeborg (on écrit aussi Isambour ou Ingeburge) de Danemark et Agnès de Méran, qui lui vaudront l'excommunication et même l'interdit sur le royaume, malgré aussi sa fragilité nerveuse, il se révèle un grand souverain.

Il combat avec succès les rois Plantagenêt d'Angleterre et défait à Bouvines la première coalition européenne contre la France. Sous son règne a lieu la croisade contre les Albigeois mais est aussi fondée l'Université de Paris. La capitale s'entoure d'une première enceinte fortifée.

Saladin victorieux à Hattîn

Le 3 juillet 1187, les Francs de Palestine sont écrasés par le sultan Saladin au pied de la colline de Hattîn, près du lac de Tibériade. Cette bataille se solde par la reconquête de Jérusalem par les musulmans. Côté chrétien, l'incompétence du roi de Jérusalem, Guy de Lusignan, et la trahison de Gérard de Ridefort, grand maître de l'ordre du Temple, sont à l'origine du désastre...

Saladin met le siège devant Jérusalem

Le 20 septembre 1187, le sultan Saladin met le siège devant Jérusalem après avoir écrasé les Francs à Hattîn.

Henri II Plantagenêt meurt à Chinon en combattant ses fils

Le 5 juillet 1189, le roi d'Angleterre Henri II Plantagenet meurt à Chinon, tandis qu'il combat la révolte de ses fils soutenus par leur mère Aliénor d'Aquitaine. Sa dépouille est inhumée dans l'abbaye de Fontevraud, ce prince français est aussi roi d'Angleterre.

Mort de Frédéric Barberousse

Le 10 juin 1190, l'empereur d'Allemagne Frédéric de Hohenstaufen, dit Barberousse, se noie en voulant se baigner dans un torrent glacé de Cilicie, au sud de l'actuelle Turquie. Il allait se joindre à la 3e croisade avec son armée. Sa mort désempare ses fidèles et laisse face à face les rois de France et d'Angleterre, Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion. Pendant longtemps en Allemagne, les pauvres gens rêveront d'un possible retour du prestigieux empereur.

Fondation du shogunat

Le 21 août 1192, au Japon, Yoritomo, du clan des Minamoto, fonde à son profit le shogunat, une institution destinée à un grand avenir.

Au côté de l'empereur, cantonné dans un rôle symbolique et religieux, le shogun, ou maire du palais, exerce la réalité du pouvoir en s'appuiyant sur une classe combattante fortement hiérarchisée.

L'archipel devient une société féodale comparable à celles qui existent à la même époque en Occident. C'est la seule féodalité non-européenne qui ait jamais existé !

Richard Coeur de Lion prisonnier en Allemagne

Le 20 décembre 1192, Richard Coeur de Lion est fait prisonnier par l'empereur Léopold. Ayant fait naufrage sur la côte italienne à son retour de la IIIe croisade, le roi tente de gagner l'Angleterre en traversant les terres de ses ennemis sous un déguisement, accompagné de seulement deux compagnons. Mais il est reconnu en Autriche,et livré au duc, lequel le vend contre rançon à l'empereur d'Allemagne. Son absence prolongée, pendant trois ans, va être mise à profit par son frère Jean sans Terre...

Élection du pape Innocent III

Le 8 janvier 1198, Lotario di Seni est élu pape et prend le nom d'Innocent III.
Fait rare, ce cardinal-diacre n'a jamais reçu le sacerdoce et n'est donc pas prêtre ! Cela n'est pas un obstacle à son élection car tout chrétien baptisé de sexe mâle est en théorie susceptible de monter sur le trône de Saint Pierre.

Le nouveau pape, sans doute le plus grand pontife du Moyen Âge, doit son élection à sa réputation de théologien et à son tempérament énergique. Ancien étudiant de l'Université de Paris, seulement âgé de 37 ans, il se présente en effet comme un propagandiste acharné de la « République chrétienne et universelle »...

Richard Coeur de Lion tué au siège de Châlus ; Jean sans Terre lui succède

Le 6 avril 1199, Richard Coeur de Lion est blessé et meurt au cours du siège du château de Châlus, au centre de la France. Le roi d'Angleterre s'est montré en toutes occasions un piètre politique, roulé par l'empereur d'Allemagne, le roi de France ou ses propres barons. Qu'importe, la postérité indulgente a gardé le souvenir d'un guerrier chevaleresque et vigoureux. La légende de Robin des bois a aussi contribué à sa popularité posthume.

Interdit sur le royaume de France

Le 14 janvier 1200, le pape Innocent III jette l'interdit sur le royaume de France, autrement dit interdit au clergé de délivrer les sacrements au roi et à ses sujets ! Cette sanction extrême résulte des ennuis matrimoniaux de Philippe II Auguste.

Veuf d'Isabelle de Hainaut, il s'est remarié en 1193 avec Isambour (ou Ingeburge) de Danemark et, le jour même de ses noces, pris d'un subit dégoût pour sa femme, s'en est séparé. Le 1er juillet 1196, il s'est remarié avec Agnès de Meran (ou Méranie). Contraint de s'incliner pour obtenir la levée de l'interdit, Philippe se sépare d'Agnès et restitue le titre de reine à Isambour sans aller jusqu'à la mettre dans son lit.

Fondation de l'Université de Paris

Le 15 janvier 1200 est fondée l'Université de Paris à l'initiative de Philippe Auguste. Elle obtient du roi un statut officiel en 1215. Le texte en est rédigé par le légat pontifical Robert de Courçon. Son enseignement, tourné vers la théologie et l'analyse des textes anciens, sera à l'origine de la réputation intellectuelle de Paris.

Traité du Goulet

Le 22 mai 1200, Philippe Auguste et Jean sans Terre mettent provisoirement fin à un conflit de près d'un demi-siècle par le traité du Goulet, près de Vernon, dans le Vexin normand. Grand gagnant face au roi d'Angleterre en butte à la contestation de ses barons, le roi de France obtient le Berry et Évreux.

Dans la foulée, le lendemain, il marie son fils Louis, 13 ans, avec Blanche de Castille, 12 ans. Celle-ci est la fille du roi Alphonse VIII de Castille. Elle est surtout la petite-fille de l'illustre Aliénor d'Aquitaine (80 ans) et la nièce du roi d'Angleterre. Elle se voit promettre la couronne d'Angleterre si Jean sans Terre devait mourir sans héritier direct.

Comme le royaume de France est sous le coup d'un interdit pontifical, le mariage est célébré de l'autre côté de la frontière, sur les terres normandes de Jean sans Terre. Il n'en sera pas moins heureux et 14 ans plus tard, le jeune couple donnera naissance à Louis IX, ou Saint Louis.

Des croisés mettent à sac Constantinople

Le 12 avril 1204, les chevaliers de la IVe croisade mettent à sac Constantinople, capitale de l'empire byzantin et principale ville de la chrétienté orientale, après avoir occupé la ville à la demande du doge Enrico Dandolo.

Deux mille Grecs sont massacrés. Le scandale est immense dans toute la chrétienté et de ce jour fatal date la véritable rupture entre la chrétienté orthodoxe d'Orient et la chrétienté catholique d'Occident...

Le légat du pape assassiné !

Le 15 janvier 1208, le légat du pape, Pierre de Castelnau, est assassiné sur une route du Languedoc par un écuyer du comte de Toulouse, Raimon VI. Le pape Innocent III tire prétexte de ce drame pour lancer une croisade contre les Albigeois (ou cathares)...

Le sac de Béziers

Le 22 juillet 1209, la population de Béziers est massacrée suite à la prise de la ville par des croisés en guerre contre l'hérésie cathare.

L'Histoire retient de ce drame la formule prêtée au légat du pape Arnaud-Amaury : « Tuez-les tous et Dieu reconnaîtra les siens ! ». Le vicomte de Béziers Raimon-Roger de Trencavel se rend un peu plus tard dans l'espoir de mettre un terme aux souffrances de ses sujets...

Excommunication du comte Raimon VI de Toulouse

Le 17 avril 1211, le comte de Toulouse Raimon VI est excommunié par le pape Innocent III. Il est de ce fait exclu de la communauté des chrétiens et ses terres sont « exposées en proie », c'est-à-dire offertes aux croisés qui s'en empareront.

Trois ans après le début de la croisade contre les Albigeois, Raimon VI expie ainsi ses louvoiements et le lâchage de son voisin Roger-Trencavel, comte de Carcassonne.

Édification de la cathédrale de Reims

Le 6 mai 1211 est posée la première pierre de la nouvelle cathédrale de Reims.

Sa construction se déroule pour l'essentiel pendant le règne de Louis IX (Saint Louis. Elle est achevée deux générations plus tard, en 1275, conformément aux plans de l'architecte Jean d'Orbais, à l'exception des tours de façade, terminées au XVe siècle...

Le roi d'Aragon triomphe à Las Navas de Tolosa

Le 16 juillet 1212, à Las Navas de Tolosa, le roi d'Aragon Pierre II remporte une victoire décisive sur les musulmans de la dynastie des Almohades...

La bataille de Muret

Le 12 septembre 1213, les Français du nord et du sud, en conflit sous le prétexte d'une croisade contre les Cathares, se livrent bataille à Muret, au sud de Toulouse.

Le roi Pierre II d'Aragon, qui s'est rangé aux côtés des méridionaux, va y perdre la vie...

Jean sans Terre se soumet au pape

Le 13 octobre 1213, le roi Jean Sans Terre, qui a été excommunié, fait acte de soumission au pape Innocent III. Il reprend l'Angleterre et l'Irlande en fief du pape. Son excommunication étant levée, il peut se retourner contre le roi de France qui s'apprêtait à le déposer. Il sera finalement battu à La Roche-aux-Moines par Philippe Auguste.

Jean sans Terre défait à La Roche-aux-Moines

Le 19 juin 1214, Jean sans Terre assiège le château de La Roche-aux-Moines, près d'Angers.

Le roi d'Angleterre, partie prenante d'une coalition anti-française, a débarqué à la Rochelle quatre mois plus tôt et entamé sa marche sur Paris. Philippe Auguste envoie contre lui son fils Louis (le futur Louis VIII le Lion). À son approche, le 2 juillet 1214, l'armée anglaise se débande sans combattre.

Le dimanche de Bouvines

Le dimanche 27 juillet 1214 reste un jour béni dans l'Histoire de France avec la victoire de Philippe Auguste à Bouvines.

Ce jour-là, le roi Philippe Auguste remporte à Bouvines, près de Lille, une victoire écrasante sur les armées de l'empereur allemand Otto IV de Brunswick et ses alliés, le comte Ferrand de Flandre, le duc Henri de Brabant et le comte Renaud de Boulogne...

La Grande Charte

Le 15 juin 1215, les barons anglais imposent la Grande Charte (Magna Carta ou Magna Charta Libertatum) à Jean sans Terre (en anglais John Lackland), le plus jeune fils d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II Plantagenêt...

Ouverture du concile Latran IV

Le pape Innocent III ouvre le quatrième concile du Latran le 11 novembre 1215...

La mort de Simon de Montfort

Le 25 juin 1218, tandis qu'il fait le siège de Toulouse, Simon de Montfort est mortellement blessé d'une pierre lancée du haut des murailles par une habitante de la ville...

Frédéric II de Hohenstaufen devient empereur

Le 22 novembre 1220, à Rome, Frédéric II de Hohenstaufen, roi de Sicile, est couronné empereur du Saint Empire par le pape Honorius III.

Avènement de Louis VIII le Lion

Le 14 juillet 1223 meurt à Mantes, à l'ouest de Paris, le roi Philippe Auguste (58 ans), après 42 ans de règne. Il est enterré à Saint-Denis et son fils aîné (36 ans) lui succède immédiatement.

Pour la première fois depuis Hugues Capet, le roi n'a pas jugé utile de faire sacrer son fils avant de mourir. Après deux siècles d'existence, la dynastie capétienne est assez solidement établie pour que la succession héréditaire s'opère d'elle-même.

Le nouveau roi, sous le nom de Louis VIII le Lion, ne règnera que trois ans mais il a déjà beaucoup agi aux côtés de son père, manifestant de grandes qualités politiques et militaires...

Apothéose de Saint François d'Assise

Pendant la nuit du 3 au 4 octobre 1226, François d'Assise meurt en odeur de sainteté dans une simple cabane de roseaux...

L'année précédente, presque aveugle, abattu par la fièvre et tourmenté par les mulots, voilà pourtant qu'il fait monter vers le Père de toute la Création un chant d'amour qui est aussi le premier grand poème en langue italienne : le Cantique de frère Soleil ou Cantique des Créatures...

Avènement de Louis IX, futur Saint Louis

Le 8 novembre 1226, le roi Louis VIII le Lion est emporté par une dysenterie aiguë, à Montpensier, en Auvergne, en revenant de sa croisade contre les hérétiques albigeois.

Son fils lui succède sous le nom de Louis IX mais il restera dans la postérité sous le nom de Saint Louis. Comme le nouveau roi a 12 ans et n'est pas encore majeur, c'est sa pieuse mère Blanche de Castille qui prend en main les destinées du royaume avec le titre de « baillistre » (régente). Elle gardera le pouvoir jusqu'en 1242 et le reprendra lors du départ de son fils pour la septième croisade.

Louis IX épouse Marguerite de Provence le 27 mai 1234. Il lui restera fidèle toute la vie et lui donnera onze enfants.

Frédéric II de Hohenstaufen roi de Jérusalem

Le 18 mars 1229, l'empereur d'Allemagne Frédéric II de Hohenstaufen se fait reconnaître roi de Jérusalem, mais cette nomination qui résulte de tractations diplomatiques fumeuses et clôt la sixième « croisade » ne lui vaut aucune reconnaissance des autres souverains chrétiens.

Paris et Toulouse se réconcilient par le traité de Meaux

Le 12 avril 1229, par le traité de Meaux (ou Paris), le comte de Toulouse Raimon VII se soumet au jeune roi de France Louis IX, futur Saint Louis. Le traité annonce la fin de la guerre des Albigeois...

Le pape établit l'Inquisition en France

Le 20 avril 1233, le pape Grégoire IX confie à un tribunal d'exception dénommé Inquisitio hereticae pravitatis le soin de démasquer et condamner les hérétiques et les catholiques non sincères...

Victoire des Russes sur les Suédois

Le 5 juin 1240, à la tête des troupes de la république voisine de Novgorod, le jeune prince russe Alexandre vainc les Suédois, au bord de la Neva. Cette première victoire vaut au vainqueur le surnom de Nevski et va contribuer à l'émergence de l'empire russe.

Les Mongols écrasent les Hongrois

Le 11 avril 1241, les Mongols remportent une éclatante victoire sur les troupes hongroises en un lieu appelé Mohi... L'Europe tremble...

Alexandre Nevski défait les Allemands

Le 5 avril 1242, Alexandre Nevski massacre les Chevaliers teutoniques et les Chevaliers Porte-Glaives sur les glaces du lac Peïpous, à la frontière de l'Estonie actuelle...

Saint Louis vainqueur à Taillebourg

Le 21 juillet 1242, le roi de France Louis IX repousse les troupes du roi anglais Henri III et de son allié le comte de la Marche sur le pont de Taillebourg, sur la Charente. Il confirme son succès deux jours plus tard à Saintes.

L'épisode est seulement connu grâce au chroniqueur Jean de Joinville, auteur de la Vie de Saint Louis...

Victoire de Saint Louis à Saintes

Le 23 juillet 1242, à Saintes, près d'Angoulême, l'armée du roi de France prend le dessus sur une coalition de féodaux alliée au roi d'Angleterre.

Paix de Lorris

Le 30 octobre 1242, 13 ans après le traité de Meaux, le comte de Toulouse Raimon VII signe une paix définitive avec le roi de France, Louis IX (Saint Louis) à Lorris, près d'Orléans, dans le Gâtinais.

Sa fille unique et héritière, Jeanne, épouse Alphonse de Poitiers, frère du roi. Le couple n'aura pas d'enfant et à leur mort, le comté de Toulouse sera mis à la disposition de la couronne.

Chute de Montségur

Le 1er mars 1244, la forteresse de Montségur tombe aux mains du sénéchal de Carcassonne après un siège de 9 mois. 205 réfugiés cathares sont jugés par l'Inquisition et brûlés vifs quelques jours plus tard.

Le bûcher de Montségur

Le 16 mars 1244, Raymond de Pareille, seigneur de Montségur (dans les Pyrénées ariégeoises), se rend au sénéchal Hugues des Arcis. Plus de deux cents hérétiques cathares - Bonshommes et Bonnes femmes -, qui s'étaient réfugiés dans la forteresse, refusent de renier leur foi et montent volontairement sur le bûcher, au « Prats dels Crémats » (Champ des Brûlés)...

Consécration de la Sainte Chapelle

Le 26 avril 1248 a lieu la consécration de la Sainte Chapelle dans l'île de la Cité, à Paris. Cette châsse de lumière construite par l'architecte Pierre de Montreuil a été voulue par le roi Louis IX (Saint Louis) afin d'abriter la couronne d'épines du Christ...

Saint Louis s'embarque pour la croisade

Le 25 août 1248, le roi de France Louis IX (futur Saint Louis) s'embarque à Aigues-Mortes pour une septième croisade avec sa femme Marguerite de Provence. Avant de partir, le roi a confié le gouvernement à sa mère Blanche de Castille.

Louis IX, accompagné de plus de 20.000 hommes, atteint le delta du Nil et s'empare de Damiette... Devant la forteresse d'el-Mansourah, qui barre la route du Caire, le roi bat l'armée du sultan, composée de mercenaires appelés mamelouks. Mais la situation se retourne tragiquement...

Saint Louis capturé à la Mansourah

Parti dix-huit mois plus tôt d'Aigues-Mortes pour une septième croisade, le roi Louis IX (futur Saint Louis) est capturé le 8 février 1250 devant la citadelle d'el-Mansourah par les troupes du sultan d'Égypte, sous les ordres du mamelouk Baïbars l'Arbalétrier. L'expédition avait pourtant bien commencée...

Les Mongols détruisent Bagdad

Le 10 février 1258, Bagdad, siège du califat arabe, tombe aux mains des Mongols aux ordres de Houlégou (ou Hulagu Khan), un petit-fils du terrible Gengis Khan...

Traité de Corbeil

Louis IX (Saint Louis) conclut le 11 mai 1258 à Corbeil, avec le roi Jacques 1er d'Aragon, un traité par lequel il abandonne toute forme de suzeraineté sur la Catalogne, la Cerdagne et le Roussillon cependant que le roi d'Aragon renonce à ses prétentions sur la Provence et le Languedoc (à l'exception de Montpellier), les domaines de Marguerite de Provence, épouse du roi de France.

Saint Louis signe la paix avec l'Angleterre

Le 4 décembre 1259, le roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt signe avec Louis IX, le futur Saint Louis, le traité de Paris (appelé aussi traité d'Abbeville)...

Kubilai est élu grand khan des Mongols

Kubilaï, né en 1215, est le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai. Il est proclamé Grand Khan des Mongols le 6 mai 1260. Il succède à son frère Möngke comme souverain suprême d'un territoire qui s'étend des marches de l'Europe à péninsule coréenne mais son empire s'exerce essentiellement sur le monde chinois.

Kubilai établit sa capitale près de Pékin, dans une cité nouvelle appelée Cambaluc (la «ville du khan»). Pour s'accommoder les Chinois, il adopte leurs coutumes et fonde sa propre dynastie, les Yuan, administrant le pays avec compétence.

Michel VIII Paléologue restaure Byzance

Le 25 juillet 1261, l'empereur byzantin, le basileus Michel VIII Paléologue, rentre triomphalement dans sa capitale, Constantinople (ou Byzance)...

Simon de Montfort vainqueur à Lewes

Le 14 mai 1264, Simon de Montfort remporte la bataille de Lewes. Par cette victoire, le fils cadet du chef de la croisade contre les Albigeois met un terme à la guerre des Barons et devient le maître de l'Angleterre. Six ans après avoir arraché au roi Henry III les Provisions d'Oxford, il convoque un Parlement où sont admis des bourgeois, aux côtés du clergé et de la noblesse. Mais l'heure n'est pas venue d'instaurer une monarchie parlementaire et une partie des barons abandonne Simon de Montfort qui se fait finalement tuer à la bataille d'Evesham.

Avènement de Philippe III le Hardi

Le roi Louis IX, futur Saint Louis, avait décidé de tenter une huitième croisade pour sauver ce qui pouvait l'être des États francs de Palestine. Curieusement, il dirige son expédition vers Tunis dont il espère convertir l'émir. Ses espoirs sont déçus.

Atteint par une épidémie de typhus, il meurt pieusement sur un lit de cendres le 25 août 1270, sous les murs de Tunis. Son fils de 25 ans, devenu Philippe III le Hardi, ramène sa dépouille à Saint-Denis, à l'exception de son coeur, conservé à Monreale, en Sicile, dans le royaume de son frère Charles.

Rodolphe de Habsbourg élu roi de Germanie

Le 1er octobre 1273, Rodolphe 1er de Habsbourg, puissant seigneur allemand, est élu roi de Germanie par ses pairs. Son élection met fin au Grand Interrègne, période de 20 ans durant laquelle l'empire germanique est resté sans titulaire, livré aux convoitises et aux querelles...

Ouverture du 2e concile de Lyon

À l'initiative du pape Grégoire X, environ 500 évêques et un millier de prélats se réunissent en concile à Lyon, principauté ecclésiastique entre l'Empire germanique et la France.

Le pape et le roi Jacques 1er d'Aragon, présents l'un et l'autre au concile, souhaitent organiser une ultime croisade contre les Turcs, avec, qui sait ? le concours des Mongols ! Grégoire X tente par la même occasion de rapprocher l'Église catholique et l'Église orthodoxe. Il a pour cela le soutien de l'ambassadeur de l'empereur byzantin Michel 1er Paléologue.

Ni la croisade ni la réconciliation n'aboutiront et le concile se concluera sur un échec. Qui plus est, Thomas d'Aquin, plus grand intellectuel de son temps, meurt d'épuisement en se rendant au concile... Restent quelques modestes résultats comme la réforme du conclave, l'assemblée de cardinaux qui élit le pape, ou la cession du Comtat Venaissin (Avignon) au Saint-Siège par le roi de France Philippe III Le Hardi.

Un êvêque à poigne à la tête d'Albi

Le 7 mars 1276, le pape nomme à la tête de l'évêché d'Albi, sur les bords du Tarn, un juriste brillant qui l'a assisté au concile de Lyon, deux ans plus tôt. Il s'agit de Bernard de Castanet. Le nouvel évêque reconstruit la cathédrale Sainte-Cécile dans le style gothique méridional inauguré par l'église des Jacobins, à Toulouse. Il fortifie également le palais épiscopal de la Berbie.

Pendaison de Pierre de La Brosse

Pierre de La Brosse, conseiller du roi de France Philippe III le Hardi, s'est acquis une grande influence à la cour grâce au soutien de la reine-mère Marguerite de Provence, veuve de Saint Louis.

Veuf de sa première épouse, Isabelle d'Aragon, Philippe III se remarie avec Marie de Brabant, laquelle entre en conflit avec le conseiller. Lorsque meurt le fils aîné d'Isabelle d'Aragon, Pierre de La Brosse l'accuse de l'avoir fait empoisonner ! Ses accusations sont réduites à néant lorsque lui-même est convaincu de trahison au profit du roi de Castille.

Pierre de La Brosse est jugé par les barons et pendu le 30 juin 1278 au fameux gibet de Montfaucon.

Rodolphe de Habsbourg triomphe dans le Marchfeld

Le 26 août 1278, le roi de Bohême Ottokar II Premysl et Rodolphe 1er de Habsbourg s'affrontent dans le Marchfeld, une plaine qui s'étend de Vienne à la March, rivière frontalière entre l'Autriche et la Slovaquie actuelles (« L'un des plus grands champs de bataille d'Europe »), près de Dürnkrut.

Le roi de Bohême conteste à son ennemi le titre d'empereur germanique qui lui a été accordé cinq ans plus tôt par la Diète allemande. Il refuse de restituer au nouvel empereur les États autrichiens qu'il s'est approprié et qui lui reviennent de droit.

Quelques années plus tôt, le 12 juillet 1260, Ottokar II avait repoussé au même endroit, le roi de Hongrie Béla IV. Cette fois, ce dernier est aux côtés de Rodolphe 1er et c'est au tour d'Ottokar d'être battu au cours de ce qui restera comme la plus grande bataille de chevaliers qu'on ait jamais connue, avec plusieurs centaines de chevaliers caparaçonnés des deux côtés. C'est le début du prestigieux destin de la famille des Habsbourg, qui n'était au départ qu'une médiocre seigneurie alpine.

Les Mongols détruisent la flotte chinoise

Le 13 avril 1279, au sud-ouest de Canton, la flotte mongole attaque et détruit l'escadre du dernier empereur de la dynastie song. Ce dernier, un enfant, est entraîné dans les flots par l'un de ses ministres.Toute la Chine tombe au pouvoir de Kubilai Khan, petit-fils de Gengis Khan.

Les Japonais repoussent une invasion mongole

Le 13 août 1281, les Japonais, faisant preuve d'une audace peu commune, repoussent une puissante flotte mongole qui a tenté d'accoster sur l'archipel. Une tempête divine («kamikaze») met à mal les jonques géantes et vient opportunément à leur secours…

Les Vêpres siciliennes

Le lundi de Pâques 1282, au moment des Vêpres, une émeute éclate à Palerme, capitale du royaume de Sicile. Elle s'étend à la ville voisine de Corleone. La population s'en prend aux soldats français qui entourent le roi. Le massacre s'étire sur deux jours, les 30 et 31 mars, faisant environ 8000 victimes dans la garnison.

L'événement est resté dans l'Histoire sous le nom de «Vêpres siciliennes». L'expression est encore utilisée pour désigner un soulèvement spontané et meurtrier contre une puissance occupante....

Édouard II, prince de Galles

Le titre de prince de Galles conféré à l'héritier du trône d'Angleterre remonte au 25 avril 1284. Ce jour-là naît à Carnarvon, au pays de Galles, le futur Édouard II. Son père, le roi d'Angleterre Édouard 1er, lui donne le titre de prince de Galles pour honorer la promesse qu'il avait faite aux Gallois de leur donner un suzerain natif du pays.

La coutume de donner un titre nobiliaire à l'héritier se retrouve dans la monarchie française, dont l'héritier porte le titre de Dauphin (souverain du Dauphiné), dans la monarchie espagnole, dont l'héritier est prince des Asturies, à la tête du Saint Empire romain germanique, où le fils de l'empereur allemand est roi de Rome, dans la monarchie belge dont l'héritier est duc de Brabant, également dans des familles princières. Ainsi l'héritier des princes de Condé est-il duc d'Enghien.

La Corse devient génoise

Le 6 août 1284, près de la petite île de La Meloria, au large de Livourne, la flotte de Pise est complètement anéantie par celle de Gênes.

Cette bataille de Meloria consacre la suprématie de la Sérénissime République de Gênes sur la Méditerranée occidentale et sur la côte occidentale de la péninsule italienne, y compris la Corse. Pise, de son côté, tombe sous l'influence de Florence, sa rivale en Toscane...

La cathédrale de Beauvais s'effondre

Le 28 novembre 1284, la voûte du choeur de la cathédrale de Beauvais s'effondre. Haute de 48 mètres (l'équivalent de 20 étages !), cette voûte achevée douze ans plus tôt constituait un record pour les bâtisseurs du Moyen Âge, adeptes de l'art gothique. Mais l'effondrement montre qu'ils avaient sans doute outrepassé leurs capacités techniques. Avec cet accident prend fin l'élan spirituel qui avait conduit la chrétienté médiévale à chanter la gloire de Dieu à travers les lumineuses cathédrales gothiques.

La cathédrale de Beauvais a été plus tard restaurée et surmontée d'une énorme tour haute de... 150 mètres ! Le jour de l'Ascension 1573, pendant qu'une procession sortait de l'église, cette tour s'est à son tour écroulée et dès lors, il n'a plus été question de nouveaux records. La cathédrale est restée en l'état jusqu'à nos jours.

Avènement de Philippe IV le Bel

Philippe IV le Bel devient roi à 17 ans, le 5 octobre 1285, à la mort de son père Philippe III le Hardi, victime du typhus à Perpignan au retour d'une catastrophique expédition contre l'Aragon. Marié l'année précédente à Jeanne de Navarre, qui lui a apporté en dot la Champagne et la Brie et à laquelle il restera toujours fidèle, il est sacré à Reims avec sa femme le 6 janvier 1286, selon la tradition capétienne.

Sous son règne, en près de trente ans, la France va consolider ses frontières. La monarchie va échapper à l'emprise du pouvoir religieux et s'écarter des traditions féodales en se dotant d'une administration moderne et en faisant appel à des fonctionnaires zélés issus de la bourgeoisie : Guillaume de Nogaret, Enguerrand de Marigny,...

Mort d'Aliénor de Castille

Le 4 décembre 1290, Éléonor (ou Aliénor) de Castille décède à Herdeby (Angleterre). Elle est la soeur du roi Alphonse X de Castille et l'épouse bien-aimée du roi d'Angleterre Édouard 1er.

Le roi, très affecté par la mort de sa femme, écrit joliment : «Ma harpe est en deuil ; en vie, je l'aimais tendrement ; morte, je ne puis cesser de l'aimer».

Il fait élever des croix et peindre son portrait partout où s'arrête le cortège funèbre en route pour l'abbaye de Westminster.

Le quartier londonien de «Charing Cross» conserve le souvenir de l'une de ces croix (Charing viendrait de «chère reine» et serait une déformation du français en usage au XIIIe siècle à la cour d'Angleterre).

Traité de Tarascon

Par l'intermédiaire du roi d'Angleterre Edouard 1er, le roi de France Philippe IV le Bel négocie le règlement du conflit relatif à la Sicile, conflit marqué par les « Vêpres siciliennes ». Il s'ensuit à Tarascon, le 19 février 1291, un traité par lequel Charles de Valois renonce au titre de roi d'Aragon qui lui avait été octroyé par le pape Martin IV, moyennant l'acquisition du Maine et de l'Anjou. Il reçoit par ailleurs le royaume de Naples tandis qu'Alphonse IV d'Aragon reçoit la Sicile.

Les croisés chassés de Terre sainte

Le 28 mai 1291, en Palestine, les 200.000 hommes du sultan El Achraf Khalil réduisent les défenses de Saint-Jean d'Acre, malgré la résistance des Templiers groupés autour du grand maître Guillaume de Beaujeu. Saint-Jean d'Acre était l'ultime bastion de ce qui fut le royaume franc d'Orient. Sa chute met un point final à l'épopée des croisades presque deux siècles après la prédication du pape Urbain II.

Le serment de Rütli

Le 1er août 1291, les représentants des trois cantons d'Uri, Schwyz et Unterwald (Walter Fürst, Werner Stauffacher et Arnold de Melchtal si l'on en croit la tradition) font serment de s'entraider pour faire front à leur suzerain, Rodolphe 1er de habsbourg. De cette lutte, la légende retient le nom de Guillaume Tell, hardi adversaire du méchant bailli Gessler.

Le serment de la prairie de Rütli (ou Grütli) consacre la naissance de la Suisse indépendante. En 1891, en souvenir de cet événement, les Suisses ont fait du 1er août leur fête nationale. Ce jour est chômé depuis 1994...

«Renonciation» du pape Célestin V

Le 13 décembre 1294, le pape Célestin V renonce de son propre chef à la tiare pontificale cinq mois seulement après son élection. C'est un fait unique dans la papauté du IIe millénaire, si l'on met à part les papes démissionnés sous la contrainte : le pape Grégoire VI en 1046 et les papes et «antipapes» du Grand Schisme d'Occident, au XVe siècle, tels Grégoire XII et Félix V.

Élu à l'unanimité mais contre son gré par un conclave réuni à Pérouse le 5 juillet 1294, ce bénédictin et ermite de plus de 80 ans, né Pietro de Morrone, ne se sentait pas capable d'assumer sa charge ni de résister aux pressions des grandes familles et des souverains étrangers, tel le roi de France Philippe Le Bel.

Devant ses cardinaux, qui avaient finalement approuvé sa décision, le pape descend de son trône, pose sa tiare à terre et se défait de ses autres insignes pontificaux.

S'étant retiré dans la solitude, il meurt l'année suivante. Il est plus tard canonisé malgré le scandale que constitue aux yeux du commun des chrétiens sa démission devant Dieu.

Son successeur, Benedetto Caetani, est élu la veille de Noël. Issu d'une grande famille romaine, il prend le nom de Boniface VIII et met toute son énergie... et sa férocité à tenter de restaurer l'autorité du Saint-Siège.

Canonisation du roi Louis IX

Sitôt après la mort du roi Louis IX, l'Église instruit son procès en canonisation. Celle-ci est prononcée par le pape Boniface VIII le 11 août 1297, sous le règne de son petit-fils Philippe IV le Bel. La monarchie capétienne est alors à son maximum de prestige et la France figure comme le royaume le plus puissant et le plus prospère de la chrétienté.

La vie de Saint Louis et les vertus du roi nous sont surtout connues par le chroniqueur Jean de Joinville.

Bataille navale de Curzola entre Venise et Gênes

Après sa victoire sur Pise à La Meloria, le 6 août 1284, la République de Gênes concentre ses forces contre Venise.

Après maintes escarmouches dans la mer Adriatique, le 8 septembre 1298, l'amiral Lamba Doria, frère d'Oberto, rencontre la flotte vénitienne de l'amiral Angelo Dandolo près de l'île de Curzola (aujourd'hui Korcula, en Croatie). Sa victoire est totale. Douze navires vénitiens seulement arrivent à s'échapper, dix-huit sont coulés et 66 capturés. Près de dix mille Vénitiens sont tués, parmi lesquels l'amiral Dandolo, et plus de cinq mille sont capturés.

Venise va néanmoins se relever rapidement et reprendre le dessus sur sa rivale...

Les « Matines de Bruges »

Au petit matin du 18 mai 1302, à Bruges, en Flandre, des insurgés en armes massacrent les soldats de la garnison française. Ce sont les «Matines de Bruges».

La journée réduit à néant le rêve des rois capétiens d'annexer les Flandres...

La « bataille des éperons d'or »

Le 11 juillet 1302, l'armée féodale du roi Philippe le Bel rencontre les milices communales de Flandre, près de Courtrai...

L'« attentat » d'Anagni

Le 8 septembre 1303, à Anagni, en Italie, la rencontre entre le pape et le représentant du roi de France tourne mal. On parle d'un « attentat » contre la personne du pape...

Clément V, un pape français pour Avignon

Le 5 juin 1305, le roi Philippe le Bel fait élire un Français à la tête de l'Église. Il prend ainsi sa revanche sur le pape défunt, Boniface VIII, qui prétendait donner son avis sur le gouvernement du royaume...

Arrestation des Templiers

Au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les Templiers de France sont arrêtés sur ordre du roi Philippe IV le Bel (le petit-fils de Saint Louis).

Cet acte de violence arbitraire met fin à un ordre original de moines-soldats, vieux de près de deux siècles, qui s'est illustré en Terre sainte et s'est acquis puissance et richesse, s'attirant ainsi la jalousie des féodaux et la convoitise des souverains...

Guillaume Tell à l'épreuve

C'est le 18 novembre 1307 que, selon la tradition, un méchant bailli aurait obligé Guillaume Tell à viser avec son arbalète une pomme placée sur la tête de son fils... Cette histoire poignante est le plus célèbre mythe de l'Histoire suisse.

Lyon devient française

Les historiens ont coutume de fixer à la date du 10 avril 1312 le rattachement de Lyon au royaume de France.

Ce jour-là, dans une déclaration solennelle, l'archevêque Pierre de Savoie transmet officiellement au roi Philippe IV le Bel tous ses pouvoirs judiciaires et politiques sur la ville et le Lyonnais.

Suplice du grand maître des Templiers Jacques de Molay

Le 19 mars 1314, le grand maître des Templiers, Jacques de Molay, est supplicié à Paris.

Poursuivi par la vindicte du roi Philippe IV le Bel, il a été condamné à la prison à vie - ce qui équivaut bien souvent à la mort certaine -, mais dans un sursaut de courage, il se rétracte soudain devant une foule stupéfaite : «L’ordre est pur, il est saint : les confessions sont absurdes et menteuses…».

Voilà le grand maître relaps, l’archevêque de Paris ne peut que le livrer au bras séculier et au feu du bûcher. Qui s’embrasera le soir même dans l’île aux Juifs, à quelques centaines de mètres des tours massives de la cathédrale, au pied de l’actuel pont Neuf.

Les amants scandaleux

Deux chevaliers sont exécutés, à Pontoise, dans d'atroces conditions, le 19 avril 1314. Ils sont punis pour avoir aimé des princesses.

Ce sont les principales victimes du scandale dit « de la tour de Nesle » qui a assombri la dernière année du règne de Philippe IV le Bel... et inspirera bien plus tard au romancier Maurice Druon sa fresque historique : Les rois maudits.

Victoire écossaise à Bannockburn

Le 24 juin 1314, à Bannockburn, au nord-ouest d'Édimbourg, les Écossais infligent une défaite retentissante aux Anglais, bien que très supérieurs en nombre. Aux yeux des Écossais, c'est aujourd'hui encore un événement considérable...

Avènement de Louis X le Hutin

Louis X le Hutin (ou le Querelleur), fils de Philippe IV le Bel et Jeanne de Navarre, succède à son père le 29 novembre 1314, à 25 ans. Il reçoit un royaume en ordre et plus puissant que jamais. Ayant hérité de la Navarre par sa mère, il est le premier souverain à s'intituler « roi de France et de Navarre ». Trompé par sa femme Marguerite de Bourgogne, il la répudie et se remarie avec Clémence de Hongrie avant de se faire sacrer avec elle.

Pendaison d'Enguerrand de Marigny

Le roi de France Louis X le Hutin (ou le Querelleur !), quelques mois après la mort de Philippe le Bel livre à la vindicte publique Enguerrand de Marigny, le dernier des grands conseillers de son père, impopulaire du fait de ses manipulations monétaires et de sa fonction de grand argentier !

Emprisonné au Temple et accusé de sorcellerie, il est pendu au gibet de Montfaucon le 30 avril 1315.

Victoire des Trois Cantons à Morgarten

Le 15 novembre 1315, à Morgarten, au sud de Zurich, des montagnards repoussent les troupes du duc Léopold d'Autriche, seigneur de Habsbourg...

Louis X le Hutin meurt sans héritier direct

Le roi Louis X le Hutin meurt le 5 juin 1316 à Vincennes d'avoir bu de l'eau glacée après une partie de jeu de paume qui l'avait mis en nage. Son épouse Clémence de Hongrie est enceinte de leur premier enfant... En attendant la naissance de l'héritier espéré, Philippe, frère du défunt roi, assume la régence. L'enfant naît le 15 novembre 1316. C'est un garçon. Il devient aussitôt roi sous le nom de Jean 1er Posthume. Mais il n'aura pas le temps de savourer son titre ; il meurt quatre jours plus tard !

Qui se douterait des désordres qui vont s'ensuivre en l'absence, pour la première fois depuis trois siècles, d'une succession masculine en ligne directe ?...

Sacre de Philippe V le Long et loi salique

Le 9 janvier 1317, Philippe, comte de Poitou, deuxième fils de Philippe le Bel et Jeanne de Navarre, se fait hâtivement sacrer à Reims sous le nom de Philippe V le Long, empêchant que sa nièce Jeanne, héritière légitime de la couronne, ne monte sur le trône.

Il légitime de la sorte une prétendue « loi salique » selon laquelle la couronne capétienne doit revenir à l'aîné des garçons du roi défunt.

Avènement de Charles IV le Bel

Le troisième fils de Philippe le Bel monte sur le trône sous le nom de Charles IV le Bel, à la mort de son frère Philippe V le Long, le 3 janvier 1322.

Sa femme Blanche de Bourgogne étant emprisonnée pour cause d'adultère, il est sacré seul à Reims le 11 février suivant. Il divorce enfin et se remarie avec Marie de Luxembourg puis avec Jeanne d'Évreux, qui lui donnera trois filles.

Sa mort prématurée clôt la lignée des Capétiens directs, issus d'Hugues Capet en droite ligne, de père en fils, pendant trois siècles.

Naissance des Jeux Floraux

Le 3 mai 1324, de riches bourgeois toulousains organisent une joute poétique entre troubadours, trouvères et ménestrels de tous pays. Ainsi naît le premier concours de poésie d'Europe, sinon du monde.

Renouvelée dès lors d'année en année, la compétition va donner naissance aux Jeux Floraux...

Pétrarque rencontre Laure, sa muse

Le 6 avril 1327, le poète Pétrarque (23 ans) rencontre pour la première fois Laure de Noves à l'église Sainte-Claire d'Avignon. C'est le début d'une passion platonique qui va inspirer toute son oeuvre poétique.

Exécution d'Édouard II

Le 21 septembre 1327, le roi d'Angleterre Édouard II est mis à mort dans sa prison, dans d'atroces conditions, par deux bourreaux envoyés par sa femme, Isabelle de France, fille de Philippe IV le Bel, et son amant Mortimer.

Ce dernier a eu l'idée de faire empaler le prisonnier avec un fer chauffé à blanc afin que nul ne puisse s'aviser de soupçonner un assassinat.

Fin des Capétiens directs

Le 1er février 1328, le roi de France Charles IV le Bel, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, meurt à trente-quatre ans en laissant une épouse sur le point d'accoucher. C'est à une fille que celle-ci donne naissance. Pour la première fois depuis Hugues Capet, il ne se trouve pas un garçon pour perpétuer la dynastie en ligne directe... La succession par les femmes est rejetée comme elle l'avait déjà été onze ans plus tôt, après la mort de Louis X le Hutin et de son fils Jean 1er le Posthume.

Les grands seigneurs du royaume renouent avec le rite de l'élection et hissent sur le trône un cousin du défunt roi, Philippe de Valois, qui devient Philippe VI. Cette élection va faire des jaloux et l'on éprouvera a posteriori le besoin de la justifier par une « loi salique » qui officialise l'inaptitude des femmes à accéder au trône capétien...

Avènement de Philippe VI de Valois

À la mort de son cousin Charles IV le Bel (1er février 1328), le comte Philippe de Valois (31 ans) a été nommé régent du royaume par ses pairs en attendant que la veuve du précédent roi donne le jour à un héritier. Las, celui-ci est... une fille et donc interdite de couronne en vertu du précédent de Philippe V le Long.

Il revient donc aux grands seigneurs du royaume de choisir le futur souverain. Plusieurs prétendants ont des droits équivalents :
- Philippe de Valois fait valoir sa filiation avec Philippe III le Hardi, dont il est le petit-fils par son père (mais il n'est que le neveu de Philippe le Bel),
- Le roi d'Angleterre Édouard III est le petit-fils de Philippe le Bel par sa mère, Isabelle, soeur des précédents rois,
- Le comte Philippe d'Evreux est en droit aussi de revendiquer la couronne car il est l'époux de Jeanne de Navarre, fille de Louis X le Hutin mais il n'insiste pas...

Après moult délibérations, à Vincennes, les Grands du royaume se décident le 8 avril 1328 à confier la couronne au régent. Aux yeux des féodaux et des juristes qui les assistent, celui-ci a pour principal avantage de n'être ni Anglais ni Navarrais ! C'est ainsi qu'il devient roi sous le nom de Philippe VI. Il est sacré à Reims le 29 mai suivant.

Philippe VI de Valois écrase les milices de Bruges

Le 23 août 1328, le nouveau roi de France Philippe VI écrase au Mont Cassel, près de Lille, les milices communales de Bruges qui s'étaient insurgées contre leur comte, Louis de Nevers, vassal du roi de France.

Quand celui-ci a prié les barons français de l'accompagner à la bataille et que ceux-ci ont tenté de se défiler, le connétable Gautier de Châtillon leur a lancé : « Qui a bon coeur trouve toujours bon temps pour la bataille ». Et le roi d'ajouter une formule appelée à une grande fortune : « Qui m'aime me suive ».

Avec cette défaite qui suit de quelques années leur victoire à la « bataille des éperons d'or », les Flamands vont retomber sous l'influence française. Le roi d'Angleterre leur fera payer cette nouvelle allégeance en les privant de la laine anglaise qui est à la base de leur prospérité...

Lucerne s'allie aux cantons paysans

Le 13 novembre 1332, la ville de Lucerne s'allie aux cantons paysans dans leur lutte contre les Habsbourg. C'est l'ébauche de la future confédération helvétique.

Philippe VI de Valois confisque la Guyenne

Le 24 mai 1337, le roi Philippe VI de Valois confisque la Guyenne à son cousin, le roi d'Angleterre Édouard III. Cette mesure arbitraire va pousser l'Anglais à contester la légitimité de l'élection de Philippe VI au trône de France. Ce sera le début de la guerre de Cent Ans.

Début de la guerre de Cent Ans

Le 7 octobre 1337, à l'abbaye de Westminster, le roi Édouard III d'Angleterre lance publiquement un défi à son cousin, « Philippe de Valois, qui se dit roi de France ». Ainsi commence la guerre de Cent Ans...

La flotte française détruite à l'Écluse

Le 24 juin 1340, la flotte française est détruite par les marins anglais dans le port flamand de l'Écluse (aujourd'hui Sluis, en aval de Bruges). Bien que disposant de plus de vaisseaux que les Anglais du roi Édouard III et de galères génoises en renfort, Hugues Quieret et Nicolas Behuchet, amiraux du roi Philippe VI de Valois, choisissent la défensive et attachent leurs bateaux entre eux dans le port pour faire barrage à l'ennemi, selon la coutume du temps.

Les Anglais se lancent audacieusement à l'attaque et, de leurs navires, les archers déversent une pluie de flèches, dont certaines enflammées, sur les navires ennemis. Quelques-uns de ceux-ci arrivent à s'échapper mais les Français perdent au total 170 navires et 20.000 hommes. Capturés, les deux amiraux sont, l'un pendu, l'autre décapité. Ce désastre, qui laisse la France sans défense face aux débarquements anglais, est le premier qu'aura à connaître la France dans la Guerre de Cent Ans.

Pétrarque reçoit une couronne de laurier

Le 8 avril 1341, Francesco Petracco, dit Petrarca (en français, Pétrarque), reçoit sur le Capitole de Rome la couronne de laurier des poètes...

« Mauvais lundi » à Bruges

Le lundi 2 mai 1345, les partisans du dictateur Jacob van Artevelde sont égorgés à Bruges. Ce jour reste dans l'Histoire flamande comme un « Mauvais lundi ».

Le futur roi de Naples assassiné

André de Hongrie, époux de la reine Jeanne 1ère de Naples, est assassiné dans la nuit du 18 au 19 septembre 1345, deux jours avant son couronnement. Il est retrouvé étranglé près de la chambre de la reine.

Celle-ci, soupçonnée du crime, se remarie avec Louis de Tarente puis cède son royaume à Charles de Duras. Le fils de celui-ci, mort prématurément, laisse la couronne à sa soeur...

Une loi pour protéger les forêts

Par l'ordonnance de Brunoy, en date du 29 mai 1346, le roi de France Philippe VI de Valois décide de ne plus accorder de droits d'usage dans les forêts du domaine royal. Il prescrit que « des agents des eaux et forêts soient tenus de temps en temps de visiter tous les espaces boisés, d'y enquêter et de les faire exploiter, afin qu'ils se puissent perpétuellement soustraire en bon état ».

Cette ordonnance survient après une longue phase de croissance économique, qui a conduit à d'importants défrichements et à la surexploitation de la forêt. Elle peut être considérée comme la première forme de protection de l'espace naturel ; de l'écologie avant l'heure !...

Les archers anglais triomphent à Crécy

Le 26 août 1346, les Anglais battent les Français à Crécy-en-Ponthieu. C'est le début de la guerre de Cent Ans. Les archers du roi Édouard III mettent en déroute la chevalerie française, empêtrée dans ses armures et ses lances. Crécy sonne le glas de l'armée féodale...

Rienzo instaure la République à Rome

Le 21 mai 1347, Rienzo s'empare du pouvoir à Rome et y instaure une République tyrannique...

Capitulation de Calais

Le 3 août 1347, après un siège de onze mois, la ville de Calais capitule devant les troupes anglaises.

Le roi Édouard III Plantagenêt, dont la patience a été épuisée par le siège, s'apprête à passer la population au fil de l'épée. Puis il se ravise et prétend n'exécuter que six otages. Ces « bourgeois de Calais » (Eustache de Saint-Pierre, Jean d'Aire, Pierre et Jacques de Wissant, Jean de Fiennes et Andrieu d'Ardes) seront finalement épargnés suite à l'intervention de la reine Philippa de Hainaut...

La Peste à Marseille !

Le 1er novembre 1347, la peste noire, importée de Crimée par des galères génoises, débarque à Marseille.

L'épidémie va se développer dans toute l'Europe d'autant mieux et plus vite que la population est épuisée. Après trois siècles d'expansion démographique, l'Europe est saturée d'hommes que les sols peinent à nourrir. Les disettes, famines et « chertés » se font plus fréquentes et à ces pénuries alimentaires s'ajoute la guerre entre Français et Anglais...

L'héritier du roi de France devient le Dauphin

Le 30 mars 1349, celui-ci remet le Dauphiné à son fils Charles pour lui assurer des revenus réguliers mais aussi pour éviter d'avoir à rendre hommage à l'empereur ! Du coup, Charles (futur Charles V) prend le titre de dauphin du Viennois, qui était celui des comtes du Dauphiné depuis 1192. À sa suite, jusqu'au XIXe siècle, tous les héritiers du royaume de France porteront ce titre et seront appelés «Dauphin».

Avènement de Jean II le Bon

Le 22 août 1350, Jean II le Bon (31 ans), fils de Philippe VI de Valois et Jeanne de Bourgogne, succède à son père sur le trône de France. Il est ainsi surnommé en raison de sa réputation de bravoure (bon est à prendre au sens de brave ou fougueux). Rien à voir avec de quelconques qualités humaines car le deuxième roi de la branche des Valois est aussi mauvais homme que piètre politique. Il va entraîner le royaume dans les pires déconvenues de son histoire...

Combat des Trente à Ploërmel

Le 27 mars 1351, sur la lande de Ploërmel, deux camps bretons règlent leur différend par un tournoi meurtrier. Il figure encore aujourd'hui parmi les grands mythes de l'histoire de la Bretagne...

C'est l'épisode le plus mémorable de la guerre de Succession de Bretagne ouverte dix ans plus tôt par la mort du duc Jean III le Bon, le 30 avril 1341, sans enfant et sans héritier désigné...

Charles IV promulgue la Bulle d'or

Charles IV de Luxembourg (39 ans) est élu à la tête du Saint Empire en 1355. L'année suivante, le 10 janvier 1356, il promulgue devant les représentants de l'empire réunis à Nuremberg un texte qui fixe les conditions d'élection à la tête du Saint Empire ou empire d'Allemagne, plus tard appelé Saint Empire romain germanique.

Ce document important de 31 articles confirme le caractère électif et non héréditaire du titre impérial et limite à sept les Princes Électeurs (en allemand, Kurfürsten). Important : l'approbation du pape n'est plus requise pour valider l'élection. La Bulle d'or, en vigueur jusqu'à la fin de l'empire, fixe aussi les prérogatives des Grands Électeurs et les rituels de la cour impériale.

De fait, l'élection de l'empereur allemand va dès lors se jouer à sept, favorisant les combines et les pots-de-vin, avec au bout du compte un affaiblissement de l'autorité impériale.

La promulgation est renouvelée le 25 décembre 1356 à la diète de Metz et une copie du texte est confiée à Francfort, siège de la Diète impériale (ces deux exemplaires, les seuls qui subsistent, sont conservés dans leur ville respective). Le texte est surnommé « Bulle d'or » (en latin, Bulla aurea) à partir de 1400 en référence à son sceau en or.

Jean le Bon est défait à Poitiers

Le 19 septembre 1356, l'armée française est écrasée par les archers anglais au nord de Poitiers. Le roi est fait prisonnier...

La révolution manquée d'Étienne Marcel

Le 22 février 1358, le prévôt des marchands Étienne Marcel massacre les maréchaux de Champagne et de Normandie sous les yeux du dauphin Charles, héritier du trône. Il préserve toutefois ce dernier de l'assassinat en le coiffant du chaperon aux couleurs de Paris, le bleu et le rouge, que portent ses partisans.

Le dauphin, humilié, s'enfuit un peu plus tard de Paris. Il y reviendra en triomphe le 2 août suivant, suite à l'échec et à la mort du prévôt.

Richard Fremder nous raconte cette première Révolution française...

La Grande Jacquerie

Le 21 mai 1358 commence l'une des plus grandes Jacqueries de France. Une centaine de paysans du Beauvaisis se réunissent en bande et s'en prennent violemment aux maisons de gentilshommes et aux châteaux de la région, tuant les habitants et brûlant les demeures...

Assassinat d'Étienne Marcel

Le 31 juillet 1358, Jean Maillard, un échevin fidèle à la royauté, fait assassiner le prévôt des marchands Étienne Marcel devant la porte Saint-Denis alors qu'il s'apprêtait à livrer les clés de Paris à Charles le Mauvais. Le surlendemain, le Dauphin Charles, futur Charles V, rentre sous les acclamations dans sa capitale, dont il avait dû fuir en catastrophe quelques mois plus tôt.

Le Dauphin rentre à Paris

Le 2 août 1358, le Dauphin Charles rentre à Paris après l'assassinat du prévôt des marchands, Étienne Marcel, qui avait tenté de livrer Paris aux Bourguignons alliés aux Anglais. C'est la fin de la première guerre civile qu'ait connue le pays.

Préliminaires de paix à Brétigny

Le 8 mai 1360 sont signés à Brétigny, près de Chartres, les préliminaires d'un traité de paix entre les rois de France et d'Angleterre...

Naissance du franc

Le 5 décembre 1360, à Compiègne, le roi Jean II crée une nouvelle monnaie, le «franc», de même valeur que la monnaie existante, la livre tournois.

Le franc a perduré comme monnaie de référence de la France jusqu'au 31 décembre 2001, dernier jour avant l'euro. Il subsiste dans les anciennes colonies françaises d'Afrique et du Pacifique ainsi qu'en Suisse (vestige de l'Union latine)...

Toulouse est réunie à la couronne

Le 21 novembre 1361, Jean le Bon réunit définitivement le comté de Toulouse à la couronne.

Avènement de Charles V le Sage

Le 8 avril 1364 meurt à Londres, en captivité, le roi de France Jean II le Bon. Son fils aîné, qu'il a eu 26 ans plus tôt de sa première femme Bonne de Luxembourg, passe du statut de Dauphin et de régent à celui de roi sous le nom de Charles V.
Il a déjà fait ses preuves en surmontant les épreuves de la défaite et de la révolution, ainsi qu'en négociant la paix avec l'ennemi. À sa mort, quinze ans plus tard, il aura mérité pleinement son surnom de Charles V le Sage.

Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

Le 16 mai 1364, le roi de Navarre Charles le Mauvais est défait à Cocherel par Bertrand Du Guesclin, un soldat breton au service du roi de France Charles V...

Traité de Guérande

Le 12 avril 1365, le traité de Guérande met fin à la guerre de Succession de Bretagne.

Un chef de bande fonde la dynastie des Ming

Le 10 septembre 1368, le dernier empereur chinois d'origine mongole s'enfuit de Pékin et laisse la Chine à une nouvelle dynastie originaire des environs de Canton, les Ming...

Du Guesclin fait le ménage en Espagne

Le 14 mars 1369, Bertrand Du Guesclin bat le roi de Castille Pierre le Cruel à Montiel, au sud-est de la Castille. Cette bataille met fin à la première guerre civile espagnole qui a opposé pendant une quinzaine d'années l'héritier légitime de Castille aux bâtards de son père...

Du Guesclin reçoit l'épée de connétable

Le 2 octobre 1369, le roi Charles V le Sage octroie à Bertrand Du Guesclin le titre de connétable...

Le pape quitte (provisoirement) Avignon

Le 17 janvier 1377, cédant aux prières de Sainte Catherine de Sienne et faisant fi des lamentations de son entourage, attaché au Palais des Papes et à son luxe, le pape Grégoire XI, dernier pape français, met fin à la «captivité d'Avignon» et réinstalle le Saint-Siège à Rome. La monarchie capétienne, affaiblie par la guerre de Cent Ans, n'est plus assez forte pour retenir le pape.

Las, à sa mort, le 27 mars 1378, le peuple romain impose l'élection d'un pape indigne, déséquilibré et violent, Urbain VI. Celui-ci violente les cardinaux qui s'opposent à lui, jusqu'à les dépouiller et les faire exécuter en place publique.

Treize cardinaux, pour la plupart français, se réunissent en septembre 1378 à Anagni, sous la protection de troupes gasconnes et navarraises, annulent l'élection d'Urbain VI et confère la tiare au cardinal Robert de Genève. Celui-ci prend le nom de Clément VII et, faute de pouvoir faire autrement, regagne Avignon. C'est le début du Grand Schisme d'Occident.

Grand Schisme d'Occident

Le 20 septembre 1378, 13 cardinaux, pour la plupart français, se réunissent en secret à Anagni, au sud de Rome.

Mécontents du pape imposé par le peuple romain, le 8 avril 1378, sous le nom d'Urbain VI, ils désignent comme pape le prélat savoyard Robert de Genève. Le nouvel élu prend le nom de Clément VII et s'installe à Avignon, qu'avait abandonné le 17 janvier 1377 son prédécesseur Grégoire XI. Il se pose aussitôt en concurrent d'Urbain VI, qualifié d'« antipape ».

On est en pleine guerre de Cent Ans. La France prend le parti de son pape cependant que l'Angleterre opte pour le pape italien ! À Naples, la reine Jeanne 1ère prend le parti de Clément VII tandis que son cousin Charles de Duras, qui revendique sa couronne, prend le parti du pape romain...

C'est le début du Grand Schisme d'Occident. Ce conflit entre « urbanistes » et « clémentistes » concerne principalement les classes dirigeantes. Il laisse indifférents la plupart des catholiques, qui n'ont en matière de religion d'autre interlocuteur que leur curé. Il n'empêche qu'il va jeter le discrédit sur l'Église et concourir à l'émergence de mouvements contestataires et à la Réforme.

Mort de Du Guesclin

Le 13 juillet 1380, le connétable Bertrand Du Guesclin (60 ans) meurt en assiégeant Châteauneuf-de-Randon.

Avènement de Charles VI le Fou

Charles VI a 11 ans quand il succède à son père Charles V le Sage, le 16 septembre 1380. Le roi étant mineur, ses puissants oncles, Louis d'Anjou, Jean de Berry, Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, assurent la régence et en profitent pour dilapider les ressources du royaume. Plusieurs révoltes comme celle des Maillotins secouent le pays.

En 1388, le roi Charles VI reprend en main les affaires du royaume. Il rappelle les sages conseillers de son père, gens de modeste extraction que les princes surnomment avec mépris les « Marmousets ». Le jeune roi est alors appelé par ses sujets Charles VI le Bien-Aimé et le royaume entre dans une longue « embellie ».

Las, il sombre bientôt dans la folie et ses oncles reprennent leur place au Conseil. Le règne, l'un des plus longs de l'Histoire de France, se terminera en 1422 dans les pires calamités : querelle entre les Armagnacs et les Bourguignons, révolte des Cabochiens, défaite d'Azincourt et humiliant traité de Troyes, qui déshérite le fils du roi et d'Isabeau de Bavière au profit de l'héritier de la couronne d'Angleterre !...

Sacre de Charles VI

Charles VI de Valois n'a pas tout à fait 12 ans quand il succède à son père, le 16 septembre 1380. Il est sacré à Reims selon l'antique coutume le 4 novembre 1380. Les habitants de la ville saluent le sacre par les cris de « Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis ! » C'est qu'ils viennent d'apprendre, à leur grande satisfaction, qu'est confirmée la suppression des fouages décidée à la fin du règne précédent (les fouages étaient un impôt extraordinaire perçu sur chaque ménage (on dit aussi feu ou foyer).

Mort de Wat Tyler

Début juin 1381, les paysans anglais, avides de justice sociale, se révoltent. Un soldat du Kent dénommé Wat (ou Walter) Tyler prend leur tête après qu'un collecteur d'impôts eut offensé sa fille. Londres est envahie et pillée après bien d'autres villes. Les prisonniers sont délivrés, des prisons et des monuments brûlés...

Mais le jeune roi Richard II joue d'astuce. Il rencontre Wat Tyler dans la prairie de Mile End le 14 juin 1381 et s'engage tout à la fois à affranchir les derniers serfs du royaume et accorder des hausses de salaires aux manouvriers. Il promet en sus une amnistie aux insurgés. Le lendemain cependant, des insurgés reprennent les pillages. Les représentants du roi proposent un nouveau rendez-vous à Wat Tyler pour s'en expliquer. Comme le chef rebelle se fait insolent, il est tué par le maire de Londres, Sir William Walworth.

La révolte va dès lors tourner court. Une dizaine de jours plus tard, l'ordre seigneurial est rétabli. John Ball, poète révolutionnaire, est lui-même exécuté à Saint Adams le 15 juillet 1381. Il est l'auteur du verset célèbre :
« Quand Adam bêchait et Eve filait
Qui était le gentilhomme?  »

La révolte fiscale des Maillotins

Le 1er mars 1382, marchands et artisans parisiens, exaspérés par la pression fiscale et les désordres de la cour, prennent à parti les agents du fisc. Cette révolte fiscale surgit pendant la guerre de Cent ans qui met aux prises la monarchie capétienne et le roi anglais...

Clisson écrase les Flamands à Rosebeke

Les tisserands de Gand et des autres villes de Flandre s'étant révoltés contre leur comte, Louis II de Male, ils sont défaits le 27 novembre 1382 par une armée féodale sous les ordres d'Olivier de Clisson, près d'Ypres à Rosebeke (on écrit aussi West-Rozebeke ou Roosebeke).

Près de 35.000 Flamands se sont regroupés sur le Mont Dore en position défensive. Quand l'armée française arrive, piétons au centre, cavalerie et troupes légères sur les côtés, ils descendent en rangs serrés en profitant du brouillard mais se font surprendre par le soleil.

Dans le corps à corps, les Flamands, assaillis sur leurs deux ailes, sont bientôt écrasés et piétinés. Ils perdent 27.000 des leurs, y compris leur chef, Philip van Artevelde, étouffé dans la mêlée. C'est le fils cadet de Jacob Van Artevelde, un agitateur qui avait convaincu en 1340 le roi d'Angleterre Edouard III de revendiquer la couronne de France.

Les insurgés étaient depuis lors en conflit avec leur comte et son suzerain, le roi de France Charles VI. Ils leur en voulaient de faire la guerre à l'Angleterre et ainsi de porter tort à leur fructueuse activité, qui consistait à tisser la laine anglaise.

Les Portugais triomphent à Aljubarrota

Le 14 août 1385, l'armée du connétable portugais Nuno Alvares Pereira met en déroute les troupes du roi de Castille à Aljubarrota. Cette victoire consolide l'indépendance du Portugal.

Le roi précédent, Ferdinand 1er, n'avait laissé à sa mort, en 1383, qu'une fille, Béatrice, mariée au roi de Castille Jean 1er. Éléonore, veuve de Ferdinand, reconnaît ce dernier comme son successeur.

Mécontents, les députés des Cortes de Coïmbre (ou Coïmbra) portent sur le trône un fils illégitime de l'ancien roi Pierre 1er, Jean le Bâtard, sous le nom de Jean 1er (Joao 1er).

Le coup d'État réussit mais Éléonore s'enfuit auprès du souverain castillan. Ce dernier franchit la frontière avec son armée. Sur la route de Lisbonne, il est battu à plate couture par l'armée portugaise, renforcée par un petit contingent d'archers anglais.

Joao 1er, reconnaissant de sa victoire à ses alliés anglais, signe avec eux en mai de l'année suivante le traité de Windsor qui établit une « ligue d'amitié inviolable, éternelle, solide, perpétuelle et véritable » entre les deux royaumes. Cette alliance est la plus ancienne encore en vigueur !

Défaite des Serbes à Kossovo Polié

Au coeur des Balkans, sur la lande sinistre de Kossovo Polié, deux armées s'affrontent le 28 juin 1389. D'un côté, les Serbes de Lazare, prince de Raska ; de l'autre, les Turcs du sultan ottoman Mourad 1er.

C'en est bientôt fini de l'indépendance du royaume serbe. Aucun royaume chrétien n'est désormais en mesure d'arrêter la poussée turque dans les Balkans et l'Europe centrale...

L'Espagne découvre l'intolérance

Le 6 juin 1391, à Séville, deux synagogues sont converties en églises. L'affaire s'accompagne de nombreux meurtres et de rapines contre la communauté juive de la ville...

Charles VI le Bien Aimé devient le Fou

Le 5 août 1392, Charles VI (24 ans) traverse la forêt du Mans à la tête de ses troupes. Le roi, que ses sujets surnomment le Bien Aimé pour les avoir délivrés des exactions de ses puissants oncles, entreprend une expédition contre le duc de Bretagne Jean IV, allié aux Anglais.

Soudain, un illuminé surgit devant le roi, saisit la bride de son cheval et lui crie : Arrête, noble roi, tu es trahi !» Peu après, la lance d'un soldat heurte un bouclier.

Au bruit, le roi qui s'était assoupi sous l'effet de la chaleur, tire son épée et frappe ses compagnons. Six chevaliers sont tués avant qu'on ait pu le maîtriser !...

Charles VI expulse les juifs

Le 16 juillet 1394, le roi Charles VI le Fou expulse les juifs de France. En cette fin du Moyen Âge, partout en Europe et en particulier en Espagne, les juifs sont victimes de toutes sortes de médisances (par exemple, on leur reproche d'être responsables de la peste et d'autres épidémies).

Les croisés défaits par les Turcs à Nicopolis

Aux alentours du 25 septembre 1396, le sultan Bajazet bat à Nicopolis, au bord du Danube, une armée de croisés venus secourir le roi Sigismond de Hongrie et l'empereur byzantin Manuel Paléologue.

Vainqueur, le sultan ottoman va soumettre la plus grande partie de la Hongrie et des Balkans...

Union de Kalmar

Le 20 juillet 1397, à Kalmar, un port suédois au sud de Stockholm, est proclamée l'Union des trois royaumes scandinaves de Norvège, Suède et Danemark (l'actuelle Finlande fait à cette époque partie de la Suède).

L'initiative revient à Marguerite, veuve du roi de Norvège Haakon VI et fille du roi de Danemark Valdemar IV. Elle donne la couronne commune à Éric de Poméranie avec l'objectif de préserver les intérêts scandinaves face aux visées des entreprenants marchands allemands de la ligue hanséatique.

L'union de Kalmar prend fin le 6 juin 1523, quand le prince Gustave Vasa est élu roi de Suède et chasse les Danois de Stockholm.

Le Danemark et la Norvège restent quant à eux soudés jusqu'en 1814. Par le traité de Kiel du 14 janvier 1814, le prince Bernadotte, régent de Suède, impose à la Norvège une union personnelle avec la Suède. Elle va durer jusqu'à l'indépendance complète de la Norvège, le 25 novembre 1905.

Tamerlan triomphe à Panipat

Le 17 décembre 1398, le Turc Tamerlan remporte à Panipat, près de Dehli, une victoire sur le sultan local, Mohammed Toughklak. Il saccage Dehli et s'en retourne dans sa province de Transoxiane, en Asie centrale, avec un énorme butin.

Richard II Plantagenêt abdique au profit d'Henri IV de Lancastre

Le 29 septembre 1399, le roi d'Angleterre Richard II (32 ans) est contraint d'abdiquer après un règne aussi troublé que fascinant.

En abdiquant, il met un terme à la dynastie des Plantagenêts qui s'est installée en Angleterre deux siècles et demi plus tôt, avec le couronnement d'Henri II et Aliénor.

Son cousin et rival Henri Bolingbroke, duc de Lancastre, monte sur le trône sous le nom d'Henri IV et fonde la dynastie des Lancastre...

Tamerlan bat le sultan Bajazet à Angora

Le conquérant turc Tamerlan remporte une victoire totale sur le sultan Bajazet 1er, le 28 juillet 1402, à Angora (aujourd'hui Ankara)...

La « flotte des Trésors » largue les amarres

Le 11 juillet 1405, la flotte des Trésors largue les amarres pour un long périphe dans les mers du Sud, loin de la... Chine.

C'est la première des sept grandes missions d'exploration conduites par Zheng He pour le compte de l'empereur chinois Zhu Di et de son deuxième successeur. Elles précèdent de quelques décennies les grandes expéditions maritimes des Européens (Bartolomeu Dias, Christophe Colomb...).

Assassinat dans la rue Vieille du Temple

Le 23 novembre 1407, le duc Louis d'Orléans est assassiné par une bande de malfrats masqués à la solde du duc de Bourgogne Jean sans Peur.

Ce meurtre va déboucher rapidement sur une guerre civile, la querelle des Armagnacs et des Bourguignons...

Les milices de Liège massacrées

Le 23 septembre 1408, les bourgeois de la principauté ecclésiastique de Liège, en conflit avec leur évêque Jean de Bavière, se heurtent à Othée à une coalition qui rassemble les armées du comte de Hainaut, le frère de l'évêque, et du duc de Bourgogne Jean sans Peur, son beau-frère. Les milices communales sont écrasées par les armées féodales. Elles laissent 8.000 morts sur le terrain.

Les Teutoniques défaits à Tannenberg

Le 15 juillet 1410, à Tannenberg, une localité de Prusse orientale (aujourd'hui Grunwald, en Pologne), les chevaliers Teutoniques sont écrasés par une coalition de Polonais et de Lituaniens. Le grand maître de cet ordre de moines-soldats allemands de brutale réputation, Ulrich von Jungingen, meurt les armes à la main. Les Polonais désignent cette bataille mémorable sous le nom de victoire de Grunwald...

Révolte des Cabochiens

Le 27 avril 1413, les cabochiens ou écorcheurs, une faction commandée par l'écorcheur Simon Caboche et alliée à Jean sans Peur, attaquent la Bastille et tuent le prévôt de Paris. Les universitaires en profitent pour préparer une réforme administrative, les ordonnances cabochiennes...

Concile de Constance

Le 1er novembre 1414, un concile s'ouvre à Constance, sur les bords du lac du même nom, à l'initiative de l'empereur d'Allemagne. Il va mettre fin au Grand Schisme d'Occident qui dure déjà depuis un demi-siècle et voit papes et antipapes s'entredéchirer au grand dam des croyants.

Le réformateur Jan Hus est brûlé vif

Le 7 juillet 1415, le prédicateur tchèque Jan Hus (44 ans) est brûlé vif à Constance, en Allemagne.

Mais ses idées et ses convictions évangéliques vont lui survivre et même connaître un regain de popularité après sa mort parmi les Tchèques...

Le Portugal s'empare de Ceuta

Le 21 août 1415, le roi du Portugal Jean 1er s'empare de la ville de Ceuta, sur la côte méditerranéenne du Maroc. C'est le début de l'expansion outre-mer des Occidentaux.

La « fleur de la chevalerie » défaite à Azincourt

Le 25 octobre 1415, la « fleur de la chevalerie française » est anéantie à Azincourt, au nord de la Somme, par les archers et les piétons du roi d'Angleterre Henri V.

Beaucoup de nobles du camp des Armagnacs sont tués au combat ou égorgés...

La papauté refait son unité à Constance

Le 11 novembre 1417, à Constance, un concile met fin au Grand Schisme d'Occident...

Rouen se livre aux Anglais

Vainqueur à Azincourt, Henri V de Lancastre assiège Rouen. Pourvus d'une centaine de canons et conduits par un chef énergique, Alain Blanchard, les Rouennais supportent le siège pendant sept mois. Ils poussent hors de la ville 12.000 bouches inutiles, femmes, vieillards et enfants, mais le roi Henri V, impitoyable, les laisse mourir de faim dans les fossés. Le 19 janvier 1419, après avoir en vain attendu des secours, réduits à la famine, ils se résignent à livrer leur ville.

L'assassinat de Jean sans Peur

Le 10 septembre 1419, pendant la guerre de Cent Ans, le duc de Bourgogne Jean sans Peur est assassiné par les hommes du futur roi de France sur le pont qui traverse l'Yonne à Montereau...

La France humiliée par le traité de Troyes

Le 21 mai 1420, un traité est signé à Troyes. Il consacre le triomphe de la dynastie anglaise des Lancastre...

Avènement contesté de Charles VII

Le 21 octobre 1422, la mort de Charles VI le Fou amène son fils, le Dauphin Charles, à se proclamer roi de France sous le nom de Charles VII. Mais il n'a d'autorité que sur un petit territoire autour de Bourges. Le nord du royaume et la capitale Paris, sous la coupe des Anglais et de leurs alliés bourguignons, font officiellement allégeance au roi franco-anglais, un enfant de dix mois, Henri VI de Lancastre, sous la régence du duc de Bedford.

Le « petit roi de Bourges » est prêt à renoncer quand survient Jeanne d'Arc. La jeune paysanne lui redonne courage et réaffirme sa légitimité. Il chasse les Anglais du royaume et reconstruit le pays et l'État.

Outre Jeanne, ses plus fidèles appuis sont les frères Bureau, le chancelier Jouvenel des Ursins, le banquier Jacques Coeur et sa maîtresse Agnès Sorel. Ils vaudront au roi le surnom de Charlesle Bien Servi, outre celui de Charles leVictorieux.

Jeanne d'Arc rencontre le roi à Chinon

Le 25 février 1429, Jeanne d'Arc rencontre le roi Charles VII à Chinon. Venue tout droit de Vaucouleurs, aux marches de Lorraine, la jeune paysanne illettrée était attendue avec une certaine impatience et beaucoup d'appréhension.

Le souverain, désespérant de conserver sa couronne face à l'offensive des Anglais, n'attendait plus guère qu'un miracle. Aussi avait-il accueilli avec faveur la proposition de Robert de Beaudricourt, son fidèle prévôt de Vaucouleurs, de lui envoyer une jeune fille guidée par des voix célestes et ardemment désireuse de sauver le pays et la monarchie...

Jeanne d'Arc délivre Orléans

Le 8 mai 1429, les Anglais lèvent le siège d'Orléans après que Jeanne d'Arc fut montée à l'attaque de leurs lignes.

C'est le premier succès de celle qui sera plus tard surnommée la Pucelle d'Orléans (pucelle au sens ancien de jeune fille)...

Jeanne d'Arc victorieuse à Patay

Six semaines après avoir délivré Orléans, les troupes du roi Charles VII, accompagnées par Jeanne d'Arc, chassent les Anglais de Beaugency et de Meung, sur la Loire.

Le 18 juin 1429, elles se heurtent à une armée anglaise venue de Paris. Le choc a lieu à Patay, au nord-ouest d'Orléans. Les Français remportent une victoire totale sous le commandement du duc Jean d'Alençon, ainsi que de l'ancien connétable Arthur de Richemont, lequel, en dépit de la disgrâce royale, s'était mis au service de la Pucelle.

Les Anglais sont écrasés à plate couture. Ils comptent 2 à 3000 morts et 400 prisonniers, parmi lesquels les généraux Talbot et Scales. Les Français n'ont à déplorer qu'une poignée de morts. C'est leur premier succès dans une bataille rangée, depuis leur défaite écrasante d'Azincourt (1415)...

Charles VII est sacré à Reims

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré roi de France à Reims. Grâce à Jeanne d'Arc, le « petit roi de Bourges » renoue avec la tradition capétienne du sacre...

Jeanne d'Arc lève le siège de Paris

Le 2 septembre 1429, Jeanne d'Arc renonce à enlever Paris aux Anglais. Elle lève le siège de la ville.

Jeanne d'Arc prisonnière

Le 23 mai 1430, Jeanne d'Arc est capturée par les Bourguignons en tentant de secourir avec sa troupe les habitants de Compiègne, au nord de Paris.

Les Anglais vont alors se la faire livrer, en vue de la faire condamner par un tribunal ecclésiastique. Ils espèrent de la sorte mettre au jour sa nature de sorcière et dévaluer le sacre de leur ennemi Charles VII...

Jeanne d'Arc est brûlée vive à Rouen

Le 30 mai 1431, Jeanne d'Arc est brûlée vive comme relapse sur la place du Vieux-Marché, à Rouen, après avoir été jugée par un tribunal d'Église présidé par l'évêque de Beauvais Pierre Cauchon et par le frère dominicain Jean Le Maître, vicaire de l'inquisiteur en France...

Le retable de L'Agneau mystique

Le 6 mai 1432, le célèbre retable de L'Agneau mystique, chef d'oeuvre de Jan Van Eyck et préfiguration de la Renaissance, est inauguré à la collégiale des Deux-Saints-Jean, à Gand, en Flandre.

Le traité d'Arras

Le 21 septembre 1435, à Arras, un traité entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne Philippe le Bon enterre la querelle dite des Armagnacs et des Bourguignons...

« Pragmatique Sanction » de Bourges

Le 7 juillet 1438, le roi Charles VII publie à Bourges la « Pragmatique Sanction ».

Au Moyen Âge, les papes s'attribuaient le droit de régenter les monarchies chrétiennes mais le Grand Schisme d'Occident (1378-1417) avait beaucoup réduit leurs prétentions.

Charles VII décide de choisir lui-même les évêques français et de contrôler leurs activités. Son texte réserve à l'Église gallicane (c'est-à-dire française) tout ce qui relève de l'administration en laissant au pape ce qui relève de la foi. Cette manière de voir est ce que l'on appelle le « gallicanisme ».

La « Pragmatique Sanction » prévoit accessoirement de supprimer les annates, autrement dit l'année de recette que tout nouveau titulaire d'un siège ecclésiastique (abbé, évêque) devait verser au Saint-Siège. Elle souffrira d'une mauvaise application jusqu'au Concordat de 1516 mais n'en constitue pas moins un pas important dans l'émancipation de la monarchie à l'égard du Saint-Siège.

Le duc Amédée VIII devient pape

Le 30 octobre 1439, une poignée de pères conciliaires réunis à Constance proclament la déchéance du pape Eugène IV. Ils élisent à sa place le duc Amédée VIII de Savoie, 56 ans.

Le nouveau pape est intronisé l'année suivante sous le nom de Félix V. Mais son élection par une fraction seulement des cardinaux et son effacement ultérieur devant un rival font que l'Église catholique le considère comme le dernier des «antipapes» (ou papes concurrents du pape officiel)...

Naissance de l'impôt permanent

L'impôt permanent apparaît en France le 2 novembre 1439...

Mort de Gilles de Rais

Gilles de Rais (ou de Retz) est pendu et brûlé le 26 octobre 1440.

Exécution de « Barbe-bleue »

La vie tumultueuse de Gilles de Rais a donné naissance à la légende de Barbe-bleue. Charles Perrault, un écrivain du temps de Louis XIV, raconte dans son célèbre recueil des Contes de ma mère l'Oye l'histoire de ce féroce seigneur qui tuait ses épouses successives...

Gilles de Rais, le véritable Barbe-bleue, préférait quant à lui les enfants !

Ce riche et puissant seigneur né vers 1404 accompagne Jeanne d'Arc dans la guerre contre les Anglais. Au sacre de Charles VII à Reims, il figure à la gauche du roi, Jeanne étant à sa droite. Le soir du sacre, il est nommé maréchal de France.

Disgrâcié après l'échec du siège de Paris et affecté par la mort de sa femme, Gilles de Rais se retire sur ses terres de Machecoul et Tiffauges, dans la région de Nantes, où il dilapide la fortune héritée de sa femme.

Assouvissant ses pulsions sado-pédérastiques, il commet alors des meurtres horribles sur environ 140 garçonnets de sa région. Confondu suite à la plainte de certains débiteurs, il confesse ses crimes. Il est jugé et exécuté avec deux complices, après avoir manifesté un spectaculaire repentir.

Jan Hunyadi repousse les Turcs

Le 23 décembre 1442, le chef hongrois Jan Hunyadi remporte une grande victoire sur les Turcs à Jalorats, aux Portes de Fer, sur le Danube. Il chasse ensuite les envahisseurs de Belgrade. Après sa mort en 1456, pour cause de peste, l'un de ses fils sera élu roi de Hongrie sous le nom de Matthias 1er Corvin. Vrai prince de la Renaissance, il hissera à son apogée la culture hongroise.

Skanderbeg libère l'Albanie

Le 28 novembre 1443, le prince chrétien Skanderbeg proclame la principauté libre d'Albanie à Kroya (le pays est surnommé le « pays des Aigles »).

Défaite des croisés hongrois à Varna

Le 10 novembre 1444, une coalition de croisés hongrois et polonais est mise en déroute par les janissaires du sultan Mourad II, près de Varna, sur les bords de la mer Noire.

Le roi de Pologne Ladislas III Jagellon (20 ans) est tué dans la bataille. Son allié, le roi de Hongrie Jean Hunyade, est défait une nouvelle fois par le sultan à Kossovo Polié en 1448. Plus rien ne s'oppose désormais à la conquête de Constantinople par les Ottomans.

Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance

Par une ordonnance en date du 26 mai 1445, à Louppy-le-Châtel (près de Bar-le-Duc), le roi Charles VII crée les Compagnies d'ordonnance.

Cette nouvelle formation militaire constitue la première armée permanente à la disposition du roi de France...

Jean Hunyade affronte les Turcs à Kossovo

Du 17 au 19 octobre 1448, Jean Hunyade affronte le sultan ottoman Mourad II à Kossovo Polié. Un demi-siècle plus tôt, une première bataille avait vu à cet endroit la défaite des Serbes.

Hunyade, prince hongrois originaire de Transylvanie, a plusieurs fois déjà vaincu les Turcs avant d'être vaincu par eux à Varna. Il est cette fois écrasé par des forces quatre fois plus nombreuses que les siennes. Parmi les seigneurs de Transylvanie qui combattent les Turcs à cette époque figure aussi un certain Vlad Tepes resté célèbre sous le nom de Dracula.

Bataille de Formigny

Le 15 avril 1450, le roi Charles VII, assisté du comte de Clermont, du connétable de Richemont et de l'amiral de Coëtivy, repousse à Formigny, près de Bayeux, une armée anglaise qui venait de débarquer à Cherbourg, sous le commandement de Thomas Kyriel, pour tenter de secourir les dernières places anglaises de Normandie.

Avec cette victoire, qui vaut au roi de France le surnom de Victorieux, la guerre de Cent Ans touche à sa fin...

Arrestation de Jacques Coeur

Le 31 juillet 1451, le financier Jacques Coeur est arrêté sur ordre du roi de France Charles VII. Il est accusé d'avoir empoisonné la maîtresse du roi, Agnès Sorel, et plus sérieusement, d'avoir usé de sa position au gouvernement pour s'enrichir indûment.

Prise de Constantinople par les Turcs

Le 29 mai 1453 figure traditionnellement parmi les dates clé de l'Histoire occidentale. Ce jour-là, la ville de Constantinople tombe aux mains du sultan ottoman Mehmet II.

La cité, vestige de l'empire romain d'Orient et de l'empire byzantin, était l'ultime dépositaire de l'Antiquité classique. Elle faisait aussi office de rempart de la chrétienté face à la poussée de l'islam. Sa chute, bien qu'attendue et prévisible, provoque l'émoi dans toute la chrétienté. Elle consacre l'avènement d'une nouvelle ère historique...

La guerre de Cent Ans prend fin à Castillon

Le 17 juillet 1453, l'armée du roi de France se heurte à un corps expéditionnaire anglais sur les bords de la Dordogne, près du village de Castillon.

Les Français commandés par Dunois et les frères Bureau l'emportent sur les troupes du général Talbot, comte de Shrewsbury, en particulier grâce à leurs bombardes. C'est la première fois qu'est employée l'artillerie sur un champ de bataille. La victoire française survient 23 ans jour pour jour après le sacre du roi Charles VII sous la bannière de Jeanne d'Arc...

Le « voeu du faisan »

Le 16 février 1454, le duc de Bourgogne Philippe le Bon et son fils, le futur Charles le Téméraire, organisent à Lille une somptueuse fête à laquelle sont associés les chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or, autrement dit les grands dignitaires du duché.

Au cours de cette fête aux relents païens, les participants font le voeu sur un faisan (sic) de se croiser et de délivrer Byzance, conquise par les Turcs le 29 mai 1453. Le « voeu du faisan » ne sera jamais réalisé et restera comme un témoignage de légèreté et de ridicule.

Réhabilitation de Jeanne d'Arc

En reconnaissance de son action, Jeanne Darc a été anoblie, ainsi que sa famille, par Charles VII le 24 décembre 1429 (son nom, Darc, est dès lors devenu d'Arc).

Mais c'est seulement un quart de siècle après sa mort que son rôle sera pleinement reconnu. Le pape Calixte III, à l'initiative de la mère de Jeanne, constitue à Rouen un tribunal ecclésiastique destiné à réexaminer les conditions du premier procès.

Les juges voient défiler à la barre des centaines de témoins, compagnons d'enfance et compagnons d'armes de Jeanne. Tous sont unanimes à célébrer sa piété, sa vertu et la force de ses convictions... En foi de quoi, le 7 juillet 1456, les juges déclarent le procès de 1431 «entaché de vol, calomnie, iniquité».

Matthias 1er Corvin élu roi de Hongrie

Le 24 janvier 1458, l'un des fils de Jean Hunyade est élu roi de Hongrie par les magnats ou nobles hongrois. Prince de la Renaissance avant l'heure, il est connu sous le nom de Matthias 1er Corvin.

Avènement de Louis XI

Peu d'hommes ont autant espéré que Louis XI la mort de leur père ! Au terme d'un long règne chanceux, Charles VII le Bien Servi doit affronter son propre fils, né de Marie d'Anjou. Du jamais vu dans l'Histoire de France ! Le Dauphin, dans son impatience d'accéder au pouvoir, prend dès 1440 les armes contre son père. Cette rébellion est connue sous le nom de Praguerie. Exilé dans le Dauphiné, il va finalement se placer sous la protection du puissant duc de Bourgogne Philippe le Bon.

Le malheureux roi en vient à ne plus se nourrir par crainte d'empoisonnement ! Quand il meurt enfin, le 22 juillet 1461, son fils, dans son refuge bourguignon, ne cache pas sa joie ! Il est vrai qu'à 38 ans, il craint de n'avoir guère à profiter du pouvoir...

Quatre ans plus tard, Louis XI doit à son tour affronter une rébellion nobiliaire, la « Ligue du Bien public ». Puis vient le conflit avec le puissant et fantasque duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui a succédé à son père Philippe le Bon le 15 juin 1467. Autant d'occasions pour le roi de démontrer sa sagacité...

Fin de la « Ligue du Bien public »

Le 5 octobre 1465, les grands seigneurs du royaume concluent la paix avec le roi Louis XI à Conflans...

Un pèlerin peu ordinaire

Le 25 novembre 1465, le seigneur tchèque Léon de Rosmital quitte son pays pour un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, aux extrémités de l'Espagne. Ses véritables visées se rapportent à une mission diplomatique originale, rien moins que de fédérer les puissances européennes contre la Turquie...

La magistrature française devient inamovible

Par un édit daté du 21 octobre 1467 et publié par le roi Louis XI, les juges du Parlement de Paris deviennent inamovibles...

Gutenberg lègue l'imprimerie à l'humanité

Le 3 février 1468 meurt à Mayence un certain Johannes Gensfleisch, plus connu sous le nom de Gutenberg.

On lui doit l'invention de l'imprimerie. Celle-ci a révolutionné la manière de fabriquer des livres et, en abaissant considérablement leur prix, mis la lecture à la portée de tous....

Entrevue orageuse à Péronne

Le 14 octobre 1468, le roi Louis XI échappe de peu à un mauvais coup lors de son entrevue avec son rival, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, à Péronne. Le duc consent à le libérer sur une intervention de son chambellan, Philippe de Commynes, lequel entrera ensuite au service du roi (il restera dans la postérité comme l'auteur de la formule : « La fin justifie les moyens »). En sens inverse, le cardinal Balue, aumônier du roi, est emprisonné pour avoir trahi ce dernier au profit du duc...

Charles le Téméraire battu à Grandson

Le 2 mars 1476, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire reçoit une magistrale raclée des Suisses près de Grandson. Les vainqueurs remportent un honorable butin.

Mort de Charles le Téméraire

Le 5 janvier 1477, le duc Charles le Téméraire, « Grand Duc d'Occident », trouve une mort tragique et solitaire dans la neige en faisant le siège de Nancy.

Sa fille unique et héritière, Marie de Bourgogne, est aussitôt l'objet de toutes les attentions des grands souverains...

La conjuration des Pazzi

Le 26 avril 1478, des patriciens de la République de Florence se révoltent contre l'autorité des Médicis. Julien et Laurent de Médicis, petit-fils de Cosme (en italien, Cosimo de Medici), et fils de Pierre le Goutteux (Piero il Gottoso) sont violemment pris à partie dans la cathédrale (le Duomo) aux cris de « Popolo e libertà » (Peuple et liberté)...

Charles VIII roi, Anne de Beaujeu régente

Le roi Louis XI meurt le 30 août 1483 dans son manoir de Plessis-lez-Tours, à l'âge de 60 ans. Il avait peu avant désigné sa fille Anne de Beaujeu (22 ans) pour assurer la régence pendant la minorité de son fils et successeur, Charles VIII l'Affable (13 ans à son avènement). Il disait d'elle : « C'est la moins folle femme du monde, car, de sage, il n'y en a point ».

Anne, dite « Madame la Grande », et son mari Pierre de Beaujeu vont assurer la régence avec brio jusqu'en 1491, non sans avoir fait pendre au gibet de Montfaucon le conseiller de l'ancien roi, Olivier Le Daim. Ils font face surtout à la « Guerre folle » et, par le traité du Verger, préparent l'annexion de la Bretagne au royaume.

Malheureusement, le nouveau roi Charles VIII ne va pas montrer les mêmes dispositions. Amateur de romans de chevalerie et peu intelligent, il se lance dès sa majorité dans une calamiteuse expédition en Italie, à l'instigation de son conseiller Guillaume Briçonnet, qui deviendra cardinal et sera un moment excommunié par le pape !...

Le pape enquête sur les sorcières

Par une bulle du 5 décembre 1484, le pape Innocent VIII fait enquêter sur les sorciers, les sorcières et la sorcellerie, en vue de définir les signes auxquels on peut reconnaître le pacte d'un individu avec le démon !

Comme l'atteste cet acte, c'est curieusement à la fin du Moyen Âge, tandis que la foi médiévale recule au profit de la philosophie gréco-romaine, que les prétendues sorcières sont désignées à la vindicte publique !

Au Moyen Âge, on ne brûle pas les sorcières mais on les expose et on les traite en pauvres folles. Tout change à partir du moment où disparaît l'Inquisition, en France et dans les pays germaniques : les tribunaux civils héritent des procès en sorcellerie et les juges, à la différence des inquisiteurs, croient volontiers au pouvoir maléfique des sorcières. Ils les font en conséquence brûler à l'égal des hérétiques.

Les chasses aux sorcières sont un phénomène caractéristique de la Renaissance (fin du XVe siècle, XVIe et XVIIe siècles). Elles débutent vers 1430 et la plupart ont lieu entre 1560 et 1630. Elles se soldent par l'envoi au bûcher d'environ 30.000 à 60.000 malheureuses, pour environ le double de procès.

Ces persécutions sévissent avec le plus d'intensité dans les régions germaniques et surtout en Suisse. Dans le seul pays de Vaud, on compte un total de 1700 bûchers (jusqu'à 25 en une seule année !). La dernière sorcière, Anna Göldi, a été décapitée en 1782 dans le canton suisse de Gladis. Elle a été réhabilitée le 28 août 2008.

Bataille de Bosworth

Le 22 août 1485, le roi d'Angleterre Richard III trouve la mort à la bataille de Bosworth. Son vainqueur devient roi d'Angleterre sous le nom d'Henry VII Tudor, mettant fin à la « guerre des Deux-Roses » qui avait endeuillé le pays et saigné la noblesse pendant 30 ans.

La guerre avait été causée par la folie du roi Henri VI de Lancastre et la rébellion du duc Richard d'York contre la reine Marguerite d'Anjou. Richard mort, son fils avait pris le relais. Avec l'aide du comte de Warwick, le « Faiseur de Rois », il avait ceint la couronne sous le nom d'Édouard IV. Au terme de plusieurs rebondissements, il l'avait enfin emporté mais quelques mois après sa disparition, ses deux fils, les « enfants d'Édouard », avaient été assassinés par Richard d'York et l'usurpateur s'était fait couronné à son tour sous le nom de Richard III. Il n'allait pas longtemps profité de son crime...

Bartolomeu Dias contourne l'Afrique

Le 3 février 1488, le navigateur portugais Bartolomeu Dias (on écrit aussi en français Bartolomeo Diaz) fait escale en Afrique australe avant de rentrer à Lisbonne et ramener la preuve qu'il est possible de contourner le continent africain par le sud pour gagner l'océan Indien et l'Asie des épices...

Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier

Le 28 juillet 1488, le duc François II de Bretagne et les féodaux français en guerre contre la régente Anne de Beaujeu sont battus à Saint Aubin-du-Cormier par les troupes royales commandées par La Trémoille. C'est la fin de la « Guerre folle ».

Traité du Verger

Le 19 août 1488, le duc François II de Bretagne signe le traité du Verger avec le roi de France Charles VIII et sa soeur Anne de Beaujeu. Par ce traité, il met fin à la « Guerre folle » et fait le sacrifice de son indépendance...

Charles VIII épouse Anne de Bretagne

À l'aube du 6 décembre 1491, dans le château de Langeais, près de Tours, Charles VIII l'Affable épouse la duchesse Anne de Bretagne. Elle a 14 ans et le roi de France 21. C'est le début de la fin pour la Bretagne indépendante...

Chute de Grenade et fin de la Reconquista

Le 2 janvier 1492, la reddition de Boabdil, dernier rejeton de la dynastie nasride, met fin au royaume musulman de Grenade. Les juifs qui refusent de se convertir sont expulsés.

Les musulmans sont eux-mêmes convertis de force à l'initiative de Francisco Ximenez, ou Jimenez de Cisneros, confesseur de la reine Isabelle la Catholique et archevêque de Tolède...

Expulsion des juifs d'Espagne

Le samedi 31 mars 1492, la reine Isabelle de Castille et son mari Ferdinand d'Aragon signent un édit par lequel ils laissent aux juifs d'Espagne jusqu'au 31 juillet pour se convertir ou quitter le pays.

Plus d'une centaine de milliers de juifs et de marranes (faux convertis) choisissent l'exil. Ils s'établissent dans les États musulmans d'Afrique du Nord, à Salonique, cité grecque sous souveraineté ottomane, ou encore au Portugal voisin ou dans les États du pape, où leur sécurité est assurée ! Ils restent connus sous le nom de «sépharades», mot qui désigne l'Espagne dans leur langue dérivée de l'hébreu, le ladino.

Quelques marranes du Portugal s'installeront plus tard dans le Bordelais (parmi eux les ancêtres de l'écrivain Michel de Montaigne), d'autres en Hollande (parmi eux les ancêtres du philosophe Spinoza). Le décret d'Isabelle et Ferdinand sera aboli le 5 juin 1869 par un article de la Constitution espagnole.

Les Capitulations de Santa Fé

Le 17 avril 1492, les Rois Catholiques d'Espagne se laissent convaincre par les arguments de Christophe Colomb et acceptent de financer son projet de traverser l'océan Atlantique...

Martin Behaim réalise le premier globe terrestre

À Nuremberg, le 20 juin 1492, Martin Behaim achève le premier globe terrestre.

Pressentie deux mille ans plus tôt par Parménide, mesurée par Ératosthène et attestée par l'ouvrage Géographie de Ptolémée (IIe siècle après JC), la rotondité de la Terre n'est au Moyen Âge mise en doute par personne. Il faudra néanmoins attendre un demi-siècle de plus pour comprendre avec Copernic que la Terre tourne autour du Soleil et n'est qu'une planète parmi d'autres...

Christophe Colomb largue les amarres

Le 3 août 1492, Christophe Colomb quitte Palos de Moguer, le port de Séville, dans l'espoir de rejoindre la Chine et l'Asie des   épices...

Première grammaire castillane

Le 18 août 1492 (année admirable !), l'humaniste Antonio de Nebrija publie une Grammaire castillane. Cette première grammaire de langue vernaculaire éditée en Europe signe l'acte de décès du latin comme langue des élites et des dirigeants.

Christophe Colomb atteint le Nouveau Monde

1492 ! Christophe Colomb aborde le Nouveau Monde. Le 12 octobre, après deux longs mois de navigation, le navigateur gênois pose le pied sur une plage des Bahamas... en croyant atteindre le Japon !

La Fête de l'Hispanité

Tous les ans, le 12 octobre, les habitants de l'Espagne et les communautés de langue espagnole, en Amérique du Nord et du Sud, commémorent cet événement. C'est le jour de l'« Hispanidad » (ou Hispanité), aussi appelé « Día de la raza » (Jour de la race). Aux États-Unis, la découverte du Nouveau Monde est commémorée chaque année par un jour chômé, le « Columbus Day » (deuxième lundi d'octobre).

Christophe Colomb triomphe et... perd

Le 20 avril 1493, Christophe Colomb, auréolé par le succès de son expédition, se présente devant les Rois d'Espagne, Ferdinand et Isabelle, aux portes de Barcelone...

Bulle « Inter Caetera »

Le 4 mai 1493, moins d'un an après le fabuleux voyage de Christophe Colomb, le pape Alexandre VI Borgia signe la bulle « Inter Caetera » qui partage les terres à découvrir entre l'Espagne et le Portugal. Grâce à cette bulle, les Portugais ont pu s'approprier le Brésil.

2e expédition de Christophe Colomb

Le 25 septembre 1493, Christophe Colomb part pour une deuxième expédition. Il emmène cette fois 17 navires et 1500 hommes. C'est le début de la conquête et de la colonisation du Nouveau Monde.

Christophe Colomb en Guadeloupe

Le 3 novembre 1493, lors de son deuxième voyage vers le Nouveau Monde, Christophe Colomb aborde sur une île que ses habitants, des Indiens Caraïbes de féroce réputation, appellent Caloucaéra. Son nom sera transformé par les découvreurs européens en Guadeloupe. L'île, de même que la Martinique voisine, sera colonisée à partir de 1635 par les Français.

Charles VIII part pour l'Italie

Le 25 janvier 1494, le roi de France Charles VIII se met en marche pour l'Italie à la tête de 30.000 hommes et d'une importante artillerie....

Partage du monde à Tordesillas

Le 7 juin 1494, le Portugal et l'Espagne signent sous l'égide du pape le traité de Tordesillas par lequel ils se partagent le globe ! Suite à quoi le Brésil fut portugais et le reste de l'Amérique du sud espagnol..

Entrée triomphale de Charles VIII à Naples

Le 12 mai 1495, Charles VIII fait une entrée triomphale à Naples à la tête d'une armée de 40.000 hommes.

Revendiquant l'héritage du « bon roi René », le roi de France a chassé sans difficulté de Naples les troupes du roi Ferdinand d'Aragon. Mais il doit bientôt faire face aux Italiens unis dans la Ligue de Venise.

Il revient précipitamment en France mais se montre prêt à retenter l'aventure. C'est le début des longues guerres d'Italie.

« Furia francese » à Fornoue

Le 6 juillet 1495, comme le roi Charles VIII se replie en France avec son armée après avoir échoué dans sa tentative d'occuper Naples, voilà que la Ligue de Venise tente de lui barrer le chemin du retour à Fornoue, une petite ville proche de Parme, au nord-ouest des Apennins.

Face à cette coalition italienne bien supérieure en nombre, les Français, au prix d'un immense effort, arrivent malgré tout à dégager le passage. La cavalerie royale offre une démonstration cuisante de la « furia francese » (fureur française). L'expression, due aux Italiens, fera florès...

« Bûcher de vanité » à Florence

Le 7 février 1497, à la veille du Carême, le prédicateur Jérôme Savonarole organise à Florence, place de la Seigneurie, un grand « bûcher de vanité » (en italien Falò delle vanità) où bourgeois et coquettes jettent les attributs du luxe : jeux, instruments de musique, oeuvres d'art et jusqu'aux ouvrages de Boccace et Pétrarque...

Certains artistes participent de leur propre chef à la fête. C'est le cas de l'illustre Botticelli, ancien protégé de Laurent le Magnifique, qui jette lui-même dans le brasier certaines de ses toiles d'inspiration mythologique ! Un tel comportement n'est pas sans rappeler les intellectuels du XXe siècle convertis à l'idéologie communiste. Beaucoup d'autres artistes sont contraints à l'exil.

Jean Cabot aborde àTerre-Neuve

Le 24 juin 1497, le Matthew aborde aux îles plus tard appelées Cap-Breton et Terre-Neuve, à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent (Canada).

Le capitaine est un Génois du nom de Giovanni Caboto (ou Jean Cabot), au service du roi d'Angleterre...

Avènement de Louis XII

Le roi de France Charles VIII meurt prématurément à 28 ans, le 7 avril 1498, en heurtant le linteau d'une porte basse du château d'Amboise !

Lors de ses obsèques à l'abbaye de Saint-Denis est pour la première fois lancée la formule : « Le roi est mort, vive le roi ! » Elle signifie que l'État continue en la personne de son successeur légitime, en l'occurrence son lointain cousin Louis d'Orléans, qui devient Louis XII à 36 ans.

Le nouveau roi pousse le devoir (!) jusqu'à répudier sa femme Jeanne la Boîteuse et épouser sa veuve, Anne de Bretagne. Au duc de la Trémoille qui l'avait combattu, il adresse ces paroles dignes d'un grand homme d'État : « Le roi de France ne venge pas les injures du duc d'Orléans ».

Vasco de Gama aborde à Calicut

Le 20 mai 1498, Vasco de Gama aborde à Calicut, en Inde. À 29 ans, le navigateur portugais devient le premier Européen à rallier l'Inde par la mer, en contournant l'Afrique. C'est l'aboutissement du prodigieux rêve entretenu par les Portugais depuis près d'un siècle...

Savonarole est pendu et brûlé à Florence

Le 23 mai 1498, Savonarole est exécuté à Florence. Dès la fin du règne de Laurent de Médicis, le prieur dominicain avait voulu assainir les moeurs florentines...

Les Portugais s'installent au Brésil

Le 22 avril 1500, treize caravelles portugaises arrivent en vue de côtes inconnues au sud-ouest de l'océan Atlantique. Pedro Álvares Cabral et ses 1200 hommes viennent de découvrir ce qui deviendra le Brésil, principale colonie du Portugal...

Traités de Blois

Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, détestait François d'Angoulême, futur François 1er, et ne voulait à aucun prix lui donner sa fille Claude en mariage !...

Le 22 septembre 1504, elle profite d'une maladie de son mari pour le convaincre de signer trois traités avec l'empereur d'Allemagne Maximilien 1er selon lesquels Claude épouserait le petit-fils de l'empereur (le futur Charles Quint) et lui apporterait en dot de nombreuses et belles provinces.

Mais Louis XII, revenu à lui, comprend qu'en l'absence de ce mariage avec son héritier, le duché de Bretagne risque d'échapper une nouvelle fois à la France ! Il impose donc par testament le 31 mai 1505 le mariage de sa fille avec François d'Angoulême (le mariage aura lieu le 8 mai 1514, peu après la mort de la duchesse Anne). Les traités seront annulés le 14 mai 1506 par les états généraux de Tours qui rappelleront que la loi fondamentale du royaume interdit l'aliénation du domaine de la couronne.

Découverte du Laocoon

Le 14 janvier 1506, des fouilles près des anciens thermes de Trajan, à Rome, mettent au jour un groupe sculpté monumental d'origine hellénistique.

Laocoon et ses fils (oeuvre de Agésandros, Athanadoros et Polydore, vers 40 av. J.-C., d'après un original de 200 av. J.-C., Musée Pio-Clementino, Rome) Cette oeuvre fameuse, réalisée à Rhodes vers 40 av. J.-C., représente Laocoon et ses fils assaillis par les serpents. Selon l'Énéide de Virgile, Laocoon est un prêtre de Troie qui aurait tenté en vain de dissuader ses concitoyens de faire entrer dans la ville le cheval de bois abandonné sur la plage par les assiégeants grecs (voir L'Iliade).

«Je crains les Grecs, même lorsqu'ils apportent des présents», aurait-il lancé en désespoir de cause. Là-dessus, des serpents sortis de l'eau auraient dévoré ses deux fils et lui-même avant de se réfugier sous l'autel d'Athéna. Les Troyens, terrorisés, y auraient vu la confirmation qu'ils devaient honorer le cheval, cadeau de la déesse, et l'auraient fait entrer dans leur ville... avec les guerriers grecs qui s'y trouvaient cachés.

Cette oeuvre monumentale était une pièce maîtresse de la Maison dorée (Domus aurea construite par Néron après l'incendie de Rome.

Construction de Saint-Pierre de Rome

Le 18 avril 1506, le pape Jules II, issu de la famille des Médicis, pose la première pierre de la future basilique de Saint-Pierre de Rome.

La construction de cet édifice somptueux, le plus grand de la Chrétienté, va nécessiter d'énormes dépenses et entraîner la hiérarchie catholique à pressurer les fidèles. C'est ainsi que se développera le trafic des Indulgences, qui sera à l'origine de la Réforme protestante.

Christophe Colomb s'éteint à Valladolid

Le 20 mai 1506, Christophe Colomb meurt à Valladolid, en Espagne, richissime mais dans une grande solitude. Après avoir caressé des rêves immenses, le navigateur gênois va sombrer dans l'oubli jusqu'au XIXe siècle...

Et Waldseemüller inventa l'Amérique...

Le 25 avril 1507, à Saint-Dié, dans les Vosges, est imprimé un document qui porte pour la première fois la mention d'un nom appelé à faire date : America ! Ce document révolutionnaire n'est rien de plus que le commentaire d'une grande carte du monde nommée Universalis Cosmographiæ où il est fait référence aux quatre voyages d'Amerigo Vespucci. Repris en 1538 par le cartographe Mercator, le mot Amérique (America) entre alors dans l'usage courant...

Venise est battue à Agnadel

Le 14 mai 1509, la République de Venise est vaincue à Agnadel, non loin de Milan, par la Ligue de Cambrai...

Albuquerque conquiert Goa

Le 25 novembre 1510, Afonso de Albuquerque, surnommé le « Mars portugais », entre en conquérant dans la cité de Goa, sur la côte occidentale de l'Inde. La ville va devenir jusqu'en... 1961 la capitale des Indes portugaises.

Gaston de Foix gagne et meurt à Ravenne

Le 11 avril 1512, à Ravenne, pendant les guerres d'Italie, les Français défont les Vénitiens et les Espagnols réunis dans une Sainte Ligue coordonnée par le pape Jules II. Mais leur victoire est assombrie par la mort de leur général, Gaston de Foix, un jeune homme de seulement 23 ans.

Neveu du roi Louis XII, celui-ci a très tôt révélé dans la guerre des talents exceptionnels de stratège qui lui ont valu le surnom de Foudre d'Italie avant que la mort ne l'emporte prématurément.

Inauguration de la Sixtine

Le 31 octobre 1512 est inaugurée la fresque de la chapelle Sixtine, oeuvre maîtresse de Michel-Ange (Michelangelo Buonarroti).

La chapelle Sixtine doit son nom au pape Sixte IV, né Francesco della Rovere, qui l'a faite ériger au cœur des palais du Vatican en 1481-1483, à la place de l'ancienne Capella Magna du Moyen Âge.

Conçue par l'architecte Baccio Pontelli, la nouvelle chapelle a 40 mètres de long, 13 de large et 21 de haut. Ses murs (2500 m2) sont alors peints à fresque par d'illustres artistes tels Botticelli, Ghirlandaio ou Le Pérugin. Elle est inaugurée le 15 août 1483 et consacrée à la Vierge de l'Assomption.

En 1508, le pape Jules II commande à son artiste favori, Michel-Ange (33 ans), la décoration de la voûte avec des scènes et des personnages de la Bible, comme ci-dessous la Création de l'Homme. Ce travail en hauteur est accompli dans des conditions très éprouvantes.

En 1535, enfin, le pape Clément VII rappelle Michel-Ange, alors âgé de 60 ans, et lui demande de décorer le mur de l'autel. L'immense fresque, qui représente le Jugement dernier, est achevée six ans plus tard. La chapelle apparaît depuis lors comme le plus remarquable ensemble de fresques qui soit.

La Création de l'Homme

Mascarenhas découvre l'archipel à son nom

Le 9 février 1513, un navigateur accoste sur une île inconnue au coeur de l'Océan Indien. Il a moins de trente ans et se nomme Pedro de Mascarenhas. En 1528, son compatriote et ami Diogo Rodrigues va donner son nom à l'archipel qu'il vient de découvrir...

Ponce de Léon aborde en Floride

Le 2 avril 1513, le conquistador espagnol Juan Ponce de Léon aborde un rivage encore inconnu au nord des Antilles. Il s'agit d'une presqu'île qu'il baptise Florida, sans doute parce que la découverte coïncide avec la Pascua Florida, la Pâques fleurie ou fête des Rameaux.

Il en prend possession au nom de l'Espagne, qui la cèdera beaucoup plus tard, en 1819, aux États-Unis.

En posant le pied en Floride, Juan Ponce de Léon, qui fut précédemment gouverneur de l'île de Puerto Rico, peut être donc considéré comme le premier Européen à avoir foulé le sol des futurs États-Unis...

Balboa découvre l'océan Pacifique

Le 25 septembre 1513, le conquistador espagnol Vasco Núñez de Balboa (38 ans) arrive après plusieurs jours de marche à travers la cordillère d'Amérique centrale en vue d'un océan encore inconnu...

Turcs contre Perses à Tchaldiran

Le 23 août 1514, l'armée du sultan ottoman Sélim 1er se heurte à celle du chah de Perse, Ismaïl 1er, fondateur de la dynastie des Séfévides. Le premier représente l'islam sunnite, le second se présente comme le champion de la minorité chiite. Il a imposé cette religion dissidente dans son empire...

Avènement de François 1er

Avec la mort de Louis XII (53 ans), de la branche des Valois-Orléans, le trône de France passe le 1er janvier 1515 à son cousin François 1er (20 ans), fils du comte d'Angoulême et de Louise de Savoie.

Celui-ci a épousé l'année précédente Claude de France, fille de Louis XII et Anne de Bretagne. Le nouveau roi n'a rien de plus pressé que de reprendre le chemin de l'Italie comme ses prédécesseurs...

François 1er bat les Suisses à Marignan

Le 13 septembre 1515, le jeune roi François 1er écrase les Suisses dans la plaine du Pô, à Marignan... comme ne l'ignore aucun écolier ou ancien écolier de France...

Concordat de Bologne

Le 18 août 1516, dans la foulée de sa victoire de Marignan, le roi François 1er conclut avec le pape Léon X un concordat qui annule la « Pragmatique Sanction » de Bourges régira les relations entre la France et le Saint-Siège jusqu'en 1790.

Ce texte, négocié par le chancelier Antoine Duprat, donne satisfaction au souverain pontife car il reconnaît sa suprématie sur les conciles. Mais il satisfait aussi le roi en lui donnant le droit de nommer les titulaires des sièges ecclésiastiques dans son royaume (abbés, évêques, archevêques). Cette disposition va introduire dans l'Église de France une division entre un haut clergé composé de courtisans et un bas clergé pauvre et mal loti.

« Paix perpétuelle » entre Français et Suisses

Le 29 novembre 1516, le roi de France François 1er signe à Fribourg une « paix perpétuelle » avec les cantons suisses. C'est la conséquence de sa victoire sur les Suisses à Marignan.

Exécution du dernier sultan d'Égypte

Le 13 avril 1517, le sultan ottoman Sélim 1er fait exécuter le dernier sultan mamelouk d'Égypte. Trois ans plus tôt, il a vaincu le chah de Perse sans toutefois s'emparer de son empire. Maître de l'Égypte, le sultan ottoman met également la main sur la péninsule arabe et les deux villes saintes de Médine et La Mecque. Il s'arroge le titre religieux de calife et transfère à Istamboul le califat, autorité suprême des musulmans de la mouvance sunnite.

Les 95 thèses de Luther

Le 31 octobre 1517, sur la porte de l'église du château de Wittenberg, en Saxe, Martin Luther, un moine allemand affiche 95 thèses où il dénonce les scandales de l'Église de son temps. Il va diviser la chrétienté occidentale et donner naissance à la Réforme protestante.

Zwingli, un Suisse rival de Luther

Le 11 décembre 1518, le chapitre de Zurich élit le prédicateur Ulrich Zwingli à la cure de la cathédrale. C'est le début d'une réforme religieuse originale, concurrente de celle de Luther...

Cortez quitte Cuba pour le Mexique

Le 18 février 1519, Hernan Cortez quitte Cuba avec une petite troupe de soldats. Il gagne la côte du Mexique avec l'idée de conquérir les royaumes mystérieux qui s'y trouvent. C'est le début de la pénétration européenne sur le continent américain.

Charles Quint est élu empereur d'Allemagne

Le 28 juin 1519, Charles Quint est élu empereur d'Allemagne. Son adversaire malheureux est le roi de France François 1er...

Le Camp du Drap d'Or

Les rois de France et d'Angleterre se rencontrent le 7 juin 1520 dans la campagne flamande, entre Guînes et Ardres, deux petites villes proches de Calais, respectivement française et anglaise.

L'entrevue se déroule dans un camp de toile d'un luxe inouï, aménagé en quelques semaines par 6.000 artisans. Son surnom de «Camp du Drap d'Or» fait référence à la somptueuse tente du roi de France, avec deux mâts entre lesquels est tendu un drap d'or doublé de velours bleu et semé de fleurs de lys...

« Noche triste » à Tenochtitlan

La nuit du 30 juin au 1er juillet 1520 reste connue sous le nom de «Noche Triste» (Triste Nuit) dans l'Histoire de l'Espagne.

Le destin du Mexique et de l'Amérique espagnole s'est joué en effet en ces heures tragiques où Hernan Cortés (on écrit aussi Fernando Cortez) s'est échappé de la future Mexico. Avec sa victoire d'Otumba, quelques jours plus tard, le conquistador a définitivement pris le pas sur les orgueilleux sujets de Montezuma et Cuauhtémoc...

Magellan franchit le détroit à son nom

Le 21 octobre 1520, Fernand Magellan franchit le détroit qui portera son nom, à la pointe sud du continent américain. Le navigateur baptise la Terre de Feu et l'Océan Pacifique.

Luther devant la Diète de Worms

Le 17 avril 1521, Martin Luther se rend devant la Diète de Worms pour se justifier de ses accusations portées contre la hiérarchie catholique. Mis au ban de l'Empire, il se cache chez son protecteur, l'Électeur Frédéric de Saxe, dit le Sage.

Cortés entre à Tenochtitlan

Le 13 août 1521, Hernan Cortés entre à Tenochtitlan, capitale de l'empire aztèque, vaincue par un long siège qui a réduit sa population à la famine.

L'orgueilleuse métropole va être détruite pierre à pierre et sur son emplacement sera érigée Mexico, centre de la colonisation espagnole en Amérique centrale.

Les Français défaits à La Bicoque

Le 29 avril 1522 s'affrontent à La Bicoque (en italien Bicocca), les troupes du roi de France François 1er et de l'empereur d'Allemagne Charles Quint...

Le tour du monde de Magellan et Del Caño

Le 6 septembre 1522, au coucher du soleil, une nef en piteux état entre dans le port de San Lucar, en Andalousie. À son bord, 18 hommes épuisés, conduits par le basque Sébastian Del Cano (un ancien bagnard).

C'est tout ce qui reste des 5 caravelles et des 265 marins qui ont quitté l'Espagne trois ans auparavant, en direction de l'ouest, sous la direction de Fernand de Magellan...

Soliman le Magnifique s'empare de Rhodes

Le 20 décembre 1522, après cinq mois de siège, le sultan ottoman Soliman le Magnifique, avec le concours du vizir Ibrahim Pacha, s'empare de la forteresse de Rhodes que défendaient les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Ces chevaliers quittent l'île pour une autre, Malte, au coeur de la Méditerranée. Ils en seront chassés trois siècles plus tard par un autre conquérant, Bonaparte.

Le connétable de Bourbon trahit François 1er

Le connétable Charles III de Bourbon perd en avril 1521 sa femme Suzanne de Bourbon, fille d'Anne et Pierre de Beaujeu. Se pose alors la question de son immense héritage, sur lequel lorgne Louise de Savoie, la mère du roi. François 1er, qui n'aime pas son cousin, fait prononcer le séquestre de ses biens.

De dépit, Charles de Bourbon, connétable de France (chef des armées), rencontre en secret les émissaires du roi anglais Henri VIII et de l'empereur Charles Quint, le 11 juillet 1523, en vue de négocier un partage de la France.

François 1er, qui se doute de quelque chose, rend visite à son cousin dans sa ville de Moulins. Il le trouve au lit et multiplie les promesses à son égard. Mais à peine a-t-il le dos tourné que le connétable saute sur un cheval et, non sans mal, rejoint, sous un déguisement, les lansquenets allemands qu'il a recrutés et qui l'attendent dans le Dauphiné. Il va désormais conduire les armées impériales contre la France jusqu'à sa mort devant Rome.

Verrazane explore la côte nord-américaine

Le 7 mars 1524, Jean de Verrazane (né Giovanni da Verrazano ou Verrazzano) aborde en Caroline du Sud. Il fait ensuite escale sur une rivière qu'il baptise Vendôme et qui sera plus tard appelée Hudson, la rivière de New York. Le navigateur baptise cet endroit Terre d'Angoulême en l'honneur du roi de France François 1er, ex-duc d'Angoulême.

L'entrée du port de New York, en face de la statue de la Liberté, porte aujourd'hui son nom...

François 1er est fait prisonnier à Pavie

Le 24 février 1525, le roi de France François 1er est fait prisonnier au cours d'une mémorable bataille à Pavie, près de Milan.

«De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur, et la vie qui est sauve», écrit-il à sa mère Louise de Savoie dans la belle langue de l'époque...

Fin de la guerre des Paysans

Le 15 mai 1525, la défaite de Thomas Münzer, chef des paysans de Thuringe, à Frankenhausen met un terme à la guerre des Paysans qui a ravagé pendant plusieurs mois l'Allemagne du sud, faisant environ 100.000 victimes. Ces malheureux s'étaient soulevés pour réclamer l'abolition du servage et l'allègement des taxes. Martin Luther, chef de la Réforme religieuse, avait pris parti contre eux en appelant les nobles à écraser leur révolte de la façon la plus brutale qui soit.

François 1er promet... et ne tient pas

Le 14 janvier 1526, le roi de France François 1er, prisonnier de l'empereur Charles Quint depuis sa défaite de Pavie, signe le traité de Madrid avec son vainqueur. Il s'empressera d'en renier les clauses sitôt libéré...

Babour chah bat le sultan de Delhi

Le 21 avril 1526, sur le célèbre champ de bataille de Panipat, près de Delhi, le turc Babour chah (ou Babur) écrase l'armée du sultan musulman de Delhi, Ibrahim Lodi, grâce à son artillerie. Sa victoire marque la naissance du dernier grand empire indien avant l'occupation britannique : l'empire moghol...

Soliman triomphe à Mohacs

Le 29 août 1526, le sultan ottoman Soliman II le Magnifique bat les Hongrois à Mohacs. La Hongrie disparaît en tant qu'État indépendant...

Babur chah écrase les princes rajpoutes

Le 16 mars 1527, Babur chah écrase les princes rajpoutes à Khanoua. L'année précédente, le chef turc avait déjà écrasé le sultan de Delhi. Sa dynastie allait dominer les Indes jusqu'à l'arrivée des Anglais.

Mort du connétable de Bourbon et mise à sac de Rome

Le 6 mai 1527, les lansquenets allemands du connétable de Bourbon, au service de l'empereur Charles Quint, mettent Rome à sac. Le pape doit s'enfuir de même que sa cour et les artistes qui ont magnifiquement illustré la Renaissance italienne. L'empereur Charles Quint, catholique sincère, ressent avec amertume ce coup sacrilège porté au Saint-Siège, qui vient après le déclenchement de la Réforme luthérienne.

Protestation des luthériens à Spire

Lors d'une Diète impériale, à Spire, en 1526, une communication de l'empereur Charles Quint avait permis aux partisans de Luther d'espérer quelques accommodements. Trois ans plus tard, la Diète se réunit à nouveau à Spire mais, cette fois, l'empereur Charles Quint se montre intransigeant.
Le 19 avril 1529, cinq princes et les représentants de 14 villes répliquent par une protestation solennelle : « Nous protestons devant Dieu, ainsi que devant tous les Hommes, que nous ne consentons ni n'adhérons au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte Parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes ». De là le mot protestant sous lequel se feront plus tard appeler l'ensemble des partisans de la Réforme [au sens de : professer sa foi, du latin pro (pour) + testare (témoigner)].

La « Grande Rebeyne »

Le 25 avril 1529 éclate à Lyon la « Grande Rebeyne », une émeute de la faim d'une violence inédite. Elle fait suite à plusieurs années de récoltes médiocres et de disettes. C'en est fini du « beau XVIe siècle » et de la première Renaissance française.

Deux ans plus tard, la bourgeoisie lyonnaise fonde l'Aumônerie générale, pour prévenir le retour de pareilles émeutes. C'est le début de la charité organisée.

Barberousse et les Turcs s'emparent d'Alger

Le 21 mai 1529, les janissaires turcs de Barberousse s'emparent de la puissante forteresse espagnole qui se dresse face à Alger, le Penon...

Traité de Cambrai et « paix des Dames »

Le 3 août 1529 est signée à Cambrai la « paix des Dames », ainsi surnommée parce qu'elle a été négociée par Louise de Savoie, mère du roi de France François 1er, et Marguerite d'Autriche, tante de l'empereur Charles Quint, qui administre les Pays-Bas en son nom.

Trois ans plus tôt, le 22 mai 1526, après sa défaite de Pavie, François 1er avait formé avec la République de Venise et le Saint-Siège la Ligue de Cognac. Cette nouvelle guerre d'Italie avait abouti à de nouveaux échecs et s'était signalée par le sac de Rome.

Menacé par une offensive à revers du sultan ottoman Soliman le Magnifique, l'empereur choisit de négocier. Il rend au roi de France ses fils gardés en otage depuis le traité de Madrid.

Soliman échoue devant Vienne

Le 27 septembre 1529, le sultan ottoman Soliman le Magnifique (Suleyman) met le siège devant Vienne, capitale des Habsbourg, pour soutenir la candidature de Jean Zapolya à la succession de Louis II sur le trône de Hongrie, contre Ferdinand d'Autriche, frère de Charles Quint.

La résistance des habitants et celle des vingt mille soldats de sa garnison ont raison de sa détermination et il doit bientôt se retirer.

La Confession d'Augsbourg

Devant la Diète du Saint Empire romain germanique, à Augsbourg, l'empereur Charles Quint propose d'arbitrer la lutte religieuse entre les luthériens et le pape. Il a besoin en effet du soutien de toute la noblesse allemande pour repousser une offensive turque.

Mais les théologiens catholiques rejettent la profession de foi de Luther, connue sous le nom de « Confession de foi d'Augsbourg » et présentée le 25 octobre 1530 par Philippe Melanchton...

Naissance de la Ligue de Smalkalde

Le 27 février 1531, différentes principautés et villes d'Allemagne constituent à Smalkalde, en Thuringe, une ligue destinée à tenir tête à l'empereur Charles Quint. Les ligueurs, tous protestants de confession luthérienne, entendent avant tout préserver leur liberté religieuse. Pour cela, ils ne craignent pas de solliciter l'aide du très catholique roi de France.

Après la paix de Crépy-en-Laonnois conclue en 1544 avec François 1er, l'empereur décide d'en finir avec la ligue. Il met au ban de l'Empire ses deux chefs, l'Électeur Jean-Frédéric de Saxe et le landgrave de Hesse. Après une victoire des troupes impériales à Mühlberg, en Saxe, le 24 avril 1547, le landgrave fait sa soumission tandis que l'Électeur est déposé et remplacé par son rival Maurice de Saxe.

Malgré ce succès, Charles Quint va devoir se résigner par le recès d'Augsbourg à la division religion de l'Allemagne.

Pizarre s'empare de l'Inca Atahualpa

Le 16 novembre 1532, l'Inca Atahualpa, ou «fils du Soleil», se rend en grande pompe auprès de Pizarre dans l'espoir de sauver son pays, l'empire inca.

Son arrestation par traîtrise va livrer aux Espagnols l'immense empire des Andes, ses villes et ses mines...

Exécution de l'Inca Atahualpa

Le 29 août 1533, Pizarre met à mort l'Inca Atahualpa. Le conquistador, un vacher illettré reconverti à cinquante ans dans la guerre de pillage, n'hésite pas à trahir sa promesse d'épargner l'Inca si celui-ci lui remettait la rançon exigée. Pizarre lui-même finira sous le poignard de ses acolytes. Mauvais prémices pour le Pérou colonial.

Excommunication du roi Henri VIII

Le 23 mars 1534, le roi d'Angleterre Henri VIII Tudor est excommunié par le pape qui n'accepte pas son divorce avec Catherine d'Aragon et son remariage avec Anne Boleyn.

L'Affaire des placards

Dans la nuit du 18 octobre 1534, des protestants placardent des proclamations contre la messe jusque sur la porte de la chambre de François 1er, à Amboise...

Jacques Cartier baptise le Saint-Laurent

Lors de son deuxième voyage en direction de la Nouvelle-France, l'explorateur Jacques Cartier (43 ans) atteint le 9 août 1535 l'embouchure du Saint-Laurent qu'il avait d'abord confondue avec le mythique passage du Nord-Ouest entre Atlantique et Pacifique. Il baptise le fleuve d'après le saint du... lendemain, Laurent.

Il remonte le fleuve et accoste sur une île, près du village indien d'Hochelaga, en un lieu qui deviendra plus tard Ville-Marie puis Montréal. Il donne au pays environnant le nom de Canada, d'après le mot indien qui désigne tout simplement un village. Il prend possession de ces terres au nom du roi de France François 1er.

Jacques Cartier découvre le site de Montréal

Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier découvre au confluent du fleuve Saint Laurent et de la rivière des Outaouais (qui ont donné leur nom à la ville d'Ottawa) une île qu'il baptisera « Mons realis ».

Sur cette île occupée par le village huron d'Hochelaga a été fondée la ville de Montréal le 17 mai 1642.

Capitulations entre François 1er et Soliman le Magnifique

Le 4 février 1536, François 1er signe le traité des Capitulations avec le sultan Soliman le Magnifique. Il offre aux navires battant pavillon français le privilège de commercer avec toutes les côtes de l'empire turc, ce qui va assurer la prospérité de Marseille. Il confie aussi au roi de France la protection des Lieux Saints et des chrétiens de l'empire.

Ce traité, destiné à prendre de revers l'empereur Charles Quint, atteste que l'intérêt national l'emporte désormais sur la solidarité des chrétiens face aux menaces ottomanes. L'empire turc est un État comme un autre, avec lequel on s'allie, on fait la guerre et on commerce en fonction des intérêts de chacun. Le traité des Capitulations restera en vigueur jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Quesada explore la Nouvelle-Grenade

Le 6 avril 1536, le conquistador Gonzalo Jimenez de Quesada quitte Santa Marta, sur la côte atlantique de l'actuelle Colombie. Remontant le cours du fleuve Magdalena, il gagne l'intérieur avec 600 hommes et une centaine de chevaux, explore le pays et fonde sa future capitale, Santa Fé de Bogotá.

Il nourrit également le mythe de l'Eldorado (ou El dorado) et découvre la pomme de terre, cultivée par les Indiens chibchas des plateaux andins...

Ann Boleyn décapitée

Le 19 mai 1536, Ann Boleyn est décapitée sur ordre de son mari, le roi d'Angleterre Henri VIII Tudor. Ce dernier avait pris le risque d'une excommunication et d'une rupture avec Rome pour pouvoir l'épouser mais après deux ans de mariage, il n'avait pas supporté de gros soupçons d'adultère. La fille d'Ann Boleyn et d'Henri VIII n'en règnera pas moins sur le pays. Elle en sera le plus grand souverain de toute son Histoire sous le nom d'Elizabeth 1ère.

Genève passe à la Réforme

Le 21 mai 1536, à Genève, le Conseil des Deux Cents se prononce en faveur de la Réformation religieuse sous l'inspiration du prédicateur Jean Calvin. L'auteur de L'Institution de la Religion chrétienne a été appelé à Genève par Guillaume Farel. La petite république urbaine va dès lors devenir le siège européen du calvinisme, la forme la plus rigoureuse du protestantisme...

François 1er introduit la loterie en France

La première loterie d'État (lotto) est organisée à Florence en 1530. François 1er, très attentif comme chacun sait aux innovations d'outre-monts, introduit la loterie dans son royaume par un édit du 21 mai 1539.

Plus tard, Louis XVI fonde la Loterie Royale, épaulée par 700 buralistes et des colporteurs qui, deux fois par mois, «vendent de la chance». Après la Première Guerre mondiale, enfin, on instaure la Loterie Nationale pour venir en aide aux «Gueules cassées» (soldats victimes de graves mutilations faciales)...

Ordonnance de Villers-Cotterêts

Le 10 août 1539, par son ordonnance de Villers-Cotterêts, le roi François 1er exige que désormais, en France, tous les actes légaux et notariés soient rédigés en français et non plus seulement en latin. Il institue aussi l'état civil.

L'ordonnance, qui a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, est parfois connue sous le nom de Guilelmine...

Fondation de la Compagnie de Jésus

Le 27 septembre 1540, le pape Paul III signe la bulle qui porte fondation de la Compagnie de Jésus...

Fondation de Santiago du Chili

Le 12 février 1541, Pedro de Valdivia dresse l'acte de fondation d'une nouvelle ville, au sud de la cordillère des Andes. Il la baptise Santiago del Nuevo Estremo, en l'honneur de Saint Jacques et de la province espagnole d'Estrémadure où il est né.

La future capitale du Chili est située dans une magnifique vallée, verdoyante à souhait...

Assassinat de Pizarre

Le 26 juin 1541, à Lima, au Pérou, le « conquistador » Francis Pizarre est assassiné pendant son déjeuner par les amis de son ancien associé, Almagro, qu'il avait lui-même fait exécuter.

Catherine Howard décapitée

Le 12 février 1542, Catherine Howard, cinquième femme du roi d'Angleterre Henry VIII, est décapitée en raison de son inconduite notoire.

Barberousse s'invite chez François 1er

Le 14 octobre 1543, le corsaire turc Barberousse (Kheir ed-Din) ancre dans la rade de Toulon avec 200 galères et 30.000 hommes...

Traité de Crépy-en-Laonnois

Par le traité de Crépy-en-Laonnois, le 18 septembre 1544, François 1er renonce à ses prétentions sur Naples et à sa suzeraineté sur le comté de Flandre et l'Artois, tandis que Charles Quint renonce au duché de Bourgogne. Par ailleurs, Charles d'Orléans, l'un des fils de François 1er, doit épouser soit une fille de Charles Quint, avec en dot la Franche-Comté, soit une fille de son frère Ferdinand, avec en dot le Milanais ! Sa mort un an plus tard rend caduque l'« alternative ».

Pierre de Ronsard rencontre Cassandre au bal

Pierre de Ronsard, clerc et aumônier ordinaire du roi François 1er, a 20 ans quand il rencontre le 21 avril 1545, à Blois, lors d’un bal, la fille du banquier italien Bernard Salviatti, heureux propriétaire du château voisin de Talcy.

Née en 1531, la jeune fille a 14 ans et se prénomme Cassandre. Le jeune homme se prend d’amour pour elle mais ne peut rien en attendre car il est déjà tonsuré et ne peut se marier. Au demeurant, il est aussi passablement sourd.

Pierre de Ronsard (11 septembre 1524, château de la Possonnière - 28 décembre 1585
Prieuré de Saint-Cosme, Tours), portrait posthume, vers 1620, musée de Blois Il lui dédie le recueil Les Amours de Cassandre (paru en 1552) et son ode célèbre :
« Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil… »

Le poète, apprécié à la cour des Valois, se console de ses déboires amoureux en constituant deux ans plus tard, avec son ami Joachim du Bellay et quelques autres poètes, un cercle littéraire, la Pléiade dont l'objectif est de de promouvoir la langue française face à l'omnipotence du latin et de l’italien.

Concile de Trente et Contre-Réforme

Le pape Paul III convoque en 1542 un grand concile oecuménique à Trente. Ce concile débute officiellement le 13 décembre 1545...

Ivan IV fonde la Russie moderne

Le 16 janvier 1547, Ivan IV est sacré tsar de toutes les Russies. Il fera, autour de Moscou, l'unité du futur empire russe. Ses méthodes lui vaudront d'être surnommé Ivan le Terrible...

Avènement d'Henri II

La mort à 53 ans du roi François 1er, à Rambouillet, le 31 mars 1547, amène sur le trône de France le deuxième fils qu'il a eu avec Claude de France : Henri II (28 ans tout juste). Marié à 14 ans à Catherine de Médicis, le nouveau roi lui préfère néanmoins Diane de Poitiers, de vingt ans plus âgée que lui. Elle a su le consoler d'une pénible captivité à Madrid, otage de l'empereur Charles Quint...

Le « coup de Jarnac »

Le 10 juillet 1547, le roi de France Henri II rétablit officiellement le duel judiciaire, une pratique interdite depuis Saint Louis, pour solder une querelle entre François de Vivonne, seigneur de La Châtaigneraie, et Guy Chabot, par ailleurs baron de Jarnac.

Ce dernier, en mauvaise posture, vainc son adversaire par surprise.

L'expression «coup de Jarnac» va ainsi devenir synonyme d'habileté mais sera détournée de son sens à la fin du XVIIIe siècle par le Dictionnaire de Trévoux qui préfèrera y voir une manoeuvre traîtresse et déloyale...

Controverse de Valladolid

Le 15 août 1550 s'ouvre dans la chapelle du collège Saint-Grégoire de Valladolid, au nord-ouest de l'Espagne, une controverse appelée à faire date. Convoquée par l'empereur Charles Quint, elle oppose ses représentants à des frères dominicains sur le point de savoir s'il est légitime de convertir les Indiens d'Amérique par la contrainte et de les soumettre au travail forcé.

Le débat est présidé par l'envoyé du pape Salvatore Roncieri. Frère Juan Ginès de Sepulveda, chapelain de l'empereur, défend l'idée que les Indiens sont des êtres cruels et irrationnels, pas tout à fait des hommes, et appuie ses dires sur l'enseignement des philosophes païens de l'Antiquité, dont Aristote.

Son contradicteur, le vieux dominicain Bartolomeo de Las Casas (76 ans), auteur d'une Très brève relation sur la destruction des Indes, rappelle les souffrances infligées par les colons aux Indiens et souligne l'humanité de ceux-ci et l'universalité de l'Évangile. C'est cet homme de coeur et de courage qui en définitive remportera la controverse. On peut légitimement lui attribuer la première formulation des droits de l'Homme.

Michel Servet est condamné au bûcher

Le 26 octobre 1553, Michel Servet est condamné au bûcher comme hérétique par le Grand Conseil de la république de Genève. Il est brûlé le lendemain à Champel, aux portes de la ville...

Ambroise Paré devient docteur en chirurgie

Le 8 décembre 1554, sur les instances du roi Henri II, la Faculté de Paris se résigne à coiffer Ambroise Paré du bonnet de docteur en chirurgie.

À 44 ans, cet autodidacte ne connaît ni le latin ni le grec et n'a jamais lu Galien !... Il se contente de pratiquer le métier de chirurgien-barbier dans une échoppe de Paris. Mais il possède une grande expérience de la chirurgie, acquise pendant les guerres d'Italie et sur divers champs de bataille...

Paix d'Augsbourg entre catholiques et protestants

Le 25 septembre 1555, la paix d'Augsbourg consacre la division religieuse de l'Allemagne entre catholiques et luthériens...

Abdication de l'empereur Charles Quint

Le 25 octobre 1555, l'empereur Charles Quint révèle son intention d'abdiquer et de se retirer près d'un monastère...

Héritier des Habsbourg, archiduc d'Autriche et titulaire du Saint Empire romain germanique ou empire d'Allemagne, il a recueilli l'héritage flamand des ducs de Bourgogne (Belgique et Pays-Bas actuels) et les couronnes de Castille et d'Aragon (l'Espagne et ses colonies d'outre-mer).

Mais à 55 ans, Charles Quint est las, malade et usé. Il laisse à son frère Ferdinand les États autrichiens et le titre d'empereur d'Allemagne. Son fils devient roi des Espagnes et des Deux Siciles sous le nom de Philippe II. C'en est fini du rêve médiéval d'un empire chrétien universel.

Le rêve avorté d'une France antarctique

Le 10 novembre 1555, l'amiral Nicolas Durant de Villegagnon relâche dans la baie de Guanabara, au Brésil. Il amène avec lui 600 colons français. L'un d'eux, le moine André Thévet, ramène de son aventure une herbe aux vertus séduisantes, le tabac. Mais c'est à un familier de Catherine de Médicis, Jean Nicot, que l'herbe empruntera son nom (nicotine)...

Couronnement du souverain moghol Akbar

Le 27 janvier 1556, le jeune Akbar, âgé de 13 ans, succède à son père à la tête d'un petit royaume musulman du nord de l'Inde.

Ce lointain descendant du conquérant turc Tamerlan va se tailler en quelques années un empire dans l'Inde du nord, du Gujerat au Bengale, à l'origine de la dynastie des Moghols...

Thomas Cranmer brûlé comme hérétique

Le 21 mars 1556, Thomas Cranmer (67 ans), archevêque de Cantorbéry (*), est brûlé comme hérétique. Il avait gagné les faveurs du roi Henri VIII en justifiant son divorce d'avec sa première épouse, Catherine d'Aragon, contre l'avis du pape.

En 1549, sous le règne du roi suivant, Édouard VI, fils d'Henri VIII, Thomas Cranmer publie le Book of Common Prayer. Ce Livre des Prières devient le fondement de la nouvelle Église anglicane, en rupture avec l'Église romaine catholique.

À la mort d'Édouard VI, l'archevêque se laisse convaincre de placer Jane Grey (16 ans) sur le trône au lieu et place de la demi-soeur d'Édouard, Marie la catholique, fille de Catherine d'Aragon. La malheureuse Jane ne règnera que quelques jours avant d'être renversée et décapitée par sa rivale Marie.

Devenue reine à son tour, Marie fait accuser Cranmer de trahison et même d'hérésie, et l'envoie au bûcher.

Montmorency se fait capturer à Saint-Quentin

Le 10 août 1557, le vieux connétable Anne de Montmorency, que le roi Henri II a sorti de sa disgrâce, se fait battre et capturer à Saint-Quentin (Picardie) par les troupes de l'empereur Charles Quint, sous le commandement d'Emmanuel-Philibert de Savoie.

Son jeune rival François de Guise, dit le Balafré, le remplace aussitôt comme lieutenant général du royaume et va derechef reprendre Calais aux Anglais.

Les Français reprennent Calais

Le 6 janvier 1558, les Français reprennent Calais, dernière possession anglaise sur le Continent. C'est la fin d'un très long contentieux entre les deux pays, qui remontait à l'avènement d'Henri II Plantagenêt.

La reprise de Calais met fin à deux siècles d'occupation anglaise, coupe court à la menace d'invasion du royaume et va permettre au roi Henri II de conclure le traité de Cateau-Cambrésis. C'est un exploit du duc François de Guise, dit le Balafré, nommé en catastrophe lieutenant général du royaume quelques mois plus tôt, après la défaite du connétable Anne de Montmorency à Saint-Quentin face aux Espagnols. Le duc, qui est par ailleurs, l'oncle de la future reine Marie Stuart, va s'acquérir une immense popularité mais sera assassiné par Poltrot de Méré au début des guerres de religion (18 février 1563). Le comportement séditieux de son fils Henri (dit aussi le Balafré) fait que les rois et l'histoire officielle préfèreront ne plus citer le nom du capitaine victorieux.

Notons que la population calaisienne ne manifesta aucune joie devant sa libération : elle était devenue entièrement anglaise après 2 siècles d'occupation...

Mariage de Marie Stuart et François de Valois

Marie Stuart épouse le Dauphin François, héritier du trône de France, le 24 avril 1558, à Notre-Dame-de-France. Les époux ont l'un et l'autre 15 ans. Ils ont été élevés ensemble à la cour de France. La jeune reine d'Écosse, fille de Marie de Guise et du roi Jacques V, signe un acte secret par lequel elle promet de céder à la France ses droits sur l'Écosse... et l'Angleterre si elle venait à mourir sans enfant !

Elizabeth 1ère, plus grand souverain anglais

Le 17 novembre 1558, monte sur le trône d'Angleterre Elizabeth 1ère. La nouvelle reine, âgée de 25 ans, est la fille du roi Henri VIII Tudor et de sa jeune maîtresse Anne Boleyn. Celle-ci a été décapitée 3 ans après que le roi ait divorcé de sa première femme et rompu avec l'Église catholique pour pouvoir l'épouser.

Elizabeth succède à son demi-frère Édouard VI et à sa très catholique demi-soeur Mary Tudor (surnommée Bloody Mary ou Marie la Sanglante par les protestants en raison des persécutions qu'elle leur infligea).

Malgré ces terribles précédents (ou à cause d'eux !), la nouvelle reine va se révéler le plus grand souverain qu'ait jamais eu l'Angleterre depuis Guillaume le Conquérant.

Traité du Cateau-Cambrésis

Par la paix du Cateau-Cambrésis (Flandre), signée le 3 avril 1559 avec le roi d'Espagne Philippe II, le roi de France Henri II met un terme à un demi-siècle de guerres d'Italie stériles et ruineuses. Le traité, hâtivement négocié, a été voulu par le vieux connétable Anne de Montmorency (66 ans), défait et capturé par les Espagnols à Saint-Quentin (10 août 1557), en vue d'obtenir sa propre libération.

La France se voit confirmée la possession de facto des Trois-Evêchés de Metz, Toul et Verdun, en Lorraine, ainsi que de Calais, reprise aux Anglais par le duc François de Guise. Mais elle doit par ailleurs restituer au duc de Savoie la Bresse, le Bugey, la Savoie elle-même et les places fortes du Piémont.

Enfin, le roi de France renonce sans regret au mirage italien et aux anciennes revendications sur Naples et Milan. Il est prévu que le roi d'Espagne Philippe II épouse Élisabeth, fille du roi de France. Les fêtes données à Paris pour célébrer ce traité et le mariage s'achèveront dans la tragédie avec la mort accidentelle d'Henri II.

Henri II promulgue l'édit d'Écouen

Le 2 juin 1559, le roi de France Henri II promulgue l'édit d'Écouen en vue de réprimer plus sévèrement l'hérésie calviniste, en rapide expansion dans le royaume. Par cet édit d'un caractère inédit, il ordonne à tous ses sujets d'abattre les huguenots sans autre forme de justice !

L'édit d'Écouen, en violant le droit, marque une rupture par rapport aux persécutions antérieures, qui s'inscrivaient dans un cadre légal, ce qu'exprimera avec force le poète calviniste Agrippa d'Aubigné...

Le 10 juin 1559, Henri II se rend au Parlement de Paris pour tenir un lit de justice en vue de faire enregistrer l'édit. Le conseiller Anne du Bourg, calviniste déclaré, proteste publiquement en pleine séance contre le caractère inique de ce texte. Cela lui vaut d'être arrêté et mis en jugement. Après la mort tragique du roi, le duc François de Guise, conseiller de son successeur, obtiendra sa condamnation à mort et Anne du Bourg sera pendu et brûlé en place de Grève, à Paris, le 23 décembre 1559. Ce sera un prélude aux guerres de religion.

Mort tragique du roi Henri II

Le 10 juillet 1559, le roi Henri II meurt suite à un accident de tournoi, devant l'hôtel des Tournelles, à Paris, après dix jours de grandes souffrances.
Son fils aîné lui succède sous le nom de François II. C'est un garçon chétif de 15 ans...

La conjuration d'Amboise

Le 17 mars 1560, à Amboise, quelques centaines de gentilshommes tentent d'enlever le jeune roi François II pour le soustraire à l'influence de sa belle-famille, les Guise. Le prince protestant Louis de Condé organise la conjuration. Celle-ci est conduite par Georges Barré de La Renaudie. Mais l'un de ses comparses, Pierre des Avenelles, avocat à Paris, vend la mèche... La répression est brutale. C'est l'amorce des guerres de religion.

Avènement de Charles IX

La mort prématurée à 16 ans du chétif François II amène sur le trône de France son frère cadet. Celui-ci, à peine âgé de 10 ans, devient roi sous le nom de Charles IX. Son avènement survient pendant les états généraux d'Orléans, destinés à apaiser les tensions religieuses entre nobles protestants et nobles catholique.

Le roi étant mineur, sa mère Catherine de Médicis (40 ans) préside le conseil de régence. Même après la majorité de son fils, à 14 ans, elle va garder une grande influence sur lui...

Charles IX signe l'Édit de Janvier

Le 17 janvier 1562, à l'instigation du chancelier Michel de l'Hospital et de la régente Catherine de Médicis, le jeune roi Charles IX signe l'édit de Saint-Germain (ou Édit de Janvier)...

Massacre de Wassy

Le 1er mars 1562, 200 protestants du village de Wassy (ou Vassy), en Champagne, écoutent un prêche dans une grange, à l'intérieur de la ville, quand ls sont surpris par les soldats de François II de Guise...

Sac de Lyon par le baron des Adrets

Suite au massacre d'innocents protestants à Wassy (Champagne) par les hommes du duc de Guise (1er mars 1562), le baron des Adrets, un disciple méridional de Calvin, entreprend une chevauchée vengeresse à la tête de quelques milliers de soudards.

Dans la nuit du 29 au 30 avril 1562, ses troupes s'emparent de Lyon et se livrent à des destructions iconoclastes. C'est le point de départ des guerres de religion dans la capitale des Trois Gaules. Beaucoup de Lyonnais choisissent de s'établir à Genève.

L'Édit de Roussillon consacre le 1er janvier

Le 9 août 1564, à Roussillon, près de Grenoble, le roi Charles IX signe en présence de sa mère, la régente Catherine de Médicis, un édit préparé par le chancelier Michel de L'Hospital et le ministre Sébastien de L'Aubespine.

Entre autres dispositions, cet édit fixe au 1er janvier le début de l'année calendaire dans toute la France, confirmant ainsi l'article 39 de l'édit de Saint-Germain qui prescrivait déjà de dater les actes publics en faisant commencer les années au 1er janvier. Auparavant, le début de l'année variait selon les provinces : à Lyon, c'était le 25 décembre, à Vienne, le 25 mars, ailleurs encore le jour de Pâques...

Notons que l'empereur d'Allemagne Charles Quint avait déjà fixé le début de l'année au 1er janvier pour ses terres, quelques décennies plus tôt. En 1622, le pape allait généraliser cette mesure à l'ensemble du monde catholique.

Selon certains historiens, la tradition du poisson d'avril tire ses origines de l'édit de Roussillon.

Fondation de Rio de Janeiro

Le 1er mars 1565, sur la côte du Brésil, au fond d'une baie, le capitaine portugais Estácio de Sá fonde la ville de São Sebastião do Rio de Janeiro.

La première partie de son nom rappelle le roi Sébastien 1er qui règne alors sur le Portugal ; la deuxième partie rappelle que la baie, découverte en 1502 le jour de la Saint Janvier (Janeiro), a été prise à tort pour l'estuaire d'un fleuve (rio).

Plus simplement appelée Rio de Janeiro ou Rio, la ville devient capitale du Brésil colonial le 31 août 1763, au détriment de Salvador de Bahia. Le 21 avril 1960, elle perd son statut de district fédéral et de capitale au profit de Brasília. Elle constitue depuis lors un nouvel État brésilien : Guanabara.

Même si elle n'est plus capitale fédérale, Rio demeure pour ses habitants la « Ville merveilleuse », expression apparue au 1908 et consacrée par l'usage depuis. Creuset de la culture métissée et berceau de la samba, l'attribution des Jeux Olympiques de 2016 devrait encore renforcer son prestige.

Les Philippines deviennent espagnoles

Le 27 avril 1565, l'explorateur Miguel López de Legazpi (62 ans) fonde un premier établissement espagnol sur l'île de Cebu. Il inaugure ainsi la colonisation de l'archipel des Philippines...

Les Turcs renoncent à Malte

Le 7 septembre 1565, les Turcs ottomans renoncent à l'île de Malte après avoir tenté en vain, pendant un Grand Siège de trois mois, de s'emparer des forts Saint-Ange et Saint-Elme tenus par les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, sous le commandement du Grand-Maître Jean Parisot de la Valette...

Fondation de La Valette (Malte)

Le 28 mars 1566, les chevaliers de Malte fondent sur leur île, au centre de la Méditerranée, une puissante cité fortifiée avec un plan en damier et quarante kilomètres de solides remparts.

Cette nouvelle ville est conçue pour résister à d'éventuels assauts de la flotte turque. Elle est aujourd'hui la capitale administrative de l'État de Malte. Son nom, La Valette (ou Valeta), honore la mémoire du Grand-Maître des chevaliers de Saint-Jean, Jean Parisot de la Valette, un chevalier d'origine toulousaine qui brisa le Grand Siège de 1565.

Les Pays-Bas se soulèvent

Le 10 août 1566 commence la révolte des Pays-Bas contre le roi Philippe II d'Espagne.

Lord Darnley victime d'un attentat

Le 9 février 1567, Lord Darnley (Henry Stuart), deuxième époux de la reine d'Ecosse Marie Stuart, meurt dans un attentat à la bombe lors d'une fête donnée dans sa résidence de Holyrood. Sa veuve se remariera trois mois plus tard avec l'instigateur du meurtre, le comte de Bothwell.

Exécution des comtes d'Egmont et de Hoorn

Le 5 juin 1568, le duc d'Albe, vice-roi des Pays-Bas, fait exécuter les comtes d'Egmont et de Hoorn sur la Grand'Place de Bruxelles sous le prétexte qu'une agression aurait été perpétrée par les calvinistes contre des lieux catholiques.

Fidèles sujets du roi d'Espagne Philippe II, les condamnés avaient cosigné trois ans plus tôt à Breda le « compromis des Nobles » par lequel les nobles néerlandais, qualifiés de « gueux » par les représentants du roi d'Espagne, protestaient contre les excès de la répression anti-calviniste.

Leur exécution, qui vient après bien d'autres, marque le début de la « Guerre de Quatre-Vingts ans ». Celle-ci va entraîner l'Union d'Utrecht et déboucher sur la reconnaissance par l'Espagne, en 1648, de l'indépendance de la République des Provinces-Unies.

Les protestants français sont défaits à Jarnac

Les armées catholiques et protestantes s'affrontent à Jarnac, près de La Rochelle, le 13 mars 1569, après que la reine Catherine de Médicis eut interdit le culte réformé (protestant) par l'édit de Saint-Maur (25 septembre 1568). Ainsi débute une troisième guerre de religion.

Les protestants, moins nombreux que les catholiques, sont commandés par Coligny et Condé, ainsi que par Jeanne d'Albret et son fils, le roi Henri III de Navarre (futur roi de France sous le nom d'Henri IV).

L'arrière-garde protestante, conduite par Coligny, est défaite par surprise. Condé tente de la secourir avec 300 cavaliers. Trop tard. Le prince, bien que blessé, se jette néanmoins dans la bataille. Contraint à la reddition, il relève sa visière et tend son épée à un gentilhomme catholique.

C'est alors que Joseph de Montesquiou, capitaine des gardes d'Henri d'Anjou, (futur Henri III), lui tire un coup de pistolet dans la tête à bout portant ! À cette mort par traîtrise s'ajoute la profanation : la dépouille de Condé, prince de sang, est juchée sur une ânesse et renvoyée de cette façon aux protestants.

Selon certains historiens, la perfidie de Montesquiou aurait inspiré l'expression : « coup de Jarnac ». Selon d'autres, celle-ci rappellerait le duel judiciaire entre le baron de Jarnac et le seigneur de La Chataîgneraie (1547).

Union de Lublin

Le 1er juillet 1569, à l'initiative du roi Sigismond II Auguste Jagellon, la Diète polonaise se réunit à Lublin, à l'est du pays, et prononce l'union indissoluble du royaume de Pologne et du grand-duché de Lituanie...

Chypre devient turque

Le 9 septembre 1570, les Turcs ottomans occupent Nicosie. L'île de Chypre tombe sous leur domination pour trois longs siècles, jusqu'à ce que les Anglais imposent leur protectorat...

La flotte turque est détruite à Lépante

Le 7 octobre 1571, une flotte chrétienne commandée par Don Juan d'Autriche, fils illégitime de feu Charles Quint et Barbara Blomberg, livre bataille à la flotte turque.

Les galères de Venise, d'Espagne et de Savoie, regroupées pour l'occasion dans une «Sainte Ligue», détruisent la flotte ennemie. L'amiral turc Ali Pacha est décapité. C'est un échec cinglant pour le sultan ottoman Sélim II Mast (c'est-à-dire l'Ivrogne !)...

Début du soulèvement des « gueux »

Le 1er avril 1572, des « gueux », en fait des nobles calvinistes, débarquent en Hollande et s'emparent des ports de la Brielle et de Flessingue.

C'est le début d'une longue guerre de libération des Provinces-Unies, sous souveraineté espagnole, la « guerre de Quatre-Vingts Ans ». Elle va donner naissance aux Pays-Bas actuels.

Massacre de la Saint-Barthélemy

Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, le carillon de l'église de Saint-Germain l'Auxerrois donne le signal du massacre des protestants, à Paris et dans le reste du pays...

Avènement du roi Henri III

Le roi Charles IX meurt, pétri de remords, le 30 mai 1574, deux ans après le massacre de la Saint-Barthélemy.

Il ne laisse qu'une fille ainsi qu'un bâtard né de sa maîtresse Marie Touchet. C'est son frère, duc d'Anjou et... roi de Pologne, qui lui succède sous le nom d'Henri III.

Paix de Monsieur

La cinquième guerre de religion se conclut le 6 mai 1576 par la paix de Beaulieu-lès-Loches ou paix de Monsieur car elle est inspirée par le jeune frère du roi Henri III, le duc François d'Alençon, dit «Monsieur», chef des Politiques ou Malcontents qui placent l'intérêt national au-dessus des querelles religieuses.

La paix apparaissant trop favorable aux protestants, les ligues locales formées par les bourgeois catholiques s'unissent à l'initiative de Charles d'Humières, qui, en novembre 1576, refuse de livrer la citadelle de Péronne au prince de Condé, un chef protestant nommé gouverneur de Picardie.

Il s'ensuite le 12 mai 1577 la fondation de la Ligue catholique (Sainte Ligue «au nom de la Sainte Trinité pour restaurer et défendre la Sainte Église catholiqueapostolique et romaine»). Le duc Henri de Guise le Balafré en prend la tête avec ses frères, le cardinal de Lorraine et le duc de Mayenne. C'est à nouveau la guerre.

Pacification de Gand

Le 8 novembre 1576, par la Pacification de Gand, Guillaume le Taciturne unit les Néerlandais du nord et du sud contre l'occupant espagnol.

La bataille « des Trois Rois »

Le 4 août 1578, sur les bords de l'oued el-Makhazen, près de Ksar el-Kébir (ou Alcazar Quivir), au nord du Maroc, le roi du Portugal Sébastien d'Aviz se porte à la rencontre du sultan du Maroc Abd el-Malik. La bataille tourne pour lui au désastre...

L'Union d'Arras et la Belgique en germe

Le 6 janvier 1579, par l'Union d'Arras, les représentants des provinces à majorité catholique de la Wallonie, de l'Artois et du Hainaut constituent l'embryon de ce qui deviendra la Belgique...

Les Provinces-Unies forment l'Union d'Utrecht

Le 23 janvier 1579, par l'Union d'Utrecht, les Provinces-Unies du nord des Pays-Bas, à majorité protestante, se constituent en confédération...

Publication des Essais

Le 1er mars 1580, publication des Essais à Bordeaux. L'oeuvre de Michel de Montaigne reçoit un accueil excellent tant du public cultivé que du roi lui-même.

L'Espagne occupe le Portugal

Le 13 juin 1580, suite à la mort du roi Sébastian au Maroc, qui laisse le trône du Portugal sans héritier, le duc d'Albe occupe le pays pour le compte du roi d'Espagne, Philippe II de Habsbourg. Cette occupation espagnole va durer quatre-vingts ans, jusqu'à ce que la noblesse portugaise, exaspérée par l'arrogance espagnole, regagne son indépendance.

Guillaume d'Orange agressé

Le 15 mai 1582, à Anvers, première tentative d'assassinat contre le prince Guillaume d'Orange, chef des Provinces-Unies protestantes, en guerre contre leur ancien souverain, le roi Philippe II d'Espagne.

Naissance du calendrier grégorien

Le 15 octobre 1582, le calendrier grégorien entre en application dans les États pontificaux, en Espagne et au Portugal...

Exploration de la future Virginie

Le 27 avril 1584, des navigateurs anglais commissionnés par Sir Walter Raleigh (ou Ralegh), l'un des principaux conseillers de la reine d'Angleterre, explorent la côte nord-américaine.

Ils la baptisent Virginie en l'honneur de la reine Élizabeth 1ère, la « reine vierge » (ou supposée telle car célibataire). Cette terre sera la première à être colonisée par les Anglais, en 1607.

Assassinat de Guillaume 1er d'Orange-Nassau

Le 10 juillet 1584, un menuisier de Dôle, Balthazar Gerard, entreprend d'assassiner le stathouder des Provinces-Unies, chef des calvinistes hollandais en guerre contre l'Espagne.

Ce catholique fanatique s'est laissé convaincre par les appels au tyrannicide lancés par des jésuites au service du roi d'Espagne Philippe II. Il réussit à s'introduire dans l'entourage de Guillaume d'Orange-Nassau, plus connu sous le surnom de Guillaume le Taciturne, et l'assassine d'un coup de pistolet dans sa résidence du Prinsenhof, à Delft.

« Dieu, ayez pitié de moi et de mon pauvre peuple », murmure la victime en expirant. L'assassin est exécuté mais sa famille grassement indemnisée par le roi d'Espagne. Il fera des émules en la personne de Jacques Clément, assassin du roi Henri III (1589) et de Ravaillac, assassin d'Henri IV (1610).

Exécution de Marie Stuart

Le 8 février 1587, la reine d'Écosse Marie Stuart est décapitée dans la forteresse de Fotheringay sur ordre de sa cousine, la reine d'Angleterre, pour avoir comploté contre elle.

Veuve du roi de France François II, Marie Stuart avait elle-même fait assassiner son deuxième mari lord Darnley et épousé l'instigateur du crime, le comte de Bothwell...

Première Américaine anglo-saxonne

Le 18 août 1587 naît Virginia Dare White, en Caroline du Nord. C'est la première Américaine d'origine anglo-saxonne. Elle disparaît moins de quatre ans plus tard avec le reste de sa famille lors d'une attaque des Indiens.

Victoire d'Henri de Navarre à Coutras

Le 20 octobre 1587, l'armée protestante , par ailleurs le chef du parti protestant, bat à plate couture l'armée catholique du roi de France Henri III à Coutras, non loin de Périgueux, en dépit d'effectifs inférieurs. Depuis le début des guerres de religion, 25 ans plus tôt, c'est la première victoire des protestants dans une bataille rangée...

Journée des Barricades

Le 12 mai 1588, le peuple catholique de Paris se soulève contre son souverain légitime, Henri III, et le chasse de la capitale...

Défaite de l'Invincible Armada

Le 8 août 1588, devant le port de Gravelines, le feu et le canon dispersent la flotte espagnole destinée à conquérir l'Angleterre et qui sera plus tard surnommée avec une teinte d'ironie : « l'Invincible Armada »...

Le duc de Guise est assassiné

Le 23 décembre 1588, le duc Henri de Guise, dit le Balafré, est assassiné dans le château de Blois, sur ordre du roi Henri III, qui craignait pour sa propre vie...

Un moine poignarde le roi Henri III

Le 1er août 1589, Henri III reçoit un moine dans sa chambre, au premier étage du château de Saint-Cloud, alors qu'il se tient sur sa chaise percée.

Le moine sort de sa manche non un message mais un poignard et le plante dans le flanc du roi. « Ah ! le méchant moine, il m'a tué », gémit le roi. Il a la force de retirer l'arme et de blesser son assassin...

Henri de Navarre devient Henri IV, roi de France

Le 2 août 1589, au lendemain de l'attentat contre le roi Henri III, son cousin Henri de Navarre accède au trône de France sous le nom d'Henri IV en vertu des règles de succession.

Le nouveau souverain va devoir affronter les armes à la main la Ligue catholique qui ne tolère pas que la France soit gouvernée par un protestant. Avec ses alliés anglais, il bat les ligueurs à Arques puis à Ivry, près de Chartres, le 14 mars 1590 (« ralliez-vous à mon panache blanc »). Il abjure enfin la foi protestante le 25 juillet 1593 et entre à Paris après avoir acheté la complicité du gouverneur Brissac. C'est la fin des guerres de religion qui ont ravagé le pays pendant une génération...

Bataille d'Arques

Le 21 septembre 1589, une bataille met aux prises catholiques et réformés (protestants) français près d'Arques, en Normandie (aujourd'hui Arques-la-Bataille, Seine-Maritime).

Le chef des protestants, Henri de Navarre, vient d'hériter de la couronne de France sous le nom d'Henri IV.

Il bat les armées du duc de Mayenne avec l'appui des Anglais. Sa victoire quelque peu inespérée le rapproche du trône et met presque un terme aux guerres de religion qui durent depuis déjà depuis près de trente ans.

Henri IV victorieux à Ivry

L'affrontement a lieu au matin du 14 mars 1590, près du village d'Ivry-sur-l'Eure... Avant la bataille, le truculent Béarnais aurait ainsi harangué ses troupes : « Mes compagnons, Dieu est pour nous ! Voici ses ennemis et les nôtres ! Voici votre roi (...). Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ne perdez point de vue mon panache, vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire... »

Fin de l'empire songhai

Le 12 avril 1591, à Tondibi, près du fleuve Niger, une expédition marocaine commandée par le pacha Djouder écrase l'armée de l'Askia Ishaq IIu, souverain duSonghaï.

C'en est fini de ce royaume africain qui remonte au VIIe siècle. Le sultan saâdien Ahmed IV el-Mansour le transforme en province marocaine...

L'arrêt Lemaître exclut les femmes de l'administration

Le 28 juin 1593, par l'arrêt Lemaître, le Parlement de Paris interdit aux femmes d'exercer une quelconque fonction dans l'administration du royaume. Les légistes de la Renaissance s'écartent ce faisant des traditions médiévales et renouent avec le droit romain.

Henri IV abjure le protestantisme à Saint-Denis

Le 25 juillet 1593, dans le désir de mettre fin aux guerres de religion et de réconcilier les Français, Henri IV abjure la foi protestante, devant monseigneur de Beaune, archevêque de Bourges, et demande à devenir catholique (c'est la sixième et dernière fois qu'il change de religion). C'est le résultat de négociations subtiles menées à Rome, auprès du pape Clément VIII, par Jacques du Perron et l'abbé d'Ossat, plénipotentiaires du roi de France...

Henri IV est sacré à Chartres

Le 27 février 1594, le roi de Navarre Henri de Bourbon est sacré à Chartres et devient roi de France sous le nom d'Henri IV, après s'être converti au catholicisme. C'est la fin des guerres religieuses entre catholiques et protestants qui ont tourmenté une génération de Français...

Henri IV entre à Paris

Le 22 mars 1594, à 7 heures du matin, Henri IV entre en armure à Paris, « sans effusion de sang ni qu'un seul bourgeois ait reçu incommodité en sa personne ni en ses biens, » selon ses propres termes. Le gouverneur de la ville, le comte Charles de Cossé-Brissac, lui remet les clés de la ville.

Le retour du roi dans la capitale, dont il avait dû s'enfuir près de vingt ans plus tôt, met un terme à cinq ans de guerre civile et trente ans de guerres religieuses. « Paris vaut bien une messe », lui aurait dit son ami et ministre Maximilien de Béthine, futur duc de Sully.

L'après-midi même, les 4.000 mercenaires du roi d'Espagne Philippe II, qui étaient venus prêter main-forte aux ligueurs catholiques, prennent le chemin du retour. « Messieurs, recommandez-moi à votre maître. Allez-vous en à la bonne heure mais n'y revenez plus ! » leur lance le roi d'une fenêtre de la porte Saint-Denis.

Boris Godounov tsar de Russie

Le jeune tsar Fédor 1er, fils d'Ivan IV le Terrible, meurt le 7 janvier 1598. Le régent Boris Godounov, son beau-frère, lui succède sur le trône.

L'Édit de Nantes

Le 30 avril 1598 est publié l'Édit de Nantes. Cet édit de pacification marque la fin des guerres de religion. Il vise à l'établissement d'une bonne paix et tranquille repos selon les propres mots du roi Henri IV.

Depuis les historiens du XIXe siècle, il est habituel de qualifier cet ensemble de textes : « édit de tolérance ». L'expression est à vrai dire anachronique. Au temps d'Henri IV, le mot tolérance désigne simplement la capacité individuelle de résister à la douleur ! Les contemporains du roi préfèrent parler de concorde et pacification pour qualifier l'Édit de Nantes.

Paix de Vervins

Le 2 mai 1598, la France et l'Espagne signent la paix de Vervins. Elle confirme la teneur du traité du Cateau-Cambrésis, signé un demi-siècle plus tôt. Le roi d'Espagne Philippe II avait profité des guerres religieuses qui agitaient la France pour intervenir au nord des Pyrénées. Il avait même réclamé le trône de France pour sa fille.

Henri IV ayant rétabli la paix civile, les Espagnols perdent leurs soutiens. À bout de souffle, ils se retirent de la scène française. Par le traité de Vervins, le roi d'Espagne renonce à ses prétentions sur le trône de France.

Henri IV et Margot se séparent

Le 24 octobre 1599, le roi Henri IV se sépare de sa première femme, Marguerite de Valois, la reine Margot, qui ne lui a pas donné d'héritier. Pour justifier le divorce, il invoque la parenté spirituelle qui le lie à sa femme, la mère de celle-ci, Catherine de Médicis, ayant été la marraine d'Henri de Navarre à son baptême en 1554 ! Henri IV va dans la foulée épouser Marie de Médicis, ou plus précisément sa dot...

Fin tragique de Giordano Bruno

Le 17 février 1600, le philosophe Giordano Bruno est brûlé vif à Rome, sur le Campo des Fiori, après avoir passé huit ans dans les geôles de l'Inquisition...

Hommage de l'auteur

En France, avant la Première Guerre mondiale, le livre de lecture le plus lu et le plus célèbre de l'école laïque est intitulé : Le tour de la France par deux enfants. Il est signé par ses auteurs du pseudonyme G. Bruno. C'est un hommage discret au philosophe, victime de l'intolérance religieuse !

L'Erasmus accoste au Japon

Le 12 avril 1600, un navire hollandais appelé Liefde (ou Erasmus) accoste bien involontairement à Bungo, sur l'île japonaise de Kyushu, suite à quelques avaries et tempêtes. Son pilote, un Anglais de 42 ans, William Adams, est reçu par le maître de l'archipel en personne, Ieyasu Tokugawa...

Henri IV épouse Marie de Médicis

Le 16 décembre 1600, quelques mois après la mort en couches de sa maîtresse Gabrielle d'Estrées, le roi Henri IV se résigne à épouser Marie de Médicis... et sa dot ! La promise, qui a déjà 27 ans, est la fille de François 1er, grand-duc de Toscane, et de Jeanne, archiduchesse d'Autriche. C'est une lointaine cousine de l'ancienne régente Catherine de Médicis.

Le jésuite Matteo Ricci à Pékin

Le 4 janvier 1601, le jésuite Matteo Ricci est autorisé à entrer à Pékin. Ses talents de prédicateur et ses connaissances scientifiques vaudront à la religion catholique un grand succès d'estime à la cour des empereurs Ming et de leurs successeurs mandchous (ou Qing)... jusqu'à ce que l'aveuglement de quelques prélats romains aient raison de la bonne volonté des empereurs.

Les Hollandais fondent la VOC

Le 20 mars 1602, cinq compagnies de commerce hollandaises nées dans les années précédentes en vue de commercer avec les Indes orientales se regroupent pour donner naissance à la célèbre Verenigde Oost Indische Compagnie (VOC, pour Compagnie des Indes Orientales).

Celle-ci va assurer aux Provinces-Unis la domination mondiale sur le fructueux commerce des épices pendant un demi-siècle...

La Journée de l'Escalade

Le 12 décembre 1602, la ville de Genève repousse une attaque du duc de Savoie, son suzerain féodal. Après cette bataille connue sous le nom de Journée de l'Escalade, elle se ralliera à la confédération helvétique...

Avènement de Jacques 1er Stuart

Le 24 mars 1603 meurt la reine d'Angleterre Elizabeth 1ère. La reine vierge a donné son surnom à l'État américain deVirginie. Elle était la fille de Henri VIII Tudor et de sa jeune maîtresse Anne Boleyn...

Indépendance de Genève

Le 21 juillet 1603, à Saint-Julien-en-Genevois, Genève et la Savoie signent un traité qui consacre l'indépendance définitive de la ville après l'épique journée de l'Escalade.

Henri IV promulgue la Paulette

Le 12 décembre 1604, Henri IV et son ministre et ami Maximilien de Béthune, futur duc de Sully, instaurent la Paulette, d'après le nom de son inventeur, le conseiller Paulet, pour se concilier la bourgeoisie et faire rentrer de l'argent frais dans les caisses de l'État : en échange de cette taxe aux funestes conséquences, les officiers (fonctionnaires et magistrats) obtiennent le droit de léguer leur charge (et les revenus qui l'accompagnent).

Publication de la première partie de Don Quichotte

Mis en vente à 1200 exemplaires dans les boutiques de Madrid le 16 janvier 1605, sous le titre : El Ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, le roman de Miguel de Cervantès recueille immédiatement un immense succès. Son succès à l'étranger bénéficie du très grand prestige dont jouit alors la langue castillane dans toutes les cours européennes peu ou prou liées à la dynastie des Habsbourg.

Mort de Boris Godounov et « temps des Troubles »

Le 13 avril 1605 meurt Boris Godounov. La disparition du tsar inaugure en Russie une période de troubles dont les Polonais essaient de profiter. L'État est sur le point de se dissoudre quand, en 1613, les Romanov accèdent au pouvoir et amorcent le redressement...

La « Conspiration des Poudres »

Le 5 novembre 1605 est découverte à Londres la « Conspiration des Poudres » (en anglais : « Gunpowder Plot »).

D'anciens officiers catholiques envisageaient de faire sauter le Parlement de Westminster le jour de la séance inaugurale en présence du roi Jacques Ier Stuart et de ses ministres. Mais l'un des conjurés, Guy Fawkes, est arrêté au dernier moment.

Souvenir pétaradant

En souvenir de la conspiration, les enfants anglais ont gardé l'habitude de faire éclater des pétards en ce 5 novembre !...

Le Caravage, peintre et truand

Le 28 mai 1606, Le Caravage, peintre renommé et mauvais garçon, tue un homme en duel à Rome sur le Champ de Mars. Commence pour lui une cavale jusqu'à Malte, durant laquelle il exécutera ses plus troublants chefs d'oeuvre...

Jamestown, première colonie anglaise

Le 14 mai 1607, trois navires anglais, le Susan Constant, le Godspeed et le Discovery, accostent dans la baie Chesapeake, véritable mer intérieure au confluent de plusieurs estuaires. À leur bord 105 hommes sous le commandement de sir Christopher Newport.

Ils fondent un établissement permanent sur une terre que de précédents explorateurs ont baptisé Virginie (Virginia) en l'honneur de la reine d'Angleterre Elizabeth 1ère. Ainsi naît la première colonie anglaise d'Amérique...

Samuel de Champlain fonde Québec

Samuel de Champlain, un explorateur natif de Brouage, remonte le Saint-Laurent et débarque le 3 juillet 1608 au pied du cap Diamant.

Il fonde à cet endroit la ville de Québec. Cela lui vaudra d'être surnommé plus tard le «Père de la Nouvelle-France»...

Expulsion des Morisques d'Espagne

Le 22 septembre 1609, le roi d'Espagne Philippe III de Habsbourg signe un décret d'expulsion des Morisques à l'initiative de son ministre et favori le duc de Lerma.

Ces départs forcés ont des conséquences désastreuses pour l'Espagne en privant de bras et de cerveaux son agriculture, son élevage, ses corporations de maçons et son industrie textile...

« Journée du guichet » à Port-Royal

Le 25 septembre 1609, dans l'abbaye de Port-Royal, Mère Angélique fait scandale en refusant de voir son père...

Assassinat d'Henri IV

Le 14 mai 1610, le roi de France Henri IV (56 ans) se rend à l'Arsenal, à l'est de Paris, auprès de son ami Maximilien de Sully, malade, lorsque son carrosse se trouve bloqué, rue de la Ferronnerie, par les embarras de la circulation. C'est alors qu'un colosse du nom de François Ravaillac monte sur le marchepied et l'assassine de plusieurs coups de couteau...

Henri IV est ainsi le deuxième et dernier roi de France à périr sous le couteau de son assassin. Le premier est son prédécesseur immédiat, Henri III...

Sully quitte le gouvernement

Le 26 janvier 1611, Maximilien de Béthune, duc de Sully démissionne de ses fonctions à la tête du gouvernement. Parce qu'il est protestant, l'ancien Premier ministre du roi Henri IV, assassiné l'année précédente, n'est guère aimé à la Cour. Devenu suspect à l'entourage de la régente Marie de Médicis, il doit abandonner ses charges. Il va se consacrer à la rédaction de ses mémoires, dans sa propriété de Sully-sur-Loire et son hôtel du Marais, à Paris.

La postérité gardera de Sully l'image d'un gestionnaire rigoureux. Attaché aux traditions agricoles et dédaigneux de l'industrie, il a encouragé les recherches menées par Olivier de Serres, auteur en 1600 du premier ouvrage d'agronomie scientifique : Théâtre d'agriculture et mesnage des champs. On prête au ministre lui-même la formule : « Les labourage et pastourage [pâturage] sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vraies mines et trésors du Pérou ».

Les Polonais chassés de Moscou

Le 22 octobre 1612, l'armée russe, composée de boyards (nobles) et de milices populaires, précédée par la célèbre icône de la Vierge de Kazan, rentre à Moscou et en chasse les Polonais.

Le départ des étrangers met fin au « temps des Troubles », consécutif à la mort du tsar Boris Godounov. Il ne reste plus aux Russes qu'à rétablir un pouvoir digne de ce nom. Les états généraux (les Zemski Sobor) se réunissent et, prenant la précaution d'exclure du trône tout étranger quel qu'il soit, ils élisent le prince Michel Romanov. Sa descendance règnera sur le pays jusqu'à la révolution de Février 1917.

La date anniversaire de la libération de Moscou est aujourd'hui encore en Russie une fête nationale chômée consacrée à la Vierge de Kazan (celle-ci est visible dans l'église Notre-Dame de Kazan, sur la Place Rouge, à Moscou).

Michel Romanov est élu tsar de Russie

Le 21 février 1613 (selon le calendrier julien en vigueur en Russie), Michel Romanov, fils du patriarche de Moscou, est élu tsar de toutes les Russies. Son accession au pouvoir met fin à une longue période de troubles. Elle inaugure une dynastie qui durera jusqu'à la Révolution démocratique de février 1917...

Marie de Médicis face aux états généraux

Le 27 octobre 1614, les états généraux se réunissent à Paris. Ils mettent à mal l'autorité du jeune roi Louis XIII...

Mariage de Louis XIII et Anne d'Autriche

Le 28 novembre 1615, le jeune roi Louis XIII épouse Anne d'Autriche.

Le poète de cour Malherbe écrit :
«Certes c'est à l'Espagne à produire des reines
Comme c'est à la France à produire des rois»
...

Shakespeare et Cervantès au paradis des poètes

Le même jour, le 23 avril 1616, meurent William Shakespeare et Miguel de Cervantès.

Ne croyons pas pour autant qu'ils sont morts le même jour ! L'Angleterre, réticente aux innovations du continent, vivait encore avec le calendrier julien tandis que l'Espagne avait de longue date adopté le grégorien. De sorte que Cervantès a devancé Shakespeare de onze jours au paradis...

Assassinat de Concini

Le 24 avril 1617, le jeune roi Louis XIII fait assassiner le favori de sa mère, Concino Concini, alias «Conchine» (prononciation à la française de Concini), avec le concours de son ami Albert de Luynes. « Merci, grand merci à vous ! À cette heure, je suis roi ! » s'exclame le souverain (17 ans) à l'adresse des assassins. Dans la foulée, il fait brûler l'épouse de l'intrigant, la Galigaï, sous l'accusation de sorcellerie...

La Défenestration de Prague

Le 23 mai 1618, au château royal de Prague, un groupe de protestants défenestrent les gouverneurs impériaux. Cet épisode tragi-comique marque le début de la Guerre de Trente Ans...

La Bohême meurt à la Montagne Blanche

Le 8 novembre 1620, les protestants tchèques sont écrasés par l'armée impériale à la Montagne Blanche...

Le pacte du Mayflower

Le 21 novembre 1620, alors qu'un voilier, le Mayflower, arrive en vue de côtes inconnues du continent nord-américain, ses passagers, les « Pilgrim Fathers » ou Pères Pèlerins, concluent un pacte en vue d'organiser au mieux leur prochaine installation et de bâtir une société tolérante et harmonieuse.

Les principes inscrits dans ce texte fondateur (le « Mayflower Compact ») guident encore la vie américaine...

Le Mayflower aborde à Plymouth

Le 26 novembre 1620, le Mayflower aborde à Plymouth, près de Cape Cod, sur la côte nord-américaine. Ses passagers, les « Pilgrim Fathers » ou Pères Pèlerins, vont bâtir une société tolérante dont les principes guident encore la vie américaine...

Le Jour de l'An fixé au 1er janvier

Depuis le 1er janvier 1622, dans tous les pays catholiques, sur décision du Saint-Siège, l'année calendaire commence le 1er janvier et non plus le 25 mars. Le roi de France avait déjà introduit cette réforme dans son pays par l'édit de Roussillon en 1564.

Opechancano attaque les Anglais de Virginie

Le 22 mars 1622, le chef indien Opechancano lance des attaques concertées contre l'ensemble des établissements anglais de Virginie. Ces attaques mettent fin à une longue coexistence pacifique sous l'autorité de son frère Powhatans, lequel avait même marié sa fille Pocahontas à un planteur de tabac, John Rolfe. 346 Blancs sont massacrés. Les colons réagissent avec brutalité et en 1643 seulement, arrivent à capturer et exécuter leur ennemi. C'est la première des grandes guerres indiennes qui vont opposer pendant plus de 250 ans Indiens et Européens.

Richelieu entre au Conseil du roi

Le 29 avril 1624, Louis XIII appelle Richelieu (39 ans) à son Conseil. Armand Jean du Plessis, cardinal duc de Richelieu, prendra la tête du Conseil du roi quelques semaines plus tard...

Richelieu chef du Conseil du roi

Le 13 août 1624, Richelieu devient le chef du Conseil du Roi. Le cardinal entreprend de discipliner la noblesse et la met au service du roi.

Il réoriente la diplomatie dans le sens de l'intérêt national. Il combat le fanatisme religieux lorsque celui-ci sert les ennemis de la France. C'est aussi bien le fait des catholiques, groupés autour de la reine et favorables à l'Espagne, que des protestants de la Rochelle qui appellent les Anglais à leurs côtés.

Naissance de la future New York

Le 2 février 1625, les Hollandais établissent un fort sur l'île de Manhattan. En 1664, le gouverneur hollandais Peter Stuyvesant cède l'île aux Anglais. Elle prend alors le nom de New York....

Consécration de Saint-Pierre de Rome

Le 18 novembre 1626, le pape Urbain VIII consacre la nouvelle basilique Saint-Pierre de Rome, 1300 ans après la consécration de la première basilique par l'empereur Constantin...

Richelieu punit les duellistes

Le 21 juin 1627, de Montmorency-Boutteville et des Chaplles sont décapités en place de Grève, à Paris. Le crime de ces jeunes nobles est de s'être battu en duel malgré les ordres du cardinal de Richelieu, Premier ministre du roi Louis XIII. Avec un courage politique certain, le cardinal veut ainsi mettre un terme à l'hécatombe que les duels provoquent dans la noblesse…

Fin du siège de La Rochelle

Le 1er novembre 1628 prend fin le siège de La Rochelle. Le roi fait son entrée dans une ville ruinée et dépeuplée par la famine.

Richelieu épargne le maire Jean Guitton, un armateur énergique qui avait défendu la ville et fait le serment de tuer le premier qui parlerait de se rendre : « Pourvu qu'il reste un homme pour fermer les portes, c'est assez ! »...

Édit de grâce d'Alès

Le 28 juin 1629, après avoir vaincu les protestants de La Rochelle qui prétendaient lui tenir tête, Louis XIII publie l'édit de grâce d'Alès par lequel il oblige les protestants du royaume à renoncer à leurs places de sûreté et au droit de tenir des assemblées politiques. L'affaiblissement du protestantisme français va de pair avec l'atténuation des libertés provinciales et le renforcement de la monarchie absolue.

Richelieu et la « Journée des Dupes »

Le 10 novembre 1630, à la cour de Louis XIII, le cardinal de Richelieu prend définitivement le dessus sur ses adversaires au cours d'une « Journée des Dupes »...

Sortie du premier numéro de La Gazette

Le 30 mai 1631 paraît le premier numéro de La Gazette. Cette feuille hebdomadaire tire son nom d'une monnaie (gazetta) qui équivalait à Venise au prix d'un journal. Son concepteur est un médecin et philanthrope originaire de Loudun, Théophraste Renaudot. Il a par ailleurs créé un « Bureau et Registre d'adresses » (une agence pour l'emploi avant la lettre !) et le premier mont-de-piété français (aujourd'hui appelé Crédit municipal)...

Mourad IV fait étrangler son grand vizir

Le 18 mai 1632, à Constantinople (aujourd'hui Istamboul, ou Istanbul), le sultan ottoman Mourad IV fait étrangler son grand vizir, Recep Pacha. Plusieurs frères du sultan, dont Bajazet, futur héros d'une tragédie de Racine, sont également victimes de sa colère.

Par ces actes brutaux, le sultan met un terme provisoire à l'anarchie inaugurée l'année précédente par la révolte des janissaires (troupes d'élite au service du sultan).

Montmorency décapité à Toulouse

Le 30 octobre 1632, le duc Henri II de Montmorency (37 ans), filleul du précédent roi Henri IV, est décapité dans la cour d'honneur du Capitole, le palais où siège le conseil municipal de Toulouse, les capitouls. On doit fermer les portes du Capitole pour empêcher les Toulousains, favorables au duc, d'entraver l'exécution !
Henri II a été nommé gouverneur du Languedoc vingt ans plus tôt, comme les précédents ducs de sa famille, à commencer par son aïeul, le connétable Anne de Montmorency.

Nommé Maréchal de France mais s'étant lui-même vu refuser le titre de connétable, il s'associe à Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, dans un complot contre Richelieu. Il est capturé à Castelnaudary le 1er septembre 1632, par le maréchal Henri de Schomberg, qui lui succèdera brièvement comme gouverneur du Languedoc.

Son exécution est un avertissement à l'adresse des grands féodaux. Ceux-ci se tiendront coi jusqu'à la mort de Louis XIII et la régence d'Anne d'Autriche.

Fondation de l'Académie française

Le 29 janvier 1635, le cardinal de Richelieu signe les lettres patentes qui fondent l'Académie française.

Le nom de la nouvelle institution vient du jardin Akademos, à Athènes, où Platon enseignait la philosophie. Sous la Renaissance, on avait pris l'habitude d'appeler ainsi les sociétés savantes où l'on discutait de belles lettres et de sciences...

La France dans la guerre de Trente Ans

Le 19 mai 1635, Richelieu, au nom de la France, déclare la guerre à l'Espagne. La France entre de cette façon dans la guerre de Trente Ans qui ravage l'Allemagne. Elle va y gagner l'Alsace, en prenant le risque d'une invasion qui n'est évitée que par la victoire de Rocroi, 8 ans plus tard...

La Guadeloupe devient française

Le 28 juin 1635, Jean Duplessis et Charles de l'Olive, de la Compagnie des Isles d'Amérique (ou des Isles de l'Amérique), débarquent à la pointe Allègre et prennent possession de la Guadeloupe au nom du roi Louis XIII. Nommé gouverneur, l'Olive extermine les Indiens Caraïbes du cru et transforme la Guadeloupe en une île à sucre...

L'île a été découverte par Christophe Colomb le 4 novembre 1493, jour du pèlerinage de la Sierra de Guadalupe, en Estrémadure, d'où son nom ! Elle est divisée entre l'île de Basse-Terre, surmontée par le volcan de la Soufrière, et l'île de Grande-Terre. Ces îles sont reliées par un isthme où coule la Rivière salée et où se trouve la principale ville, Pointe-à-Pitre. Le chef-lieu est Basse-Terre...

La Martinique devient française

Le 15 septembre 1635, Pierre Belain d'Esnambuc débarque à la Martinique avec une centaine d'habitants de l'île voisine de Saint-Christophe...

Le Japon se replie sur lui-même

Le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de quitter leurs îles. Avec cette décision du shogun Tokugawa, le Japon se replie totalement sur lui-même pour plus de deux cents ans...

La crise de la tulipe aux Pays-Bas

Le 6 février 1637 se produit ce qui est considéré comme le premier effondrement d'une bulle spéculative, celle de la tulipe aux Pays-Bas (la « tulipmania »), dont les prix atteignent des sommets avant de connaître une vertigineuse plongée.

Ogier Ghislain de Busbeck, ambassadeur des Habsbourg auprès de la Sublime Porte, aurait découvert les tulipes dans les jardins du sultan Soliman le Magnifique, à Constantinople. Il aurait alors acheté des centaines de bulbes et les aurait ramenés en Hollande, à Leyde, sa nouvelle ville d'affectation. Ainsi serait née la passion des Hollandais pour cette fleur fragile...

Insurrection des Croquants

Les dernières années du règne de Louis XIII sont marquées par des révoltes anti-fiscales, dont les plus célèbres sont celle des Croquants, paysans du Périgord entrés en rébellion le 22 avril 1637, et des Nu-Pieds, Normands révoltés contre la gabelle ou impôt sur le sel deux ans plus tard...

Massacre des Indiens Péquots

Le 26 mai 1637, en Nouvelle-Angleterre, la colonie du Connecticut ordonne des représailles suite au massacre de quelques fermiers par les Indiens locaux.

Le capitaine John Mason réunit 90 hommes. Il attaque par surprise et incendie le camp principal des Indiens Péquots. Six cents hommes, femmes et enfants périssent en une heure. Les assaillants n'éprouvent aucune perte.

Cette opération, connue sous le nom de «Mystic Massacre», inaugure la longue litanie d'horreurs qui marque les guerres indiennes...

Parution du Discours de la Méthode

Le 8 juin 1637, un opuscule mystérieux paraît à La Haye (Provinces-Unies). Intitulé Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, il a pour auteur René Descartes.

Louis XIII consacre la France à la Vierge

Le 10 février 1638, alors que la reine Anne d'Autriche est enceinte pour la première fois après 22 ans de mariage, le roi Louis XIII réalise son voeu de consacrer le royaume de France à la Vierge Marie.

Depuis lors, le 15 août, fête de l'Assomption de la Vierge, est férié et chômé en France. L'initiative s'avèrera bénéfique puisque naîtra le 5 septembre un garçon qui deviendra cinq ans plus tard Louis XIV.

« National Covenant » en Écosse

Le 28 février 1638, les représentants de l'Écosse s'engagent par le « National Covenant » à résister au roi anglais Charles 1er qui veut leur imposer une Église de type anglican.

Naissance du futur « Roi-Soleil »

Louis Dieudonné, futur Louis XIV, naît le 5 septembre 1638 au château de Saint-Germain-en-Laye, à l'ouest de Paris. Ses parents, Louis XIII et Anne d'Autriche (37 ans l'un et l'autre), sont d'autant plus ravis de la naissance de ce premier enfant qu'elle arrive après plus de 22 ans de mariage !

Le Portugal retrouve son indépendance

Le 1er décembre 1640, la petite noblesse du Portugal se soulève contre les Espagnols qui occupent leur pays depuis quatre décennies. Elle rétablit l'indépendance du Portugal et porte sur le trône l'un des siens, le duc Jean de Bragance (36 ans).

Le nouveau roi est couronné sous les acclamations populaires, et avec l'approbation des députés des Cortès, le 15 décembre et prend le nom de Jean IV (João IV). Il sera surnommé le Fortuné.

Le soulèvement bénéficie du soutien du cardinal français Richelieu, heureux de jouer un bon tour à la maison des Habsbourg qui gouverne l'Espagne... Il reçoit aussi l'appui intéressé des Hollandais et des Anglais, qui en profitent pour enlever au Portugal le monopole du fructueux commerce des épices.

Comme les Espagnols tentent quatre ans plus tard de reprendre pied au Portugal, Jean IV les défait à Montijo, près de Badajoz. Le pays se voit reconnaître son indépendance par l'Espagne en 1668 mais ne va plus sortir de l'orbite anglaise.

Le « Long Parlement » en conflit avec Charles 1er

Le 1er décembre 1641, le « Long Parlement » anglais présente au roi Charles 1er une série de griefs sous l'intitulé de la Grande Remontrance. C'est le début de la rupture entre la monarchie et les représentants du pays. Il s'ensuit la décapitation du roi et l'avènement d'une éphémère République.

Charles 1er est chassé de Londres

Charles 1er Stuart est chassé de Londres le 10 janvier 1642. Le roi d'Angleterre avait tenté sans succès de faire arrêter les chefs du Parlement qui voulaient limiter son pouvoir...

Naissance de Montréal

La future métropole du Québec est née le 17 mai 1642, sous le nom de Ville-Marie, à l'initiative du gentilhomme Paul de Chomedey de Maisonneuve et de l'infirmière Jeanne Mance...

Conspiration et mort de Cinq-Mars

Le 12 septembre 1642, sur la place des Terreaux, à Lyon, le marquis Henri de Cinq-Mars (22 ans) périt sur l'échafaud ainsi que son ami François de Thou. Ces deux exécutions mettent un terme à la dernière conspiration ourdie contre Richelieu.

Trois ans plus tôt, le cardinal a poussé auprès du roi Louis XIII le jeune marquis, attendant de ce pétulant jeune homme qu'il divertisse le souverain, sujet à des crises de mélancolie.

La manoeuvre réussit si bien que la tête du petit marquis se met à enfler. Non content d'obtenir la charge de Grand Écuyer, il exige d'épouser la princesse Marie de Gonzague, d'un rang très supérieur au sien. Richelieu s'y oppose.

Henri de Cinq-Mars en conçoit une rancune contre son protecteur et bascule dans le camp de ses ennemis. Il entre dans un complot avec l'inévitable Gaston d'Orléans, frère cadet du roi, et se dispose à ouvrir les frontières du pays aux troupes espagnoles !... Sitôt informé, Richelieu, bien que malade à en mourir, aura à coeur de punir la trahison...

Découverte de la Tasmanie

Le 24 novembre 1642, le navigateur hollandais Abal Tasman découvre une île qui portera son nom, la Tasmanie. Cette île des mers australes, à la faune et à la flore originales, fait aujourd'hui partie de la fédération australienne.

Avènement de Louis XIV

Le 14 mai 1643 meurt le roi Louis XIII (43 ans), 33 ans jour pour jour après l'assassinat de son père Henri IV...

Comme son fils et successeur Louis XIV n'a que quatre ans, Louis XIII a prévu avant de mourir un Conseil de régence constitué de son frère, Gaston d'Orléans, du prince de Condé, de la reine Anne d'Autriche et du ministre-cardinal Mazarin.

Mais la reine n'a d'autre hâte que de faire casser le testament. Le Parlement de Paris lui confie « l'administration libre absolue et entière des affaires du royaume ».

Comme toutes les régences, la sienne aura du mal à s'imposer. Guerres à l'extérieur, frondes à l'intérieur. Avec Mazarin pour principal ministre, Anne d'Autriche se sortira brillamment de l'épreuve.

Le grand Condé triomphe à Rocroi

Le 19 mai 1643, le duc d'Enghien (23 ans) anéantit à Rocroi, dans les Ardennes, les redoutables « tercios » de l'infanterie espagnole. En souvenir de sa victoire, on le surnommera le « Grand Condé » après qu'il aura hérité du titre de duc de Condé sous le nom de Louis II...

Molière fonde L'Illustre-Théâtre

Le 30 juin 1643, Jean-Baptiste Poquelin fonde avec quelques amis dont une célèbre comédienne, Madeleine Béjart, une troupe de théâtre baptisée L'Illustre-Théâtre. Cette troupe itinérante va patienter 16 ans avant de triompher à Paris, le 18 novembre 1659, avec Les Précieuses ridicules. L'auteur deviendra immortel sous le nom de Molière.

Fin du dernier empereur Ming

Le 3 avril 1644, le dernier empereur de la dynastie Ming, Tchouang-lie-ti (ou Chongzhen), se pend dans la Cité interdite de Pékin tandis qu'un chef de brigands entre dans la capitale chinoise. Les farouches Mandchous du nord arrivent à leur tour sous le prétexte de secourir les armées impériales. Ils en profitent pour éliminer les Ming et fonder leur propre dynastie. Elle durera jusqu'à la fondation de la République chinoise.

La Fronde parlementaire

Le 13 mai 1648 débute la Fronde parlementaire. Elle avortera très vite mais sera relayée par la Fronde des Princes. Au terme de l'épreuve, la monarchie française restaurera et consolidera son autorité.

Journée des Barricades

Le 26 août 1648 restera connu à Paris comme la Journée des Barricades. La régente Anne d'Autriche et Mazarin arrêtent le Président Broussel. La Fronde parlementaire arrive à son point culminant. Elle veut profiter des difficultés qui assaillent les armées des frontières pour enlever un peu de pouvoir au roi et l'attribuer aux privilégiés.

Pascal découvre le vide !

Le 19 septembre 1648, tandis que Paris se débat dans les troubles de la Fronde, Blaise Pascal (25 ans) poursuit ses travaux à Clermont dans une totale indifférence aux événements de la capitale. Au sommet du Puy de Dôme, avec son beau-frère, il apporte la preuve de l'existence du vide et de la pression atmosphérique en montrant que le niveau de mercure dans un baromètre de Torricelli descend à mesure que l'altitude augmente.

L'impact de cette expérience a été tel que Pascal est devenu comme son cadet Newton une unité de mesure ! Un Pascal représente un Newton par mètre carré. 1Pa =1 N.m(-2).

Les traités de Westphalie

Le 24 octobre 1648 sont publiés les traités de paix signés en Wesphalie, à Osnabrück et Münster. Ils mettent fin à l'épouvantable guerre de Trente Ans qui a ravagé l'Allemagne et consacrent son émiettement politique.

Les traités ont été habilement négociés par le chancelier suédois Axel Oxenstierna, qui a poursuivi l'oeuvre engagée par le roi Gustave Adolphe, et le cardinal Mazarin, représentant les intérêts français...

Anne d'Autriche et Mazarin fuient Paris

Le 5 janvier 1649, Anne d'Autriche et Mazarin quittent Paris. Avec le jeune roi Louis XIV, ils se réfugient à Saint-Germain-en-Laye et attendent que la Fronde parlementaire se détruise par ses propres excès.

Charles 1er est décapité.

Le 30 janvier 1649, Charles 1er Stuart, roi d'Angleterre, est décapité à Whitehall, près de Westminster...

La Fronde contre le Roi

Le 11 mars 1649, à Rueil, Anne d'Autriche et Mazarin concluent la paix avec le président du Parlement de Paris Mathieu Molé. C'est la fin de la Fronde parlementaire.

Les magistrats renoncent à limiter en France le pouvoir royal. Les Princes et les grands seigneurs s'y essaient à leur tour mais sans plus de succès.

Les uns et les autres, représentants des classes privilégiées, ont été poussés à la révolte par l'augmentation des impôts et le besoin pour l'État d'accroître ses recettes fiscales. Les mêmes causes allaient conduire 150 ans plus tard à la Révolution...

Robinson Crusoé s'embarque pour l'aventure

Le 1er septembre 1651, Robinson Crusoé s'embarque pour 28 ans d'aventures...

Cromwell promulgue l'Acte de Navigation

Le 9 octobre 1651, le Parlement anglais promulgue l'Acte de Navigation. Il réserve aux navires et aux équipages nationaux le droit d'entrer dans les ports de Grande-Bretagne. Oliver Cromwell, qui gouverne le pays depuis l'exécution du roi Charles 1er, encourage ainsi sa vocation maritime. Cette vocation s'accomplira après que l'Angleterre aura triomphé des Provinces-Unies dans une guerre pour le contrôle du commerce avec les Indes et l'Insulinde.

Fin de la Fronde des Princes

Le 2 février 1652, la Fronde des Princes étant vaincue, le ministre Mazarin peut enfin rentrer à Paris.

Fondation de la ville du Cap

Les Hollandais établissent le 6 avril 1652 une petite colonie permanente près du cap de Bonne Espérance, à la pointe de l'Afrique. C'est l'origine de la ville du Cap, qui compte aujourd'hui près de 2 millions d'habitants...

Le jeune Louis XIV rentre à Paris

Le 21 octobre 1652, le jeune Louis XIV rentre à Paris après l'échec de la Fronde des princes. Le seul résultat durable de la Fronde est le souvenir qu'elle laisse dans le coeur du roi, alors âgé de neuf ans. Les craintes et les vexations lui inspireront à jamais une méfiance irréductible envers les oligarchies de nobles et de parlementaires.

Condé coupable de lèse-majesté

Le 12 novembre 1652, Louis XIV déclare coupables du crime de lèse-majesté le prince de Condé, sa soeur la duchesse de Longueville et quelques autres seigneurs coupables d'avoir participé à la Fronde des Princes. C'est seulement après la paix des Pyrénées avec l'Espagne que les proscrits rentreront en grâce auprès du Roi-Soleil.

Le roi danse !

Le 23 février 1653, le duc de Nemours organise une grande fête à Paris pour célébrer le retour du roi Louis XIV à Paris après les troubles de la Fronde.

Il organise pour la Cour un spectacle dans l'hôtel du Petit-Bourbon, en face du Louvre : leBallet de la Nuit. À la dernière des 45 entrées, l'Aurore apparaît sur son char. Elle est accompagnée du Crépuscule et entourée des Douze Heures du Jour. C'est le clou du spectacle. Survient alors le Soleil. Il danse, entouré de vingt Génies. L'Aurore chante et lui rend hommage avant de se retirer.

Le public, ravi, reconnaît sous le masque du Soleil le jeune roi de quinze ans, au demeurant un excellent danseur. De ce jour date le surnom qui restera au souverain : le Roi-Soleil. Le cinéaste belge Gérard Corbiau a tiré de cette histoire un chef d'oeuvre : Le roi danse (2000).

Découverte de la tombe de Childéric

Le 27 mai 1653, un maçon découvre à Tournai, en Belgique, près de l'église Saint-Brice, la tombe de Childéric 1er, père de Clovis, roi des Francs !

Les naufragés du Sperweer, premiers Européens en Corée

Le 16 août 1653, un typhon entraîne le naufrage près des côtes coréennes d'un navire hollandais de la Compagnie des Indes Orientales (VOC), le Sperweer. Les naufragés trouvent refuge au royaume de Corée, le « royaume ermite », mais s'y voient contraints d'y rester plus de 13 ans. Leur chef, Hendrik Hamel, publie la première description de ce pays secret...

Cromwell devient « lord-protecteur »

Le 16 décembre 1653, Oliver Cromwell publie une Constitution sous le nom de « Instrument of Government ». Ce texte désigne le vainqueur de Charles 1er comme le « lord-protecteur » d'Angleterre, d'Écosse et d'Irlande. Il consacre dans les faits la dictature personnelle de Cromwell.

Fin du siège de Recife

Le 26 janvier 1654, après le siège de Recife, les Hollandais du Brésil capitulent face aux Portugais.

C'est la fin du « Brésil hollandais », une aventure de trente ans dans laquelle s'est illustré Jean-Maurice de Nassau (Johan Maurits van Nassau-Siegen), gouverneur général de la Compagnie hollandaise des Indes Occidentales (WIC). Les peintre Frans Post et Albert Eckhout ont laissé des témoignages picturaux de cette aventure...

Abdication de Christine de Suède

Le 6 juin 1654, après dix ans de règne personnel, Christine de Suède (28 ans) abdique solennellement à Uppsala au profit de son cousin, Charles X Gustave. C'en est fini de la dynastie des Vasa...

Expérience mystique de Pascal

Le 23 novembre 1654, dans la nuit, Blaise Pascal, 31 ans, éprouve une violente expérience mystique. Le savant va dès lors se rapprocher des jansénistes de Port-Royal et se consacrer à la réflexion théologique. Participant à la querelle des jansénistes et des jésuites, il publie deux ans plus tard un célèbre pamphlet, les Provinciales.

Christine se fait justice à Fontainebleau

Le 10 novembre 1657, le père Le Bel, supérieur du couvent des Mathurins d'Avon, est convoqué au château de Fontainebleau, tout proche.

Dans la galerie des Cerfs, l'ex-reine Christine de Suède, de passage au château, lui demande de confesser son confident et favori, l'Italien Monaldeschi. Après quoi, elle fait exécuter ce dernier à l'épée...

Face au scandale de cette justice sommaire exercée sur le sol français, l'ex-reine revendique son droit de souveraine. Elle explique à son hôte, le cardinal Mazarin, que le condamné avait reconnu l'avoir trahie auprès des envoyés du roi d'Espagne.

Selon des sources malveillantes, la reine aurait aussi eu connaissance de lettres où son grand écuyer et amant raillait son physique. L'affaire est finalement étouffée et Christine s'établit à Rome.

Victoire de Turenne aux Dunes

Le 14 juin 1658, l'armée française commandée par le maréchal de Turenne remporte sur les Espagnols et l'armée du prince de Condé la victoire des Dunes, près de Dunkerque. Cette victoire va mettre un terme à 24 ans de guerre entre les deux puissances et va conduire au traité des Pyrénées. Le vicomte de Turenne, homme intègre et protestant convaincu, était par sa mère le petit-fils de Guillaume le Taciturne, héros de l'indépendance hollandaise.

Aurengzeb devient empereur

Le 31 juillet 1658, Aurengzeb Alamgir, troisième fils de l'empereur Chah Jahan, celui-là même qui a fait construire le Taj Mahal, monte sur le trône de l'empire moghol des Indes... Aurengzeb (on écrit aussi Aurangzeb) est le dernier des « Grands Moghols ». Il se montre très rigoriste en matière de religion et de morale, à la différence de son père et de son frère aîné, Dara Shikok (on écrit aussi Shekuh).

La paix des Pyrénées

Par le traité des Pyrénées du 7 novembre 1659, signé sur l'île des Faisans, à la frontière franco-espagnole, la France met fin à deux siècles d'hostilités avec l'Espagne des Habsbourg.

Un mariage entre le roi Louis XIV et sa cousine l'infante Marie-Thérèse scelle ce rapprochement habilement négocié par Mazarin...

La paix d'Oliva met fin à la première guerre du Nord

La « paix du Nord », signée le 3 mai 1660 à Oliva (ou Oliwa, près de Dantzig, sur la Baltique), suit de peu le traité des Pyrénées entre la France et l'Espagne. Elle met fin à l'attaque lancée par le roi de Suède Gustave X Adolphe contre le roi de Pologne Jean II Casimir, qui contestait son accession au trône de Suède après l'abdication de la reine Christine.

Après un brillant succès devant Varsovie, le roi de Suède avait dû faire face à une coalition rassemblant l'empereur, le tsar, le roi du Danemark et quelques autres princes. Il ne s'en était tiré que grâce à l'intervention de Mazarin. Le Premier ministre français, ne voulant pas que soient bouleversés les traités de Westphalie qui, dix ans plus tôt, ont émietté l'Allemagne, avait convaincu les belligérants de s'asseoir à la table des négociations.

La Suède reçoit ainsi de la Pologne la Livonie (Lettonie) et Riga, ce qui fait de la mer Baltique un « lac suédois » (pour peu de temps)...

Fin de la « Grande Rébellion »

Le 29 mai 1660, Charles II Stuart, fils du roi Charles 1er, monte sur le trône d'Angleterre. C'est la fin de la « Grande Rébellion », une décennie sanglante et intolérante marquée par la décapitation de son père, le roi Charles 1er, et la dictature républicaine d'Oliver Cromwell.

Mariage de Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche

Le 9 juin 1660, Louis XIV et l'infante d'Espagne Marie-Thérèse se marient à Saint-Jean-de-Luz dans la liesse générale. Leur union consacre le rapprochement entre les deux principales puissances européennes de l'époque, la France et l'Espagne. Elle fait suite au traité des Pyrénées négocié par Mazarin et signé le 7 novembre de l'année précédente.

Les époux, tous deux âgés de 21 ans, sont cousins des deux bords : Louis XIV a pour mère Anne d'Autriche, soeur du roi d'Espagne Philippe IV de Habsbourg. L'épouse de ce dernier, Élisabeth de France, est la mère de Marie-Thérèse d'Autriche mais aussi la soeur de Louis XIII, père du marié. L'union n'en sera pas moins féconde, avec dix naissances.

Charles II rentre à Londres

Le 29 août 1660, le roi Charles II revient triomphalement à Londres. La dictature de Cromwell et de son fils ayant conduit l'Angleterre dans une impasse, le général Monk a demandé au fils du roi Charles 1er, celui-là même qui avait été décapité, de rentrer d'exil. L'héritier des Stuart y consent. Dans une déclaration préliminaire, il proclame une amnistie générale et la liberté de conscience. C'est pour l'Angleterre un pas décisif sur la voie de la démocratie.

L'empereur Kangxi, le « Roi-Soleil » chinois

Le 17 février 1661, Kangxi devient empereur à Pékin. Fils du fondateur de la dynastie Qing (ou mandchoue), il règnera 62 ans et portera la Chine à son apogée. Il accueillera les jésuites à la Cité interdite...

Une fête trop somptueuse

Le soir du mercredi 17 août 1661, à Vaux-le-Vicomte, Nicolas Fouquet étale sa splendeur au cours d'une fête plus somptueuse que jamais. Elle lui coûtera sa liberté...

D'Artagnan arrête le surintendant Fouquet

Le 5 septembre 1661, le surintendant général des Finances Fouquet est arrêté par d'Artagnan sur ordre de Louis XIV...

Le pirate Koxinga s'empare de Formose

Le 1er février 1662, le pirate chinois Koxinga (ou Chang Cheng-kung) s'empare de la citadelle hollandaise de Zeelandia, au sud de Taïwan.

Il va ouvrir l'île à l'immigration des Chinois continentaux, les «Hakkas»...

Fête du Carrousel

Le 5 juin 1662, le jeune roi Louis XIV donne une grande fête dans le jardin des Tuileries, en son palais parisien. Plusieurs milliers de spectateurs comtemplent les savantes évolutions de cinq quadrilles...

En souvenir de cet événement, le lieu porte encore aujourd'hui le nom de « Carrousel » (le carrousel désigne un spectacle équestre). Il est orné d'un bel arc de triomphe.

Les Plaisirs de l'île enchantée

Le 5 mai 1664, les 600 invités du jeune roi Louis XIV (25 ans) arrivent à Versailles pour assister aux somptueuses fêtes des « Plaisirs de l'Île enchantée ».

Celles-ci vont se dérouler du 6 au 13 mai dans le parc aménagé avec magnificence par le jardinier André Le Nôtre autour de plusieurs pièces d'eau. Les courtisans découvrent ainsi le site sur lequel le roi nourrit le dessein d'installer un nouveau château, en complément de son palais parisien des Tuileries...

Fondation de la Compagnie française des Indes orientales

Le 27 août 1664, Colbert convainc le roi Louis XIV de fonder à l'image de ses rivaux anglais et hollandais une Compagnie française pour le commerce des Indes orientales [les Indes orientales désignent l'Asie des moussons].

Son siège est à Paris et l'on lance la construction d'un port et d'un chantier naval, au sud de la Bretagne, dans une crique protégée des tempêtes par l'île de Groix. Pour bien afficher sa vocation commerçante, cette ville nouvelle va prendre le nom de Lorient...

La bataille de Jijel

En 1664, sur ordre du jeune roi Louis XIV, un corps expéditionnaire français tente de prendre pied à Jijel, en petite Kabylie, afin de mettre fin au piratage barbaresque. L'expédition débouche sur un fiasco complet sur lequel le Roi-Soleil veillera à imposer un pudique silence...

Le roi du Kongo Antonio 1er victime des Portugais

Le 29 octobre 1665, le roi du Kongo, Antonio 1er, est victime d'une attaque des Portugais en un lieu dit Ambuila. Ses troupes sont défaites et lui-même est décapité. C'est le début de la fin pour le royaume du Kongo (ancêtre de l'actuel Congo, RDC), premier royaume chrétien du continent noir, victime de la rapacité des commerçants portugais.

Mort d'Anne d'Autriche

Le 20 janvier 1666, Anne d'Autriche meurt au Louvre, à 65 ans, d'un cancer du sein apparu deux ans plus tôt. Ses souffrances sont accrues par l'acharnement des médecins. À son chevet, son fils aîné, le roi Louis XIV, en larmes, perd connaissance. Son deuxième fils, Philippe d'Orléans, tout aussi ému, reste auprès d'elle jusqu'à ses derniers instants.

Anne d'Autriche a régenté le royaume pendant la minorité de son fils, jusqu'en 1661. Elle est inhumée à Saint-Denis. Son coeur est confié au Val-de-Grâce, le couvent qu'elle a fait ériger en reconnaissance à Dieu après la naissance de son fils aîné, couvent où elle aurait aimé finir ses jours si la maladie lui en avait laissé le loisir.

Le Misanthrope

Le 4 juin 1666 a lieu à Versailles la première représentation du Misanthrope de Molière.

Londres en flammes

Le 2 septembre 1666, Londres est ravagée par un Grand Incendie. Le sinistre a pris naissance dans une boulangerie. Sur les lieux s'élève aujourd'hui une colonne qui commémore l'événement. Les Londoniens l'appellent tout simplement « The Monument »...

Paris se dote d'une police moderne

Le 15 mars 1667, par un édit signé à Saint-Germain-en-Laye, le roi Louis XIV et son ministre Colbert confient à Gabriel Nicolas de La Reynie (42 ans) la charge de lieutenant de police de Paris avec mission d'éradiquer la « Cour des miracles ». C'est l'acte de naissance de la police moderne...

L'empereur Kangxi gouverne seul

Le 25 août 1667, le jeune empereur Kangxi (13 ans) décide de gouverner désormais la Chine sans le concours d'aucun régent.

Andromaque à la Cour

Le 17 novembre 1667, Racine offre à la Cour la première représentation d'Andromaque.

Fin de la guerre de Dévolution

Le 2 mai 1668, la France et l'Espagne signent le traité d'Aix-la-Chapelle. Il met fin à la guerre de Dévolution...

Création de l'Hôtel des Invalides

Par l'ordonnance du 24 février 1670, le roi Louis XIV ordonne la fondation à l'écart de Paris d'un hôtel destiné à soigner et héberger les soldats invalides et les vétérans de ses guerres.

Le roi veut que «ceux qui ont exposé leur vie et prodigué leur sang pour la défense de la monarchie passent le reste de leurs jours dans la tranquillité»… et ne vagabondent plus dans les rues, au grand déplaisir des passants. Il souhaite aussi valoriser la carrière militaire en assurant aux volontaires une retraite honorable.

Cet Hôtel des Invalides figure aujourd'hui parmi les plus beaux monuments de la capitale.

Le Bourgeois gentilhomme

Le 14 octobre 1670, Molière donne la première représentation du Bourgeois gentilhomme devant le roi Louis XIV et sa cour...

Vatel au purgatoire des maîtres d'hôtel

Le 23 avril 1671, Vatel se suicide pendant une réception de la Cour au château de Chantilly...

Louis XIV franchit le Rhin à la tête de son armée

Sorti victorieux de la guerre de Dévolution, le roi de France Louis XIV veut punir les Provinces Unies (essentiellement la Hollande), coupables d'avoir monté contre lui une Triple-Alliance avec la Suède et l'Angleterre.

Il franchit le Rhin le 12 juin, à la tête de son armée, au gué de Tolhuis. C'est le début de la guerre de Hollande qui va au final durer une demi-douzaine d'années...

Une ordonnance de Louis XIV étend le droit de régale

Le 10 février 1673, par une ordonnance signée à Saint-Germain-en-Laye, le roi Louis XIV décide d'étendre le « droit de régale » à l'ensemble du royaume.

Ce droit qui remonte au Moyen Âge permet au roi de percevoir les revenus des diocèses et des abbayes vacants en attendant qu'arrive un nouveau titulaire (« régale temporelle »). Il lui permet aussi de procéder aux nominations dans le diocèse ou l'abbaye en question « régale spirituelle ».

De nombreux évêchés du Midi échappaient jusque-là à ce droit et le pape Innocent XI s'irrite de la volonté du roi, ou plutôt de son ministre Colbert, de le leur appliquer. Il condamne fermement la régale universelle et le conflit va déboucher dix ans plus tard sur une exacerbation du gallicanisme avec la Déclaration des Quatre Articles.

Römer mesure la vitesse de la lumière

Le 22 novembre 1675, à l'observatoire de Paris, Olaüs Römer (ou Roemer) réussit à évaluer la vitesse de la lumière. Son résultat, 200.000 kilomètres par seconde, est remarquablement proche de la mesure actuelle (300.000 km/seconde). Pour y arriver, l'astronome danois s'est servi de l'observation des « planètes médicéennes » (les satellites de Jupiter), découvertes par Galilée le 7 janvier 1610. C'est un nouveau pas dans la perception de l'infini.

Traité de Nimègue

Le 5 février 1679 se clôture le congrès de Nimègue (Hollande). Mettant fin à la guerre de Hollande, il confirme les traités de Westphalie qui ont eux-mêmes mis fin, trente ans plus tôt, à la guerre de Trente Ans.

Un premier traité est conclu par la France du Roi-Soleil, le 10 août 1678, avec les Provinces-Unies. Celles-ci obtiennent la restitution de leurs places et l'abrogation par Colbert du tarif douanier prohibitif de 1667 qui ruinait leur commerce.

Un deuxième traité, le 17 septembre 1678, est conclu avec l'Espagne, grande perdante de la guerre de Hollande. Elle cède à la France la Franche-Comté et la ligne Cambrai-Bouchain-Valenciennes-Condé-Maubeuge ainsi que Saint-Omer, Cassel et Ypres. La France atteint ainsi sur le Jura et dans les Flandres ses frontières quasi-définitives.

Enfin, par un troisième et dernier traité avec l'empereur Léopold 1er de Habsbourg, le 5 février 1679, Louis XIV cède Philippebiourg à l'empereur tout en gardant Fribourg-en-Brisgau. Il restitue aussi la Lorraine à son duc, Charles V, mais garde Nancy, Commercy et quatre routes vers l'Alsace. La Lorraine demeure sous occupation française, le duc refusant l'application du traité.

Au final, en dépit des difficultés de la guerre de Hollande, le congrès marque l'apogée du règne de Louis XIV et lui vaut le surnom de Louis le Grand.

Exécution de la Voisin

Le 22 février 1680, une femme est brûlée en place de Grève, face à l'Hôtel de ville de Paris, sous l'accusation de sorcellerie et d'empoisonnement.

Il pourrait s'agir d'un fait divers parmi d'autres. Mais la condamnée a dénoncé avant de mourir nombre de ses clients et clientes, dont certains appartiennent à la haute aristocratie. Madame de Montespan, la maîtresse du roi Louis XIV, est compromise ! C'est le point d'orgue d'une affaire à rebondissements, l'« affaire des Poisons »...

Fondation de la Comédie-Française

Le 21 octobre 1680, par lettre de cachet ou décret, le roi Louis XIV fonde la Comédie-Française...

Fondation de la Pennsylvanie

Le roi d'Angleterre Charles II Stuart signe le 4 mars 1681 une charte royale qui attribue à William Penn un vaste territoire vierge, situé entre la colonie de New York au nord et la colonie de Virginie au sud, en échange d'une créance de 12.000 livres de son père.

William Penn (37 ans) est un membre éminent de la Société des Amis, un mouvement religieux plus connu sous le nom de Quakers, parce que ses adeptes sont pris de tremblements (to quake, trembler en anglais) pendant leurs prières. Ayant appelé Pennsylvanie (la forêt de Penn) le territoire reçu du roi, il décide d'en faire un refuge pour ses coreligionnaires et un modèle d'État démocratique.

L'année suivante, remontant le fleuve Delaware avec une centaine de Quakers, il fonde la ville de Philadelphie, d'un mot grec qui signifie « Cité de l'amour fraternel » ! Penn rédige par ailleurs un code de lois qui se veut exemplaire sous le nom de « Great Law » (Grande Loi). Il interdit l'esclavage, limite la peine de mort à deux crimes : meurtre et trahison, accorde le droit de vote à tous les contribuables, impose une formation professionnelle à tous les enfants de plus de 12 ans et garantit à tous la liberté de religion.

Louis XIV fait son entrée à Strasbourg

Le 24 octobre 1681, Louis XIV fait son entrée à Strasbourg devant des habitants inquiets de la nouvelle domination française...

Déclaration des quatre articles

Le 19 mars 1682, l'assemblée générale du haut clergé, réunie sous la houlette de Bossuet, évêque de Meaux vote la Déclaration des quatre articles à l'instigation du roi Louis XIV. Cette déclaration, qui prend aussitôt valeur de loi, porte à son paroxysme le conflit ouvert dix ans plus tôt par l'ordonnance de Saint-Germain à propos du droit de régale (revenus des évêchés vacants).

Le premier article de la Déclaration restreint l'autorité du pape au domaine spirituel ; le deuxième déclare que les conciles et la coutume ont autorité sur le pape ; le troisième défend l'Église gallicane (ou française) ; le quatrième enfin nie l'infaillibilité du pape.

Le pape Innocent XI décide derechef de ne plus investir de nouveaux évêques en France. On compte bientôt 35 évêchés vacants. La crise ne s'atténue pas avec son successeur Alexandre VIII en 1689. Le pays est au bord d'un schisme religieux et comme le roi commence à éprouver de graves difficultés par ailleurs, il finit par composer. Il renonce en septembre 1693 à la Déclaration cependant que le nouveau pape Innocent XII accorde l'extension du droit de régale et entérine les nouvelles investitures d'évêques.

Cavelier de la Salle baptise la Louisiane

Le 9 avril 1682, Robert Cavelier de la Salle prend possession du Mississippi au nom de la France...

Louis XIV à Versailles

Le 6 mai 1682, le roi Louis XIV quitte le Louvre, sa résidence parisienne, et s’installe avec la Cour à Versailles, dans un palais grandiose que les autres souverains auront à cœur d’imiter.

Les Turcs lèvent le siège de Vienne

Le 12 septembre 1683, après deux mois de siège, les janissaires turcs du grand vizir Kara Mustapha renoncent à conquérir Vienne et se retirent...

Mariage morganatique de Louis XIV

Dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683, dans l'ancienne chapelle du château de Versailles, le roi Louis XIV, âgé de 45 ans et veuf de Marie-Thérèse d'Autriche, épouse en secret la gouvernante de ses bâtards, Françoise d'Aubigné (47 ans), veuve du poète Scarron, devenue par la faveur royale marquise de Maintenon...

Louis XIV humilie Gênes

Le 15 mai 1685, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, le doge de Gênes, Francesco Maria Imperiale Lercaro en personne, s'incline devant le Roi-Soleil en lui exprimant son « extrême regret de lui avoir déplu »...

Révocation de l'Édit de Nantes

Le 18 octobre 1685, par l'édit de Fontainebleau, le Roi-Soleil Louis XIV révoque l'édit de tolérance signé à Nantes par son grand-père Henri IV 87 ans plus tôt. Une seule religion est désormais autorisée en France...

L'Édit de Potsdam fait bon accueil aux huguenots français

Le 29 octobre 1685, soit douze jours à peine après la révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV, le Grand Électeur de Brandebourg Frédéric-Guillaume 1er de Hohenzollern publie l'Édit de Potsdam par lequel il invite les huguenots chassés de France à s'installer sur ses terres.

Les réfugiés se voient offrir quatre ans d'exemption d'impôt, du bois de construction, des terrains et même la liberté de suivre leur culte en français et de conserver le droit français et leurs propres magistrats.

Vingt mille protestants, dont une grande partie sont originaires de la région de Metz, vont répondre à son appel et ainsi repeupler le Brandebourg, ravagé par la guerre de Trente Ans et la peste. Six mille vont s'installer dans la nouvelle capitale de l'État, Berlin, lui donnant d'emblée une coloration très française... et austère.

Mort tragique de Cavelier de la Salle

Le 19 mars 1687, l'« inventeur » de la Louisiane, René-Robert Cavelier de La Salle, est tué par un de ses compagnons au terme d'une ultime expédition dans la région du Mississippi...

Explosion au Parthénon

Le 26 septembre 1687, tandis que le doge Francesco Morosini met le siège devant l'Acropole où est installée une garnison turque, un obus vénitien tombe sur le Parthénon qui abrite un magasin de poudre. Tout le centre du temple s'effondre.

Échec au roi en Angleterre

Le 22 décembre 1688, le roi Jacques II Stuart est chassé de Londres et s'enfuit sur le Continent, à la Cour de Louis XIV.

Cette «heureuse et glorieuse révolution», sans effusion de sang, met fin aux dissensions religieuses et entraîne l'instauration en Angleterre d'une monarchie parlementaire....

Guillaume d'Orange roi d'Angleterre

Le 13 février 1689, Guillaume d'Orange et sa femme Marie II Stuart acceptent simultanément la couronne d'Angleterre et la Déclaration des Droits (« Bill of rights »). Cet acte consacre la fin de la monarchie absolue et l'avènement de la démocratie en Angleterre. Il reste connu sous le nom de « Glorieuse Révolution ».

Traité sino-russe de Nertchinsk

Le 6 septembre 1689, par le traité de Nertchinsk, les Chinois rejettent les Russes bien au-delà du fleuve Amour. Grâce à l'artillerie mise au point avec le concours des missionnaires jésuites, l'empereur Kangxi (ou K'ang-hi) a pu quatre ans plus tôt s'emparer du fort russe d'Albazin, sur le fleuve Amour.

Fondation de Calcutta

Le 24 août 1690, la Compagnie anglaise des Indes (East India Company) fonde Calcutta à l'emplacement d'un petit port de pêche, dans le delta du Gange, au Bengale. La nouvelle ville tire son nom d'un sanctuaire de la déesse Kali (elle a été rebaptisée Kolkata à la fin du XXe siècle).

Comme Shanghaï, Hongkong et Singapour, que les Anglais ont également fondées avec un remarquable instinct, Calcutta est devenue en moins d'un siècle le débouché naturel de sa région ainsi qu'une grande métropole économique.

Résidence du vice-roi des Indes britanniques au temps de la colonisation anglaise, Calcutta a hérité de ce passé prestigieux quelques beaux immeubles. C'est en ce début du XXIe siècle une cité industrielle populeuse et pauvre d'environ 5 millions d'habitants, largement éclipsée par Bombay (ou Mumbai).

Bossuet baptise un prince de Côte d'Ivoire

Le 1er août 1691, Bossuet baptise à Paris un prince africain de 20 ans du nom d'Anabia, originaire du royaume d'Assinie, à l'ouest de la Côte d'Ivoire actuelle. Son parrain de baptême n'est autre que Louis XIV, le Roi-Soleil en personne...

Soumission de l'Irlande

Le 30 octobre 1691, le traité de Limerick met fin à la conquête de l'Irlande par les troupes anglaises. L'honneur est sauf pour les catholiques irlandais. Mais les conventions de paix ne tarderont pas à être violées par les troupes anglaises d'occupation, semant une discorde durable entre les deux communautés.

Kangxi publie des édits de tolérance

Les 17 et 19 mars 1692, l'empereur Kangxi (ou K'ang-hi) publie des édits de tolérance qui ouvrent la Chine au christianisme.

Bataille de la plage rouge

Pendant la guerre de la Ligue d'Augsbourg, les Anglais en guerre contre Louis XIV lancent avec leurs alliés hollandais une attaque contre la rade de Brest. Avec 8000 soldats et marins, 37 vaisseaux et frégates ainsi que neuf brûlots et galiotes à bombes, ils entrent dans la mer d'Iroise.

Un premier contingent de huit cents grenadiers (troupe d'élite) débarque sur la plage rouge (Trez Rouz en breton), sur la presqu'île de Crozon, en face de Brest. Mais il est aussitôt pris sous le feu de trois cents soldats français bien retranchés dans les dunes. Du port voisin de Camaret, les batteries de la tour construite par Vauban pilonnent d'autre part les navires.

Comme ils tentent de se replier, les assaillants découvrent que la marée, en se retirant, a mis leurs chaloupes à sec. C'est un carnage. Plus de mille marins et soldats anglo-hollandais sont mis hors de combat. Brest ne sera plus jamais attaqué par la mer.

Mort de Zumbi dos Palmares au Pernambouc

Vers 1630, des esclaves de différentes plantations du Pernambouc (nord-est du Brésil) se soulèvent et s'enfuient dans l'intérieur des terres, pour échapper à leurs maîtres hollandais. Ils fondent au pied d'une montagne une « république noire » ou quilombo : Palmares.

Ils sont rejoints par d'autres fugitifs, des Noirs mais aussi des Indiens et même des Blancs. Tels les Romains des origines, ils organisent des raids sur les villages et plantations alentours pour enlever des femmes. Ainsi se met en place une communauté appelée à durer, malgré les expéditions punitives des Hollandais puis des Portugais qui prennent leur place. Palmares va compter jusqu'à 20.000 habitants répartis en plusieurs agglomérations, devenant la plus importante communauté d'esclaves fugitifs (ou esclaves « marrons ») du Brésil.

Paradoxalement, c'est la signature en 1678 d'un traité de paix avec le gouverneur portugais du Pernambouc, Pedro de Almeida, qui va entraîner la ruine de la communauté. Refusé par la majorité des habitants, le traité provoque une guerre civile et la rébellion d'un chef charismatique, Zumbi dos Palmares. Celui-ci est en définitive tué le 20 novembre 1695 par les Portugais.

Il deviendra au Brésil le symbole des révoltes d'esclaves, mais en dépit de celles-ci, le pays devra attendre près de deux siècles avant d'abolir l'esclavage.

traités de Ryswick et fin de la guerre de la Ligue d'Augsbourg

Le 30 octobre 1697 est signé le deuxième traité de Ryswick, un premier l'ayant été le 20 septembre précédent. Ces deux traités, signés dans une ville hollandaise proche de La Haye, mettent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697). Ils donnent un coup d'arrêt à l'expansion de la France sous le règne du Roi-Soleil.

Louis XIV restitue à l'Angleterre, aux Provinces-Unies et à l'Espagne toutes les conquêtes qu'il a faites depuis le traité de Nimègue (1678), y compris Luxembourg mais à l'exclusion de Strasbourg. Il concède aux Provinces-Unies (Pays-Bas) le droit d'installer des garnisons dans plusieurs places fortes belges (la Barrière) pour surveiller la frontière française. Grande humiliation : il reconnaît Guillaume III d'Orange comme roi d'Angleterre. Il abandonne les têtes de pont conquises sur la rive droite du Rhin mais annexe la plus grande partie de l'Alsace à l'exception de plusieurs places fortes.

Il garde aussi un droit de regard sur le duché indépendant de Lorraine et de Bar et reçoit de l'Espagne la moitié occidentale de l'île de Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti. Au terme d'une guerre dure mais malgré tout victorieuse, cette paix est incomprise. « Je la tiens plus infâme que celle de Cateau-Cambrésis », déclare Vauban.

Eugène signe le traité de Karlowitz

Le 26 janvier 1699, le prince Eugène de Savoie-Carignan signe la paix avec les Turcs à Karlowitz, près de Belgrade...

Le petit-fils de Louis XIV roi d'Espagne

Le 16 novembre 1700, Louis XIV prend la décision que toute l'Europe attend. Il entérine le testament du roi d'Espagne Charles II de Habsbourg, mort le 1er novembre sans héritier, et autorise son petit-fils, le duc d'Anjou, à relever la couronne d'Espagne sous le nom de Philippe V de Bourbon. « Il n'y a plus de Pyrénées », se serait alors exclamé l'ambassadeur d'Espagne Castel dos Rios...

Charles XII triomphe à Narva

Le 30 novembre 1700, le roi de Suède Charles XII bat les armées russes de Pierre le Grand à Narva après avoir imposé la paix aux Danois.

Couronnement d'un roi en Prusse

Le 18 janvier 1701, Frédéric III de Hohenzollern, électeur de Brandebourg, se fait couronner roi en Prusse à Königsberg (aujourd'hui Kaliningrad, en Russie)...

La Grande Paix de Montréal

Le 4 août 1701, le gouverneur de la Nouvelle-France Louis-Hector de Callière conclut la paix avec les 39 « nations » iroquoises de la région du Saint-Laurent et des Grands Lacs. Il n'a pas craint pas d'inviter pour cela 1300 Indiens dans la ville de Montréal, à peine peuplée de 1200 colons français !

Le rapprochement avec les Indiens, auparavant proches des Anglais, rivaux des Français, avait été amorcé deux ou trois ans plus tôt par le prédécesseur de Callière, le gouverneur de Frontenac. À Montréal, grâce à l'éloquence du chef wendat (ou huron) Kondiaronk, ill allait se concrétiser par des échanges de cadeaux, le partage du calumet de la paix et des signatures en bonne et due forme au bas d'un texte.

La Grande Paix allait perdurer pendant un demi-siècle, jusqu'à la guerre de Sept Ans. À ce moment-là, les Iroquois, prenant acte de la supériorité démographique des Anglais, allaient rentrer peu à peu dans leur orbite...

Anne Stuart montre sur le trône d'Angleterre

Le 8 mars 1702, le roi anglais Guillaume III meurt inopinément d'une chute de cheval. Petit-fils par sa mère du roi Charles 1er, il est aussi le gendre de l'ancien roi Jacques II Stuart dont il a épousé la fille Marie. Faute d'héritier direct, le roi laisse la couronne à sa belle-soeur Anne.

Âgée de 37 ans à son avènement, Anne Stuart est la deuxième fille du roi Jacques II Stuart et d'Anne Hyde, sa première épouse. Mariée au prince Georges de Danemark, elle en a eu... 17 enfants, tous morts en bas âge !

À sa mort, le 12 août 1714, après un règne des plus honorables, elle lègue le trône à un lointain cousin allemand, l'Électeur de Hanovre, futur Georges 1er.

Début de la guerre de la Succession d'Espagne

Le 13 mai 1702, la Grande Alliance, qui regroupe les principales puissances de l'Europe du nord, y compris l'Angleterre, déclare la guerre à Louis XIV, roi de France, et à son petit-fils, roi d'Espagne. C'est le début de la longue et dramatique guerre de la Succession d'Espagne...

Pierre le Grand fonde Saint-Pétersbourg

Le 16 mai 1703, le tsar Pierre1er le Grand fonde une nouvelle capitale sous le nom de Sankt-Petersburg (en allemand, la «ville de Saint-Pierre»).

Des soldats posent la première pierre de la forteresse Pierre-et-Paul, sur l'île Zaïatchi (l'île aux Lièvres), dans le delta de la Néva, au fond du golfe de Courlande, sur la mer Baltique, une région marécageuse, froide et terriblement inhospitalière...

La légende du Masque de fer

Le 19 novembre 1703, à la fin du règne de Louis XIV, un mystérieux prisonnier au «masque de fer» meurt à la Bastille où il est enfermé depuis 1698...

Les Français défaits à Hoechstaedt

Le 13 août 1704, le duc de Marlborough et le prince Eugène écrasent les Français à Hoechstaedt. Les alliés arrivent sur le Rhin tandis que les Britanniques prennent Gibraltar. La guerre de la Succession d'Espagne est mal engagée pour Louis XIV malgré sa supériorité initiale.

Mort d'Aurengzeb

Le 3 mars 1707, la mort de l'empereur Aurengzeb consacre le déclin de l'empire moghol des Indes. L'empereur a ruiné par son fanatisme musulman l'oeuvre de réconciliation menée par son aïeul, Akbar le Grand. Les princes hindous se révoltent. Affaibli, l'empire est désormais incapable de s'opposer aux entreprises coloniales des Européens (Portugais, Hollandais, Français et Anglais)...

Acte d'Union de l'Angleterre et de l'Écosse

Le 1er mai 1707, sous le règne de la reine Anne, un Acte d'Union proclame le Royaume-Uni d'Angleterre et d'Écosse (United Kingdom of Great-Britain). Au siècle précédent, les deux pays avaient appris à vivre ensemble avec un même drapeau, l'Union Jack, et des gouvernements distincts. Avec l'Act of Union, ils n'ont plus qu'un gouvernement et un Parlement, à Londres.

Ce régime a pris fin avec la loi de dévolution (1979) qui a restitué aux Écossais un Parlement et un début d'autonomie à dater de 1999...

Charles XII défait à Poltava

Le 8 juillet 1709, le tsar Pierre le Grand bat Charles XII, roi de Suède, à Poltava, au fin fond de l'Ukraine. Il inaugure une tactique que reprendront après lui Alexandre 1er et Staline face à Napoléon et Hitler, à savoir entraîner l'ennemi dans l'immensité du continent russe et le vaincre par épuisement.

Après un siècle de promenades militaires aux quatre coins de l'Europe, sous l'égide de Gustave II Adolphe, Charles X et Charles XII, la Suède retombe au niveau d'une puissance de second ordre. Le vainqueur, Pierre 1er le Grand, devient la coqueluche des cours européennes. Et la Russie, qui était, avant la bataille de Poltava, considérée comme une contrée sauvage, entre dans le concert des grandes nations.

Villars vainqueur à Malplaquet

Le 11 septembre 1709, le maréchal de Villars arrête les troupes du prince Eugène et de Marlbrough à Malplaquet, dans les Flandres.

Port-Royal rasée sur ordre de Louis XIV

Le 29 octobre 1709, le roi Louis XIV met un terme au jansénisme. Il disperse les religieuses de Port-Royal des Champs et fait raser l'abbaye, dont seules subsistent aujourd'hui les ruines romantiques.

René Duguay-Trouin s'empare de Rio de Janeiro

Ancien corsaire de Saint-Malo, René Duguay-Trouin est devenu officier de la Royale, la flotte de guerre de Louis XIV.

Confronté à une coalition européenne dans le cadre de la guerre de la Succession d'Espagne, le vieux roi lui confie une flotte de 15 vaisseaux et 6000 hommes en vue de s'emparer de Rio de Janeiro et de faire main basse sur la colonie portugaise et ses richesses...

Congrès d'Utrecht

Les diplomates européens se réunissent en congrès à Utrecht le 29 janvier 1712. Ils veulent en finir avec la guerre de la Succession d'Espagne qui épuise l'Europe.

Victoire inespérée de Villars à Denain

Le 24 juillet 1712, le maréchal-duc de Villars remporte à Denain une victoire inespérée sur les Austro-Hollandais commandés par le prince Eugène...

Signature du traité d'Utrecht

Le 11 avril 1713 est signé le traité d'Utrecht. Louis XIV doit céder aux Anglais Terre-Neuve, la baie d'Hudson et l'Acadie...

La Pragmatique Sanction donne l'Autriche à Marie-Thérèse

N'ayant que des filles pour lui succéder, l'empereur Charles VI de Habsbourg prévoit par la « Pragmatique Sanction » que son héritage pourrait revenir à l'aînée de celles-ci, Marie-Thérèse. Il veut éviter ainsi le morcellement de ses États héréditaires.

Charles VI a gouverné en souverain absolu les États héréditaires de la maison des Habsbourg (grand-duché d'Autriche, royaumes de Bohème et de Hongrie,...). Comme ses prédécesseurs depuis trois siècles, il a assumé également la fonction symbolique d'empereur du Saint Empire romain germanique (on dit aussi : empereur électif d'Allemagne).

Mais l'ordonnance impériale n'est agréée que du bout des lèvres par les souverains européens. Sans compter que les règles de succession du Saint Empire romain germanique ne permettent pas à une femme de porter le titre impérial !

Il s'ensuit que Marie-Thérèse de Habsbourg et son mari François de Lorraine devront dès leur avènement, en 1740, faire face à une coalition, la guerre de la Succession d'Autriche.

Découverte d'El Amarna

Le 17 novembre 1714, sur la rive droite du Nil, à 200 kilomètres au sud du Caire, un jésuite, le père Sicard, trouve par hasard une pierre sur laquelle est gravé un disque solaire dont chacun des rayons se termine par une main. Sans le savoir, il vient de découvrir une cité disparue depuis plus de 3000 ans : la capitale du pharaon Akhenaton, connue sous son nom arabe, El Amarna.

Avènement de Louis XV

Louis XIV s'éteint à Versailles le 1er septembre 1715, quatre jours avant son soixante-dix-septième anniversaire. Nul, dans le monde, n'aura régné aussi longtemps que lui (72 ans). Le Roi-Soleil laisse une France au sommet de sa puissance mais épuisée par les guerres, en particulier la dernière : la guerre de la Succession d'Espagne. Son arrière-petit-fils de 5 ans lui succède sous le nom de Louis XV.

Le Roi-Soleil a institué par testament un Conseil de régence présidé par le duc Philippe d'Orléans (41 ans), premier prince du sang. Mais comme il se méfie de ce neveu qui a la réputation d'un débauché et lorgne sur le trône, il prévoit de confier l'éducation du petit roi au duc du Maine, le fils qu'il a eu de Mme de Montespan !

Mécontent de ces dispositions, Philippe d'Orléans demande dès le lendemain au Parlement de Paris de casser le testament. En échange de ce service, les parlementaires obtiennent que leur soit restitué le droit de remontrance. Fatale concession qui va altérer le pouvoir royal jusqu'à la Révolution !

Philippe d'Orléans devient le Régent

Le 2 septembre 1715, au lendemain de la mort du vieux roi Louis XIV (76 ans), son neveu Philippe d'Orléans (41 ans), désigné par le testament du défunt comme le président du Conseil de régence de Louis XV (5 ans), obtient du Parlement qu'il modifie certaines dispositions du texte et lui reconnaisse les pleins pouvoirs.

En échange de cette faveur, le Régent restitue aux parlementaires le droit de remontrance dont ils avaient été privés en 1673. Dans les décennies suivantes, les parlementaires, qui ont la charge d'enregistrer les édits royaux, vont user de ce droit pour les bloquer à leur gré, paralysant ainsi la monarchie.

Le système Law

L'Écossais John Law convainc le Régent de créer un institut d'émission de billets de banque pour remédier à la crise financière que traverse la France. Le 2 mai 1716, un édit royal fonde ainsi la Banque générale, contre l'avis des financiers Samuel Bernard, Antoine Crozat et des frères Pâris.

L'établissement de la rue Quincampoix (Paris) va faire le bonheur des spéculateurs et agioteurs tout en promouvant la colonisation de la Louisiane. Mais l'agiotage débouchera finalement sur la ruine du système...

Le prince Eugène triomphe à Belgrade

Le 22 août 1717, à la tête des troupes autrichiennes, le prince Eugène entre triomphalement à Belgrade, d'où il a chassé les Turcs.

Le traité de Passarowitz conclu avec les Turcs l'année suivante, le 21 juillet 1718, confirme à l'Autriche la possession du banat de Temesvar (Timisoara), la Valachie ainsi que la Serbie du nord avec Belgrade. Avec ce nouveau succès face aux Turcs ottomans, le prince Eugène se range parmi les plus grands chefs de guerre de l'Histoire....

Fondation de La Nouvelle-Orléans

Le 25 août 1718, des colons français fondent la Nouvelle-Orléans, à l'embouchure du Mississippi. La ville, future capitale de la Louisiane, est ainsi baptisée en l'honneur du duc d'Orléans, qui gouverne la France en qualité de Régent.

La mort du pirate Barbe-Noire

Le 22 novembre 1718, quelque part dans l'Atlantique nord, une bataille navale se solde par la mort d'un certain Edward Teach. Né 40 ans plus tôt à Bristol, en Angleterre, il est plus connu sous le surnom de «Barbe-Noire».

Il s'agit d'un célèbre pirate qui a terrorisé les côtes américaines pendant plusieurs années à bord d'une frégate de 40 canons enlevée aux Français.

Ce géant doté d'un impressionnant système pileux avait coutume, pour effrayer ses adversaires, d'allumer des mèches de chanvre dans ses cheveux. Effet garanti !

Pendant la guerre de la Succession d'Espagne, Barbe-Noire a combattu au service de l'Angleterre, en qualité de marin et de corsaire. Mais après la conclusion de la paix d'Utrecht, en 1713, il a perdu son travail et a alors choisi de se mettre à son compte en tant que pirate.

Il n'était pas le seul dans ce cas : les deux tiers des 40.000 marins de la Navy ayant été à ce moment-là démobilisés, une partie d'entre eux a rejoint les flibustiers de la zone caraïbe.

Après que Barbe-Noire eut osé bloquer le port de Charleston, en Virginie, les habitants de la colonie, excédés, ont décidé d'en finir avec lui et lancé le capitaine Robert Maynard à sa poursuite...

Le pirate périt au terme d'un combat titanesque. Beaucoup d'autres pirates, plus chanceux mais ayant constaté que les Caraïbes étaient devenues impropres à leur activité, s'établissent à Madagascar, une île encore libre, sur la route des Indes, en plein cœur de l'océan Indien.

NB : le châtiment réservé aux pirates était la pendaison, d'où l'interdiction sur les navires de prononcer le mot «corde» par superstition.

Échec de la conspiration de Cellamare

Le 8 décembre 1718 est découverte la conspiration de Cellamare. Ambassadeur d'Espagne à la cour de France, le duc Antonio de Cellamare projetait, avec la complicité du duc du Maine, fils naturel de feu Louis XIV, de renverser le Régent, Philippe d'Orléans, neveu de Louis XIV, et de transférer la régence au roi d'Espagne, Philippe V, petit-fils du même Louis XIV. La conspiration était téléguidée par le cardinal Giulio Alberoni, premier ministre de Philippe V.

Mais la conspiration est découverte par l'abbé Guillaume Dubois. Celui-ci est le ministre des Affaires étrangères du Régent Philippe d'Orléans. Cellamare s'enfuit sous un déguisement mais ses complices sont arrêtés. Les plus élevés en titre seront pardonnés (parmi eux le duc et la duchesse du Maine, le prince de Conti, le cardinal de Polignac,...), les autres exécutés ! Dubois obtient par ailleurs de Philippe V qu'il congédie Alberoni, lequel devra s'enfuir en Italie. Lui-même sera récompensé en 1721 par la barrette de cardinal, qui le hisse au niveau de ses prédécesseurs illustres Richelieu et Mazarin !

La France et l'Espagne en guerre

Le 9 janvier 1719, la France et l'Espagne entrent en guerre. Le conflit est la conséquence de la rivalité personnelle entre le roi Philippe V d'Espagne, petit-fils de Louis XIV, et le Régent de France Philippe d'Orléans. Le prétexte en est fourni par un faux-attentat contre la personne du Régent.

Le retour de la peste à Marseille

Le 25 mai 1720, un navire, le Grand-Saint-Antoine, entre dans le port de Marseille. Il ramène de Syrie un passager clandestin, le bacille de la peste. En quelques mois, la ville de Marseille va perdre la moitié de ses 100.000 habitants.

Parmi les secouristes s'illustrent l'évêque Henri-François-Xavier de Belsunce de Castelmoron et le chevalier Nicolas Roze...

Enquête sur le système Law

Le 26 janvier 1721, à Paris, une enquête est ouverte sur les opérations spéculatives du banquier John Law, à la demande des frères Pâris, jaloux de sa spectaculaire réussite. La montée du prix de ses actions ne correspond pas aux bénéfices escomptés de la mise en valeur de la Louisiane. Law a eu l'imprudence de mettre trop de billets en circulation. Il est ruiné et doit s'enfuir pour échapper au lynchage.

Les Fêtes galantes pleurent Watteau

Le 18 juillet 1721, le peintre Antoine Watteau s'éteint à Nogent-sur-Marne des suites d'une tuberculose...

Découverte de l'île de Pâques

Le 5 avril 1722, l'explorateur hollandais Jacob Roggeveen aborde une île isolée en plein Pacifique. Comme c'est le jour de Pâques, il la baptise île de Pâques (ses habitants l'appellent quant à eux Rapa Nui).

Les nouveaux-venus ne tardent pas à découvrir d'extraordinaires statues qui vont faire la célébrité de l'île : les moai. Certains scientifiques comme Jared Diamond y voient la malédiction qui a causé la ruine des premiers habitants...

Faillite du système de John Law

Le 17 octobre 1722, on brûle les billets de banque de John Law sur la place de l'Hôtel de Ville de Paris. C'est la faillite de la première introduction en France du papier-monnaie. Cette introduction était gagée sur l'exploitation de la Louisiane.

Création de la Bourse de Paris

Un arrêt royal donne naissance à la Bourse de Paris le 24 septembre 1724, soit un demi-siècle environ après ses homologues de Londres et Amsterdam... et 250 ans après la Bourse de Bruges.

Elle est installée dans l'hôtel de Nevers, rue Vivienne.

Le mariage polonais de Louis XV

Le 5 septembre 1725, surprenant mariage, le jeune roi Louis XV épouse la modeste et pieuse Marie Leszczynska...

Fleury Premier ministre de Louis XV

Le 11 juin 1726, André-Hercule de Fleury (73 ans) devient Premier ministre de Louis XV en remplacement du duc de Bourbon. L'ancien précepteur du jeune roi de France (16 ans) reçoit par la même occasion le chapeau de cardinal comme avant lui les Premiers ministres Richelieu, Mazarin et Dubois.

Il gouverne le pays avec sagesse jusqu'à sa mort, le 29 janvier 1743, à l'âge de 90 ans (cela fait de lui le plus vieux Premier ministre qu'ait eu la France)...

Déclaration d'indépendance des Corses

Le 30 janvier 1735, à Orezza, des insurgés corses tentent de s'émanciper de la tutelle de Gênes et publient une déclaration d'indépendance.

Leur action séduit et inspire les élites françaises et celles... des Treize Colonies anglaises qui deviendront plus tard indépendantes sous le nom des États-Unis!...

Mort de Stradivarius

Le 18 décembre 1737, le célèbre luthier Antonio Stradivarius meurt à Crémone, dans la vallée du Pô, à 93 ans.

Le secret du « Stradivarius »

Héritier d'une lignée de « facteurs » de violons, Antonio Stradivari, dont le nom a été latinisé en Stradivarius, a laissé derrière lui environ 1100 instruments de musique à la sonorité incomparable et encore jamais égalée. Il en reste environ 500 qui font le bonheur des virtuoses.

Le luthier a été formé dans l'atelier de la famille Amati. L'ancêtre Andrea aurait inventé le violon vers 1560 en développant une variante de la viole médiévale.

Le mystère demeure sur la perfection des violons de Crémone. On l'a attribuée au vernis ou à la forme de l'instrument. On l'a aussi attribuée à la qualité particulière du bois à l'époque du célèbre facteur. La dernière hypothèse en date vient d'un biochimiste texan : il incrimine un champignon local qui poussait sur le bois lors de son flottage sur les rivières de Lombardie et lui conférait après séchage d'exceptionnelles qualités vibratoires.

Apparition des « Quakers »

Le 24 mai 1738, le prêtre anglican John Wolsey sent son coeur « s'échauffer étrangement » au cours d'une réunion de prière. De cette expérience mystique va naître l'église méthodiste.

Fin de la guerre de Succession de Pologne

Le 18 novembre 1738, le traité de Vienne met fin à la guerre de la Succession de Pologne...

Avènement tumultueux de Marie-Thérèse

Le 20 octobre 1740, l'empereur Charles VI, héritier des Habsbourg, meurt en laissant la succession à sa fille aînée, Marie-Thérèse.

Son avènement est aussitôt contesté par les principaux souverains d'Europe. Mais la souveraine va faire front et va gagner ses galons de grand chef d'État au terme d'une longue guerre de Succession d'Autriche...

Charles-Albert de Bavière élu empereur

Charles-Albert de Wittelsbach, Prince Électeur de Bavière, conteste les droits héréditaires de Marie-Thérèse de Habsbourg sur les États d'Autriche, conquiert la haute Autriche et la Bohême, et, le 24 janvier 1742, se fait couronner empereur par la Diète de Francfort sous le nom de Charles VII avec le soutien des Français. Il va tout perdre au terme de la guerre de la Succession d'Autriche.

Les Autrichiens chassés de Silésie

Le 10 avril 1742, les troupes de l'impératrice Marie-Thérèse de Habsbourg sont battues par l'armée prussienne de Frédéric II à Mollwitz. Elles doivent évacuer la Silésie. Le roi de Prusse s'empare de cette province sans y avoir aucun droit et en violation de toutes les traditions diplomatiques de l'Ancien Régime. C'est un précédent dont les régimes forts de l'époque contemporaine sauront se souvenir.

Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre

Le 15 mars 1744, Louis XV déclare la guerre à l'Angleterre et relance la guerre de la Succession d'Autriche.

Bataille de Fontenoy

Le 11 mai 1745, à Fontenoy, dans le Hainaut belge, près de Tournai, le maréchal Maurice de Saxe bat l'armée anglo-hollandaise commandée par le duc de Cumberland. La bataille se déroule en présence - fait rarissime - du roi Louis XV et de son fils, le Dauphin (15 ans), futur père de Louis XVI...

Abolition des galères

Le 27 septembre 1748, une ordonnance du roi Louis XV abolit l'institution des galères et incorpore ces dernières dans la marine royale...

La Prusse triomphe au traité d'Aix-la-Chapelle

Le 18 octobre 1748, le traité d'Aix-la-Chapelle met fin à la guerre de Succession d'Autriche...

L'affaire de l'Hôpital général

Samedi 24 mai 1749, à six heures du matin, Mademoiselle Julie, de son vrai nom Catherine Huet, supérieure de la Salpêtrière à Paris, persuadée qu'elle va être arrêtée, quitte précipitamment l'établissement avec vingt de ses officières.

C'est le début de l'affaire de l'Hôpital général. Tissée d'émeutes et de rumeurs, elle durera huit ans et ébranlera le trône de Louis XV...

Naissance tumultueuse de l'Encyclopédie

Le 1er juillet 1751 paraît le premier volume de l'Encyclopédie, précédé du Discours préliminaire de d'Alembert.

C'est le début d'une aventure éditoriale sans précédent qui va bousculer les idées reçues en France et dans toute l'Europe. Beaucoup de penseurs et philosophes vont y être mêlés : Diderot, Voltaire, Rousseau, Helvétius... La marquise de Pompadour et le directeur de la Librairie Malesherbes lui apportent leur soutien...

Franklin invente le paratonnerre

Dans la nuit du 15 juin 1752, à Philadelphie (Pennsylvanie), Benjamin Franklin (46 ans) met à profit un violent orage pour lancer un cerf-volant de son invention et capter l'électricité atmosphérique.

Au péril de sa vie et avec une rare inconscience, le savant démontre ainsi la similitude entre l'électricité et la foudre. Bien plus tard, l'inventeur du paratonnerre prendra parti pour l'indépendance des États-Unis...

L'affaire Jumonville

Au milieu du XVIIIe siècle, les colons français de la Nouvelle-France ambitionnent de coloniser la vallée de l'Ohio, la «Belle Rivière». Ils érigent un fort, Fort-Duquesne, au milieu de la contrée. Irrités, les colons anglais de Virginie répliquent avec un autre fort à proximité immédiate : Fort Necessity.

Le commandant de Fort-Duquesne envoie l'un de ses adjoints, le sieur de Jumonville, en délégation auprès de l'officier virginien, un certain George Washington, en vue de le prier de quitter les terres du roi de France...

Destitution de Dupleix

Le 4 août 1754, Joseph Dupleix est destitué de sa charge de gouverneur des Indes par Godeheu de Zaimont, un dirigeant de la Compagnie des Indes orientales. Il avait, le premier, eu l’idée d’une implantation politique aux Indes mais ses alliances avec les princes locaux, ses dépenses et son faste avaient suscité des jalousies fatales à la cour de Versailles et l'irritation de son employeur, la Compagnie des Indes orientales.

Peu après, le 26 décembre 1754, alors que débute la guerre de Sept Ans, la France concède à son ennemie, l'Angleterre, le « traité Godeheu ». Les signataires conviennent à Madras que leurs compagnies de commerce s'interdiront désormais toute activité politique dans le sous-continent indien. En fait, l'Anglais Robert Clive va reprendre pour le compte de son pays la stratégie d'alliances avec les princes locaux qui avait si bien réussi à Dupleix.

À la signature du traité de Paris, en 1763, la France ne conserve plus aux Indes que cinq comptoirs : Chandernagor, Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon. Ils seront restitués à l'Union indienne en 1954.

Exécution de Mandrin

Le 26 mai 1755, le contrebandier Louis Mandrin (30 ans) est roué vif à Valence (Dauphiné).

Le condamné subit d'abord la torture des brodequins : ses jambes sont écrasées entre deux planches en vue de lui faire avouer le nom de ses complices. Puis il est conduit à l'échafaud, sur la place du Présidial. Le bourreau brise ses membres à coups de barre. Enfin, il expose le condamné face au ciel sur une roue de carrosse...

Le Grand Dérangement des Acadiens

Le 28 juillet 1755, le lieutenant-gouverneur de Nouvelle-Écosse Charles Lawrence décide de déporter hors de sa colonie plusieurs milliers de paysans français.

Au siècle précédent, ces derniers s'étaient installés à la pointe orientale du Canada, sur une péninsule appelée Acadie. Elle avait été ensuite cédée à l'Angleterre en 1713, dans le cadre des traités d'Utrecht, et rebaptisée Nova Scotia ou Nouvelle-Écosse.

Les cajuns de Louisiane comptent parmi les descendants de ces malheureux Acadiens...

Tremblement de terre à Lisbonne

Le 1er novembre 1755, Lisbonne est détruite par un violent tremblement de terre...

« Renversement des alliances » et guerre de Sept Ans

Le 1er mai 1756, l'Autriche et la France signent un traité pour contrecarrer la montée en puissance de la Prusse et les visées de l'Angleterre. Cette alliance inédite va déboucher sur la guerre de Sept Ans (1756-1757). Se déroulant sur tous les continents, elle sera a posteriori considérée comme la première guerre mondiale !

Casanova s'évade des Plombs de Venise

Le 31 octobre 1756, Giovanni Jacopo Casanova (31 ans) s'évade des Plombs de Venise. C'est le début pour lui d'une longue vie d'aventurier mondain. Ses Mémoires posthumes recueilleront un très vif succès dès leur publication en 1826-1838.

Attentat de Damiens

Le 5 janvier 1757, le roi Louis XV se rend au chevet de sa fille Victoire, alitée. Il s'apprête à monter dans son carrosse, devant le château de Versailles, quand un homme se glisse entre les gardes et lui porte un coup entre les côtes avec un canif à lame de 8 cm. Le roi porte la main à sa blessure cependant que les gardes se saisissent de l'assassin, un déséquilibré du nom de Robert Damiens. Le premier chirurgien, La Martinière, sonde la blessure mais celle-ci se révèle heureusement superficielle, le roi ayant été protégé par d'épaisses couches de vêtements en soie.

Reste que cette tentative d'assassinat est punie d'une façon démesurée. Rien moins que le sort de Ravaillac, assassin d'Henri IV : la mort par écartèlement et le bûcher. À l'énoncé de la sentence, Damiens bougonne : « La journée sera rude » ! Ce supplice d'un autre temps, qui dure plusieurs heures, horrifie les esprits sensibles. Le roi, que ses sujets surnommaient naguère le Bien-Aimé, commence à devenir impopulaire...

Victoire anglaise à Plassey

Le 23 juin 1757, à Plassey, dans la région de Calcutta, une armée anglo-indienne financée par l'« East Indian Company » et placée sous le commandement du général Robert Clive affronte l'armée du nabab (souverain) du Bengale, Surajah Dowhla. L'offensive survient en pleine guerre de Sept Ans et les Français ne manquent pas de soutenir les Indiens.

Les Britanniques, avec 3.000 hommes et 8 canons, doivent faire face à 60.000 hommes et 50 canons ! Mais l'armée du nabab est disparate et mal entraînée, au surplus tiraillée par les zizanies entre les chefs bengalis, dont plusieurs ont été soudoyés par les Britanniques. Elle se disperse face à l'offensive audacieuse et déterminée des Britanniques, et en dépit de la bonne résistance de ses auxiliaires français !

Il appartiendra aux successeurs de Clive, parmi lesquels Richard Wellesley et son frère Arthur, duc de Wellington, d'achever la conquête du sous-continent indien. De la bataille de Plassey date donc la domination des Indes par les Britanniques.

Soubise vaincu à Rossbach

Le 5 novembre 1757, Frédéric II vainc, à Rossbach, en Saxe, les Français et les Autrichiens commandés par le maréchal de Soubise et le feld-maréchal Joseph Friedrich von Sachsen-Hildburghausen.

La manière dont le roi de Prusse a retourné en sa faveur une situation désespérée pendant la guerre de Sept Ans lui vaudra d'être appelé Frédéric le Grand...

Ouverture du British Museum

Le 15 janvier 1759, le British Museum ouvre ses portes au public dans un hôtel particulier de Londres. Riche des collections de sir Hans Sloane (1660-1753). C'est le premier grand musée de l'époque moderne. Ainsi que l'atteste son nom, il affiche d'emblée sa valeur de symbole national.

Assaut anglais contre Québec

Dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759, les Anglais du général Wolfe donnent l'assaut aux troupes françaises au pied des fortifications de Québec, dans les plaines d'Abraham. Le lendemain mourra le marquis de Montcalm, dernier défenseur de la ville.

Mort de Montcalm et Wolfe

Le 14 septembre 1759, le marquis de Montcalm meurt en défendant la ville de Québec.

Il a été blessé la veille lors d'un assaut donné par les troupes anglaises du général James Wolfe, également tué au cours de la bataille. Celle-ci va livrer aux Anglais la capitale de la Nouvelle-France...

Bataille de Saint-Foye

Le 28 avril 1760, à Sainte-Foye, en Nouvelle-France, les Français repoussent une attaque anglaise et prennent une revanche aussi éclatante qu'inutile sur la bataille des plaines d'Abraham, qui avait vu la mort de Montcalm et la perte de la ville de Québec.

L'historien britannique Francis Packman l’a qualifiée de « plus grande victoire française en Amérique, parce qu’elle a fait un jour trembler le sort de la ville de Québec et de ce fait, trembler toute l’Amérique »...

Capitulation de Montréal

Quelques mois après la chute de Québec aux mains des Anglais, le chevalier de Lévis remporte le 28 avril 1760 une spectaculaire victoire à Sainte-Foye, près de Québec, mais ne peut empêcher Montréal, dernière ville française du Canada, d'être à son tour assiégée par trois armées ennemies d'un total de 11.000 hommes.

Il sollicite du gouverneur de Vaudreuil la permission de tenter une sortie avec ses 2.400 hommes, pour l'honneur. Mais le gouverneur juge toute résistance inutile, attendant seulement des assiégeants qu'ils garantissent l'intégrité physique des habitants et leur droit de pratiquer la religion catholique (à son retour en France, cette capitulation sans gloire lui vaudra d'être enfermé à la Bastille).

Les Anglais l'acceptent mais comme ils refusent par ailleurs aux défenseurs de la ville les honneurs de la guerre, le chevalier de Lévis ordonne à ses troupes de « brûler leurs drapeaux pour se soustraire à la dure condition de les remettre aux ennemis » dans la nuit qui précède la reddition. Celle-ci est signée le 8 septembre 1760.

La minute d'Hérodote :

Richard Fremder vous raconte la chute de Montréal et les aventures du chevalier de Lévis :
Écouter :

Les Afghans écrasent les Indiens à Panipat

Le 14 janvier 1761, une grande bataille a lieu à Panipat, près de Delhi (Inde), en un lieu célèbre où s'affrontent régulièrement les peuples de l'Asie du Sud...

Lally-Tollendal capitule à Pondichéry

Le 16 janvier 1761, Lally-Tollendal capitule à Pondichéry pendant la guerre de Sept Ans. La France, défaite sur tous les fronts, perd à l'issue du conflit ses plus belles colonies. Pour l'Angleterre s'ouvre le début d'un exceptionnel destin.

Condamnation de Jean Calas

Le 9 mars 1762, Jean Calas est condamné à mort par le Parlement de Toulouse. Il est roué vif, étranglé et brûlé sur la place Saint-Georges le lendemain.

Le «philosophe» Voltaire, lui-même déjà âgé à ce moment-là de 67 ans, va se saisir de ce fait divers tragique pour mettre à nu les malfaçons de la justice française...

Supplice de Calas

Le 10 mars 1762, Jean Calas est roué vif, étranglé et brûlé sur la place Saint-Georges, à Toulouse.

Avènement de Catherine II

Le 9 juillet 1762, trois régiments de la garde du tsar Pierre III se révoltent contre leur maître et prêtent serment de fidélité à son épouse, Catherine, «pour la défense de la foi orthodoxe et pour la gloire de la Russie».

Leur révolte est animée par le propre amant de la reine, Grégoire Orlov...

La France renonce au Québec

Le 10 février 1763, par le traité de Paris, la France met fin à la guerre de Sept Ans avec l'Angleterre, l'Espagne et le Portugal.

Négocié pour le compte de Louis XV par le duc de Choiseul, le traité se solde par la perte de la Nouvelle-France (aussitôt rebaptisée « The Province of Quebec »), de la Louisiane et de la plus grande partie des possessions françaises aux Indes à l'exception des comptoirs de Pondichéry, Chandernagor, Yanaon, Karikal et Mahé...

Paix d'Hubertsbourg

Le 15 février 1763, la Prusse et l'Autriche font la paix à Hubertsbourg, en Saxe.

Rio de Janeiro détrône Bahia

Le 31 août 1763, Rio de Janeiro devient la nouvelle capitale du Brésil colonial, détrônant Salvador de Bahia. Ce transfert consacre la montée en puissance du Brésil méridional, fort de son climat tempéré, de ses ressources caféières et surtout minières...

La bête du Gévaudan

Le 30 juin 1764, sur les rudes plateaux du haut Vivarais (au sud du Massif Central), Jeanne Boulet, une petite bergère de 14 ans, meurt victime d'une « bête féroce », selon le curé qui l'enterre. À partir de là, les agressions de jeunes bergers vont se multiplier en dépit de grandes battues.

La psychose se répand dans cette région appelée Gévaudan, qui correspond à l'actuel département de la Lozère. La mystérieuse « bête du Gévaudan » fait même parler d'elle à la cour du roi Louis XV, à Versailles. On lui attribuera au total 80 à 100 décès.

D'après l'historien Jean-Marc Moriceau, cité par Pèlerin Magazine, il s'agirait en fait de trois loups de grande taille... Et l'historien de souligner que les attaques de jeunes gardiens de troupeaux par les loups étaient relativement fréquentes dans les campagnes de l'Ancien Régime. Le Petit Chaperon rouge n'est pas seulement un conte...

Les Jésuites chassés de France

Le 26 novembre 1764, les Jésuites sont chassés de France après l'avoir été du Portugal.

La Lorraine devient française

Le 23 février 1766, Stanislas Leszczynski est brûlé vif dans son château de Lunéville pour s'être endormi trop près de la cheminée...

Exécution du chevalier de la Barre

Le chevalier de la Barre, exécuté à Abbeville le 1er juillet 1766, à 19 ans, est victime d’un conflit entre clans rivaux dans sa ville et de malentendus au sommet de l’État. L’affaire débute un an plus tôt quand on découvre que la statue du Christ, sur le pont neuf d’Abbeville, a été tailladée.

L’enquête est menée par un lieutenant qui en veut personnellement à la famille de la Barre, du fait que la tante du chevalier a autrefois repoussé ses avances.

Elle aboutit à l’inculpation du jeune homme auquel on reproche aussi d’avoir chanté des chansons irréligieuses et de ne pas s’être découvert devant une procession du Saint Sacrement. La découverte chez lui du Dictionnaire philosophique de Voltaire vient aggraver son cas.

Le Parlement de Paris est saisi de l’affaire. Comme les magistrats ont trois ans plus tôt obtenu l’expulsion des Jésuites de France, ils ont besoin de se refaire une réputation de «bons chrétiens» et n’hésitent pas à condamner à mort le chevalier. Ils espèrent toutefois que le roi Louis XV usera de la grâce. Mais celui-ci, malgré les supplications de l’évêque d’Amiens, s’y refuse.

Aigri par l’attentat de Damiens, il estime qu’il ne saurait épargné l’auteur d’un attentat contre le Christ dès lors qu’il n’a pas épargné l’auteur d’un attentat contre lui-même.

Confédération de Bar

Le 29 février 1768, les patriotes polonais que menace la Russie se regroupent dans la confédération de Bar.

Bougainville découvre les « bons sauvages » de Tahiti

Le 6 avril 1768, l'explorateur Louis-Antoine de Bougainville, à bord de la Boudeuse jette l'ancre à Tahiti. Le récit qu'il tire de son séjour dans cette île du bout du monde va nourrir en Europe, jusqu'à nos jours, le mythe du « bon sauvage ».

Choiseul achète la Corse à Gênes

Le 15 mai 1768, à l'initiative du ministre Choiseul, le roi Louis XV achète la Corse à la République de Gênes. Celle-ci est trop heureuse de se débarrasser d'une île en permanence insoumise. Le chef de la résistance corse, Pasquale Paoli, est vaincu le 9 mai de l'année suivante par les Français. Quelques semaines plus tard, une certaine Laetitia Bonaparte donne le jour à un petit Napoleone.

La France soumet la Corse

Le 9 mai 1769, la bataille de Ponte-Novo livre la Corse à la France (certaines sources datent la bataille du 8 mai 1769) et met fin à une « Guerre de quarante ans ». Le chef de l'insurrection, Pasquale Paoli, s'embarque pour l'exil...

Mariage de Louis et Marie-Antoinette

Le 16 mai 1770, la petite Marie-Antoinette, fille de l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, épouse Louis, petit-fils du roi de France Louis XV...

Louis XV exile les parlementaires

Le 20 janvier 1771, dans la nuit, le roi Louis XV et son garde des sceaux Maupeou font arrêter et exiler cent trente magistrats du Parlement de Paris.

Maupeou abolit les Parlements coupables de vénalité, forme un nouveau Parlement avec des magistrats dociles et par un édit révolutionnaire, il supprime la vénalité des offices et introduit l'égalité de tous les sujets devant la justice... Mais ces mesures tardives ne font qu'aggraver l'impopularité du roi vieillissant, entouré de ses maîtresses et impuissant tant à l'intérieur qu'à l'extérieur...

La justice du roi se fait révolutionnaire

Le 23 février 1771, quelques semaines après avoir exilé les parlementaires, le roi Louis XV réforme le système judiciaire en publiant un édit révolutionnaire préparé par le chancelier Maupeou.

Il abolit en particulier la vénalité des charges. Mais cette réforme ambitieuse n'aura pas de suite, le successeur de Louis XV n'ayant d'autre hâte que de rappeler les parlementaires et de les rétablir dans leurs privilèges...

Premier partage de la Pologne

Le 17 février 1772, sur une suggestion du roi de Prusse Frédéric II, celui-ci s'entend avec la tsarine Catherine II et l'archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse pour enlever à la Pologne un tiers de son territoire. L'accord est confirmé le 25 juillet suivant par le traité de Saint-Pétersbourg. Il s'agit de fait d'un acte de brigandage sans guère de précédent dans l'Europe moderne, à rebours de l'esprit des Lumières. Les révolutionnaires français vont s'en prévaloir pour annexer vingt ans plus tard la Belgique et d'autres pays voisins du leur.

Clément XIV dissout la Compagnie de Jésus

Le 21 juillet 1773, le pape Clément XIV se rend aux arguments des cardinaux français et espagnols qui l'ont élu et par le bref Dominus ac Redemtor, prononce la dissolution de la Compagnie de Jésus. Les Jésuites, très actifs dans le domaine de l'éducation, avaient été précédemment chassés des grands pays catholiques (Portugal, Espagne, France, Autriche) où ils faisaient obstacle aux philosophes des« Lumières » mais aussi aux propriétaires des colonies. Leur compagnie renaîtra de ses cendres, plus active que jamais, après la tourmente révolutionnaire, sous le pontificat de Grégoire XVI.

« Tea-Party » à Boston

Le 16 décembre 1773 a lieu la « Tea-party » de Boston. En guise de protestation contre une décision arbitraire du gouvernement de Londres, le colon Samuel Adams et quelques amis déguisés en Indiens montent sur un vaisseau à l'ancre et jettent sa cargaison de thé à l'eau. Le roi George III réagit en promulguant cinq « lois intolérables ». Ce sera le début de la guerre d'indépendance américaine...

Mort de Louis XV

Le 10 mai 1774, le roi Louis XV, surnommé dans sa jeunesse le Bien-Aimé, meurt à 69 ans au milieu de l'opprobre générale, après avoir régné plus d'un demi-siècle.Ses deux fils l'ayant précédé dans la mort, c'est à son petit-fils de 20 ans, le duc de Berry, que revient le trône sous le nom de Louis XVI.

Le nouveau roi de France est le troisième fils du Dauphin Louis et de Marie-Josèphe de Saxe. C'est un garçon cultivé et intelligent mais doux et maladivement timide. La mort prématurée de ses deux aînés en a fait l'héritier de la couronne sans y avoir été préparé. Sa vie conjugale ne lui apporte guère de satisfaction depuis son mariage avec l'archiduchesse Marie-Antoinette, quatre ans plus tôt.

Acte de Québec

Le 22 juin 1774, Londres promulgue l'Acte de Québec (Quebec Act) et remet en vigueur les lois françaises dans la « Belle Province ». Le gouvernement anglais veut de cette façon s'allier les élites québécoises face à l'insurrection des Treize colonies (les futurs États-Unis).

C'est ainsi que les habitants de l'ex-Nouvelle-France retrouvent le droit de pratiquer leur langue et leur religion, leurs lois civiles, leur système seigneurial et obtiennent un siège au Conseil du Canada. Leur territoire est même quadruplé par adjonction de terres vierges.

Comprenant qu'ils n'ont plus rien à attendre de la France, les Québécois renoncent à se rebeller sans pour autant prendre l'uniforme anglais.

En 1791, un Acte constitutionnel permet aux francophones de participer à l'administration de leur province. Mais leurs rapports avec la Couronne britannique vont se dégrader au XIXe siècle.

Echauffourée de Lexington

Le 19 avril 1775, un détachement anglais tombe dans une embuscade à Lexington, au Massachusetts, tandis qu'il allait détruire un dépôt d'armes. Cette échauffourée marque le début de la guerre d'Indépendance...

Patriots'Day

Tous les troisièmes lundis d'avril, les Américains commémorent le Patriots' Day (Jour des patriotes) en souvenir de l'échauffourée de Lexington.

Ne pas confondre ce jour de commémoration avec le Patriot Day qui rappelle tous les 11 septembre, depuis 2002, les attentats du World Trade Center et du Pentagone.

Thomas Paine publie Common Sense

Le 10 janvier 1776, Thomas Paine publie un pamphlet, Common Sense, où il appelle ses concitoyens des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord à s'unir dans une grande nation libérée des servitudes et de la monarchie.

«Un seul honnête homme est plus précieux à la société et au regard de Dieu que tous les bandits couronnés qui ont jamais existé», écrit-il en guise de profession de foi républicaine. L'ouvrage se vend à 100.000 exemplaires.

Un succès fabuleux, prémonitoire de la Déclaration d'indépendance du 4 juillet suivant.

La Richesse des Nations

Le 9 mars 1776 est publié à Glasgow, en Écosse, un ouvrage d'apparence aride, Recherches sur la Nature et les Causes de la Richesse des Nations (en abrégé La Richesse des Nations).

Son auteur, Adam Smith, est lui-même un vieux garçon de 53 ans aux moeurs austères, ancien professeur de philosophie morale de l'Université de Glasgow, déjà connu comme l'auteur d'une aussi volumineuse Théorie des sentiments moraux (1759). Avec ces deux ouvrages, il est considéré comme le père de l'économie politique et du libéralisme.

Le renvoi de Turgot

Le 12 mai 1776, le roi Louis XVI renvoie son ministre réformateur, Anne Turgot, sous la pression de la Cour et des privilégiés.

À son entrée au gouvernement, deux ans plus tôt, cet économiste brillant et généreux a découvert la situation catastrophique des finances publiques.

Pour éviter la banqueroute, il taille dans les dépenses de la Maison du roi et engage des réformes audacieuses pour faire rentrer les impôts et libérer l'économie des entraves administratives...

Fondation de San Francisco

Le 29 juin 1776, des Pères franciscains célèbrent la messe au fond d'une magnifique baie de la côte californienne. C'est l'acte de naissance de la ville de San Francisco...

« Independence Day »

Le 4 juillet 1776, à Philadelphie, où ils sont réunis en congrès (en anglais, « Convention »), des représentants des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord proclament leur indépendance dans l'enthousiasme. Cette proclamation est dite unilatérale car elle n'est pas reconnue par la métropole. Elle va déboucher sur une guerre mettant aux prises les Insurgents, minoritaires, et les troupes anglaises renforcées par les colons loyalistes...

La « Declaration of independence » commence par ces mots immortels : « Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur... ».

Fête nationale

Dès 1781, le Massachusetts a proclamé l'anniversaire de la Déclaration unilatérale d'indépendance fête nationale ! Mais c'est seulement en 1870 que le Congrès américain en a fait un jour férié et chômé. Depuis lors, cet anniversaire donne lieu partout dans le pays à des feux d'artifice et des festivités de toutes sortes.

Cook appareille pour les mers du Sud

Le 26 août 1776, James Cook quitte le port de Plymouth à bord de l'Endeavour pour une longue et remarquable exploration des mers australes.

Victoire d'estime à Saratoga

Le 17 octobre 1777, les insurgés (ou Insurgents) des Treize Colonies anglaises d'Amérique du nord remportent leur première victoire à Saratoga, dans la vallée sauvage de l'Hudson, au coeur de l'État actuel de New York.

L'effet psychologique de cette modeste bataille est immense en Amérique comme en Europe (de ce point de vue, Saratoga est aux Américains ce que sera Valmy pour les révolutionnaires français)...

Cook découvre l'archipel des Hawaii

Le 18 janvier 1778, James Cook découvre l'archipel des Hawaii. Il sera tué par des indigènes au moment de revenir vers l'Angleterre.

Louis XVI traite avec les insurgés américains

Le 6 février 1778, le comte de Vergennes, ministre des affaires étrangères de Louis XVI, signe un traité de commerce avec Benjamin Franklin, qui représente à Paris les Insurgents des Treize Colonies anglaises d'Amérique. Ce traité consacre la reconnaissance par la France des nouveaux États-Unis d'Amérique et leur ouvre les ports du pays. Un deuxième traité, signé le même jour, promet aux Américains une aide de la France dans la lutte contre la couronne anglaise.

L'Espagne et la Hollande, qui ont aussi une revanche à prendre sur l'Angleterre, apportent également leur soutien aux Patriotes de George Washington. Grâce à la flotte française, aux volontaires de La Fayette et au corps expéditionnaire de Rochambeau, les insurgés se trouveront en situation de vaincre l'Angleterre.

James Cook meurt sous les coups des Hawaïens

Le 14 février 1779, l'explorateur James Cook, victime d'un malentendu, est tué et dévoré par des Hawaïens...

Avènement de Joseph II à Vienne

À la mort de Marie-Thérèse, le 29 novembre 1780, son fils aîné Joseph II de Habsbourg-Lorraine hérite de son pouvoir sur les États autrichiens. Il réforme sans attendre les États autrichiens. C'est l'« Aufklärung », l'équivalent allemand des Lumières...

Bataille de la baie de Chesapeake

Arrivée le 30 août 1781, la flotte de l'amiral François de Grasse débarque des soldats et des renforts, dans la baie de Chesapeake, sur la côte de Virginie, à l'attention des insurgents américains et de leurs alliés français.

Elle est surprise par la flotte anglaise des amiraux Thomas Graves et Samuel Hood. Ceux-ci l'invitent à gagner le large pour un affrontement dans les règles. Sans se faire prier, le 5 septembre 1781, le comte de Grasse déborde la Royal Navy et canonne les mâts des navires. Puis il rompt le combat et file vers le grand large.

Les Anglais se lancent à sa poursuite avant de se rabattre vers New York pour des réparations. La flotte française peut revenir dans la baie de Chesapeake afin d'empêcher tout débarquement de troupes anglaises.

Assiégé à Yorktown sans perspective de renforts, le général anglais Charles Cornwallis va se rendre aux troupes franco-américaines de George Washington. Les Anglais reconnaîtront en de Grasse le seul adversaire qui ait infligé une défaite à la Navy en deux siècles.

Victoire des Insurgents à Yorktown

Le 19 octobre 1781, à Yorktown, les insurgés américains battent le général anglais Cornwallis, grâce à l'appui de la flotte française, conduite par l'amiral de Grasse...

Première montgolfière (sans passager)

Le 4 juin 1783 s'envole la première montgolfière (sans passager à bord). À Annonay, près de leur papeterie, les frères Montgolfier réussissent pour la première fois à faire voler un objet fabriqué de main d'homme. L'heure des vols habités est proche.

Éruption dramatique du Laki

Le 8 juin 1783, le volcan islandais Laki entre en éruption. Les conséquences pour toute l'Europe en sont dramatiques...

Les États-Unis indépendants

Le 3 septembre 1783, un traité signé à Versailles consacre l'indépendance des Treize Colonies anglaises d'Amérique du Nord...

Montgolfier lâche un ballon à air chaud

Le 19 septembre 1783, Étienne de Montgolfier lâche un ballon à air chaud à Versailles, en présence du roi Louis XVI et devant une foule considérable. Il va renouveler l'expérience le 21 novembre de la même année avec cette fois des passagers humains.

Premier voyage en montgolfière

Le 21 novembre 1783, Pilâtre de Rozier et le marquis d'Arlandes s'envolent à bord d'une montgolfière...

Pitt le Jeune devient Premier ministre

Le 18 décembre 1783, à Londres, le roi George III appelle à la tête du gouvernement un jeune homme de 24 ans, William Pitt the Younger (le Plus Jeune), ou le Second Pitt...

Première du Mariage de Figaro

Le 27 avril 1784, a lieu à la Comédie-Française, à Paris, la première du Mariage de Figaro de Beaumarchais. La pièce recueille un succès d'autant plus grand que le roi Louis XVI a tenté de la faire interdire.

L'Affaire du collier de la Reine

Le 25 janvier 1785, le prince-cardinal de Rohan reçoit une somptueuse rivière de diamants qu'il destine à la reine Marie-Antoinette. Mais le fringant cardinal se laisse gruger par des escrocs de haut vol.

Le scandale va retomber sur la reine de France bien malgré elle et ruiner sa réputation de femme honnête...

Voyage sans retour pour Lapérouse

Le 1er août 1785, deux frégates baptisées La Boussole et L'Astrolabe appareillent de Brest pour un voyage d'exploration de quatre ans autour du globe sous le commandement du comte Jean-François de Galaup de Lapérouse (ou La Pérouse). Celui-ci a reçu son commandement du maréchal de Castries, ministre de la Marine de Louis XVI, et du chevalier de Fleurieu, directeur des ports et arsenaux.

L'épopée s'achèvera tragiquement sur l'îlot de Vanikoro...

Première ascension du Mont Blanc

Le 7 août 1786, le médecin Michel Paccard (29 ans), passionné de botanique, entreprend avec Jacques Balmat (24 ans), son accompagnateur, la première ascension du Mont Blanc (le point culminant des Alpes - 4809 mètres - appartient à ce moment-là au royaume de Piémont-Sardaigne comme l'ensemble de la Savoie).

Les deux hommes mettront deux jours à réaliser l'ascension, inventant sans le savoir une discipline promise à un prodigieux succès : l'alpinisme. Leur statue trône en bonne place sur la principale place de Chamonix.

Nul n'avait encore songé à escalader le Mont Blanc, qualifié de montagne maudite par les Savoyards, jusqu'à ce qu'un jeune étudiant genevois, Horace Bénédict de Saussure, découvre en 1760 le village de Chamonix, à ses pieds, et se laisse séduire par les sommets. À 46 ans, devenu un savant et un notable, il offre une prime aux premiers hommes qui vaincraient le Mont Blanc. Lui-même attendra un an avant de réaliser le rêve de sa vie, avec 18 guides dont Balmat, chargés d'instruments scientifiques.

Convention à Philadelphie

Le 25 mai 1787, peu après la fin de la guerre d'Indépendance qui a chassé les Anglais de leurs treize colonies d'Amérique, uneConvention s'ouvre à Philadelphie. Les représentants des treize nouveaux États se réunissent pour se donner une Constitution fédérale. Malgré leur désir d'autonomie, les États comprennent la nécessité de resserrer leurs liens mais il leur faudra quatre ans pour aboutir.

Une Constitution pour les États-Unis

La Constitution des États-Unis d'Amérique est publiée le 17 septembre 1787, soit 4 ans après l'indépendance du pays, par le Congrès (en anglais « Convention ») de Philadelphie.

Ce texte magistral et concis (70 alinéas) est inspiré par les analyses politiques d'Alexander Hamilton (Federalist Papers) et les thèses du philosophe anglais John Locke et de son homologue français Montesquieu sur la séparation des pouvoirs (L'Esprit des Lois, 1748).

Complétée le 15 décembre 1791 par les dix amendements de la Déclaration des Droits (en anglais Bill of Rights), la Constitution est toujours en application deux siècles plus tard, preuve de remarquables facultés d'adaptation au temps. C'est la plus ancienne des Constitutions actuelles...

Don Giovanni triomphe à Prague

La première représentation de Don Giovanni a lieu le 29 octobre 1787 à Prague sous la direction de Mozart lui-même. Parmi les spectateurs se tient un certain Casanova...

Premiers immigrants en Australie

Les premiers colons européens débarquent en Australie, non loin de Botany Bay. Il s'agit de « convicts », autrement dit de petits délinquants.

L'anniversaire de l'arrivée de cette « First Fleet » (la Première Flotte) est devenu la fête nationale du pays...

L'abbé Grégoire fonde la « Société des Amis des Noirs »

Le 19 février 1788, l'abbé Henri Grégoire fonde avec quelques nobles libéraux, comme les marquis de Mirabeau, de Lafayette et de Condorcet, la « Société des Amis des Noirs ». Elle prône l'abolition de l'esclavage dans les colonies.

Lamoignon réforme la justice

Le 8 mai 1788, sous le règne de Louis XVI, le garde des sceaux Chrétien-François II de Lamoignon et le contrôleur général des finances Étienne Charles Loménie de Brienne tentent une ambitieuse tentative de réforme de la justice.

À leur initiative, le Parlement se réunit en séance plénière en présence du roi. Au cours de ce lit de justice, Louis XVI enlève aux parlementaires leur droit de remontrance et confie le droit d'enregistrement à une cour plénière. Il rapproche aussi la justice des plaignants en créant 47 tribunaux dits de grands bailliages et abolit la question préalable (la torture).

Cette réforme trop tardive ne sauvera pas la monarchie. Elle n'en témoigne pas moins de l'esprit libéral des membres du gouvernement.

Journée des tuiles à Grenoble

Le 7 juin 1788, les habitants de Grenoble, dans les Alpes, défient les troupes du roi. Juchés sur les toits de leurs maisons, ils jettent des tuiles du toit de leurs maisons sur les soldats qui avaient reçu l'ordre de disperser les parlementaires de la province...

Manifestation sanglante devant la manufacture Réveillon

Paris, 27 et 28 avril 1789. Dans le faubourg Saint-Antoine, à l’ombre de la Bastille, des ouvriers et des désoeuvrés investissent la fabrique de papiers peints Réveillon et la mettent au pillage. La troupe intervient et réprime la manifestation dans le sang. Une semaine plus tard, les états généraux se réunissent à Versailles. La Révolution française commence...

Mutinerie à bord du Bounty

Le 28 avril 1789, au large de Tahiti, une mutinerie se produit à bord du Bounty. Elle oppose le commandant du navire, William Bligh, à ses hommes conduits par l'officier Fletcher Christian. Une partie des mutins trouvera refuge sur l'atoll de Pitcairn...

Ouverture des états généraux

Le 5 mai 1789, le roi Louis XVI ouvre les états généraux à Versailles en compagnie de son ministre Jacques Necker...

Les états généraux deviennent Assemblée nationale

Le 17 juin 1789, à Versailles, le tiers état et quelques représentants du clergé aux état généraux se proclament Assemblée nationale sur une suggestion de l'abbé Sieyès et décident d'élaborer une Constitution pour la France...

Le serment du jeu de paume

Le 20 juin 1789, les députés des états généraux, après s'être proclamés Assemblée nationale, se retrouvent dans une salle de Versailles, au Jeu de Paume, où ils jurent sous la présidence de Bailly, « de ne jamais se séparer et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeraient, jusqu'à ce que la constitution du royaume fût établie et affermie par des fondements solides ».

Épopée révolutionnaire

Le peintre Louis David a réalisé une composition dramatique autour de cet événement. On voit ci-dessus, au centre, l'abbé Grégoire réunir par les épaules le moine chartreux Dom Gerle, élu de Riom, et le pasteur protestant Rabaut-Saint-Étienne. Derrière le trio, Bailly, président de l'Assemblée, lit le texte du serment...

Renvoi de Necker

Le 11 juillet 1789, le roi Louis XVI renvoie Necker. Son ministre s'est acquis une grande popularité payée de quelques distributions de secours aux Parisiens et son renvoi provoque dans la capitale un début d'agitation qui mènera à la prise de la Bastille.

La prise de la Bastille

Le 14 juillet 1789, la Bastille est prise d'assaut par des Parisiens. Sous le commandement de deux officiers, Élie et Hulin, les émeutiers s'emparent de la prison et massacrent le gouverneur de Launay.

Le prévôt des marchands, de Flesselles, compte aussi parmi les victimes de cette première journée révolutionnaire. Deux jours plus tard, l'entrepreneur Palloy se voit confier la démolition de la vieille forteresse cependant que l'astronome et député Bailly devient maire de la Commune insurrectionnelle de Paris...

Abolition des droits féodaux

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l'Assemblée nationale constituante, dans un bel élan d'unanimité, proclament l'abolition des droits féodaux...

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

La « Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen » est adoptée par l'Assemblée Constituante du 20 au 26 août 1789...

Naissance de la droite et de la gauche

Le 11 septembre 1789, les députés de l'Assemblée constituante, réunis pour délibérer sur le droit de veto accordé au roi Louis XVI, se répartissent spontanément de part et d'autre du président : à gauche, les opposants au veto, à droite les partisans du roi.

Cette pratique s'enracine lorsqu'à partir d'octobre 1789, les députés délibèrent dans la salle du Manège des Tuileries. Ceux qui sont hostiles à la Révolution ou soucieux de la contenir s'assoient sur le côté droit de la salle, par rapport au président de l'Assemblée (ce côté est dit le « côté de la reine »). Les autres, plus ou moins favorables à la Révolution, s'assoient à la gauche du président (le « côté du Palais-Royal »).

De cette répartition des députés français par affinités datent les clivages entre une droite (réputée conservatrice) et une gauche (réputée révolutionnaire ou réformiste) qui rythment aujourd'hui encore la vie politique dans toutes les démocraties.  

Les Parisiennes vont chercher le roi à Versailles

Le 5 octobre 1789, à Paris, quelques milliers de femmes mécontentes de la cherté de la vie et de la disette se rendent à Versailles auprès du roi Louis XVI. Des chômeurs sont de la partie ainsi que d'anciens combattants de la Bastille. Chacun brandit une arme improvisée, fourche ou pique.

L'Assemblée est envahie et une délégation de femmes se rend auprès du roi. Celui-ci les écoute et promet de ravitailler Paris.

Mais le lendemain, les grilles du château sont forcées et la foule se rue vers les appartements de la reine. Celle-ci s'enfuit et échappe de peu au massacre, mais plusieurs de ses gardes du corps sont tués. Le roi n'ose pas s'opposer par la force à la sédition et accepte de regagner Paris avec les émeutiers...

Les biens du clergé nationalisés

Le 10 octobre 1789, sur une proposition de Talleyrand, évêque d'Autun, l'Assemblée constituante décide de nationaliser les biens de l'Église de France.

Par cet expédient, elle compte remédier à la crise financière qui étrangle le royaume. En contrepartie de cette sécularisation de leurs biens, les ecclésiastiques reçoivent l'assurance d'être rémunérés par l'État....

Première « Fédération »

Le 29 novembre 1789, près de Valence, 12.000 gardes nationaux et les représentants des villages environnants célèbrent la première « Fédération ». C'est l'époque bénie de la première Révolution, avant que les contraintes financières, le sectarisme religieux et les égoïsmes des uns et des autres n'engagent le pays dans la voie de la Terreur et de la guerre.

Les Français découvrent la guillotine

Le 1er décembre 1789, le député Joseph Guillotin, docteur de son état, suggère à la tribune de l'Assemblée constituante que soit introduite l'égalité de tous les citoyens devant le juge.

« Les délits du même genre seront punis par le même genre de peine, quels que soient le rang et l'état du coupable, écrit-il dans son projet de loi. Dans tous les cas où la loi prononcera la peine de mort, le supplice sera le même (décapitation), et l'exécution se fera par un simple mécanisme ».

Sa proposition va déboucher sur une machine qui connaîtra très vite une immense notoriété : la guillotine...

Premiers assignats

Le 14 décembre 1789, deux mois après avoir nationalisé les biens du clergé français, l'Assemblée constituante crée les premiers assignats. Il s'agit dans un premier temps de bons échangeables contre une fraction des biens nationalisés. Du fait du laxisme des dirigeants politiques, ils vont se transformer rapidement en « monnaie de singe » (sans aucune valeur).

La France est divisée en 83 départements

Le 15 janvier 1790, l'Assemblée constituante établit la carte des départements et fixe leur nombre à 83. Les limites et le chef-lieu de ces nouvelles circonscriptions coïncident le plus souvent avec les anciens pays gaulois et les comtés carolingiens d'où leur succès immédiat.

Aujourd'hui, il est devenu de bon ton de revendiquer la suppression de ces départements, jugés trop petits bien qu'analogues en taille aux cantons suisses et aux shires anglais...

Robespierre président du Club des Jacobins

Le 31 mars 1790, Maximilien de Robespierre est élu président du Club des Jacobins. Il sort de l'anonymat des 1139 députés de l'Assemblée Constituante.

Une Constitution civile pour le clergé

Le 12 juillet 1790, à Paris, l'Assemblée constituante vote la Constitution civile du clergé. Ce décret va causer la ruine de la Révolution démocratique inaugurée un an plus tôt...

Fête de la Fédération, Fête nationale

Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération commémore le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Les représentants des 83 départements fraternisent sur le Champ de Mars...

Depuis une loi du 6 juillet 1880, l'anniversaire de ces deux jours, est aujourd'hui en France fête nationale.

Une justice démocratique... et sans lendemain

À Paris, par le décret du 16 août 1790, les députés de l'Assemblée constituante abolissent la justice coûteuse et compliquée de l'Ancien Régime, avec ses parlements, ses tribunaux de bailliages,... Au nom du principe de séparation des pouvoirs popularisé par Montesquieu, ils instituent des magistrats élus par les citoyens actifs.

- Chaque canton a un juge de paix élu pour deux ans.
-Chaque district un tribunal de première instance et chaque département un tribunal criminel. Dans ce dernier, un jury d'accusation de 8 membres décide s'il y a lieu de poursuivre l'accusé et un jury de jugement de 12 membres décide de la peine à appliquer.
Les juges de district siègent aussi dans les tribunaux criminels. Ils sont élus pour 6 ans et obligatoirement choisis parmi les hommes de loi.
- Dans la capitale, un tribunal de cassation veille à la conformité des jugements.

Les députés prévoient par ailleurs d'uniformiser les peines pour tous les citoyens, sans distinction de classe sociale (c'est ainsi que la mort est pour tous les condamnés donnée par la guillotine).

Cette justice démocratique, efficace et peu coûteuse révélera de grandes qualités pendant les quelques mois que durera l'Assemblée législative. Elle disparaîtra avec cette dernière.

Le clergé français astreint au serment

Le 27 novembre 1790, le clergé est astreint à prêter serment sur la Constitution civile. La Révolution connaît son premier dérapage.

Le décret d'Allarde abolit les corporations

Le 2 mars 1791, un décret de l'Assemblée constituante française abolit les corporations au nom de la liberté d'entreprendre : « À compter du 1er avril prochain, il sera libre à toute personne de faire tel négoce ou d'exercer telle profession, art ou métier qu'elle trouvera bon », écrit le baron Pierre d'Allarde, rapporteur du décret.

Dans un souci de cohérence, la loi Le Chapelier interdit par ailleurs le 14 juin 1791 la reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés.

Mirabeau inaugure le Panthéon

Le 5 avril 1791, l'Assemblée nationale constituante décerne à Mirabeau, mort trois jours plus tôt, trois jours après sa mort, l'honneur d'être inhumé en l'église Sainte Geneviève, transformée pour l'occasion en Panthéon des gloires nationales. Le vibriant orateur en sera exclu le 21 septembre 1794, après qu'auront été découvertes les preuves de sa duplicité et de sa collaboration avec le roi Louis XVI dans une « armoire de fer », au palais des Tuileries.

Une Constitution polonaise sans lendemain

Le 3 mai 1791, la Grande Diète polonaise adopte une Constitution inspirée des principes libéraux de la Révolution française. Ses velléités réformatrices réveillent l'animosité de la Prusse, de l'Autriche et de la Russie à l'égard de la Pologne. Celle-ci, victime d'une vieille disposition constitutionnelle absurde, le « Liberum veto », ne vas pas tarder à disparaître de la carte !...

Fête nationale

En souvenir de cette tentative de rénovation politique, les Polonais ont fait du 3 mai leur fête nationale.

Le Québec à la conquête de sa souveraineté

Le 10 juin 1791, le roi anglais George III signe l'Acte constitutionnel du Canada. Il partage la colonie nord-américaine en deux provinces :
– À l'ouest de la rivière Outaouais (Ottawa en anglais), est créé le Haut-Canada, à dominante anglophone.
– À l'est, le Bas-Canada réunit les Canadiens de souche française. Il compte 160.000 habitants dont seulement 20.000 anglophones. Sa capitale est la ville de Québec...

Le Chapelier interdit les associations professionnelles

Le 14 juin 1791, dans un souci de cohérence avec le décret d'Allarde qui proclame la liberté d'entreprendre et interdit les corporations, l'Assemblée constituante française interdit la reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés. L'article second de la loi du député Isaac Le Chapelier énonce : « Les citoyens d'un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu'ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ».

Cette loi révolutionnaire est bienvenue à l'origine car elle met fin aux dérives corporatistes de l'Ancien Régime : protection des nantis, entraves à l'épanouissement professionnel des ouvriers et compagnons. Mais au XIXe siècle, par un effet pervers, elle entravera la création de syndicats. Elle sera pour cette raison abolie sous la IIIe République, le 21 mars 1884.

La fuite à Varennes

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, le roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette et leurs deux enfants, Madame Élisabeth, la soeur du roi, et la gouvernante des enfants s'enfuient de Paris avec la complicité du comte suédois Axel de Fersen.
La famille royale projette de rejoindre le quartier général du marquis de Bouillé, à Montmédy, près du Luxembourg. Elle sera reconnue à Sainte-Ménehould et arrêtée à Varennes-en-Argonne...

Fusillade du Champ de Mars

Le 17 juillet 1791, une fusillade se produit sur le Champ de Mars, à Paris, à l'initiative de La Fayette et Bailly, sur ordre de l'assemblée constituante...

Les esclaves de Saint-Domingue s'insurgent

Le 22 août 1791, la colonie de Saint-Domingue (Haïti) est secouée par une insurrection des « Nègres marrons » (ainsi appelait-on les esclaves qui avaient fui les plantations et s'étaient réfugiés dans les forêts).

Prenant au mot les députés français qui avaient proclamé à Paris, peu avant, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, ils revendiquent l'abolition de l'esclavage et l'égalité des droits...

Entrevue de Pillnitz

Le 27 août 1791, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, l'empereur allemand Léopold II et l'Électeur de Saxe ont une entrevue à Pillnitz, en Saxe. À la suite de celle-ci, l'empereur exige des révolutionnaires français qu'ils rétablissent le roi de France dans la plénitude de ses droits. Depuis la fuite à Varennes, en effet, Louis XVI, beau-frère de l'empereur, avait été suspendu de ses droits.

Triomphe de La Flûte enchantée

Le 30 septembre 1791, La Flûte enchantée de Mozart est accueillie à Vienne par une ovation triomphale...

Assemblée législative

Le 1er octobre 1791 se tient la première séance de l'Assemblée législative. Elle inaugure une monarchie constitutionnelle relativement démocratique sur la base de la Constitution rédigée par l'Assemblée nationale élue en 1789...

Décret contre les prêtres réfractaires

Le 29 novembre 1791, la Législative prend un décret contre les prêtres réfractaires qui refusent la Constitution civile du clergé, votée un an plus tôt. La Révolution démocratique et quasi-unanime des débuts tourne à la guerre civile.

Vote du Bill of Rights

Peu après l'entrée en fonction du premier président de la République américaine, Georges Washington, le Congrès ajoute à la Constitution des États-Unis d'Amérique dix amendements relatifs aux droits individuels. C'est la Déclaration des Droits (en anglais Bill of Rights). Elle est publiée le 17 décembre 1791. Il y a déjà eu un précédent avec le vote d'une première Bill of rights par le Congrès de la colonie de Virginie, le 12 juin 1776, à l'initiative d'un certain George Mason. L'expression elle-même dérive de l'acte agréé par le roi d'Angleterre Guillaume d'Orange en 1688.

Le Bill of Rights comporte dix articles très courts, inspirés d'assez loin par les 17 articles de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Parmi ces dix articles ou amendements, le deuxième et le quatrième posent d'une part le droit pour chacun d'être armé en vue de pouvoir s'associer à une milice de défense, d'autre part le droit pour chacun d'assurer sa sécurité et celle de ses biens. En vertu de ces deux amendements, les Américains peuvent librement acheter des armes et s'en servir sous le motif de légitime défense.

Les Girondins prennent la tête de la Révolution

Le 23 mars 1792, après s'être séparé de ses ministres du club des Feuillants, tous favorables à la monarchie constitutionnelle, le roi Louis XVI appelle au gouvernement des amis du député de la Gironde Brissot, que l'on appelle Brissotins et qui seront plus tard connus sous le nom de Girondins. Ardents révolutionnaires, ils participent aussi au Club des Jacobins. À l'Assemblée Législative, ils plaident pour la guerre contre l'Autriche. Le roi, pour des raisons opposées, est aussi favorable à la guerre. C'est ainsi qu'il nomme Roland à l'Intérieur, Clavière aux Finances, Dumouriez aux Relations extérieures, Duranthon à la Justice et Servan à la Guerre.

Création du dollar

Le 4 avril 1792, une loi fait du dollar la monnaie officielle des États-Unis à l'initiative d'Alexander Hamilton, secrétaire du Trésor sous la présidence de George Washington. Son nom vient d'une déformation phonétique de thaler, nom d'une monnaie encore très populaire à cette époque dans le Nouveau Monde...

Le thaler, devise universelle avant l'heure

Thaler, 1780Le thaler est une monnaie d'origine autrichienne illustrée par le portrait bien en chair de l'impératrice Marie-Thérèse, morte en 1780. Cette monnaie en argent de très bon aloi était devenue très populaire en Europe centrale mais aussi dans le Nouveau Monde et même dans la péninsule arabe, où elle était encore en usage au début du XXe siècle !

Son nom est une abréviation de Joachimsthaler. Il vient de Joachimsthal (« vallée de Joachim ou Jacques »), ville autrichienne entourée de riches gisements argentifères, dans les monts Métallifères. Située au nord de l'actuelle République tchèque, la ville porte aujourd'hui le nom de Jáchymov et les montagnes s'appellent Krušné hory (« Monts rudes »).

La France déclare la guerre à l'Autriche

Le 20 avril 1792, le roi Louis XVI déclare officiellement la guerre au « roi de Bohême et de Hongrie », en fait l'archiduc d'Autriche François II de Habsbourg.

C'est l'aboutissement d'une crise internationale en germe depuis plusieurs mois... et le début d'une longue série de guerres entre la France et le reste de l'Europe qui vont bouleverser la carte du continent...

Rouget de Lisle chante la Marseillaise

Le 25 avril 1792, à Strasbourg, dans le salon du baron de Dietrich, maire de la ville et ami de Lafayette, l'effervescence est à son comble...

Naissance de la bourse de Wall Street

Le 17 mai 1792, à New York, au numéro 68 de la rue du mur (Wall Street), près de l'ancien mur d'enceinte des Hollandais, 24 agents de change signent la convention du Buttonwood tree, du nom du platane sous lequel ils ont pris l'habitude de se réunir.

Par cette convention, ils décident d'appliquer un taux de commission unique sur toutes leurs ventes de titres. C'est la naissance du New York Stock Exchange (NYSE), la Bourse des valeurs de New York, surnommé Wall Street depuis 1863.

Le roi boit à la santé du peuple

Le 20 juin 1792, le roi Louis XVI fait front à la première« journée révolutionnaire » conduite par les sans-culotte...

Le « baiser Lamourette »

Le 7 juillet 1792, les gouvernants français sont aux abois. L'ennemi est aux frontières et, à l'Assemblée Législative, à Paris, les représentants de la Nation se déchirent entre Feuillants, Fayettistes, Brissotins, Montagnards...

C'est alors que le député Antoine-Adrien Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon, monte à la tribune et en appelle à la réconciliation par un discours si émouvant que tous ses collègues tombent dans les bras les uns des autres. Ils réclament la publication de l'appel de Lamourette. Une délégation conduite par Lamourette va même au palais des Tuileries chercher le roi Louis XVI. Celui-ci se rend à l'Assemblée et, attendri, la félicite pour son esprit de fraternité.

Mais dès le lendemain, au club des Jacobins, refuge des sans-culottes et des révolutionnaires les plus endurcis, Jacques Billaud-Varenne remet les pendules à l'heure : « À voir certains membres se jeter dans les bras d'autres membres, il me semble voir Néron embrassant Britannicus et Charles IX tendant la main à Coligny ».

En définitive, le brave Lamourette meurt sur l'échafaud dix-huit mois plus tard, le 11 janvier 1794.

Le manifeste de Brunswick

Le 15 juillet 1792, à Coblence, sur les bords du Rhin, le duc de Brunswick (ou Braunschweig), qui commande l'armée prussienne, promet par un manifeste de « livrer Paris à une exécution militaire et à une subversion totale » si « la famille royale subissait le moindre outrage ».

Trois mois plus tôt, le gouvernement français, avec l'accord de Louis XVI, a déclaré la guerre aux Autrichiens, lesquels se sont rapprochés des Prussiens en vue d'envahir la France. Contrairement à ses attentes, le duc de Brunswick constate que son manifeste, loin d'effrayer les Français, a provoqué un sursaut patriotique...

Chute de la monarchie

Au matin du 10 août 1792, une « commune insurrectionnelle » s'installe à l'Hôtel de ville de Paris, sous la présidence de Pétion. Par ailleurs, une foule de sans-culottes et de fédérés se rassemble aux abords du palais des Tuileries à l'initiative des meneurs Santerre et Westermann.

La résidence royale est défendue par 900 gardes suisses et quelques centaines de gardes nationaux, sous le commandement du marquis de Mandat. Danton le fait convoquer à l'Assemblée. Il est arrêté puis sommairement exécuté. Les troupes passent sous le commandement de La Chesnaye.

La foule donne l'assaut aux Tuileries. La monarchie capétienne s'écroule après 800 ans d'existence. Le roi Louis XVI et sa famille prennent le chemin de la prison du Temple...

Massacres de Septembre

Les 2 et 3 septembre 1792, à l'instigation de meneurs comme le journaliste Jean-Paul Marat qui agitent la crainte des complots et celle, bien réelle, de l'invasion, des dizaines de sans-culottes envahissent les prisons parisiennes. À l'Abbaye, la Force, la Conciergerie, Bicêtre, ils massacrent les prisonniers prétendument contre-révolutionnaires. Au total un millier de victimes : aristocrates, prêtres réfractaires mais aussi droit commun et citoyens ordinaires.

Parmi les victimes figure la princesse Marie-Thérèse de Lamballe (42 ans), ancienne confidente de la reine, connue pour être aussi belle que vertueuse ! Elle avait été enfermée à la prison de la Force après avoir accompagné la famille royale à la prison du Temple. Son corps est mis en lambeaux par les émeutiers. Sa tête, plantée au bout d'une pique, est promenée sous la fenêtre de la cellule de la reine ! Avec ces massacres, la Révolution française entre dans sa phase la plus violente.

Vol des joyaux de la Couronne

Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1792, à Paris, une patrouille de police arrête une poignée de malandrins devant le Garde-Meuble national où sont exposés le mobilier et les joyaux de la Couronne, à l'angle de la place de la Concorde et de la rue Saint-Florentin (l'actuel Hôtel de la Marine).

Elle découvre sur eux quelques mauvais diamants. Une enquête rapide montre alors que d'autres joyaux autrement plus précieux, les Joyaux de la Couronne, ont été posément dérobés dans les jours précédents. Parmi eux de fameux diamants : le « Grand Diamant Bleu », le « Régent » ou « Pitt » qui sera retrouvé plus tard, le « Sancy », le « Miroir du Portugal ».

C'est ainsi qu'éclate l'affaire du « Vol du Garde-Meuble » dans une capitale enfiévrée par la chute de la monarchie et les massacres de Septembre. Dix sept seconds couteaux sont rapidement jugés et cinq exécutés sous l'inculpation de menées contre-révolutionnaires.

Mais très vite des rumeurs courent sur les commanditaires du vol et l'on suspecte rien moins que les ministres girondins d'y avoir trempé. Parmi eux le ministre de l'Intérieur Roland et le ministre de la Justice Danton qui aurait fait remettre quelques joyaux au duc de Brunswick, commandant des troupes d'invasion prussiennes, pour le convaincre de se retirer. La victoire française de Valmy en serait la conséquence mais tout cela n'est qu'hypothèse...

Droit au divorce et interdiction des voeux perpétuels

Avant de se séparer et laisser la place à la 1ère République française, l'Assemblée législative vote le 20 septembre 1792 une loi qui, tout à la fois, autorise le divorce et interdit les vœux perpétuels (la possibilité d'entrer au couvent). Pour les révolutionnaires, en effet, la Liberté exige qu'aucun engagement ne soit irrévocable !

Dans le même temps, les officiers municipaux se voient confier la tenue des registres d'état-civil (naissances, mariages et décès). Cette fonction capitale, dévolue aux curés depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts, va ajouter au prestige des conseils municipaux institués par la loi du 14 décembre 1789.

Notons qu'un an plus tôt avait déjà été institué le mariage civil.

Modeste canonnade à Valmy

Le 20 septembre 1792, devant le moulin de Valmy, la Révolution française est sauvée in extremis de l'invasion étrangère.

Les généraux Dumouriez et Kellermann, aux côtés desquels se tient le duc de Chartres (futur Louis-Philippe 1er), font reculer les Prussiens du duc de Brunswick, lequel est en compagnie du poète Goethe...

Ouverture de la Convention

Le 21 septembre 1792, la Convention succède à l'assemblée de la Législative et met fin à la première expérience de monarchie constitutionnelle. La nouvelle assemblée décrète l'abolition de la royauté en France. L'événement survient sous les bons auspices de la victoire de Valmy, la veille, le 20 septembre 1792, face aux troupes prussiennes.

Le lendemain 22 septembre 1792, les députés décident, sur une proposition de Danton, que les actes publics seront désormais datés de « l'An 1 de la République ». C'est de cette manière « furtive », selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République !

Avènement de la République française

Le 22 septembre 1792, six semaines après l'incarcération du roi Louis XVI et deux jours après la victoire de Valmy, les députés de la nouvelle assemblée de la Convention décident, sur une proposition de Danton, que les actes publics seront désormais datés de « l'An 1 de la République ».

C'est de cette manière « furtive », selon le mot de Robespierre, que la France se découvre en République.

Sous l'Ancien Régime, le mot République était synonyme d'État (que celui-ci ait ou non un souverain à sa tête). À la fin du XVIIIe siècle, il commence à se confondre avec un régime non monarchique (que celui-ci soit ou non démocratique).

Jemmapes

Le 6 novembre 1792, les volontaires de l'armée française battent les soldats autrichiens à Jemmapes, près de Mons, en Belgique...

Louis XVI devant la Convention

Le 11 décembre 1792, Louis Capet, anciennement Louis XVI, comparaît devant la Convention. L'assemblée nationale s'est constituée en tribunal. Elle siège dans la salle du Manège, aux Tuileries.

Exécution de Louis XVI

En ce 21 janvier, on peut commémorer la mort du roi Louis XVI, guillotiné en place publique à Paris en 1793 à 38 ans.

Louis XVI est exécuté le dimanche 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution (précédemment place Louis XV, aujourd'hui place de la Concorde).

Dans les rues de la capitale, la garde nationale est sur le qui-vive et défile en armes. Les tambours battent partout la générale...

La Convention lève 300.000 hommes

Le 24 février 1793, l'assemblée de la Convention décide de lever 300.000 hommes pour faire face à la première coalition européenne contre la France révolutionnaire. Trois jours plus tôt, elle a instauré l'amagalme des volontaires et des troupes de ligne régulières issues des armées royales. De fait, la République ne réussira à recruter que la moitié des effectifs souhaités et elle devra recourir le 10 mars à la levée en masse autoritaire, ce qui aura entre autres conséquences de pousser les Vendéens à la révolte.

Création du Tribunal révolutionnaire

Le dimanche 10 mars 1793, à Paris, l'assemblée révolutionnaire de la Convention décrète la levée en masse de 300.000 hommes pour protéger les frontières.

Le soir même, à l'instigation de Danton (« Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être »), elle institue un Tribunal criminel extraordinaire, plus tard appelé Tribunal révolutionnaire, pour « juger sans appel et sans recours les conspirateurs et les contre-révolutionnaires ».

Un tribunal d'exception avait déjà été institué pour juger les « conspirateurs du 10 août 1792 » mais dissous le 29 novembre 1792, une fois sa tâche accomplie. Le nouveau tribunal va devenir l'outil de la Terreur jusqu'à la chute de Robespierre. Il compte cinq juges, douze jurés, un accusateur public et deux substituts nommés par l'Assemblée. Il s'installe dans la Grande Chambre de l'ancien Parlement, dissous en 1790, sur l'île de la Cité, à l'emplacement de l'actuel Palais de Justice.

L'accusateur public Fouquier-Tinville use de son autorité pour envoyer à la guillotine aussi bien d'innocents suspects que Charlotte Corday, meurtrière de Marat, l'ex-reine Marie-Antoinette ou des chefs de la Révolution comme ses propres amis Danton, Robespierre et même son cousin Camille Desmoulins.

Du 6 avril 1793 au 7 mai 1795, le tribunal voit passer 5.215 accusés et en envoie 2.791 à la guillotine, surtout après la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794) qui inaugure la Grande Terreur. Il est supprimé le 31 mai 1795, l'une de ses dernières victimes ayant été Fouquier-Tinville lui-même...

Le même jour commence dans toute la France la levée en masse. Cette mesure entraîne aussitôt le soulèvement des paysans de Vendée...

Massacre de Machecoul

Le 11 mars 1793, à Machecoul, en Loire-Inférieure (aujourd'hui Loire-Atlantique), des paysans exaspérés par la conscription militaire massacrent plusieurs gardes nationaux ainsi que quelques bourgeois, connus pour leurs sympathies républicaines, et le curé assermenté (il a approuvé la Constitution civile du clergé). C'est le début des guerres de Vendée.

Salm-Salm rattachée à la France

Le 17 mars 1793, la petite principauté de Salm-Salm, située à l'ouest de l'Alsace, entre Schirmeck et Senones, sa capitale, est rattachée à la France à la demande de la population, empêchée de se ravitailler autrement qu'à travers le territoire français. Le prince de Salm possédait à Paris un hôtel particulier qui abrite aujourd'hui le musée de la Légion d'honneur.

Bataille de Neerwinden

Le 18 mars 1793, les Français subissent une demi-défaite à Neerwinden (Belgique). Par leur politique de conquête, les révolutionnaires ont dressé tous les Européens contre eux. Ils perdent ainsi le bénéfice de leurs victoires antérieures. Le général Dumouriez, l'ancien vainqueur de Valmy, déserte pour échapper à des sanctions. La France est à nouveau menacée d'invasion. À Paris, Robespierre renforce la Terreur.

Création du Comité de Salut public

Le 6 avril 1793, la Convention crée le Comité de Salut public. À la suite de la défaite de Neerwinden et des insurrections royalistes, ce nouveau gouvernement révolutionnaire dirigé par Maximilien de Robespierre prend sans tarder des mesures d'urgence. C'est notamment l'envoi de représentants en mission aux armées et la levée en masse. Carnot lève 14 armées et 800.000 hommes. Quinze mois plus tard, la victoire de Fleurus efface Neerwinden.

Mise en accusation de la Gironde

Le 31 mai 1793, à l'appel de Robespierre, des sans-culottes parisiens guidés par Varlet et Roux encerclent la Convention et réclament la mise en accusation des députés de la Gironde qui gouvernent le pays. Ils leur reprochent leur incapacité à faire face à l'invasion étrangère et les soupçonnent de préparer le retour de la monarchie. 3 jours plus tard, les chefs girondins, au nombre de 22, seront arrêtés et envoyés à la guillotine. À la faveur de ce coup d'État parisien, les députés de la Montagne prendront le pouvoir et installeront la Grande Terreur.

Arrestation des Girondins

Le 2 juin 1793, 80.000 Parisiens en colère assiègent l'Assemblée. Le sans-culotte Hanriot, à la tête de la garde nationale, menace les députés de la Convention.

Il réclame la destitution et l'arrestation des députés girondins, que l'on appelle ainsi parce que plusieurs sont originaires du département de la Gironde...

Assassinat de Marat

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday poignarde le tribun révolutionnaire Jean-Paul Marat dans sa baignoire où il soignait un eczéma généralisé (forme de lèpre).

Médecin devenu député à la Convention nationale, Marat (50 ans) s'était rendu populaire auprès des sans-culottes parisiens par ses diatribes assassines, publiées dans L'Ami du peuple.

Sa meurtrière est une Normande de petite noblesse de 25 ans, arrière-petite-fille du grand Corneille et nourrie de lectures classiques. Ayant noué des sympathies avec les Girondins modérés, traqués par Marat, elle voit en ce dernier le fossoyeur de son idéal de liberté.

Elle espère, à l'image des héroïnes antiques, faire oeuvre utile en l'éliminant, quitte à sacrifier aussi sa jeune vie... Mais son geste n'aura d'autre effet que d'amplifier la Terreur. Elle-même sera guillotinée le 17 juillet 1793 sur la place de la Révolution (aujourd'hui place de la Concorde), après l'entrée de la dépouille de sa victime au Panthéon. Lamartine, plus tard, la qualifiera d'« Ange de l'assassinat ».

Le peintre Louis David, par ailleurs député montagnard à la Convention, laisse de l'assassinat un tableau célèbre, qui exalte l'image du tribun et gomme celui de sa jeune meurtrière. De celle-ci, on retient le portrait ci-contre, réalisé pendant son procès et achevé dans sa cellule à sa demande, par Jean-Jacques Hauer.

Plan de destruction de la Vendée

Le 1er août 1793, un décret de la Convention ordonne la destruction et l'incendie de la Vendée en état d'insurrection. La mise en oeuvre de ce plan est confiée au général François Westermann...

Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793 :
Article premier : « le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée ; Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts... Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité... Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république » (ADV, 52J4).

« La Terreur à l'ordre du jour »

Le 5 septembre 1793, la Convention met « la Terreur à l'ordre du jour ». À l'appel de Barère, porte-parole du Comité de Salut public, elle décide de prendre toutes les mesures de circonstance propres à sauver la Révolution française...

Loi des suspects

Le 17 septembre 1793, à la veille d'instaurer la Grande Terreur, la Convention vote la loi des suspects. Elle permet l'arrestation de ceux qui « n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle ». Autant dire que tout le monde est menacé. La loi sera abrogée après la chute de Robespierre, le 9 thermidor an II.

Loi du « maximum général »

Le 29 septembre 1793, en pleine Terreur, les députés de la Convention votent la loi du « maximum général » qui bloque les salaires et les prix, pour donner satisfaction aux sans-culottes qui s'indignent des pénuries et proclament haut et fort : « Guerre aux accapareurs ».

La loi impose un prix maximum pour les produits de première nécessité, variable selon les régions et en général supérieur d'un tiers aux prix courants de 1790. Le maximum des salaires est quant à lui de moitié supérieur au niveau moyen de 1790.

C'est la première fois qu'un gouvernement intervient de la sorte sur le marché. Mais cette première forme d'économie administrée se solde par une impopularité sans précédent. Instantanément, les greniers et les magasins se vident de leurs marchandises. Chacun achète tout ce qu'il peut pendant qu'il est temps et les paysans dissimulent leurs récoltes plutôt que de les vendre à vil prix. Le gouvernement tente de réagir en appliquant des peines très dures aux contrevenants, y compris la prison et la guillotine.

« Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix »

Le 10 octobre 1793, à l'instigation de Saint-Just (27 ans), la Convention proclame dans un décret : « Le gouvernement de la France sera révolutionnaire jusqu'à la paix ». Ce décret fait suite à la proclamation du 5 septembre qui a mis « la Terreur à l'ordre du jour » et à la loi des suspects du 17 septembre.

Bataille de Wattignies

Le 16 octobre 1793, à Wattignies, une victoire du général Jourdan et de Lazare Carnot permet de libérer Maubeuge assiégée par les Autrichiens...

Exécution de Marie-Antoinette

La reine Marie-Antoinette est guillotinée le 16 octobre 1793, dix mois après Louis XVI.

Le procès expéditif de la reine (38 ans) n'est justifié par aucune raison politique mais il est provoqué par une intensification de la Terreur, sous l'effet d'attaques tant extérieures qu'intérieures contre le pouvoir parisien...

Les Vendéens sont défaits à Cholet

Le 17 octobre 1793, les insurgés Vendéens sont défaits à Cholet par les « Bleus »...

Naissance de la baguette de pain

La traditionnelle baguette de pain, symbole de l'identité française, remonte à la Révolution. Le 15 novembre 1793 (26 brumaire An II selon le calendrier républicain), un décret de la Convention stipule que tous les Français doivent manger le même pain : « La richesse et la pauvreté devant également disparaître du régime de l'égalité, il ne sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche et un pain de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine d'incarcération, de faire une seule sorte de pain : Le Pain Égalité ».

En 1856, Napoléon III, à son tour, tente de réglementer la taille et le poids du pain : 40 cm et 300 g environ. Après la Seconde Guerre mondiale se généralise la baguette, aussi appelée flûte ou petite selon les régions. D'une longueur de 80 cm et d'un poids de 250 g, son prix a été fixé par arrêté préfectoral jusque dans les années 1980.

Ouverture du musée du Louvre

Le 18 novembre 1793 ouvre officiellement le musée du Louvre, dans l'ancien palais de la monarchie.

Le 10 août précédent, pour fêter le premier anniversaire de la chute de la royauté, l'assemblée révolutionnaire de la Convention avait décidé la création d'un « Museum de la République » où seraient mis à disposition du peuple collections royales et oeuvres d'art confisquées aux émigrés et aux églises.

Richard Fremder nous raconte l'histoire du musée depuis ses origines...

Naissance du calendrier révolutionnaire

Le 24 novembre 1793 paraît le nouveau calendrier républicain ou « calendrier des Français », une création originale du poète et révolutionnaire Fabre d'Églantine, qui s'est fait connaître avant la Révolution en composant l'immortel « tube » : « Il pleut, il pleut,bergère... ».

Les semaines sont portées à dix jours (primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi) et prennent le nom de décades. Quant aux mois, ils ont chacun 30 jours. Dotés de belles sonorités, leurs noms évoquent les quatre saisons : vendémiaire, brumaire, frimaire, nivôse, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor. Pour s'aligner sur un cycle solaire, ces douze mois sont complétés par cinq ou six jours consacrés à des fêtes patriotiques, les « sanculottides ». Le principe n'est pas à proprement parler nouveau. Il était déjà employé par les pharaons !...

Fin du siège de Toulon

Le 18 décembre 1793, Anglais et Espagnols se retirent de Toulon. Leur défaite met en lumière le talent d'un jeune officier d'artillerie, le capitaine Napoléon Bonaparte...

Le port de Toulon, essentiel à la défense de la France, a été occupé par les coalisés le 27 août 1793, à la faveur des troubles civils qui ont agité la France après l'exécution du roi Louis XVI.

Le capitaine Dommartin, chargé par la Convention de reprendre la ville, a été blessé le 7 septembre et remplacé le 16 par le capitaine Bonaparte (24 ans). Celui-ci comprend qu'il est vain d'assiéger la ville aussi longtemps qu'elle peut être ravitaillée par le port.

Aussi tourne-t-il ses batteries vers les forts Mulgrave et de l'Éguillette qui barrent l'entrée de la rade. Comme prévu, une fois les deux forts aux mains de l'armée révolutionnaire, les Toulonnais, ne pouvant plus être ravitaillés par la Royal Navy, se résignent à la reddition.

Ce premier succès vaut à Bonaparte d'être nommé général de brigade le 22 décembre suivant. L'amitié du frère cadet de Robespierre lui permet dès lors de faire valoir ses vues stratégiques au Comité de salut public (le gouvernement révolutionnaire). C'est le début d'une fabuleuse épopée.

Les « colonnes infernales » de Turreau

Le 19 janvier 1794, le général Turreau présente à la Convention un plan d'extermination de la Vendée.

24 colonnes vont pénétrer en Vendée avec la consigne de tout brûler et de tout massacrer. Les horreurs perpétrées par ces colonnes leur vaudront dans l'Histoire le qualificatif d'infernales...

La Convention abolit l'esclavage

Le 16 pluviôse an II (4 février 1794), à l'instigation de l'abbé Henri Grégoire, la Convention vote l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises (ou ce qu'il en reste).

Cette mesure méritante, imposée par les circonstances plus que voulue, sera abrogée dès la fin de la Révolution...

Trois couleurs pour la France

Le 15 février 1794, la Convention nationale « décrète qu'à compter du 1er prairial an II (20 mai 1794), le pavillon sera formé des trois couleurs nationales disposées en trois bandes égales posées verticalement,... » pour mettre fin à la fantaisie des couleurs dans la Marine française, sujette à confusion dans les combats.

Ces règles destinées aux pavillons des navires s'appliquent dans la foulée à l'ensemble des drapeaux de la Nation.C'est la naissance du drapeau tricolore...

Les Hébertistes guillotinés

Le 24 mars 1794, les Hébertistes montent à l'échafaud.

Danton et Desmoulins guillotinés

Le 17 Germinal An II (5 avril 1794), Danton et Camille Desmoulins sont guillotinés avec quelques autres partisans. Robespierre reste pour quelques mois seul maître à Paris. Il se laisse aller à des excès de pouvoir. La Grande Terreur se profile.

Le Vengeur livre son dernier combat

Le 1er juin 1794, au plus fort de la Révolution, une escadre française livre un combat désespéré à la flotte anglaise, au large de Brest...

La fête de l'Être suprême

Maximilien de Robespierre, chef du Comité de Salut public, conduit le 8 juin 1794 (20 prairial An II) la première fête en l'honneur de l'Être suprême...

La Grande Terreur

Le 10 juin 1794, à Paris, la loi du 22 prairial An II réduit les procès révolutionnaires à de simples formalités. C'est le début de la « Grande Terreur » qui entraînera la mort sur l'échafaud de milliers de simples suspects, jusqu'à la mort du premier responsable de cette loi, Maximilien de Robespierre, le 10 thermidor suivant (28 juillet 1794)...

La Révolution est sauvée à Fleurus

Le 8 messidor an II (26 juin 1794), les Français remportent une bataille décisive sur les Autrichiens à Fleurus, en Belgique, entre Charleroi et Namur...

Inauguration du télégraphe optique

Le 16 juillet 1794 est inauguré le télégraphe optique entre Paris et Lille. Inventé par Claude Chappe, il permet d'acheminer en quelques dizaines de minutes des messages entre les deux villes grâce à une quinzaine de stations-relais.

Arrestation de Robespierre

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794 selon le calendrier grégorien) marque la fin de la dictature de Maximilien de Robespierre sur la France révolutionnaire...

Exécution de Robespierre

Le 28 juillet 1794 (10 thermidor an II), Maximilien Robespierre monte à l'échafaud. Saint-Just, Couthon et Robespierre jeune, son frère, partagent son sort.

la bataille du Texel

À l'aube du 21 janvier 1795, en mer de Frise, se déroule une bataille comme l'Histoire n'en a jamais connu ni avant ni après. Profitant d'un hiver glacial qui a gelé la mer, un escadron de hussards de l'armée française monte à l'assaut de la flotte hollandaise. Combat unique dans les annales...

La liberté des cultes est rétablie

Le 21 février 1795, un décret de la Convention du 3 ventôse an III rétablit la liberté des cultes. En mettant fin à une longue période d'intolérance inaugurée par la Constitution civile du clergé votée le 12 juillet 1790, les députés espèrent réconcilier les Français avec la Révolution ou ce qu'il en reste.

Adoption du système métrique

Le 7 avril 1795, la Convention adopte le rapport du député Prieur de la Côte d'Or qui officialise le système métrique. Elle propose une unité de mesure universelle destinée à remplacer les unités locales.

La nouvelle unité, le mètre (du grec metron, mesure) est définie comme étant la dix millionnième partie du quart d'un méridien terrestre. C'est une révolution (mondiale) dans la Révolution (française) !

Louis XVII meurt au Temple

Le 8 juin 1795, Louis XVII meurt à la prison du Temple, à Paris, dans l'anonymat et la détresse...

Débarquement de Quiberon

Le 21 juillet 1795, le général Lazare Hoche rejette à la mer des émigrés royalistes qui avaient tenté un débarquement sur la presqu'île de Quiberon, avec le soutien de la flotte anglaise.

Bonaparte devient le « général Vendémiaire »

Le 5 octobre 1795, ou 13 Vendémiaire An IV, le général Napoléon Bonaparte fait une entrée remarquée dans les affaires politiques de la France...

Effacement de la Pologne

Le 24 octobre 1795, la Pologne est effacée de la carte par un troisième et dernier partage auquel participent l'Autriche, la Prusse et la Russie.

La Convention cède la place au Directoire

Le 26 octobre 1795, la Convention cède la place au Directoire...

Les planches à assignats au bûcher

Le 19 février 1796 (30 pluviôse an IV), on brûle les planches à assignats en place Vendôme.

Napoléon épouse Joséphine de Beauharnais

Le 9 mars 1796, sous le Directoire, le général Napoléon Bonaparte (26 ans) épouse sans formalités, devant un officier d'état-civil, Marie-Josèphe-Rose de Tascher de La Pagerie (32 ans), veuve du vicomte Alexandre de Beauharnais...

Quelques jours plus tard, il prend le commandement de l'armée d'Italie. Son prodigieux destin se met en marche.

Edward Jenner invente la vaccination

Le 14 mai 1796 a lieu la première vaccination antivariolique. Édouard Jenner inocule la variole au bras d'un petit garçon. Après une dizaine de jours, celui-ci est immunisé contre la maladie.

Les grandes campagnes de vaccination qui ont suivi cet exploit ont pratiquement éliminé le virus de la surface de la terre...

Mungo Park atteint le Niger

Le 20 juillet 1796, l'explorateur écossais Mungo Park, un jeune chirurgien de marine de 25 ans, atteint le fleuve Niger à Ségou (Mali actuel), après de terribles épreuves, comme le vol de tous ses biens et la captivité par des nomades maures. Il est le premier Européen à explorer cette région du monde. De retour dans son pays, il publie un ouvrage à succès avant de repartir à la tête d'une expédition officielle. Celle-ci tournera au désastre et à la mort.

Bataille d'Arcole

Le 15 novembre 1796, le général Bonaparte remporte une brillante victoire sur les Autrichiens du général Avinczy à Arcole, dans le Piémont italien.
Après trois jours de combats indécis, Bonaparte s'élance sur un pont sous la mitraille. Il tombe dans les marais et s'écrie : « Soldats, en avant pour sauver le général ». Ses grenadiers se ruent en avant. La victoire est à la France.

Victoire de Napoléon Bonaparte à Rivoli

Nous sommes à l'hiver 1797. Engagé en Italie contre les Autrichiens, le général Bonaparte tarde à emporter la décision. Il manque d'effectifs et le siège de la citadelle de Mantoue, qui verrouille la route de Vienne, traîne en longueur depuis six mois. Et voilà que les Autrichiens du général Alvinczy descendent en quatre colonnes des Alpes pour débloquer la citadelle.

Voyant cela, Bonaparte ordonne à Masséna et Ney de concentrer leurs divisions près du lac de Garde, à Rivoli, en soutien à un autre général de l'armée d'Italie, Joubert. L'affrontement se produit le 14 janvier 1797, près de Rivoli. Les Français, inférieurs en nombre mais bien coordonnés, tiennent les Autrichiens en respect. À la mi-journée, Masséna débouche avec ses troupes sur le champ de bataille au terme d'une longue marche. L'« enfant chéri de la victoire », comme le surnommera Bonaparte, décide de la victoire. Mantoue, réduite à la famine, capitule le 2 février. La route de Vienne est ouverte aux Français. Il ne reste plus aux Autrichiens qu'à solliciter la paix. Le traité est signé à Campoformio le 18 octobre de la même année.

Avignon cédé à la France

Le 19 février 1797, Avignon et le Comtat-Venaissin, propriétés du Saint-Siège depuis un demi-millénaire, sont formellement cédés par le pape à la France révolutionnaire.

Fin de la « Conjuration des Égaux »

Le 26 mai 1797, la mort sur la guillotine de Gracchus Babeuf et d'un acolyte, Darthé, met fin à la « Conjuration des Égaux »...

Coup d'État de Fructidor

Le 4 septembre 1797 (18 fructidor An V), le Directoire, présidé par Larevellière, organise un coup d'État contre les royalistes, redevenus majoritaires à l'Assemblée, avec le concours d'un général de Bonaparte, Pierre Augereau...

Mort de Lazare Hoche

Le 19 septembre 1797, le général Lazare Hoche, qui commande l'armée de Sambre et Meuse, meurt de maladie en Allemagne tandis que monte en Italie la gloire de son rival Napoléon Bonaparte. À 29 ans, Hoche laisse le souvenir d'un révolutionnaire loyal et compétent. Il sut se montrer humain aussi bien qu'impitoyable comme le montra son comportement pendant la pacification de la Vendée.

Le traité de Campoformio

Le 18 octobre 1797, le général Bonaparte, victorieux en Italie, impose aux Autrichiens le traité de Campoformio...

Réunion de Mulhouse à la France

Le 28 janvier 1798, les bourgeois de Mulhouse votent la réunion de leur République à la France. La réunion devient effective le 1er mars sous le gouvernement du Directoire.

La Suisse « une et indivisible »

Le 22 mars 1798, les révolutionnaires français imposent aux Suisses une « République helvétique une et indivisible ». Elle n'aura qu'une existence éphémère...

Genève perd sa liberté

Le 15 avril 1798, le gouvernement français du Directoire occupe la ville libre de Genève. C'en est fini de l'indépendance de celle-ci...

Coup d'État du 22 floréal

Le 11 mai 1798 a lieu le coup d'État dit du 22 floréal An VI. Les Directeurs, qui possèdent le pouvoir exécutif, cassent les élections aux deux assemblées, élections trop favorables à leurs yeux aux Jacobins. Pour mettre un terme à ce type de conflit, certains Directeurs en viennent à souhaiter une dictature militaire. Napoléon Bonaparte sera leur homme.

Bataille des Pyramides

Le 21 juillet 1798, Napoléon Bonaparte défait les Mamelouks au pied des Pyramides...

Nelson coule la flotte française à Aboukir

Le 1er août 1798, l'amiral anglais Horatio Nelson surprend en rade d'Aboukir, dans le delta du Nil, la flotte française qui a transporté en Égypte le corps expéditionnaire du général Napoléon Bonaparte.

Les navires français se sont ancrés en ligne au plus près du rivage, en vue d'empêcher tout navire ennemi de les prendre à revers. Jouant d'audace, Nelson voit d'un coup d'oeil la possibilité de se faufiler malgré tout entre le rivage et les navires ennemis. Il s'engage dans l'étroit conduit. Les canonniers français, déboussolés, n'ont pas le temps de retourner leurs canons vers la côte. Les navires français sont l'un après l'autre réduits à merci.

Côté français, l'un des héros du jour est le commandant du Tonnant, Aristide du Petit Thouars (38 ans). Il contraint le Bellérophon à amener son pavillon avant que son navire ne soit lui-même assailli. Les deux bras et une jambe emportés par un boulet, il se fait placer dans un baril de son afin de continuer à donner des ordres jusqu'à son dernier souffle.

L'amiral français Brueys saute avec son navire-amiral L'Orient (118 canons) tandis que Villeneuve, celui-là même qui sera défait à Trafalgar, s'échappe avec quelques vaisseaux. Bonaparte se trouve ainsi prisonnier de sa conquête...

Fondation de l'Institut d'Égypte

Le 22 août 1798, le général Bonaparte fonde au Caire l'Institut d'Égypte, sur le modèle de l'Institut de France. Les savants et les artistes, peintres et graveurs qui accompagnent son expédition militaire en deviennent les membres actifs, de même que le général lui-même.

Sous la direction de Vivant Denon, ils se mettent au travail pour sortir l'antique civilisation pharaonique de son mystère. Bonaparte aura à coeur de monter en épingle leurs travaux et leurs compte-rendus pour mieux faire oublier à l'opinion métropolitaine le fiasco militaire de son expédition. Ainsi se développe l'égyptologie, qui trouvera en Jean-François Champollion un martyr.

Naissance du service militaire

Le 19 fructidor An VI (5 septembre 1798), sous le Directoire, Jean-Baptiste Jourdan, à l'assemblée des Cinq-Cents et ancien vainqueur de Fleurus, fait voter une loi qui institue la conscription et le service militaire obligatoire. L'article premier de la loi Jourdan énonce : « Tout Français est soldat et se doit à la défense de la patrie »...

Ramel crée l'impôt sur les portes et fenêtres

Dominique Ramel, dit Ramel de Nogaret, député de l'Aude et ministre des Finances du Directoire, remet à plat le système fiscal hérité de la Révolution. Après la «banqueroute des deux tiers», il instaure le 24 novembre 1798 un nouvel impôt sur les portes et les fenêtres, qui a l'avantage de pouvoir être établi depuis la rue par les agents du fisc sans contestation possible. Il fait référence à un précédent britannique et mieux encore à l'ostiarum, un impôt créé par Jules César !

Croyant à une mesure temporaire, le gouvernement français réhabilitent le nom ancien d'impôt au lieu du nom plus convenable de «contribution» introduit par la Constituante dix ans plus tôt. Dans les faits, il ne sera aboli que par le Cartel des gauches, en 1926.

Très impopulaire en France comme en Angleterre et dans les pays européens où les armées révolutionnaires vont l'introduire, l'impôt sur les portes et les fenêtres a pour effet de réduire le nombre d'ouvertures dans les habitations, au détriment de la santé publique. À Londres, une hausse de cet impôt en 1820 a pour conséquence le développement du rachitisme, aussitôt qualifié de «mal anglais». Autre conséquence dommageable : les fenêtres à meneaux héritées de la Renaissance sont détruites en masse car elles comptent pour quatre fenêtres !

Humboldt s'embarque pour l'aventure

Le 5 juin 1799, le naturaliste allemand Alexander von Humboldt et son compagnon français, le botaniste Aimé Bonpland appareillent à La Corogne à destination de l'Amérique du sud. C'est le début d'une exploration très compl ète du Nouveau Monde, de sa faune, de sa flore, de sa géologie et des moeurs de ses indigènes.

Les chevaliers de Malte abandonnent la partie

En route pour l'Égypte, la flotte de Napoléon Bonaparte arrive en vue de La Valette, capitale de l'île de Malte, le 9 juin 1799. Trois siècles plus tôt, l'île avait été confiée par Charles Quint aux Chevaliers de l'Ordre hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, dénommés ensuite de Rhodes puis de Malte.

Face aux Français, le grand-maître Ferdinand von Hompesch zu Bolheim aurait les moyens de tenir un long siège. Il peut qui plus est bénéficier de l'aide du roi de Naples. Au demeurant, les chevaliers en ont vu d'autres en trois siècles de présence sur l'île. Mais le coeur n'y est plus et la place rend les armes le 12 juin.

Bonaparte s'installe pour quelques jours à La Valette, édicte toutes sortes de dispositions révolutionnaires, puis poursuit sa croisière vers l'Égypte cependant qu'une garnison de 4.000 hommes demeure sur place pour défendre l'île. Cela n'empêche pas la Royal Navy de faire une entrée triomphale dans le Grand Port et, en 1814, par le premier traité de Paris, Londres obtient la cession de l'île de Malte et de sa petite voisine, l'île de Gozo.

A Zurich, Masséna sauve la France de l'invasion

Le 26 septembre 1799, le général André Masséna, commandant de l'armée française d'Helvétie, remporte une victoire décisive sur les armées russe et autrichienne à Zurich ou plus précisément à Dietikon, une localité voisine.

La France échappe à l'invasion et le gouvernement du Directoire est provisoirement sauvé...

Bonaparte débarque à Fréjus

Le 8 octobre 1799, le général Napoléon Bonaparte débarque à Fréjus après une campagne hasardeuse en Égypte...

le coup d'État de Brumaire

Le 9 novembre 1799 (18 Brumaire An VII), par un coup d'État, Napoléon Bonaparte prend le pouvoir et inaugure le Consulat avec un gouvernement constitué d'un Premier Consul (lui-même, dictateur de fait) et de deux Consuls : Cambacérès et Lebrun.

En quelques mois, voire quelques semaines, Bonaparte va bouleverser la donne. Il met fin à l'instabilité chronique et clôt pour de bon la Révolution tout en parachevant son oeuvre. «J'assume tout, de Clovis au Comité de Salut public», aurait-il déclaré en 1799...

Constitution de l'An VIII

Le 24 décembre 1799 est publiée la Constitution de l'An VIII qui officialise la naissance du Consulat, issu du coup d'État du 18 Brumaire. Les royalistes et autres opposants, excellents journalistes, savent lire les constitutions. Ils voient immédiatement que celle-ci annonce la dictature de fait de Napoléon Bonaparte. Ils voient aussi que le régime, en tant qu'héritier de la Révolution, est consubstantiel à la guerre. Non seulement il est contraint à la guerre mais celle-ci lui apparaît indispensable comme dérivatif aux crises intérieures...

Naissance de la Banque de France

Le 18 janvier 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte crée par décret la Banque de France et lui donne le droit d'imprimer - avec modération - du papier-monnaie...

La Banque de France en activité

Le 13 février 1800, la Banque de France entre en fonctionnement. Par son intermédiaire, la France renoue en douceur avec le papier-monnaie.

Une nouvelle capitale pour les États-Unis

Le 3 juin 1800, John Adams, deuxième président des États-Unis d'Amérique, quitte Philadelphie pour Washington. La nouvelle capitale du pays est implantée au bord de la rivière Potomac, sur le district de Columbia (District of Columbia, DC), un territoire fédéral administré par le gouvernement central. Son plan d'urbanisme est l'oeuvre de Pierre Charles L'Enfant, un Français qui a combattu pour l'indépendance du pays.

Le « triangle fédéral » est constitué par le Memorial de George Washington, le Capitole, où siège le Congrès (Chambre des représentants et Sénat), la Maison Blanche, où réside le Président. Le nom officiel de cette dernière, jamais employé, est Executive Mansion. Elle est située sur PennsylvaniaAvenue...

Bonaparte victorieux de justesse à Marengo

Le 14 juin 1800, Napoléon Bonaparte bat de justesse les Autrichiens du général Melas à Marengo, grâce à l'intervention de Louis Desaix, qui meurt dans la mêlée, et de François-Étienne Kellerman.

Le même jour, fatale coïncidence, le général Jean-Baptiste Kléber est assassiné au Caire. Sa mort laisse présager la déroute de l'armée d'Égypte que Bonaparte avait abandonnée quelques mois auparavant pour se saisir du pouvoir à Paris...

Mort du « Premier Grenadier de la République »

Le 27 juin 1800, Théophile de La Tour d'Auvergne, « Premier Grenadier de la République », est frappé à mort par un uhlan autrichien...

Les Autrichiens battus à Hohenlinden

Le 3 décembre 1800, les Autrichiens sont défaits à Hohenlinden, en Bavière, par l'armée du Rhin, sous le commandement de Moreau.

Fort de sa victoire inattendue, le général poursuit son chemin vers Vienne. Pris de panique à la perspective de perdre sa capitale, l'empereur François II se résigne à négocier contre l'avis de ses alliés anglais. C'est la fin de la deuxième coalition...

L'attentat de la rue Saint-Nicaise

Le soir du 24 décembre 1800, le Premier Consul Napoléon Bonaparte est visé par une «machine infernale» dans la rue Saint-Nicaise, à Paris, en se rendant à l'opéra. Il est miraculeusement épargné par l'explosion. Joseph Fouché, ministre de la Police générale, ouvre l'enquête...

Paix de Lunéville

Le 9 février 1801, la République française signe à Lunéville un traité de paix avec l'Autriche...

Assassinat du tsar Paul 1er

Le 24 mars 1801, le tsar Paul 1er (46 ans) est étranglé après cinq ans de règne dans un complot aristocratique auquel s'est vraisemblablement associé son fils et héritier, le futur tsar Alexandre 1er, adversaire de Napoléon 1er !

Paul 1er est le fils de la Grande Catherine et du tsar Pierre III qui fut, lui, déposé et assassiné par sa propre épouse ! On ne s'étonnera pas qu'il fut fantasque et tyrannique. Son entourage lui reproche avant tout d'avoir, en octobre 1799, projeté un rapprochement avec la France révolutionnaire et la constitution d'une « ligue des neutres » pour barrer la route au commerce anglais dans la Baltique.

Bonaparte et Pie VII signent le Concordat

Le 15 juillet 1801, Napoléon Bonaparte et Pie VII signent le Concordat et mettent fin à dix ans de guerres civiles et religieuses.

L'armée d'Égypte se rend aux Anglais

Le 31 août 1801, à Alexandrie, les Anglais reçoivent la reddition du général Menou et de ce qui reste de l'expédition française d'Égypte...

Le décret Chaptal met en place les musées français

À la demande du Premier Consul Napoléon Bonaparte, le ministre de l'Intérieur Jean-Antoine Chaptal publie un arrêté le 13 fructidor an IX (31 août 1801) en vue d'instituer quinze musées dans autant de grandes villes françaises.

Du fait de la nationalisation des biens du clergé et des émigrés, ainsi que des rapines des armées révolutionnaires à travers l'Europe, le gouvernement de la République est débordé par des oeuvres d'art dont il ne sait que faire. Le musée du Louvre, de création récente, ne peut toutes les recevoir.

Chaptal propose de les répartir entre chacune des villes concernées des lots tels que « chaque collection présente une suite intéressante de tableaux de tous les maîtres, de tous les genres, de toutes les écoles ». Le 1er septembre 1801, paraît un autre décret qui impose aux villes de préparer à leurs frais « une galerie convenable » pour recevoir lesdites œuvres. Ainsi vont naître les musées des beaux-arts de Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Genève (annexé à la France)...

Conclusion de l'expédition d'Égypte

Le 1er octobre 1801, à Londres, un accord franco-anglais met un terme à la piteuse expédition d'Égypte, conduite d'abord par Bonaparte puis confiée à Kléber et enfin à Menou.

Lord Elgin pille le Parthénon

Le 26 décembre 1801, Thomas Bruce, septième comte d'Elgin, entame le démontage des frises du Parthénon, à Athènes. D'aucuns y voient le plus important acte de vandalisme commis en temps de paix...

Mariage de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais

Le 4 janvier 1802 a lieu le mariage de Louis Bonaparte et Hortense de Beauharnais.

Souhaité par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, le mariage entre son frère Louis et la fille de Joséphine, sa femme, sera très malheureux. De cette union naîtra néanmoins Charles Louis Napoléon Bonaparte qui deviendra empereur sous le nom de Napoléon III le 2 décembre 1852.

Traité de paix d'Amiens

Le 25 mars 1802, Cornwallis et Joseph Bonaparte, représentant respectivement l'Angleterre et la France, signent à Amiens un traité de paix qui met un point final à la deuxième coalition européenne contre la France. Le retour de la paix hisse Napoléon Bonaparte au sommet de la popularité...

Concordat et paix religieuse en France

Le 8 avril 1802, le Corps législatif de la République française adopte et promulgue le Concordat signé le 15 juillet de l'année précédente par Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et le pape Pie VII...

Chateaubriand publie le Génie du christianisme

Le 14 avril 1802 sort en librairie Génie du christianisme ou beautés de la religion chrétienne. Son auteur est le vicomte François-René de Chateaubriand, un écrivain romantique de 34 ans rendu célèbre par ses oeuvres Atala et René. Le livre est une apologie de la religion et survient opportunément quatre jours après la promulgation de la loi du 24 germinal an X qui rétablit officiellement le culte catholique en France, conformément au Concordat signé par le pape Pie VII et le Premier Consul Napoléon Bonaparte.

« Le dernier cri de l'innocence et du désespoir »

Le 10 mai 1802, le métis Louis Delgrès (36 ans) adresse « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ». En affichant cette proclamation sur les murs de Basse-Terre, en Guadeloupe, il revendique le devoir d'insurrection et lance un appel à la fraternité, par-dessus les barrières de races.

Quelques jours plus tard, dans l'habitation Danglemont, à Matouba, dans les hauteurs de Basse-Terre (Guadeloupe), il se fait sauter avec ses hommes pour échapper à la cruauté du corps expéditionnaire du général Antoine Richepance (on écrit aussi Richepanse) et de Magloire Pelage. Son ami Joseph Ignace et beaucoup d'autres insurgés dont la mulâtresse Solitude sont tués ou exécutés...

Journée du souvenir de l'esclavage

Le gouvernement français a institué en 2001 une Journée commémorative du souvenir de l'esclavage et de son abolition et, par une curieuse démarche, l'a raccrochée au 10 mai 2001, vote de la loi Taubira établissant cette journée !...

Qu'il me soit permis de suggérer de la raccrocher plutôt au 10 mai 1802, lorsque le métis Louis Delgrès (36 ans) adressa « à l'univers entier le dernier cri de l'innocence et du désespoir ».

Ce brillant officier de la Révolution, fervent républicain et bonapartiste convaincu, se fit sauter avec ses hommes le 28 mai suivant, pour ne pas tomber entre les mains du général Richepance, lequel avait outrepassé les ordres de Paris en rétablissant l'esclavage sur l'île.

J'émets le vœu que les pouvoirs publics érigent Louis Delgrès au rang de héros français, au même titre que Louise Michel, Jeanne d'Arc et Honoré d'Estienne d'Orves. Autant de héros dans lesquels pourraient se reconnaître tous les petits Français sans considération de couleur ou d'origine.

Création de la Légion d'honneur

Le 19 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte publie un décret qui porte création de l'Ordre national de la Légion d'honneur. Les premiers dignitaires en seront le comte de Lacépède, un naturaliste (civil), qui sera nommé Grand Chancelier, et le général Dejean (militaire), Grand Trésorier...

Bonaparte légalise l'esclavage

Le 20 mai 1802, le Premier Consul Napoléon Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies qui restent à la France...

Bonaparte Premier Consul à vie

Le 2 août 1802, la Constitution de l'An X désigne Napoléon Bonaparte comme Premier Consul à vie. C'est une étape vers l'Empire.

Les Suisses adoptent l'« Acte de médiation »

Le 19 février 1803, le Premier Consul Napoléon Bonaparte, las des désordres dans la République helvétique «une et indivisible» constituée cinq ans plus tôt, décide de donner au pays une structure confédérale plus conforme à ses traditions.

Il convoque les représentants de la République helvétique à Paris et leur fait signer l'Acte de médiation. Cette structure a survécu pour l'essentiel jusqu'à nos jours...

Recez de Francfort

Le 25 février 1803, la Diète de Ratisbonne, réunie par le Premier Consul Napoléon Bonaparte, adopte le recez de Francfort qui redécoupe l'Allemagne et entérine la déchéance du Saint Empire romain germanique.

Naissance du franc Germinal

Le 27 mars 1803, par la loi du 7 Germinal an XI, le Premier Consul Napoléon Bonaparte définit la nouvelle pièce de 1 Franc...

Bonaparte cède la Louisiane

Le 3 mai 1803, le Premier Consul Napoléon Bonaparte, qui a besoin d'argent pour reprendre la guerre contre l'Angleterre, cède les immenses territoires de la Louisiane aux États-Unis d'Amérique pour 80 millions de francs (15 millions de dollars)...

Haïti chasse les Français

Le 18 novembre 1803, à Haïti, les débris de l'armée française capitulent devant les indépendantistes. L'île devient le premier État noir indépendant...

Haïti devient indépendant

Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance au terme d'une longue et meurtrière...

Naissance du chemin de fer

Une locomotive à vapeur circule pour la première fois au monde le 21 février 1804, à Pen-y-Darren, une région minière du pays de Galles, près de Merthyr Tydfil. La locomotive a été conçue par l'ingénieur Richard Trevithick.

Après ce premier succès, d'autres inventeurs, Georges Stephenson et son fils Robert, vont se lancer dans l'industrialisation du chemin de fer...

Arrestation de Cadoudal

Le 9 mars 1804, le comploteur royaliste Georges Cadoudal (32 ans) est arrêté à Paris, rue Monsieur le Prince, par la police du Premier Consul Napoléon Bonaparte, après avoir tué deux des agents qui tentaient de l'interpeller.

Le Premier Consul tire parti de l'arrestation de Georges Cadoudal pour faire exécuter le duc d'Enghien sous prétexte de complicité. Les royalistes n'osant plus se manifester, Napoléon peut se faire lui-même couronner empereur ! « Nous voulions faire un roi, nous avons fait un empereur », dit justement Cadoudal dans sa prison.

Exécution du duc d'Enghien

Le 21 mars 1804, le Premier Consul Napoléon Bonaparte fait exécuter le jeune duc d'Enghien, prince de sang royal et dernier rejeton de la lignée prestigieuse des Condé...

Bonaparte promulgue le Code Civil

Quelques heures après avoir fait exécuter le duc d'Enghien, le Premier Consul Napoléon Bonaparte promulgue le Code Civil.

Formation de la Garde impériale

La Garde consulaire, corps d'élite de deux mille soldats «qui se seront distingués sur le champ de bataille», est rebaptisée Garde impériale le 10 mai 1804, avant même que le Premier Consul ne soit désigné Empereur des Français sous le nom de Napoléon par le Sénat.

Cette Vieille Garde, constituée d'impressionnants grenadiers de grande taille avec bonnets à poil, sera ensuite complétée par une Moyenne Garde puis une Jeune Garde. Les effectifs totaux atteignent 25.000 en 1809 puis 40.000 en 1812. En raison même de ses qualités, l'Empereur la réserve pour les coups d'éclat et parfois, comme à Borodino, sur la Moskowa, s'attire le reproche de trop l'économiser.

La Constitution de l'an XII institue l'Empire

Par le sénatus-consulte du 18 mai 1804, le Sénat français déclare : « Article premier. Le gouvernement de la République est confié à un empereur, qui prend le titre d'Empereur des Français... » Ce texte curieux, aussi appelé « Constitution de l'An XII », établit l'Empire français sans abolir formellement la République !

Napoléon Bonaparte échange son titre de Premier Consul contre celui d'Empereur, sous le nom de Napoléon 1er. C'est la récompense que lui accordent les Français pour avoir rétabli (provisoirement) la paix et la prospérité sans sacrifier les conquêtes de la Révolution.

L'acte législatif fondateur du Sénat sera suivi pour la forme d'un sacre solennel à Notre-Dame de Paris le 2 décembre suivant.

Des maréchaux pour la gloire de l'Empire

Le 19 mai 1804, au lendemain d'un sénatus-consulte qui a établi l'Empire et promulgué la Constitution de l'An XII, Napoléon 1er, empereur d'un jour, porte à la nouvelle dignité de maréchal dix-huit de ses fidèles. Cette première promotion est donc composée de quatorze généraux : Berthier, Murat, Moncey, Jourdan, Masséna, Augereau, Bernadotte, Soult, Brune, Lannes, Mortier, Ney, Davout, Bessières. À ces généraux, s'ajoutent, en raison de leurs services rendus, quatre maréchaux honoraires dits « sénateurs ayant le titre de maréchaux del'Empire » : Kellermann, Lefebvre, Pérignon, Sérurier...

Le dernier combat d'Hamilton

Le 11 juillet 1804, Alexander Hamilton (47 ans) affronte dans un duel au pistolet le vice-président américain Aaron Burr.

Celui-ci lui reproche de l'avoir qualifié d'«homme dangereux à qui l'on ne doit pas faire confiance», définition au demeurant proche de la réalité.

Opposé par principe au duel, Hamilton tire en l'air. Son adversaire riposte par un tir à l'abdomen. Hamilton meurt après 30 heures d'agonie. Avec lui, les États-Unis perdent un économiste de talent et un chef politique méritant.

Sacre de Napoléon 1er

Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte est sacré empereur des Français. Général de la Révolution française, il reconstitue à son profit l'Empire de Charlemagne !...

Napoléon 1er distribue les Aigles

Le 5 décembre 1804, trois jours après son couronnement à Notre-Dame, l'empereur Napoléon 1er distribue les Aigles à la Grande Armée.

Cette cérémonie met en avant les fondements militaires de la nouvelle dynastie. La survie de celle-ci est liée aux succès militaires. Les premiers revers entraîneront son effondrement.

Le métier jacquard à l'honneur

Le 12 avril 1805, Napoléon 1er, de passage à Lyon, se fait présenter le métier à tisser inventé par Joseph Jacquard (35 ans).

Fils d'un maître-fabricant de la soie, celui-ci a repris les recherches de Vaucanson sur les cartes perforées et mis au point un mécanisme qui sélectionne les fils de chaîne à partir d'un programme préétabli. De la sorte, le métier à tisser peut être manoeuvré par un seul ouvrier sans qu'il ait besoin de se faire assister par des « tireurs de lacs ». Cet ouvrier peut dès lors tisser 15 cm par jour au lieu de 2 à 3 par jour à 8 ou 10 personnes selon la manière traditionnelle.

L'inventeur va être couvert d'honneurs. Mais son métier, en augmentant la productivité des ateliers, va conduire les soyeux à réduire la rémunération des artisans, que l'on appelle « canuts ». Ceux-ci ne reçoivent plus que l'équivalent d'un franc par jour, soit le prix d'un kilogramme de pain. Réduits au désespoir, les canuts se révoltent en 1831 et à nouveau en 1834, s'en prenant notamment aux métiers Jacquard qu'ils jettent en nombre dans le Rhône.

Naissance de la Grande Armée

Rassemblée à Boulogne et initialement destinée par Napoléon 1er à envahir l'Angleterre, l’armée des côtes de l’Océan prend le nom de « Grande Armée » le 11 fructidor an XIII (29 août 1805) pour se distinguer de la « petite armée » qui opère au même moment en Italie et prépare sa marche sur le Rhin. Sont alors formés sept corps d’armée (les « sept torrents ») sous le commandement de Bernadotte, Davout, Soult, Ney, Lannes, Marmont et Augereau.

En octobre 1808, cette Grande Armée cesse officiellement d’exister. Napoléon commande alors une armée d’Espagne, puis une armée d’Allemagne.

Une seconde Grande Armée est constituée en 1811 en prévision de la campagne de Pologne, qui débouchera sur la tragique campagne de Russie. L’état-major général est placé sous le commandement du fidèle maréchal Alexandre Berthier tandis que la Maison de l’Empereur est confiée au grand écuyer le général de Caulaincourt.

Batailles de Michelsberg et Ulm

Le 15 octobre 1805, les armées de Napoléon prennent d'assaut le village bavarois de Michelsberg...

Napoléon victorieux des Autrichiens à Ulm

Le 20 octobre 1805, cinq jours après la prise du village bavarois de Michelsberg par la Grande Armée, Napoléon 1er reçoit la capitulation de l'armée autrichienne du général Karl Mack retranchée dans la ville voisine d'Ulm.

Cette capitulation ne manque pas de surprendre les observateurs car le général autrichien avait tous les atouts pour affronter les Français avec succès avant que ceux-ci ne le prennent au piège dans la ville. Il semble qu'il ait été trompé par les informations communiquées par un espion alsacien à la solde de l'empereur, Charles Schulmeister...

Nelson triomphe à Trafalgar

Le 21 octobre 1805, l'amiral anglais Horatio Nelson livre sa dernière bataille au large du cap Trafalgar, non loin de Cadix.

Il détruit la flotte franco-espagnole qui lui fait face. Lui-même meurt à l'issue de la bataille. Dans le camp adverse, l'amiral de Villeneuve est capturé et l'amiral espagnol Gravina tué...

Napoléon 1er entre à Vienne

Le 14 novembre 1805, fort de sa victoire sur la troisième coalition à Ulm, Napoléon 1er fait son entrée à Vienne à la tête de la Grande Armée. L'empereur des Français est au faîte de sa gloire et peut jouir de son triomphe dans la capitale de l'empire autrichien désertée par l'empereur François II de Habsbourg.

Mungo Park disparaît en Afrique

Du 16 novembre 1805 sont datées les dernières notes de voyage de Mungo Park. L'explorateur écossais disparaît peu après avec les derniers survivants de son équipe dans un naufrage sur le Niger. Ainsi s'achève l'épopée du premier Européen qui ait réussi à pénétrer dans l'intérieur du continent noir...

Napoléon triomphe au soleil d'Austerlitz

Le 2 décembre 1805, un an tout juste après son sacre, Napoléon 1er remporte à Austerlitz sa victoire la plus éclatante...

Traité de Presbourg

Le 26 décembre 1805, à Presbourg (aujourd'hui Bratislava, capitale de la Slovaquie), l'empereur d'Autriche François 1er tire les conséquences de l'écrasement de son armée à Austerlitz.

Il signe avec Napoléon 1er un traité de paix par lequel il renonce à la Vénétie, tandis que la Bavière, alliée de Napoléon, lui enlève le Tyrol. Par un article secret, François 1er renonce à son titre d'empereur du Saint Empire romain germanique. Sa décision va être rendue officielle, dans l'indifférence générale sept mois plus tard.

Napoléon 1er fonde l'Université

Le 10 mai 1806, une loi de Napoléon 1er Napoléon 1er jette les bases de l'Université : « Il sera formé, sous le nom d'Université impériale, un corps chargé exclusivement de l'enseignement et de l'éducation publics dans tout l'Empire ».

L'Université apparaît d'emblée comme un corps enseignant investi d'un monopole, organisé et hiérarchisé à la manière d'un ordre religieux. L'écrivain Louis de Fontanes en est nommé grand maître en 1808. Rallié à Louis XVIII en 1815, il sera fait marquis.

Fin du Saint Empire Romain Germanique

Le 6 août 1806, dans l'indifférence générale, l'empereur d'Autriche François 1er déclare renoncer à la dignité d'empereur du Saint Empire Romain Germanique fondé par Otton 1er près de mille ans auparavant...

La Prusse s'incline à Iéna

Le 14 octobre 1806, les Prussiens sont battus à Iéna et Auerstaedt, en Saxe, par les armées napoléoniennes...

Napoléon 1er entre à Berlin

Le 27 octobre 1806, suite à ses victoires de Iéna et Auerstaedt, l'empereur Napoléon 1er entre à Berlin, capitale de la Prusse. C'est là qu'il va signer le décret instaurant le Blocus continental. La quatrième coalition, qui réunit l'Angleterre, la Russie et la Prusse, va définitivement s'effondrer l'année suivante après la défaite du tsar à Friedland et la conclusion du traité de Tilsit.

Décret de Berlin sur le « Blocus continental »

Le 21 novembre 1806, par un décret signé à Berlin, Napoléon 1er organise le « Blocus continental » contre l'Angleterre.

Faute de pouvoir battre militairement l'Angleterre, l'empereur tente de l'étouffer économiquement en empêchant ses commerçants de vendre à leurs clients habituels. Il interdit à tous les pays européens de commercer avec elle. Et pour s'assurer de la mise en application du blocus, l'empereur n'hésite pas à envahir les pays récalcitrants. C'est ainsi qu'il sera entraîné dans deux expéditions fatales, en Espagne et en Russie.

Karageorges s'empare de Belgrade

Le 12 décembre 1806, le Serbe Karageorges s'empare de Belgrade. 24 ans plus tard jour pour jour, l'empire ottoman reconnaît l'autonomie de la Serbie...

Du sang dans la neige à Eylau

Le 8 février 1807, Napoléon 1er bat les Russes à Eylau. Une victoire aussi sanglante qu'inutile...

L'Angleterre interdit la traite

Le 2 mars 1807, les Anglais interdisent la traite atlantique, c'est-à-dire la déportation des noirs en Amérique, où ils doivent travailler sur les plantations de coton ou de canne à sucre...

Bataille de Friedland

Le 14 juin 1807, quatre mois après l'inutile et sanglante bataille d'Eylau, l'empereur Napoléon 1er bat les Russes à Friedland. Le tsar est obligé de négocier la paix. Celle-ci, très provisoire, sera signée à Tilsit, sur un radeau au milieu du Niémen.

Le traité de Tilsit

Le 7 juillet 1807, le tsar Alexandre 1er et l'empereur Napoléon 1er signent un traité secret à Tilsit, une petite ville fortifiée de Prusse-orientale (on écrit aussi Tilsitt)...

Napoléon 1er crée la Cour des Comptes

Le 16 septembre 1807, l'empereur Napoléon 1er crée la Cour des Comptes. Cette administration remplace la Chambre des Comptes de l'Ancien Régime.

Prise de Lisbonne par Andoche Junot

Après une victoire sur les Portugais à Abrantès, le général Andoche Junot entre à Lisbonne le 30 novembre 1807 à la tête d'une armée française.

Volontaire de 1792, le sergent Junot a été remarqué par Napoléon Bonaparte au siège de Toulon l'année suivante, en 1793. Il devient son aide de camp et le suit en Italie. Blessé à la tête, son équilibre mental commence à être affecté. Pendant la campagne d'Égypte, il se couvre de gloire à Nazareth, où il met en fuite 10.000 Turcs.

Suite à sa nouvelle victoire, Napoléon 1er le fait duc d'Abrantès et le nomme gouverneur du Portugal cependant que le roi Jean VI s'enfuit au Brésil avec la cour. Junot est cependant, un an plus tard, le 21 août 1808, battu à Vimeira par Arthur Wellesley, futur duc de Wellington et vainqueur de Waterloo. Dans le même temps, l'Espagne voisine se soulève contre l'occupation française.

Menacé d'être pris au piège, Junot doit signer avec les Anglais la convention de Cintra (ou Sintra), le 30 août 1808, et abandonne sans délai le Portugal. Devenu fou, il se suicide le 29 juillet 1813, à 42 ans.

Napoléon 1er institue les consistoires israélites

Le 17 mars 1808, Napoléon 1er institue par décret treize consistoires régionaux en vue de gérer les synagogues et les organisations israélites (les consistoires régionaux seront ramenés à sept à la chute de l'Empire en 1815). Ces consistoires sont supervisés par un Consistoire central de France, qui réunit trois grands rabbins et deux laïcs. Il est assimilable au Grand Sanhédrin traditionnel.

C'est la première tentative en France d'organiser et contrôler le culte israélite. Elle a été inspirée à l'empereur par le souci de prévenir les pogroms et les conflits religieux, notamment en Alsace où les juifs étaient relativement nombreux et suscitaient l'ire de la population locale, notamment par leur refus de s'intégrer (la France de 1789 en compte environ 40.000 sur 26 millions d'habitants, soit environ cinq fois moins qu'aujourd'hui en proportion de la population globale).

Le décret est publié au terme d'un à deux ans de délibérations entre les représentants des communautés israélites. Ceux-ci acceptent en définitive de renoncer à la loi mosaique («loi de Moïse»). Ils rejettent la polygamie et la répudiation, admettent le divorce et les mariages mixtes ; ils se reconnaissent pleinement français, respectueux du Code Civil (ou Code Napoléon) et disposés à défendre le territoire national.

Les Espagnols contre Napoléon

Le 2 mai 1808, les Madrilènes se soulèvent contre les troupes françaises d'occupation de Murat. C'est le début d'une impitoyable guerre d'usure dont témoignent les magnifiques chef-d'oeuvre de Goya. Selon la propre expression de Napoléon 1er, la guerre d'Espagne aura été pour lui comme un « ulcère » jamais guéri...

Reddition de Bailén

Le 19 juillet 1808, à Bailén (ou Baylen), en Andalousie, à l'entrée des défilés de la Sierra Morena, 18.000 soldats français aux ordres du général Pierre Antoine Dupont de l'Étang, sont assaillis par près de 30.000 Espagnols aux ordres du général Francisco Javier Castaños.

Isolé et sans possibilité d'être secouru, le général Dupont, ancien héros de Friedland, se résigne à la reddition.

La capitulation est signée trois jours plus tard, le 22 juillet 1808, contre la promesse d'un rapatriement des troupes. Au lieu de cela, la junte de Séville, qui a pris en main le soulèvement du peuple espagnol contre l'occupant, fait interner les Français dans une île-pénitencier, dans des conditions épouvantables !

L'Europe est subjuguée ; elle découvre que quelques poignées de paysans déterminés peuvent mettre en échec les armées napoléoniennes, invaincues jusque là. C'est la première défaite de l'Empire français et la première application de la guérilla, une tactique appelée à une grande diffusion au XXe siècle (le mot lui-même date de la guerre contre Napoléon).

Napoléon et Alexandre au congrès d'Erfurt

Du 27 septembre au 14 octobre 1808 se réunit un prestigieux congrès à Erfurt, en Thuringe, à l'initiative de Napoléon 1er. Presque tous les souverains allemands y sont présents, ainsi que le tsar de Russie Alexandre 1er. Le roi de Prusse et l'empereur d'Autriche brillent par leur absence. Les fêtes s'enchaînent. Talma et la Comédie-Française jouent devant un «parterre de rois»...

Napoléon victorieux à Eckmühl

Le 22 avril 1809, à Eckmühl, Napoléon 1er et Davout empêchent les Autrichiens de l'archiduc Charles d'entrer en Bavière. Mais l'Empereur est ensuite blessé au pied lors du siège de Ratisbonne. Enfin, le 13 mai, il peut pénétrer à Vienne mais c'est pour s'apercevoir que l'empereur François II et son frère Charles ont abandonné la ville et traversé le Danube en coupant les ponts derrière eux. Il les vaincra enfin à Wagram...

L'archiduc Charles frôle la victoire à Essling

Le 22 mai 1809, aux abords d'Essling et Aspern, au bord du Danube, une partie de la Grande Armée, sous les ordres de Masséna, est écrasée par les Autrichiens. Le maréchal Lannes est blessé à mort. Napoléon 1er et le reste de la Grande Armée, momentanément bloqués au milieu du fleuve, sur l'île de Lobau, prendront leur revanche à Wagram, sept semaines plus tard.

Napoléon victorieux de justesse à Wagram

Le 6 juillet 1809, à Wagram, sur un plateau qui domine le Danube et la plaine du Marchfeld, Napoléon 1er vainc l'archiduc Charles, frère de l'empereur d'Autriche.

La veille, MacDonald, Davout et Bernadotte ont bousculé les Autrichiens sans pouvoir les vaincre. Les artilleurs d'Oudinot emportent la décision en les écrasant sous un orage de boulets avant que MadDonald et ses fantassins ne montent à la charge...

Paix de Schönbrunn

Le 14 octobre 1809, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche François 1er signent la paix de Vienne ou « paix de Schönbrunn » qui met fin à la cinquième coalition européenne. Il fait suite à la bataille de Wagram. Le traité se solde par la cession de Salzbourg, de Berchtesgaden et du district de l'Inn à la Bavière alliée de la France ; de Cracovie et de Lubin au grand-duché de Varsovie, réminiscence de l'ancienne Pologne ; de Parnopol à la Russie ; de Trieste et de la côte dalmate à la France. L'Autriche doit également verser une indemnité de 85 millions de francs et s'engage à limiter ses forces armées à 150.000 hommes.

Divorce de Napoléon et Joséphine

Le 15 décembre 1809, Napoléon 1er divorce de Joséphine de Beauharnais pour raison d'État, son épouse ne pouvant lui donner un héritier. Sans attendre, l'Empereur se met en quête d'une princesse jeune et surtout féconde. Ce sera Marie-Louise d'Autriche (18 ans), qu'il épousera quatre mois plus tard.

Le divorce de Joséphine et Napoléon (Henri-Frédéric Schopin, XIXe siècle, musée de la Malmaison)

Prise de Séville

Le 1er février 1810, une armée française sous les ordres de Soult entre à Séville. Elle tente de s'emparer de la junte qui refuse de se soumettre à Joseph Bonaparte, roi d'Espagne par la volonté de son frère, Napoléon 1er. Mais la junte, qui réclame le retour des Bourbons prisonniers en France, parvient à s'enfuir à Cadix, ultime foyer de la résistance espagnole.

Marie-Louise et Napoléon unis devant Dieu

Le lundi 2 avril 1810, l'empereur Napoléon 1er (40 ans) épouse l'archiduchesse d'Autriche Marie-Louise (18 ans). Elle n'est autre que la fille de l'empereur d'Autriche François 1er et la petite-nièce de la reine Marie-Antoinette, guillotinée par les révolutionnaires français...

Révolution de Mai en Argentine

Le 25 mai 1810, les bourgeois de Buenos Aires chassent le vice-roi d'Espagne Baltasar Hidalgo de Cisneros, qui a le tort de représenter Joseph Bonaparte, le roi imposé par Napoléon 1er. Ils lui substituent une « junte » destinée à gouverner la colonie... C'est la « Revolución de Mayo ». La même année, dans toute l'Amérique hispanique, se multiplient les révoltes contre la métropole.

Le cri de Dolores

Le 16 septembre 1810, dans le village de Dolores, au Mexique, alors sous colonisation espagnole, le curé Miguel Hidalgo rassemble ses ouailles et les invite à se rebeller contre les représentants de Madrid.

Il conclut sa harangue par ce cri : « ¡Viva la Virgen de Guadalupe! ¡Viva Fernando VII! ¡Abajo el mal gobierno ! » (Vive la Vierge de Guadeloupe, vive Fernand VII, à bas le mauvais gouvernement !). Sa tentative tournera court et il sera arrêté et pendu par les autorités l'année suivante. C'est seulement en 1821 que deviendra indépendant le Mexique, anciennement appelé Nouvelle-Espagne.

Depuis lors, le 16 septembre, anniversaire du « grito de Dolores » (le cri de Dolores) est célébré comme le jour de l'Indépendance.

Les créoles prennent le pouvoir au Chili

À Santiago-du-Chili, le 18 septembre 1810, prenant acte de ce que le roi d'Espagne légitime, Ferdinand VII, a été déposé par Napoléon 1er et remplacé par Joseph Bonaparte, un groupe de créoles prennent le pouvoir et tentent d'instaurer l'indépendance.

Le gouverneur Bernardo O'Higgins, fils naturel d'un Irlandais, est porté à la tête de la colonie. Mais les Espagnols, sitôt débarrassés de Napoléon, reviennent en force en profitant des rivalités au sein de la Junte civile. Ils défont les troupes de la Junte à Rancagua les 1er et 2 octobre 1814.

Fête nationale

Le drapeau du ChiliL'anniversaire de ce jour est devenu la fête nationale du Chili sous le nom de : «fête de la Patrie et jour des gloires de l'armée». Mais le pays n'accèdera pleinement à l'indépendance que huit ans plus tard, à l'initiative de Bernardo O'Higgins, « directeur suprême » du Chili.

Naissance de l'Aiglon

Le 20 mars 1811 naît François Charles Joseph Bonaparte. Son père n'est autre que l'empereur Napoléon 1er et sa mère Marie-Louise d'Autriche...

Bris de machines au nom du « luddisme »

Le 26 mars 1811, à Nottingham (Angleterre), des ouvriers de la bonneterie brisent les machines accusées de leur voler travail et salaire. Leur mouvement est appelé « luddisme », du nom d'un ouvrier légendaire, John ou Ned Ludd, qui aurait détruit deux métiers à tisser vers 1780...

Le Venezuela se proclame indépendant

Le 5 juillet 1811, les guerres napoléoniennes et l'occupation de l'Espagne encouragent la bourgeoisie de Caracas, capitale du Venezuela, à revendiquer l'indépendance du pays, sous la conduite de Francisco de Miranda.

Le petit peuple, toutefois, se tient en retrait de ce mouvement, par attachement au roi Ferdinand VII et surtout dans la crainte (justifiée) d'être davantage exploité par les futurs dominants qu'ils ne le sont par les fonctionnaires espagnols...

Une médaille en sucre pour Delessert

Le 2 janvier 1812, le banquier Benjamin Delessert accueille Napoléon 1er dans sa fabrique de Passy où il produit du sucre de betterave...

Les États-Unis en guerre contre les Anglais

Le 18 juin 1812, pour la première fois de son Histoire, le Congrès des États-Unis vote une déclaration de guerre. L'ennemi n'est autre que l'ancienne puissance coloniale, l'Angleterre.

Cette «Seconde Guerre d'indépendance», sous le président James Madison, est inspirée par les «War Hawks» («Faucons de guerre») désireux d'annexer le Haut- et le Bas-Canada. Elle se conclut par le traité de Gand qui confirme le statu quo. On en retient l'exploit du général Andrew Jackson qui reprend aux Anglais La Nouvelle-Orléans... après la conclusion de la paix !

Début de la campagne de Russie

Le 24 juin 1812 débute la campagne de Russie. La Grande Armée de l'empereur Napoléon 1er traverse le Niémen et envahit l'empire du tsar Alexandre 1er. Avec près de 700.000 hommes, dont une moitié seulement de Français, cette Grande Armée mérite d'être appelée aussi l'armée des Vingt nations. Sa puissance ne l'empêchera pas d'être vaincue par l'hiver russe et par la résistance opiniâtre des partisans russes et des soldats du vieux général Koutouzov...

Pétra sort de l'oubli

Le 22 août 1812 un jeune Suisse de 28 ans retient son souffle. À l'issue d'une longue marche au sud de la mer Morte, il vient d'apercevoir une immense façade sculptée dans le grès rose.

Johann Ludwig Burckhardt a découvert Pétra, l'antique capitale des Nabatéens...

La bataille de Borodino ou de la Moskova

Le 7 septembre 1812, sur les bords de la Moskova, près du village de Borodino, à 150 kilomètres de Moscou, la Grande Armée de Napoléon 1er trouve en face d'elle l'armée russe au grand complet.

Il va en résulter une meurtrière et indécise bataille, dont chaque belligérant revendiquera la victoire. Baptisée Borodino par les Russes, elle est plus connue sous le nom de Moskova par les Français, ce nom rappelant la proximité de Moscou, l'ancienne capitale russe...

L'incendie de Moscou

Le 15 septembre 1812, un incendie détruit Moscou. La Grande Armée de Napoléon 1er était entrée la veille en vainqueur dans l'ancienne capitale de toutes les Russies, désertée par le tsar et sa cour...

Décret « de Moscou »

Napoléon 1er réorganise la Comédie-Française par un décret supposé signé à Moscou, le 12 octobre 1812.

En bon communiquant, l'Empereur a voulu ainsi signifier qu'il pouvait garder la tête froide dans une ville en feu à des milliers de kilomètres des Tuileries. Mais l'historien Jean Tulard a montré que le décret a été en fait rédigé à Paris au retour de Russie et sciemment antidaté !

Toujours est-il que la Comédie-Française s'en trouve profondément transformée.

La troupe a été créée en 1680 par une ordonnance du roi Louis XIV prescrivant la fusion des Anciens Compagnons de Molière et des Grands comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, deux troupes rivales de l'époque. Par cette ordonnance, la Comédie-Française obtient le monopole du répertoire français, concurrent du théâtre italien alors en vogue.

Napoléon 1er la transforme en une association de comédiens d'une trentaine de sociétaires cooptés, avec mission de sauvegarder l'héritage dramatique français et de l'enrichir avec de nouveaux chefs-d'oeuvre. La célèbre troupe a aujourd'hui plus de 2600 pièces à son répertoire et en joue chaque année une soixantaine.

Conspiration de Malet

Le 22 octobre 1812, profitant de ce que Napoléon 1er est embourbé avec son armée dans les plaines russes, le général de Malet tente de renverser le gouvernement impérial...

Le passage de la Bérézina

Le 26 novembre 1812, la Grande Armée de Napoléon 1er arrive au bord de la Bérézina. Survient l'épisode le plus dramatique de la retraite de Russie.

Tandis que les Cosaques harcèlent les troupes démunies de tout, les pontonniers du général Eblé aménagent un passage sur la rivière gelée. La plupart y laissent leur vie. Pendant 3 jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée en Russie cinq mois plus tôt, va franchir les ponts improvisés...

Frédéric-Guillaume III crée la Croix de fer

Le 10 mars 1813, en pleine guerre contre l'Empire napoléonien, le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III crée l'ordre de la Croix de fer (Eiserne Kreuz), avec une médaille en forme de croix de Malte.

Cette décoration honorifique est calquée sur la Légion d'Honneur mais va demeurer strictement militaire. De prussienne, elle va devenir allemande en 1939, sur une décision de Hitler. Elle est depuis 1956 la décoration de référence de la Bundeswehr, l'armée de l'Allemagne démocratique.

Wellington franchit les Pyrénées

Le 8 octobre 1813, le général anglais Wellington traverse les Pyrénées avec son armée et envahit la France de Napoléon 1er. Il a chassé les Français du Portugal et les a battus à Vitoria, dans le pays basque. Il les oblige enfin à quitter l'Espagne et s'apprête à battre le maréchal Soult aux portes de Toulouse. Mais c'est dix-huit mois plus tard, à Waterloo, que Wellington connaîtra son plus grand succès en battant la dernière armée de Napoléon 1er.

La « bataille des Nations »

Le 16 octobre 1813 commence la « bataille des Nations », près de Leipzig, au coeur de l'Allemagne...

Morelos y Pavon tente de libérer le Mexique

Le 6 novembre 1813, le prêtre Morelos y Pavon prend la tête d'une insurrection et proclame l'indépendance du Mexique. Mais sa tentative échoue comme celle du curé de Dolores, trois ans plus tôt, et c'est seulement le 24 février 1821 que le pays s'émancipera pour de bon de la tutelle de Madrid.

Traité de Valençay

Le 11 décembre 1813, le roi d'Espagne Ferdinand VII, interné au château de Valençay par la volonté de Napoléon 1er, se voit proposer par l'ambassadeur de ce dernier la restitution de son royaume.

Ferdinand, que son peuple surnomme «Le Désiré», signe le traité de Valençay et peut rentrer à Madrid après 5 ans d'exil, heureux bénéficiaire de la résistance populaire à l'occupant.

bataille de Brienne-le-château

Après la retraite de Russie et la bataille de Leipzig, Napoléon 1er doit faire face à l'invasion de la France par les armées de la sixième coalition. Retrouvant la virtuosité de ses jeunes années, l'Empereur, avec des forces bien moins nombreuses, vole de l'une à l'autre.

Gourgaud et Napoléon à Brienne-le-Château, le 29 janvier 1814, sous la menace d'un Cosaque (Robert-Alexander Hilingford, 1891)Il arrête l'armée de Silésie, commandée par le général prussien Blücher, à Brienne-le-château, en Champagne, le 29 janvier 1814, près de l'école militaire où il a suivi ses études ! Il lui livre encore bataille à Montmirail le 11 février et à Château-Thierry le 12. Il bat ensuite l'armée de Bohême, avec l'Autrichien Schwarzenberg, à Montereau le 18 février ! La campagne de France semble bien engagée...

Le Sénat appelle au trône Louis XVIII

Le 6 avril 1814, le jour même où, à Fontainebleau, Napoléon 1er se résigne à abdiquer sans conditions, le Sénat, réuni à Paris, appelle au trône le frère du roi guillotiné, le comte de Provence devenu Louis XVIII (59 ans).
C'est le « retour des lys » ! Louis XVIII, qui se fait appeler le Désiré(!), quitte sans attendre sa retraite anglaise de Hartwell et débarque à Calais. En route vers Paris, il publie le 2 mai à Saint-Ouen une déclaration dans laquelle il promet un gouvernement représentatif et le respect des acquis de la Révolution. Soulagement chez les Français de tous bords, désireux de retrouver enfin la paix.

Napoléon fait ses adieux à la Garde

Devant l'escalier d'honneur du château de Fontainebleau, le 20 avril 1814, L'ex-empereur Napoléon 1er fait solennellement ses adieux à un détachement de la Garde et baise son drapeau ! Deux semaines plus tôt, l'empereur s'est résigné à abdiquer sans conditions sous la pression de ses maréchaux cependant que les sénateurs avaient proclamé sa déchéance. Les Alliés, qui l'ont vaincu, lui ont concédé le 11 avril la souveraineté sur l'île d'Elbe, un îlot italien à la latitude de la Corse!

Louis XVIII entre à Paris

Le 3 mai 1814, tandis que Napoléon 1er arrive à l'île d'Elbe, le comte de Provence fait son entrée à Paris.

Acclamé par une population avide de paix, le frère de Louis restaure l'ancienne monarchie. Il avait pris le titre de Louis XVIII après la mort du malheureux Louis XVII à la prison du Temple mais il avait dû patienter en exil, dans l'humiliation et la gêne avant d'accéder au trône. Le 7 septembre 1800, le Premier Consul Bonaparte l'avait mis en garde : « Vous ne devez pas souhaiter votre retour en France. Il vous faudrait marcher sur cinq cent mille cadavres ».

La Norvège proclame son indépendance

Le 17 mai 1814, à Eidsvoll, en Norvège, une Assemblée de notables vote une Constitution, proclame l'indépendance du pays, précédemment uni au Danemark, et donne la couronne à l'ancien vice-roi danois, le prince Christian-Frédéric.

Les Norvégiens ont fait de ce jour leur fête nationale.

Premier traité de Paris entre les Alliés et la France

Le 30 mai 1814, deux mois après leur entrée en vainqueurs dans la capitale française, les Alliés signent un traité de paix avec le gouvernement du roi Louis XVIII, lequel a remplacé Napoléon 1er à la tête de l'État.

Le traité est relativement modéré, les Alliés ayant toujours proclamé qu'ils combattaient Napoléon l'usurpateur et non le peuple français !..

Napoléon quitte l'île d'Elbe

Le 26 février 1815, Napoléon 1er quitte l'île d'Elbe en catimini avec quelques compagnons d'infortune. Dédaignant la souveraineté de l'île, à lui concédée par ses vainqueurs, il projette rien moins que de restaurer l'Empire français. Son entreprise réussira à la barbe des gouvernants européens, réunis en Congrès en Vienne pour remodeler l'Europe. Il ne faudra que Cent jours avant que Napoléon 1er rende définitivement les armes. Les royalistes et les réactionnaires de tout poil prendront alors leur revanche.

Napoléon débarque à Golfe-Juan, début des Cent-Jours

Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe-Juan avec 900 grenadiers, en provenance de l'île d'Elbe...

La fuite piteuse de Louis XVIII

Le 19 mars 1815, le roi Louis XVIII quitte piteusement Paris pour l'exil, laissant le champ libre à l'ex-Empereur Napoléon 1er, de retour de l'île d'Elbe...

Éruption du volcan Tambora

Le 10 avril 1815, en Indonésie, le volcan Tambora entre en éruption.

Outre la destruction des villages alentours, qui occasionna sans doute plus de victimes qu'aucune autre éruption volcanique depuis deux mille ans, y compris celle du Vésuve, le phénomène se solda par l'émission dans l'atmosphère d'une quantité inhabituelle de cendres.

Pendant plus d'une année, ces cendres, en tournant autour de la planète, on refroidi le climat de celle-ci. En Europe, l'été 1816 fut particulièrement froid et pluvieux, avec des chutes de neige dans les hauteurs... et des conséquences inattendues pour la littérature !

L'éruption eut sans doute aussi des conséquences pour l'art pictural, du fait que, dit-on, le peintre William Turner (1775-1851), précurseur de l'impressionnisme, puisa son inspiration dans la contemplation des ciels rougeoyants induits par les nuages de poussière du Tambora...

L'Acte final du Congrès de Vienne

Le 9 juin 1815 est signé l'Acte final du Congrès de Vienne. Cet épais document de 300 pages en français (la langue universelle de l'époque) redéfinit les contours de l'Europe après la chute de Napoléon 1er et la défaite des armées françaises.

Il élabore un retour à l'ordre monarchique et aux valeurs de la religion, sans oublier parmi d'autres considérations l'interdiction de la traite des Noirs...

Crépuscule à Waterloo

L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à Waterloo, à quelques kilomètres au sud de Bruxelles...

Signature de la Sainte-Alliance

Le 26 septembre 1815, signature à Paris de la Sainte-Alliance...

Traité de Paris et fin de l'Empire

Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo...

Naissance du docteur Frankenstein

Dans la nuit du 16 juin 1816, les poètes Lord Byron et Percy Shelley devisent avec leurs compagnes respectives, Claire et Mary, ainsi qu'un ami, le docteur John Polidori, dans une grande villa des bords du lac Léman, en Suisse. Pour tromper l'ennui, Mary (19 ans) imagine l'histoire du docteur Frankenstein, qui tenta de créer la vie à l'égal de Dieu...

Échouage de la Méduse

Le 2 juillet 1816, la frégate La Méduse s'échoue sur un banc de sable au large de l'actuelle Mauritanie, avec 395 marins et soldats à son bord.

Ce fait divers tragique va bouleverser la France et engendrer un chef-d'oeuvre de l'art romantique...

Indépendance de l'Argentine

Le 9 juillet 1816, la bourgeoisie créole de Buenos Aires proclame officiellement l'indépendance de l'ancienne vice-royauté espagnole du Rio de la Plata sous le nom de « Provinces-Unies de la Plata ».

O'Higgins proclame l'indépendance du Chili

Le 12 février 1818, Bernardo O'Higgins renouvelle solennellement la proclamation d'indépendance du Chili de 1810...

Massacre de « Peterloo »

Le 16 août 1819, survient à Manchester le massacre dit de « Peterloo », une étape douloureuse de la marche de l'Angleterre vers la démocratie.

Alors qu'une crise économique frappe les ouvriers anglais et que ceux-ci se plaignent de n'être pas représentés au Parlement, le gouvernement suspend certaines libertés civiles garanties par l'Habeas corpus. Excédée, l'opposition organise une réunion à Manchester, à St-Peter's Fields. Pas moins de 50.000 personnes s'y retrouvent pour écouter Henry Hunt « l'Orateur ». Mais la réunion ayant été au dernier moment interdite par les autorités locales, celles-ci font intervenir la milice à cheval et un régiment de hussards. On relève onze morts et des centaines de blessés !

Le gouvernement promulgue à la suite de ce massacre des lois qui restreignent encore plus le droit de manifestation.

Assassinat du duc de Berry

Le soir du 13 février 1820, sur les marches de l'Opéra de Paris, un ouvrier cordonnier dénommé Louvel assassine le duc de Berry, ultime héritier du trône...

Compromis du Missouri sur l'esclavage

Le 2 mars 1820, par le compromis du Missouri, les Américains conviennent que l'esclavage sera désormais autorisé dans tous les nouveaux États qui seront créés en-dessous d'une certaine latitude. Ce compromis ne sera que provisoire et ne permettra pas aux États-Unis d'échapper à une affreuse guerre civile...

Ampère découvre l'électromagnétisme

Le 18 septembre 1820, le physicien lyonnais André-Marie Ampère publie une première explication concernant l'électromagnétisme, un phénomène observé quelques mois plus tôt par le physicien danois Oersted.

Insurrection en Grèce

Le 25 mars 1821, Germanos, archevêque de Patras, donne aux Grecs le signal de l'insurrection contre la tutelle ottomane. Quelques mois plus tard, le congrès d'Épidaure proclame l'indépendance de la Grèce.

En moins de dix ans mais au prix de grandes souffrances comme les massacres de Scio (ou Chio), et avec le concours des Occidentaux, parmi lesquels Lord Byron, les Grecs vont gagner leur indépendance et se libérer des Turcs...

Mort de Napoléon 1er à Sainte-Hélène

Le 5 mai 1821, Napoléon 1er s'éteint à Sainte-Hélène...

Bolívar à Carabobo

Le 24 juin 1821, Simón Bolívar vainc les Espagnols à Carabobo et les chasse du Venezuela.

La Grèce se proclame indépendante

Faisant suite à l'appel à la rébellion de l'archevêque de Patras, en mars 1821, des Grecs se réunissent en congrès à Épidaure, dans le Péloponnèse. Après deux semaines de délibérations, le 12 janvier 1822, ils proclament unilatéralement leur indépendance et appellent les nations chrétiennes à leur secours.

C'est le début d'une longue guerre d'indépendance contre les Turcs. Elle durera jusqu'en 1829 et sera marquée par de mémorables atrocités (massacres de Chio).

Iturbide empereur du Mexique

Le 18 mai 1822, le général Augustin de Iturbide se fait couronner empereur du Mexique sous le nom d'Augustin 1er.

Profitant de la révolution libérale qui a éclaté en Espagne en 1820, l'ambitieux général a réussi à arracher l'indépendance de la Nouvelle-Espagne, désormais connue sous le nom de Mexique. Fugace empereur du Mexique, il est détrôné au bout de quelques mois...

Le Brésil se libère en douceur

Le fils cadet du roi du Portugal proclame l'indépendance du Brésil le 7 septembre 1822, à Sao Paulo. Lui-même se fait nommer empereur constitutionnel du nouvel État sous le nom de Pedro 1er. Ce jour est fête nationale au Brésil...

Les Quatre Sergents de La Rochelle

Le 21 septembre 1822, sous le règne du vieux Louis XVIII, l'exécution des Quatre Sergents de La Rochelle, coupables d'avoir comploté contre le régime de la Restauration, émeut les foules et l'opinion romantique...

Champollion déchiffre les hiéroglyphes

Le 27 septembre 1822, Jean-François Champollion, qui a fait à l'archéologie le sacrifice de sa santé et de sa jeunesse, perce le secret des hiéroglyphes.

Grâce aux inscriptions trilingues de la pierre de Rosette, il devance son rival anglais Thomas Young...

Le Brésil se donne un empereur

Le 12 octobre 1822, dom Pedro, fils du roi du Portugal, est proclamé empereur du Brésil à Sao Paulo, un mois après l'indépendance du pays.

La prise du Trocadéro

Le 31 août 1823, un corps expéditionnaire français s'empare du fort du Trocadéro, qui commande l'entrée du port de Cadix, en Andalousie, en vue de mettre fin à une expérience libérale.

L'opération est menée à l'initiative du vicomte François de Chateaubriand, qui a délaissé le métier d'écrivain pour devenir ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII...

La doctrine de Monroe

Le 2 décembre 1823, James Monroe, 5e premier Président des États-Unis, énonce devant le Congrès la doctrine qui portera son nom et fixera pour un siècle et demi les fondements de la diplomatie américaine...

Mort du « Roi-fauteuil »

Perclus de goutte, obèse et incapable de marcher, le vieux roi Louis XVIII, qui se surnomme lui-même le « Roi-fauteuil », meurt d'une gangrène infectieuse à près de 69 ans, le 16 septembre 1824, sans avoir réussi à réconcilier la Révolution et l'Ancien Régime.

L'intronisation de son frère, le comte d'Artois (61 ans), sous le nom de Charles X, et son sacre anachronique à Reims, semblent assurer le complet triomphe des ultraroyalistes, désireux de restaurer l'Ancien Régime et d'effacer 1789. Le comte d'Artois lui-même avait pris le chemin de l'exil dès le lendemain de la prise de la Bastille.

Les Espagnols défaits par Sucre à Ayacucho

Le 9 décembre 1824, le jeune général Antonio Sucre (29 ans), fidèle lieutenant du « Libertador » Simón Bolívar, est piégé par les troupes espagnoles dans la vallée d'Ayacucho, sur l'Altiplano andin. Il ne dispose que de 4 canons contre 24 à l'ennemi.

N'ayant rien à perdre, Sucre et ses cavaliers se jettent à l'attaque avec l'énergie du désespoir et finalement l'emportent ! Le vice-roi du Pérou, ses généraux, pas moins de 600 officiers et 2000 soldats se rendent avec tout leur armement.

Suite à cette victoire, qui lui livre le Pérou (à l'exception du haut-Pérou, l'actuelle Bolivie), Bolívar réunit un congrès panaméricain à Panama dans l'espoir de fédérer l'Amérique hispanique du Mexique au río de la Plata...

La loi du Sacrilège

Le 20 avril 1825, le roi Charles X fait voter une loi sur le Sacrilège en croyant de la sorte « re-christianiser la France ». Le texte condamne à mort, avec amende honorable (obligation de se repentir en public avant l'exécution) toute personne qui aurait en public profané des hosties ou les vases les contenant ! C'est du jamais vu. Cette loi, qui assimile le sacrilège à un parricide, est promulguée malgré les critiques, y compris chez les « ultra-royalistes » (Chateaubriand, Molé, Broglie...). Mais elle ne sera jamais appliquée et le successeur de Charles X l'abrogera sans attendre, le 11 octobre 1830.

Soulignons que le sacrilège (profanation d'objets sacrés) pas plus que le blasphème (insultes adressées à Dieu et à ses saints) n'ont jamais été formellement réprimées par l'Église et la monarchie au Moyen Âge.

C'est seulement à partir du XVIe siècle, avec l'émergence des États nationaux, que les gouvernants ont vu l'intérêt d'instrumentaliser ces délits d'ordre religieux à des fins personnelles ou politiques...

Sacre de Charles X

Le 29 mai 1825, le roi de France Charles X se fait sacrer à Reims en grande pompe, tentant de ressusciter un rite que les vicissitudes de la Révolution avaient rendu obsolète et que son frère Louis XVIII avait judicieusement évité. L'apparat anachronique de la cérémonie retourne l'opinion contre le roi.

Avec le dernier frère du malheureux Louis XVI, les « ultra-royalistes » prennent officiellement le pouvoir et tentent d'enrayer la marche vers une monarchie parlementaire. Leurs outrances seront fatales à la dynastie des Bourbons.

La France impose une indemnité à Haïti

Le 11 juillet 1825, sous la menace d'une escadre de 14 vaisseaux et 500 canons, le président haïtien Jean-Pierre Boyer se résigne à signer un traité avec le roi de France Charles X. Celui-ci reconnaît l'indépendance de leur ancienne colonie en échange d'une indemnité de 150 millions de francs-or qui sera plus tard ramenée à 90 millions. Cette indemnité est officiellement destinée à indemniser les planteurs dépossédés de leurs terres. Les Haïtiens vont l'acquitter par échéances jusqu'en 1888 !

Prenant prétexte de cette indemnité dans laquelle ils voient une forme de protectorat de la France sur Haïti, les États-Unis et les jeunes États latino-américains refusent de reconnaître la république noire (ils ne s'y résoudront qu'en 1862, sous la présidence d'Abraham Lincoln).

Beaucoup plus tard, le président Aristide va tenter d'expliquer le retard de Haïti par le poids de cette indemnité. Une assertion très exagérée selon l'historien Frédéric Régent. Il n'est que de se rappeler que la France a payé en 1815 sept cents millions de francs-or aux Alliés qui ont abattu l'empire napoléonien.

Soulèvement des Décembristes

Le 14 décembre 1825, un groupe de jeunes officiers et aristocrates russes tente de soulever la garnison de Saint-Pétersbourg en profitant de la confusion créée par la mort du précédent souverain, Alexandre 1er. Qualifiés de Décembristes (ou Décabristes), ils échouent dans leur tentative (une de plus) d'introduire en Russie un gouvernement moderniste.

Le nouveau tsar, Nicolas 1er, ordonne la pendaison de cinq meneurs et coupe court à toute velléité de réforme. Son successeur Alexandre II se hasardera avec courage (et un succès mitigé) à faire bouger enfin le pays.

Le sultan massacre ses janissaires

Le 16 juin 1826, le sultan ottoman Mahmoud II choisit d'en finir avec le puissant corps des janissaires qui conteste son autorité ! À Constantinople, ses troupes ordinaires aidées de la population attaquent au canon les casernes des janissaires. En une après-midi, pas moins de 7.000 hommes sont tués ! Le massacre se poursuit dans le reste de l'empire, avec au final 120.000 tués sur un effectif total d'environ 140.000 janissaires.

Premiers omnibus à Nantes

Le 10 août 1826, Stéphane Baudry fonde à Nantes la première compagnie d'omnibus du monde...

Le coup d'éventail du dey d'Alger

Le 30 avril 1827, à Alger, le dey Hussein soufflette de son éventail le consul de France, un affairiste du nom de Deval qui avait refusé avec insolence de s'engager sur le remboursement d'un prêt. C'est le prétexte à une tension entre les deux pays qui débouche trois ans plus tard sur la conquête de l'Algérie.

La bataille de Navarin

Le 20 octobre 1827, dans la rade du port grec de Navarin, la flotte turco-égyptienne est attaquée sans préavis et détruite par une escadre anglo-franco-russe sous le commandement de l'amiral de Rigny...

René Caillié entre à Tombouctou

Le 20 avril 1828, l'explorateur René Caillé (29 ans) entre à Tombouctou, une ville sainte des bords du Niger...

Émancipation des catholiques anglais

Le 24 mars 1829, le parlement britannique vote l'acte d'émancipation des catholiques en abolissant le « Test Act » de 1672. Il met fin à une discrimination remontant au XVIIe siècle...

Paix d'Andrinople

Le 14 septembre 1829 est signée la paix d'Andrinople.

Après la défaite navale de Navarin, le sultan Mahmoud II se résout à reconnaître une très large autonomie à la Grèce. Son indépendance pleine et entière sera reconnue un peu plus tard à Londres. La Moldavie, la Valachie et la Serbie, autres principautés chrétiennes des Balkans sous domination turque, deviennent autonomes.

Indépendance de la Grèce

Le 3 février 1830, le sultan ottoman reconnaît officiellement l'indépendance de la Grèce...

La « bataille d'Hernani »

Le 25 février 1830 se déroule à la Comédie française, à Paris la plus fameuse bataille qu'aient jamais livrée des hommes de plume et des artistes ! Elle reste connue sous le nom de « bataille d'Hernani », du nom d'une pièce de Victor Hugo que l'on jouait ce soir-là pour la première fois...

Naissance de l'Église des Mormons

Le 6 avril 1830, Joseph Smith (25 ans) fonde une Église du Christ, avant de partir avec ses premiers disciples en direction du Far West.

La nouvelle religion va prendre plus tard le nom d'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (Church of Jesus Christ of latter-day saints) et connaître un surprenant succès...

Les Français débarquent en Algérie

Le 14 juin 1830, les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 km d'Alger...

Prise d'Alger

Le 5 juillet 1830, le maréchal Bourmont s'empare d'Alger avec un corps expéditionnaire de 35.000 hommes. L'expédition était prévue pour ne pas durer...

Louis-Philippe d'Orléans régent

Le 30 juillet 1830, suite à la Révolution des Trois Glorieuses qui a chassé du trône son cousin Charles X, le duc Louis-Philippe d'Orléans devient lieutenant général du royaume, c'est-à-dire régent. Il lui revient de gouverner le pays pendant la minorité de l'héritier légitime, le petit comte de Chambord, petit-fils de Charles X.

Mais le régent, cédant à la pression des bourgeois libéraux, choisit très vite de garder la couronne pour lui-même. Il monte sur le trône sous le nom de Louis-Philippe 1er. Ce faisant sans s'en rendre compte, il ruine le principe de légitimité qui fondait la monarchie. Il sera le dernier roi de l'Histoire de France.

Les Chambres déclarent Louis-Philippe 1er « roi des Français »

Le 7 août 1830, tandis que s'apaise dans les rues de Paris la Révolution des « Trois Glorieuses », la Chambre des pairs et la Chambre des députés se réunissent malgré l'ordonnance de dissolution dont les a gratifiées le roi Charles X.

Les parlementaires, habilement manoeuvrés par Talleyrand, Thiers et le banquier Laffitte, écartent la perspective d'une République. Ils écartent de même le remplacement du roi par son petit-fils le duc de Bordeaux (10 ans) sous la régence du duc Philippe d'Orléans. Ce dernier se laisse convaincre d'accepter la couronne. C'est ainsi que les parlementaires, constatant la vacance du trône, décernent au duc d'Orléans le titre de « roi des Français » sous le nom de Louis-Philippe 1er.

Deux jours plus tard, en guise de sacre, le roi prête serment sur la Charte constitutionnelle au Palais-Bourbon. De cette trahison familiale va résulter une solide inimitié entre les royalistes « légitimistes », partisans du duc de Bordeaux, et les « orléanistes ».

Le crime mystérieux de Saint-Leu

Le 27 août 1830, au château de Saint-Leu, un valet découvre Monseigneur le duc de Bourbon-Condé pendu à l'espagnolette de la fenêtre de sa chambre...

La Belgique se libère sur un air d'opéra

Le 4 octobre 1830 est proclamée l'indépendance de la Belgique...

L'insurrection se déclenche au théâtre royal de Bruxelles, ou théâtre de la Monnaie, qui donne une représentation de La Muette de Portici, un opéra d'Auber. Le public s'enflamme quand le ténor Lafeuillade entonne le refrain : «Amour sacré de la patrie, rends-nous l'audace et la fierté»...

Insurrection en Pologne

Le 29 novembre 1830, le peuple de Pologne se soulève contre l'occupant russe.

La répression par les Cosaques du tsar Nicolas 1er est féroce. Interpellé à la Chambre des députés, le ministre français de la Guerre Bastien Sébastiani a un mot malheureux à ce propos : «L'ordre règne à Varsovie»...

La Serbie devient autonome

L'empire ottoman reconnaît l'autonomie de la principauté de Serbie le 12 décembre 1830. Presque au même moment, la Grèce acquiert son indépendance...

Neutralité de la Belgique

Le 20 janvier 1831, au cours de la conférence qui s'est réunie à Londres le 4 novembre 1830 en vue de reconnaître l'indépendance de la Belgique, les grandes puissances (Angleterre, Autriche, Prusse, France, Russie) proclament solennellement la neutralité du nouvel État.

La Diète proclame l'indépendance de la Pologne

Le 25 janvier 1831, la Diète polonaise proclame l'indépendance du pays et la déchéance du tsar Nicolas 1er. Quelques mois plus tôt, les habitants de Varsovie s'étaient insurgés à l'annonce que le tsar s'apprêtait à envoyer des troupes polonaises réprimer l'insurrection des Parisiens contre le roi Charles X. Le tsar va très durement réprimer la révolte polonaise et anéantir pour plusieurs décennies le mouvement patriotique. Celui-ci s'épanouit dans l'exil et trouve un chaleureux appui dans les cercles romantiques d'Occident.

Le duc de Nemours refuse la couronne belge

Le 3 février 1831, le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe 1er, est élu roi des Belges mais il refuse le titre pour éviter d'indisposer les Britanniques. C'est finalement Léopold, prince de Saxe-Cobourg-Gotha, futur gendre de Louis-Philippe 1er, qui deviendra le premier roi des Belges sous le nom de Léopold 1er.

Publication de Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris sort en librairie le 16 mars 1831...

Un roi pour la Belgique

La Belgique ayant arraché son indépendance au roi de Hollande en 1830, le prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha prête serment sur la Constitution le 21 juillet 1831, à Bruxelles, et devient le premier roi des Belges sous le nom de Léopold 1er. Sa descendance règne encore à Bruxelles en la personne du roi Albert II.

L'anniversaire de cet événement est devenu fête nationale.

Les Russes reviennent à Varsovie

Le 8 septembre 1831, l'armée du tsar russe reprend Varsovie aux insurgés polonais qui avaient proclamé leur indépendance. La répression est féroce.

Nat Turner est pendu en Virginie

Le 11 novembre 1831, à Southampton, en Virginie, Nat Turner est pendu après jugement pour avoir entraîné dans la révolte une centaine d'esclaves comme lui et assassiné en 24 heures une soixantaine de blancs. Ainsi finit la principale révolte d'esclaves qu'aient connue les États-Unis.

Révolte des canuts de Lyon

Le 22 novembre 1831 éclate sur la colline de la Croix-Rousse, au nord de Lyon, la révolte des canuts. Les insurgés prennent pour emblème le drapeau noir et la devise : «Vivre en travaillant ou mourir en combattant». Ils s'emparent de Lyon.

Le Président du Conseil de Louis-Philippe 1er, Casimir Perier, rétablit l'ordre sans effusion de sang...

Darwin embarque sur le Beagle

Le 27 décembre 1831, Charles Darwin embarque sur le Beagle. Au cours d'un voyage de cinq ans autour du monde, le jeune savant accumule des observations et des notes qui vont nourrir sa réflexion pendant toute sa vie et lui permettront de préciser ses vues sur la sélection naturelle des espèces.

Révélation de George Sand

Le 2 mai 1832, la critique littéraire salue la sortie à Paris d'un roman intitulé Indiana. Tiré à 750 exemplaires, il fait la critique de la vie bourgeoise. Son auteur est un inconnu du nom de George Sand...

Les Anglais en finissent avec les « bourgs pourris »

Le 7 juin 1832, le roi Guillaume IV approuve la réforme qui met fin à certaines aberrations du système électoral anglais et notamment aux « bourgs pourris ». C'est une avancée importante dans l'approfondissement de la démocratie anglais...

La Caroline du Sud se soumet

Le 24 novembre 1832, la Caroline du Sud rejette le tarif douanier défini par le gouvernement fédéral des États-Unis...

Union douanière allemande

Le 22 mars 1833, un traité d'union douanière amorce l'unification de l'Allemagne.

Frédéric Ozanam fonde la Conférence de Charité

FIssu d'une famille bourgeoise de la région lyonnaise, Frédéric Ozanam, 20 ans, étudiant en droit à la Sorbonne, fonde le 23 avril 1833, avec cinq amis, près de l'église Saint-Sulpice, à Paris, la première Conférence de Charité pour venir en aide aux pauvres, victimes collatérales de la révolution industrielle. C'est le début de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, association spirituelle à vocation caritative, qui regroupe aujourd'hui 700.000 hommes et femmes dans 141 pays.

Le jeune homme, devenu professeur d'histoire à la Sorbonne, va continuer de militer toute sa vie pour une Église sociale. Disciple de Lamennais et Lacordaire, il plaide pour une réconciliation entre l’Église et son époque.

En 1848, il adhère aux idées républicaines parce qu’il y voit la solution à la question sociale. «C’est dans le peuple, écrit-il dans un célèbre discours, que je vois assez de restes de foi et de moralité pour sauver une société dont les hautes classes sont perdues».

D'une santé fragile, Frédéric Ozanam meurt à 40 ans. Il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 22 août 1997.

Guizot instaure un enseignement primaire public

Le 28 juin 1833, au début du règne de Louis-Philippe 1er, le ministre François Guizot fait voter une loi instaurant en France un enseignement primaire public.

Chaque commune doit, dans les six ans qui suivent, devenir propriétaire d'un local d'école, loger et entretenir un ou plusieurs instituteurs et instruire tous les enfants en échange d'une rétribution mensuelle des familles. L'enseignement est gratuit pour les enfants des familles pauvres - un sur trois environ -.

Dans un pays où un adulte sur deux est encore analphabète, la loi Guizot va contribuer de manière décisive à répandre l'instruction. Elle sera complétée sous le règne de Napoléon III, dans les années 1860, par l'action législative du ministre Victor Duruy et sous la IIIe République, dans les années 1880 par celle de Jules Ferry.

L'Angleterre abolit l'esclavage

Le 26 juillet 1833, à Londres, la Chambre des Communes vote une loi d'émancipation qui abolit l'esclavage dans toutes les colonies britanniques en prévoyant de confortables indemnités pour les planteurs. Le Premier ministre whig (ou libéral) Charles Grey soutient l'initiative.

« Je rends grâce à Dieu d'avoir vécu un tel jour où l'Angleterre accepte de payer 20 millions de livres sterling pour l'abolition de l'esclavage », déclare William Wilberforce. Celui-ci avait réussi à faire interdire la traite en 1807 et, en 1823, participé avec Thomas Fowell Buxton à la fondation de la « Société anti-esclavagiste » (« Anti-Slavery Society »), à l'origine de la nouvelle loi.

Quinze ans plus tard, la France, à son tour, abolira l'esclavage dans ses colonies.

Mort de Ferdinand VII en Espagne

Le 29 septembre 1833 meurt Ferdinand VII, roi d'Espagne (49 ans). Peu avant de mourir, il a abrogé la loi salique qui exclut les filles de la transmission de la couronne. C'est ainsi que la couronne échoit à sa fille Isabelle II (3 ans) au détriment de son frère cadet, don Carlos. Il en résultera deux guerres carlistes qui ensanglanteront l'Espagne au XIXe siècle.

Abd el-Kader s'allie avec l'envahisseur français

Le 26 février 1834, le général Desmichels signe un traité par lequel il reconnaît l'autorité de l'émir Abd el-Kader sur la région d'Oran. Désireux qu'il pacifie la région, il l'aide à constituer son armée : 2.000 cavaliers, 8.000 fantassins avec fusils modernes à baïonnette, 250 artilleurs.

Les Français, embarrassés par la prise d'Alger, n'ont aucune envie de s'aventurer dans l'arrière-pays ni de soumettre celui-ci. Ils y seront contraints par la révolte d'Abd el-Kader...

Seconde insurrection des canuts

À Lyon, le 9 avril 1834, les ouvriers de la soie, les canuts, se soulèvent après que des meneurs aient été traduits en justice pour avoir dénoncé des baisses de salaires et fait grève. Le ministre de l'Intérieur Adolphe Thiers laisse les manifestants ériger des barricades puis fait donner la troupe. Celle-ci va méthodiquement reconquérir la ville.

On compte environ 600 morts et 10.000 arrestations au cours de la «Sanglante semaine» du 9 au 15 avril 1834. Autrement plus féroce que lors de la première révolte des canuts (1831), cette répression est un prélude à la «Semaine sanglante» de 1871 par laquelle le même Thiers mettra un terme à la Commune de Paris.

Paroles d'un croyant

Le 30 avril 1834 paraît à Paris Paroles d'un croyant. L'auteur, le prêtre Félicité de Lamennais, en appelle à l'insurrection contre l'injustice au nom de l'Évangile. Il est immédiatement condamné par le Saint-Siège.

Les Français s'installent en Algérie

Le roi des Français Louis-Philippe 1er institue le 22 juillet 1834 un gouvernement général pour les « possessions françaises du nord de l'Afrique », sans plus de précision. Les Français, qui comptent sur Abd el-Kader pour pacifier l'arrière-pays, l'aident à constituer son armée : 2.000 cavaliers, 8.000 fantassins avec fusils modernes à baïonnette, 250 artilleurs,...

La démocratie en Amérique

Le 23 janvier 1835, un jeune inconnu, Alexis de Tocqueville, publie le premier tome de La démocratie en Amérique. L'ouvrage recueille un immense succès. En lointain héritier de Montesquieu, Tocqueville apporte une vision révolutionnaire de l'histoire longue.

Publication du Kalevala

Le 28 février 1835, Elias Lönnrot, un médecin de campagne finlandais de 33 ans, publie un recueil de 32 chants inspirés des contes traditionnels de Carélie, sous le nom de Kalevala (le Pays des héros).

Fait rare dans l'histoire, les 32 chants du Kalevala sont devenus le fondement mythique de la culture finlandaise. Deux grands artistes finlandais, le peintre Akseli Gallen-Kallela (1865-1931) et le compositeur Jean Sibelius (1865-1957), y ont puisé une bonne part de leur inspiration.

Célébration nationale

Le 28 février est commémoré chaque année en Finlande à l'égal de la fête nationale (celle-ci commémore l'indépendance du pays, le 6 décembre 1917).

Bataille des marais de La Macta

Le 28 juin 1835, une armée française s'étant aventurée loin de ses bases, elle est proprement décimée par les troupes de l'émir Abd el-Kader dans les marais de La Macta. Fort de sa victoire, l'émir installe sa capitale à Tagdemt (ou Tagdempt).

La défaite française survient après que le général Trézel eut remplacé le général Desmichels à Oran et rompu avec la politique conciliante de son prédécesseur à l'égard d'Abd el-Kader. Son échec lui vaut d'être rappelé en France ainsi que le gouverneur général Drouet d'Erlon. Le général Thomas Bugeaud débarque en renfort avec trois régiments...

Attentat de Fieschi

Le 28 juillet 1835, le conspirateur républicain Giuseppe Fieschi tente d'assassiner le roi Louis-Philippe 1er alors qu'il se rend à la Bastille pour commémorer la révolution des Trois Glorieuses (1830).

Sa machine infernale n'atteint pas le roi mais fait 18 morts dans le cortège royal, dont le maréchal Mortier. Le roi promulgue peu après les lois de septembre ou « lois scélérates » sur les actes de rébellion et la liberté de la presse. La « monarchie de Juillet » évolue vers l'autoritarisme et l'impopularité.

Traité de New Echota

Le 29 décembre 1835, une poignée de chefs de la Nation cherokee, parmi lesquels Major Ridge et son neveu Stand Watie, signent avec le gouvernement des États-Unis le traité de New Echota. Par ce traité proposé par le président Andrew Jackson, les Indiens acceptent de renoncer à leurs terres ancestrales de Georgie et de Caroline du Nord, en échange d'argent et de nouvelles terres à l'ouest du Missisipi, en Oklahoma. C'est une réserve qualifiée de « Territoire indien ».
Mais le texte est rejeté par la très grande majorité des Cherokees et scinde la communauté en deux factions rivales qui vont s'opposer violemment jusqu'au milieu des années 1840.

2.000 Cherokees seulement se rendent volontairement sur leurs nouvelles terres et il faut l'intervention des forces fédérales, aidées de la milice de Georgie, en 1838, pour faire appliquer les clauses du traité et transférer les autres Indiens. 4.000 périssent lors de cet exode forcé et un millier s'échappent en se cachant dans les montagnes. Cet épisode dramatique de l'histoire cherokee est connu sous le nom de « Trail of Tears » (le Chemin des Larmes). Les signataires du traité sont assassinés en juin 1839 par des vengeurs, à l'exception de Stand Watie qui, averti, a pu s'enfuir à temps et deviendra un riche propriétaire d'esclaves et un brillant général de l'armée confédérée sudiste pendant la guerre de Sécession.

Le Texas se proclame indépendant

Le 2 mars 1836, le Texas se sépare du Mexique et proclame son indépendance. Celle-ci ne durera que jusqu'à l'annexion par les États-Unis, en 1845.

Massacre à Fort Alamo

Le 6 mars 1836, 5000 soldats mexicains, sous le commandement de l'illustre général Antonio Lopez de Santa Anna, s'emparent de Fort Alamo, au Texas, après des combats acharnés.

Le fort n'était défendu que par 187 ressortissants texans ou américains. Tous succombent au terme de l'assaut non sans avoir mis hors de combat, dit-on, 1.500 ennemis. Parmi les morts figurent des trappeurs légendaires du Kentucky, Davy Crockett et Jim Bowie...

Victoire des Texans à San Jacinto

Le 21 avril 1836, à San Jacinto, les volontaires texans de Sam Houston battent l'armée mexicaine de Santa Anna. Ils ont pu se préparer à la bataille grâce à la résistance désespérée de Fort Alamo. Le Texas devient pour quelques années un pays indépendant avant de se rattacher aux États-Unis...

Bataille de l'oued Sikkak

Le général Thomas Bugeaud, nouveau gouverneur général des « possessions françaises du nord de l'Afrique » (l'Algérie), inflige à l'émir Abd el-Kader une sévère défaite sur les bords de l'oued Sikkak, le 6 juillet 1836.

Érection de l'obélisque de la Concorde

Le 25 octobre 1836, est érigé à Paris, sur la place de la Concorde, un obélisque en provenance du temple pharaonique de Louqsor (Égypte) et vieux d'environ 4.000 ans (on peut le considérer comme « le plus ancien monument de Paris »)...

Abd el-Kader et Bugeaud signent le traité de la Tafna

Le 30 mai 1837, le général Thomas Bugeaud impose à l'émir Abd el-Kader le traité de la Tafna. C'est la seule fois de leur vie que les deux ennemis auront eu l'occasion de se rencontrer...

Le palais de Versailles retrouve sa splendeur

Le palais de Versailles retrouve sa splendeur le 10 juin 1837. Ce jour-là, à l'occasion du mariage du prince héritier Ferdinand-Philippe d'Orléans, le roi Louis-Philippe 1er inaugure en son sein un Musée de l'Histoire de France. Au fronton des deux ailes du palais est gravée la formule : «À toutes les gloires de la France».

Le «roi-bourgeois» a formulé le projet de ce musée quatre ans plus tôt, dans un esprit d'oecuménisme, afin de rassembler les Français de toutes tendances politiques autour de leur Histoire commune...

La reine Victoria et l'apogée de l'Angleterre

Le 20 juin 1837, Victoria (18 ans) succède à son oncle Guillaume IV sur le trône du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande.

La dynastie des Hanovre (plus tard Windsor) semble alors discréditée par la longue folie du roi George III et les frasques de ses deux fils et successeurs. Tout va changer pendant les 64 années du règne de Victoria...

incendie du Palais d'Hiver

Le soir du 17 décembre 1837, à Saint-Pétersbourg, dans le Palais d'Hiver, des poêles qui chauffent à plein régime mettent le feu aux boiseries de la salle Pierre 1er.

L'incendie va ravager l'édifice pendant trente heures malgré l'intervention de 6000 pompiers et grenadiers de la Neva qui pompent l'eau de la Néva.

Les oeuvres d'art du Palais d'Hiver sont heureusement sauvées pour la plupart. Dans l'urgence, on s'est généralement contenté de les jeter dans la neige.

Sitôt après le drame, le tsar Nicolas 1er lance la construction d'un nouveau palais. Il sera achevé en un peu plus d'un an et accueillera les collections impériales, jusque là à l'étroit dans le Petit Ermitage.

La guerre de la pâtisserie

Le 4 septembre 1838, le saccage à Mexico d'une pâtisserie tenue par un Français entraîne une guerre entre la France de Louis-Philippe et le tout jeune Mexique.

Cette «guerre de la pâtisserie» se soldera par la destruction du port de Veracruz. À cette occasion s'illustreront le prince de Joinville, François d'Orléans, et le général Antonio López de Santa Anna.

La bataille de la Rivière de sang

Le 16 décembre 1838, en Afrique australe, près de la rivière Ncome, une poignée de paysans afrikaners (des protestants d'origine hollandaise et française) repoussent avec succès une armée zouloue de dix mille hommes. C'est la bataille de la Rivière de sang («Blood River»)...

La France fait don de la photo au monde !

Le 19 août 1839, devant les Académies des sciences et des beaux-arts, François Arago, savant et homme politique, informe que l'État français a acheté le daguerréotype, une invention de Louis Daguerre à l'origine de la photographie, afin d'« en doterlibéralement le monde entier » !

Reprise de la guerre sainte en Algérie

Le 28 octobre 1839, le duc d'Orléans, fils du roi Louis-Philippe, s'engage dans le défilé des « Portes de fer » afin d'établir une liaison entre Alger et Constantine. Abd el-Kader dénonce cette intrusion sur son territoire et en prend prétexte pour annoncer le 18 novembre 1839 la reprise de la guerre sainte (jihad ou djihad) au général Bugeaud, de retour en Algérie. Sans attendre, ses troupes ravagent la plaine de la Mitidja, autour d'Alger, où déjà commencent à s'installer des colons français...

La Sublime Porte se réforme

Le 3 novembre 1839, le sultan ottoman Abdul-Medjid 1er (en turc Abdulmecit) publie la charte de Gulhané (hatti chérif) qui proclame l'égalité devant la loi de tous les sujets de l'empire ottoman, quelle que soit leur religion.

C'est le début d'une longue période de bouleversements connue sous le nom de Tanzimat, d'après un mot turc qui signifie organisation et désigne un Conseil qui sera établi en 1854 pour veiller à l'application des réformes...

Découverte de la terre Adélie

Le 19 janvier 1840, Dumont d'Urville aborde une terre inconnue de l'Antarctique. Il la nomme terre Adélie... par amour pour sa femme...

Traité de Waitangi entre Anglais et Maoris

Le 6 février 1840, par le traité de Waitangi, les chefs maoris de Nouvelle-Zélande reconnaissent la souveraineté de la Grande-Bretagne sur leurs îles. Tous les habitants, y compris les indigènes maoris, obtiennent la citoyenneté britannique.

Londres s'engage à respecter les droits des Maoris sur leurs terres ancestrales mais ces promesses ne tarderont pas à être bafouées par les colons et il en résultera de violentes guerres maories...

« Reunion Act » au Canada

Le 10 février 1840, le gouvernement britannique applique le « Reunion Act » au Canada. Une union fédérale regroupe les provinces du Canada avant d'en faire le premier dominion du Commonwealth.

Naissance du timbre-poste

Le timbre-poste naît à Londres le 6 mai 1840, sous le surnom de «Penny Black», à l'initiative de l'imaginatif Rowland Hill...

Retour des cendres de l'Empereur

Le 15 décembre 1840, au cours d'une cérémonie populaire et grandiose, l'auguste cercueil de Napoléon 1er entre à Paris après un long voyage en mer sur la Belle-Poule depuis l'île de Sainte-Hélène où est mort l'empereur près de vingt ans plus tôt...

Limitation législative du travail des enfants

Le 22 mars 1841, sous le règne de Louis-Philippe, une loi limite en France, pour la première fois, le travail des enfants.

Mayotte sous protection française

Le sultan Andriantsouli qui règne sur Mayotte, se place sous le protectorat de la France par le traité du 25 avril 1841 signé avec le commandant Pierre Passot. Il reçoit en contrepartie une indemnité de 1000 piastres ! C'est ainsi que Mayotte entre dans le giron de la France.

De proche en proche, l'ensemble de l'archipel des Comores (Mayotte, Anjouan, Grande Comore et Mohéli) devient colonie française...

Convention de Londres sur les Détroits

Le 13 juillet 1841, la convention de Londres sur les Détroit clôt la politique aventureuse d'Adolphe Thiers, qui avait mis la France au bord de la guerre avec l'Angleterre.

Les Afghans humilient les Britanniques

Le 2 novembre 1841, à Kaboul, le meurtre d'un officier britannique allait déboucher sur l'une des plus horribles défaites qu'ait jamais connue l'armée britannique.

Obligée de fuir vers Jalalabad, la garnison indo-britannique de Kaboul - environ 16.500 hommes - va être décimée dans les semaines qui suivent par les guerilleros afghans...

Traité de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire

Le 10 février 1842, l'amiral Bouet-Willaumez signe un traité avec le roi de Bassam, un modeste royaume du littoral africain. Premier pas vers la colonisation de la Côte d'Ivoire...

Un drapeau pour la jeune Irlande

En 1842, une poignée d'Irlandais romantiques, tant catholiques que protestants, s'unissent en vue de s'émanciper de la tutelle anglaise, au besoin par la violence.

Ils revivifient et exaltent la culture gaélique et le souvenir des Saints et des Héros.

Le 15 avril de la même année, ces « Jeunes Irlandais » se donnent un drapeau tricolore : vert pour représenter les catholiques, orange pour représenter les protestants et blanc pour signifier l'espoir d'une trêve permanente entre les deux communautés ! Ce sera le drapeau de l'Irlande républicaine.

Premier accident de chemin de fer

Le 8 mai 1842, sous le règne de Louis-Philippe 1er, se produit le premier accident grave de l'histoire du chemin de fer : 55 morts.

Le drame survient à Meudon, sur la ligne Paris-Versailles, dans un train qui ramène des Parisiens venus passer la journée à Versailles pour le spectacle des grandes eaux. Les dix-huit voitures en bois déraillent et prennent feu. Les voyageurs succombent sans pouvoir sortir des compartiments, fermés à clé de l'extérieur selon l'usage de l'époque. Parmi les victimes figurent le navigateur Dumont d'Urville, découvreur de la terre Adélie, ainsi que sa femme et son fils.

Malgré son caractère spectaculaire et inédit, le drame ne remet pas en cause la confiance de l'opinion publique dans le progrès technique. «Plaignons les victimes et marchons [sous-entendu : continuons d'aller de l'avant] !» déclare en guise d'épitaphe le député et poète Alphonse de Lamartine à la tribune de l'Assemblée législative, au lendemain de la catastrophe.

Le traité de Nankin met fin à la guerre de l'opium

Le 29 août 1842, le traité de Nankin met fin à la « guerre de l'opium ». Le gouvernement chinois renonce à interdire l'importation de la drogue en provenance des Indes britanniques...

Le président Jean-Pierre Boyer chassé d'Haïti

Le 13 février 1843, à Haïti, le président Jean-Pierre Boyer est chassé du pouvoir et la première république noire des Temps modernes sombre alors dans une instabilité politique dont elle n'est pas encore sortie...

Prise de la smala d'Abd el-Kader

Le 16 mai 1843, un escadron de 500 hommes commandé par le duc d'Aumale enlève la smala d'Abd el-Kader...

Bugeaud maréchal de France

Tandis que l'émir Abd el-Kader se réfugie au Maroc avec ses derniers fidèles, le général Bugeaud (59 ans) est fait Maréchal de France en récompense de ses succès dans la soumission de l'Algérie.

Sa casquette est légendaire : une nuit, surpris par une attaque ennemie, il serait sorti de sa tente sabre au clair et encore coiffé de son bonnet de nuit en guise de casquette !

Drame familial à Villequier

Le 4 septembre 1843, en villégiature à Villequier, sur la Seine, Léopoldine Hugo, fille de Victor Hugo, monte dans un canot avec son mari Charles Vacquerie...

Naissance de la République dominicaine

Le 27 février 1844, quarante ans après l'indépendance d'Haïti, la population créole de la partie orientale de l'île, de langue espagnole, profite d'une grave crise politique pour s'émanciper.

C'est ainsi que naît la République dominicaine (República Dominicana), aussi appelée Saint-Domingue (Santo Domingo), du nom de sa capitale...

Prédication du Bâb

Le 23 mai 1844, à Chiraz, en Perse, Mirza Ali Muhammad, dit el Bâb (la Porte), annonce la venue d'un grand prophète. Il est exécuté par le chah en 1850 avec 20.000 de ses disciples et sera enseveli en 1899 au Mont Carmel, près d'Haïfa (aujourd'hui en Israël). Mais le 21 avril 1863, un homme se présente comme le prophète annoncé. Il sera à l'origine de la religion baha'ie.

Première ligne de télégraphe

Le 24 mai 1844 est inaugurée la première ligne de télégraphe du monde, entre Washington et Baltimore. Le télégraphe a été inventé sept ans auparavant par Samuel F. B. Morse.

Enfumage des grottes du Dahra

Des centaines de malheureux de la tribu des Ouled Riah périssent le 19 juin 1845 dans l'«enfumade» des grottes du Dahra. Le colonel Pélissier avait proposé une reddition honorable aux combattants et à leurs familles qui s'étaient réfugiés dans les grottes. Devant leur refus, et considérant qu'il ne pouvait prendre le risque de les laisser aller, il avait enfumé les grottes en espérant de la sorte les en faire sortir. Las, hommes, femmes et enfants finissent presque tous asphyxiés.

Le général Bugeaud, interpellé à la Chambre, assume la responsabilité de ce crime de guerre en faisant valoir qu'il ne voit pas d'autre moyen de gagner la guerre en Algérie !...

Bataille de l'Isly

Le 14 août 1844, le maréchal Thomas Bugeaud bat les troupes marocaines du sultan Abd al-Rahman III sur l'oued Isly.

Les États-Unis annexent le Texas

Le 29 décembre 1845, les États-Unis annexent officiellement le Texas. Après s'être détachée du Mexique, la république du Texas demande et obtient son admission au sein de la Fédération américaine.

La France impose à la Chine un traité de tolérance

Le 20 février 1846, la France de Louis-Philippe 1er impose à la Chine de l'empereur Daoguang un édit de tolérance en faveur du christianisme.

L'édit concédé par le vieil empereur Daoguang autorise la pratique de la religion dans les principaux ports et interdit toute forme de persécution. Il ordonne même la reconstruction des vieilles églises détruites lors des persécutions précédentes...

Abrogation des « corn laws »

Le 15 mai 1846, le Parlement de Westminster abroge les « corn laws ». Ces lois avaient été votées en 1815 à l'initiative des grands propriétaires terriens afin de protéger les agriculteurs britanniques contre les importations à bas prix de céréales du Nouveau Monde.

L'industrie étant désormais en mesure de relayer l'agriculture comme moteur de l'économie, le gouvernement anglais ne voit plus aucune utilité à ces lois protectionnistes.

En les abrogeant, Londres permet aux ouvriers de se nourrir à moindre prix, ce qui a pour effet de relâcher la pression sur les salaires de l'industrie. Désormais en situation d'exporter plus facilement, les industriels vont en profiter pour conquérir les marchés de la planète !

Les économistes anglais, au premier rang desquels Richard Cobden (1804-1865), font de la loi de 1846 un acte de foi dans les vertus du libre-échange. Ils ne vont avoir de cesse d'y rallier leurs concurrents. Richard Cobden va ainsi négocier avec le Français Michel Chevalier le traité franco-anglais de 1860.

C'est le début d'une deuxième « mondialisation », après la très brève période de libre-échange inaugurée par le traité Eden-Rayneval en 1786.

Évasion de Louis-Napoléon

Le 25 mai 1846, le prince Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, s'évade du fort de Ham, déguisé en ouvrier avec une solive sur l'épaule, après six ans de captivité pour cause de complot contre l'État. Deux ans plus tard, le révolutionnaire sera le premier président de la République française et cinq ans plus tard, il restaurera à son profit le titre d'empereur et règnera sous le nom de Napoléon III !

Découverte de Neptune

Le 31 août 1846, l'astronome et mathématicien Urbain Le Verrier présente un rapport à l'Académie des Sciences où il démontre par le calcul l'existence d'une nouvelle planète, Neptune. « M. Le Verrier vit le nouvel astre au bout de sa plume » commente avec admiration François Arago.

Bou-Maza se rend au colonel de Saint-Arnaud

En 1844, tandis qu'Abd el-Kader éprouve défaite sur défaite, les paysans du massif du Dahra, à l'est de Mostaganem et d'Oran, se soulèvent à l'appel d'un Berbère surnommé « Bou Maza » (l'homme à la chèvre). La réaction de l'armée française ne se fait pas attendre. Des « colonnes infernales » ravagent la contrée jusqu'à la reddition de « Bou Maza » le 13 avril 1847.

La guerre du Sonderbund

Le 20 juillet 1847, la Diète fédérale suisse vote à une courte majorité la dissolution du Sonderbund (ou Sondrebond, en allemand : la Ligue particulière), l'expulsion des Jésuites et le principe d'une nouvelle constitution fédérale.

Il s'ensuit une courte guerre civile remportée par le général Guillaume-Henri Dufour, au terme de laquelle les 22 cantons de la Confédération suisse se donnent une constitution solide, avec un État central et des institutions fédérales, ainsi qu'un drapeau fédéral...

Le Libéria indépendant

Le 26 juillet 1847, le Libéria (en anglais, Liberia) devient le premier État africain officiellement reconnu par les puissances occidentales.

C'est aussi au XIXe siècle le seul État indépendant d'Afrique noire à l'exception de l'Éthiopie (ou Abyssinie). Il compte aujourd'hui environ 3 millions d'habitants sur 111000 km2...

Assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin

Dans la nuit du 17 au 18 août 1847, la duchesse de Choiseul-Praslin, fille unique du célèbre général de l'Empire Bastien Sébastiani, est assassinée dans son hôtel particulier du faubourg Saint-Honoré, à Paris.

L'enquête s'oriente très vite vers son mari, un pair de France qui bénéficie du privilège de l'inviolabilité...

Abd el-Kader se rend au général Lamoricière

Le 23 décembre 1847, l'émir Abd el-Kader se rend au général Lamoricière. C'est la fin de toute résistance organisée à la conquête de l'Algérie par la France.

Découverte de l'or en Californie

Le 24 janvier 1848, en Californie, sur les terres du Suisse John Sutter, un ouvrier découvre des pépites d'or mêlées à des cailloux alors qu'il travaille à la réparation d'un moulin à eau.

Instantanément, le bruit se répand dans la région et les prospecteurs affluent tant et si vite que la propriété de Sutter est ravagée et lui-même ruiné. Il mourra en 1880 avec tout juste une pension de l'État de Californie. C'est la première victime de la ruée vers l'or !...

Traité de Guadalupe Hidalgo

Le 2 février 1848, le traité de Guadalupe Hidalgo met fin à la guerre entre les États-Unis et le Mexique, surnommée « Mr. Polk's War » (la guerre de M. Polk, du nom du président américain James Polk...

Insurrection républicaine à Paris

Le 22 février 1848, lassée par le règne débonnaire du roi des Français, Louis-Philippe 1er, ennuyeux à force de paix et de prospérité, l'opposition se soulève et, au terme de trois jours d'émeute, impose un régime républicain (la Seconde République).

Conduite par des républicains modérés : Lamartine, Ledru-Rollin, Arago, Dupont de l'Eure, Marie,... la « Révolution de Février » met ainsi fin à la « Monarchie de Juillet » (parce que née en juillet 1830). Le poète Lamartine repousse le drapeau rouge des manifestants populaires et promeut le drapeau tricolore.

Louis-Philippe 1er abdique

Le 24 février 1848, le roi des Français Louis-Philippe 1er abdique et part en exil au terme de trois jours d'émeutes. C'est la naissance de la IIe République - une naissance romantique à l'image de son époque.

Ouverture des Ateliers nationaux

Le 27 février 1848, le jeune gouvernement de la IIe République prend la décision d'ouvrir des Ateliers nationaux pour donner du travail aux chômeurs. Cette mesure se révèle coûteuse et inefficace. Qui plus est, les chantiers deviennent des foyers d'agitation révolutionnaire.

Lorsque l'Assemblée nationale décide en désespoir de cause de les fermer, le 20 juin 1848, les ouvriers s'insurgent. La répression est sanglante. Elle consacre la rupture entre la République et la classe ouvrière.

Victor Hugo dénonce la fainéantise

Le débat parlementaire du 20 juin 1848 sur les Ateliers nationaux donne au député Victor Hugo l'occasion d'un bel effet de tribune, inattendu dans sa bouche :

«Les ateliers nationaux sont un expédient fatal. Vous avez abâtardi les vigoureux enfants du travail ; vous avez ôté à une partie du peuple le goût du labeur, goût salutaire qui contient la dignité, la fierté, le respect de soi-même et la santé de la conscience. À ceux qui n'avaient connu jusqu'alors que la force généreuse du bras qui travaille, vous avez appris la honteuse puissance de la main tendue ; vous avez déshabitué les épaules de porter le poids glorieux du travail honnête, et vous avez accoutumé les consciences à porter le fardeau humiliant de l'aumône. Nous connaissions déjà le désœuvré de l’opulence, vous avez créé le désœuvré de la misère, cent fois plus dangereux pour lui-même et pour autrui. La monarchie avait les oisifs, la République aura les fainéants (...).
Cette fainéantise fatale à la civilisation est possible en Turquie, en Turquie et non pas en France. Paris ne copiera pas Naples ; mais, jamais Paris ne copiera Constantinople »
.

La France limite la journée de travail

Le 2 mars 1848, un décret du jeune gouvernement de la IIe République réduit d'une heure la journée de travail parce que, selon ses termes, « un travail manuel trop prolongé non seulement ruine la santé mais en l'empêchant de cultiver son intelligence porte atteinte à la dignité de l'homme ». La journée de travail tombe à... dix heures à Paris et à onze en province (serait-ce que le travail est plus éprouvant à Paris qu'ailleurs ?).

Mais en avril 1848 est élue à l'Assemblée une majorité de députés issue de la bourgeoisie de province. Elle considère d'un mauvais oeil les réformes sociales et ne craint pas de massacrer les manifestants ouvriers lors des journées dramatiques de juin. Quarante ans plus tard va s'amplifier dans le monde industrialisé la revendication des « trois huit », soit huit heures par jour pour le travail, huit pour les loisirs et autant pour le sommeil.

Metternich chassé de Vienne

Le 13 mars 1848, une émeute oblige le prince de Metternich à s'enfuir de Vienne. Mais le fin diplomate ne tardera pas à restaurer l'autorité de l'empereur autrichien et à mettre fin au « printemps des peuples ».

Les Milanais chassent les Autrichiens

Le 23 mars 1848, les Milanais chassent les Autrichiens de leur ville au terme d'un soulèvement de cinq jours. La révolte avait débuté par la guerre des cigares, les Milanais s'abstenant de fumer pour ne pas payer la taxe sur le tabac... et les troupes d'occupation se plaisant à fumer sous leur nez de voluptueux cigares. Les Autrichiens du feld-maréchal Radetzky reprendront pied dans la ville et auront raison des vélléités patriotiques des Italiens.

Élections à l'Assemblée constituante

Le 23 avril 1848 ont lieu les élections des députés à l'Assemblée constituante de la IIe République. À cette occasion, les Français votent pour la première fois au suffrage universel : c'est la mort du suffrage censitaire (du mot cens qui désignait le montant minimal d'impôt à partir duquel un homme adulte avait le droit de voter). Avec le suffrage universel, le droit de vote n'est plus soumis à des conditions de revenu... mais seulement de sexe ou de statut (les femmes en sont encore privées, ainsi que les militaires, pour des motifs de neutralité). Le suffrage universel amène à l'Assemblée une majorité conservatrice, les paysans ayant massivement voté pour les notables locaux. Cette modération apaise les réticences de la bourgeoisie à l'égard du suffrage universel.

Abolition de l'esclavage en France

Le 27 avril 1848, les décrets d'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises sont publiés à l'initiative de Victori Schoelcher et François Arago, ministres de la IIe République. Sont concernés les Antilles, la Réunion et Saint-Louis du Sénégal...

Réunion du Parlement de Francfort

À la faveur des révolutions qui bouleversent l'Europe, les représentants du peuple allemand, élus au suffrage universel, se réunissent en Assemblée nationale le 28 mai 1848 à l'église Saint-Paul de Francfort et décident de restaurer sous une forme constitutionnelle l'empire dissous en 1806 (le 1er Reich).

Ils constituent un gouvernement fédéral provisoire confié à un archiduc autrichien de tendance libérale puis publient une déclaration des «droits fondamentaux» d'inspiration également libérale. En janvier 1849, ils se prononcent pour le maintien des États existants et la constitution, au-dessus d'eux, d'un Empire fédéral avec un souverain et un Parlement élu.

Très vite s'opposent les partisans d'une Grande Allemagne, qui inclurait dans ses frontières l'empire d'Autriche et ses importantes minorités allogènes ou non-allemandes), aux partisans d'une Petite Allemagne d'où serait exclue l'Autriche. Sur les 568 membres de l'Assemblée, une courte majorité se prononce en faveur de la deuxième solution et propose le 28 mars 1849 la couronne impériale au roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV.

Mais celui-ci ne veut pas d'une «couronne ramassée dans le ruisseau». De son côté, l'empereur d'Autriche proteste contre cette entorse à sa traditionnelle hégémonie. Toute l'oeuvre du Parlement de Francfort s'écroule d'un coup. Les députés sont dispersés par la force. Le roi de Prusse tente de reprendre l'initiative en réunissant un Parlement de l'Union restreinte à Erfurt.

Insurrection ouvrière à Paris

À Paris, le 23 juin 1848, au point du jour, une foule s'ébranle sur la place de la Bastille, au pied de la colonne de Juillet. Guidé par un dénommé Pujol, au cri de : « La Liberté ou la Mort », elle commence de dresser des barricades. Il va s'ensuivre trois jours de violents combats avec la troupe. Au terme de ces émeutes de la faim provoquées par la fermeture des Ateliers nationaux et le licenciement de 120.000 ouvriers, 5.000 insurgés seront tués, dont beaucoup fusillés sans jugement. 25.000 seront arrêtés, 11.000 condamnés à la prison ou à la déportation en Algérie.

Mémoires d'Outre-tombe

Le 21 octobre 1848 commencent à paraître les Mémoires d'Outre-tombe. Conformément à la volonté de l'auteur, le vicomte François-René de Chateaubriand, l'oeuvre est publiée dès l'année de sa mort. Rédigée dans une prose magnifique, elle constitue le testament de l'époque romantique.

Le pape chassé de Rome

Le 24 novembre 1848, à l'imitation des révolutionnaires français, le peuple de Rome fomente une émeute. Le pape s'enfuit à Gaëte.

Élection de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte (40 ans) est élu président de la République au suffrage universel (masculin) après une violente mais courte campagne électorale. Le neveu de Napoléon 1er est porté par le prestige de son nom, le discrédit de l'Assemblée conservatrice qui anime la IIe République et ses propres options socialisantes.

Les électeurs de ce candidat «anti-système», pour parler comme aujourd’hui, viennent de tous les milieux, aussi bien ouvriers que paysans, socialistes que conservateurs. Ce sont des citoyens lassés du parlementarisme bourgeois et bien-pensant, lequel prône de grands principes mais n’a pas de scrupules à opprimer, voire massacrer, les ouvriers et les chômeurs.

Il bénéficie à droite du soutien du parti de l'Ordre et à gauche de la sympathie des ouvriers, ce qui lui vaut de recueillir 5,6 millions de voix soit les trois quarts des suffrages exprimés ! Son principal adversaire, le général Cavaignac, bourreau des journées de juin, obtient seulement 1,5 millions de voix. Les autres candidats, l'avocat Ledru-Rollin, le chimiste Raspail, le poète Lamartine et le général Changarnier, se partagent les 444.000 voix restantes.

Le 20 décembre, l'élu s'installe au palais de l'Élysée, ancien hôtel particulier de la marquise de Pompadour, désormais résidence officielle de la présidence de la République. Il nomme le monarchiste modéré Odilon Barrot à la présidence du Conseil (la direction du gouvernement).

Mazzini proclame la République à Rome

Le 9 février 1849, à Rome, un groupe de républicains mené par Giuseppe Mazzini proclame la déchéance du pouvoir temporel du pape.

La République française enverra des troupes sous le commandement du général Oudinot pour rétablir le souverain pontife...

Le rêve d'unité italienne échoue à Novare

Le 23 mars 1849, le roi du Piémont est battu par les Autrichiens à Novare. Charles-Albert voulait aider les Milanais, révoltés contre leur souverain, l'empereur d'Autriche. Mal lui en prit...

Émeute à Montréal

Le 25 avril 1849, à Montréal, une émeute populaire se solde par l'incendie de l'hôtel du Parlement, où le gouverneur général du Canada, lord Elgin, venait de sanctionner une loi controversée.

À la suite de ce drame, Montréal perd le statut de capitale des deux parties du Canada, le Haut- et le Bas-Canada, dont elle avait hérité à peine deux ans plus tôt.

Le Parti de l'Ordre remporte les législatives

Aux élections législatives du 13 mai 1848, précédées d'une intense campagne électorale, s'opposent pour la première fois deux mouvances bien définies :
- d'un côté le « Parti de l'Ordre », qui réunit tous les conservateurs (royalistes légitimistes et royalistes orléanistes, bonapartistes,...) autour d'un slogan : Ordre, Propriété Religion,
- de l'autre, la gauche républicaine qui a emprunté aux révolutionnaires d'antan le nom de « Montagne », de quoi effrayer pour de bon les modérés.

Entre ces deux extrêmes, les républicains modérés (les « hommes de 48 », tels Lamartine, Marie,...) sont laminés. Le scrutin ne leur donne qu'environ 70 sièges sur 715. Les montagnards en remportent 200 et le Parti de l'Ordre 450 ! Les conservateurs et les monarchistes, qui auraient toutes les raisons de se réjouir, s'inquiètent en fait de la poussée de l'extrême-gauche montagnarde et de sa solide implantation géographique, qui coïncide encore peu ou prou avec les départements dévoués à la gauche... La Seconde République, qui s'est disqualifiée lors des tragiques Journées de Juin 1848, va dès lors tourner le dos aux idéaux républicains...

Loi Falloux sur l'enseignement confessionnel

Le 15 mars 1850, après deux mois de vifs débats, les députés de la Seconde République votent une loi qui permet aux congrégations catholiques d'ouvrir en toute liberté un établissement secondaire avec les enseignants de leur choix. Qui plus est, elle soumet les établissements publics et les instituteurs au contrôle des autorités administratives et « morales », autrement dit religieuses.

Cette loi, due au comte Alfred de Falloux, ministre de l'Instruction publique, supprime de fait le monopole de l'État dans l'enseignement établi par Napoléon 1er.

Elle intervient moins d'un an après le succès du « Parti de l'Ordre » aux élections législatives. Son promoteur, le comte de Falloux, résume ainsi, dans ses Mémoires, son programme politique : « Dieu dans l'éducation, le pape à la tête de l'Église, l'Église à la tête de la civilisation ».

La loi Falloux est approuvée sans surprise par la droite conservatrice et en particulier le député Adolphe Thiers, mais elle suscite l'ire du député « montagnard » Victor Hugo et, par ses excès, va raviver l'anticléricalisme et la haine de l'institution ecclésiastique. La querelle ne s'apaisera qu'après les lois de Jules Ferry sous la République suivante.

La reculade d'Olmütz

Le 29 novembre 1850, à Olmütz, la Prusse doit renoncer provisoirement à son projet de fédérer autour d'elle l'Allemagne...

Révolte des Taiping

Le 11 janvier 1851, jour de son trente-huitième anniversaire, Hung se proclame « Roi céleste de la Grande Paix ». Ce Chinois qui s'est converti au protestantisme va prendre la tête de la révolte des Taiping, au Kwangsi, une province arriérée et montagneuse de l'ouest de Canton. Cette jacquerie du désespoir illustre le déclin de la dynastie mandchoue qui gouverne la Chine depuis 1644.

Première Exposition universelle

Le 1er mai 1851, la reine Victoria inaugure à Londres la première Exposition universelle du monde. L'initiative en revient à son époux, le prince Albert. Elle témoigne des magnifiques espoirs suscités par la Révolution industrielle.

Long de 560 mètres, le Crystal Palace érigé au coeur de la capitale, à Hyde Park, par l'architecte sir Joseph Paxton, va accueillir en six mois six millions de visiteurs émerveillés. C'est l'âge d'or victorien.

Mariette découvre Saqqara

Le 12 novembre 1851, Auguste Mariette découvre à Saqqara le Serapeum de Memphis et la nécropole des taureaux sacrés. L'archéologue va faire de l'égyptologie la discipline prestigieuse qu'elle est devenue.

Coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte

Le 2 décembre 1851, anniversaire du sacre de Napoléon 1er et de la bataille d'Austerlitz, Louis-Napoléon Bonaparte conduit le coup d'État qui lui permettra de passer du statut de Prince-Président à celui d'Empereur des Français...

Mort du représentant Baudin

Le 3 décembre 1851, le représentant Alphonse Baudin (40 ans) se fait tuer sur une barricade en tentant, mais en vain, de soulever le peuple de Paris quelques heures après le coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte.

Député de l'Ain et médecin à Nantua, il monte sur la barricade en lançant aux ouvriers goguenards : « Vous allez voir comment on meurt pour 25 francs ! » (montant de l'indemnité journalière des parlementaires). Ses confrères s'avancent au-devant de la troupe pour dialoguer. Comme l'un d'eux, Schoelcher, est bousculé par un soldat, un émeutier, le croyant menacé, fait feu. La troupe riposte. Baudin et un autre émeutier s'écroulent, touchés à mort.

Le député Baudin  sur les barricades (Ernest Pichio, musée Carnavalet, Paris)

Constitution sur mesure pour Louis-Napoléon

Le 14 janvier 1852 est promulguée en France une nouvelle Constitution. Elle donne au Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, que d'aucuns surnomment avec mépris Badinguet, des pouvoirs quasi-dictatoriaux pour une durée de... dix ans. C'est la fin de la IIe République.

Louis-Napoléon devient Napoléon III

Le 2 décembre 1852, avec l'approbation du suffrage universel, Louis-Napoléon Bonaparte est couronné empereur des Français sous le nom de Napoléon III (le deuxième du nom est supposé être le fils unique de Napoléon 1er, mort en pleine jeunesse à Vienne).

Les Lyonnais honorent la Vierge à Fourvière

La  fête de la Vierge est très populaire à Lyon depuis le 8 décembre 1852.

Ce jour-là avait été choisi pour bénir la statue de la Vierge sur le clocher de l'ancienne basilique de Fourvière. Une illumination était prévue en soirée mais elle fut annulée en raison de pluies violentes. À la faveur d'une éclaircie, les Lyonnais prirent d'eux-mêmes l'initiative d'illuminer leurs fenêtres avec des bougies.

Cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours en s'accompagnant de joyeuses virées dans les rues du vieux quartier Saint-Jean. Dans les années 2000, la mairie l'a récupérée et a transformé la fête populaire en un festival son et lumière rebaptisé de manière fort laïque : « Fête des Lumières ».

La fête des Lumières le 8 décembre sur la place des Terreaux, à Lyon (DR)

Ne confondons pas la bénédiction du 8 décembre 1852 avec le voeu des échevins (ou magistrats) en 1643. Lyon étant menacée par la peste, ils consacrèrent leur cité à la Vierge et s'engagèrent à accomplir un pèlerinage sur la colline de Fourvière le jour de sa Nativité, le 8 septembre (soit, bien sûr, neuf mois après l'Immaculée Conception). L'actuelle basilique Notre-Dame de Fourvière, à l'architecture si particulière (un éléphant renversé), fait suite à un autre voeu des Lyonnais pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Elle a été inaugurée le 2 juin 1884.

Napoléon III épouse Eugénie de Montijo

Le 30 janvier 1853, faute d'avoir pu convaincre une famille royale de lui donner la main d'une princesse, l'empereur Napoléon III (44 ans) épouse par inclination une jeune et belle aristocrate espagnole, Eugénie de Montijo, comtesse de Teba, née à Grenade 26 ans plus tôt.

Prise de Nankin par les Taiping

Le 19 mars 1853, une troupe de « rebelles aux cheveux longs » aux ordres d'un certain Hung Xiuquan s'emparent de Nankin, la prestigieuse capitale de la Chine du sud, sur le fleuve Yang Tsé Kiang.

Leur révolte va se solder par... 20 millions de victimes. Tout cela pour déboucher sur une nouvelle intervention des Occidentaux en Chine et une « Seconde guerre del'opium » !...

Le commodore Perry débarque au Japon

Le 8 juillet 1853, le commodore Matthew Perry amène à l'empereur du Japon un message d'amitié du président américain Franklin Pierce. En fait d'amitié, il s'agit d'une injonction à se soumettre.

Les Japonais, qui s'étaient jusque-là tenus à l'écart des affaires du monde, se laisseront-ils assujettir comme, avant eux, les Chinois et la plupart des autres peuples d'Asie ?...

La France découvre la corrida

Le 21 août 1853, Bayonne est le théâtre de la première corrida « à l'espagnole » jamais organisée en France. Parmi les spectateurs figure l'épouse espagnole de Napoléon III, l'impératrice Eugénie de Montijo, à l'origine de cette initiative.

La tauromachie (du grec tauros, taureau, et machê,combat), remonte à l'Antiquité. Mais c'est seulement au XVIIIe siècle qu'elle a pris en Espagne la forme popularisée sous le nom de corrida, ou course de taureaux, avec mise à mort du taureau.

La Nouvelle-Calédonie devient française

Le 24 septembre 1853, le contre-amiral Febvrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie au nom de l'empereur Napoléon III. L'archipel devient français...

Alliance contre la Russie

Le 12 mars 1854, la France, l'Angleterre et le sultan ottoman concluent une alliance contre la Russie. Le traité débouchera le 27 mars suivant sur une déclaration de guerre. Ce sera le début de la guerre de Crimée.

Début de la guerre de Crimée

Le 27 mars 1854, sur un motif à première vue ridicule, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à la Russie. C'est le début de la guerre de Crimée, qui voit pour la première fois depuis 700 ans les Français et les Anglais combattre côte à côte...

Création du bagne de Cayenne

Le 30 mars 1854, une loi officialise la création du bagne de Cayenne, en Guyane. 3.000 condamnés y ont déjà été envoyés dans les deux années précédentes.

Traité de Kanagawa entre États-Unis et Japon

Le 31 mars 1854, suite aux menaces du commodore Perry, les Japonais se résignent à signer avec les États-Unis le traité de Kanagawa par lequel ils consentent à ouvrir leurs ports aux navires de commerce battant pavillon américain.

Siège de Sébastopol

Le 26 septembre 1854, Français et Anglais pour une fois alliés mettent le siège devant Sébastopol, en Crimée.

La charge de la Brigade légère

Le 25 octobre 1854, au cours de la guerre de Crimée, se produit la célèbre « Charge de la Brigade légère », un combat aussi meurtrier qu'inutile immortalisé au cinéma...

Faidherbe à la conquête du Sénégal

Le 16 décembre 1854, le colonel Faidherbe est nommé gouverneur du Sénégal. Il entreprend la conquête de la vallée du fleuve pour protéger les arrières du comptoir de Saint-Louis-du-Sénégal, où les commerçants français se plaignent des exactions des indigènes.

Prise de Malakoff

Le 8 septembre 1855, le général de Mac-Mahon s'empare avec ses zouaves de la tour Malakoff, qui surplombe la citadelle de Sébastopol. Ce succès laisse entrevoir la fin de l'épuisante guerre de Crimée, entamée un an plus tôt...

Martyre d'Auguste Chapelaine

Au milieu du XIXe siècle, en France, après la tragédie révolutionnaire, l'Église catholique bénéficie d'un afflux croissant de vocations et beaucoup de jeunes prêtres sont envoyés comme missionnaires en Extrême-Orient par les Missions étrangères de Paris. Parmi eux, Auguste Chapdelaine.

Ce prêtre d'origine normande est arrêté par les autorités chinoises du Guangxi, soumis à la torture et exécuté le 27 février 1856, à 42 ans. Son supplice est largement évoqué par la presse française. Le gouvernement impérial de Napoléon III va en prendre prétexte pour s'associer à l'Angleterre dans une nouvelle guerre contre la Chine. Ce sera la « Seconde guerre de l'opium ».

Traité de Paris, fin de la guerre de Crimée

Le 30 mars 1856, le traité de Paris met un terme à la guerre de Crimée en consacrant la défaite de la Russie face à l'Angleterre et la France. Pour l'empereur Napoléon III, neveu de l'inexpiable ennemi des Anglais, cette guerre, bien que mal engagée et mal gagnée, s'avère un succès sur la scène internationale (le premier et le dernier). Le bonheur de l'empereur est à son comble avec la naissance de son fils Eugène Louis Napoléon pendant le congrès !... Le jeune tsar Alexandre II découvre quant à lui dans l'humiliation de la défaite la nécessité de moderniser son pays.

La révolte des Cipayes

Le 10 mai 1857 éclate dans les Indes britanniques la révolte des cipayes, cavaliers indigènes au service des colonisateurs (en anglais Indian Mutiny ou Sepoys Rebellion). Elle ébranle la domination de l'« Honorable East Indian Company » et débouche sur la prise de Delhi, Lucknow puis de Cawnpore, défendue par le général Sir Hugh Wheller.

Ordonnée par le Premier ministre Palmerston et menée par les généraux Campbell et Havelock, la reconquête, brutale, aboutit à la gestion directe des Indes par le gouvernement de Londres. C'est le British Raj (l'Empire britannique en anglo-hindi...

L'akkadien enfin déchiffré

Début 1857, la Royal Asiatic Society de Londres remet sous scellés aux Britanniques E. Hincks, W.H.F. Talbot, H.C. Rawlinson et au Français J. Oppert la copie d'une inscription en caractères cunéiformes du roi assyrien Tiglath-phalazar Ier, qui venait d'être découverte, afin qu'ils en réalisent une traduction chacun de leur côté. Le 25 mai 1857, une commission examine leurs travaux et déclare les traductions suffisamment concordantes pour que l'akkadien, langue de communication de la Mésopotamie du IVe au 1er millénaire avant JC, soit considéré comme enfin déchiffré.

Faidherbe chasse El-Hadj Omar du Sénégal

Le 18 juillet 1857, le colonel Louis Faidherbe, à la tête de quelques centaines de soldats français et de supplétifs sénégalais, se présente devant le fort de Médine, sur le cours supérieur du fleuve Sénégal.

À son approche, les Toucouleurs qui assiègent le fort prennent la fuite. Leur chef El-Hadj Omar, un guerrier charismatique de 60 ans, renonce à se créer un royaume sur les rives du Sénégal. Il gagne le Soudan et va y poursuivre la lutte...

Attentat d'Orsini

Le 14 janvier 1858, Felice Orsini commet un attentat contre Napoléon III devant l'opéra de la rue Le Peletier, à Paris. Il en veut à l'empereur d'entraver l'unification de l'Italie. Napoléon III en profite pour faire passer une loi de sûreté générale.
De sa prison, le terroriste supplie l'empereur d'apporter son appui à la cause italienne. Napoléon III entame des pourparlers avec Cavour, le Premier ministre du roi de Piémont-Sardaigne.

Loi de sûreté générale

Le 19 février 1858, une loi de sûreté générale marque le durcissement du régime impérial de Napoléon III suite à l'attentat d'Orsini.

Traité d'Aigun entre Russes et Chinois

Le 28 mai 1858, par un traité signé à Aigun, en Mandchourie, le général russe Nicolas Mouraviev, gouverneur de la Sibérie orientale, impose à la Chine la cession de la rive gauche du fleuve Amour. Ce fleuve délimite encore aujourd'hui la frontière entre la Russie et la Chine.

Entrevue secrète de Plombières

Suite à l'attentat de Felice Orsini, l'empereur Napoléon III invite secrètement à Plombières, station thermale des Vosges, Camilo Cavour, Premier ministre du roi de Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II. Lors de cette entrevue secrète, les 20 et 21 juillet 1858, les deux hommes conviennent d'une intervention militaire conjointe contre l'Autriche en vue de l'unification de l'Italie.

Occupation de Saigon par les Français

Le 18 février 1859, une flotte française remonte une rivière au sud du Viêt-nam.

Les nouveaux venus, sous le commandement de l'amiral Rigault de Genouilly, occupent le site de Saigon. Ce port sert au ravitaillement de Hué, la capitale de l'empire du Viêt-nam.

Pour les Vietnamiens, l'arrivée des Français est le début d'une longue parenthèse dans une Histoire deux fois millénaire...

Les Pays-Bas abolissent l'esclavage

Le 7 mai 1859, les Pays-Bas abolissent l'esclavage dans leurs colonies des Indes orientales, de Guyane et de Trinidad et Tobago.

Napoléon III risque tout à Magenta

Le 4 juin 1859, un mois après avoir déclaré la guerre à l'Autriche, l'empereur Napoléon III et son allié, le roi de Piémont-Sardaigne affrontent l'ennemi à Magenta, à l'ouest de Milan.

Les alliés franco-sardes l'emportent difficilement et Napoléon III manque d'être fait prisonnier avec son état-major. Son armée arrive malgré tout à prendre la ville au terme d'une bataille qui laisse 9.000 morts sur le terrain. Trois jours plus tard, elle entre à Milan et le général de Mac-Mahon est fait maréchal et duc de Magenta.

Trois semaines plus tard, à Solferino, l'empereur des Français, peu porté à la guerre, décide d'arrêter les frais...

Solferino donne naissance à la Croix-Rouge

Le 24 juin 1859, les armées franco-sardes se heurtent aux armées autrichiennes à Solferino dans une mêlée sanglante et désordonnée...

L'imâm Chamil se rend aux Russes

Chef religieux du Daghestan, une région du Caucase, l'imâm Chamil prend la tête des tribus tchétchènes et combat les Russes à partir de 1834. N'ayant plus qu'une centaine de partisans, il est contraint à la reddition le 25 août 1859 par le gouverneur Buriatinski. Comme son homologue algérien Abd el-Kader, il est assigné à résidence avant d'être enfin autorisé à finir sa vie en terre musulmane.

Du pétrole en Pennsylvanie !

Le 27 août 1859, du pétrole jaillit pour la première fois du sous-sol de la Pennsylvanie, au lieu-dit Oil Creek («la mare d'huile» !), près deTitusville. L'auteur du miracle est un bourlingueur du nom d'Edwin L. Drake (39 ans) qui se fait abusivement appeler «colonel Drake».

La découverte survient à point nommé, à un moment où les besoins d'éclairage n'arrivent plus à être satisfaits avec l'huile de baleine traditionnelle et le kérozène, un combustible extrait du charbon...

La Légende des Siècles

Le 26 septembre 1859 paraît La Légende des Siècles, monument poétique de Victor Hugo. Le poète romantique s'est volontairement exilé à Guernesey pour protester contre le coup d'État de Napoléon III. Il acquiert avec cette oeuvre une stature de prophète.

Darwin publie L'Origine des espèces

Le 24 novembre 1859 sort en librairie, à Londres, un ouvrage au titre ambitieux qui résume à lui seul le contenu : De l'Origine des espèces par la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie.

Son auteur est un quinquagénaire seulement connu des spécialistes, Charles Darwin. Pourtant, son ouvrage bénéficie d'un succès immédiat et le premier tirage (1250 exemplaires) est épuisé dans la journée. Les théories développées par Charles Darwin allaient bouleverser le dogme d'une nature immuable depuis la création du monde.

Richard Fremder nous raconte Charles Darwin.

John Brown, le Spartacus blanc

Le 2 décembre 1859, en Virginie, est pendu John Brown, un Américain blanc de 59 ans, coupable d'avoir tenté de soulever les esclaves noirs et tué plusieurs esclavagistes...

Traité de libre-échange franco-britannique

Le 23 janvier 1860 est signé le traité de libre-échange franco-britannique, négocié par Michel Chevalier et Richard Cobden, avec le soutien de William Gladstone, chancelier de l'Échiquier dans le cabinet Palmerston, et l'appui de Napoléon III.

L'Europe va dès lors se vouer au libre-échange et lui rester jusqu'en 1892 en dépit de la «grande dépression européenne», qui débute vers 1873...

La France reçoit Nice et la Savoie

Le 24 mars 1860, par le traité de Turin, le comté de Nice et la Savoie reviennent à la France. Napoléon III obtient ces deux territoires en récompense de son intervention militaire contre l'Autriche, aux côtés du Piémont, et en échange de l'annexion de l'Italie centrale par le Piémont...

Référendum à Nice et en Savoie

Suite au traité de Turin, qui prévoyait la cession de la Savoie et du comté de Nice à la France, les populations concernées sont invitées à donner leur avis sur ce rattachement le 22 avril 1860. C'est la première fois au monde qu'est mis en pratique le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

Sans surprise, les habitants de ces provinces francophones approuvent à une écrasante majorité leur rattachement à la France. À Nice, on compte 25.743 oui, 160 non et 5.000 abstentions ; en Savoie, 235 non et une poignée d'abstentions sur 130.000 votants. Ces résultats montrent que les habitants s'étaient par avance résignés à leur sort. Un sénatus-consulte du 12 juin 1860 confirme l'incorporation des deux provinces à l'Empire français.

Affrontements entre maronites et Druzes

Le 26 mai 1860, maronites et Druzes s'affrontent pour la première fois sur les pentes du mont Liban...

La bataille du pont de Palikao

En août 1860, un corps expéditionnaire de 3000 Anglais et autant de Français débarque dans le golfe de Hobai et prend la route de Pékin, sous le commandement du général Charles Cousin-Montauban. Le 21 septembre 1860, la troupe arrive devant le pont de Pa-li-kao, qui donne accès à la voie dallée menant vers la capitale chinoise.

De l'autre côté du pont manoeuvrent 30.000 cavaliers tatares et un plus grande nombre encore de fantassins chinois, sous le commandement d'un général énergique, San-ko-li-tsing, décidé à en découvre avec les « longs-nez », surnom méprisant donné aux Européens.

Les Français repoussent l'assaut de la redoutable cavalerie tatare. Une fois celle-ci hors-jeu, ils marchent sans faillir vers le pont, faisant refluer devant eux les malheureux fantassins chinois. La journée se solde par une dizaine de tués du côté européen, un millier du côté chinois. Cette victoire dans la «Seconde guerre de l'opium» vaudra à son héros, Cousin-Montauban, le titre honorifique de comte de Palikao.

Le reste n'est plus qu'une promenade et le corps expéditionnaire franco-anglais entre le 13 octobre 1860 à Pékin, d'où s'est enfui l'empereur Xianfeng.

Pékin occupé par les Occidentaux

Le 13 octobre 1860, Pékin est occupée par une expédition franco-anglaise qui veut punir l'empire chinois pour ne s'être pas soumis aux injonctions du traité de Nankin du 29 août 1842 et aux promesses de l'année précédente. Au terme de cette « Seconde guerre de l'opium », le gouvernement impérial devra une nouvelle fois s'incliner devant les exigences occidentales.

Le sac du Palais d'Été

Le 18 octobre 1860, quelques jours après l'entrée des troupes françaises et anglaises dans Pékin, lord Elgin ordonne la mise à sac et l'incendie du Palais d'Été de l'empereur de Chine, en représailles des tortures infligées à des Européens. Il faut dire que l'homme a de qui tenir. Son grand-père démonta le Parthénon en 1801.

Convention de Pékin

Le 24 octobre 1860, après avoir occupé Pékin, Français et Anglais imposent à l'empereur manchou la signature de la convention de Pékin. Par ce traité qui met fin à la « Seconde guerre de l'opium », le gouvernement impérial accorde des indemnités aux Occidentaux, ouvre à leurs commerçants le bassin du Yang Jikiang et à leurs missionnaires l'ensemble de l'empire et concède enfin un agrandissement de la colonie de Hong-Kong.

De la sorte, en usant de la « diplomatie de la canonnière », les Occidentaux n'en finissent pas de grignoter des avantages commerciaux dans l'Empire du Milieu. Mais leurs actes de vandalisme et l'arrogance que traduisent les « traités inégaux » comme celui-ci génèrent dans le même temps de violents ressentiments au sein du peuple chinois...

La Russie s'empare de la Sibérie maritime

Profitant de ce que Français et Anglais tiennent la dynastie mandchoue à leur merci, les Russes se font accorder par les Chinois, le 14 novembre 1860, la rive gauche de l'Amour, ainsi que, le long de l'océan Pacifique, la région qui s'étend de l'embouchure du fleuve Amour, au nord, à la Corée, au sud. Cette région devient leur Province maritime et pour s'en assurer le contrôle, ils construisent une capitale portuaire au nom prometteur : Vladivostok (« Domination de l'Orient » en russe).

Libéralisation du Second Empire

Le 24 novembre 1860, le Corps législatif acquiert le droit d'adresse. C'est une première atteinte au pouvoir absolu de Napoléon III. Sous la pression de l'opinion et aussi sous l'effet de ses propres penchants politiques, l'empereur entreprend de démocratiser le régime.

La Caroline du Sud fait sécession

En réaction à l'élection d'Abraham Lincoln à la présidence des États-Unis, deux semaines plus tôt, les parlementaires de Caroline du Sud votent à l'unanimité la sécession de leur État le 20 décembre 1860. Ils rejettent par avance l'abolition de l'esclavage.

Le président sortant, le démocrate James Buchanan, encore en fonction à la Maison Blanche jusqu'au début de l'année suivante, se montre décontenancé. Sa faiblesse encourage les sécessionnistes du Sud. L'initiative de la Caroline du Sud est rapidement imitée par dix autres États du Sud. Elle va déboucher sur la guerre de Sécession.

Naissance des États confédérés d'Amérique

Le 8 février 1861, les États sécessionnistes du Sud des États-Unis forment les États confédérés d'Amérique.

Abolition du servage en Russie

Le 3 mars 1861, le tsar Alexandre II abolit le servage en Russie...

Investiture de Lincoln

Le 4 mars 1861, dans son discours d'investiture, le nouveau président des États-Unis, Abraham Lincoln, exclut tout compromis avec les États esclavagistes du Sud. La guerre de Sécession devient inévitable.

Victor-Emmanuel II proclamé roi d'Italie

Le 17 mars 1861, grâce à la diplomatie habile de son Premier ministre Camilo Cavour, Victor-Emmanuel II se fait proclamer « roi d'Italie par la grâce de Dieu et la volonté de la nation » par un Parlement national réuni à Turin...

Attaque de Fort Sumter

Le 12 avril 1861, les sécessionistes du sud des États-Unis attaquent Fort Sumter, une dépendance de l'État fédéral. Prémice de la guerre de Sécession.

Une Constitution pour la Tunisie

Le 26 avril 1861, dans le souci de se concilier ses créanciers européens, le bey de Tunis promulgue une Constitution qui instaure en Tunisie un régime monarchique de type parlementaire à l'occidentale ! C'est la première Constitution promulguée dans un pays musulman...

Mort du sultan Abdul-Medjid 1er

Le sultan ottoman Abdul-Medjid 1er meurt le 25 juin 1861. Son frère Abdul-Aziz lui succède. Malgré l'obstruction des partisans de la tradition (les « Vieux Turcs ») et les insurrections locales, il poursuit tant bien que mal la politique réformatrice de son frère (Tanzimat). Il tente aussi d'alléger la dette publique mais ne peut empêcher la banqueroute de l'État et doit se soumettre au bon vouloir de l'ambassadeur russe, au grand scandale de ses sujets.

Début de la guerre de Sécession

Le 21 juillet 1861, pour la première fois de leur Histoire, les Américains s'affrontent sur un champ de bataille, à Bull Run.

C'est le début de la plus terrible guerre qu'aient eu à subir les Américains : la guerre de Sécession, plus communément appelée en Amérique du Nord «Civil War» (guerre civile). Elle a déchiré les États-Unis pendant 4 ans et fait 617.000 morts parmi les combattants, soit davantage qu'aucune autre des guerres qui ont impliqué le pays...

Une Française accède pour la première fois au baccalauréat

Le 16 août 1861, sous le règne de Napoléon III, Julie-Victoire Daubié, une institutrice de 36 ans, militante entêtée des droits de la femme, passe avec succès le baccalauréat à Lyon. Elle est la première Française dans ce cas.

Le ministre de l'Instruction publique refuse de signer le diplôme au prétexte qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique » ! Son successeur Victor Duruy montrera beaucoup plus d'ouverture d'esprit en faisant voter en avril 1867 une loi imposant l'ouverture dans chaque commune de plus de 500 habitants d'une école primaire réservée aux filles.

Publication des Misérables

Le 3 avril 1862 sortent en librairie les deux premiers tomes d'un roman promis à un succès exceptionnel : Les Misérables.

L'auteur est un proscrit à barbe blanche, qui, de son exil de Guernesey, n'en finit pas de lancer des philippiques à l'encontre de l'empereur Napoléon III, alors à l'apogée de son règne.

Mais comme l'empereur lui-même, comme beaucoup de ses contemporains, comme le peintre Millet (L'Angélus, Le vanneur...), Victor Hugo se montre dans les années 1850-1860 très sensible au sort des humbles et à la condition ouvrière.

Les Misérables lui valent une popularité dans tous les pays et toutes les classes sociales. On dit que des ouvriers se cotisent pour acheter l'oeuvre et se la passer de main en main...

Bataille de Puebla

Le 5 mai 1862, la progression des armées françaises au Mexique se heurte à la résistance de Puebla, une ville fortifiée sur la route de Mexico. Cette bataille est le premier accroc dans la guerre franco-mexicaine que les courtisans de l'empereur Napoléon III ont qualifiée de « plus grande pensée du règne ».

7.000 hommes piétinent devant Puebla et mis en déroute par des renforts mexicains ; en grande partie des Indiens descendus des montagnes voisines. Leur victoire sur la « meilleure armée du monde » a un immense retentissement en France comme au Mexique. « Habitants dePuebla (...) vous avez raison de croire que je suis avec vous. Ce n'est pas laFrance qui vous fait la guerre, c'est l'empire... », écrit Victor Hugo aux défenseurs de la ville, de son exil de Guernesey.

Il faut envoyer en catastrophe 28.000 hommes en renfort, sous le commandement du général Forey, pour enfin avoir raison de la résistance de la ville.

Fierté mexicaine

En souvenir de leur victoire sur les Français, les Mexicains ont fait de l'anniversaire du 5 mai 1862 un jour férié et chômé.

La France s'implante en Indochine

Le 5 juin 1862, par le traité de Saigon (aujourd'hui Hochiminh-ville), l'empereur du Vietnam Tu Duc cède la Cochinchine à la France. Il officialise ainsi la présence française en Indochine...

Lincoln abolit en partie l'esclavage

Dans les premiers temps de la guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln s'était refusé à abolir brutalement l'esclavage. Lui-même le jugeait l'esclavage intolérable mais ne concevait pas, comme la plupart de ses concitoyens, que les anciens esclaves noirs pussent massivement obtenir une pleine et entière citoyenneté, à égalité avec les Blancs.

Mais à mesure que se creuse le fossé entre les frères ennemis, le président se résigne à franchir le pas vers l'abolition et à l'utiliser comme arme de guerre. C'est ainsi que le 22 septembre 1862, quelques jours après le premier succès nordiste à la bataille d'Antietam, Lincoln annonce l'émancipation des esclaves dans les États qui persisteront dans la rébellion le 1er janvier 1863.

Cette émancipation sera immédiate et sans indemnité d'aucune sorte dans ces États où vivent 80% des 4 millions d'esclaves noirs des États-Unis de l'époque. Par contre, dans les États intermédiaires, esclavagistes et néanmoins fidèles à l'Union nordiste, elle sera progressive, négociée et indemnisée.

Il n'est pas encore question d'inscrire l'abolition de l'esclavage dans la Constitution, faute d'une majorité suffisante au Congrès. Cependant, en janvier 1865, comme la victoire se rapproche et que le Sud, ruiné et défait, n'est plus en état de négocier quoi que ce soit, Lincoln rédige le texte du futur amendement.

Bismarck devient ministre-président de la Prusse

Le 23 septembre 1862, le roi de Prusse Guillaume 1er nomme un inconnu, Otto von Bismarck, à la présidence du Conseil des ministres, avec le titre de chancelier.

Jusqu'à sa mort, en 1888, il va lui conserver sa confiance malgré leur incompatibilité de caractère et de très violents heurts entre les deux hommes ! La Prusse, l'Allemagne et l'Europe sortiront profondément transformées de cette nomination...

Fondation de la religion bah 'aie

Le 21 avril 1863 marque la naissance en Perse de la religion baha'ie (aussi appelée bahaïsme ou babisme) ; elle est aujourd'hui pratiquée par cinq millions de fidèles. Sa naissance est célébrée du 21 avril au 2 mai par tous les baha'is du monde sous le nom de Ridvan. Cette religion a été fondée par Mirza Husayn-Ali, dit Baha'u'llah (la gloire de Dieu), prophète de Mirza Ali Muhammad, dit el Bâb (la Porte). Ce dernier repose depuis 1899 sur le mont Carmel, au-dessus d'Haïfa...

La Légion résiste à Camerone

Le 30 avril 1863, à Camerone, au Mexique, une poignée de légionnaires français, sous les ordres du capitaine Jean Danjou, résiste à plusieurs milliers de Mexicains...

La bataille de Gettysburg

La bataille de Gettysburg, du 1er au 3 juillet 1863, marque un tournant dans la guerre de Sécession. Elle survient deux ans après le début des hostilités entre les armées du Nord des États-Unis (unionistes) et celles du Sud (confédérés)...

Le Cambodge devient protectorat français

Le 11 août 1863, une convention franco-khmer établit un protectorat de l'empire français sur le Cambodge du roi Norodom 1er...

La Journée des Princes

Le 1er septembre 1863, l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er convie à Francfort tous les chefs d'État allemands pour une « Journée des Princes »...

Discours de Lincoln à Gettysburg

Le 19 novembre 1863, en pleine guerre de Sécession, le président Abraham Lincoln prononce un discours de haute tenue morale au cimetière des combattants de Gettysburg.

The Gettysburg Address figure parmi les textes que les écoliers américains apprennent par coeur.

Le tsar Alexandre II crée les « zemstva »

Le 13 janvier 1864, le tsar libérateur Alexandre II institue par décret les« zemstva » (« zemstvo » au singulier). Dans ces assemblées locales russes, toutes les classes sociales sont représentées et la noblesse n'a plus le monopole du pouvoir...

Le sous-marin CSS Hunley en action

Le 17 février 1864, en pleine guerre de Sécession, un submersible sudiste, le CSS Hunley, devient le premier sous-marin à couler un navire de guerre ennemi.

Gordon s'empare de la citadelle de Changchow

Le 11 mai 1864, le général anglais Charles Gordon s'empare de la citadelle chinoise de Changchow. Son succès met un terme à la révolte des T'ai P'ing (ou Taiping) inaugurée en 1851. S'étant emparés de Nankin, la capitale de la Chine centrale, les Taiping menaçaient de faire tomber la dynastie mandchoue au pouvoir à Pékin. Les Occidentaux apportèrent leur appui à celle-ci pour préserver leurs intérêts commerciaux en Chine. Plus de vingt millions de Chinois périrent du fait de cette révolte.

Convention de Genève sur la Croix-Rouge

Le 22 août 1864, douze États signent la Convention de Genève et mettent en place la Croix-Rouge à l'initiative d'un homme d'affaires et philanthrope genevois, Henri Dunant.

Fondation de la 1ère Internationale

Le 28 septembre 1864, des ouvriers venus de toute l'Europe fondent à Londres la Première Internationale socialiste sous le nom d'Association internationale des travailleurs (AIT). Ses principaux inspirateurs ont nom Bakounine et Karl Marx...

Fin de la « guerre des duchés »

Le 30 octobre 1864, la paix de Vienne met un terme à la « guerre des duchés » qui avait vu l'Autriche, la Prusse et d'autres États allemands attaquer le petit Danemark pour lui enlever les duchés du Slesvig, du Holstein et du Lauenbourg. C'était la première des trois guerres qui allaient conduire le chancelier prussien Otto von Bismarck à l'unification de l'Allemagne.

Pie IX publie le Syllabus

Le 8 décembre 1864, en annexe de l'encyclique Quanta cura, le pape Pie IX publie le Syllabus. Il s'agit d'un catalogue à la Prévert de tout ce que le souverain pontife pense être les erreurs de la pensée moderne. Ce document témoigne de son appréhension face à des États de plus en plus envahissants, qui tendent à limiter la liberté des individus. Il illustre aussi un rejet viscéral de la démocratie que partageront ses successeurs jusqu'à Pie XII, mort en 1958.

Fin de la guerre de Sécession

Le 9 avril 1865, la bataille d'Appomattox met fin à la guerre de Sécession. Le général Lee capitule face au général Grant.

C'est la défaite définitive des Sudistes après une lutte impitoyable de quatre ans, qui aura fait 617.000 victimes. Ainsi, la guerre la plus dure qu'aient jamais livrée les États-Unis aura été une guerre civile...

Abraham Lincoln assassiné

Ce soir du 14 avril 1865, le président Lincoln manifeste le désir d'un moment de détente. Il se rend avec sa femme au Ford's Theatre de Washington...

Stand Watie, le dernier rebelle

Le 23 juin 1865, le dernier général confédéré dépose les armes. Symbole à la fois de deux causes perdues pour lesquelles il a lutté, le général de brigade Stand Watie a la particularité d'être le seul Indien à avoir atteint le grade de général durant la Guerre de Sécession...

Léopold II, roi des Belges

Le 17 décembre 1865, Léopold II devient roi des Belges à la suite de son père Léopold 1er de Saxe-Cobourg, élu roi en 1831.

Abolition de l'esclavage aux États-Unis

Le 18 décembre 1865, le Congrès des États-Unis vote un 13e amendement à leur Constitution...

Naissance de l'Union latine

Le 23 décembre 1865 naît l'Union latine monétaire. La France, la Belgique, la Suisse et l'Italie fixent les parités de leurs monnaies les unes par rapport aux autres...

Premier attentat contre Alexandre II

Le 4 avril 1866, un premier attentat vise le tsar Alexandre II de Russie. C'est un étudiant isolé, Dimitri Karakozov, inspiré par la propagande nihiliste du moment, qui en est l'auteur. À dater de ce jour, le tsar va suspendre le grand chantier de réformes qu'il avait engagé dès son avènement, une dizaine d'années plus tôt.

« Coup de tonnerre » à Sadowa

Le 3 juillet 1866, les Prussiens du roi Guillaume 1er, commandés par le feld-maréchal Helmuth von Moltke, écrasent les Autrichiens de François-Joseph 1er et du maréchal Benedek à Sadowa (Königgrätz en allemand), en Bohême, près de l'Elbe. Cette seule bataille met fin à la guerre entre les deux pays. Elle fait en Europe l'effet d'un « coup de tonnerre » car nul n'imaginait une victoire aussi complète de la Prusse...

Naissance de l'Autriche-Hongrie

Le 8 février 1867, l'empire autrichien cède la place à une double-monarchie austro-hongroise...

Les États-Unis achètent l'Alaska à la Russie

Le 9 avril 1867, les États-Unis achètent l'Alaska à la Russie. Le président des États-Unis saute sur l'affaire que lui présente le tsar, malgré les réticences de son opinion publique à payer 7 millions de dollars pour quelques déserts de glace. Nul n'imagine le bénéfice que le pays retirera un jour de sa nouvelle acquisition : bases stratégiques, pétrole…

Le traité de Londre consolide l'indépendance du Luxembourg

État-tampon issu du Congrès de Vienne (1815), le grand-duché de Luxembourg a pour souverain le roi des Pays-Bas mais fait également partie d'une Confédération germanique et doit, à ce titre, accepter sur son petit territoire une garnison prussienne.

En 1867, l'empereur des Français Napoléon III confie au chancelier prussien Otto von Bismarck son désir d'être récompensé pour sa médiation dans la guerre entre l'Autriche et la Prusse. Le Luxembourg paraît être un « pourboire » acceptable et la France pourrait l'acheter au roi des Pays-Bas.

Cependant, lorsque ce projet est communiqué à l'opinion publique allemande, celle-ci s'oppose catégoriquement à cette cession, considérant le Luxembourg comme un territoire historiquement allemand.

Pour régler cette crise, une conférence réunit à Londres les principales puissances. Par un traité signé le 11 mai 1867, la France renonce à l'annexion du Luxembourg, en échange de quoi la Prusse retire ses garnisons du grand-duché de Luxembourg, lequel est déclaré neutre et peut dès lors savourer une pleine indépendance.

François-Joseph roi de Hongrie

Le 8 juin 1867, l'empereur d'Autriche François-Joseph et sa femme « Sissi » ceignent à Budapest la couronne de Saint-Étienne. Ils consacrent ainsi la naissance de la monarchie bicéphale d'Autriche-Hongrie.

Maximilien fusillé à Queretaro

Le 19 juin 1867, l'archiduc Maximilien de Habsbourg est fusillé au Cerro de las Campanas, une butte qui domine la ville de Queretaro, au Mexique, avec deux de ses généraux, par les partisans du président Juarez.

Sa dernière pensée est pour sa femme, devenue folle de chagrin : « Pauvre Charlotte », murmure-t-il avant de mourir.

Sa mort met un point final à la malencontreuse expédition du Mexique, engagée par Napoléon III.

Naissance du Canada actuel

Le 1er juillet 1867 naît le Canada sous sa forme actuelle. Ce jour-là, la reine Victoria promulgue l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Ce texte issu des conférences de Charlottetown et de Québec jette les bases de la Confédération canadienne avec un Parlement fédéral et un gouvernement central à Ottawa.

Les deux anciennes provinces du Haut-Canada et du Bas-Canada, qui avaient fusionné avec l'Acte d'Union du 23 juillet 1840, réapparaissent sous la dénomination respective d'Ontario et de Québec (à ne pas confondre avec la ville fondée par Samuel de Champlain). Deux autres colonies britanniques leur sont par ailleurs adjointes au sein de la nouvelle Confédération : le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse.

Fête de la Fédération canadienne

En souvenir de l'acte fondateur du Canada actuel, le 1er juillet est devenu la fête de la Fédération canadienne.

Karl Marx publie Das Kapital

Le 17 juillet 1867, Karl Marx publie à Londres le premier tome de son oeuvre principale, Das Kapital (Le Capital). Les deux tomes suivants sont publiés par Engels après la mort de leur auteur, le 14 mars 1883. Cet ouvrage volumineux et indigeste va devenir pendant plus d'un siècle la référence obligée des socialistes et révolutionnaires du monde entier.

Premier câble transatlantique

Le 27 juillet 1867 est inauguré le premier câble télégraphique transatlantique. Long de 3700 km, il marque le début de l'ère des télécommunications. Les câbles sous-marins sont aujourd'hui relayés - ou concurrencés - par les satellites.

Droit de vote pour les ouvriers britanniques

Le 15 août 1867, à l'initiative du Premier ministre Benjamin Disraeli, les ouvriers qualifiés des villes obtiennent le droit de vote. La loi électorale double pratiquement le nombre d'électeurs...

Les chassepots font merveille à Mentana

Le 3 novembre 1867, des volontaires garibaldiens tentent de pénétrer à Rome et d'en chasser le pape Pie IX. Ils veulent remettre la ville au roi d'Italie Victor-Emmanuel II pour achever l'unité politique de la péninsule...

Le Japon entre dans l'« ère des Lumières »

L'empereur Meiji en 1873Le 9 novembre 1867 débute au Japon l'ère Meiji, du nom de règne de l'empereur Mutsuhito (Meiji veut dire lumière en japonais).

Par ce nom de règne, le nouveau souverain, à peine âgé de 15 ans, veut signifier sa volonté de moderniser l'empire du Japon et de l'ouvrir sur le monde.

Il décide d'écarter le shogun Tokugawa, maître tout-puissant du gouvernement, et d'assumer lui-même la direction du pays avec le concours des grands seigneurs (daimyo) réformistes.

En moins d'une génération, il va hisser son pays parmi les grandes puissances de la planète, toutes les autres appartenant à la sphère occidentale...

Charte de Cinq articles au Japon

Le 6 avril 1868, au Japon, l'empereur Meiji (Mutsuhito) promulgue la Charte de Cinq articles. Elle marque la fin du régime féodal et la modernisation administrative.

Gladstone Premier ministre du Royaume-Uni

Le 9 décembre 1868, le chef du parti libéral (whig), William Gladstone, devient à 59 ans Premier ministre du Royaume-Uni.

Cet Écossais est animé par des convictions religieuses très rigides qui le portent à émanciper les catholiques et les israélites, pacifier l'Irlande, développer l'éducation et moderniser les règles démocratiques...

Mendeleïev met de l'ordre dans la chimie

Le 6 mars 1869, un chimiste russe de 35 ans, Dimitri Ivanovitch Mendeleïev, présente devant la Société chimique russe la première version de sa classification périodique des éléments. Elle conserve toute sa pertinence et est aujourd'hui connue de tous les collégiens du monde entier...

Les États-Unis unifiés par le chemin de fer

Le 10 mai 1869, les États-Unis sont enfin traversés d'est en ouest par une ligne de chemin de fer. Les deux équipes chargées de sa construction, l'une partie de Sacramento, en Californie, l'autre d'Omaha, dans le Nebraska, opèrent une jonction triomphale en un lieu appelé Promontory Point, dans l'Utah.

Les États-Unis forment désormais un ensemble humain unifié. Il s'ensuit la fixation des fuseaux horaires afin de pouvoir établir des horaires rigoureux pour les trains transcontinentaux (les fuseaux horaires sont adoptés au plan international en 1884, lors de l'International Prime Meridian Conference, à Washington).

La construction de la première ligne transcontinentale a été concédée à deux compagnies privées qui ont reçu des terres tout le long de la ligne dont la vente à des colons est destinée à rentabiliser les travaux. L'État procèdera de la même façon avec les lignes suivantes. Dès 1914, les États-Unis compteront 220.000 kilomètres de voies ferrées. Ce réseau, encore très actif, est surtout voué au transport de marchandises (le fret).

Rencontre à Promontory Point, Utah

Inauguration du canal de Suez

Le 17 novembre 1869, le canal de Suez est inauguré en présence de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de l'empereur d'Autriche François-Joseph.

Au terme des travaux, le canal, d'une longueur de 162 km, sur 54 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur, traverse l'isthme de part en part.

Des villes nouvelles naissent dans le désert : Port-Saïd sur la Méditerranée (ainsi nommée en l'honneur du khédive) et Suez sur la mer Rouge, ainsi qu'Ismaïla, entre les deux...

Funérailles tumultueuses de Victor Noir

Le 12 janvier 1870, les funérailles d'Yvan Salmon, dit Victor Noir, sont suivies par 100.000 personnes...

Plébiscite en faveur de l'Empire libéral

Le 8 mai 1870, l'Empire libéral de Napoléon III sort renforcé d'un plébiscite (*) qui lui donne 7.336.000 oui contre 1.560.000 non. A Paris, toutefois, à la différence du reste du pays, une majorité républicaine se prononce contre le régime. Mais la déclaration de guerre à la Prusse, le 19 juillet 1870, et la défaite de Sedan allaient détruire les illusions de l'empereur et provoquer la chute de son régime le 4 septembre de la même année.

La dépêche d'Ems

Dans la ville d'eaux d'Ems, le 13 juillet 1870, le roi Guillaume 1er s'entretient avec l'ambassadeur de France Benedetti de la candidature d'un prince Hohenzollern à la couronne d'Espagne.

La dépêche qui relate l'entrevue est habilement caviardée par le chancelier Bismarck, assisté du chef d'état-major von Moltke et du ministre de la Guerre Roon, de façon à irriter la susceptibilité des opinions publiques. Succès total : réagissant au quart de tour au ton méprisant de la dépêche, le ministre des Affaires étrangères de Napoléon III, le duc de Gramont, conduit la France à déclarer la guerre à la Prusse.

À la tribune de l'Assemblée, le chef du gouvernement Émile Ollivier prononce des paroles malheureuses : « De ce jour commence pour les ministres mes collègues et pour moi une grande responsabilité. Nous l'acceptons d'un coeur léger... d'un coeur confiant ».

Le pape infaillible

Le 18 juillet 1870, le concile Vatican I réunit à l'initiative du pape Pie IX (Giovanni-Maria Ferretti) définit le dogme de l'infaillibilité pontificale.

Les cardinaux reconnaissent comme vraies et irrévocables les interprétations du dogme prononcées par le souverain pontife...

Napoléon III déclare la guerre à la Prusse

Le 19 juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. L'empereur tombe dans le piège préparé par le chancelier Bismarck, par la faute de son ministre des Affaires étrangères, le duc Adolphe de Gramont, partisan d'une politique belliciste.

La déclaration de guerre de la France conduit à l'union de toute l'Allemagne derrière la Prusse. Celle-ci aligne immédiatement 800.000 hommes, transportés en chemin de fer sur la frontière. La France 250.000 seulement, dans le plus grand désordre, faute d'avoir mené à bien la réforme du ministre Adolphe Niel, qui devait, deux ans plus tôt, généraliser le service militaire et créer une armée de seconde ligne (la garde mobile)... Un mois et demi plus tard, l'empereur est fait prisonnier à Sedan.

Charge héroïque de Froeschwiller

Le 6 août 1870, deux semaines après la déclaration de guerre de Napoléon III à la Prusse, une armée française est battue à Forbach, ce qui entraîne pour la France la perte de la Lorraine. Le même jour, le maréchal de Mac-Mahon est battu à Froeschwiller-Woerth, d'où la perte de l'Alsace. Cette défaite est occultée par un fait d'armes héroïque : la folle charge des cuirassiers français dans les houblonnières, près du village de Reichshoffen, où hommes et chevaux s'empêtrent et succombent sous le feu ennemi.

Napoléon III est fait prisonnier à Sedan

Le 2 septembre 1870, à Sedan, l'armée française commandée par le maréchal Patrice de Mac-Mahon est obligée de se rendre aux Prussiens. Napoléon III est fait prisonnier...

Proclamation de la République

Le 4 septembre 1870, les Parisiens proclament la République (c'est la IIIe du nom). En souvenir de ce jour, de nombreuses rues de France portent le nom du « Quatre Septembre »...

Les troupes piémontaises entrent à Rome

Le 20 septembre 1870, quelques jours après la chute du Second Empire français, les troupes piémontaises entrent à Rome. Le roi Victor-Emmanuel profite de la chute de Napoléon III, qui s'opposait à l'annexion par l'Italie des dernières possessions du pape, pour achever l'unification de la péninsule.

Le pape Pie IX se considère dès lors prisonnier au Vatican. Ses successeurs feront de même jusqu'aux accords de Latran qui, en 1929, transformeront le Vatican en un État souverain.

Gambetta quitte Paris en ballon

Le 8 octobre 1870, Léon Gambetta quitte Paris en ballon pour échapper au siège de l'armée prussienne. Il va tenter de regrouper à Tours une armée en vue de relancer la lutte contre l'envahisseur. La reddition honteuse de Bazaine à Metz va ruiner ses efforts.

Crémieux francise les juifs d'Algérie

Le 24 octobre 1870, le décret Crémieux donne la citoyenneté française aux juifs d'Algérie...

Bazaine capitule à Metz

Le 27 octobre 1870, le maréchal François Bazaine capitule à Metz avec son armée de 180.000 hommes, réduisant à néant les chances de sursaut de la France face à l'offensive allemande.

Il est vrai qu'il considère l'installation de la République en France comme un danger plus grand encore que la victoire ennemie et le démembrement prévisible du pays...

Siège de Belfort

Le 4 novembre 1870 commence le siège de Belfort. Les armées prussiennes prennent place autour de la ville pour plus de cent jours. Le courage du colonel Denfert-Rochereau, qui organise la résistance de la ville, permet que celle-ci résiste aux bombardements comme au froid intense qui s'abat. Denfert-Rochereau ne consentira à se rendre que sur un ordre du gouvernement.

Proclamation de l'Empire allemand

Le 18 janvier 1871, l'Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles. Ce IIe Reich (Empire) succède au Saint Empire romain germanique fondé par Otton le Grand et aboli par Napoléon...

Armistice franco-allemand

Le 28 janvier 1871, le gouvernement provisoire de la France signe un armistice avec le roi de Prusse. Celui-ci a été proclamé empereur d'Allemagne une semaine plus tôt, dans la galerie des glaces de Versailles.

La paix est conclue à Francfort le 10 mai suivant, mettant fin à la guerre franco-prussienne...

Adolphe Thiers chef du gouvernement exécutif

Les premières élections générales depuis la chute de Napoléon III se soldent le 8 février 1871 par une écrasante majorité conservatrice et monarchiste. Le 17 février suivants, les députés, réunis à Bordeaux pour cause d'invasion prussienne, désignent Adolphe Thiers (73 ans) comme « chef du gouvernement exécutif de la République française » en attendant de statuer sur la nature du régime futur : monarchie ou république.
Le 31 août 1871, à Versailles, l'assemblée se proclame Constituante et, dans le même temps, donne le titre de président de la République à Thiers.

Belfort se rend après 103 jours de siège

Le 18 février 1871, la garnison de Belfort se rend aux Allemands qui assiègent la ville alsacienne depuis 103 jours...

Début de la Commune de Paris

Le 18 mars 1871, une émeute éclate à Paris, sur la butte Montmartre. Adolphe Thiers, chef du gouvernement provisoire de la République, renonce à la réprimer et s'enfuit à Versailles avec tous les corps constitués.

C'est l'amorce de la «Commune». Maîtres malgré eux de la capitale, les révolutionnaires et militants socialistes vont offrir à la bourgeoisie républicaine l'occasion de se débarrasser une fois pour toutes de la «question sociale». Il en coûtera 20.000 victimes....

Thiers abandonne Paris aux Communards

Le 25 mars 1871, Adolphe Thiers abandonne Paris aux Communards. Les Prussiens campent autour de Paris, l'Assemblée constituante est réfugiée à Bordeaux. Face à une capitale traumatisée par la défaite et secouée par des émeutes sporadiques, Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif, décide d'évacuer les soldats et de revenir en force pour débarrasser la ville de ses éléments républicains, socialistes ou révolutionnaires.

Cheikh El-Haddad en guerre contre les Français

Le 8 avril 1871, le grand maître d'une confrérie musulmane d'Algérie, Cheikh El-Haddad, proclame la guerre sainte contre l'occupant français. Un tiers de la population musulmane du pays entre en rébellion. C'est la dernière des grandes rébellions algériennes avant la guerre d'indépendance.

Traité de Francfort

Le 10 mai 1871, Jules Favre et Adolphe Thiers signent au nom de la France un traité de paix avec l'Allemagne à l'hôtel du Cygne, à Francfort (Allemagne)...

Fin sanglante de la Commune

Le 28 mai 1871, au terme d'une Semaine sanglante, la Commune de Paris n'existe plus.

Au prix de plusieurs dizaines de milliers d'exécutions et d'arrestations, Adolphe Thiers peut se flatter d'avoir débarrassé le pays de la «question sociale». Celle-ci sera en effet absente de la scène politique française jusqu'en 1936...

Découverte de Grand Zimbabwe

Le 5 septembre 1871, l'explorateur allemand Karl Mauch découvre en Afrique australe une vaste enceinte en pierre et des murailles et tourelles en ruines. Il croit pouvoir identifier une cité évoquée dans la Bible comme étant celle de la reine de Saba (Ophir).

Les chercheurs finiront par admettre l'origine proprement africaine de ces ruines appelées Grand Zimbabwe. On sait aujourd'hui qu'elles relèvent de la civilisation bantoue des Shona.

« Dr. Livingstone, I presume ?  »

Le 10 novembre 1871, dans un village reculé d'Afrique orientale, Ujiji, deux hommes blancs se font face au milieu d'un attroupement d'Africains. Le plus jeune, un aventurier du nom de Stanley, s'avance vers son aîné :  «Dr Livingstone, I presume !»...

Aïda au Caire

Le 23 décembre 1871, est jouée au Caire la première de Aïda de Giuseppe Verdi, à l'occasion de l'inauguration du nouvel Opéra de la ville. Deux ans plus tôt, l'ouverture du canal de Suez a rapproché l'Egypte de l'Occident.

Disraeli exalte les conquêtes coloniales

Le 24 juin 1872, dans le Crystal Palace, le somptueux palais des expositions londonien inauguré vingt ans plus tôt par le prince Albert, Benjamin Disraeli, chef de l'opposition conservatrice, prononce un retentissant discours dans lequel il se propose de promouvoir l'empire colonial britannique (« uphold the Empire of England », dit-il).

Auparavant, les conquêtes coloniales étaient le fait de compagnies marchandes ou d'aventuriers et les gouvernements ne s'y engageaient qu'avec réticence car ils n'y voyaient que des sources de difficultés. On peut dater du discours de Disraeli la naissance de l'impérialisme anglais et plus largement européen, marqué par les péripéties de la « course au drapeau » en Afrique et en Asie.

La même année, le 7 avril 1872, Léon Gambetta, un fougueux républicain français, lance à Angers: « Pour reprendre véritablement le rang qui lui appartient dans le monde, la France se doit de ne pas accepter le repliement sur elle-même. C'est par l'expansion, par le rayonnement dans la vie du dehors, par la place qu'on prend dans la vie générale de l'humanité que les nations persistent et qu'elles durent; si cette vie s'arrêtait, c'en serait fait de la France » (*).

Révélation de Gilgamesh

Le 3 décembre 1872, devant la Société d'Archéologie Biblique de Londres, George Smith (32 ans) raconte le déluge d'après le récit d'un roi mésopotamien, Gilgamesh !...

Mac-Mahon succède à Thiers à l'Élysée

Le 24 mai 1873, à Paris, la majorité monarchiste de l'Assemblée nationale retire sa confiance au président de la République Adolphe Thiers. Elle élit à sa place le maréchal Patrice de Mac Mahon, duc de Magenta, héros de Malakoff (65 ans) avec pas moins de 300 voix sur 392 (on qualifie depuis lors d'« élection de maréchal » une élection à la quasi-unanimité !)...

Schliemann découvre le Trésor de Priam

Le 14 juin 1873, l'archéologue amateur Heinrich Schliemann et sa jeune femme découvrent un fabuleux trésor sur le site de la colline d'Hissarlik, en Turquie, qu'ils auront vite fait d'attribuer à Priam, le roi de Troie, selon Homère, l'auteur de L'Iliade.

Le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore

Le 23 octobre 1873, le comte de Chambord rejette le drapeau tricolore et ruine les espoirs des monarchistes.

Naissance du septennat en catimini

Le 20 novembre 1873, en France, l'Assemblée nationale vote une loi qui confie la Présidence de la République au maréchal de Mac-Mahon pour sept ans. Cette mesure prise à titre conservatoire sera appelée à durer... 127 ans...

Francis Garnier tué par les « Pavillons noirs »

Le 21 décembre 1873, l'officier de marine Francis Garnier (34 ans) meurt près de Hanoi au cours d'un combat entre sa troupe et des irréguliers chinois, les « Pavillons noirs »...

Première exposition de l'Impressionnisme

Le 15 avril 1874, une trentaine de peintres exposent leurs oeuvres dans l'atelier de leur ami, le photographe Félix Tournachon, plus connu sous le pseudonyme Nadar, au 35, boulevard des Capucines.

Nombre d'entre eux ont déjà participé onze ans plus tôt au «Salon des Refusés» autour d'Édouard Manet...

Inauguration de l'Opéra

Le 5 janvier 1875 a lieu la représentation inaugurale de l'Opéra de Paris en présence du président de la République, le maréchal de Mac-Mahon, de la reine mère d'Espagne, du lord-maire de Londres ainsi que d'environ 2500 spectateurs.

L'architecte Charles Garnier n'a pas été invité et a dû payer sa place. Il n'en est pas moins acclamé par le public...

Le mot république dans l'amendement Wallon

Le 30 janvier 1875, l'amendement Wallon introduit subrepticement le mot République dans les lois constitutionnelles échafaudées par les parlementaires français...

Première de Carmen

Le 3 mars 1875, les Parisiens assistent à la première représentation de Carmen, un opéra de Georges Bizet, d'après une nouvelle éponyme de Prosper Mérimée, mort cinq ans plus tôt à 72 ans.

Le compositeur, qui a lui-même 37 ans, reçoit le jour même la Légion d'honneur.

Quelques mois plus tard, le 3 juin 1875, il meurt suite à un refroidissement après un bain dans la Seine, à Bougival. Carmen, devenu l'opéra le plus populaire du monde, va lui valoir une éternelle renommée.

Toreador, en garde, Toreador, Toreador !
Et songe bien, oui, songe en combattant
Qu'un oeil noir te regarde,
Et que l'amour t'attend,
Toreador, L'amour t'attend !

Congrès de Gotha

Le 22 mai 1875, deux partis socialistes allemands tiennent un congrès commun à Gotha (Thuringe), une petite ville surtout célèbre pour son almanach des têtes couronnées, en vue de s'unir face au chancelier Bismarck.

Bien que d'inspiration marxiste, le parti ouvrier social-démocrate conduit par Wilhelm Liebknecht accepte de fusionner avec l'Association générale des travailleurs fondée par Ferdinand Lassalle pour bâtir un programme réformiste...

Le sultan Abdul-Hamid II contre les réformes

Le 30 mai 1876, le sultan ottoman Abdul-Aziz est contraint d'abdiquer en faveur de son neveu Mourad V (en turc Murat V), fils d'Abdul-Medjid 1er, le précédent sultan. Il meurt cinq jours plus tard dans des conditions mystérieuses.

Trois mois plus tard, le 31 août 1876, Mourad V est déclaré « fou » (il était en fait alcoolique) et à son tour déposé. Il est remplacé par son frère Abdul-Hamid II (en turc Abdulhamit II).

C'en est fini de la politique de réformes du Tanzimat, engagée par Abdul-Medjid 1er. Le sultan Abdul-Hamid II proclame une nouvelle Constitution qui instaure une monarchie parlementaire mais il la suspend presque aussitôt. Le Parlement reprendra ses droits en 1908 et obligera le sultan à la démission l'année suivante.

Le général Custer tué à Little Bighorn

Au matin du 25 juin 1876, le général américain George Armstrong Custer tombe dans une embuscade tendue par les Sioux du chef Sitting Bull.

Les 285 hommes du détachement de cavalerie se font proprement massacrer par les Indiens près de la rivière de Little Bighorn, dans le Montana...

Conférence de géographie sur l'Afrique

Le 12 septembre 1876, au palais royal de Bruxelles, le roi Léopold II ouvre une Conférence de géographie destinée à relancer l'exploration de l'Afrique...

La dernière bataille des samouraïs

L'empereur du Japon Meiji Tenno ayant remplacé le corps féodal des samouraïs par une armée de conscrits, son ancien ministre de la Guerre Saigo Takamori prend la tête d'une ultime révolte de ces guerriers, nostalgiques de leur code de l'honneur (le bushido), de leurs beaux uniformes et de leur sabre rituel (le katana).

À la tête de quelques centaines de samouraïs, il est défait le 22 février 1877 devant le château de Kumamoto par 30.000 soldats impériaux. Fidèle à l'honneur ancestral, il se suicide par éventrement selon le rite du seppuku (faussement appelé harakiri).

Cinq-Mars de Gounod

Le 5 avril 1877, Charles Gounod crée un opéra intitulé Cinq-Mars. Il présente sous une forme passablement déformée la tragédie d'un jeune conspirateur sous le gouvernement de Richelieu.

La Roumanie se proclame indépendante

Le 9 mai 1877, la Roumanie proclame son indépendance à la faveur d'une guerre entre les Russes et l'occupant turc. L'indépendance du pays sera reconnue l'année suivante à la conférence de Berlin.

Mac-Mahon affronte la Chambre

Le 16 mai 1877, le maréchal Patrice de Mac-Mahon, président de la République française, renvoie le président du Conseil, le républicain Jules Simon, à cause d'un différend sur les questions religieuses. Le lendemain, il nomme à la tête du gouvernement le très conservateur Albert de Broglie.

La Chambre issue des élections du 5 mars 1876, à forte majorité républicaine, s'irrite de cette attitude et met le gouvernement en minorité...

Obsèques de Thiers

Le 8 septembre 1877, oublieux de son passé monarchiste et de son attitude à l'égard des Communards, le peuple français unanime offre des obsèques grandioses à Adolphe Thiers, mort cinq jours plus tôt, à 80 ans. Léon Gambetta, son rival de toujours, marche en tête du cortège funéraire. Sa dépouille est ensevelie au Père-Lachaise, sous un énorme monument en forme d'arc de triomphe.

Les Russes aux portes de Constantinople

Le 20 janvier 1878, les Russes s'emparent de la ville d'Andrinople, dans la région des Balkans encore soumise aux Turcs ottomans...

Premier central téléphonique

Le 28 janvier 1878 est inauguré le premier central téléphonique. Deux ans à peine après l'invention du téléphone par l'américain Graham Bell, le central est mis en place à New-Haven, dans le Connecticut. Les opératrices desservent 21 abonnés.

Traité de San Stefano

Le 3 mars 1878, le traité de San Stefano consacre la formation d'une grande Bulgarie.

Ouverture du congrès de Berlin

Le chancelier Otto von Bismarck ouvre à Berlin, le 13 juin 1878, le premier grand congrès international depuis celui qui s'est tenu à Vienne en 1814 et 1815.

Ce congrès se réunit pour concilier les Anglais et les Russes, les premiers s'opposant à la mainmise des seconds sur les Balkans et les possessions ottomanes d'Europe, par le traité de San Stefano conclu avec les Turcs le 3 mars de la même année.

Le Premier ministre britannique Benjamin Disraeli obtient le renoncement de Moscou à une Grande Bulgarie plus ou moins vassale. Il occupe pour sa part l'île de Chypre. La France, là-dessus, proteste et obtient pour son compte la promesse d'un protectorat sur la Tunisie, une province ottomane très largement autonome.

Les Zoulous humilient Sa Majesté

Le 22 janvier 1879, une armée zouloue de 20.000 hommes attaque les Anglais à Isandhlwana, en Afrique australe...

Jules Grévy président de la République

Le 30 janvier 1879, suite à la démission de Maurice de Mac-Mahon, les parlementaires élisent le républicain modéré Jules Grévy (71 ans) à la présidence de la République...

Traité anglo-afghan de Gandamak

Le 26 mai 1879, le traité de Gandamak met un terme à la deuxième guerre anglo-afghane. La première s'était terminée par un désastre britannique. Celle-ci se conclut par un compromis. Les Anglais se gardent d'occuper l'Afghanistan mais se font concéder par l'émir Chêr Ali (ou Chir Ali) la surveillance de la passe stratégique de Kaïber (Khyber pass) et un droit de regard sur sa politique étrangère. Ainsi neutralisent-ils le glacis qui sépare leur colonie des Indes de l'empire russe.

Maîtres chez eux, les Afghans renoncent à s'immixer dans les rivalités entre grandes puissances. C'est une attitude qu'ils conserveront au XXe siècle pendant la « guerre froide » entre URSS et États-Unis.

Mort tragique du Prince impérial

Le 1er juin 1879, le Prince impérial, fils unique de l'empereur déchu Napoléon III, meurt en Afrique australe, en combattant les Zoulous...

Le « plan Freycinet » à l'oeuvre

Le 17 juillet 1879, Charles de Saulces de Freycinet, Polytechnicien et ministre des Travaux Publics, fait voter le plan qui porte son nom, pour la construction de 8.700 kilomètres de voies ferrées d'intérêt local ainsi que de nombreux canaux à petit gabarit (le « gabarit Freycinet »)...

Boycott 1er

Le 17 septembre 1879, en Irlande, Charles Parnell, président de la Ligue agraire, inaugure une tactique nouvelle pour faire plier les propriétaires et les régisseurs qui maltraitent ou dépouillent leurs tenanciers : la mise en quarantaine.

La première « victime » est un certain capitaine Charles Boycott, régisseur d'un grand propriétaire. Du jour au lendemain, il ne trouve plus aucun employé ni commerçant qui accepte de traiter avec lui ou seulement de lui parler. Pour éviter que ses récoltes ne pourrissent sur pied, il fait venir des paysans protestants de l'Ulster sous la protection de l'armée. Finalement, il jettera l'éponge et quittera l'Irlande, laissant son nom à la postérité !

Edison invente l'ampoule électrique

Le 22 octobre 1879, un inventeur de génie s'éclaire pour la première fois à la lumière électrique.

Après d'innombrables essais qui témoignent d'une rare détermination, l'Américain Thomas Edison réussit à produire un éclairage durable en faisant passer du courant à travers un filament de carbone, dans une ampoule sous vide...

Jules Ferry expulse les religieux de l'enseignement

Le 29 mars 1880, deux décrets de Jules Ferry expulsent les religieux de l'enseignement...

Tahiti devient colonie française

Tahiti est la plus grande et la plus célèbre des îles Sous-le-Vent, dans l'archipel de la Société (1000 km2 et aujourd'hui 200.000 habitants). Séduit par l'accueil de ses habitant(e)s, des Polynésiens à la peau cuivrée, l'explorateur Bougainville, en 1768, l'a baptisée « Nouvelle-Cythère » mais ce nom ne lui est pas resté !

Au siècle suivant, l'île a fait l'objet d'une concurrence entre missionnaires protestants (britanniques) et catholiques (français). Devançant les Anglais, un officier de marine, l'amiral Dupetit-Thouars, a imposé en 1842 le protectorat de la France à la reine Pomaré IV. Il aurait souhaité une annexion pure et simple de l'île mais le roi Louis-Philippe s'y était refusé.

Le 29 juin 1880, le fils et successeur de la reine Pomaré cèdera enfin ses droits à la République française, laquelle créera avec Tahiti et les autres îles et archipels de la Polynésie une nouvelle colonie. La Polynésie française est aujourd'hui un territoire d'outre-mer autonome.

Traité entre Savorgnan de Brazza et le roi des Bateké Tio

Le 10 septembre 1880, Pierre Savorgnan de Brazza signe avec un chef africain un traité de protectorat.

Par ce traité auquel l'Africain ne comprend goutte, la République française établit son protectorat sur un vaste territoire qui fait aujourd'hui partie du Congo-Brazzaville...

Achèvement de la cathédrale de Cologne

Le 15 octobre 1880, la cathédrale de Cologne, « mère de toutes les cathédrales allemandes », est enfin achevée, plus de six siècles après le début des travaux !

L'évêque Conrad en avait posé la première pierre en 1248, tandis qu'en France, le roi Louis IX inaugurait la Sainte Chapelle. La construction se traîne jusqu'en 1560, date à laquelle elle est interrompue pour des raisons financières qui dissimulent l'épuisement de l'élan religieux médiéval. Le culte est suspendu en 1794.

En 1841, un courant d'opinion romantique et sensible au renouveau du pangermanisme se mobilise en faveur de la cathédrale. Une société est créée en vue de son achèvement. La construction en style gothique tardif prend fin avec l'achèvement de la tour sud, haute de 157,38 mètres, qui fait de la cathédrale le bâtiment le plus haut du monde jusqu'à l'inauguration de la Tour Eiffel, en 1889.

Les Frères Karamazov

Le 8 novembre 1880 est publié l'un des plus célèbres romans du russe Fédor Dostoievski, Les Frères Karamazov.

Les filles entrent au lycée

Le 21 décembre 1880, le député Camille Sée, ami de Jules Ferry, fait passer une loi qui ouvre aux filles l'accès à un enseignement secondaire public.

Jusque-là, les jeunes Françaises qui désiraient prolonger leurs études n'avaient d'autre solution que les établissements confessionnels. Dans les lycées publics qui leur sont ouverts, les cours de religion sont remplacés par des cours de morale. L'Église n'a plus le monopole de la formation des filles.

L'année suivante, Camille Sée fait voter la création de l'École Normale Supérieure de Sèvres en vue de former des professeurs féminins pour ces lycées car il n'est pas encore question de mixité.

assassinat du tsar Alexandre II

Le tsar Alexandre II est assassiné par un groupe de jeunes bourgeois anarchistes appelé Narodnaia volia (Volonté du peuple) le 13 mars 1881, le jour où il s'apprêtait à donner une Constitution à son pays et... annoncer son mariage avec sa jeune maîtresse...

Traité du Bardo

Le 12 mai 1881, le gouvernement français et le souverain de Tunisie (aussi appelé bey de Tunis) signent un traité au palais de Kassar Saïd, près du Bardo, dans la banlieue de Tunis...

Attentat contre le président James Garfield

Le 2 juillet 1881, en gare de Washington, le président américain James Garfield est blessé par un déséquilibré, Charles J. Guilteau, qui l'accuse de ne pas lui avoir fourni un emploi. Il meurt le 19 septembre suivant. C'est le deuxième des quatre présidents américains assassinés, après Lincoln, avant McKinley et Kennedy...

« Qu'est-ce qu'une nation ?  »

Le 11 mars 1882, à la Sorbonne, l'historien Ernest Renan, au faîte de sa gloire, prononce une conférence appelée à un grand retentissement : « Qu'est-ce qu'une nation ? ». Prenant le contrepied des romantiques allemands, devenus les ennemis de la France par la guerre franco-prussienne de 1870, il rejette toute définition culturelle ou raciale de la nation. À ses yeux, celle-ci naît de l'héritage historique et de la volonté de vivre ensemble.

Première pierre de la Sagrada Família à Barcelone

Le 19 mars 1882, est lancée la construction d'une nouvelle église à Barcelone, en Espagne. Rien d'extraordinaire a priori, mais le projet va évoluer et prendre une ampleur inattendue avec l'arrivée d'un jeune architecte visionnaire, Antoni Gaudí.

La Sagrada Família, éternel chantier, est devenue le symbole le plus éclatant de Barcelone et de la Catalogne. Quant à Antoni Gaudí, il s'épanouira dans l'Art nouveau, l'un des derniers mouvements artistiques pan-européens.

L'armée anglaise débarque en Égypte

Le 2 août 1882, l'armée anglaise débarque à Alexandrie pour mettre fin à des émeutes populaires et imposer sa protection à l'Égypte...

Apparition des poubelles

Le 24 novembre 1883, sous la IIIe République, Eugène René Poubelle, le préfet du département de la Seine, impose aux Parisiens l'usage de réceptacles fermés pour l'évacuation des ordures ménagères. Il s'agit d'en finir avec la crasse qui fait la mauvaise réputation de la capitale depuis le Moyen Âge et les premières dispositions royales...

Le préfet met en place un ramassage quotidien par des voitures tirées par des chevaux. Il prévoit même un tri collectif avec trois types de réceptacles (déchets organiques, verre, faïence ou coquilles d'huîtres...) mais cette mesure, mal appliquée, disparaîtra du deuxième arrêté relatif à la collecte des ordures, le 7 mars 1884.

Mal accueillis, les arrêtés du préfet suscitent l'hostilité de la grande presse et un journaliste du Figaro qualifie par dérision les réceptacles de «boîtes Poubelle». Le nom leur restera pour l'éternité.

Ces réceptacles se généralisent très vite dans la capitale française puis dans toutes les grandes villes. De façon très bénéfique, ils réduisent considérablement la saleté habituelle aux voies publiques depuis le Moyen Âge et facilitent le travail des éboueurs.

Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier

Le 21 mars 1884, le ministre Pierre Waldeck-Rousseau abolit la loi Le Chapelier de 1791 et autorise les syndicats ouvriers.

L'Allemagne annexe le Sud-Ouest africain

Le 24 avril 1884, le chancelier Otto von Bismarck proclame la souveraineté de l'Empire allemand sur le Lüderitz-land ou Sud-Ouest africain (l'actuelle Namibie).
De ce jour date la naissance de l'empire colonial allemand. Il disparaîtra en 1918 suite à la défaite de l'Allemagne au terme de la Première Guerre mondiale.

Partage de l'Afrique noire

Le 26 février 1885 prend fin la conférence de Berlin sur le partage de l'Afrique noire. Elle a pour principal résultat de confier l'administration du Congo au roi des Belges Léopold II, sous le nom d'«État indépendant du Congo».

Considéré par les Européens comme une terre sans maître, l'immense continent noir est partagé comme une vulgaire tarte aux pommes... sans que les habitants, pas plus que les pommes, aient leur mot à dire...

Hommage au poète disparu

Le 1er juin 1885, les Français communient autour de la dépouille de Victor Hugo, mort dix jours plus tôt. Un million de personnes suivent le corbillard des pauvres dans lequel il a demandé à être conduit. Le Panthéon est rouvert à cette occasion et devient le mausolée des gloires nationales. C'est la première fois dans l'histoire de l'humanité qu'un poète reçoit de pareils hommages...

Le Viêt-nam devient français

Le 9 juin 1885, la Chine reconnaît le protectorat de la France sur le Viet-nam au traité de T'ien-tsin...

Les Anglais annexent la Birmanie

Le 25 novembre 1885, les Anglais font la conquête de la Birmanie. Le royaume s'ajoute pour quelque temps à leur empire colonial des Indes. Il deviendra indépendant 60 ans plus tard.

Grève tragique à Decazeville

Le 26 janvier 1886, 2.000 mineurs de Decazeville, dans l'Aveyron, font grève. Ils s'en prennent au sous-directeur de la mine, l'ingénieur Jules Watrin, à l'origine d'une baisse de leurs salaires, et le défenestrent. La victime décède de ses blessures et devient un martyr aux yeux des patrons.

La compagnie minière en appelle à l'armée. Elle promet également aux mineurs de réviser leurs salaires à la hausse mais dès le mois de février revient sur ses promesses. La grève reprend. Elle va durer jusqu'en juin de la même année.

L'opinion se divise. À la Chambre, le député républicain opportuniste Jean Jaurès, fraîchement élu, reproche à ses collègues socialistes de faire l'apologie de l'assassinat en soutenant les grévistes !

Le ministre de la guerre, le général Georges Boulanger, qui a envoyé la troupe, exprime maladroitement son embarras face à la répression : « Ne vous en plaignez pas. Car peut-être à l'heure où je vous parle, chaque soldat partage-t-il avec un mineur sa soupe et sa ration de pain », déclare-t-il à la tribune de la Chambre.

Une grève tragique à Chicago inspire la Fête du Travail

Les syndicalistes américains organisent des actions collectives le 1er mai 1886 en faveur de la journée de huit heures. Un grand nombre de travailleurs obtiennent satisfaction. Mais d'autres, moins chanceux, au nombre d'environ 340.000, doivent faire grève pour forcer leur employeur à céder.

Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société McCormick Harvester, à Chicago. Une marche de protestation a lieu le lendemain et dans la soirée, tandis que la manifestation se disperse à Haymarket Square, il ne reste plus que 200 manifestants face à autant de policiers. C'est alors qu'une bombe explose devant les forces de l'ordre. Elle fait une quinzaine de morts dans les rangs de la police.

Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité. Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines (ils seront réhabilités plusieurs années après).

En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une « journée internationale des travailleurs » ou « Fête des travailleurs », aujourd'hui plus volontiers appelée « Fête du Travail », bien que l'expression prête à confusion...

Le Symbolisme et l'aube des temps nouveaux

Le 18 septembre 1886, Jean Moréas publie dans Le Figaro le Manifeste du symbolisme. Ce mouvement littéraire annonce le siècle suivant...

La Liberté éclairant le monde

« La Liberté éclairant le monde » est inaugurée à l'entrée du port de New York le 28 octobre 1886. Ce cadeau de la France aux États-Unis célèbre l'amitié franco-américaine...

Révélation de Sherlock Holmes

Sherlock Holmes fait sa première apparition le 6 janvier 1887.

Le public britannique découvre le détective et son ami, le docteur Watson, dans une nouvelle intitulée A study in scarlet (titre français : Une étude en rouge) et publiée par le Beeton's Christmas annual. Son auteur est un médecin de 27 ans, Arthur Conan Doyle...

démission de Jules Grévy

Le 2 décembre 1887, Jules Grévy (80 ans), quatrième président de la République française, est contraint de remettre sa démission suite aux malversations de son gendre Daniel Wilson, l'un des fondateurs de la gauche républicaine.

Sadi Carnot président de la République

Le 3 décembre 1887, suite à la démission de Jules Grévy, les parlementaires élisent à la présidence de la République Sadi Carnot (50 ans), petit-fils du conventionnel Lazare Carnot, ami de Robespierre ! Jules Ferry, candidat malheureux, doit s'incliner...

Le Brésil en finit avec l'esclavage

Le 13 mai 1888, au Brésil, la princesse Isabel (Isabelle), fille de l'empereur Dom Pedro II, profite d'un déplacement de son père à l'étranger pour promulguer une loi dite Aurea qui met fin à l'esclavage...

Mort de Frédéric III

L'empereur d'Allemagne Frédéric III meurt d'un cancer le 15 juin 1888 après quelques mois d'un règne empreint de générosité. Son fils de 29 ans lui succède sous le nom de Guillaume II. Il congédie au bout de deux ans le vieux chancelier Bismarck (75 ans) et se lance dans une politique aventureuse qui mettra en péril la paix en Europe.

Jack l'Éventreur à Whitechapel

Le 8 août 1888, la police découvre dans une rue de Whitechapel, l'un des quartiers pauvres de l'East End de Londres, le corps affreusement mutilé d'une prostituée ; c'est le début du mystère Jack l'Eventreur...

Inauguration de l'Institut Pasteur

L'Institut Pasteur est inauguré à Paris, le 14 novembre 1888, par le président de la République Sadi Carnot. C'est le premier institut de recherche jamais créé au monde. Il se donne pour objectif l'identification des virus.

Financé par une souscription internationale à hauteur de deux millions de francs, il comble les voeux du plus populaire savant qu'ait connu l'humanité et dont il porte le nom...

Tragédie à Mayerling

Le 30 janvier 1889, tragédie au pavillon de chasse de Mayerling. Le prince Rodolphe, fils unique de l'empereur d'Autriche François-Joseph 1er et d'Elizabeth (« Sissi »), se suicide après avoir tué sa maîtresse Mary Vetsera...

Une Constitution pour le Japon

Le 11 février 1889, l'empereur (ou tenno) Meiji dote le Japon d'une constitution moderne.

Inauguration de la Tour Eiffel

La Tour Eiffel est inaugurée le 31 mars 1889, en avant-première de l'Exposition universelle de Paris qui commémore le centenaire de la Révolution française. Elle a été construite en 2 ans, 2 mois et 5 jours sur les plans audacieux de l'ingénieur Gustave Eiffel. Elle mesure 318 mètres et pèse 10.100 tonnes, avec 18000 pièces de fer et 2500000 rivets.

Prévue pour être détruite après l'exposition, elle doit sa survie à l'installation à son sommet d'un émetteur radio qui a rendu sa conservation indispensable. Si elle n'est plus depuis longtemps le plus haut édifice du monde, la « vieille dame » conserve toujours les faveurs du public et l'amour des Parisiens. À preuve les illuminations et le feu d'artifice qui ont salué l'entrée dans le troisième millénaire...

Traité d'Ucciali entre Italie et Éthiopie

Le 2 mai 1889, le gouvernement italien signe le traité d'Ucciali avec l'empereur d'Éthiopie. Les interprétations douteuses de ce traité lui offriront un motif de partir à la conquête du dernier État indépendant d'Afrique subsaharienne. La campagne se solde par un désastre, à Adoua.

La IIe Internationale et la Fête du Travail

La IIe Internationale socialiste réunit son deuxième congrès à Paris, au 42, rue Rochechouart, salle des Fantaisies parisiennes, pendant l'Exposition universelle qui commémore le centenaire de la Révolution française.

Les congressistes se donnent pour objectif la journée de huit heures (soit 48 heures hebdomadaires, le dimanche seul étant chômé). Jusque-là, il était habituel de travailler dix ou douze heures par jour (en 1848, en France, un décret réduisant à 10 heures la journée de travail n'avait pas résisté plus de quelques mois à la pression patronale).

Le 20 juin 1889, sur une proposition de Raymond Lavigne, ils décident qu'il sera « organisé une grande manifestation à date fixe de manière que dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail et d'appliquer les autres résolutions du congrès. Attendu qu'une semblable manifestation a été déjà décidée pour le 1er mai 1890 par l'AFL, dans son congrès de décembre 1888 tenu à Saint Louis, cette date est adoptée pour la manifestation ». C'est l'origine de notre Fête du Travail.

Le Brésil devient une république

Le 15 novembre 1889, au Brésil, les militaires destituent l'empereur Pierre II et instaurent la République

Ils bénéficient du soutien de la grande bourgeoisie possédante qui en veut à l'empereur d'avoir aboli l'esclavage l'année précédente (il n'était pourtant que temps, tous les autres États occidentaux l'ayant devancé dans cette voie).

Les putschistes bénéficient aussi de l'appui du clergé qui en veut aussi à l'empereur, coupable d'avoir fait emprisonner des ecclésiastiques : il accueille même avec satisfaction la séparation de l'Église et de l'État, décidée le 7 janvier 1890.

En revanche, certaines catégories populaires se soulèvent au nom de l'empereur, derrière des prophètes, comme à Canudos...

Sous l'influence des penseurs positivistes, un courant de pensée influencé par le Français Auguste Comte, les républicains brésiliens choisissent comme devise nationale «Ordre et Progrès» ; elle est inscrite sur le nouveau drapeau. Notons que cette même influence positiviste conduit à faire du 14 juillet un jour férié au Brésil, au nom de la «liberté universelle».

La nouvelle Constitution est adoptée le 24 février 1891. Fédérale (on parle des États-Unis du Brésil), elle est fortement inspirée par l'exemple nord-américain. Après la mise à l'écart des militaires, présidents et vice-présidents se succèdent régulièrement, choisis par les représentants des grandes États de la fédération.

Corruption et violences deviennent monnaie courante, mais durant les années 1920, des mouvements d'opposition les dénoncent vigoureusement et demandent un gouvernement plus autoritaire. Getúlio Vargas va l'incarner après avoir pris le pouvoir par la force le 3 novembre 1930.

Zanzibar devient protectorat britannique

Le 1er juillet 1890, par le traité d'Helgoland (ou Heligoland), les Britanniques cèdent cette île de la mer du Nord aux Allemands. En contrepartie, ceux-ci renoncent à faire obstacle aux visées de Londres sur le sultanat de Zanzibar et l'Ouganda, deux territoires d'Afrique orientale. L'Allemagne se voit reconnaître la possession du Tanganyika, sur les bords de l'Océan Indien.

Un sultan de Zanzibar ayant tenté de rejeter le protectorat britannique, la flotte britannique bombarde son palais le 27 août 1896. À cela près, le protectorat se maintiendra dès lors sans entrave jusqu'à l'indépendance, le 10 décembre 1963.

La colonie allemande du Tanganyika, devenue britannique à l'issue de la Première Guerre mondiale, acquiert quant à elle son indépendance le 9 décembre 1961.

Et Clément Ader inventa l'avion...

Le 9 octobre 1890, dans le parc du banquier Péreire, à Gretz (Seine-et-Marne), Clément Ader s'envole à bord d'un engin volant d'un nouveau type qu'il appelle du mot avion...

Le « toast d'Alger »

Le 18 novembre 1890, le cardinal Charles Lavigerie, archevêque d'Alger, prend prétexte d'une visite de l'escadre française de la Méditerranée dans sa ville pour porter un toast à la République...

Branly expose le principe de la radio

Le 24 novembre 1890, Édouard Branly présente à l'Académie des Sciences, à Paris, les principes de la radioconduction à l'origine de la TSF (la télégraphie sans fil), ancêtre de la radio.

Massacre de Wounded Knee

Le 29 décembre 1890, à Wounded Knee, dans le Dakota du Sud, le massacre de 300 Indiens Sioux met un point final aux guerres indiennes.

Paul Gauguin part à Tahiti

Le 4 avril 1891, le peintre Paul Gauguin (43 ans) s'embarque pour Tahiti...

Drame ouvrier à Fourmies

Le 1er mai 1891, à Fourmies, une petite ville du nord de la France, la manifestation rituelle en faveur de la journée de 8 heures tourne au drame.

La troupe, équipée des nouveaux fusils Lebel, tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers. Elle fait dix morts dont 8 de moins de 21 ans. L'une des victimes, l'ouvrière Marie Blondeau, habillée de blanc et les bras couverts de fleurs, devient le symbole de cette journée.

Avec la fusillade de Fourmies, le 1er mai s'enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens.

Léon XIII publie l'encyclique Rerum Novarum

Le 15 mai 1891, le pape Léon XIII publie l'encyclique Rerum Novarum (Les Choses Nouvelles). Dans cette « lettre circulaire » (étymologie grecque du mot encyclique) adressée à tous les catholiques, le souverain  pontife exprime sa compassion pour les ouvriers avec une audace inhabituelle.

En avance sur la plupart des responsables de son époque, il condamne la cupidité de la bourgeoisie, la concentration des richesses entre les mains « d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates »... ainsi que la prétention des socialistes à vouloir supprimer la propriété. Il y voit un remède pire que le mal.

Le pape dénonce plus précisément le travail des enfants et les horaires excessifs. Il condamne les patrons qui versent des salaires insuffisants et affirme le droit des ouvriers à se syndiquer.

Mort piteuse d'un général

Le 30 septembre 1891, le général Georges Boulanger se suicide sur la tombe de sa maîtresse, Mme Marguerite de Bonnemains, près de Bruxelles.

Dans les années précédentes, pendant la présidence de Sadi Carnot, il a ébranlé la IIIe République française par sa popularité et la dénonciation des scandales de l'heure. Fort heureusement, le « boulangisme » ne survivra pas à sa fuite et à sa mort...

Ellis Island accueille les émigrants européens

Du 1er janvier 1892 à sa fermeture officielle le 12 novembre 1954, le centre fédéral d'immigration d'Ellis Island, à l'embouchure de l'Hudson, dans la baie de New York, devient le passage obligé pour tous les immigrants qui affluent aux États-Unis en provenance d'Europe et du Proche-Orient. Au total douze millions de personnes.

Les compagnies maritimes ont l'obligation de trier elles-mêmes les candidats dès leur départ, à défaut de quoi elles doivent assumer leur rapatriement. Malgré cela, un certain nombre sont refoulés sur Ellis Island, notamment pour cause de maladie (voir le très beau film d'Elia Kazan, America, America, 1963).

En 1921 et 1924, des lois instaurent des quotas par nationalités qui restreignent sévèrement les arrivées. De cinq à dix mille par jour, le nombre de passages à Ellis Island tombe à deux cents seulement.

Méline fait voter la loi protectionniste du double tarif

Le président de la Chambre des députés Jules Méline fait adopter le 11 janvier 1892 le double tarif douanier avec un taux ordinaire et un taux préférentiel pour les États qui concèdent à la France des avantages douaniers équivalents.

Cette « loi Méline » a pour objectif de protéger les agriculteurs français contre les importations à bas prix de produits agricoles. Elle clôt l'épisode de libre-échange inauguré avec le traité de libre-échange de 1860 mais aussi la « grande dépression européenne » (1873-1892).

Brutale, elle va avoir entre autres conséquences de retarder la modernisation de l'agriculture française pendant toute la durée de la IIIe République.

Naissance de la Côte d'Ivoire

Le 10 mars 1893, le gouvernement français regroupe ses comptoirs du golfe de Guinée dans une colonie qui prend le nom de Côte d'Ivoire. Elle perdurera à peine plus d'un demi-siècle, jusqu'à son indépendance en 1960.

La nouvelle colonie constitue un quadrilatère d'environ 322.000 km2, soit les 2/3 de la France, avec un peu plus d'un million d'habitants au début du XXe siècle (20 millions au début du siècle suivant)...

Procès du scandale de Panama

Le 20 mars 1893, le scandale de Panama se solde par la condamnation à 5 ans de prison d'un ancien ministre des travaux publics, Baïhaut, qui a eu seul la naïveté d'avouer son implication dans cette gigantesque escroquerie...

Le divertissement d'Edison

Le 9 mai 1893, Thomas Edison présente à 200 invités du Brooklyn Institute of Arts and Science sa nouvelle invention, le kinétoscope, un appareil individuel à reproduire les images animées. L'invention passe à la trappe après la présentation, quelques mois plus tard, à Paris, du cinématographe des frères Lumière, spectacle collectif et non divertissement individuel.

Une bombe à la Chambre  !

Le 9 décembre 1893, l'anarchiste Auguste Vaillant lance une bombe dans l'hémicycle de la Chambre des députés, à Paris, pour protester contre l'exécution de Ravachol, le 11 juillet 1892.

Cet attentat témoigne de la flambée terroriste qui frappe les sociétés occidentales à la fin du XIXe siècle au nom de l'anarchisme : attentats de François Ravachol, Émile Henry et Caserio, « lois scélérates » de Casimir-Perier, attentats également de Bresci contre le roi d'Italie Humbert 1er etc.

Alliance franco-russe

Le 4 janvier 1894 débute l'alliance franco-russe. Quelques mois après la visite de la flotte française à Cronstadt, une convention militaire secrète est signée entre le gouvernement républicain de la France, sous la présidence de Sadi Carnot, et le gouvernement autocratique du tsar Alexandre III...

Alexandre Yersin isole le bacille de la peste

Le 20 juin 1894, Alexandre Yersin, formé à l'institut Pasteur, isole à Hong-Kong le bacille de la peste. Méconnu en France, ce médecin d'origine suisse est encore vénéré au Vietnam en raison de son action en faveur des populations locales...

Renaissance des Jeux Olympiques

Le 23 juin 1894, les délégués de neuf pays fondent le Comité International Olympique (CIO), à l'initiative d'un jeune homme de bonne famille, le baron Pierre de Coubertin.

De ce jour date la naissance des Jeux Olympiques de l'ère moderne. Ces Jeux relèvent la tradition antique des Olympiades, qui réunissaient tous les quatre ans les Grecs autour de grandes compétitions pacifiques...

Sadi Carnot assassiné

Le soir du 24 juin 1894, le président de la République française Sadi Carnot, en visite officielle à Lyon, sort d'un banquet offert par le maire de la ville, le dr Gailleton. Il se rend au Grand Théâtre quand un homme monte sur le marchepied de sa voiture et le blesse mortellement d'un coup de poinçon.

Le meurtrier est un anarchiste italien du nom de Caserio qui aurait voulu répliquer aux mesures d'exception contre la flambée d'anarchisme. Dès le lendemain du meurtre, des émeutes anti-italiennes surviennent à Lyon. Elles doivent être réprimées par la troupe ! Caserio, prestement condamné, est guillotiné le 16 août suivant.

Jean Casimir-Périer président de la République

Trois jours après l'assassinat de Sadi Carnot, les parlementaires élisent à la présidence de la République, le 27 juin 1894, Jean Casimir-Périer (47 ans), petit-fils d'un président du Conseil de Louis-Philippe 1er...

Première course automobile

Le 22 juillet 1894 a lieu la première course automobile sur route. Le record de vitesse sur le parcours Paris-Rouen est tenu par le comte de Dion : 22 km/h !... Il est vrai que son prototype avec moteur à vapeur ne pouvait guère faire mieux. Il faudra l'arrivée du moteur à explosion de l'ingénieur allemand Daimler pour que progressent les performances des automobiles.

Le Japon soumet la Corée

Le 23 juillet 1894, les troupes japonaises investissent le palais royal de Séoul et renversent le roi de Corée. Son successeur est contraint quatre jours plus tard de déclarer la guerre à la Chine voisine. Quinze ans plus tard, le Japon annexera le royaume.

Mucha invente l'Art nouveau

Le dessinateur d'origine tchèque Alfons Mucha lance un nouveau courant artistique, l'Art nouveau, suite à une commande d'affiches inopinée de l'actrice Sarah Bernhardt pour son nouveau spectacle parisien : Gismonda.

L'Art nouveau va se diffuser dans toute l'Europe. Il sera appelé Jugendstil dans les pays germaniques ou encore Liberty en Angleterre et sera illustré par des peintres (Gustav Klimt) ou encore des architectes (Antonio Gaudi, Victor Horta).

Dégradation du capitaine Dreyfus

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l'École Militaire, à Paris, sous l'inculpation de haute trahison. Il sera ensuite envoyé à l'île du Diable, en Guyane. La campagne de réhabilitation va donner lieu à une Affaire judiciaire sans précédent, mobilisant dreyfusards contre antidreyfusards.

Parmi les premiers, Mathieu Dreyfus, frère du condamné, le lieutenant-colonel Picquart, le sénateur Scheurer-Kestner, le député Joseph Reinach, Georges Clemenceau, Émile Zola, Charles Péguy...

Félix Faure président de la République

Félix Faure, président de la République française (30 janvier 1841, Paris -16 février 1899, Paris)Suite à la démission de Jean Casimir-Périer, les parlementaires élisent à la présidence de la République Félix Faure (54 ans).

Élu par une coalition de modérés et de monarchistes, celui que l'on surnommera le «Président Soleil», du fait de son amour du faste, restera dans l'Histoire en raison de sa mort heureuse !

On retient aussi de lui qu'il ébaucha une alliance avec la Russie en recevant le tsar Nicolas II, qu'il s'opposa à la révision du procès de Dreyfus et que son gouvernement dut céder aux Anglais le Soudan après le bras de fer de Fachoda.

Seconde guerre d'indépendance à Cuba

Le 24 février 1895, des révolutionnaires cubains se rebellent les armes à la main contre Madrid et sa tutelle coloniale, à l'initiative de José Marti et des frères Antonio et José Maceo. Les États-Unis du président William McKinley prétexteront de la répression menée par le gouvernement espagnol pour entrer en guerre contre l'Espagne et la dépouiller de ses dernières colonies...

Première séance de cinéma

Le 22 mars 1895, à Paris, Louis et Auguste Lumière donnent une première séance de cinéma devant la Société d'encouragement à l'industrie nationale...

La Chine s'incline devant le Japon à Shimonoseki

Le 17 avril 1895, après une guerre rapide, l'empereur chinois Guangxu s'incline devant son homologue japonais Mutsuhito. Par le traité de Shimonoseki, la Chine cède au Japon la Mandchourie du sud et l'île de Taïwan (Formose).

Le traité sème la consternation parmi les élites chinoises. Il révèle le profond retard du « pays du Milieu » (en mandarin, Tchoung Kouo, nom que donnent les Chinois à leur pays)...

Madagascar sous protectorat français

Le 1er octobre 1895, un corps expéditionnaire français sous le commandement du général Duchesne conquiert Tananarive, principale ville de Madagascar, et obtient la soumission de la reine Ranavalo III...

Röntgen invente les rayons X

Le 22 décembre 1895, le physicien allemand Wilhelm Konrad Röntgen effectue une radiographie sur la main de sa femme ! Ce sont les premiers rayons X.

Première séance publique du 7e Art

Le 28 décembre 1895, un magicien, Georges Méliès, assiste à la première représentation publique du cinématographe. Séduit, il va mettre son génie au service du septième art...

Parution de L'État juif

Le 15 février 1896 paraît à Vienne un ouvrage intituléL'État juif. Il prône rien moins que la création d'un État destiné à accueillir les juifs du monde entier. Son auteur, Theodor Herzl (35 ans), est un journaliste hongrois d'origine juive mais très éloigné du judaïsme traditionnel...

Les Italiens défaits à Adoua

Le 1er mars 1896, 100.000 Éthiopiens répondent à l'appel de leur empereur ou négus Ménélik II. Bien armés et dotés d'une artillerie grâce à la bienveillance des Anglais, ils écrasent une armée italienne de 18.000 hommes (dont 10.000 Européens) près de la localité d'Adoua. Le héros du jour est un prince éthiopien, le ras Makkonen.

Commandés par le général Baratieri, les Italiens projetaient de conquérir le dernier pays indépendant d'Afrique noire...

Edison fait son cinéma

Le 23 avril 1896, quatre mois après la première séance publique des frères Lumière, le génial inventeur américain Thomas Edison donne une première représentation de cinéma aux États-Unis avec le projecteur Vitascope au Music-hall Koster and Bial's de New York...

La dernière ruée vers l'or

Le 17 août 1896, George Carmack découvre de l'or dans le ruisseau Bonanza, affluent de la rivière Klondike, à la frontière du Canada et de l'Alaska (que les États-Unis ont acheté à la Russie 29 ans plus tôt). Il s'ensuit la dernière « ruée vers l'or » du 2e millénaire.

Naissance de Sécession à Vienne

Le 3 avril 1897, le peintre autrichien Gustav Klimt quitte l'association des artistes viennois. Il fonde avec 40 compères le mouvement de la Sécession. Le but déclaré est d'arracher l'art au négoce !...

Ils sont rejoints par l'architecte Otto Wagner et par le musicien Arnold Schoenberg. Ce dernier, créateur de l'école musicale de Vienne, est à l'origine de la musique moderne.

Incendie du Bazar de la Charité

Le 4 mai 1897, comme les années précédentes, le Bazar de la Charité ouvre ses portes dans une halle somptueusement décorée pour la circonstance (échoppes médiévales en carton-pâte, vélum,...), au 17, rue Goujon, près des Champs-Élysées, à Paris.

Des dames de la bonne société vendent divers objets pour les bonnes oeuvres. La plus remarquée de toutes est la duchesse d'Alençon, soeur de l'impératrice d'Autriche « Sissi ». Une salle de cinéma a été installée pour divertir les 1200 invités. C'est là que vers 16 heures, des vapeurs d'éther s'enflamment. L'incendie se propage à toute allure à l'ensemble de la halle...

Après la bousculade, on comptera 160 victimes brûlées vives dans des conditions atroces, essentiellement des femmes de la haute société que leur robes ont gênées dans leur fuite. Parmi elles la duchesse d'Alençon, qui n'avait pas voulu laisser derrière elle les jeunes filles de son entourage. Le pays est frappé de stupeur. Un service funèbre est célébré à Notre-Dame le 8 mai, en présence du président Félix Faure.

Guerre de Canudos

À la suite de la proclamation de la République et de la séparation de l'Église et de l'État, de nombreuses révoltes éclatent au Brésil. La plus grave est sans conteste celle qui se termine par un bain de sang à Canudos, dans l'État de Bahia.

Des milliers de fidèles ont progressivement rejoint, dans une exploitation abandonnée, Antônio Maciel, prédicateur qui annonce la fin des temps et vomit la république, la séparation de l'Église et de l'État et le mariage laïc, tout en incitant à ne pas payer ses impôts. C'est une véritable ville de plus de 20.000 habitants qui se développe à Canudos, bien structurée autour de l'élevage, l'agriculture et la religion. C'est aussi un défi pour les grands propriétaires, dont la domination toute-puissante sur leur main d'Suvre est ainsi remise en cause, pour l'Église attachée à éradiquer les superstitions, et pour l'État, tourné vers la modernité.

Trois expéditions militaires sont mises en déroute par les hommes de Canudos, avant qu'une quatrième ne finisse par triompher, après de très durs combats entre juin et octobre 1897. Le « conseiller » Antônio Maciel y trouve la mort le 5 octobre 1897. La répression est féroce, dénoncée par le grand écrivain Euclides Da Cunha dans Hautes Terres, La Guerre De Canudos, publié en 1902 et devenu un classique. Plus récemment, Mario Vargas Llosa en a fait un roman, La Guerre de la fin du monde.

J'accuse

À Paris, le 13 janvier 1898, Émile Zola publie une lettre ouverte au président de la République dans L'Aurore sous le titre «J'accuse». Trois ans après la dégradation du capitaine Dreyfus sous l’inculpation de trahison, les intellectuels et les élites parisiennes se déchirent ; les uns invoquant l’erreur judiciaire, les autres rejetant toute mise en cause de la justice militaire.

Le capitaine étant de confession juive, l’Affaire s’accompagne de la première campagne antisémite importante en Occident ; d’autres suivront…

Explosion du croiseur Maine

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 15 février 1898, le cuirassé américain Maine est victime d'une violente explosion dans la rade de la Havane, à Cuba.
À l’initiative du magnat Randolph Hearst, qui a inspiré au cinéaste Orson Welles son chef d’œuvre Citizen Kane, la presse américaine accuse les Espagnols, qui gouvernent Cuba, d'avoir placé une mine sous la coque du navire...
Dans les faits, une commission d'enquête conclura - mais en 1911 seulement - à une explosion accidentelle dans la salle des machines.

Ultimatum américain à l'Espagne

Le 28 avril 1898, les États-Unis adressent un ultimatum à l'Espagne. Saisis par une fièvre impérialiste, les États-Unis lorgnent avec envie sur les dernières colonies espagnoles. Une révolte populaire à Cuba est prétexte à un ultimatum et au déclenchement d'une guerre facile contre l'Espagne.

Première indépendance des Philippines

L'indépendance des Philippines est proclamée le 12 juin 1898, tandis que les États-Unis font la guerre à l'Espagne...

Fête nationale

En souvenir de cet événement, le 12 juin est fête nationale aux Philippines.

Première de La vie de Bohême

Le 13 juin 1898 a lieu à Milan la première représentation de La vie de Bohême, un opéra populaire de Giaccomo Puccini.

Bataille d'Omdurman, au Soudan

Le 2 septembre 1898, à Omdurman (ou Omdourman), près de Khartoum (Soudan), une armée anglo-égyptienne commandée par le prestigieux Lord Kitchener défait les « mahdistes ». Ces rebelles soudanais avaient en 1885, sous la conduite d’un chef religieux, le « Mahdi », chassé les Anglais de Khartoum et tué leur chef, le général Gordon.

Culpabilité de Dreyfus confirmée

Le 9 septembre 1898, un Conseil de guerre installé à Rennes confirme la culpabilité du capitaine Alfred Dreyfus malgré les éléments qui démontrent le contraire. Dreyfus est condamné à dix ans de réclusion en raison de « circonstances atténuantes ». C'est un rebondissement dans l'Affaire.

Assassinat de « Sissi »

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 10 septembre 1898, une vieille dame de 61 ans est assassinée à Genève par un anarchiste italien.

Il s'agit d'Élisabeth de Wittelsbach, épouse de François-Joseph 1er de Habsbourg, impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, affectueusement surnommée « Sissi ».

Son assassinat témoigne de la violence anarchiste qui saisit l’Europe au tournant du siècle.

La reculade de Fachoda

Le 18 septembre 1898, à Fachoda, au cœur de l'Afrique, se croisent une petite troupe française conduite par un chef de bataillon et l’armée anglo-égyptienne du général Horatio Kitchener, qui vient de vaincre l’armée du «Mahdi».

La confrontation entre la puissante armée anglaise et la «mission Congo-Nil» de Jean-Baptiste Marchand et Charles Mangin provoque à Paris et à Londres une hystérie nationaliste. On est même à deux doigts d'une nouvelle guerre de Cent Ans entre les deux frères ennemis ! C’est la première des crises internationales qui vont conduire à la Grande Guerre. Fort heureusement, le ministre Théophile Delcassé va calmer les esprits…

Arrestation de Samory Touré au Soudan

Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud.

Vers 1880, le vieux guerrier gouvernait en maître absolu tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée, soit un vaste et riche territoire appelé Ouassoulou, peuplé d'environ 300.000 âmes.

Il n'avait d'autre rival que le royaume toucouleur du Ségou, plus au nord. Avec sa capture et la fin de son épopée, la République française achève de soumettre l’Afrique occidentale…

Traité de Paris et fin de la guerre hispano-américaine

Le 10 décembre 1898, les États-Unis mettent fin à leur guerre contre l'Espagne par le traité de Paris. Les Espagnols perdent avec ce traité leurs dernières colonies d'Amérique ainsi que les Philippines. Les Américains prennent leur place à Porto-Rico, aux Philippines et sur l'île de Guam. Ils annexent au passage les îles Hawaï. Cuba obtient une indépendance factice sous la surveillance de son puissant voisin...

Les Curie découvrent la radioactivité

Le 26 décembre 1898, Pierre Curie et sa femme Marie, née Sklodowska, annoncent devant  l'Académie de Médecine qu'ils ont pu isoler le radium dans de la pechblende de Bohême. Ainsi est mise en évidence la radioactivité naturelle. Cette découverte vaut au couple le prix Nobel de physique en 1903.

Condominium anglo-égyptien sur le Soudan

Le 19 janvier 1899, les Britanniques établissent un « condominium anglo-égyptien » sur le Soudan. C'est le moment où l'Empire de la reine Victoria arrive à son apogée.

La conquête du bassin supérieur du Nil ouvre la voie à une Afrique anglaise du Cap au Caire. Le rêve se concrétisera après la Première Guerre mondiale, grâce à l'annexion de la colonie allemande du Tanganyika (aujourd’hui la Tanzanie). Mais il ne durera guère car, dès 1922, la Grande-Bretagne devra rendre à l'Égypte son indépendance…

Révolte anti-américaine aux Philippines

Le 4 février 1899 éclate une révolte anti-américaine aux Philippines. Les insurgés protestent contre le refus de Washington d'accorder l'indépendance à leur pays après sa libération de la tutelle espagnole.

La mort « heureuse » de Félix Faure

Émotion à l'Élysée. Le président de la République est mort dans les bras d'une admiratrice, une demi-mondaine du nom de Maguy (Meg) Steinheil... Cela s'est passé le 16 février 1899.

La victime, Félix Faure, était un bel homme de 58 ans avec une fine moustache tournée à la façon de Guy de Maupassant. Ses contemporains le surnommaient affectueusement le «Président Soleil» en raison de son amour du faste...

Émile Loubet président de la République

Le 18 février 1899, deux jours après la mort soudaine de Félix Faure, les parlementaires élisent à la présidence de la République Émile Loubet (71 ans). Son adversaire malheureux est Jules Méline, connu pour ses convictions protectionnistes et antidreyfusardes...

Funérailles de Félix Faure

Le 23 février 1899 se déroulent les funérailles nationales du président de la République Félix Faure, mort à la tâche dans les bras d'une admiratrice. Un nationaliste exalté, Paul Déroulède, tente mais en vain d'entraîner des militaires dans un coup d'État.

La mission Voulet-Chanoine suspendue pour cause de massacres

En guise de revanche après l'humiliation de Fachoda, le gouvernement français décide de soumettre la région du lac Tchad. Il s'agit d'une région semi-désertique et sans intérêt mais sa colonisation est une question d'honneur pour les Français engagés dans la « course au drapeau ».

Les capitaines Paul Voulet et Julien Chanoine, qui se sont illustrés par leur conquête sanglante du pays mossi (la Haute-Volta, aujourd'hui le Burkina Faso), quittent les bords du Niger en janvier 1899 en direction de l'Est, avec six autres officiers français et de nombreux tirailleurs sénégalais et porteurs.

Se croyant tout permis, les deux officiers sèment la mort et la désolation sur leur passage. L'un de leurs jeunes subordonnés, le lieutenant Peteau, s'insurge. Il est renvoyé mais il fait à sa fiancée le récit des atrocités de la colonne et sa lettre atterrit sur le bureau du ministre des colonies Florent Guillain, qui la transmet au président du Conseil Charles Dupuy.

La France est alors en pleine affaire Dreyfus et, pour ne pas fournir aux dreyfusards un motif supplémentaire de critiquer l'armée, le gouvernement donne, le 20 avril 1899, l'ordre d'interrompre la colonne Voulet-Chanoine.

Le colonel Arsène Klobb, basé à Tombouctou reçoit mission d'arrêter les criminels mais ces derniers se rebellent et redoublent de cruauté. Pénétrant en pays haoussa, théoriquement sous souveraineté britannique, ils se heurtent aux archers de Sarraounia, une reine locale.

Enfin, le 14 juillet 1899, à Zinder, près du village de Dankori, les deux troupes françaises s'affrontent. Klobb est tué le premier. Voulet et Chanoine le sont les jours suivants.

Leur folie meurtrière (plusieurs milliers de victimes) est mise sur le compte de la « soudanite », déséquilibre induit en Afrique par la chaleur et l'éloignement de la métropole et, dès l'année suivante, la conquête du Tchad est relancée par les lieutenants Joalland et Meynier.

Guerre des Boers

Le 11 octobre 1899, les Britanniques entrent en guerre contre les Boers du Transvaal, en Afrique du sud, après un ultimatum adressé au président Paul Kruger. La guerre révèlera aussi les premières fissures dans l'empire de Sa Très Gracieuse Majesté.

Création du Trophée Davis

Le 9 février 1900, un joueur de tennis américain, Dwight Filley Davis, étudiant à Harvard, crée à partir d'un bloc de 18 kg d'argent massif le Trophée qui porte son nom, en forme de saladier ! Cette coupe Davis sera disputée dès le mois d'août suivant par plusieurs équipes nationales de tennis à Boston (Massachustts).

Fouilles à Cnossos

Le 19 mars 1900, début des fouilles de Cnossos. Arthur John Evans restaure à ses frais le site crétois, haut lieu de la civilisation minoenne (IIe millénaire avant JC).

Découverte de la civilisation minoenne en Crète

Le 30 mars 1900, Sir Arthur John Evans découvre une grande quantité de tablettes en argile sur le site de Cnossos, au coeur de la Crète, une île de Méditerranée orientale un peu moins étendue que la Corse. Ces tablettes viennent de la civilisation minoenne qui se développa sur l'île jusqu'aux environs de 1200 avant JC. Cette civilisation tire son nom de Minos, roi mythologique de la Crète associé à la légende du Minotaure, qui serait devenu après sa mort juge aux Enfers. Les Minoens utilisent deux écritures encore mystérieuses : Linéaire A et Linéaire B.

Exposition universelle à Paris

Le 15 avril 1900, Paris quitte le XIXe siècle avec la plus grande exposition universelle jamais organisée en France. 50 millions de visiteurs jusqu'à sa clôture le 12 novembre suivant.

Pour cette exposition sont construits le pont Alexandre III, le Grand Palais et le Petit Palais ainsi que les gares d'Orsay, des Invalides et de Lyon. Les frères Lumière présentent leurs films sur écran géant.

Le 19 juillet est inaugurée la première ligne du métro parisien (Porte Maillot-Porte de Vincennes). Au terminus de la ligne, dans le bois de Vincennes, se déroulent qui plus est, du 14 mai au 28 octobre, les IIe Jeux Olympiques de l'ère moderne !...

Pour parfaire le tout, le président Émile Loubet invite les maires de France à un banquet géant dans le jardin des Tuileries... Nous nous consolerons en songeant que pour l'entrée dans le IIIe millénaire, nous avons eu droit au scintillement de la Tour Eiffel.

Conquête du Tchad

Le 22 avril 1900, trois expéditions françaises font leur jonction près du lac Tchad, au coeur de l'Afrique. Elles affrontent et écrasent la petite armée du potentat local, Rabah. Ce dernier est tué et sa tête offerte au commandant français.

La région du Tchad passe désormais sous la souveraineté française. Cette conquête des armées de la République a été précédée de graves excès de la part de l'une des expéditions, plus connue sous le nom de colonne Voulet-Chanoine. L'histoire tragique de cette colonne a révélé la sinistre réalité qui se cachait derrière les entreprises coloniales.

Exposition des oeuvres de Rodin

Le 4 juin 1900 sont exposées les oeuvres d'Auguste Rodin. Vilipendé quelques années plus tôt à propos de la statue de Balzac qui figure aujourd'hui sur le boulevard Raspail (à Paris), le sculpteur est enfin honoré comme il le mérite. Mais son réalisme continue de faire peur. À preuve la polémique sur la statue de Victor Hugo, que certains le soupçonnent d'avoir moulé sur nature.

Inauguration du métro de Paris

Le 19 juillet 1900, à la faveur d'une grande Exposition universelle, Paris inaugure sa première ligne de métro. Elle relie la Porte Maillot (ouest) à la Porte de Vincennes (est). Les stations sont conçues en « style nouille » par l'architecte Guimard, selon les principes artistiques de l'Art nouveau.

C'est l'aboutissement tardif d'un vieux projet. Le premier projet d'un transport souterrain à Paris remonte en effet à 1855 mais sa réalisation a été longtemps différée et beaucoup d'autres métropoles, à commencer par Londres, ont pu construire leur propre métro avant que Paris ne s'y mette.

La réalisation des travaux est confiée à l'ingénieur Fulgence Bienvenüe dont le nom a été donné à la station de la gare Montparnasse. Les chroniqueurs de l'époque prédisent l'achèvement du réseau dans les huit ans à venir… Dans les faits, un siècle plus tard, le métropolitain continue de s'étendre et de se moderniser.

Le roi Humbert Ier assassiné à Monza

Le roi d'Italie Umberto 1 (Humbert 1er, 1844 - 1900) Le roi d'Italie Humbert 1er le Bon (en italien Umberto 1) est assassiné à Monza, près de Milan, le 29 juillet 1900, par l'anarchiste Gaetano Bresci, revenu des États-Unis pour « venger » des syndicalistes tombés lors des émeutes de Milan, en 1898.

C'est une manifestation parmi d'autres de la violence anarchiste à la « Belle Époque ».

Né en 1844, le roi avait succédé en 1878 à son père Victor-Emmanuel II sur le trône d'Italie. À peine intronisé, il avait été agressé par un anarchiste alors qu'il se promenait en calèche ouverte dans les rues de Naples. Dix ans plus tard, dans les rues de Rome, à nouveau agressé par un anarchiste, il déclarait crânement : « Ce sont les risques du métier ! ».

Un corps expéditionnaire à Pékin

Le 14 août 1900, un corps expéditionnaire européen entre à Pékin. Les diplomates assiégés par les Boxeurs (en anglais : Boxers) sont délivrés. Le gouvernement de l'impératrice Ci Xi (Ts'eu-Hi), qui avait encouragé en sous-main les émeutiers, est condamné à payer des indemnités jusqu'en... 1940. La Chine à demi-colonisée est une fois de plus humiliée.

Le banquet des maires de France

Le 22 septembre 1900 a lieu le Banquet des maires de France. À l'invitation du président Émile Loubet, la France des notables célèbre d'une agréable façon le culte de la République (108 ans jour pour jour après sa première fondation), en marge de l'Exposition universelle et des festivités du nouveau siècle.

Elle tente d'oublier aussi les dissensions nées de l'Affaire Dreyfus.

Le banquet des maires de France dans le jardin des Tuileries (Paris, 22 septembre 1900)

23.000 maires répondent à l'invitation présidentielle. Ils se réunissent dans le jardin des Tuileries, sous deux tentes immenses, autour de 700 tables. 400 cuisiniers et 2000 maîtres d'hôtel sont mobilisés à leur service par le traiteur Potel & Chabot, maison fondée en 1820 par le pâtissier Jean-François Potel et le cuisinier Étienne Chabot. En moins de 90 minutes défilent cinq services : darnes de saumon, filet de boeuf, pains de caneton, poulardes de Bresse, ballotines de faisan...

Création du parti républicain radical

Le «parti républicain radical» est fondé à l'occasion d'un congrès, à Paris, les 21-23 juin 1901. C'est le plus ancien parti politique français. Auparavant, les élus se regroupaient par affinités mais ne disposaient d'aucune structure solide, avec financement et militants, pour les soutenir.

Quelques années plus tard, le 23 avril 1905, Jean Jaurès et Jules Guesde fondent à Paris le deuxième grand parti de la gauche française : la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière).

La loi sur les associations

Le 1er juillet 1901, le président du Conseil Pierre Waldeck-Rousseau a fait voter une loi sur les associations encore bien connue de tous les créateurs d'associations sans but lucratif. Cette loi établit la liberté d'association mais son article 13 fait une exception pour les congrégations religieuses en soumettant leur création à une autorisation préalable. Interprétée de façon restrictive par le Conseil d'État dès l'année suivante, elle va porter à son paroxisme le conflit entre l'Église et la République.

McKinley assassiné !

Le 6 septembre 1901, le président américain William McKinley (58 ans) arrive à Buffalo, dans l'État de New York, pour inaugurer la Pan-American Exposition.

Avocat originaire de l'Ohio, d'abord élu à la Chambre des Représentants, McKinley s'est signalé le 1er octobre 1890 par la mise au vote d'une grande loi protectionniste qui porte son nom, le « McKinley Tariff » : elle porte à 50% en moyenne les tarifs douaniers sur les importations.

McKinley est élu une première fois à la présidence des États-Unis en novembre 1896 sous l'étiquette républicaine. Il engage contre l'Espagne une guerre très profitable qui marque le début de l'impérialisme américain et lui vaut une réélection triomphale.

C'est donc l'esprit serein, impeccablement vêtu comme à son habitude, qu'il se rend à Buffalo. Après un discours d'inauguration, il assiste en fin d'après-midi à une fête au Temple de la Musique et serre les mains du public quand il tombe en arrière, frappé de deux balles en pleine poitrine.

L'assassin est un ouvrier anarchiste au chômage d'origine polonaise, Leon Czolgosz (28 ans), qui voyait dans le Président un « ennemi du peuple ». Il sera électrocuté le 29 octobre suivant.

McKinley en s'écroulant, murmure à son secrétaire : « My wife, be careful, Cortelyou, how you tell her - oh, be careful » (« Ma femme, faites attention en lui disant la nouvelle, Cortelyou, faites attention »). Il meurt après une semaine d'agonie. Le vice-président Théodore Roosevelt (42 ans), qui lui succède, va poursuivre sa « diplomatie du gros bâton » (« Speak softly and carry a big stick » ; en français : « Parlez avec douceur mais portez un gros bâton »).

Un traité met fin à la révolte des Boxeurs

Le 7 septembre 1901, la révolte de la secte des Boxeurs (en anglais : Boxers)contre les Occidentaux se termine par un traité entre la Chine et les puissances occidentales. L'Empire du Milieu est une dernière fois humilié...

Attribution des premiers prix Nobel

Le 10 décembre 1901, le roi de Suède et le Parlement de Norvège décernent les cinq premiers prix de la fondation Nobel.

Au roi revient l'attribution des Prix Nobel de physique, de chimie, de médecine et de littérature ; au Parlement l'attribution du Prix Nobel de la paix. Ces cinq Prix annuels résultent de la volonté posthume d'Alfred Nobel (1833-1896)...

Marconi réalise la première transmission radio

Le 12 décembre 1901, le physicien italien Guglielmo Marconi (27 ans) réalise la première transmission radio au-dessus de l'océan Atlantique, entre son laboratoire de Poldhu, dans les Cornouailles anglaises, et Saint-Jean-de-Terre-Neuve.

D'abord appelée « télégraphie ou téléphonie sans fil » (TSF), la radio naît ainsi sous la forme de trois petits signes brefs désignant en morse la lettre S.

Le succès de Marconi a été rendu possible par les recherches d'Édouard Branly, brillant scientifique et médecin français, professeur à l'Institut catholique de Paris, qui a découvert dix ans plus tôt le principe de la radioconduction.

Mais l'invention de la radio, qui vaudra à Marconi le prix Nobel de physique en 1909, est aujourd'hui plus volontiers attribuée à Nikola Tesla, physicien génial mais moins habile en affaires, qui aurait déposé les brevets correspondants en 1900.

Naissance de l'Académie Goncourt

Le 19 janvier 1902 naît l'Académie Goncourt. Issue du testament d'Edmond de Goncourt (1822-1896). L'Académie a vocation de promouvoir de jeunes talents littéraires en remettant chaque automne un prix à un auteur d'avenir. Son choix se fait à l'issue d'un déjeuner des académiciens dans le restaurant Drouant (Paris).

À la différence de sa rivale du quai de Conti (l'Académie française), elle ne craint pas d'étaler les conflits de personnes ni d'être suspectée de compromissions commerciales avec les grands éditeurs. Ses choix n'en sont pas moins heureux. C'est par l'Académie Goncourt que Proust et Malraux ont été révélés au grand public.

Accord anglo-japonais contre la Russie

Le 30 janvier 1902, lord Landsdowne et l'ambassadeur japonais concluent un accord par lequel, en cas de guerre entre la Russie et le Japon, l'Angleterre s'engage à ne pas intervenir au secours de la Russie. Elle invite la France et l'Allemagne à s'abstenir également. Cet accord permettra la retentissante défaite russe face au Japon.

Éruption de la Montagne Pelée

Le 8 mai 1902 a lieu l'éruption de la Montagne Pelée. La ville de Saint-Pierre, à la Martinique, est ruinée en quelques heures. On évalue à plus de 28.000 le nombre de victimes. On compte deux survivants dont un prisonnier protégé par les murs de sa cellule  !...

Méliès présente Le Voyage dans la Lune

Le 15 mai 1902, Georges Méliès présente Le Voyage dans la Lune. Il s'agit du premier film de fiction avec trucages. Sept ans après l'invention du cinéma, le 7e Art naît véritablement ce jour-là.

Fin de la guerre des Boers

Le 31 mai 1902, Vereeniging, à la pointe de l'Afrique, un traité met fin à une guerre de 30 mois entre les Boers, des paysans d'origine franco-hollandaise, et les Anglais.

Il s'agit de la plus dure guerre coloniale qu'aient eu à soutenir les Anglais. Elle se solde par une victoire en demi-teinte pour Londres ; c’est un premier accroc pour la principale puissance du monde en ce début du XXe siècle…

Bertillon inventeur de la police scientifique

Le 24 octobre 1902, Alphonse Bertillon démontre pour la première fois l'utilité des empreintes digitales en criminologie...

Le roi et la reine de Serbie assassinés

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1903, le roi de Serbie Alexandre 1er Obrenovitch et la reine Draga Machin (sic) sont assassinés dans leur chambre par un petit groupe de vingt-huit officiers ralliés à la famille rivale des Karageorgevitch. Leur corps sont défenestrés et hachés menu au sabre par les insurgés...

Arrivée du premier Tour de France cycliste

Le 19 juillet 1903 s'achève à Paris le premier Tour de France cycliste. Le vainqueur Maurice Garin a pédalé un total de 94 h 33 minutes à la vitesse moyenne de 26 km/h. Le succès de l'épreuve témoigne de l'engouement du public pour la bicyclette, affectueusement surnommée la « petite reine ». Cet engin est né d'une succession d'heureux hasards qui ont conduit de la draisienne au vélocipède et au grand-Bi...

Scission du Parti Social-Démocrate Russe

Le 30 juillet 1903, à Bruxelles, les congressistes du Parti Social-Démocrate Ouvrier Russe (PSDOR) se divisent à propos des thèses de Lénine. Dans son opuscule Que faire ?, celui-ci préconise de confier à une avant-garde révolutionnaire la prise de pouvoir en Russie et l'établissement d'une dictature.

Ceux qui s'opposent à Lénine et préconisent de respecter la démocratie se regroupent autour de Martov. Mais lors du vote final, ils sont momentanément mis en minorité par la sortie des députés juifs du Bund (une association progressiste d'Europe centrale).

Les partisans de Lénine en profitent pour s'octroyer l'épithète de bolcheviks ou bolcheviques (majoritaires en russe). Ils se qualifieront plus tard de communistes. En attendant, sans vergogne, ils qualifient leurs rivaux de mencheviks (minoritaires)!

Cette minuscule affaire serait restée inconnue des historiens si elle n'avait débouché à la faveur de la Grande Guerre sur le renversement de la démocratie russe et l'établissement d'un totalitarisme d'un genre encore inédit.

Mise en vente de l'aspirine

L'aspirine est mise en vente en Allemagne le 10 octobre 1903.

C'est l'aboutissement d'une très longue recherche. Elle remonte à la découverte par les Sumériens et le Grec Hippocrate des propriétés antidouleur de l'écorce de saule. Le principe actif est mis en évidence au XIXe siècle. C'est l'acide acétylsalicylique.

Le chimiste Felix Hoffmann, du laboratoire Dreser, met au point l'aspirine à partir d'un composé équivalent : l'acide spirique extrait de la spirée ou reine-des-prés. Son employeur dépose le brevet à Munich le 6 mars 1899 et l'entreprise Bayer se charge de le commercialiser.

Sitôt sur le marché, ce médicament anti-fièvre et antalgique (atténuateur de la douleur) recueille un immense succès et suscite en Allemagne le développement d'une puissante industrie pharmaceutique. L'aspirine a les honneurs du traité de Versailles (1919), une clause de celui-ci faisant tomber le brevet dans le domaine public (en France exclusivement !).

Dans les années 1950, l'aspirine semble condamnée par l'arrivée d'un nouvel antalgique, le paracétamol. Mais l'on découvre là-dessus ses facultés de prévention des accidents vasculaires et la voilà repartie pour une deuxième vie...

Le Panamá, un État sur mesure

Le 3 novembre 1903, l'isthme de Panama fait sécession d'avec la Colombie tandis que des vaisseaux de guerre américains mouillent devant les villes de Colon et Panama. La création du nouvel État est téléguidée par le gouvernement américain qui souhaite avoir les mains libres pour y creuser un canal...

Premiers vols des frères Wright

Le 17 décembre 1903, les frères Wibur et Orville Wright (36 et 32 ans) effectuent à tour de rôle quatre vols de quelques dizaines de mètres sur la plage de Kill Devil, à Kitty Hawk, en Caroline du Nord (États-Unis).

Quelques villageois témoins de ces modestes exploits ne se doutent pas qu'ils vont déboucher sur la naissance de l'aviation...

Les Hereros se révoltent... et meurent

Le 12 janvier 1904 débute la révolte des Hereros contre les colons allemands qui occupent leur territoire, le Sud-Ouest africain (aujourd'hui la Namibie).

Les Allemands réagissent avec une brutalité extrême et exterminent la presque totalité du peuple herero...

Les Japonais assaillent Port-Arthur

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Dans la nuit du 8 au 9 février 1904, la flotte de guerre japonaise attaque la base russe de Port-Arthur, à la pointe de la Chine, sans déclaration de guerre préalable.

Présents à Port-Arthur (en chinois Liu-chouen) depuis un traité signé avec la Chine le 27 mars 1898, les Russes avaient fait de ce port le point d’appui de leur flotte d’Extrême-Orient.

Les Japonais coulent plusieurs de leurs navires dans la rade. Dans le même temps, 8.000 soldats japonais débarquent en Corée et marchent vers Séoul. C'est le début de la guerre russo-japonaise. Port-Arthur capitulera le 2 janvier 1905 et la guerre se concluera à Portsmouth, le 5 septembre 1905, par la victoire du Japon.

L'Entente cordiale

Le 8 avril 1904, à Londres, le Royaume-Uni et la République française officialisent leur Entente cordiale.

Les représentants des deux nations signent non pas une alliance mais un simple accord destiné à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires. C'est déjà beaucoup si l'on songe que les deux pays avaient été sur le point de se combattre six ans plus tôt à propos de Fachoda, une misérable bourgade du Soudan.

L'Entente cordiale est le fruit de la subtile diplomatie du ministre des Affaires étrangères français Théophile Delcassé et de son ambassadeur à Londres Paul Cambon. Elle a bénéficié de l'extraordinaire popularité en France du roi Édouard VII...

Jean Jaurès fonde L'Humanité

Le 18 avril 1904, le leader socialiste Jean Jaurès fonde son propre journal, L'Humanité, et s'attire rapidement un grand succès grâce à ses talents journalistiques.

Tiré à 140.000 exemplaires, le nouveau quotidien ne tarde pas à réunir d'illustres signatures comme Léon Blum, Anatole France, Aristide Briand, Jules Renard, Octave Mirbeau, Tristan Bernard, Henri de Jouvenel...

Les congrégations religieuses interdites d'enseignement

Le 7 juillet 1904, les congrégations religieuses n'ont plus le droit d'enseigner. Au nom de la laïcité, le président du Conseil, Émile Combes, peut annoncer : « L'anticléricalisme est l'oeuvre la plus considérable et la plus importante pour l'émancipation de l'esprit humain ». Après avoir supprimé l'enseignement religieux, le gouvernement français songe à l'abrogation du Concordat de 1802 et à la séparation des Églises et de l'État.

Le général André et l'affaire des fiches

Le 4 novembre 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, est giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton, un désaxé qui se suicidera peu après. Ce drame met un point final à l'« affaire des fiches ».

Il était reproché au ministre comme à son homologue le ministre de la Marine Camille Pelletan, d'avoir favorisé la promotion des officiers laïques et athées sans prendre en compte le critère de compétence. Le scandale précipite la chute du ministère d'Émile Combes...

Capitulation de Port-Arthur

Le 2 janvier 1905, au début de la guerre russo-japonaise, la garnison russe de Port-Arthur capitule face à l'armée japonaise, après onze mois de résistance. Le port, qui commande l'accès à la province chinoise de Mandchourie, passe d'un colonisateur à un autre. Un demi-siècle s'écoulera avant que la souveraineté de Pékin sur la ville soit reconnue.

Dimanche rouge à Saint-Pétersbourg

Le 22 janvier 1905 est qualifié de « Dimanche rouge » par les Russes. Ce jour-là, 100.000 grévistes manifestent en silence et sans armes à Saint-Pétersbourg, devant le Palais d'Hiver. Tout d’un coup, les Cosaques chargent la foule. Dans les heures qui suivent, étudiants et ouvriers décrètent la grève. L’embrasement est aggravé par les échecs militaires du régime face au Japon.

Le tsar Nicolas II fait mine d’ouvrir la voie à un régime démocratique. Mais l’expérience ne durera pas et la Révolution démocratique avortée de 1905 ouvrira la voie à des révolutions autrement plus radicales en 1917...

Du « coup de Tanger » au « coup d'Agadir »

Le 31 mars 1905, l'empereur d'Allemagne Guillaume II débarque spectaculairement à Tanger, au Maroc. Par ce « coup de Tanger », il tente de s’opposer aux visées de la France sur le pays. Son initiative n’a d’autre résultat que de réveiller la germanophobie des Français...

Fondation de la SFIO

Du 23 au 26 avril 1905, 286 représentant des différents partis français qui se réclament du socialisme fondent la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière). Son nom fait référence à l'Internationale ouvrière et socialiste née en 1864 et refondée en 1889...

Les Japonais défont les Russes à Tsushima

Le 27 mai 1905, les flottes de guerre russe et japonaise s'affrontent au large de Tsushima, dans le bras de mer qui sépare la Corée du Japon.

Plus de 5.000 Russes sont tués et 6.000 faits prisonniers. Les Japonais n'ont eux-mêmes à déplorer que la perte de trois destroyers et 700 hommes.

C'est la première fois qu'un État européen est défait par un État asiatique...

La Norvège devient indépendante

Le 7 juin 1905, la Norvège devient indépendante. Le pays avait été rattaché à la Suède en 1814, sur une décision du Congrès de Vienne, malgré une première proclamation d'indépendance.

Mutinerie du Potemkine

Le 27 juin 1905, dans la mer Noire, une mutinerie éclate à bord du Potemkine, principal cuirassé de la flotte russe de la mer Noire.

Le drame commence avec une histoire de viande avariée. Protestations des marins. Menaces des officiers. Cet épisode secondaire de la première Révolution russe va plus tard accéder au rang de mythe historique par la vertu d'un film à lui consacré par le réalisateur Eisenstein…

Traité russo-japonais de Portsmouth

Le 5 septembre 1905, Russes et Japonais signent le traité de Portsmouth (New Hampshire, États-Unis), qui consacre la défaite militaire de l'empire tsariste. Pour la première fois, une puissance européenne est vaincue par une puissance asiatique !

Sidérés par la victoire du Japon, les peuples d'Asie se disent que les Européens ne sont pas si invincibles qu'ils le paraissent. Certains Européens se rendent compte aussi que leur suprématie est fragile et touche à sa fin. Le président des États-Unis Théodore Roosevelt reçoit le prix Nobel de la paix pour sa médiation…

Einstein découvre la relativité

Le 28 septembre 1905, la revue allemande Annalen der Physik publie un article sur une mystérieuse théorie de la relativité, ultérieurement qualifiée de «théorie de la relativité restreinte».

L'auteur est un scientifique de 25 ans qui signe Albert Einstein et n'a même pas encore son doctorat ! Il va en quelques années chambouler la physique classique héritée d'Isaac Newton et ouvrir un champ immense à la science...

Manifeste du tsar Nicolas II

Le 30 octobre 1905, suite à la Révolution de janvier et à sa défaite face aux Japonais, le tsar Nicolas II doit publier un Manifeste par lequel il instaure un régime constitutionnel en Russie. Mais cette expérience ne durera pas plus de quelques mois et son échec conduira le tsarisme à sa mort.

Séparation des Églises et de l'État

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 9 décembre 1905, le Parlement français vote la loi de séparation des Églises et de l'État à l'initiative du député Aristide Briand. La loi sera mise en application non sans tensions par le gouvernement de Maurice Rouvier puis celui de Georges Clemenceau, Aristide Briand étant ministre de l'instruction publique et des cultes.

C’est l’aboutissement d’un long processus de laïcisation des institutions politiques né avec… le roi Philippe le Bel, six siècles plus tôt, qui n’aura pas empêché 5 cardinaux (Tournon, Richelieu, Mazarin, Dubois, Fleury) d’exercer dans l’intervalle la fonction de Premier ministre.

La Veuve Joyeuse triomphe à Vienne

Le 30 décembre 1905, La Veuve Joyeuse triomphe à Vienne. Le compositeur austro-hongrois Franz Lehar renouvelle l'opérette. Dans le même temps, la ville impériale voit le triomphe de l'Art nouveau ou Jugendstil, inventé par les artistes de la Sécession.

Conférence d'Algésiras

Le 16 janvier 1906, la conférence d'Algésiras règle pour quelques années le contentieux entre la France et l'Allemagne, toutes deux désireuses d'imposer leur protectorat sur le Maroc. C'est finalement la France qui a gain de cause en 1912.

Armand Fallières président de la République

Succédant à Émile Loubet, Armand Fallières (65 ans) est élu président de la République française le 17 janvier 1906 comme candidat des gauches. Sa mine débonnaire lui vaut le surnom de «Père Fallières»...

La catastrophe de Courrières

Le 10 mars 1906, un coup de poussière ensevelit plus d'un millier de mineurs dans la région de Courrières. Les travailleurs du bassin minier débraient en masse pour protester contre une reprise prématurée de l'activité...

San Francisco en ruines

Le 18 avril 1906, la ville de San Francisco, en Californie centrale, est détruite par un tremblement de terre. Plusieurs secousses de magnitude 8,5 sur l'échelle de Richter soulèvent le sol à plusieurs reprises.

Le séisme entraîne près de 700 morts et la destruction totale de la ville...

La Cour de Cassation réhabilite Dreyfus

Onze ans après la dégradation publique du capitaine Alfred Dreyfus sous l'accusation d'espionnage, celui-ci est solennellement réhabilite par la Cour de Cassation de Paris, qui constate que « de l'accusation, rien ne tient debout ».

Réforme agraire de Stolypine

Le 22 novembre 1906, le Premier ministre russe Piotr Stolypine engage une vigoureuse réforme agraire en liquidant les vestiges de la féodalité et du servage et en permettant aux paysans les plus dynamiques d'acquérir des terres.

Les premiers résultats sont prometteurs. La Russie voit son économie progresser à pas de géants. Mais ses progrès sont brutalement interrompus par l'assassinat du Premier ministre, la Grande Guerre et la Révolution.

La révolte viticole vire au drame

Le 19 juin 1907 a lieu à Narbonne un affrontement tragique entre les forces de l'ordre et des vignerons languedociens. On relève deux morts. Un nouvel affrontement, le lendemain, occasionne cinq nouvelles victimes.

Victimes de la surproduction, aggravée par la « chaptalisation » du vin (ajout de sucre), les vignerons de l'Aude se sont soulevés à l'appel d'un cafetier local, Marcelin Albert. Leur colère va en définitive être habilement endiguée par le Président du Conseil Georges Clemenceau...

Naissance du scoutisme

Le 29 juillet 1907, le mouvement scout, d'un mot anglais qui signifie éclaireur, est officiellement fondé en Angleterre par le colonel Robert Baden-Powell.

En ce début du XXIe siècle, le scoutisme réunit 16 millions de jeunes garçons et jeunes filles dans 136 pays, au sein de groupements confessionnels ou laïcs.

Notons aussi que l’esprit du scoutisme a été dévoyé après la Première Guerre mondiale par les partis totalitaires qui ont créé sur le même modèle des mouvements de jeunesse à leur dévotion…

Premier vol en hélicoptère

Le 13 novembre 1907, près de Lisieux, Paul Cornu réussit à s'élever pour la première fois à bord d'un hélicoptère. Il atteint l'altitude de 1,5 mètre !

Manifestation des « suffragettes »

Le 21 juin 1908, les « suffragettes » manifestent violemment à Hyde Park, à Londres. Malgré leur nombre, 250.000 environ, les manifestantes ne réussissent pas à faire avancer leur revendication : le vote des femmes. Elles n'obtiendront une demi-victoire que le 28 décembre 1918 avec l'octroi du droit de vote aux femmes de plus de... 30 ans.

Révolution des «Jeunes-Turcs». 

Les officiers «Jeunes-Turcs». , à l'origine du sentiment national turc, obligent le sultan ottoman Abdul-Hamid II à rétablir une Constitution le 24 juillet 1908...

Inauguration du chemin de fer du Hedjaz

Le 30 juillet 1908 est inauguré le chemin de fer du Hedjaz, qui relie Damas à Médine en longeant de loin la mer Rouge. Les deux villes saintes musulmanes de La Mecque et Médine deviennent du coup plus facilement accessibles aux pèlerins du monde entier. Ce succès politique est porté au crédit de l'empire ottoman, puissance tutélaire de la région, et de son nouvel allié, l'empire allemand, dont les ingénieurs ont supervisé la construction du chemin de fer.

Dès 1889, l'Allemagne, soucieuse de se donner un rôle international à la mesure de sa puissance industrielle, s'est rapprochée de la Turquie. Elle a lancé la construction d'une première voie ferrée en Anatolie, entre Izmir et Ankara. En mars 1903, une compagnie germano-turque, la Bagdadbahn, avait aussi obtenu une concession pour une voie ferrée de la Méditerranée à Bagdad, via Alep.

Ces réalisations pacifiques se doublaient d'une assistance militaire qui permit aux Turcs de vaincre les Grecs à Domokos, en 1897, et allait trouver son aboutissement pendant la Grande Guerre...

Henry Ford produit la première voiture de grande série

Le 12 août 1908, Henry Ford présente la première voiture produite en grande série, le modèle T, par la Ford Motor Company.

C'est le début de la production standardisée en grande série, obtenue par une « organisation scientifique du travail » (OST), appelée « taylorisation » ou « taylorisme », du nom de l'ingénieur américain Frederick Winslow Taylor. Henry Ford y ajoute le souci d'améliorer la condition ouvrière (dans l'intérêt bien compris de son entreprise). Cette approche sociale baptisée « fordisme » va permettre à la classe ouvrière de renforcer les rangs des classes moyennes.

L'Autriche-Hongrie annexe la Bosnie-Herzégovine

Le 5 octobre 1908, l'empire austro-hongrois annexe formellement la Bosnie-Herzégovine, une province ottomane qu'il occupait légalement depuis le congrès de Berlin de 1878. C'est le début d'une succession de troubles qui vont agiter les Balkans et finalement mettre le feu à l'Europe entière...

Le Congo colonie belge

Le 15 novembre 1908, après une longue délibération, le Parlement belge accepte le legs encombrant du roi Léopold II, rien de moins que sa propriété personnelle : l'« État indépendant du Congo ». Celui-ci devient officiellement une colonie belge...

Peary et Henson au pôle Nord

Le 6 avril 1909, six hommes atteignent pour la première fois le pôle Nord. Il s'agit de Robert Edwin Peary, de Matthew Henson, son serviteur de race noire, et de quatre Inuits (Esquimaux) : Ootah, Egingwah, Seegloo et Ooqueah. Ils réalisaient l'exploit avec des traineaux à chiens. Bientôt, réchauffement climatique oblige, c'est en navire de croisière que les riches touristes y accèderont...

Le sultan Abdul-Hamid II déposé

Le 27 avril 1909, à Istamboul, les nationalistes « Jeunes Turcs » déposent le sultan Abdul-Hamid II, auquel ils reprochent de livrer l'empire aux appétits étrangers et de montrer trop de complaisance pour les Arabes, et le remplacent par son frère Mehmed V.

Blériot traverse la Manche

Le 25 juillet 1909, moins de 6 ans après le saut de puce des frères Wright, a lieu la première traversée aérienne de la Manche. Ingénieur centralien enrichi dans la fabrication de phares automobiles, Louis Blériot consacre sa fortune à créer des prototypes d'avions.

Après 32 échecs qui lui ont valu le surnom de « roi de la casse », il tente le tout pour le tout et, en 27 minutes, traverse la Manche aux commandes de son dernier-né, le Blériot XI. Fort de son triomphe, il va se lancer dans la construction d'avions en grande série jusqu'à sa mort, le 1er août 1936.

Naissance des auberges de jeunesse

Parti en randonnée avec sa classe, Richard Schirrmann, instituteur dans la petite ville d'Altena (Westphalie), se trouve bloqué par un orage en pleine forêt, dans la nuit du 26 août 1909.

Il songe alors à créer un réseau de gîtes à bon marché pour la jeunesse allemande... Trois ans plus tard, il ouvre une première «auberge des écoliers» dans sa salle de classe en installant des lits de fortune pour accueillir les jeunes randonneurs du week-end.

Transférée ensuite dans le château d'Altena, l'«auberge» va devenir l'amorce du réseau international des auberges de jeunesse.

Le premier Tournoi des Cinq Nations

Le 1er janvier 1910 a lieu le premier Tournoi des Cinq Nations (Angleterre, Écosse, France, Irlande, Pays de Galles). Au chapitre de la rivalité franco-britannique, les canons cèdent la place au rugby. Lors du premier match, à Swansea, l'équipe française est battue par le pays de Galles (49-14).

Crue exceptionnelle à Paris

Le 28 janvier 1910, une crue d'exception recouvre le centre de Paris et les bords de la Seine. Le débordement atteint un maximum de 8,62 mètres, du jamais vu dans la capitale. Les dégâts matériels sont très importants. Des milliers d'immeubles et de maisons sont inondés et 200.000 Parisiens sinistrés, mais l'on ne déplore pas de victimes à part un sapeur pompier emporté avec son embarcation.

Fondation de l'Union sud-africaine

Le 31 mai 1910 est fondée l'Union sud-africaine, qui consacre le rapprochement entre les anciens ennemis de la guerre des Boers.

La Corée devient colonie japonaise

Le Japon des Lumières officialise le 22 août 1910 l'annexion de la Corée, le « Pays du Matin calme » (Cho-Sen ou Chôsen). La péninsule coréenne restera colonie de l'empire nippon jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, en 1945. Malgré leur parenté linguistique et ethnique avec les Japonais, ses habitants conservent un souvenir amer de cette période...

Le royaume médiéval de Corée était devenu un État vassal de la Chine au XVIIe siècle. Au siècle suivant, une bonne partie de sa population est convertie au christianisme par une poignée de prédicateurs coréens et chinois. Ces derniers ont été formés par des jésuites à la cour des empereurs mandchous, à Pékin, et sont entrés en fraude en Corée !

À la signature du traité de Shimonoseki avec le Japon, la Chine reconnaît la pleine indépendance de la Corée mais celle-ci tombe du coup sous la coupe des Russes et des Japonais. Après la guerre russo-japonaise, les Russes sont évincés de Corée et laissent les coudées franches aux Japonais...

Le Monténégro devient un royaume

Le 28 août 1910, Nicolas 1er Petrovitch Niegoch se proclame roi du Monténégro.

Le Portugal devient une République

Le 5 octobre 1910, à Lisbonne, le roi Manuel II est chassé par un coup d'État militaire : le Portugal devient une République.

Le pays reste un fidèle allié de l'Angleterre et participe à la Première Guerre mondiale. Mais une fois la paix revenue, les divisions dans le camp républicain entraînent pas moins de seize nouveaux coups d'État jusqu'à la prise de pouvoir par le général Gomes da Costa le 28 Mai 1926.

Fête de la République

L'anniversaire de ce jour est devenue au Portugal la fête de la République.

Le pays célèbre par ailleurs sa fête nationale le 10 juin, jour anniversaire de la mort du grand poète lusitanien Luís Vaz de Camões, dit «&nsp;le Camoëns » en français (1525-1580).

Naissance de l'aéronavale

Le 14 novembre 1910, un avion biplan décolle du croiseur américain Birmingham. C'est la naissance de l'aéronavale. Onze mois plus tard, le pilote Eugène Ely réussit l'opération dans les deux sens (décollage et atterrissage) sur une plate-forme spécialement aménagée à l'arrière du cuirassé Pennsylvania. Le porte-avions est né.

Début de la Révolution mexicaine

Francisco Indalecio Madero publie le 20 novembre 1910 le plan de San Luis Potosí. C'est un appel à la rébellion contre le dictateur Porfirio Díaz.

En 35 ans, ce dernier a développé l'économie mexicaine au profit de la bourgeoisie et des grandes propriétés (latifundias) mais au détriment des peones (paysans indiens ou métis) et de leurs terres communales (ejidos). Du fait du mécontentement social, l'appel à la rébellion est immédiatement suivi d'effet et débouche sur une révolution longue et douloureuse...

Fondation de La Main noire à Belgrade

Un groupe de nationalistes serbes fondent, le 3 mars 1911, dans un appartement de Belgrade, l'organisation secrète : Ujedinjenje ili smrt ! (« L'Union ou la mort ! »), plus communément connue sous le nom de « Main noire ».

Cette organisation prône la création d'une « Grande Serbie » qui réunirait autour de Belgrade tous les territoires peuplés par des Serbes (ou supposés tels). Elle naît en réaction à l'annexion de la Bosnie-Herzégovine à l'Autriche-Hongrie.

Parmi ses promoteurs figurent des officiers qui ont participé à l'horrible attentat contre le roi de Serbie Alexandre 1er et la reine Draga Machin. Le principal est Dragutin Dimitrievitch : surnommé «Apis» par ses admirateurs en raison de sa carrure imposante qui évoque le taureau de la mythologie égyptienne, il est entré dans les services secrets serbes et va organiser dans l'ombre l'attentat de Sarajevo.

Assez comparable aux organisations djihadistes du XXIe siècle, la « Main noire » compte très vite quelques milliers de membres et ouvre des camps d'entraînement en vue d'attentats et d'opérations clandestines.

La France adopte le méridien de Greenwich

Par une loi du 9 mars 1911, la France renonce à imposer le méridien de Paris comme référence temporelle et point de départ des fuseaux horaires. Elle se rallie comme le reste du monde au méridien de Greenwich, ville proche de Londres, où se situe l'observatoire royal anglais. Ce méridien passe à proximité du Havre, de Caen et du Mans.

Dans la nuit du 18 au 19 mars 1911, toutes les horloges de France s'arrêtent à minuit pour repartir 9 minutes et 21 secondes plus tard afin de se mettre en concordance avec le temps universel (Greenwich Mean Time, en abrégé « GMT » ou « temps moyen à Greenwich »). C'en est bel et bien fini de la rivalité franco-anglaise, en astronomie comme dans en politique.

Révolution au Mexique

Le 25 mai 1911, au Mexique, le dictateur Porfirio Diaz est renversé. C'est le début d'une longue et douloureuse Révolution.

Découverte du Machu Picchu

Le 24 juillet 1911, l'archéologue américain Hiram Bingham arrive au sommet d'une montagne, au Pérou, en compagnie d'un officier péruvien et d'un jeune paysan de la région.

Il aperçoit alors d'énormes murs de maisons en ruines. Il vient de découvrir (ou redécouvrir) les restes de la cité inca du Machu Picchu...

On a volé la Joconde

Au lendemain du lundi 21 août 1911, un gardien du musée du Louvre constate la disparition de la Joconde, célèbre portrait par Léonard de Vinci d'une dame florentine, Madonna Lisa, troisième épouse de Giacomo del Giaocondo.

Le public se passionne pour l'enquête policière mais celle-ci ne débouche sur rien, jusqu'à ce que, deux ans plus tard, à Florence, un ouvrier vitrier italien, Vincenzo Peruggia, se fasse prendre en tentant de vendre le tableau à un receleur.

Il confesse qu'ayant eu à travailler au Louvre, il avait volé le tableau pour le restituer à sa patrie, l'Italie !... La Joconde a retrouvé sa place au Louvre où pas moins de 20.000 visiteurs admirent chaque jour son sourire indéfinissable.

Le Premier ministre russe Stolypine assassiné

Le 18 septembre 1911, lors d'une représentation à l'opéra de Kiev en présence du tsar, un avocat anarchiste, Dimitri Bogrov, tire à bout portant sur le Premier ministre russe Piotr Stolypine (49 ans)...

Les troupes italiennes débarquent à Tripoli

Giovanni Giolitti, chef du gouvernement italien, s'émeut de voir que la France s'installe au Maroc suite au « coup d'Agadir ». Il décide de réaliser la promesse secrète qui a été faite en 1902 à son pays par la France de prendre la Libye, l'une des dernières possessions ottomanes. Comme tout le monde, pourrait-on dire, l'Italie aspire à sa part du gâteau colonial...

Sitôt dit, sitôt fait. Le 3 octobre 1911, des troupes italiennes débarquent à Tripoli, en vue d'enlever la Libye à la Turquie. En dépit des moyens employés (bombardements de populations civiles, gaz etc), les envahisseurs vont avoir le plus grand mal à soumettre les tribus de l'intérieur.

Faute d'y arriver, ils décident de porter la guerre dans les eaux ottomanes, bombardent les Détroits et occupent quelques îles du Dodécanèse. Sous la pression de l'Autriche et de la Russie, qui s'émeuvent de l'arrêt de la navigation dans les Détroits, les Turcs consentent à céder la Tripolitaine et la Cyrénaïque à l'Italie par un traité secret, le 15 octobre 1912.

Mais cette violation délibérée du droit international, approuvée par la Triple-Entente (France, Grande-Bretagne, Russie), déclenche les appétits des petits États balkaniques. Les Serbes se disent que le moment est venu de liquider ce qui reste de possessions ottomanes en Europe et se liguent avec les Bulgares contre les Turcs. L'affaire va se clore à Sarajevo...

Insurrection républicaine en Chine du sud

À Canton (Chine du sud), le 10 octobre 1911, une rébellion militaire met fin à la dynastie mandchoue, vieille de 250 ans, et débouche sur la proclamation de la République chinoise.

Le premier président en est le démocrate et socialiste Sun Yat-sen, qui a fondé le parti du Guomindang.

Depuis sa mort, en 1925, ses héritiers n’en finissent pas de se disputer la Chine : d’un côté les communistes, de l’autre les nationalistes conduits par Tchang Kaï-chek, successeur de Sun Yat-sen à la tête du Guomindang...

Le «Double-Dix»

L'anniversaire du 10 octobre est encore commémoré chaque année par plus d'un milliard d'hommes sous l'appellation commune «Double-Dix» (10-10 pour dix octobre).

Il est jour de fête nationale à Taïwan et également honoré en Chine populaire. Les deux gouvernements, bien qu'antagonistes, continuent en effet de se réclamer l'un et l'autre de Sun Yat-sen, le père de la République.

August Bebel, prophète de malheur

Ce 9 novembre 1911, l'Europe s'inquiète des roulements de tambour en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne. On sort à peine de la crise d'Agadir et après plusieurs années paisibles, la guerre générale devient une perspective plausible.

Ferdinand August Bebel (Deutz, près de Cologne, 22 février 1840  - Passug, Suisse, 13 août) À Berlin, un vieil homme monte à la tribune du Reichstag, la Chambre des députés de l'Empire allemand. D'une voix que les témoins disent claire et envoûtante, il s'adresse à ses collègues :
« Ainsi, on armera de tous les côtés et l'on ira jusqu'au point où l'un ou l'autre des adversaires dira : ''Mieux vaut une fin rapide dans l'horreur qu'une horreur sans fin''. C'est à ce moment-là que viendra la catastrophe. L'Europe entière suivra le tambour et seize à dix-huit millions d'hommes dans leur plus bel âge, la fleur des différentes nations, sortiront équipés des meilleurs instruments d'assassinat. Le crépuscule des dieux approche pour le monde bourgeois ».

À ces mots, la plus grande partie de l'assemblée éclata en risées et trépidations, sur quoi l'orateur poursuivit : « Soit, vous prenez le parti d'en rire. Et bien, vous verrez le résultat : après la guerre, nous serons confrontés à une faillite massive, à la misère générale, au chômage universel et à une grande famine » (*).

Ce prophète de malheur allait mourir deux ans plus tard, le 13 août 1913, dans la station suisse de Passugg, près de Zurich. Il a nom Ferdinand August Bebel...

Zapata publie le « Plan de Ayala »

Le 25 novembre 1911, le révolutionnaire mexicain Émiliano Zapata publie un généreux programme de réforme agraire, le « Plan de Ayala ».

Amundsen atteint le pôle Sud

Le vendredi 14 décembre 1911, le Norvégien Roald Amundsen est le premier homme à atteindre le pôle Sud...

Premier hold-up motorisé de l'Histoire

Le 21 décembre 1911 survient le premier hold-up motorisé de l'Histoire.

Les malfrats blessent grièvement de deux balles un garçon de recettes de la succursale de la Société Générale, rue Ordener, à Paris. Ils s'emparent de sa sacoche et s'enfuient à bord d'une Delaunay-Belleville de 12 chevaux, ce qui se fait alors de mieux en matière d'automobile. Le véhicule, volé quelques jours plus tôt, est abandonné à Dieppe.

Les attaques du même genre se multiplient dans les mois qui suivent. La police du préfet Louis Lépine identifie leurs auteurs comme la « bande à Bonnot », du nom de leur chef, Jules Bonnot, un mécanicien auto sympathisant de la cause anarchiste. Il sera tué à Choisy-le-Roi, près de Paris, le 28 avril 1912. Ses trois derniers complices, parmi lesquels Raymond-la-Science, seront guillotinés le 21 avril 1913 devant la prison de la Santé par le bourreau Anatole Deibler.

Proclamation de la République en Chine

Le 30 décembre 1911, Sun Yat-Sen proclame la République de Chine. Il devient le premier président du gouvernement provisoire installé à Nankin.

Les républicains dénoncent la légitimité du gouvernement impérial de Pékin. Celui-ci, affaibli par les séditions et les humiliations que lui ont fait subir les puissances occidentales, ne tardera pas à disparaître.

Fin de l'empire mandchou

Le 13 février 1912, la Chine devient une République avec l'abdication du dernier empereur de la dynastie mandchoue, P'ou Yi (six ans !)...

Le Maroc devient protectorat français

Le 30 mars 1912, suite au « coup d'Agadir » et à la convention de Fès, le sultanat du Maroc devient protectorat français après avoir conservé son indépendance contre vents et marées pendant douze siècles !

La République française complète ainsi sa domination sur l'Afrique du Nord... mais pour moins d'un demi-siècle. Le général Hubert Lyautey, nommé « résident général » auprès du sultan, à Rabat, va s'appliquer à moderniser les institutions du pays dans le respect de ses traditions.

Naufrage du Titanic

Le paquebot heurte un iceberg et sombre au large de Terre-Neuve, au cours de son voyage inaugural, dans la nuit du 14 au 15 avril 1912.

C'est la catastrophe maritime la plus médiatique de tous les temps à défaut d'être la plus meurtrière (1502 victimes)...

La mort de Bonnot

Les hommes de la Sûreté emmenés par le préfet Lépine encerclent une villa de Choisy-le-Roi où a trouvé refuge Jules Bonnot.

L’ennemi public numéro un terrorise les Parisiens depuis la fin de l’année précédente. Avec sa bande de malfrats issus des milieux anarchistes, il a multiplié en quelques mois les braquages de banques et les actions violentes contre les forces de l’ordre.

Les policiers dynamitent la maison et abattent Bonnot et son complice Dubois lors de l’assaut final. Il faudra cependant attendre le 14 mai suivant pour que le reste de la «bande à Bonnot» soit neutralisé dans l’attaque d’un pavillon à Nogent-sur-Marne.

Première guerre balkanique

Le 18 octobre 1912, la Serbie, la Bulgarie, le Monténégro et la Grèce se coalisent contre la Turquie et franchissent ses frontières. Usé et vieilli, l'empire ottoman ne résiste pas à cette première guerre balkanique, fomentée par le ministre russe des Affaires étrangères Izvolski.

Après une campagne de trois semaines, il perd les territoires qui lui restent en Europe à l'exception de la région de Constantinople, sa capitale. Par le traité de Londres du 30 mai 1913, il renonce à ces territoires, essentiellement la Macédoine et sa capitale Salonique. Il reconnaît aussi l'indépendance de l'Albanie et cède la Crète à la Grèce.

Mais les vainqueurs se montrent incapables de s'entendre sur le partage des dépouilles et vont bientôt s'affronter dans une seconde guerre balkanique.

Indépendance de l'Albanie

Le 28 novembre 1912, Ismaël Kemal Vlorë proclame l'indépendance de l'Albanie...

L'anniversaire de ce jour est fête nationale en Albanie. C'est aussi l'anniversaire d'une première libération du «pays des Aigles» par Skanderbeg en 1443.

Raymond Poincaré président de la République

Le 17 janvier 1913, les parlementaires élisent à la présidence de la République Raymond Poincaré, précédemment président du Conseil (chef du gouvernement).

Toujours soucieux de préparer la «revanche» ou du moins de mettre la France en situation de résister à une agression allemande, Poincaré fait voter en juillet 1913 une loi sur le service militaire de 3 ans pour tous (curés compris !)...

Manifestation contre la loi des trois ans

Au Pré-Saint-Gervais, près de Paris, Jean Jaurès et la SFIO réunissent 150.000 personnes pour protester contre la loi qui doit porter de deux à trois ans le service militaire obligatoire... Dans les casernes de l'Est, des soldats menacent de se mutiner à la perspective de rester un an supplémentaire en service.

La loi sera en définitive votée malgré l'hostilité de la majorité de l'opinion publique le 19 juillet 1913, sous l'égide du président Raymond Poincaré et du président du Conseil Louis Barthou.

Discours de Jean Jaurès le 25 mai 1913 au Pré-Saint-Gervais à l’issue d’une manifestation contre la loi des trois ans (photo : Henri Roger)

Le Sacre du Printemps fait scandale

Le 29 mai 1913, lors de sa première représentation dans le nouveau théâtre des Champs Élysée, à Paris, le Sacre du Printemps (tableaux de la Russie païenne) surprend le public par son impression de chaos et la répudiation des critères conventionnels de la beauté.

Ce spectacle a été créé par les Ballets russes de Serge de Diaghilev, sur une musique d'Igor Stravinsky, avec une chorégraphie de Vaslav Nijinski. En dépit ou à cause du hourvari de la première, il va ouvrir la voie à de nouvelles formes musicales.

création de la police judiciaire parisienne

Le 2 août 1913 est créée la direction régionale de la police judiciaire de Paris, plus communément appelée PJ. Son siège est fixé sur l'île de la Cité, au 36, quai des Orfèvres, un lieu devenu mythique par la grâce des cinéastes et des romanciers, tel Georges Simenon…

Traité de Bucarest

Le 10 août 1913, le traité de Bucarest met fin à la deuxième guerre balkanique.

Les Bulgares, responsables des hostilités, restituent Andrinople aux Turcs et cèdent une partie de la Dobroudja à la Roumanie. La Macédoine est partagée entre la Serbie et la Grèce.

Plus gravement, la défaite de la Bulgarie a pour effet un renversement des alliances balkaniques, avec de graves conséquences pour l'Europe : la Russie jusque-là alliée de la Bulgarie se range aux côtés de ses vainqueurs, la Serbie et la Roumanie, cepandant que la Bulgarie se voit contrainte de rechercher l'alliance de l'Autriche-Hongrie.

Traversée de la Méditerranée par Roland Garros

Fils d'un avocat de La Réunion, l'aviateur Roland Garros (25 ans) réussit la traversée sans escale, de Fréjus à Bizerte, en Tunisie, en moins de huit heures.

Du côté de chez Swann

Le 14 novembre 1913, Marcel Proust publie à compte d'auteur Du côté de chez Swann. L'écrivain ajoutera six tomes à ce livre pour en faire le roman le plus long et l'un des plus beaux de la langue française sous le titre À la recherche du temps perdu. Au total 17 ans de travail acharné.

Mme Caillaux tire sur Gaston Calmette

Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux tue Gaston Calmette, directeur du Figaro, par crainte que son passé sentimental soit étalé sur la place publique. 

Ce coup de revolver est le premier d'une série de trois qui entraîneront la France et l'Europe dans la plus grande tragédie de leur Histoire (le second tuera l'archiduc Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin, et le troisième aura raison de Jean Jaurès à Paris, au café du Croissant, le 31 juillet de la même année)...

Naufrage de l'Empress of Ireland

Le 29 mai 1914, à 1h45 du matin, le paquebot Empress of Ireland sombre en quinze minutes au large de Rimouski, dans l'estuaire du St-Laurent (province de Québec). Il a été éperonné en plein brouillard par le charbonnier norvégien Storstad.

Moins médiatique que le naufrage du Titanic, la catastrophe n'en fait pas moins 1012 victimes sur 1477 personnes à bord... Notons que l'un des survivants du Empress avait également survécu au naufrage du Titanic en 1912 !

Assassinat d'un archiduc à Sarajevo

Le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo par un nationaliste serbe. Cet attentat est le prétexte que vont utiliser quelques semaines plus tard les grandes puissances européennes pour s'entredévorer...

Course à la guerre

Le 5 juillet 1914, l'empereur allemand Guillaume II assure l'émissaire du gouvernement austro-hongrois de son soutien en cas de conflit avec la Serbie. C'est le début de la course à la Grande Guerre...

La France adopte l'impôt sur le revenu

Le président de la République Raymond Poincaré obtient de la majorité parlementaire, hostile à la guerre, qu'elle renonce à abroger la loi du 19 juillet 1913 prolongeant le service militaire à trois ans.

En échange, il lui concède l'impôt progressif sur le revenu. Il est adopté par la Chambre des députés le 15 juillet 1914...

Ultimatum de Vienne à la Serbie

Un mois après l'attentat de Sarajevo, Vienne remet une note au gouvernement serbe le 23 juillet Elle ne menace la Serbie d'aucune annexion mais en dix points exige de Belgrade l'engagement public de ne plus soutenir les menées terroristes en Bosnie. Elle exige aussi que soient recherchés les responsables serbes de l'attentat de Sarajevo et souhaite que des fonctionnaires austro-hongrois participent à l'enquête.

Le gouvernement serbe a 48 heures pour répondre à ces dix points. Il se dispose à les accepter quand le tsar de Russie s'immisce dans le différent. Sur son intervention, Belgrade rejette l'ultimatum de Vienne... La guerre devient inéluctable.

Assassinat de Jean Jaurès

Le soir du 31 juillet 1914, Jean Jaurès est tué d'un coup de revolver dans le café du Croissant, rue Montmartre, à Paris (2e arrondissement), alors qu'il dînait avec deux collaborateurs, Jean Longuet et Pierre Renaudel...

Début de la Grande Guerre

Le samedi 1er août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. À 4 heures de l'après-midi, tous les clochers de France font entendre un sinistre tocsin. C'est la mobilisation générale...

Premiers morts de la Grande Guerre

Le dimanche 2 août 1914, à Joncherey, sur le territoire de Belfort, le caporal français Jules Peugeot, du 44e RI, et le sous-lieutenant allemand Albert Mayer, du 5e régiment de chasseurs à cheval basé à Mulhouse, échangent des coups de feu. Ils tombent l'un et l'autre avant même la déclaration de guerre.

Berlin déclare la guerre à la France

Le 3 août 1914, l'Allemagne de Guillaume II, déjà en guerre depuis deux jours avec la Russie, déclare la guerre à la France et à la Serbie. Elle envahit dès le lendemain la Belgique en vertu du plan Schlieffen. La Grande-Bretagne, à son tour, déclare le lendemain la guerre à l'Allemagne au motif que celle-ci a violé la neutralité de la Belgique. C'est le début de la Grande Guerre.

Défaits dans la « bataille des frontières », les Français commandés par Joseph Gallieni lancent la contre-offensive de la Marne, à l'initiative de Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris. Il s'ensuit la « course à la mer ». Le front se stabilise dans la boue et les tranchées...

Invasion de la Belgique

À l'aube du 4 août 1914, deux divisions allemandes de 60.000 hommes franchissent la frontière germano-belge à Gemmenich. Elles se dirigent vers Liège, première place fortifiée de Belgique, sur les bords de la Meuse...

La « bataille des frontières »

Les Français imaginent comme les Allemands une guerre fulgurante et croient encore aux vertus de la cavalerie. Le commandant en chef des armées du nord et de l'est Joseph Joffre applique le plan XVII concocté en 1913, qui prévoit une offensive dans les Ardennes et en Lorraine. Mais il est pris de court par l'offensive allemande en Belgique.

Conformément au plan Schlieffen, les Allemands repoussent Belges et Français sur tous les fronts. Joffre organise toutefois une retraite générale en bon ordre.

Ouverture du canal de Panama

Le 15 août 1914 a lieu dans la discrétion l'ouverture officielle du canal de Panama. L'Europe, qui vient d'entrer dans la plus effroyable guerre de son Histoire, est indifférente à la portée de cet événement attendu depuis plusieurs décennies.

Le Japon dans la Grande Guerre

L'empire du Japon entre dans la guerre par pur opportunisme, en vue de s'emparer des possessions allemandes d'Extrême-Orient. Il occupe dès novembre la concession allemande de Qindao (Chine) puis, un peu plus tard, les îles Marianne. Tout cela sans perte humaine ou presque. Le Japon est le vainqueur le plus heureux de la Grande Guerre (et le seul empire à lui survivre).

« Situation inchangée de la Somme aux Vosges »

Par ce mémorable communiqué du Grand Quartier Général daté du 29 août 1914, au premier mois de la Grande Guerre, les Français découvrent avec stupeur que leur pays a été envahi et que leurs armées battent en retraite sur tous les fronts.

Jusque-là, tous les communiqués du quartier général du général Joffre laissaient supposer que l'offensive allemande était contenue, voire stoppée !... Ainsi la guerre moderne amenait-elle avec elle la propagande et le mensonge.

Les Russes défaits à Tannenberg

Le 30 août 1914, moins d'un mois après le début de la Première Guerre mondiale, victoire surprise des Allemands sur les Russes à Tannenberg.

Le général Paul von Hindenburg (67 ans) a quitté sa retraite pour prendre en catastrophe la tête de la IIe Armée, assisté du général Erich Ludendorff. Ils ont attaqué séparément et battu l'armée du général Samsonov et celle du général Rennenkampf...

La première bataille de la Marne

Le 6 septembre 1914, un mois après la percée allemande en Belgique, le général Joseph Joffre et le général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris, lancent sur le flanc ennemi la VIe armée du général Maunoury. Celle-ci oblige les généraux von Kluck et von Bülow à battre en retraite vers l'Aisne.

Grâce à cette contre-offensive de la Marne, les Français échappent à une défaite sans rémission (une seconde bataille de la Marne aura lieu à la fin de la guerre, en juillet 1918).

La cathédrale de Reims est bombardée

Le 4 septembre 1914, un mois après le début de la Grande Guerre, les Allemands entrent sans combat dans le fort de la Pompelle, érigé à l'orée de Reims dans les années 1880 et... désarmé en 1913. De cette position, les canons bombardent la ville. Le 19 septembre 1914, la cathédrale Notre-Dame elle-même est touchée. Sa charpente prend feu et le plomb de la toiture entre en fusion. L'édifice va manquer de disparaître.

La contre-offensive de la Marne permet aux Français de reprendre le fort dès le 24 septembre 1914 mais jusqu'à la fin de la guerre, quatre ans plus tard, la ville et sa cathédrale n'en finiront pas d'être touchées par des obus.

Grâce à un don de John Rockefeller, la cathédrale est reconstruite dans les années 1920 par l'architecte Henri Deneux, qui conçoit une ingénieuse charpente en ciment armé.

Albert 1er engage la bataille de l'Yser

Le 16 octobre 1914, après s'être emparée d'Anvers, la IVe armée allemande se heurte aux débris de l'armée belge commandés par le roi Albert 1er (39 ans) en personne, sur les bords de l'Yser...

Première bataille d'Ypres

Dans le cadre de la « course à la mer », la VIe armée allemande tente une première offensive dans les Flandres, sur le saillant d'Ypres. Mais cette première offensive dans les Flandres est repoussée le 20 octobre 1914 par le corps expéditionnaire britannique du général John French (il sera fait 1er comte d'Ypres).

La Royal Navy humiliée à Coronel

Le 1er novembre 1914, tandis que vient de débuter la Première Guerre mondiale, cinq navires allemands, sous les ordres de l'amiral comte Maximilian von Spee, défient l'escadre anglaise de l'amiral Cradock réfugiée dans le port de Coronel, au Chili...

Pancho Villa et Zapata à Mexico

Le 6 décembre 1914, Pancho Villa et Émiliano Zapata entrent ensemble à Mexico au terme de quatre ans de luttes révolutionnaires mais leur succès est éphémère et ils sont chassés de la capitale mexicaine par le dictateur Carranza.

Naissance d'une Nation au cinéma

Le 8 février 1915, tandis que l'Europe se meurt dans la Grande Guerre, les Américains découvrent le film Naissance d'une Nation (The birth of a Nation, 1915).

Ce fim de David Wark Griffith raconte l'histoire de la guerre de Sécession, qui s'était terminée 50 ans plus tôt. Il est fortement imprégné des préjugés racistes de l'époque et fait l'éloge du Ku Klux Klan.

Naissance d'une Nation apparaît avant tout comme la première superproduction de l'Histoire.

Avec ce film, le cinéma sort du théâtre filmé ! D'un coût initial de 100.000 dollars, le film en rapporte infiniment plus et se révèle l'un des plus rentables de l'histoire du cinéma. Griffith réinvestit ses bénéfices dans une nouvelle superproduction, Intolerance (1916) qui se révèlera quant à elle un gouffre financier.

Grâce à lui, les studios d'Hollywood, près de Los Angeles, n'en accèdent pas moins au premier rang de la production cinématographique mondiale.

Né en France vingt plus tôt, le cinéma va dès lors devenir l'une des industries les plus représentatives du dynamisme américain.

Offensive des Dardanelles

Le 19 février 1915, un bombardement naval annonce la bataille des Dardanelles. Elle aboutira à un dramatique fiasco des armées alliées franco-britanniques.

La « fée verte » prohibée

Le 17 mars 1915, au début de la Première Guerre mondiale, le gouvernement français interdit la production et la consommation des liqueurs anisées extraites de l'absinthe.

L'absinthe a été mise au point par la mère Henriod dans le Val-de-Travers (Suisse) et diffusée en France par Henri-Louis Pernod. Surnommée « fée verte » par Oscar Wilde, elle attaque le système nerveux à cause d'une substance toxique, la thuyone...

Les Turcs repoussent la flotte franco-britannique

Le 18 mars 1915, dans le détroit des Dardanelles, les cuirassés de l'amiral français Émile Guépratte et du vice-amiral britannique de Robek attaquent avec fougue les défenses turques. Leur projet est de s'emparer d'Istamboul. La perte de plusieurs navires ne dissuade pas les amiraux de reprendre l'offensive dès le lendemain mais ils en sont empêchés par leurs états-majors qui préfèrent un débarquement ultérieur. Ce sera l'offensive ratée des Dardanelles.

Horreur, les gaz asphyxiants !

Le 22 avril 1915, dans le secteur d'Ypres, sur le front des Flandres, les Allemands emploient pour la première fois des obus au gaz asphyxiant contre les Français et les Britanniques terrés dans leurs tranchées.

À base de chlore, ce gaz sera appelé l'ypérite, d'après le lieu de son premier emploi, ou gaz moutarde d'après son odeur. Cette arme chimique, qui brûle les yeux et les voies respiratoires, est dénoncée par les conventions internationales.

Le génocide arménien

Le 24 avril 1915, 600 notables arméniens d'Istamboul sont assassinés sur ordre du gouvernement. C'est le début d'un génocide, le premier de ce siècle. Il fera un à deux millions de morts dans la population arménienne...

Débarquement franco-britannique à Gallipoli

Le 25 avril 1915, un corps expéditionnaire franco-britannique débarque sur la presqu'île de Gallipoli (Canakale en turc), à l'entrée du détroit des Dardanelles, en Turquie. Le débarquement aboutit à un dramatique fiasco face aux défenses turco-allemandes, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders et d'un général turc promis à un grand avenir, Kemal Atatürk.

L'ANZAC Day

Les troupes d'Australie et de Nouvelle-Zélande ayant été particulièrement éprouvées, le souvenir de la bataille de Gallipoli est commémoré tous les 25 avril dans leur pays par un jour férié, l'ANZAC Day (ou jour de l'ANZAC, du nom de leur détachement).

Traité secret de Londres entre l'Italie et les Alliés

Le 26 avril 1915 est signé le traité secret de Londres entre les Alliés et l'Italie...

Le torpillage du Lusitania

Le paquebot britannique Lusitania, en provenance de New York, est coulé par un sous-marin allemand pour la raison qu’il transportait des armes à destination des belligérants. Parmi les victimes, de nombreux citoyens américains.

Ce fait divers dramatique va être rappelé deux ans plus tard par le gouvernement américain pour justifier son entrée en guerre contre l’Allemagne et ses alliés...

Les marines débarquent à Port-au-Prince

Le 28 juillet 1915, les troupes américaines débarquent à Haïti pour officiellement y restaurer la stabilité et la sécurité. Elles vont y rester pendant près de vingt ans, jusqu'au 21 août 1934.

Le rétablissement de l'ordre par les marines ne vas pas sans mal ni brutalités. Il se heurte en particulier à la résistance des « cacos » d'un certain Charlemagne Péralte...

Premier numéro du Canard Enchaîné

Le 10 septembre 1915 paraît le premier numéro du Canard Enchaîné.

Appelé à devenir une institution de réputation mondiale, le journal satirique naît pendant la Première Guerre mondiale, avec la volonté de dénoncer la censure, la propagande, les mensonges et le bourrage de crânes que pratiquent tous les journaux de l'époque.

Service militaire obligatoire en Angleterre

En 1914, la Grande-Bretagne ne dispose que d'une armée de métier de 300.000 hommes et fait appel au volontariat pour compléter ses effectifs. Patriotisme aidant, 700.000 jeunes Britanniques s'engagent d'eux-mêmes dès les premiers mois de la guerre. Les activités sociales telles que les matches de rugby ou de cricket, pratiquées à grande échelle à l'arrière du front, contribuent à maintenir la cohésion des troupes.

En 1915, les recrutements se font plus difficiles. Pour convaincre les hésitants, l'état-major encourage les « bataillons de copains » : les amis de quartier ou d'école vont ensemble au bureau de recrutement avec l'assurance de combattre côte à côte. Mais cette consolation ne suffit bientôt plus à vaincre les réticences et le gouvernement se résout à instaurer le service militaire obligatoire le 24 janvier 1916. 3 millions de conscrits viennent ainsi s'ajouter aux 3 millions de volontaires.

Avènement de Dada

Le 8 février 1916, dans un cabaret de Zurich, en réaction contre l'absurdité de la Grande Guerre, le poète Tristan Tzara et ses amis proclament l'avènement du mouvement Dada. Ce mouvement artistique et littéraire est une ébauche du surréalisme de l'après-guerre.

L'enfer de Verdun

Le 21 février 1916, à 16h 45, l'infanterie allemande se lance à l'attaque contre les positions françaises autour de Verdun, en Lorraine. Aucune bataille, aucune tragédie n'a autant marqué la mémoire des Français que la bataille de Verdun.

Elle dure dix mois et pratiquement tous les soldats de la Grande Guerre y participent chacun à leur tour. Le sort de la France se joue dans cet affrontement...

« Pâques sanglantes » à Dublin

Le lundi de Pâques du 24 avril 1916, à Dublin, un groupe d'Irlandais du Sinn Fein et de l'IRB se soulève contre le colonisateur britannique, à l'initiative de Sir Roger Casement et James Connolly. Ils forment ce que l'on appellera un peu plus tard l'Irish Republican Army (IRA)... Parmi eux, Sean Mac Bride, qui deviendra Premier ministre de la République d'Irlande avant de fonder Amnesty International et d'obtenir pour cela le Prix Nobel de la Paix !

L'insurrection annonce l'indépendance de l'Irlande du sud, cinq ans plus tard. Eamon de Valera, rescapé de l'insurrection, deviendra le premier président de la nouvelle République...

Accord secret Sykes-Picot

En pleine guerre mondiale, le Britannique sir Mark Sykes et le Français François Georges-Picot négocient un accord qui prévoit le démantèlement de l'empire ottoman après la guerre et le partage du monde arabe entre les deux Alliés. Les Français se réservent le Liban, la Syrie et la région de Mossoul, au nord de la Mésopotamie ; les Britanniques le reste de la Mésopotamie (Irak) et la Transjordanie. La Palestine doit devenir zone internationale et le port d'Alexandrette (Syrie) acquérir le statut de port franc.

L'accord est signé à Londres le 16 mai 1916 par sir Edward Grey, ministre britannique des Affaires étrangères, et Paul Cambon, ambassadeur de France. Il sera modifié à la marge par Lloyd George et Clemenceau, le 1er décembre 1918, de façon toute aussi secrète, Londres s'octroyant toute la Mésopotamie, y compris Mossoul, ainsi que la Palestine ; Paris la Syrie toute entière et une part de la Turkish Petroleum.

Par cet accord secret, mais qui sera dévoilé dès 1917, les Alliés violent outrageusement la promesse faite aux Arabes de leur offrir une indépendance complète en contrepartie de leur aide contre les Turcs, promesse dont le «colonel» Thomas Edward Lawrence, dit «Lawrence d'Arabie» s'était porté garant auprès de l'influent chérif de La Mecque, Hussein, et de son fils Fayçal.

La conférence de San Remo, du 19 au 26 avril 1920, confirme l'accord Sykes-Picot et les protectorats de Londres et Paris sur le Moyen-Orient. Une bonne partie des soubresauts actuels du monde arabe résultent de l'application de cet accord.

Bataille du Jutland

Le 31 mai 1916, au plus fort de la Grande Guerre, une bataille navale oppose dans le Jutland, au large du Danemark, 37 navires britanniques à 21 allemands. Ces derniers, sous le commandement de l'amiral von Scheer, évitent l'encerclement et obligent la Royal Navy, commandée par l'amiral Jellicoe, à rompre le combat. Les pertes sont lourdes des deux côtés et le résultat indécis.

La Royal Navy sort quelque peu humiliée de cette bataille navale, la plus importante du conflit. Il n'en reste pas moins que la marine allemande, fragilisée, devra à partir de là renoncer à gagner la haute mer. Elle se cantonnera à la guerre sous-marine.

Folle offensive sur la Somme

Le 1er juillet 1916, à 7h30, débute une gigantesque offensive anglo-française sur la Somme, la plus insensée et la plus sanglante de toutes les batailles de la Grande Guerre de 1914-1918. Son souvenir demeure très vif chez les Britanniques, dont toute une génération de jeunes soldats a été fauchée sur la Somme...

Les chars arrivent

Le 15 septembre 1916, à Flers, au cours de la sanglante bataille de la Somme, les Britanniques alignent pour la première fois des chars d'assaut (nom de code : les tanks, ou réservoirs).

Ces engins blindés, montés sur chenille (une innovation apparue en 1905 dans le milieu agricole), se montrent capables de franchir tous les obstacles y compris les rideaux de barbelés qui protègent les tranchées. En Angleterre, les chars d'assaut sont promus par le lieutenant-colonel Ernest Swinton, qui rallie à son idée le premier Lord de l'Amirauté, Winston Churchill.

En France, le promoteur des chars d'assaut est le général d'artillerie Jean-Baptiste Estienne (1860-1934), qui a été aussi parmi les premiers à comprendre l'intérêt militaire de l'aviation. Mais les résistances du ministère de l'Armement ne permettront de mettre en ligne les premiers chars français que le 16 avril 1917, dans des conditions au demeurant décevantes. Les Allemands attendront la fin de la guerre pour se laisser convaincre par cette nouvelle technique.

Mort du vieil empereur François-Joseph 1er

Le 21 novembre 1916, en pleine guerre mondiale, s'éteint le vieil empereur d'Autriche, François-Joseph 1er (86 ans), après 68 ans de règne et beaucoup de malheurs familiaux.

Son neveu et successeur Charles 1er lui succède et essaie sans tarder de retirer l'Autriche-Hongrie du conflit qui l'entraîne vers sa perte Le vieil empereur décède le 21 novembre 1916, à Vienne. Il entame des négociations secrètes par l'intermédiaire de son épouse Zita, de ses beaux-frères et du pape Benoît XV...

Nivelle remplace Joffre à la tête des armées françaises

Le général Joseph Joffre, vainqueur de la première bataille de la Marne, voit son prestige écorné par les échecs sanglants de l'année 1915. Il est hissé à la dignité de maréchal de France, qui avait disparu à la chute de Napoléon III et est restaurée pour l'occasion.

Le même jour, le 25 décembre 1916, il est remplacé par le général Robert Nivelle comme commandant en chef des armées françaises. Ce dernier se disqualifiera avec l'offensive désastreuse du Chemin des Dames.

Assassinat de Raspoutine

Le 30 décembre 1916 (selon le calendrier grégorien actuel), Gregori Iefimovitch (44 ans), plus connu sous le surnom de Raspoutine (« débauché » en russe), est empoisonné et achevé de deux coups de revolver. Encore vivant, il est jeté dans la Neva glacée par ses assassins.

Raspoutine, que l'on présente à tort comme un moine, est un guérisseur illettré et mystique originaire de Tioumen, en Sibérie. Il s'acquiert dès 1906 à la cour du tsar une réputation de thaumaturge grâce aux soins qu'il prodigue au tsarévitch Alexis, le jeune prince héritier, atteint d'hémophilie (en fait, le seul bienfait qu'il lui procure est d'interdire la prise de médicaments dont l'aspirine qui a pour effet de liquéfier le sang et aggraver le mal, ce que chacun ignore au début du XXe siècle).

Protégé par l'impératrice Alexandra Fedorovna, qui le considère comme un envoyé de Dieu, il profite de son immunité de fait pour placer ses protégés à des places de haut rang. Il se signale aussi par des orgies avec les femmes de la haute société, ce qui le fait haïr du peuple et des nobles.

Malgré ses défauts, Raspoutine est assez lucide pour tenter de dissuader le tsar Nicolas II d'entrer en guerre contre l'Autriche et l'Allemagne en 1914. Son pacifisme lui vaut d'être soupçonné d'être à la solde de l'Allemagne ennemie. Son assassinat par le prince Youssoupov et le grand-duc Dimitri Pavlovitch n'arrête pas la course à l'abîme de la Russie impériale.

Télégramme de Zimmerman

Le 16 janvier 1917, Arthur Zimmerman, secrétaire d'État allemand aux Affaires étrangères, adresse un télégramme secret à son homologue mexicain. Il lui fait part de l'intention de son pays de reprendre la guerre sous-marine à outrance dans le gigantesque conflit qui l'oppose aux Alliés, notamment la France et le Royaume-Uni (la guerre sous-marine reprend en effet dès le 1er février 1917).

Le scandale occasionné par la publication du télégramme Zimmerman pousse l'opinion américaine, jusque-là neutraliste, dans la guerre aux côtés des Alliés. C'est chose faite le 6 avril 1917 avec la déclaration de guerre des États-Unis à l'Allemagne.

Charles 1er échoue à faire la paix

Le 29 janvier 1917, en pleine guerre mondiale, l'empereur d'Autriche Charles 1er de Habsbourg-Lorraine engage des négociations de paix secrètes avec l'Entente, par le biais de l'impératrice Zita, de ses beaux-frères Sixte et Xavier et du pape Benoît XV...

La Révolution de Février en Russie

Retrouvez cet événement dans Les grandes dates du XXe siècle (André Larané, 2007, Librio) Le 8 mars 1917, à l'occasion de la Journée des femmes, des travailleurs défilent paisiblement à Petrograd (ex-Saint-Pétersbourg), capitale de l’empire russe. La manifestation se dégrade très vite et entraîne l'effondrement du régime tsariste. Une semaine plus tard, au terme de la Révolution de Février (ainsi nommée d’après le calendrier russe), le tsar Nicolas II abdique et laisse la place à une République russe démocratique. Celle-ci s'effondrera à son tour neuf mois plus tard, laissant le pouvoir aux bolcheviques...

Les Britanniques entrent à Bagdad

Le 11 mars 1917, les troupes britanniques entrent pour la première fois dans Bagdad et en chassent les Turcs après de difficiles combats dans l'ancienne Mésopotamie...

Abdication de Nicolas II

Le soir du 15 mars 1917, le tsar Nicolas II abdique au profit de son frère, le grand-duc Michel. Mais celui-ci décline l'honneur. C'en est fini de la dynastie des Romanov. La Russie devient pour quelques mois une République démocratique.

Les États-Unis entrent dans la Grande Guerre

Le 6 avril 1917, le Congrès des États-Unis vote la guerre à l'Allemagne. Sa décision est motivée par le torpillage du paquebot Vigilentia, le 19 mars 1917 et le souvenir du sort similaire du Lusitania, en 1915. Elle est également motivée par la publication du télégramme secret adressé le 16 janvier 1917 par Arthur Zimmerman, secrétaire d'État allemand aux Affaires étrangères, à son homologue mexicain pour lui suggérer une alliance contre les États-Unis...

Offensive du Chemin des Dames

Le 16 avril 1917, le général Nivelle tente de briser la résistance allemande sur le front de l'Aisne en lançant la désastreuse et dramatique offensive du Chemin des Dames.

Mal préparée, mal engagée, elle va entraîner un profond ressentiment chez les soldats et une reprise en main des questions militaires par le gouvernement...

Apparitions de Fatima

Le dimanche 13 mai 1917, trois enfants de Fatima, un petit village portugais au nord de Lisbonne, sont témoins d'une apparition lumineuse tandis qu'ils gardent leurs moutons.

Francisco, Lucia et Jacinta ne doutent pas qu'il s'agit de la Sainte Vierge, la mère de Jésus-Christ. Celle-ci les convie à six rendez-vous successifs tous les 13 du mois, jusqu'en octobre de la même année. Elle leur confie trois secrets à ne confier qu'au pape (l'un d'eux ferait état de l'attentat à venir contre Jean-Paul II, le... 13 mai 1981). Fatima devient très vite le deuxième lieu de pèlerinage marial du monde, après Lourdes.

Les bolchéviques en conflit avec Kerenski

Le 29 juin 1917, le gouvernement russe, dirigé par le socialiste Alexandre Kerenski, entre en conflit avec les bolcheviques. Une manifestation violente téléguidée par Lénine sert de prétexte à des mesures de répression contre les extrémistes. Lénine abandonne ses partisans et s'enfuit sous un déguisement en Finlande. Quatre mois plus tard, en Octobre, il réussit enfin à éliminer le gouvernement républicain et démocratique issu de la révolution de Février.

bataille de Passchendaele

Après trois ans de piétinement dans la plaine flamande, le commandant en chef britannique Douglas Haig lance le 31 juillet 1917 à Passchendaele (ou Passendale), près d'Ypres, une grande offensive en direction des ports belges de Bruges et Ostende...

La dernière mission de Georges Guynemer

Le 11 septembre 1917, l'As de l'aviation Georges Guynemer est abattu par un adversaire allemand après 53 victoires. Il a 22 ans...

Mata Hari est fusillée pour espionnage

Le 15 octobre 1917, Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida Zelle, est fusillée pour espionnage dans le champ militaire du château de Vincennes. La danseuse paie de sa vie son inconscience et sa légèreté. Son procès et son exécution continuent d'enflammer les esprits...

La Déclaration Balfour

Le 2 novembre 1917, en pleine guerre, le ministre britannique des Affaires étrangères, Lord Balfour, publie une lettre où il indique que son gouvernement est disposé à créer en Palestine un « foyer national juif ». Il cherche de cette façon à obtenir le soutien des juifs américains, a priori plus favorables aux Puissances centrales qu'à une alliance où figure la Russie au lourd passé antisémite. Sa déclaration va légitimer 30 ans plus tard la création de l'État d'Israël...

La Révolution d'Octobre

Dans la nuit du 6 au 7 novembre 1917, Lénine et les bolcheviques déclenchent la « Révolution d'Octobre »...

Désastre italien à Caporetto

Deux ans et demi après leur entrée en guerre aux côtés des Alliés, les Italiens engagent une première grande bataille du 24 octobre au 9 novembre 1917 à Caporetto, sur l'Isonzo, un cours d'eau alpin. Face aux Austro-Hongrois qui bénéficient de l'appui bienvenu des Allemands, ils reculent en désordre jusque sur la Piave, à 140 km au sud-ouest, abandonnant à l'ennemi la plus grande partie de la Vénétie.

Le chef d'état-major Luigi Cadorna, qui était allé de revers en revers depuis la déclaration de guerre, tente de reporter la responsabilité de la défaite sur le manque de combativité de la troupe. Il multiplie les« décimations » pour l'exemple (plus de six cents fusillés !). Cela ne l'empêche pas d'être limogé et remplacé par Armando Diaz, lequel rétablira la situation à la fin de la guerre seulement, à Vittorio-Veneto, les 24-28 octobre 1918 (Cadorna sera plus tard réhabilité par Mussolini et le Duce lui confèrera le titre de maréchal).

Le romancier américain Ernest Hemingway, qui a assisté à la bataille de Caporetto, la raconte dans son roman : L'Adieu aux armes (1929).

Clemenceau forme un gouvernement de choc

Le 17 novembre 1917, Georges Clemenceau (76 ans) forme un gouvernement de choc pour poursuivre et intensifier la guerre avec l'Allemagne.

Dans son discours d'investiture en qualité de nouveau président du Conseil et ministre de la Guerre, il manifeste devant la Chambre des députés sa volonté de conduire une guerre intégrale et de sortir le pays de ses errements.

Par ses visites sur le front, il redresse le moral des troupes. Sa détermination lui vaut les surnoms de « Tigre » et « Père de la Victoire ». Avec affection, les poilus qui combattent dans les tranchées l'appellent plus simplement « Le Vieux »...

Indépendance de la Finlande

Le 6 décembre 1917, la Finlande s'émancipe de la Russie et proclame son indépendance en profitant des désordres occasionnés par la guerre de 1914-1918 et les Révolutions russes de 1917...

Les Quatorze Points de Wilson

Le 8 janvier 1918, Woodrow Wilson, 28e Président des États-Unis, énonce un programme en Quatorze Points pour mettre fin à la Grande Guerre.

Il préconise la création d'une Pologne indépendante avec accès à la mer (ce qui revient à couper en deux l'Allemagne) et une instance internationale, la Société des Nations. Ses préconisations inspireront le traité de paix de Versailles...

De la paix de Brest-Litovsk à la guerre civile

Le 3 mars 1918, à Brest-Litovsk, en Biélorussie, les bolcheviques russes signent la paix avec les Allemands et leurs alliés. Ils se retirent de la Grande Guerre, laissant choir la France et l'Angleterre qui s'étaient engagées aux côtés du tsar.

Les Allemands en profitent pour une offensive de la dernière chance sur le front français...

Offensive allemande à Château-Thierry

Le 21 mars 1918, après quatre ans de guerre et au prix d'un gigantesque effort, les Allemands lancent une offensive de la dernière chance. Soucieux d'arracher la décision avant l'arrivée des Américains, ils enfoncent les troupes britanniques du général Douglas Haig autour d'Amiens et arrivent à Château-Thierry.

Conférence interalliée de Doullens

Le 26 mars 1918, à Doullens (Somme), les Alliés désignent le général français Ferdinand Foch (66 ans) comme généralissime des troupes franco-britanniques. Il lui reviendra de faire face à l'ultime offensive allemande...

L'église Saint-Gervais (Paris) bombardée

Lors de leur ultime offensive contre Paris, pendant la Grande Guerre, les Allemands bombardent la capitale avec trois canons géants, surnommés Langer Friedrich (« Frédéric le Long ») en hommage à l'industriel Friedrich Krupp ou Gross Gustav en hommage à son gendre.

L'un de ces canons à longue portée situé dans la forêt de Saint-Gobain, à 140 km au nord de la capitale, tire un obus à l'aveuglette le 29 mars 1918. Il atteint l'église Saint-Gervais, pendant les vêpres du Vendredi Saint, occasionnant 91 morts (dont 52 femmes) et 68 blessés parmi les fidèles. L'événement a un retentissement jusqu'en Amérique.

Au total, entre le 23 mars et le 9 août 1918, 183 projectiles firent 256 tués et 620 blessés parmi les Parisiens. Ceux-ci confondirent longtemps ces canons à très longue portée avec un autre canon de bien moindre portée, surnommé Gross Bertha, d'après le prénom de l'héritière Krupp, qui avait bombardé Liège, Maubeuge et Dunquerque à l'été 1914.

Effondrement de la voûte de l'église Saint-Gervais (Paris), le 29 mars 1918

Le « Baron rouge » abattu

Le 21 avril 1918 disparaissait au-dessus de la Somme le capitaine Manfred von Richthofen (26 ans), As des As de la Grande guerre (80 victoires confirmées). Surnommé le Baron rouge, ce pilote allemand égale par la bravoure ses homologues français, Georges Guynemer, René Fonck et Roland Nungesser.

Assassinat de Nicolas II et sa famille

Le 16 juillet 1918, dans la nuit, huit mois après la Révolution d'Octobre, le tsar Nicolas II et sa famille sont assassinés sans jugement à Ekaterineburg, à l'est de l'Oural. Quatre- vingts ans plus tard, jour pour jour, leurs restes ont été transportés à Saint-Pétersbourg et ensevelis dans la nécropole impériale de la cathédrale Pierre et Paul. Par ce geste spectaculaire, les Russes ont voulu effacer les cicatrices du communisme !

Deuxième bataille de la Marne

Le 18 juillet 1918, après quatre ans de guerre, le généralissime Foch passe à la contre-offensive avec les premières troupes américaines dans la région de Villers-Cotterêts.

Pour la première fois sont utilisés à grande échelle les chars d'assaut. Les Allemands sont partout repoussés. Ils subissent leur plus grave défaite à Montdidier, le 8 août, et dès lors engagent une retraite générale.

La Bulgarie se retire de la Grande Guerre

Les troupes bulgares sont enfoncées suite à l'offensive de l'armée d'Orient, aussi appelée armée de Salonique (650.000 hommes dont 210.000 Français), lancée deux semaines plus tôt par le général Louis Franchet d'Esperey. Sofia demande l'armistice dès le 29 septembre 1918. La Bulgarie est la première des puissances centrales à se retirer de la Grande Guerre.

Victoire italienne à Vittorio-Veneto

Les Italiens, après avoir éprouvé dans la Grande Guerre une succession humiliante de défaites, lancent une dernière offensive sur la Piave, à l'est de Trévise. Les troupes austro-hongroises, démoralisées et privées de leurs combattants tchèques et yougoslaves, se débandent sans attendre.

Ce triomphe équivoque est mis au crédit du général Armando Diaz, qui a succédé un an plus tôt au général Luigi Cadorna, rendu responsable du désastre de Caporetto, à la tête de l'état-major italien.

La Tchécoslovaquie proclame son indépendance

Le 28 octobre 1918, la Tchécoslovaquie proclame son indépendance sur les ruines de l'empire austro-hongrois.

Cet État slave artificiel est créé à partir de la Bohème-Moravie et de la Slovaquie. Sur les frontières du «quadrilatère de Bohème», dans les monts Sudètes, il compte une importante minorité germanophone d'environ 3 millions de personnes soit plus du quart de la population totale du pays. À l'Est, la Slovaquie compte elle-même d'importantes minorités hongroises et polonaise. Par son hétérogénéité et avec des frontières étirées et indéfendables, le nouvel État va devenir le maillon faible de l'Europe...

Mutinerie à Kiel

Le 3 novembre 1918, une mutinerie éclate à Kiel, un port militaire allemand de la mer Baltique. Les dirigeants allemands s'inquiètent d'une contagion révolutionnaire dans tout le pays. Ils pressent l'empereur Guillaume II de démissionner, ce qui sera fait le 9 novembre, et entament des négociations avec les Alliés occidentaux pour un armistice qui mettrait fin à la Grande Guerre.

Abdication de Guillaume II

Le 9 novembre 1918, l'empereur allemand Guillaume II abdique et le socialiste Scheidemann proclame la République. Préoccupé par la révolution qui menace d'emporter le pays, il va demander l'armistice aux Alliés deux jours plus tard.

Un armistice met fin à la Grande Guerre

Le 11 novembre 1918, un armistice met fin à la Grande Guerre, première guerre totale, qui a meurtri l'Europe comme aucune autre. On veut croire qu'elle restera la dernière de l'Histoire, la « der des der ».

Un moment fort de la vie civique

La commémoration de l'Armistice, tous les 11 novembre, demeure l'un des temps forts de la vie civique en France et dans les principaux pays alliés, soit que l'on se recueille devant l'un des nombreux monuments aux morts ou la tombe du Soldat inconnu, soit que l'on arbore un coquelicot comme au Canada ou en Angleterre.

Naissance de la Yougoslavie

Le 1er décembre 1918 naît officiellement le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes...

Naissance de la Roumanie

Le 1er décembre 1918, sur les décombres de l'Autriche-Hongrie et de l'empire ottoman naît une grande Roumanie. C'est un royaume avec à sa tête le roi Ferdinand de Hohenzollern-Sigmaringen. Le 1er décembre est fête nationale de la Roumanie.

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht assassinés

Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés dans leur prison. Ex-animateurs du groupe révolutionnaire Spartakus, ils avaient fondé le 30 décembre 1918 le Parti communiste allemand et tenté d'importer en Allemagne la Révolution russe à la faveur des troubles consécutifs à la défaite de leur pays et à l'armistice.

Ayant déclenché une grève générale, leur tentative de soulèvement est écrasée par le chancelier social-démocrate Friedrich Ebert au cours de la « Semaine sanglante » du 11 au 15 janvier 1919. Dans la foulée est mise en place une République parlementaire par l'Assemblée constituante allemande.

Naissance de la République de Weimar

L'Assemblée constituante allemande se réunit le 6 février 1919 au théâtre de Weimar. Elle fonde la République et lui donne un Président ou Reichspresident en la personne de Friedrich Ebert...

Première liaison aérienne commerciale

La première liaison aérienne régulière, pour le transport du courrier, est établie le 8 février 1919 par un bimoteur Farman F60 Goliath qui relie en 3 heures et demi Toussus-le-Noble, près de Paris, à Kenley, près de Londres. Vitesse maximale de l'appareil : 150 km/h. C'est l'époque héroïque de l'aviation.

Attentat contre Clemenceau

Ce matin du 19 février 1919, aors qu'une limousine transporte Georges Clemenceau de son domicile de la rue Benjamin Franklin au ministère de la Guerre, un jeune anarchiste de 23 ans tire neuf balles sur la voiture. L'une d'elles atteint le Président du Conseil au poumon. Non mortelle, elle ne sera jamais extraite.

L'assassin, un ouvrier du nom d'Émile Cottin, est condamné à mort et sa peine commuée en dix ans de détention. Il se fera tuer en Espagne en 1936 (comme l'assassin de Jean Jaurès).

Les Coréens manifestent pour l'indépendance

Le 1er mars 1919, les Coréens défilent en masse à Séoul, capitale du pays, pour réclamer leur indépendance. Un gouvernement est bientôt constitué en exil à Shanghai, sous la présidence du docteur Syngman Rhee. Quelques années plus tôt, le 22 août 1910, le « royaume du Matin calme », précédemment vassal de la Chine, avait été annexé par le Japon.

Dictature de Bela Kun en Hongrie

Le 21 mars 1919, le communiste Bela Kun installe à Budapest, capitale de la Hongrie, une république des Soviets. Inspiré par l'exemple de Lénine, le jeune leader va instaurer une dictature sanglante qui, heureusement, ne durera que trois mois.

Elle aura pour effet de favoriser la prise de pouvoir par Miklos Horthy de Nagybanya, amiral d'un pays désormais sans accès à la mer et qui se proclamera Régent d'un royaume sans roi. C'est à lui qu'il reviendra de signer le traité de Trianon avec les vainqueurs de la Grande Guerre.

Mussolini crée les « fasci »

Le 23 mars 1919, à Milan, Benito Mussolini crée les premiers Faisceaux italiens de combat (Fasci italiani di combattimento). Ces groupes paramilitaires formeront l'embryon du parti fasciste...

Zapata tombe dans un guet-apens

Le 10 avril 1919, le révolutionnaire indien Émiliano Zapata est assassiné à Cuernavaca à l'instigation du président mexicain Carranza...

arrestation de Landru

Le 12 avril 1919, la police parisienne arrête un homme respectable de 51 ans, Henri-Désiré Landru, qui va se révéler être un redoutable tueur en série. Son procès va soulever les passions du fait de l'horreur de ses crimes et plus encore de son sens de la répartie…

Le massacre d'Amritsar

Le 13 avril 1919, 20.000 Indiens manifestent à Amritsar pour dénoncer les difficultés économiques du moment, demander l'abolition des lois Rowlatt qui permettent d'emprisonner sans jugement tout agitateur et exiger l'autonomie de la colonie des Indes, évoquée deux ans plus tôt par le secrétaire d'État lord Montagu.

Le général Dyer réprime brutalement la manifestation, faisant 379 morts. C'est la rupture...

Les étudiants se soulèvent à Pékin

Le 4 mai 1919, trois mille étudiants chinois manifestent à Pékin, sur la place Tien An Men. Ce « Mouvement du 4-mai » réclame la démocratie et dénonce les « 21 conditions » présentées par le Japon à leur gouvernement...

Les Grecs entrent à Smyrne

Le 15 mai 1919, l'armée grecque débarque à Smyrne, une cité à majorité hellénophone sur le littoral oriental de la mer Égée, revendiquée par le gouvernement d'Athènes. Il s'ensuit des violences contre les habitants turcs.

Les Alliés présents sur place s'abstiennent d'intervenir. Quant au sultan Mehmet VI, il fait tout ce qu'il peut pour s'attirer la bienveillance des vainqueurs, à la grande indignation de l'opinion turque.

Apprenant le débarquement des Grecs en Anatolie, Moustafa Kémal (38 ans), héros de la guerre relégué comme inspecteur militaire en Anatolie (la Turquie d'Asie), décide d'organiser la résistance. Il entre en rébellion contre le sultan et rassemble les troupes qui lui restent en vue de sauver la Turquie dont les Alliés préparent le dépeçage par le traité de paix de Sèvres...

La flotte allemande se saborde à Scapa Flow

Le 21 juin 1919, la flotte de guerre allemande se saborde pour ne pas subir de déshonneur lors de la signature du traité de Versailles soumettant l'Allemagne au bon vouloir de ses vainqueurs. La fière Kriegsmarine de l'empereur Guillaume II avait été désarmée et rassemblée dans la rade britannique de Scapa Flow, dans les îles Orcades, au nord de l'Écosse, par les vainqueurs de la Grande Guerre. Son sabordage met un terme final à la rivalité navale entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne, qui fut l'une des causes de la Première Guerre mondiale.

Paix bâclée à Versailles

Le 28 juin 1919, dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, là même où fut proclamé le IIe Reich allemand en 1871, un traité entre l'Allemagne et les Alliés règle le conflit qui débuta à Sarajevo 5 ans plus tôt, jour pour jour.

Pour la forme, les représentants de 27 pays alliés font face aux Allemands. Mais le traité a été concocté en cercle fermé par quatre personnes seulement : le Français Georges Clemenceau, le Britannique David Lloyd George, l'Américain Thomas Woodrow Wilsonsans oublier l'Italien Vittorio Orlando. À la signature du « Diktat », le comte de Brockdorff-Rantzau lit une longue protestation au nom de l'Allemagne ; c'est le début d'un grand malentendu entre le principal vaincu de la guerre et les Alliés...

L’Allemagne est amputée du huitième de son territoire et du dixième de sa population. Elle est par ailleurs soumise à des limitations de souveraineté humiliantes et tenue pour seule responsable de la guerre !

Dans les mois qui suivent, d’autres traités sont aussi conclus avec les autres vaincus de la Grande Guerre. La carte du continent européen en sort complètement transformée avec la disparition de quatre empires, l'allemand, l'austro-hongrois, le russe et l'ottoman, au profit de petits États nationalistes, souvent hétérogènes, revendicatifs... et impuissants…

Traité de Saint Germain-en-Laye

Le 10 septembre 1919, près de trois mois après le traité de Versailles entre les Alliés et l'Allemagne, le traité de Saint Germain-en-Laye met fin officiellement à l'Autriche-Hongrie.

Les Alliés refusent aux Autrichiens de langue allemande le droit de s'unir à l'Allemagne. Cédant à la pression des indépendantistes tchèques, ils créent une petite Autriche indépendante de 7 millions d'habitants. Trop petite pour être viable, avec une capitale démesurée de 2 millions d'habitants, Vienne. 17 ans à peine s'écouleront avant qu'Hitler ne décide de la rattacher au IIIe Reich

Entrée de D'Annunzio à Fiume

Dans la nuit du 11 au 12 septembre 1919, le poète Gabriele D'Annunzio fait une entrée triomphale à Fiume à la tête de 287 volontaires italiens, ce qui a pour effet d'entraîner l'Italie et la Yougoslavie à signer le traité de Rapallo.

Le Bloc national au pouvoir

Le 16 novembre 1919, les élections amènent à la Chambre des députés une majorité de droite, le Bloc national, avec beaucoup d'anciens combattants (la Chambre est dite « bleu horizon », de la couleur de l'uniforme).

Cette coalition devait à l'initiative d'Alexandre Millerand regrouper toutes les formations qui avaient fait partie de l'union sacrée pendant la Grande Guerre. Mais les socialistes en avaient été exclus en raison de leurs compromissions avec les bolchéviques russes et les radicaux s'en étaient exclus du fait de l'absence des socialistes...

Atteinte dans sa vitalité par le carnage de la Grande Guerre et son contrecoup sur la natalité, la France peine à retrouver sa prospérité d'antan et compte sur les réparations allemandes pour la sortir d'affaire. Président du Conseil, Raymond Poincaré, fait occuper la Ruhr pour garantir leur versement. C'est un échec que les électeurs sanctionnent lors du scrutin du 11 mai 1924 en remplaçant le Bloc national par le Cartel des gauches.

Traité de Neuilly avec la Bulgarie

Le 27 novembre 1919, les Alliés vainqueurs de la Grande Guerre signent à Neuilly un traité de paix avec la Bulgarie.

Naissance de la SDN

La SDN ou Société des Nations naît officiellement le 10 janvier 1920, date d'entrée en vigueur du traité de Versailles, avec 32 États membres. Les États-Unis n'y rentrent pas pour ne pas être impliqués de nouveau dans une guerre européenne !

La « Prohibition » en vigueur aux États-Uni

Le 16 janvier 1920, le XVIIIe amendement à la Constitution des États-Unis d'Amérique interdit la vente mais aussi la consommation d'alcool sur toute l'étendue du pays. Cette « Prohibition » marque le triomphe es ligues de vertu.

Mais il s'ensuit paradoxalement une explosion des trafics illégaux par des « bootleggers », ainsi appelés parce qu'ils cachent des bouteilles dans leurs bottes. Les organisations mafieuses d'origine sicilienne, transplantées aux États-Unis par la dernière vague d'immigration, sautent sur l'occasion pour étendre leurs activités avec des hommes comme Al Capone ou Lucky Luciano. La corruption gangrène la police et l'administration. La criminalité s'étend...

Devant un pareil échec, le gouvernement américain choisit sagement de reculer. Le 17 février 1933, au tout début de la présidence de Franklin Delanoo Roosevelt, est voté le Blaine Act du sénateur John J. Blaine, qui autorise la vente de bière. Et le 5 décembre 1933 est voté le XXIe amendement qui, tout simplement, annule le XVIIIe. La Prohibition cesse dès lors de ronger la société américaine...

Paul Deschanel président de la République

Paul Deschanel (13 février 1855, Schaerbeek (Bruxelles) - 28 avril 1922, Paris)Le 17 janvier 1920, les parlementaires français se montrent avant tout soucieux de barrer la route de l'Élysée à Georges Clemenceau (79 ans) auquel ils reprochent moins son âge que sa supposée modération à l'égard de l'Allemagne lors des négociations du traité de Versailles !... Ils élisent donc à la présidence de la République son concurrent Paul Deschanel (66 ans).

Surmené, celui-ci montre des signes de fatigue. Sous l'emprise de médicaments ou d'une crise de somnabulisme, il descend d'un train en marche, en pleine nuit et en pyjama. La garde-barrière à laquelle il s'adresse voit de suite qu'il s'agit de quelqu'un d'important car il a les pieds propres !

Contraint de démissionner au bout de neuf mois, Paul Deschanel recouvre la santé après un séjour en maison de repos et poursuit une carrière de sénateur... Clemenceau persifle : «Ils craignaient un gâteux, ils l'ont eu quand même !»

Fayçal roi de « Grande Syrie »

Le 11 mars 1920, l'émir Fayçal, fils du chérif Hussein, gardien des Lieux Saints de La Mecque et ami de « Lawrence d'Arabie » se fait élire roi de « Grande Syrie » à Damas, après que les Anglais en ont chassé les Turcs. Mais les Français, au nom d'une longue tradition de protection des chrétiens orientaux, revendiquent et obtiennent de la Société des Nations (SDN) un mandat sur le Liban ainsi que sur la Syrie. Le général Gouraud chasse aussitôt Fayçal de Damas. Les Anglais offrent à celui-ci le trône d'Irak en lot de consolation.

Mandat français au Liban et en Syrie

Le 28 avril 1920, la France est officiellement investie par la Société des Nations d'un « mandat pour la Syrie et le Liban » (en fait un protectorat)...

Le traité de Trianon rabaisse la Hongrie

Le 4 juin 1920, les vainqueurs de la Grande Guerre signent au Trianon (Versailles) un traité de paix avec la Hongrie. Le traité consacre la fin de l'Autriche-Hongrie, au sein de laquelle la Hongrie jouissait d'une quasi-indépendance. Le nouvel État est amputé des deux tiers de son territoire. Trois millions de Hongrois se retrouvent à l'extérieur, dont la plus grande partie en Roumanie...

Les Espagnols défaits par Abdelkrim à Anoual

Le général espagnol Silvestre lève une puissante armée pour en finir avec les Beni Ouriaghel et leur chef Abdelkrim, dans le Rif (Maroc espagnol). Mais il essuie une dramatique défaite à Anoual le 20 juillet 1921.

14.000 soldats espagnols sont tués, blessés ou portés disparus dans la bataille, soit la presque totalité de ses troupes. Le général lui-même se suicide. C'est le début de la guerre du Rif...

Le traité de Sèvres dépèce la Turquie ottomane

Le 10 août 1920, signature à Sèvres, près de Paris, du premier traité entre les Alliés et la Turquie.

Pour punir l'empire ottoman de sa participation à la guerre mondiale aux côtés de l'Allemagne, les Alliés lui imposent un démembrement qui le réduit à une fraction de l'Anatolie, exclusivement peuplée de Turcs.

La Grèce s'approprie la côte égéenne, peuplée de Grecs depuis l'Antiquité. À l'Est, l'Arménie et le Kurdistan obtiennent le droit à l'indépendance. C'est plus que n'en peuvent supporter les nationalistes turcs. Contre l'avis du sultan, ils exigent, les armes à la main, une révision du traité...

Alexandre Millerand président de la République

Le 23 septembre 1920, à une écrasante majorité, les parlementaires français élisent à la présidence de la République Alexandre Millerand (65 ans), en remplacement de Paul Deschanel qui a du se démettre pour raison de santé...

Le traité de Rapallo

Le 12 novembre 1920, l'Italie et la Yougoslavie signent le traité de Rapallo. C'est la première entorse aux traités de paix qui prétendent, mais en vain, installer un ordre pacifique en Europe...

L'« Armée blanche » défaite à Sébastopol

Le 16 novembre 1920, la défaite de l'« Armée blanche » de Wrangel, à Sébastopol, met fin à la guerre civile en Russie et consacre la victoire des bolcheviques et de Lénine.

Congrès de Tours des socialistes français

Le 25 décembre 1920, les socialistes français tiennent leur 18e congrès à Tours.

À l'initiative de Marcel Cachin et Ludovic Frossard, 2/3 des congressistes quittent la SFIO (section française de l'Internationale Ouvrière) et fondent la section française de l'Internationale Communiste (SFIC), affiliée à la IIIe Internationale de Lénine. Ils acceptent ce faisant les 21 conditions de celui-ci. La SFIC deviendra plus tard le Parti communiste français (PCF).

L'année suivante, la CGT (Confédération Générale du Travail) opère à son tour une scission mais seule une minorité de militants rejoint le camp communiste, fondant la CGTU (CGT Unitaire).

Premier long métrage de Charlot

Le 5 février 1921, les spectateurs américains découvrent The Kid, le premier long métrage de Charlie Spencer Chaplin...

Les marins de Cronstadt contre Lénine

Le 28 février 1921, les marins de Cronstadt se soulèvent contre la dictature bolchevique. C'est l'acte de désespoir de révolutionnaires bolcheviques, déboussolés par l'évolution du régime de Lénine vers une dictature brutale.

La révolte est noyée dans le sang. Son échec marque la fin de la période révolutionnaire ouverte en Russie en 1917 par la Révolution démocratique de Février et la Révolution bolchevique d'Octobre...

Lénine lance la Nouvelle Politique Économique (NEP)

Le 12 mars 1921, Lénine surprend les communistes de son parti en annonçant une Nouvelle Politique Économique (en russe : NEP)...

Traité de Riga et fin de la guerre russo-polonaise

Le 18 mars 1921, la Pologne et la Russie bolchevique signent le traité de Riga (Lettonie), qui met fin à une guerre inaugurée deux ans plus tôt, consécutive de la Grande Guerre...

Répression de Cronstadt

Le 21 mars 1921, l'Armée rouge de Trotski massacre les marins de Cronstadt (ou Kronstadt), coupables de réclamer la restitution du pouvoir aux soviets (conseils populaires) et la restauration de la démocratie. Cette rébellion montre à Lénine qu'il est devenu nécessaire de lâcher du lest et d'assouplir la dictature communiste.

Scandale de la Banque industrielle de Chine

Le 30 juin 1921 éclate un scandale qui met en lumière la collusion entre diplomatie et finance. Elle implique les fils du grand chimiste et homme politique Marcelin Berthelot : André, fondateur en 1913 de la Banque industrielle de Chine, et Philippe, secrétaire général du ministère des Affaires Étrangères, qui contribua aux négociations du traité de Versailles.

André place les emprunts du gouvernement chinois sur le marché français. Mais bientôt, son activité fléchit. Philippe convainc alors le riche et influent Horace Finaly, directeur de la Banque de Paris et des Pays-bas, de renflouer la banque de son frère. Il se prévaut du soutien du président du Conseil Aristide Briand et du président de la République Alexandre Millerand.

Mais il faut toujours plus d'argent et le ministre des finances, Paul Doumer, qui a partie liée avec un établissement concurrent, la Banque d'Indochine, rechigne à sauver la Banque industrielle de Chine. Il exige que le Parlement l'autorise à émettre un emprunt. Le scandale éclate le 30 juin 1921, avec la fermeture des guichets de la banque.

L'extrême droite royaliste sonne la charge dans l'Action française, mais la grande presse, largement tenue par Horace Finaly, continue à défendre les Berthelot. Philippe Berthelot est contraint de démissionner à la fin de l'année lorsqu'on s'aperçoit qu'il a écrit des télégrammes au nom du président du Conseil sans le prévenir. Aristide Briand démissionne à son tour en janvier 1922. Raymond Poincaré, nouveau président du Conseil, fait condamner le secrétaire général du Quai d'Orsay à dix ans d'exclusion de la fonction publique... En 1925, Briand, de retour au gouvernement, le réintègre au ministère.

Naissance de l'État libre d'Irlande

Après deux ans de guerre civile et plusieurs siècles d'oppression, les Irlandais obtiennent leur indépendance le 6 décembre 1921 par le traité de Londres...

Démission d'Aristide Briand

Le 12 janvier 1922, le Président du conseil Aristide Briand constate l'hostilité quasi générale de ses ministres et du président Millerand à sa politique de réconciliation avec l'Allemagne. Il démissionne sans attendre d'être renversé par une motion de censure de la Chambre des députés. Il est remplacé par l'ancien président Raymond Poincaré.

Mussolini accède au pouvoir

Le 29 octobre 1922, le roi d'Italie Victor-Emmanuel III nomme Benito Mussolini président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre)...

« Marche sur Rome »

Le 30 octobre 1922, les militants fascistes du parti de Benito Mussolini célèbrent par une « Marche sur Rome » la nomination, la veille, de leur chef à la tête du gouvernement. C'est la première victoire d'un parti non-démocratique en Europe occidentale.

Découverte du tombeau de Toutânkhamon

Le 5 novembre 1922, Howard Carter découvre le tombeau du pharaon Toutânkhamon...

Baptême de l'URSS

Le 30 décembre 1922, cinq ans après le coup d'État des bolcheviques (la Révolution d'Octobre), la Russie change son nom pour celui d'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS).

Il s'agit d'une fédération qui regroupe la Russie proprement dite, l'Ukraine, la Biélorussie et la Transcaucasie. Au fil des décennies, elle en viendra à compter quinze Républiques à l'autonomie très formelle....

Les Français occupent la Ruhr

Le 11 janvier 1923, en Allemagne, 60.000 soldats français et belges pénètrent dans le bassin de la Ruhr pour obliger l'Allemagne à verser les réparations de guerre inscrites dans le traité de Versailles.

Le chancelier allemand Wilhelm Cuno proteste et appelle ses concitoyens à la « résistance passive ». Il s'ensuit une dévaluation massive du mark et des troubles politiques. L'année 1923 aura mérité d'être qualifiée par les Allemands d'« année inhumaine »...

Le traité de Lausanne fonde la Turquie moderne

Le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne entre les Alliés et la Turquie corrige le traité de Sèvres.

Moustafa Kémal, fort de sa victoire sur les Grecs, obtient pour son pays une pleine souveraineté sur les Détroits, Istamboul et son arrière-pays européen, ainsi que sur l'Arménie occidentale, le Kurdistan occidental et la côte orientale de la mer Égée (Smyrne, Éphèse...)...

Tokyo détruite par un séisme

Le 1er septembre 1923, à 11h58, l'un des plus gros tremblements de terre enregistrés au Japon ravage la plaine très peuplée du Kanto, situé à Honshu, l'île principale de l'archipel...

Primo de Rivera au pouvoir en Espagne

Le 13 septembre 1923, le général Miguel Primo de Rivera (53 ans) commet un pronunciamento à Barcelone pour tenter d'en finir avec les désordres de la monarchie espagnole...

Naissance de la République turque

Le 29 octobre 1923, à l'instigation du général Moustafa Kémal, une Assemblée nationale réunie à Ankara proclame la naissance de la République turque sur les ruines de l'empire ottoman.

Fête nationale

Les Turcs célèbrent leur fête nationale tous les 29 octobre, en hommage à Moustafa Kémal, qui les a relevés de l'humiliation où les avait plongés les derniers sultans ottomans.

Le Putsch de la Brasserie

Le 9 novembre 1923, après une soirée agitée dans une brasserie de Munich, un agitateur brave la police de la ville à la tête de 3.000 militants et en compagnie du prestigieux général Ludendorff, héros de la Grande Guerre. Il a nom Adolf Hitler...

Première de Knock

Le 14 décembre 1923, la Comédie des Champs-Élysées donne la première représentation de Knock, avec Louis Jouvet dans le rôle du célèbre docteur. La pièce de Jules Romains obtient un immense succès et Jouvet la jouera au total plus de 2000 fois dans le cours de sa vie.

Premiers Jeux Olympiques d'hiver

Le 25 janvier 1924 débutent à Chamonix les premiers Jeux Olympiques d'hiver avec 16 nations participantes. Cette initiative consacre la vogue des sports d'hiver. Elle survient 28 ans après la naissance des premières Olympiades modernes à Athènes, à l'initiative du baron Pierre de Coubertin.

Alexandra David-Néel pénètre à Lhassa

Chanteuse lyrique, orientaliste, exploratrice, aventurière, anarchiste, féministe, écrivain, « jétsunema » (« dame-lama »)... Aucun substantif n'est suffisant pour définir Alexandra David-Néel, première Occidentale à pénétrer à Lhassa, au cœur du Tibet interdit, le 28 janvier 1924. Elle a 55 ans...

Fin du séparatisme rhénan

Le 12 février 1924, 40 séparatistes rhénans sont massacrés à Pirmasens, une petite ville proche de la frontière française...

Le califat disparaît après 1292 ans d'existence

Le 3 mars 1924, les députés turcs votent l'abolition du califat. La Turquie devient le premier État officiellement laïc du monde musulman...

Victoire du Cartel des gauches

Aux élections législatives du 11 mai 1924, la victoire du Cartel des gauches consacre l'échec de la politique du président du Conseil Raymond Poincaré, notamment à l'égard de l'Allemagne (occupation de la Ruhr). Réunis au sein du Cartel, radicaux et socialistes s'entendent pour obliger à la démission le président de la République Alexandre Millerand.

Le Président du Conseil Édouard Herriot adopte une diplomatie d'ouverture : acceptation du plan Dawes sur les réparations, évacuation de la Ruhr, acceptation de l'Allemagne au sein de la Société des Nations (SDN), reconnaissance de l'URSS.

Mais les diatribes anticléricales du Cartel mobilisent contre lui la Fédération nationale catholique, conduite par le prestigieux général de Castelnau. Socialistes et radicaux se divisent d'autre part sur la politique économique. Les déficits budgétaires entraînent un début de panique financière. D'aucuns croient y voir les manigances du «Mur d'argent». De fait, le conseil des gouverneurs de la Banque de France (les «200 familles»), refuse de relever le plafond des avances à l’État, à cause de sa défiance - légitime - en la capacité de remboursement du gouvernement.

La majorité de gauche se résigne à appeler Raymond Poincaré, un homme de droite, à la présidence du Conseil. Celui-ci forme le 23 juillet 1926 un gouvernement d'Union nationale et, fort de son prestige et de son savoir-faire, rétablit l'équilibre des finances...

Enlèvement du député Matteotti

Giacomo Matteotti (22 mai 1885 - 10 juin 1924)Le 10 juin 1924, des miliciens fascistes enlèvent le député italien Giacomo Matteotti (39 ans), secrétaire général du parti socialiste et principal opposant à l'autorité grandissante de Mussolini. On ne retrouve son cadavre que deux mois plus tard. Sa mort provoque une vague d'indignation en Italie et à l'étranger.

Le fascisme perd une bonne part de la sympathie qu'il s'était acquise dans les milieux intellectuels et politiques. Mussolini, qui n'avait pas souhaité la mort de Matteotti pas plus que d'aucun autre opposant, n'en couvre pas moins les responsables. Il poursuit la mise en place d'un pouvoir dictatorial.

Gaston Doumergue président de la République

Le 13 juin 1924, suite à la démission d'Alexandre Millerand, les parlementaires élisent à la présidence de la République Gaston Doumergue (61 ans).

Cet avocat, fils d'un vigneron du Gard, est un homme de bon aloi, consensuel, à la faconde méridionale, gentiment qualifié de «Gastounet national»...

Le plan Dawes entre en vigueur

Le 1er septembre 1924 entre en vigueur le plan Dawes, du nom du banquier américain Charles Dawes qui l'a élaboré.

Adopté à Londres par un comité d'experts, il fixe le montant des réparations dues par l'Allemagne au titre du traité de Versailles (269 milliards de mark-or) et prévoit leur paiement sous la forme d'un emprunt ainsi que d'impôts avec, pour les Alliés, des gages sur l'industrie et les chemins de fer allemands. Une Banque centrale allemande (Reischsbank) doit éviter le retour de l'inflation. Il est prévu une mise sous tutelle de l'économie allemande pendant cinq ans et l'évacuation progressive de la Ruhr par les troupes françaises et belges.

Le plan Dawes va plutôt bien fonctionner jusqu'au plan Young qui prendra sa suite en 1929. L'Allemagne va payer l'essentiel des réparations mais la crise économique et la montée des tensions politiques enterreront définitivement le reliquat dès 1932.

Churchill réévalue la livre sterling

Le mardi 28 avril 1925, Winston Churchill, chancelier de l'Échiquier (ministre des finances) dans le gouvernement conservateur de Stanley Baldwin, annonce le retour à la convertibilité or de la livre (suspendue en 1919).

On s'apercevra très vite des implications désastreuses pour la Grande-Bretagne et le reste du monde de cette réévaluation de la sterling, recommandée par les financiers de la City et Norman Montagu, gouverneur de la Banque d'Angleterre...

Parution de Mein Kampf

Couverture de Mein Kampf (1925)Le 18 juillet 1925, Adolf Hitler publie le 1er premier volume de Mein Kampf (en français « Mon combat »). Le second paraîtra le 11 décembre suivant, soit un an à peine après que l'agitateur politique est sorti de la prison de Landsberg. C'est là qu'il a rédigé ce volumineux plaidoyer politique avec le concours de son fidèle Rudolf Hesse.

Mein Kampf connaît un succès modeste jusqu'en 1929. Ensuite, son tirage va progresser rapidement et assurer une grande aisance financière à son auteur dès le début des années 1930. Il va atteindre une dizaine de millions d'exemplaires à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Une première traduction paraît en français en 1934, avec la couverture barrée d'une citation du maréchal Lyautey : « Tout Français doit lire ce livre », sous-entendu pour s'informer sur les thèses des nazis désormais au pouvoir en Allemagne : racisme, antisémitisme, antichristianisme, espace vital, revanche...

En vente libre sous réserve d'être accompagné d'un avertissement, le livre tombera dans le domaine public en 2016.

Première exposition surréaliste

Le 14 septembre 1925 s'ouvre la première exposition surréaliste. À Paris, Max Ernst, Man Ray, Pablo Picasso, Juan Miro et Giorgio de Chirico révèlent au public une peinture fortement inspirée par les développements de la psychanalyse.

L'Allemagne fait bonne figure à Locarno

Le 16 octobre 1925 se conclut la conférence internationale ouverte le 5 octobre précédent à Locarno, en Suisse...

Avènement de la dynastie iranienne des Pahlévi

En Perse, sous la dynastie finissante des Qadjars, après la Première Guerre mondiale, un officier énergique restaure un semblant d'ordre avec le concours des Anglais et chasse les bolcheviques russes. Il exerce les fonctions de Premier ministre puis, les religieux ne voulant pas d'une république, se fait couronner le 31 octobre 1925 sous le nom de Réza chah Pahlévi...

Le cuirassé Potemkine au cinéma

Le 21 décembre 1925, les Moscovites découvrent le premier chef d'oeuvre d'un cinéaste de 27 ans, Serguei Eisenstein. Le film s'intitule Le cuirassé Potemkine et relate une mutinerie qui s'est déroulée vingt ans plus tôt.

Sortie de Metropolis

La salle des machines (Metropolis)Le 10 janvier 1926 sort en salle, à Berlin, le film Metropolis de Fritz Lang (37 ans). Long de 210 minutes dans sa première version, le film apparaît immédiatement comme un chef-d'oeuvre du cinéma expressionniste allemand. Il présente une société industrielle divisée entre seigneurs et esclaves et en appelle à la réconciliation des classes sociales sous l'égide du Seigneur.

On y découvre a posteriori une prémonition du nazisme. Les références religieuses et bibliques sont nombreuses (on s'interroge sur une étoile sur la porte du savant fou, qui pourrait désigner celui-ci comme le prototype du Juif pervers).

Naissance de la télévision

Le 26 janvier 1926 a lieu à Londres la première démonstration officielle de télévision, par l'inventeur John Baird...

Grève générale des mineurs britanniques

Le 4 mai 1926, la Grande-Bretagne connaît une grève générale d'une ampleur jamais vue.

Face à la fermeté du gouvernement conservateur de Stanley Baldwin et de son Lord Chancelier Winston Churchill, les mineurs et leurs syndicats, le Trades Union Congress, doivent bientôt rendre les armes. Ils ne retrouveront semblable combativité qu'un demi-siècle plus tard...

Pilsudski prend le pouvoir à Varsovie

Le 12 mai 1926, à Varsovie, le maréchal Joszef Pilsudski (59 ans) renverse la démocratie, trop instable à son goût, et établit son pouvoir personnel jusqu'à sa mort, neuf ans plus tard, le 12 mai 1935...

Abdelkrim se rend aux Français

Le 27 mai 1926, le chef berbère Abdelkrim se rend aux troupes françaises, mettant un terme à cinq ans de lutte anticoloniale dans le Rif...

Coup d'État à Lisbonne

Le 28 mai 1926, le général Gomes de Costa commet un énième coup d'État à Lisbonne, capitale du Portugal. Il met fin au régime parlementaire et instaurant une dictature militaire. Celle-ci se consolide avec l'arrivée en 1928 d'Antonio de Oliveira Salazar, un professeur d'économie politique de 39 ans, au poste de ministre des Finances.
En exigeant que son ministère puisse seul autoriser les dépenses, Salazar redresse rapidement la balance des paiements en déficit depuis plus d'un siècle. Cette performance lui vaut d'être nommé président du Conseil en 1932, charge qu'il occupera jusqu'à sa maladie, en 1968 (il mourra deux ans plus tard). On appelle cette période de l'Histoire portugaise « Estado Novo » (Nouvel État).

Répression anticommuniste à Shanghai

Le 12 avril 1927, la ville chinoise de Shanghai (ou Chang-haï) est le théâtre d'une violente répression politique. Tchang Kaï-chek et le parti nationaliste du Guomindang (ou Kouo-min-tang) éliminent sans pitié les communistes de la grande cité ouvrière. Certains prisonniers sont grillés dans des chaudières de locomotives. Le parti communiste chinois, très éprouvé par la répression de Shanghai, délaisse dès lors le monde ouvrier et se retourne vers les paysans sous l'impulsion de son leader Mao Zedong.

L'écrivain français André Malraux a fait de la répression de Shanghai le cadre de son roman La condition humaine. Il lui a valu le prix Goncourt en 1933.

Disparition de Nungesser et Coli

Le 9 mai 1927, les Français apprennent avec consternation la disparition en mer des aviateurs Nungesser et Coli dans leur tentative d'effectuer la première traversée de l'Atlantique Nord sans escale...

Lindbergh traverse l'Atlantique

Le 21 mai 1927, l'Américain Charles Lindbergh (25 ans) réussit la première traversée en avion sans étapes de l'Atlantique Nord, quelques jours après la tentative malheureuse de Nungesser et Coli dans l'autre sens...

Drame sur la Côte

Le 14 septembre 1927, sur la Promenade des Anglais, à Nice, la célèbre danseuse irlandaise Isadora Duncan meurt par étranglement, sa longue écharpe s'étant enroulée dans la roue arrière de sa voiture.

Sortie du premier film parlant

Le 6 octobre 1927 sort aux États-Unis le film Jazz singer. Il s'agit du premier film parlant, chantant et musical, avec en vedette le comédien Al Jolson, d'origine russe. L'acteur apparaît grimé en Noir...

Premier vol entre la France et le Sénégal

Les 10 et 11 octobre 1927, les pilotes Jean Mermoz et Élisée Négrin effectuent la première liaison directe et sans escale entre Toulouse et Saint-Louis-du-Sénégal sur un Latécoère 26 (4470 km en 23 h 30)...

Trotski exclu du PCUS

Le 15 novembre 1927, Léon Bronstein, alias Trotski (on écrit aussi Trostsky) est exclu du Parti communiste d'URSS...

Fondation du Birobidjan juif

Le 28 mars 1928, Staline décide de créer une région autonome à l'Est de la Sibérie en vue d'y installer les juifs d'Union soviétique. Le territoire prend le nom de Région autonome des Juifs du Birobidjan en 1934.

Glaciale et désolée, la région n'attire guère d'immigrants. Les juifs eux-mêmes, malgré les encouragements officiels, ne représentent jamais plus de 25% de la population totale de la région. À la fin du XXe siècle, ils ne sont plus que quelques milliers sur une population totale de 200.000 habitants.

La création du Birobidjan relève du désir de freiner l'émigration des juifs soviétiques vers la Palestine tout en les poussant loin de la Russie utile. Elle témoigne de l'antisémitisme très virulent sous les régimes totalitaires, socialistes ou populistes, au début du XXe siècle. Cet antisémitisme perdurera en Pologne comme en URSS (l'actuelle Russie) après 1945 et la défaite du nazisme. Seule la mort privera Staline de l'occasion de persécuter les juifs de son empire.

Le franc Germinal disparaît

Le 25 juin 1928, le président du Conseil Raymond Poincaré dévalue le franc. Celui-ci ne vaut plus que le cinquième de la contrepartie en or du franc d'avant 1914, le franc Germinal, créé par Napoléon Bonaparte.

Poincaré évite ainsi l'erreur de Churchill, chancelier de l'Échiquier, qui a, trois ans plus tôt, réévalué la livre à son niveau de 1914 et porté de ce fait un coup sévère aux exportations britanniques...

Pacte Briand-Kellog

Le 27 août 1928, à Paris, dans le salon de l'Horloge du ministère des Affaires étrangères, les représentants de quinze nations bientôt suivies par 48 autres (y compris l'Allemagne, le Japon et l'URSS) signent le pacte Briand-Kellogg par lequel ils renoncent solennellement à la guerre.

Trois personnages président à la cérémonie : Aristide Briand, Frank Kellogg et Gustav Stresemann, en charge des affaires étrangères en France, aux États-Unis et en Allemagne.

Ce pacte conclu dans l'enthousiasme général marque la fin de l'après-guerre ; le krachde Wall Street, l'année suivante, et la crise économique qui s'ensuivra vont le réduire à néant.

Congrès de Lucknow

Le 28 août 1928, un Congrès réuni à Lucknow réclame pour les Indes, alors colonie britannique, un statut de dominion comparable à celui du Canada ou de l'Australie, avec l'autonomie à la clé. La Seconde Guerre mondiale va différer l'aboutissement de cette revendication et c'est seulement en 1947 que naîtront dans la douleur deux nouveaux États : l'Union indienne et le Pakistan.

Alexander Fleming découvre la pénicilline

De retour de vacances, le 3 septembre 1928, le savant anglais Alexander Fleming (47 ans) remarque sur sa paillasse de laboratoire un champignon qui, en contaminant une boîte de culture, en a éliminé les bactéries Par cet heureux hasard, les antibiotiques sont découverts. Mais il faudra encore plus de dix ans avant qu'ils soient mis en oeuvre...

Accord d'Achnacarry

Le 17 septembre 1928, les patrons de Standard Oil of New Jersey (Walter Teagle), Anglo-Persian (John Cadman) et Royal Dutch Shell (Henri Deterding), principales compagnies pétrolières du monde, concluent un accord décisif en vue de se partager les réserves de pétrole du Moyen-Orient et de maintenir des prix élevés tout en s'évitant les désagréments d'une concurrence sauvage.

Le château d'Achnacarry (Écosse)L'accord est conclu dans le plus grand secret, sous le prétexte d'une partie de chasse au coq de bruyère, dans le château d'Achnacarry, en Écosse, propriété de sir Henry Deterding, président de la Shell.

Les autres membres du cartel pétrolier des Sept Sœurs (« The Seven Sisters ») ne tardent pas à s'y associer.

L'accord d'Achnacarry sera gardé secret jusqu'en 1952. Cette année-là, le gouvernement américain le rendra public pour obliger les firmes à jouer le jeu de la concurrence et baisser leurs prix... de façon que les crédits accordés aux Européens dans le cadre du plan Marshall ne servent pas simplement à enrichir les pétroliers !

Naissance de Mickey

Le 18 novembre 1928, les spectateurs du Colony Theater de New York applaudissent Mickey Mouse dans le film Steamboat Willie.

La petite souris, qui devait initialement s'appeler Mortimer, a été rebaptisée Mickey sur les instances de Mme Disney, la femme de son créateur....

Apparition de Tintin et Milou

Le 10 janvier 1929, le dessinateur belge Georges Rémi (21 ans), plus connu sous son pseudonyme Hergé (d'après ses initiales), publie la première aventure de Tintin et Milou.

Éternel témoin de son temps, le jeune reporter du Petit Vingtième est amené dans cette première aventure à visiter le pays des Soviets... Il rencontrera plus tard le capitaine Haddock, le professeur Tournesol, la Castafiore, le général Tapioca etc.

Le Saint-Siège signe les accords de Latran

Le 11 février 1929, le cardinal Gasparri, représentant du Saint-Siège, et le Duce Mussolini, chef du gouvernement italien, signent un concordat dans le palais du Latran, près de la basilique de Saint-Jean-de-Latran.

Ces accords consacrent l'existence d'un nouvel État souverain, la Cité du Vatican...

Plan Young

Le 31 mai 1929, une commission interalliée réunie à Paris met sur pied un plan pour le rééchelonnement sur 59 ans (jusqu'en 1988) du reliquat des réparations de guerre dues par l'Allemagne au titre du traité de Versailles. Il prend le nom de plan Young, d'après l'un des membres américains de la Commission. Les négociations aboutissent malgré le refus des États-Unis de lier le remboursement des dettes alliées au paiement des réparations allemandes (Anglais et Français ne voyaient pas de raison de rembourser aux Américains leurs emprunts de guerre dès lors que les Allemands ne leur versaient pas leur dû).

Le plan Young se substitue au précédent plan, dit plan Dawes (1924). Il va néanmoins échouer du fait du krach d'octobre 1929 et de l'entrée en crise de l'économie allemande.

Trois ans plus tard, une nouvelle conférence, à Lausanne, du 16 juin au 9 juillet 1932, réduit le montant des réparations à cinq milliards de marks, payables après un moratoire de trois ans. Avec l'arrivée de Hitler au pouvoir l'année suivante, il ne sera plus question de réparations allemandes… jusqu'en 1980, avec le règlement du solde par la République Fédérale Allemande.

Le Vatican « s'arrange » avec le Mexique

Le 22 juin 1929, le Vatican signe avec le gouvernement mexicain du président Portes Gil les arrangements (« los Arreglos »)...

« Jeudi noir » à Wall Street

Le 24 octobre 1929 est un « Jeudi noir » à la bourse de Wall Street, à New York. La crise boursière, due une spéculation sur les titres, débouche sur une crise du crédit et entraîne le monde entier dans une crise économique sans précédent. On compte treize millions de chômeurs aux États-Unis en 1933...

« Mardi noir » à Wall Street

Le 29 octobre 1929 est un « Mardi noir » à la Bourse de New York. Le krach du 24 octobre se confirme avec une chute de 43 points de l'indice des valeurs boursières (ce que l'on appellerait aujourd'hui le CAC40).

Aucun spécialiste n'imagine encore que la crise de confiance boursière va entraîner une baisse de 54% de la production industrielle en trois ans. Le monde occidental entre dans la plus grave crise économique de son Histoire.

Staline met fin à la NEP

Le 6 janvier 1930, un décret de Staline sur les kolkhozes supprime les exploitations agricoles individuelles. Il met fin à la NEP (Nouvelle Politique Économique) inaugurée par Lénine neuf ans plus tôt.

En assouplissant les contraintes qui pesaient sur les petites entreprises russes et en mettant un terme à une gigantesque famine, la NEP avait sauvé le pouvoir communiste. Son succès menace désormais ce même pouvoir en invitant les citoyens à étendre la sphère de la liberté.

Staline rétablit l'orthodoxie communiste en nationalisant par la force l'agriculture et l'ensemble des activités économiques. Mais il étend aussi la répression à des dizaines de millions d'opposants ou présumés tels. La terreur s'abat sur le pays comme aux premiers temps du communisme, sous Lénine.

Construction de la ligne Maginot

Le 14 janvier 1930, André Maginot, ministre de la Guerre dans le gouvernement Tardieu, fait voter une loi en vue de construire une ligne fortifiée sur les frontières orientales de la France...

Gandhi entame la « marche du sel »

Le 12 mars 1930, le Mahatma Gandhi lance une première campagne de désobéissance civile contre le pouvoir colonial anglais aux Indes. 

Au terme d'une marche de 300 km, il arrive avec ses partisans au bord de la mer et recueille un peu de sel dans ses mains, violant ainsi symboliquement le monopole d'État sur la distribution du sel...

Première traversée aéropostale de l'Atlantique Sud

Le 13 mai 1930 s'achève la première traversée aéropostale de l'Atlantique Sud. Un hydravion Latécoère, piloté par Jean Mermoz, relie Saint-Louis-du-Sénégal à Natal, au Brésil, en 52 heures. Trois ans plus tôt, le même aviateur avait réalisé la première liaison Toulouse-Dakar.

Projet d'union douanière entre l'Autriche et l'Allemagne

Le 21 mars 1931, les gouvernements autrichien et allemand, tous deux parfaitement démocratiques, annoncent leur intention de réaliser une union douanière entre leur deux pays. L'Autriche réclame cette union pour sauver son industrie, asphyxiée par la perte de ses débouchés dans l'ancienne Autriche-Hongrie, démantelée en 1919.

Le gouvernement français de Pierre Laval met son veto au projet dans lequel il voit l'amorce d'une union austro-allemande, proscrite par le traité de Versailles. Tirant parti de ce que la France est le seul grand pays à disposer encore d'excédents financiers, il coupe les crédits à court terme à l'Autriche pour obliger son gouvernement à reculer sur l'union douanière. Cette mesure va contribuer à la faillite de la principale banque du pays, la Kreditanstaldt Bank, et relancer la crise économique provoquée par le krach de Wall Street, deux ans plus tôt, et qui commençait tout juste à se résorber.

Deuxième République espagnole

Le 14 avril 1931, deux jours après des élections municipales qui ont donné la majorité à une coalition antimonarchiste, l'Espagne inaugure une Deuxième République, la première ayant duré sans éclat de 1873 à 1876. Celle-là finira quelques années plus tard dans une épouvantable guerre civile.

Inauguration de l'Exposition coloniale

Le 6 mai 1931, le ministre français des Colonies, Paul Reynaud, inaugure en fanfare l'Exposition coloniale du bois de Vincennes, à l'orée de Paris...

Faillite de la Kreditanstalt Bank

Le 11 mai 1931, la Kreditanstalt Bank (ou Kredit anstalt) se déclare en faillite du fait que ses pertes dépassent la moitié de son capital.

Cette banque est la principale d'Autriche et détient la moitié de l'industrie nationale. Sa faillite est due à la crise endémique qui sévit en Autriche depuis la fin de la Grande Guerre, en raison de l'éclatement de l'Autriche-Hongrie en petits États rivaux. Elle est accélérée par les difficultés de mise en place d'un projet d'union douanière entre l'Autriche et l'Allemagne.

Le gouvernement autrichien tente de sauver la banque et réclame l'aide des autres pays. Mais la France, seul grand pays à disposer d'un excédent financier, tergiverse : elle réclame du gouvernement autrichien qu'il renonce d'abord à son projet d'union douanière. La panique s'installe et les capitaux s'enfuient d'Autriche et d'Allemagne.

La banque est in fine sauvée mais, entretemps, la crise économique issue du krach de Wall Street, qui semblait en voie de résorption, fait son irruption en Europe et frappe de plein fouet l'Autriche mais aussi l'Allemagne, très fortement liée à sa petite voisine...

Paul Doumer président de la République

Le 13 mai 1931, les parlementaires de la IIIe République élisent à la présidence de la République le radical Paul Doumer (75 ans), de préférence à Aristide Briand...

Moulinex « libère » la femme

Le 16 février 1932, un modeste industriel de la région parisienne, Jean Mantelet, dépose le brevet du presse-purée. C'est en voulant rendre service à sa femme qu'il a eu l'idée de cet appareil à manivelle. Le succès est immédiat.

Après la Seconde Guerre mondiale, l'industriel lance les premiers appareils électroménagers à moteur. Pour la sortie d'un moulin à café électrique, par crainte d'un insuccès fatal à son activité, il baptise son entreprise « Moulin X » ou Moulinex. On sait ce qu'il adviendra de ce nom. Pionnier de la décentralisation, Jean Mantelet a transporté ses ateliers dans les petites villes normandes. Faute d'héritier, il a échoué à transmettre son entreprise en de bonnes mains à sa mort en 1991.

Premières allocations familiales en France

Confrontée à une grave crise de dénatalité, la France, après la Première Guerre mondiale, ébauche une politique de soutien aux familles avec enfants. À partir de 1919, l'État et quelques entreprises proposent des suppléments salariaux à leurs salariés chargés de famille. Mais cette politique a un effet pervers en dissuadant l'embauche de pères de famille... Quelques entreprises pionnières surmontent cet inconvénient en créant des caisses de compensation financées par l'ensemble des salariés.

La loi du 11 mars 1932, entrée en application le 14 juin suivant, généralise ce système en rendant obligatoire l'adhésion des entreprises à une caisse de compensation. C'est l'amorce d'une politique familiale qui permettra à la France de retrouver une nouvelle jeunesse dans la décennie suivante.

Assassinat du président Paul Doumer

Le 6 mai 1932, le président de la République Paul Doumer, élu moins d'un an plus tôt, se rend à l'hôtel Salomon de Rothschild, afin d'inaugurer une grande exposition consacrée aux écrivains de la Grande Guerre.

Le chef de l'État salue les écrivains présents et achète quelques livres. Alors que le président est en pleine discussion avec l'écrivain Claude Farrère, plusieurs coups de feu retentissent. Deux de ces coups de feu atteignent le président à la base du crâne et à l'aisselle droite. Paul Doumer s'effondre au beau milieu de l'assistance, tétanisée.

Le chef de l’État est transporté à l’hôpital Beaujon. Victime d’une hémorragie, il meurt le lendemain, à 4 heures 37 du matin.

Son agresseur, Paul Gorgulov, est un médecin russe qui déclare, une fois interpellé par les inspecteurs de la Sûreté après avoir opposé une vive résistance, avoir assassiné le président pour se venger de la France, celle-ci n’ayant pas voulu intervenir en Russie contre les bolcheviques.

Son procès s'ouvre devant la cour d'assises de la Seine le 25 juillet 1932. Le surlendemain, rejetant la démence, les jurés le condamnent à mort. Paul Gorgulov est guillotiné le 14 septembre à la prison de la Santé. L’affaire aura été conduite par le commissaire-divisionnaire Marcel Guillaume, «l’as de la PJ» dont Georges Simenon s’inspira librement pour son personnage du Commissaire Maigret en 1937.

Albert Lebrun président de la République

Albert Lebrun (29 août 1871, Mercy-le-Haut (Moselle) - 6 mars 1950, Paris)Le 10 mai 1932, suite à la mort tragique de Paul Doumer, les parlementaires des deux Chambres, réunis en Congrès à Versailles, selon la coutume, élisent à la présidence de la République le modéré et discret Albert Lebrun (61 ans), polytechnicien et ingénieur des Mines.

Le nouvel élu va devoir encaisser les émeutes de février 1934, la déflation de Laval, le Front populaire avec des menaces extérieures sans cesse croissantes.

Réélu pour un second mandat le 10 mai 1939, il n'aura cependant aucune prise sur les événements tragiques de l'époque et se résoudra à appeler le Maréchal Pétain à la présidence du Conseil au plus fort de l'invasion allemande en juin 1940.

Le 10 juillet 1940, il quittera sa charge sans mot dire, abandonnant les pleins pouvoirs au Maréchal. N'ayant pas démissionné de facto, il caressera un moment l'espoir de retrouver sa charge à la Libération...

Incendie du « Georges Philippar »

Dans la nuit du 15 au 16 mai 1932, un incendie se déclare à bord du paquebot « Georges Philippar » alors qu'il vogue au large de Djibouti, en provenance de la Chine et en direction de Marseille. Plusieurs navires se précipitent vers le lieu du sinistre.

Malgré cela, 67 passagers périssent, asphyxiés dans leur cabine ou noyés. Parmi eux, le grand reporter Albert Londres (48 ans), qui revenait d'une longue enquête sur les trafics d'armes et d'opium en Chine...

Accords de Lausanne sur les réparations

Le 9 juillet 1932, par les accords de Lausanne, les réparations qui avaient été imposées à l'Allemagne vaincue lors du traité de Versailles sont définitivement abolies. Cette mesure d'apaisement vient trop tard. L'Allemagne, frappée par la crise économique, succombe aux harangues funestes de Hitler.

La « loi des épis » et le génocide ukrainien

Le 7 août 1932, le gouvernement de l'URSS promulgue une loi qui punit de dix ans de déportation, voire de la peine de mort, « tout vol ou dilapidation de la propriété socialiste », y compris le simple vol de quelques épis dans un champ.

Cette « loi des épis » survient alors que les campagnes soviétiques connaissent un début de famine du fait des réquisitions forcées par le pouvoir et de la « dékoulakisation » (élimination des paysans considérés comme riches).

On estime qu'en Ukraine, six millions de paysans vont mourir de faim dans les mois suivants. Cette « Grande famine » (« Holodomor », « extermination par la faim » en ukrainien), intentionnellement entretenue et amplifiée par Staline, est assimilée à un génocide par la plupart des historiens ainsi que par les Ukrainiens...

Naissance au forceps de l'Arabie séoudite

Le royaume d'Arabie séoudite (ou Arabie saoudite) a été fondée par le chef d'une famille bédouine, Ibn Séoud (en anglais Ibn Saud), le 22 septembre 1932, au terme d'une longue et meurtrière guerre fratricide dont on évalue à 200.000 le nombre de victimes (dans une péninsule à peine peuplée de 3 millions d'habitants).

Abd el-Aziz III ibn Séoud (56 ans) s'est d'abord emparé de l'oasis de Riyad en 1902 par un coup de main audacieux puis, grâce au soutien des Britanniques, a pu se proclamer émir de Nedjd et imam des wahhabites, une secte musulmane très rigoureuse apparue au XVIIIe siècle.

Reprenant le combat après la Première Guerre mondiale, il s'empare de Médine le 5 décembre 1924 et chasse de La Mecque le chérif Hussein, chef de la famille des Hachémites, qui régnait de longue date sur les deux villes saintes. À 56 ans enfin, il peut se faire proclamer roi, unifiant sous sa férule la péninsule arabe à l'exclusion du Yémen et des émirats du Golfe Persique.

Depuis sa mort, le 9 novembre 1953, ses fils se succèdent sur le trône de Riyad. Le temps n'a pas effacé la méfiance entre les Séoud et les Hachémites, dont les descendants se sont vu offrir en compensation par les Anglais un royaume en Transjordanie, l'actuelle Jordanie (capitale : Amman).

Hitler devient chancelier de l'Allemagne

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est appelé à la Chancellerie par le président de la République allemande, le maréchal von Hindenburg...

Incendie du Reichstag

Le 27 février 1933, à Berlin, le Reichstag, siège du Parlement allemand, prend feu, sans doute à l'initiative des SA nazis, commandités par Hermann Göring. Un demi-fou communiste Marinus van der Lubbe est cependant accusé du forfait.

Adolf Hitler, chancelier depuis moins d'un mois, en prend prétexte pour interdire aussitôt le KPD (Kommunistische Partei Deutschlands, parti communiste allemand. 10.000 personnes proches du parti ou opposants avérés aux nazis sont internées dans les nouveaux camps de concentration.

Dès le lendemain est promulgué un «décret pour la protection du peuple et de l'État» qui suspend les libertés fondamentales, donne des pouvoirs de police exceptionnels aux Régions (Länder) et met fin à la démocratie !...

Investiture de Roosevelt

Le 4 mars 1933, le président américain Franklin Delano Roosevelt entre en fonction tandis que le pays se débat dans la plus grave crise économique de son histoire.

Dans son discours d'investiture, il annonce un « New Deal » (une Nouvelle Donne). Il s'agit d'un ambitieux programme politique destiné à remettre les États-Unis sur pied et les sortir de la crise économique (ainsi que le monde occidental). Pour mener ses réformes, fondées sur la dépense publique et la solidarité, il demande au Congrès de lui laisser les mains libres. Pour la première fois depuis la panique boursière du 24 octobre 1929, le pays reprend confiance.

Le triomphe de Hitler

Sur les conseils de son ministre de la propagande Josef Goebbels, le chancelier Hitler ouvre en grande pompe le nouveau Reichstag (Parlement allemand) dans l'église de Potsdam où repose le grand Frédéric II. La cérémonie a lieu le 21 mars 1933, jour anniversaire de l'ouverture par Bismarck du premier Reichstag du précédent Reich, en 1871, moins d'un mois après l'incendie de ce même Reichstag. Le vieux maréchal-président von Hindenburg, héros de Tannenberg, en a les larmes aux yeux et serre chaleureusement la main du chancelier nazi, qu'il avait précédemment en horreur.

Deux jours plus tard, le 23 mars, l'Assemblée se réunit à Berlin, à l'Opéra Kroll. Elle se voit soumettre par Hitler un « décret d'habilitation » qui ne projette rien moins que de donner au chancelier un pouvoir législatif exclusif pendant quatre ans, autrement dit le droit de gouverner et légiférer à sa guise sans l'accord des députés !

« Autodafé rituel des écrits juifs nuisibles »

Le 10 mai 1933 au soir, à Berlin, des étudiants nazis escortent, en brandissant des flambeaux, deux camions de livres de la porte de Brandebourg jusqu'à la place de l'Opéra, ou Franz-Josef Platz, face à l'université de Berlin.

Là, en dépit d'une pluie battante, ils déchargent le contenu des camions et organisent un «autodafé rituel des écrits juifs nuisibles». 20.000 livres sont brûlés. Parmi les auteurs voués au feu figurent Heinrich Heine, Karl Marx, Sigmund Freud, Albert Einstein, Franz Kafka, Stefan Zweig, Felix Mendelssohn-Bartholdy.

Présent sur place, Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, dénonce dans un discours radiodiffusé le «mauvais esprit du passé» et appelle les étudiants à lutter pour que «l'esprit allemand triomphe définitivement dans une Allemagne à jamais réveillée».

Des manifestations similaires, soigneusement planifiées, ont lieu au même moment dans d'autres villes allemandes. C'est le point d'orgue d'une campagne d'épuration entamée dans les semaines précédentes dans les universités, contre les enseignants juifs ou réputés hostiles au régime nazi. Les oeuvres des artistes « dégénérés », tels Van Gogh, Picasso, Matisse, Cézanne et Chagall, sont par ailleurs bannies des musées.

Autodafé, Berlin, 10 mai 1933 (crédit photographique : Mémorial de la Shoah/CDJC)

Conférence économique et monétaire de Londres

Le 12 juin 1933, la conférence de Londres réunit les représentants de 66 pays avec l'objectif de remettre en marche l'économie mondiale, gravement perturbée depuis le krach du 24 octobre 1929 et la dévaluation de la livre britannique du 21 septembre 1931.

La France, représentés par Georges Bonnet, se fait la championne de la déflation et du retour immédiat à un taux de change fixe fondé sur l'étalon-or (selon ce principe, toutes les monnaies sont échangeables contre une quantité d'or prédéterminée). Ces propositions apparaissent à juste titre irréalistes aux Américains qui ont dévalué leur monnaie l'année et abandonné l'étalon-or l'année précédente, le 19 avril 1932.

La conférence se clôt le 27 juillet 1933 sur un constat d'échec, suite à un message du président américain Franklin D. Roosevelt, transmis par son Secrétaire d'État Cordell Hull, qui rappelle son opposition à un accord de stabilisation des taux de change.

Les différents pays vont dés lors se battre à coup de dévaluations « compétitives », suivant l'exemple donné par la Grande-Bretagne. La crise mondiale est relancée cependant que s'effondre le système monétaire international fondé sur l'étalon-or. Il faudra attendre la conférence de Bretton Woods, en 1944, pour instaurer un nouveau système monétaire international.

Le parti nazi seul autorisé en Allemagne

Le 14 juillet 1933, à l'initiative du ministre nazi de la propagande Joseph Goebbels, le parti nazi (NSDAP, pour Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei ou Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands) devient seul autorisé en Allemagne. Il est décrété parti unique et les autres formations politiques sont dissoutes. Les syndicats sont remplacés par un organisme corporatiste : le Deutscher Arbeiter Front (Front du Travail Allemand). En six mois et malgré le soutien d'une minorité des électeurs, le chancelier Hitler aura réussi à renverser la démocratie allemande.

Arrestation de Violette Nozières

Le 28 août 1933, Violette Nozières est arrêtée pour avoir empoisonné ses parents. Son père est décédé, sa mère a survécu. Ce fait divers a passionné la France tant il semblait incarner les dérives d'une société trop permissive...

L'affaire Stavisky

Le 9 janvier 1934, l'escroc Alexandre Stavisky est retrouvé dans un chalet de Chamonix, tué d'une balle. Suicide ou meurtre ?

Sa mort, d'après le rapport de police, est consécutive à un suicide mais l'opinion publique soupçonne aussitôt des hommes politiques de l'avoir fait assassiner pour l'empêcher de dénoncer ses complices...

Manifestation sanglante à Paris

Le 6 février 1934, des ligues antiparlementaires manifestent violemment à Paris, autour du Palais-Bourbon. La République vacille...

« Nuit des longs couteaux »

Le 30 juin 1934, à Berlin, reste connu comme la « Nuit des longs couteaux ». Avec le concours des SS et de leur chef Himmler, Hitler élimine les extrémistes de son parti, groupés autour des SA de Röhm.

On évalue à 85 le nombre d'assassinats. Parmi les victimes figurent surtout des nazis de la première heure : Ernst Röhm, chef des SA, Kurt von Schleicher, Karl Ernst, Gregor Strasser,... mais aussi des opposants catholiques : Erich Klauser, secrétaire général de l'Action catholique, Edgar Jung, autre dirigeant de l'Action catholique, Adalbert Probst, directeur national de l'Association sportive des Jeunesses catholiques, Fritz Gerlic, directeur de l'hebdomadaire catholique Der gerade Weg.

Hitler devient Reichsführer

Le 2 août 1934 meurt le Reichspresident allemand, le maréchal Paul von Hindenburg (86 ans), « soldat égaré dans la politique » selon ses propres termes. Le chancelier Adolf Hitler fait ériger en l'honneur du héros de Tannenberg un mausolée (il sera détruit en 1945 par les Soviétiques).
Mais il décide également de cumuler sa fonction de chancelier et celle de président avec le titre de Reichsführer. Fort de pouvoirs dictatoriaux, il proclame l'avènement du IIIe Reich allemand. C'est l'aboutissement de la vision nazie de l'État : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer » (un Peuple, un État, un Guide).

Le roi de Yougoslavie est assassiné

Le roi Alexandre 1er de Yougoslavie est assassiné à Marseille le 9 octobre 1934 par des terroristes croates du mouvement oustachi d'Ante Pavelic. Le ministre français des Affaires étrangères, Louis Barthou, qui était venu accueillir le roi à la descente du bateau, est mortellement blessé...

Incident à la frontière éthiopienne

Le 23 novembre 1934, des inspecteurs italiens sont agressés aux confins de leur colonie de Somalia et de l'empire d'Éthiopie. L'Italie fasciste se saisit de ce prétexte pour déposer une plainte à Genève, auprès de la Société des Nations (SDN). Moins d'un an plus tard, Mussolini lance son armée à la conquête de l'Éthiopie.

Assassinat de Kirov

Le 1er décembre 1934 est assassiné Kirov, dauphin de Staline. Sa mort va être le prétexte à une sinistre vague d'épuration au sein du Parti communiste de l'Union Soviétique, connue sous le nom de «procès de Moscou».

Les accusés de ces trois procès, des bolchéviques de la vieille garde léniniste, plaideront tous coupables et feront amende honorable. La plupart seront exécutés....

Laval rencontre Mussolini à Rome

Le 4 janvier 1935, le ministre français des Affaires étrangères, Pierre Laval, se rend à Rome, capitale de l'Italie fasciste...

Plébiscite pro-allemand en Sarre

Le 13 janvier 1935, un plébiscite se déroule en Sarre, une région frontalière entre la France et l'Allemagne, conformément aux dispositions du traité de Versailles. à une écrasante majorité, les habitants demandent leur réintégration au sein de l'Allemagne... sans prêter attention au fait que celle-ci est depuis deux ans passée sous la botte nazie !...

À Berlin, Hitler exulte. Le choix librement exprimé par les Sarrois cautionne son gouvernement, sa propagande et également ses succès économiques. Le Führer annonce peu après que son pays n'a plus de revendication territoriale à l'Ouest. Il renonce officiellement à toute prétention sur l'Alsace-Lorraine ! Ce discours rassure les pacifistes français et européens qui n'en demandaient pas tant.

Hitler rétablit le service militaire

Le samedi 16 mars 1935, profitant de l'atonie du week-end, Adolf Hitler annonce le rétablissement du service militaire obligatoire...

Conférence de Stresa

Le 11 avril 1935, à Stresa, sur le lac Majeur, le président du Conseil français Pierre Laval rencontre ses homologues, le Duce italien Benito Mussolini et le Premier ministre britannique Ramsay Mac-Donald.

La réunion est provoquée par le rétablissement du service militaire par Hitler, le 16 mars précédent, en violation du traité de Versailles.

Les trois dirigeants prennent l'engagement de ne plus tolérer aucune nouvelle violation du traité mais le « front de Stresa » est rompu suite à l'invasion de l'Éthiopie par les Italiens le 2 octobre 1935 et à la condamnation qu'en font les Français et les Britanniques. Contre son gré, Mussolini est poussé dans une alliance avec Hitler.

La Pologne sur la mauvaise pente

Après la mort du vieux maréchal Pilsudski, le12 mai 1935, la Pologne s'oriente dans une voie franchement nationaliste et même antisémite avec un slogan favori : « Pas de place pour les Juifs en Pologne » ! Précisons que le pays compte alors 3,2 millions de juifs sur 32 millions d'habitants. Ils sont d'autant plus haïs qu'ils vivent pour la plupart en ville et sont nombreux dans le commerce et les fonctions d'encadrement.

Les Endeks, militants nationaux-démocrates de l'Endecja, installent au pouvoir des colonels issus de leurs rangs. Cette « République des colonels » est dirigée de mai 1936 à l'invasion allemande (septembre 1939) par le général Felician Slawoj Skladkowski. Son souci primordial n'est pas de contrer les menaces extérieures mais de pressurer les juifs de l'intérieur ! Ces derniers sont accablés de taxes et chassés de diverses professions au nom d'une politique « politique d'aryanisation » dont les nazis allemands, on le constate, n'ont pas l'exclusivité. Le pouvoir polonais encourage également le boycottage des commerces juifs et les pogroms. Celui du 9 mars 1936, dans la petite ville de Przytyk, suscite une vive émotion et débouche sur une grève générale de protestation le 17 mars suivant.

Les affaires étrangères restent le domaine réservé du colonel Beck, lequel persiste à dédaigner l'alliance de la France tout en flirtant jusqu'à l'issue fatale avec ses puissants voisins, l'Allemagne et l'URSS.

Un armistice met fin à la guerre du Chaco

La vaste plaine du Chaco, inhospitalière mais supposée riche en pétrole, a été l'enjeu d'une guerre meurtrière entre le Paraguay et la Bolivie de 1932 à 1935. Elle s'achève sur un armistice, le 12 juin 1935, avec de graves conséquences pour le pays vaincu, la Bolivie...

L'heure de gloire de Stakhanov

Le 31 août 1935, en Union soviétique, un mineur du Donbass, Alexeï Stakhanov, se flatte d'avoir extrait 14 fois plus de charbon que la norme journalière (102 tonnes en 6 heures).

Vive le travail !

Dès 1935, la propagande de Staline a encouragé les Soviétiques à suivre l'exemple de Stakhanov : travailler sinon pour la gloire, du moins pour le triomphe du socialisme ! Depuis lors, le mot stakhanoviste est entré dans le langage courant pour désigner des travailleurs acharnés.

Des lois pour séparer les Juifs des autres Allemands

Le 15 septembre 1935, à Nuremberg, pendant le congrès du parti nazi, Hitler promulgue un ensemble de lois antisémites qui visent à séparer les citoyens juifs des autres Allemands. ...

L'Italie attaque l'Éthiopie

Le 2 octobre 1935, sur ordre de Mussolini, les armées italiennes envahissent l'Éthiopie (ou Abyssinie) sur un fallacieux prétexte.

Le souverain (négus) Haïlé Sélassié 1er va devoir s'enfuir et plaidera en vain sa cause à Genève devant la SDN. Le 2 mai 1936, le maréchal Badoglio, chef des armées d'Afrique, pénètre à Addis-Abéba, la capitale, et le 9 mai, le roi Victor-Emmanuel III est proclamé empereur d'Éthiopie, future «Africa Orientale Italiana»...

Fin de la Longue Marche

Le 19 octobre 1935 s'achève la Longue Marche.

Les communistes chinois de Mao Zedong fuient devant les troupes de Tchang Kaï-chek et de son parti, le Guomingand. Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, ils se réfugient au Shaanxi...

Hitler réoccupe la Rhénanie

Le 7 mars 1936, prenant prétexte d'un accord franco-soviétique, Hitler occupe la Rhénanie en violation du pacte de Locarno d'octobre 1925. Des détachements de son armée traversent le Rhin et entrent dans Cologne, Mayence et Trèves sans que les Français ne s'interposent. Strasbourg est désormais sous le feu des canons allemands.

Plus rien ne subsiste des garanties militaires que la victoire de 1918 avait données à la France. « Le 7 mars 1936 était probablement la dernière occasion de porter un coup d'arrêt à la politique du fait accompli du 3ème Reich », écrit l'historien René Rémond.

Un Front populaire en France

Le 3 mai 1936, en France, le deuxième tour des élections législatives donne la victoire au Front populaire. Un immense espoir de réformes sociales traverse les classes populaires...

L'Italie annexe l'Éthiopie

Le 5 mai 1936, Mussolini annexe l'Éthiopie après une campagne militaire brutale de plusieurs mois. Le roi d'Italie est proclamé empereur d'Éthiopie. Mais rien ne justifie les prétentions de l'Italie fasciste sur l'Ethiopie, un État indépendant reconnu par la communauté internationale. Placées devant le fait accompli, les démocraties occidentales prennent des sanctions. Le seul résultat auquel elles aboutissent est de pousser Mussolini (malgré lui) dans les bras de Hitler.

Institution des congés payés

Le 8 juin 1936, le gouvernement de Front Populaire institue les congés payés.

Le négus Haïlé Sélassié à la SDN

Le 30 juin 1936, devant la Société des Nations, à Genève, le négus Haïlé Sélassié plaide avec émotion la cause de son pays, l'Éthiopie, envahi par l'armée de Mussolini. L'empereur en exil devient le symbolede la résistance au fascisme... et de l'impuissance des démocraties.

Calvo Sotelo assassiné en Espagne

Le 13 juillet 1936, en Espagne, le leader Calvo Sotelo est assassiné. A l'assemblée des Cortes, Calvo Sotelo dirigeait la droite monarchiste; il personnifiait l'opposition au gouvernement du Front Populaire. Sa mort encourage les militaires conservateurs à se rebeller. La guerre civile devient imminente.

Les militaires espagnols se soulèvent

Le 17 juillet 1936, plusieurs garnisons militaires espagnoles se soulèvent contre le gouvernement républicain, sous le commandement du général Franco.

C'est le début de la Guerre civile espagnole et un prélude aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale...

Hitler ouvre les Jeux de Berlin

Le 1er août 1936, à 16 heures, devant 120.000 spectateurs rassemblés dans le nouveau stade de Berlin, Adolf Hiltler ouvre les XIe Jeux Olympiques modernes. Spectaculaire démonstration de prestige du régime nazi né seulement 3 ans plus tôt, qui sera immortalisée par la cinéaste Leni Riefenstahl.

Le Pourquoi pas ? sombre en Islande

Le 16 septembre 1936, le Pourquoi-Pas ? de l'explorateur Jean-Baptiste Charcot, se brise sur des récifs au large de l'Islande. Tous les marins sauf un y laissent leur vie...

Suicide de Roger Salengro

Maire de Lille et député socialiste du Nord, Roger Salengro devient en 1936, à 46 ans, ministre de l'Intérieur dans le gouvernement de Léon Blum issu de la victoire du Front populaire aux élections législatives. Il participe activement à la conclusion des accords de Matignon.

Mais en août 1936, l'hebdomadaire de droite Gringoire et son directeur Henri Béraud (un ancien journaliste du Canard Enchaîné !) l'accusent d'avoir déserté pendant la Grande Guerre. Une enquête montre qu'il avait été en fait capturé en allant chercher le corps de l'un de ses compagnons de tranchée, avec l'accord de son chef.

Disculpé mais affecté par la campagne de calomnies et, qui plus est, déprimé par la mort de sa femme, Roger Salengro se suicide le 17 novembre 1936 dans sa cuisine de Lille.

Pacte anti-soviétique nippo-allemand

Le 25 novembre 1936, l'Allemagne nazie et les généraux qui règnent en maître au Japon signent un pacte anti-soviétique. L'Italie, déçue par l'attitude des Occidentaux après sa conquête de l'Éthiopie, y adhère le 6 novembre 1937. C'est l'amorce d'une alliance entre les trois dictatures.

Mermoz décolle de Dakar pour le Brésil

Le 7 décembre 1936, Jean Mermoz décolle de Dakar en direction de Natal, au Brésil, sur un hydravion Laté 300 baptisé Croix-du-Sud. À 10h47, l'hydravion émet un signal : « Coupons moteur arrière droit » avant de disparaître dans l'Atlantique Sud avec son équipage : Pichodou, Ezan, Lavidallie et Cruveilher. Le 30 décembre, ces pilotes de légende auront droit à des funérailles nationales.

Édouard VIII annonce son abdication

Le 10 décembre 1936, Édouard VIII annonce son abdication. Le roi d'Angleterre cède son trône pour pouvoir épouser la femme qu'il aime, l'Américaine Wallis Simpson, doublement divorcée.

Il devient duc de Windsor et son frère cadet, le duc d'York, lui succède sous le nom de George VI. Il lui incombera de garder le trône dans une Europe à feu et à sang. En apprenant la nouvelle, il manque de défaillir.

C'est un véritable séisme, notamment quand Édouard s'explique à la radio, dès le lendemain, dans une allocution à ses sujets : « J'ai estimé impossible de porter le lourd fardeau de responsabilités et de remplir les devoirs qui m'incombent en tant que roi, sans l'aide et le secours de la femme que j'aime ».

Bataille de Guadalajara

Le 18 mars 1937, en Espagne, après dix jours de bataille près de Guadalajara, les troupes du gouvernement républicain alliées aux brigades internationales repoussent les rebelles carlistes et leurs alliés italiens, qui tentaient de s'emparer de Madrid.

Guernica ou le massacre des innocents

Le 26 avril 1937, pendant un jour de marché, la petite ville basque de Guernica est bombardée par l'aviation italo-allemande et notamment la redoutable Légion Condor, une unité spéciale fondée quelques mois plus tôt par le général Hugo Speerle et le lieutenant-colonel baron Wolfram von Richthofen. C'est la première fois qu'une population civile est sciemment bombardée par l'aviation...

Le dirigeable Hindenburg en flammes

Le 6 mai 1937, le Zeppelin 129 Hindenburg, un dirigeable à coque rigide, en provenance de Francfort, s'enflamme à son arrivée à Lakehurst près de New York avec 200.000 m3 d'hydrogène dans ses flancs de 245 mètres de long...

George VI remplace Édouard VIII sur le trône

Le 12 mai 1937, le monde a l'oreille tournée vers l'abbaye de Westminster. Chacun oublie un instant les menaces qui pèsent sur l'Europe, la guerre qui s'étend en Chine et en Espagne, la répression qui s'abat sur l'URSS et les gesticulations d'un fou furieux de l'autre côté du Rhin.

Dans l'abbaye se déroule en effet le couronnement du nouveau roi de Grande-Bretagne et d'Irlande (le Royaume-Uni), par ailleurs Empereur des Indes, George VI. Pour la première fois, la cérémonie est radiodiffusée.

« Incident du triple 7 »

Le 7 juillet 1937 au soir, un incident met aux prises une poignée de soldats chinois et des troupes japonaises en manoeuvre près du célèbre pont Marco Polo, aussi appelé pont de Lugou, à 15 kilomètres de Pékin (il s'agit d'un superbe pont de pierre construit en 1189 et qu'évoque le voyageur vénitien dans ses mémoires).

Prétextant l'enlèvement de l'un des leurs, les Japonais se lancent dès le lendemain de cet incident du « triple 7 » (7-7-1937) à la conquête de la Chine.

L'Italie se retire de la SDN

Le 11 décembre 1937, l'Italie se retire de la SDN. C'est la conséquence des sanctions prises par l'organisation internationale contre l'État fasciste, suite à l'invasion de l'Éthiopie. Mussolini, par cette décision, fait un pas de plus vers Hitler, dans une alliance qui lui sera fatale.

Le « viol de Nankin »

Le 13 décembre 1937, les Japonais s'emparent de Nankin, capitale provisoire de la République chinoise, gouvernée par Tchang Kaï-chek. La chute de la ville est suivie par de gigantesques massacres de civils (plus de 100.000 victimes)...

Démission des chefs militaires allemands

Le 3 février 1938, le maréchal baron Werner von Fritsch remet sa démission de chef d'état-major à Hitler. Quelques jours plus tôt, le 27 janvier 1938, il a été précédé par le maréchal Werner von Blomberg, ministre des Armées.

Avec le départ de ces deux représentants de l'ancienne Wehrmacht, il ne reste plus personne pour s'opposer au velléités bellicistes du Führer...

Anschluss de l'Autriche

Le 12 mars 1938, Hitler occupe l'Autriche et réalise l'Anschluss (le « rattachement »)...

« Mourir pour Dantzig ? »

Marcel Déat (Guérigny, Nièvre, 7 mars 1894 - Piossasco, Piémont, 5 janvier 1955)Le 4 mai 1939, paraît à la Une de L'Oeuvre un violent article intitulé : « Mourir pour Dantzig ? »

Son auteur est un député socialiste et pacifiste de 45 ans, Marcel Déat. Il plaide pour un soutien limité de la Pologne, que menace l'Allemagne hitlérienne.

Celle-ci, après avoir brutalement annexé la Bohême-Moravie, revendique le port de Dantzig, dont la population est majoritairement allemande. Il s'agit d'une « ville libre » instituée par le traité de Versailles de 1919 pour ménager à la Pologne un accès portuaire sur la mer Baltique. Elle coupe en deux le territoire du IIIe Reich...

C'est dans ces conditions que Marcel Déat publie son fameux article. Il ne recueillera cependant guère d'assentiment dans l'opinion publique. Comme d'autres intellectuels pacifistes de gauche, le député va très vite évoluer vers la Collaboration après que la Wehrmacht aura envahi la Pologne puis la France.

Conférence d'Évian

Désemparé face à l'antisémitisme nazi, le président américain Franklin Roosevelt propose une conférence internationale en vue de secourir les Juifs dont ne veulent plus les Allemands. Celle-ci se réunit du 6 au 14 juillet 1938 à l'Hôtel Royal d'Évian, au bord du lac Léman...

Les accords de Munich

Le 30 septembre 1938 se clôt à Munich une conférence de la dernière chance. Hitler réclame à ses interlocuteurs Daladier, Chamberlain et Mussolini le droit d'intervenir en Tchécoslovaquie à l'appel de la minorité de langue allemande qui peuple les monts Sudètes. En cédant une nouvelle fois à la menace, les Occidentaux confirment le dictateur allemand dans la conviction que tout lui est permis...

La Nuit de Cristal

Le 9 novembre 1938, Joseph Goebbels prend prétexte de l'assassinat d'un diplomate, Ernst vom Rath, pour déclencher avec les sections d'assaut nazies (« Sturm Abteilung » ou SA) le pogrom de la « Nuit de Cristal » (en allemand « Reichskristallnacht » ou « NovemberPogrom »). Son principal objectif est d'accélérer l'exode des Juifs en vue d'un Reich « judenrein » (sans Juifs). Hermann Goering (ou Göring) en profite pour rançonner les Juifs.

Après cela, la « question juive » (en allemand « Judenfrage »), qui était le lot de différents acteurs agissant dans « le sens de la volonté du Führer », reviendra désormais exclusivement à Reinhard Heydrich et Heinrich Himmler, autrement dit aux SS (Schutzstaffel)...

Intronisation du pape Pie XII

Le 12 mars 1939, Eugenio Pacelli, élu dix jours plus tôt à la succession de Pie XI, est intronisé pape sous le nom de Pie XII (Pius XII)...

La Wehrmacht entre à Prague

Le 15 mars 1939, l'armée allemande occupe sans combat la Bohême-Moravie, une région d'Europe centrale, peuplée de Tchèques et d'Allemands, qui constitue depuis 1918 la Tchécoslovaquie avec la Slovaquie.

La veille, Hitler, chancelier du IIIe Reich, a convoqué à Berlin le président tchèque Hacha, qui a succédé au président Benès après les accords de Munich, six mois plus tôt. Il le somme de « remettre en pleine confiance entre les mains du Führer le destin du peuple et du pays tchèques » sous peine de réduire Prague en cendres.
C'est ainsi que la croix gammée flotte désormais sur le Hradschin, le château royal qui domine Prague !

La Bohême-Moravie devient un protectorat du Reich. C'est la première fois qu'un État européen est ainsi asservi et réduit à l'état de colonie. Le même jour, le 14 mars 1939, les Slovaques portent par ailleurs à leur tête Monseigneur Josef Tiso, un prêtre devenu le chef du parti populiste. Il fait de la Slovaquie un État indépendant mais vassal du Reich... Au vu de ce coup de force de Hitler, beaucoup d'Européens prennent conscience de l'imminence d'une guerre généralisée.

Entrée des franquistes à Madrid

Le 28 mars 1939, les nationalistes espagnols entrent à Madrid. Ils font le défilé de la victoire devant le «caudillo» Francisco Franco.

C'est la fin d'une guerre civile qui aura coûté à l'Espagne 400.000 morts et autant d'exilés. C'est aussi la fin de la «République démocratique des travailleurs de toutes classes», née en 1931...

Mussolini envahit l'Albanie

Le Vendredi Saint de l'an 1939, faisant fi de la trêve pascale, les troupes italiennes envahissent l'Albanie...

Le pacte germano-soviétique

Le 23 août 1939, le monde apprend avec stupéfaction la signature au Kremlin, à Moscou, d'un pacte germano-soviétique de «non-agression» entre Molotov et Joachim von Ribbentrop, représentants respectifs de Staline et Hitler...

La Wehrmacht envahit la Pologne

Le 1er septembre 1939, la Wehrmacht se rue à l'attaque de la Pologne. C'est le début de la Seconde Guerre mondiale...

Déclaration de guerre à l'Allemagne

Le 3 septembre 1939, suite à l'agression de la Pologne, la Grande-Bretagne puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne. Les hommes répondent sans joie mais avec détermination à l'ordre de mobilisation. Certains pacifistes manifestent néanmoins leurs réticences, tel le polémiste Marcel Déat, qui publie dans L'Oeuvre, en août 1939, un article intitulé : « Faut-il mourir pour Dantzig ? ».

Dans les mois précédents, sous la pression de l'opinion, Neville Chanberlain, Premier ministre de Sa Majesté Georges VI, et son secrétaire au Foreign Office Lord Halifax avaient dû mettre en sourdine leurs tentatives de conciliation avec Hitler et la politique d'appeasement illustrée par les accords de Munich.

La Wehrmacht ayant violé les frontières de la Pologne, Londres envoie un ultimatum à Berlin en suggérant une ultime conférence internationale ! Hitler dédaignant de répondre, la guerre est de facto déclarée à l'expiration de l'ultimatum, le 3 septembre à 11 heures.

Le Président du Conseil français Édouard Daladier et son ministre des affaires étrangères Georges Bonnet demandent au président de la République Albert Lebrun de déclarer à son tour la guerre au nom des engagements internationaux de la France (et sans consulter le Parlement). C'est chose faite à 17h.

Les troupes franco-anglaises, sous le commandement du général Maurice Gamelin (68 ans), ancien vainqueur de la Marne aux côtés de Joffre, ne profitent pas de ce que le front occidental est dégarni, la Wehrmacht étant presque toute entière occupée à envahir la Pologne. Les soldats se tiennent l'arme au pied derrière la ligne Maginot et traînent leur ennui, au grand désespoir des Polonais. C'est la « drôle de guerre », d'après une expression de Roland Dorgelès. Elle prendra fin dans des conditions tragiques le 10 mai 1940 avec l'invasion allemande.

Les Soviétiques envahissent la Pologne

Le 17 septembre 1939, deux semaines après les armées allemandes, les armées soviétiques entrent à leur tour en Pologne. Staline et Hitler se partagent le malheureux pays en vertu d'une clause secrète du pacte germano-soviétique signé le 24 août 1939. La France et l'Angleterre, qui s'étaient engagées à secourir la Pologne, restent l'arme au pied,... en attendant leur tour.

Partage de la Pologne

Le 28 septembre 1939, au lendemain de la conquête de Varsovie par les troupes allemandes, Hitler et Staline signent un traité pour le partage de la Pologne. Ce n'est jamais que la quatrième fois en deux siècles que ce pays fait l'objet d'un partage entre ses dangereux voisins.  

Attentat contre Hitler à Munich

Le soir du 8 novembre 1939, à Munich, dans la brasserie Bürgerbräukelle, Hitler fête l'anniversaire de son putsch raté de 1923. Ce putsch lui avait valu d'être incarcéré pendant plusieurs mois, mais cela ne l'avait pas empêché d'accéder dix ans plus tard à la Chancellerie, autrement dit à la tête du gouvernement allemand...

Georg Elser, un humble menuisier originaire du petit village de Hermaringen, dans le Jura souabe, veut profiter de l'occasion pour assassiner le Führer dont, plus lucide que la plupart de ses contemporains, il a mesuré la malfaisance. Mais par une circonstance imprévue, Hitler quitte les lieux quelques minutes avant l'explosion de la bombe (il bénéficiera d'une chance comparable lors de l'attentat de la Tanière du Loup en 1944).

La bombe provoque l'effondrement d'une partie du local, faisant huit morts et 63 blessés. Georg Elser est arrêté le soir même et déporté dans un camp de concentration, à Dachau.

Hitler ne l'oublie pas. En avril 1945, alors qu'il est sur le point de se suicider après avoir mené son pays au chaos, il donne par téléphone l'ordre express de l'exécuter. Le film Georg Elser, de et avec Klaus Maria Brandauer (octobre 1989) retrace cette histoire.

Staline attaque la Finlande

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande...

Sabordage du cuirassé de poche Graf Spee

Le 17 décembre 1939, le sabordage du cuirassé allemand Graf Spee met un terme à la bataille du Rio de la Plata et restaure la suprématie britannique sur les mers, trois mois après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le cuirassé porte le nom d'un héros du précédent conflit, l'amiral comte Maximilian von Spee. Sous les ordres du commandant Hans Langsdorff, il sillonne l'océan Atlantique et l'océan Indien dès septembre 1939, coulant pas moins de neuf navires marchands britanniques.

Traqué par trois vaisseaux anglais, l'Achille, l'Ajax, et l'Exeter, il affronte ceux-ci au large de Montevideo, dans le rio de la Plata, le 13 décembre 1939, puis se réfugie dans le port uruguayen. Mais l'Uruguay, pays neutre, le somme de prendre le large en vertu des conventions internationales. Le commandant du Graf Spee s'y résout mais, doutant de pouvoir résister aux navires britanniques qui l'attendent à la sortie de l'estuaire, il fait évacuer son équipage et saborde son navire au milieu de l'estuaire. Lui-même se suicide trois jours plus tard à Buenos Aires.

Ce drame témoigne de l'âpreté des combats navals dès le début de la guerre, pendant que, sur le Continent, les soldats alliés restent l'arme au pied, dans la « drôle de guerre » (une expression de l'écrivain Roland Dorgelès).

L'Altmark hors de combat

Le 16 février 1940, le premier Lord de l'Amirauté britannique Winston Churchill ordonne la mise hors de combat d'un navire allemand, l'Altmark, dans un fjord de Norvège. Piqué au vif, Hitler va prendre la décision d'envahir le pays scandinave, en dépit de sa neutralité.

Le plan Manstein

L'invasion de la Hollande, de la Belgique et de la France en mai-juin 1940 est le fruit d'un plan téméraire, concocté par Hitler suite à sa rencontre inopinée avec un obscur général d'infanterie, Erich von Manstein, le 17 février 1940...

La première phase du plan Manstein, le « Fall Gelb » (« Plan Jaune »), entraînera en mai 1940 l'enfermement des troupes alliées dans la nasse de Dunkerque, par un mouvement tournant de la Wehrmacht. Après quoi, en juin 1940, celle-ci appliquera le « Fall Rot » (« Plan Rouge »), autrement dit l'invasion de la France...

Traité de Moscou entre la Finlande et l'URSS

Trois mois après l'invasion brutale de la Finlande par les troupes soviétiques, Staline, surpris par la résistance des Finnois, se résigne à une paix de compromis.

Il renonce à l'occupation complète du pays et conclut avec son adversaire le traité de Moscou du 12 mars 1940 par lequel il annexe la Carélie orientale et les abords du lac Ladoga. La plupart des habitants (environ un dixième de la population finlandaise) quittent leurs foyers pour la Finlande libre.

Sa victoire à l'arraché a pour effet d'isoler un peu plus l'URSS sur le plan international. Elle met aussi en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes. Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, est d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.

Hitler va en tirer d'utiles enseignements quand il prendra la décision d' attaquer son associé le 22 juin 1941...

Paul Reynaud à la tête du gouvernement français

Le 21 mars 1940, dans l'émotion suscitée par l'armistice entre les Finlandais et les Soviétiques, dix jours plus tôt, Paul Reynaud remplace Édouard Daladier, l'homme des accords de Munich, à la présidence du Conseil (le gouvernement français)...

Hitler envahit la Norvège

Le 9 avril 1940, les armées de Hitler envahissent la Norvège. Les Alliés franco-anglais répliquent par un débarquement sur la côte septentrionale de la Norvège, en vue de protéger les gisements de fer de Suède. Tandis que le gros de leurs armées reste l'arme au pied le long de la frontière française, ils engagent à Narvik leur première campagne contre la Wehrmacht.

Hitler envahit la Belgique

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, celle-ci rompt le front occidental.

Conformément au plan audacieux du général Erich von Manstein, le Führer porte son principal effort dans les Ardennes, une région montagneuse qui n'est pas protégée par la ligne Maginot et que le généralissime Gamelin n'a pas cru nécessaire de défendre...

Churchill Premier ministre contre Hitler

Le 10 mai 1940, tandis que les armées de Hitler rompent le front de l'ouest, Winston Churchill devient Premier ministre de Grande-Bretagne. Il remplace à ce poste Neville Chamberlain, qui s'est déconsidéré par ses hésitations et ses reculades face au Führer.

Trois jours plus tard, le 13 mai 1940, Winston Churchill lance à l'adresse des députés et de ses concitoyens : «Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur !...»

Churchill présente son cabinet de guerre

Le 13 mai 1940, trois jours après avoir été nommé Premier ministre par le roi George VI, Winston Churchill (66 ans) présente son cabinet de guerre à la Chambre des Communes. Empruntant une formule adressée par le nationaliste italien Giuseppe Garibaldi à ses Chemises rouges en 1860, l'orateur lance à l'adresse des députés et de ses concitoyens : « Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur ! » En France, Hitler a lancé une guerre-éclair fulgurante et chacun s'attend à une invasion de la Grande-Bretagne elle-même. Le vieux Lion va changer le destin.

L'Italie déclare la guerre à la France

Le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la France et à l'Angleterre, tandis que ces deux pays tentent désespérément de résister à l'invasion allemande. Mussolini se repentira sur le tard de ce « coup de pied de l'âne » qui entraînera son régime dans la débâcle hitlérienne.

L'entrée de l'Italie dans la guerre favorisera paradoxalement les Alliés. En 1941, Hitler devra différer l'attaque de l'URSS pour secourir Mussolini empêtré dans les Balkans et en Grèce, de sorte que le terrible hiver russe frappera les Allemands avant qu'ils aient le temps de conquérir Moscou. En 1943 enfin, c'est par la Sicile que les Anglo-Saxons entameront la reconquête du continent.

Formation du gouvernement Pétain

Le soir du dimanche 16 juin 1940, à Bordeaux, Paul Reynaud démissionne et laisse au maréchal Pétain le soin de former un nouveau gouvernement et de décider de l'attitude à prendre devant l'invasion allemande...

Pétain demande l'armistice

Le 17 juin 1940, le maréchal Pétain demande aux Allemands quelles sont leurs conditions d'armistice. À midi, il prononce à la radio une allocution mémorable : « C'est le coeur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat... » Le même jour, le général de Gaulle prend l'avion pour Londres.

Naufrage du Lancastria

Le 17 juin 1940, tandis que la France est envahie par la Wehrmacht, le Lancastria, un paquebot chargé de soldats britanniques, quitte à la hâte le port de Saint-Nazaire. Bombardé par des Junker allemands, il explose et coule en 24 minutes. On recueillera près de 2500 survivants. Faute d'un enregistrement des passagers de fortune, le nombre de victimes est quant à lui évalué à 5200 !

L'Appel

Le 18 juin 1940, sur les ondes anglaises, le général de Gaulle lance aux Français qui se trouvent en Angleterre ou viendraient à s'y trouver un appel à le rejoindre pour poursuivre la lutte contre les Allemands qui, au même moment, envahissent la France. L'Appel est diffusé sur les ondes le soir, vers 22 heures, et rediffusé le lendemain vers 16 heures...

Premier sabotage

Le 20 juin 1940, deux jours avant l'armistice qui consacrera la défaite des armées françaises face à la Wehrmarcht, un inconnu, Étienne Achavanne, prend l'initiative de saboter des lignes téléphoniques allemandes. Fusillé le 4 juillet 1940 près de Rouen, il peut être considéré comme le premier résistant français à l'occupation allemande.

Armistice franco-allemand

Le 22 juin 1940, la France du maréchal Pétain signe à Rethondes, dans la forêt de Compiègne, un armistice avec l'Allemagne d'Adolf Hitler. Entre cette date et l'invasion de l'URSS, l'Angleterre de Churchill sera seule au monde à combattre le nazisme...

Attaque de Mers el-Kébir

Le 3 juillet 1940, la Royal Navy attaque la flotte française amarrée dans la base nord-africaine de Mers el-Kébir. Seuls contre les nazis après l'armistice franco-allemand, les Anglais craignent non sans raison que la flotte française ne soit réquisitionnée par les Allemands. Sous le nom de code Catapult, ils lancent une opération destinée à s'emparer de tous les navires français à leur portée ou de les neutraliser.

La brutalité de l'attaque de Mers el-Kébir (près de 1300 morts) réveille en France une anglophobie latente. C'est une aubaine pour les partisans d'une collaboration avec l'occupant. Quelques jours plus tard, l'Assemblée nationale issue des élections de 1936 et du Front populaire vote à une écrasante majorité les pleins pouvoirs au maréchal Pétain.

Pleins pouvoirs au Maréchal Pétain

Le 10 juillet, dans le casino de la ville d'eaux de Vichy, la Chambre élue en 1936 sous les couleurs du Front Populaire vote les pleins pouvoirs au maréchal Philippe Pétain. 80 députés sur 649 s'y opposent. C'est la fin de la IIIe République et le début de ce qu'on appelle le « régime de Vichy ».

Pierre Laval, vice-président du Conseil, s'est chargé de lire devant les députés la lettre du maréchal demandant les pleins pouvoirs en vue de préparer une nouvelle Constitution. Pétain lui-même a veillé à ne pas se présenter devant « ces gens-là » qu'il méprise. Sitôt le vote acquis, la Chambre est dissoute et le nouveau chef de l'État, outrepassant la mission qui lui a été confiée, s'arroge les pleins pouvoirs. Il entame à 84 ans une carrière de dictateur.

Le Maréchal fait très vite l'objet d'un véritable culte de la personnalité. Beaucoup de sommités se retrouvent aux côtés du vainqueur de Verdun avec l'espoir de régénérer le pays grâce à une « Révolution nationale ».

La bataille d'Angleterre

Le 30 juillet 1940, Hermann Goering, qui dirige la Luftwaffe, l'aviation de combat allemande, annonce le début de la «grande bataille aérienne» contre l'Angleterre, selon ses propres mots.

L'offensive va tourner court en raison de la résistance héroïque des pilotes britanniques du «Fighter Command» et d'une innovation révolutionnaire, le radar...

Le Juif Süss à la Mostra de Venise

Célèbre film de propagande nazi, Le Juif Süss (Jud Süss en allemand) ouvre la Mostra de Venise le 5 septembre 1940, quelques mois après le début de la Seconde Guerre mondiale. Dans les mois qui suivent, il est vu par 20 millions de spectateurs en Allemagne et dans l'Europe occupée (dont un million en France).

Le film a été réalisé par Veit Harlan, sous l'égide du ministre de la Propagande du Reich Joseph Goebbels, avec d'importants moyens matériels. Il se présente habilement comme un film historique et d'aventure, propre à séduire tous les publics. Son antisémitisme (*) odieux se cache derrière une technique d'une indéniable qualité et un scénario élaboré avec le plus grand soin.

Le scénario s'inspire d'un roman de Lion Feuchtwanger, paru en 1925. Ce roman raconte l'histoire d'un financier du XVIIIe siècle, Joseph Süss Oppenheimer, qui servit le duc de Wurtemberg et finit par être pendu à Stuttgart. Mais ce fond de vérité est outrageusement déformé. Ainsi le film attribue-t-il au financier juif le viol de la fille du conseiller alors que c'est ce dernier qui dans la réalité viola la fille de Süss.

L'objectif est de présenter Süss et ses coreligionnaires comme des êtres maléfiques, avides d'argent et de sexe, visant à s'introduire dans les villes allemandes pour s'en approprier les richesses et les femmes.

Depuis la fin de la guerre, le visionnage intégral du film est réservé aux chercheurs ; le public n'étant autorisé qu'à en voir des extraits.

Londres victime du Blitz

Le 7 septembre 1940, suite à l'échec des attaques aériennes contre l'Angleterre, Hitler inaugure une nouvelle tactique destinée à abattre le moral de l'ennemi : 364 bombardiers allemands, escortés par 515 chasseurs, bombardent Londres de 17h à 4h30 du matin, faisant 430 morts, surtout dans les quartiers populaires de l'East End.

C'est le début de ce que les Britanniques appellent le «Blitz»...

Découverte de Lascaux

Le 12 septembre 1940, près du village de Montignac, au coeur du Périgord noir, quatre enfants suivent leur chien dans une faille de rocher. C'est ainsi qu'ils découvrent des grottes recouvertes de dessins mystérieux.

Ils font part de leur découverte à leur instituteur, Léon Laval, lequel en informe l'abbé Henri Breuil, éminent spécialiste de la Préhistoire. Celui-ci se rend sur le site, appelé Lascaux, et au terme de patients relevés, à la lueur d'une bougie, il identifie des peintures rupestres vieilles de 18.000 ans. Le site est classé monument historique dès le 27 décembre suivant. La qualité exceptionnelle de ses fresques lui a valu d'être surnommé la « Sixtine de la Préhistoire », en référence au chef-d'oeuvre de Michel-Ange.

Premier statut des Juifs

Assommée par la défaite, la France s'est abandonnée en juillet 1940 à une coalition de jeunes technocrates issus d'une grande banque d'affaires, la banque Worms, et de politiciens impatients de rompre avec la politique antérieure et de revenir à ce qu'ils considèrent comme des valeurs nationales menacées : la terre, la patrie, la religion etc.

Les nouveaux dirigeants appartiennent à la droite comme à la gauche. Le vice-président du Conseil Pierre Laval est lui-même un ancien député socialiste. Ces hommes remettent au goût du jour les idées nauséabondes exprimées au siècle précédent par Édouard Drumond dans La France juive et reprises par l'Action française.

Avec les encouragements du Chef de l'État français, le Maréchal Pétain, ils promulguent dès le 3 octobre 1940 le premier statut des juifs sans y avoir été obligés par les nazis. Le statut exclut les Français identifiés comme Juifs de la plupart des fonctions publiques et de nombreuses autres professions.

En dépit de son aspect scandaleux, il passe à peu près inaperçu. Il est vrai que les Français se battent au même moment dans les difficultés du quotidien et très peu connaissent des juifs concernés par le statut. L'opinion sera plus sensible à la promulgation, l'année suivante, le 2 juin 1941, d'un statut plus rigoureux, en remplacement du premier.

Rencontre de Montoire

Le 24 octobre 1940, le maréchal Pétain rencontre Hitler dans la petite gare de Montoire-sur-le-Loir, par l'entremise de Pierre Laval. C'est le début de la politique officielle de « collaboration » entre le « régime de Vichy » et le IIIe Reich.

Le chef de l'État s'en explique à la radio quelques jours plus tard, le 30 octobre 1940 : « C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen,que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration (...). Cette collaboration doit être sincère... »