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Camille Desmoulins (1760 - 1794)

Le journaliste de la Révolution


Camille Desmoulins, né à Guise en Thiérache, au nord-est de la Picardie, devait rappeler plus tard ses origines, se décrivant volontiers comme « patriote picard ».

Fils d'un petit magistrat, il suit de bonnes études au lycée Louis-le-Grand à Paris, où il fait la connaissance d'un autre élève : Maximilien de Robespierre.

Puis, passant sa licence, il devient avocat en mars 1785. Mais peu doué pour l'art oratoire, étant bègue et timide, Camille connaît jusqu'au début de la Révolution des années de galère.

D'emblée, en mai 1789, ce jeune homme ardent et junévile est enthousiasmé par l'ouverture des états généraux à Versailles.

L'aventure révolutionnaire

Le début de sa carrière politique date du 12 juillet 1789. Se promenant dans les jardins du Palais-Royal, apprenant le renvoi de Necker, il monte sur une table et, oubliant ses difficultés d'élocution, se met à haranguer la foule, lui donne pour signe de ralliement une feuille verte cueillie sur les arbres et lance l'idée de prendre la Bastille.

Après la prise de la Bastille, le jeune homme fait publier deux pamphlets qui ont un grand retentissement et le font connaître dans les milieux révolutionnaires. Le premier, La France libre, attaque surtout les corps constitués de la monarchie, la noblesse et le clergé, et conclut à l'établissement d'un gouvernement «populaire», c'est-à-dire républicain. Le second, intitulé Le discours de la Lanterne aux Parisiens, est une prosopopée brillante qui traite de nombreux sujets : l'égalité entre tous les membres du corps social, la justice que l'on doit au peuple si l'on veut éviter qu'il se la fasse lui-même, la liberté de la presse et la religion.

En novembre 1789, Desmoulins lance son premier journal, un hebdomadaire, Les Révolutions de France et de Brabant. Très lu, il confirme sa notoriété et lui apporte enfin une certaine aisance financière.

Ses succès lui permettent d'obtenir en décembre 1790 la main d'une jeune fille de la bourgeoisie, Lucile Duplessis-Laridon, de dix ans sa cadette, qu'il courtisait depuis plusieurs années déjà. Mariage d'amour jusqu'à la mort.

Intime d'abord de Mirabeau, Camille se rapproche ensuite de personnages plus radicaux comme Danton et Robespierre. Compromis après la fuite du roi et les événements qui la suivent (pétition et fusillade du Champ de Mars) en juillet 1791, il doit arrêter la publication de son journal et se cacher jusqu'à l'amnistie votée par la Constituante en septembre de la même année, date à laquelle cette assemblée laisse la place à l'Assemblée nationale législative.

Membre du club des Cordeliers et de celui des Jacobins, Camille Desmoulins ne ralentit pas son activité et, s'il ne peut reprendre immédiatement son métier de journaliste, il fait paraître plusieurs textes qui entretiennent sa popularité. Le jeune révolutionnaire, suivant en cela Robespierre, tente de s'opposer à la déclaration de guerre, se fâchant à cette occasion avec Brissot et les Girondins.

Après la chute de la monarchie, le 10 août 1792, Camille est nommé secrétaire général du département de la justice, chargé de la garde des sceaux, dans le ministère de son ami Danton, au sein du gouvernement provisoire (Comité exécutif provisoire). Il ne peut s'opposer aux massacres de septembre.

Élu à la nouvelle assemblée, la Convention, comme député de Paris, il siège dans les rangs de la Montagne et vote la mort du roi en janvier 1793. Fidèle à Robespierre, il participe à la chute de la Gironde, en particulier en faisant paraître un pamphlet redoutable intitulé Histoire des Brissotins (mai 1793), véritable brûlot lancé contre les Girondins.

Cependant, choqué par la condamnation à mort de Brissot et de ses amis, qu'il n'avait pas souhaitée, et par les excès de la déchristianisation menée par le parti du journaliste Hébert qui prône en plus une accentuation de la Terreur, Camille Desmoulins n'adhére pas à celle-ci.

Il fait paraître à partir de décembre 1793 son dernier journal et son chef d'œuvre : Le Vieux Cordelier, qui n'aura que sept numéros (le dernier sera posthume). Par cet intermédiaire, il s'oppose à la Terreur et réclame la liberté complète de la presse. Il se fait ainsi le porte-parole des Indulgents (Danton et ses proches) et attaque le Comité de salut public, dont une des têtes est Robespierre. Celui-ci ne peut le défendre et Camille est entraîné par la chute de sa faction et guillotiné avec Danton le 5 avril 1794 (16 germinal an II).

Son épouse Lucile (23 ans) est exécutée huit jours après lui sous l'accusation d'avoir conspiré avec l'étranger en vue de le délivrer.

Épilogue

Que reste-t-il de nos jours de Camille Desmoulins, à part le nom d'une rue dans une douzaine de villes ? Apparemment peu de choses. Et pourtant, les problèmes qu'il a traités et commentés, la morale pour laquelle il a combattu et est mort, restent toujours d'actualité ; ces problèmes, cette morale, ce sont ceux de la liberté et des Droits de l'homme.

Les rapports souvent conflictuels des journalistes et du pouvoir, la liberté de la presse en particulier, sont toujours de nos jours des sujets de discussion. Et même s'ils sont moins aigus chez nous, n'oublions pas que la moitié du monde est encore privée de cette liberté fondamentale, celle de pouvoir écrire et publier ce que l'on pense. À cet égard, l'histoire de Camille Desmoulins, journaliste de la liberté, reste exemplaire.

Gérard Bonn
L'auteur : Gérard Bonn

Médecin retraité, je vis en Bretagne. Membre de l'association Camille Desmoulins, je me suis toujours passionné pour la Révolution française, par goût et par tradition familiale.

J'ai ainsi écrit une biographie de ce brillant chroniqueur révolutionnaire, parue en novembre 2006 et intitulée Camille Desmoulins ou la plume de la liberté, avec une préface du professeur Yves Pouliquen de l'Académie française (éditions Glyphe).

Publié ou mis à jour le : 2016-03-23 10:15:49

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