Le Saint Empire romain germanique - Une Nation sans nom - Herodote.net

Le Saint Empire romain germanique

Une Nation sans nom

Nous avons lu Le Saint Empire romain germanique, d'Otton le Grand à Charles Quint, par Francis Rapp, de l'Institut (Tallandier, octobre 2000, 360 pages, 150 FTTC).

Le Saint Empire romain germanique

Éminent spécialiste de l'Histoire médiévale et de l'Allemagne, Francis Rapp a écrit pour nous un ouvrage très dense sur une construction mystérieuse et mal connue, le Saint Empire, devenu à la fin du Moyen Âge «Saint Empire romain de la Nation germanique».

Cette somme de Francis Rapp est appelée à faire autorité. Elle se destine en premier lieu aux passionnés d'histoire médiévale et aux étudiants. A déguster avec modération.

On eut aimé à la fin de l'ouvrage un index des noms, une chronologie et, pourquoi pas, une généalogie des empereurs, pour mieux se retrouver dans les circonvolutions de l'Histoire.

Origines de l'Empire

L'historien montre comment, après le règne désordonné des Mérovingiens, Charlemagne inaugure une coopération inédite entre l'empereur d'Aix-la-Chapelle (lui-même) et le pape de Rome. Cet empire carolingien bénéficie d'un immense prestige parmi les clercs de l'époque mais il sombre en moins d'un siècle sous les coups d'une deuxième vague d'invasions barbares (Normands, Sarrasins, Hongrois).

Par sa victoire sur les Hongrois (ou Magyars), Otton 1er, roi de Germanie, acquiert un immense prestige qui lui permet de restaurer l'empire de Charlemagne. Mais avec de grandes différences. Au lieu de s'appuyer sur les deux parties de la Francie (le Regnum Francorum ou royaume des Francs), de part et d'autre du Rhin, le nouvel empire s'appuie sur l'Allemagne (la Francie orientale) et l'Italie, relativement plus riche.

Les successeurs d'Otton 1er doivent l'un après l'autre chercher en Italie les ressources financières dont ils ont le plus grand besoin et ils partagent leur temps entre cette quête laborieuse et la difficile mise au pas de leurs sujets et féaux allemands.

Le jeune et idéaliste Otton III a été élevé par sa grand-mère Adélaïde et sa mère, la princesse byzantine Théophano, veuve de l'empereur Otton II.

Il tente une coopération harmonieuse avec son précepteur et ami Gerbert d'Aurillac, devenu pape sous le nom de Sylvestre II. Mais la mort l'interrompt prématurément.

Ensuite, pendant un à deux siècles, l'histoire de l'Empire n'est plus qu'une longue succession de querelles avec la papauté.

Le Bavarois Henri II échoue à promouvoir la réforme de l'Église. Lui succède le 4 septembre 1024 le duc de Franconie sous le nom de Conrad II. Le fondateur de la dynastie salienne est un lointain descendant d'Otton 1er par les femmes.

Son fils Henri III promeut et accompagne la réforme de l'Église. A l'initiative des moines de Cluny, seigneurs et clercs font assaut de mysticisme et de vertus évangéliques.

Au synode de Sutri, le 20 décembre 1046, l'empereur dénoue un conflit au sein de la papauté et impose le pape réformateur Clément II. C'est le début d'un vaste mouvement de réforme de l'Église... Elle va entraîner la séparation définitive de l'Église de Rome et du patriarcat orthodoxe de Constantinople. Elle va aussi contribuer à défaire le Saint Empire.

Les tentatives malheureuses des empereurs de la dynastie des Hohenstaufen, Frédéric Barberousse et Frédéric II, se soldent au XIIIe siècle par des désordres dynastiques. Le roi de Bohême, Charles IV, tente de relever l'empire et de stabiliser le mode de désignation de l'empereur par la promulgation de la Bulle d'or de 1356. Mais à l'avènement de Charles Quint, en 1519, à l'orée de la Renaissance, l'Empire d'Otton 1er n'a plus qu'une consistance symbolique.

André Larané.
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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