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Religion et lacit
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2 avril 2011

La lacit en dbat


Depuis 2003 et bien avant, le dbat sur la lacit la franaise porte sur le voile et les lieux de culte.

Aucun remde n'est apport cependant aux entorses la sparation des glises et de l'tat : financement des lieux de culte, jours de cong communautaristes, mariage discriminatoire...

Après une longue embellie d'un demi-siècle, l'Europe est entrée en ce début du XXIe siècle dans une période d'incertitudes et de doutes.

En France, la réouverture du débat sur la laïcité en est la manifestation la plus notoire. Elle n'a rien à voir avec l'Église catholique, qui ne pèse plus beaucoup dans le débat politique, mais dérive de l'implantation de l'islam en France comme dans le reste de l'Europe. Sa visibilité de plus en plus grande suscite des inquiétudes chez beaucoup de citoyens qui craignent la disparition de leur monde et de leur héritage culturel.

La crainte paradoxale de l'islam

Observons d'abord que les citoyens les plus conciliants à son égard se rencontrent sans surprise parmi les libertaires internationalistes et agnostiques, qui oeuvrent à l'effondrement des nations, à commencer par la leur. Mais ils se rencontrent aussi parmi les chrétiens les plus engagés dans leur foi car ceux-là ont confiance en leur propre capacité à résister au prosélytisme islamique.

Paradoxalement, l'hostilité la plus grande à l'égard des musulmans s'observe surtout chez des personnes de culture chrétienne devenues indifférentes à la religion de leur enfance. Incertaines sur leur identité et leur devenir, elles en viennent faute de mieux à se poser en défenseur des « racines chrétiennes de la France ».

Cette peur de l'islam et des immigrés serait ainsi nourrie par l'absence de perspective de la société post-démocratique entrevue il y a près de deux siècles par Alexis de Tocqueville :

« Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point ; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie » (1840, De la démocratie en Amérique, vol II, IVe partie, chapitre VI).

Semblables à la foule ci-dessus décrite, nos concitoyens s'irritent de retrouver dans les immigrants, encore attachés à des communautés claniques ou familiales d'un autre temps, le reflet de ce qu'ils ont perdu : des rites de passage (baptême, communion, mariage, funérailles), des règles qui soudent la communauté (jeûne ou carême), des lieux où celle-ci se retrouve (office religieux).

S'étant éloignés de la religion, ils ne trouvent pas de substitut dans la nation, encore moins dans l'entreprise. Chaque jour, ils s'entendent dire que ces institutions n'ont plus d'avenir dans une Europe néolibérale plus soucieuse de mondialisation des échanges que de renforcement des solidarités.

Leur désarroi est dans ces conditions compréhensible même s'il repose sur un malentendu vis-à-vis de l'islam.

Islam, immigration et communautés

En ce début du XXIe siècle, la France compterait environ six millions de personnes de culture musulmane, dont une minorité seulement va prier à la mosquée. Les musulmans installés de longue date dans le pays tendent à se laïciser à l'image des autres Français et se fondent dans les classes moyennes comme avant eux les immigrants d'origine portugaise ou espagnole.

Cette assimilation tranquille est toutefois occultée par la poursuite de l'immigration. Celle-ci tend même à s'amplifier depuis 2002 et plus encore 2007. Elle est encouragée par les élites au pouvoir, qui y voient le moyen de faire pression à la baisse sur les salaires, dans les emplois de services qu'elles ne peuvent délocaliser (distribution, restauration, gardiennage, domesticité).

La poursuite de l'immigration, essentiellement en provenance de pays islamiques parmi les plus pauvres de la planète (Sahel, Moyen-Orient...), oblige à remettre sans cesse sur le métier l'effort d'intégration, d'année en année plus difficile et plus coûteux. Elle entretient le mal-être dans les quartiers ethniques, lieux de transit des nouveaux arrivants.

La démagogie se porte bien

Tentant de répondre aux inquiétudes qui émanent de l'électorat, les dirigeants français et européens agitent le spectre du communautarisme et du multiculturalisme, avec la menace d'un éclatement de la communauté nationale.

La démarche est plaisante en ce qui concerne le chef de l'État français, le président Sarkozy, qui prononce sa diatribe contre le communautarisme deux jours après avoir présidé le dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France). Il s'agit rien moins que du lobby communautaire le plus influent de France, qui se permet de distribuer des bons et des mauvais points aux hommes politiques en fonction de leur position sur le conflit israélo-palestinien.

Comme le président, les hommes politiques de tous bords n'en finissent pas de courtiser les communautés religieuses les plus actives, loin de l'esprit de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905. Faut-il s'étonner que d'aucuns parlent de réviser celle-ci ? Exercice dangereux.

Cette loi a permis à la République française, il y a près d'un siècle, d'accéder à une relative sérénité dans ses rapports avec les religions. Il serait périlleux de la retoucher mais il importe de l'appliquer dans un esprit de plus stricte neutralité à l'égard de toutes les croyances, en effaçant les obstacles à une complète séparation des affaires politiques et religieuses (« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », Luc 20, 24-26).

Renforcer la séparation des Églises et de l'État

En premier lieu, il conviendrait d'envoyer un signal clair vers l'ensemble des citoyens français et des religieux en étendant la loi aux trois départements de l'ancienne Alsace-Lorraine. Ils étaient allemands quand la loi a été votée en 1905 puis, après la Grande Guerre, on n'a pas voulu bousculer leurs habitudes. Aujourd'hui, rien ne s'oppose plus à une mise au diapason de ces départements, très largement laïcisés comme le reste du pays.

Un autre signal bienvenu, qui ne relève pas de la loi, serait que les hommes politiques - des élus locaux au président de la République -, renoncent à s'afficher en tant que tel dans les réunions communautaires ou confessionnelles (dîner annuel du CRIF, fête du Ramadan...), à l'exception des moments de recueillement national (funérailles...).

Nous avons relevé des domaines dans lesquels la loi de 1905 mériterait d'être renforcée. Ils concernent le financement des lieux de culte, les jours de congé communautaristes et également les mariages discriminatoires.

Les lieux de culte

La France compte en ce début du XXIe siècle environ 2 000 mosquées et lieux de prière pour quelque six millions de musulmans, dont une modeste partie seulement les fréquente.

Ces lieux de culte seraient en nombre globalement suffisant si la communauté pratiquante était homogène. Mais c'est loin d'être le cas et, selon que l'on est d'origine turque, maghrébine ou sahélienne, ou que l'on affiche des convictions libérales ou salafistes, on rechigne à suivre un imam (religieux) qui n'est pas à son image.

Du coup, dans une douzaine de lieux, dont le plus célèbre est la rue Myrrha, dans le quartier parisien de la Goutte d'Or, les autorités locales autorisent les fidèles à bloquer la circulation et occuper la chaussée le temps de la prière, sous le prétexte d'un manque de place.

Confrontés aux revendications bruyantes des associations, certains élus français songent à détourner une fraction des impôts vers le financement des mosquées et pourquoi pas ? des pagodes bouddhistes et des temples évangélistes, d'autres suggèrent la création d'une taxe communautaire sur les produits halal et pourquoi pas ? les produits casher et les médailles religieuses de toutes confessions. Selon eux, la loi de 1905 justifierait cette entorse à la laïcité en faisant obligation à l'État de garantir le libre exercice de tous les cultes.

Il existe pourtant, à notre avis, une solution plus respectueuse de la neutralité républicaine (et des finances publiques) selon le principe ci-après :

Équité et charité d'État

Nous suggérons que chaque citoyen ait la faculté d'affecter à une ou plusieurs associations de son choix une petite fraction des impôts collectés par l'État ; cette fraction de quelques dizaines d'euros serait la même pour tous. Elle viendrait en remplacement de l'actuel don fiscal.

Au titre de ce don fiscal, l'État français rembourse aux contribuables 50 ou 60% de leurs dons personnels aux associations cultuelles ou autres, dans la limite de 1% de leur revenu fiscal. C'est comme si, un particulier donnant 100 euros à une association, l'État s'oblige à donner 100 euros de plus à la même association.

Comment ne pas s'indigner du caractère profondément inéquitable de cette déduction fiscale ? En effet :
- elle exclut les personnes trop modestes pour être redevables de l'impôt sur le revenu et, parmi elles, la grande majorité des musulmans.
- elle favorise les associations chéries par les bourgeois les plus fortunés ; parions que les paroisses de Neuilly bénéficient par ce biais de ressources publiques cent fois plus importantes que les paroisses de la Sarthe ou les mosquées de Trappes !

Par ailleurs, les collectivités locales et l'État subventionnent massivement les associations reconnues d'intérêt public - à l'exception notable des associations cultuelles, loi de 1905 oblige -. Ces subventions contiennent une grosse part d'arbitraire, avec un soupçon de collusion entre les élus et certaines associations.

Pour établir plus de démocratie et d'équité dans l'affectation des aides publiques, pour que les plus pauvres ne soient pas désavantagés dans leurs préférences par rapport aux plus riches, ni les musulmans des banlieues par rapport à la bourgeoisie de Neuilly, nous proposons donc d'évaluer en premier lieu le montant total que les collectivités publiques versent à l'ensemble des associations, soit par des subventions directes, soit par des déductions fiscales.

Si ce montant s'établit à - disons - 6 milliards d'euros par an (100 euros par citoyen), convenons qu'il soit désormais affecté par les foyers français eux-mêmes selon la procédure suivante :

Chaque année, tous les foyers, qu'ils soient ou non soumis à l'impôt, indiquent par une déclaration anonyme au fisc l'affectation de leur quote-part (à raison de 100 euros pour chaque membre du foyer, enfant ou adulte), qui à une association cultuelle chrétienne, musulmane, juive, bouddhiste... qui à une association de pêche, qui à une ONG d'aide au tiers monde, un syndicat ou un parti politique.

Ainsi conjuguera-t-on efficacité et démocratie.

Fêtes religieuses

En matière de laïcité comme en bien d'autres domaines, l'État français donne le mauvais exemple. C'est ainsi que la circulaire du ministre de la fonction publique n901 du 23 septembre 1967 fixe les « autorisations d'absence pouvant être accordées à l'occasion des principales fêtes religieuses des différentes confessions ».

En vertu de cette circulaire toujours en vigueur, les fonctionnaires français peuvent solliciter de leur chef de service :
– un jour d'absence s'ils se recommandent de la religion orthodoxe (Noël orthodoxe),
– trois jours s'ils revendiquent leur origine arménienne (Noël arménien, fête des Varanants, commémoration du 24 avril),
– trois jours pour les musulmans qui se veulent ou se disent pratiquants (Aïd El Adha, Al Mawlid Annaboui, Aïd El Fitr),
– trois jours pour les juifs qui se veulent ou se disent pratiquants (Roch Hachana, Yom Kippour),
– un jour seulement (!) pour les bouddhistes (fête du Vesak),

Les fonctionnaires catholiques, protestants, pratiquants des cultes africains, mormons, athées, agnostiques... n'ont, eux, droit à aucune autorisation d'absence (sauf à se convertir publiquement à l'une des religions précitées).

La neutralité républicaine justifierait l'abrogation de cette circulaire discriminatoire.

Allons plus loin. Le souci d'équité entre tous les salariés français justifierait une remise à plat des jours chômés officiels associés à une fête catholique : Ascension, lundis de Pâques et de la Pentecôte, Assomption (15 août), Toussaint (1er novembre), Noël.

- Noël, devenue fête universelle, et la Toussaint, dédiée aux défunts, débordent largement les milieux chrétiens et ont acquis avec le temps une légitimité aussi solide que la fête du Travail (1er mai) et les fêtes nationales du 14 juillet et du 11 novembre.

- Les lundis chômés de Pâques et de la Pentecôte permettaient à l'origine de se reposer des célébrations de la veille ! Ils permettent aujourd'hui des week-ends prolongés et facilitent les retrouvailles familiales à la faveur du printemps. Pratique agréable mais injustifiée tant du point de vue religieux que du point de vue économique et social.

- Le jeudi de l'Ascension n'est pas chômé en Italie, autre grand pays catholique. Il provoque chaque année un fameux « pont de l'Ascension » qui désorganise l'économie, sature les infrastructures hôtelières et embouteille les autoroutes. Les mêmes inconvénients se retrouvent certaines années avec le « pont du 8 mai », fête nationale chômée à la légitimité contestable.

- L'Assomption de la Vierge, le 15 août, est de plus en plus négligée par les fidèles, vacances obligent.

Équité entre salariés et traditions nationales

Si l'État supprime d'office un ou plusieurs jours fériés, il risque de mécontenter beaucoup de monde comme cela s'est vu avec le lundi de Pentecôte. 

Pour ne gêner personne, il peut par contre octroyer à l'ensemble des salariés du public et du privé trois ou quatre jours de repos à la date de leur choix mais en-dehors des congés payés. Ces « congés mobiles » viendraient en remplacement des jours chômés du jeudi de l'Ascension, du 15 août, voire du 8 mai.

Les salariés auraient pour seule obligation de déposer leur demande de « jours de congés mobiles » auprès de leur employeur avec un préavis suffisant pour ne pas gêner leur service et sans avoir à se justifier.

Ainsi, chrétiens des différentes confessions, musulmans, juifs, bouddhistes et agnostiques, chacun pourrait se libérer pour les fêtes familiales et religieuses de son choix sans avoir de compte à rendre sur ses convictions ou ses occupations privées.

Mariages religieux, mariage civil

Le mariage illustre la persistance de graves malentendus sur la laïcité. La loi française impose aux ministres des cultes de ne marier leurs fidèles qu'après leur passage devant le maire pour un mariage civil (*).

Tout laïc qu'il soit, l'État conserve ainsi un droit de regard sur des confessions religieuses, dont on ne voit pas ce qui peut le justifier. En quoi l'État peut-il être concerné par des cérémonies d'ordre privé dès lors qu'elles n'ont aucune implication en droit civil ?

Dans les faits, seuls les prêtres, pasteurs et rabbins se conforment à la loi. Et l'État n'a jamais engagé de poursuites contre les imams qui procèdent à des unions sans que les conjoints soient passés devant le maire. Il ne se soucie pas non plus des représentants des autres religions dans la mesure où ceux-ci ne se font pas identifier : bouddhisme, hindouisme, religions africaines, témoins de Jéhovah...

Qui plus est, l'État laïc valide sans sourciller les mariages conclus à l'étranger par des immigrants candidats à la carte de séjour ou à la carte de citoyen. Il ne se demande pas si ces mariages conclus à l'étranger sont conformes à l'éthique républicaine et aux principes d'humanité concernant en particulier l'âge de l'épousée et son consentement.

Or, de nombreux États légitiment au nom de la religion les mariages forcés de fillettes, la polygamie et la répudiation des épouses ; autant de dispositions contraires aux principes d'égalité entre l'homme et la femme. Incroyable mais parfaitement toléré par les bien-pensants de tous bords, les tribunaux français reconnaissent en particulier aux Marocains établis en France le droit de répudier leur épouse sur simple déclaration, par la vertu d'une convention entre le président François Mitterrand et le roi Hassan II en date du 10 août 1981.

Un mariage authentiquement républicain et laïc

La neutralité laïque voudrait que 1) l'État ne fasse cas d'aucun mariage autre que celui célébré à la mairie et 2) qu'à l'instant de solliciter une autorisation de séjour ou la nationalité française, les couples étrangers renouvellent leur engagement de mariage devant un officier d'état civil selon les lois de la République.

Cette disposition, conjuguée à l'élévation de l'âge légal du mariage à 18 ans au lieu de 15 pour les femmes, mettrait un coup d'arrêt aux mariages forcés. 70.000 adolescentes issues de l'immigration seraient concernées par ces mariages forcés si l'on en croit le Haut Conseil à l'Intégration.

De telles dispositions deviennent indispensables pour que les citoyens français ne soient plus catalogués en fonction de leur religion d'origine.

Alban Dignat

Publié ou mis jour le : 2016-08-11 23:08:22

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Guillaume_rc (06-04-201112:22:07)

@ Thibaut.
Votre "tonnement" m'tonne mon tour. D'une part, je ne vois vraiment pas en quoi l'extrait cit est violent (ou alors toute relation d'un fait est violente - ce qui va poser problme).
D'autre part et surtout, J. Savs ne fait que souligner une vidence : les libertaires internationalistes ou agnostiques ont pour objectif avou la suppression des frontires (et donc l'effondrement des nations). Et pour cela n'hsitent pas soutenir l'Islam le plus militant.
J... Lire la suite


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