7 septembre 869

Les esclaves noirs se révoltent en Irak

Le 7 septembre 869 se déclenche dans les marais du bas Irak la grande révolte des Zendj. Sous la conduite d'un meneur persan, Ali ben Mohamed, ces esclaves originaires d'Afrique noire vont mettre en péril le prestigieux empire arabo-persan de Bagdad, fondé par Saffah un siècle plus tôt.

Bagdad et ses esclaves

L'empire abasside a entamé son déclin dès le début du IXe siècle, dans les dernières années du règne du calife Haroun al-Rachid, sous l'effet de l'incurie administrative, des injustices sociales, des révoltes d'esclaves et des tensions religieuses entre chiites et sunnites. Sa prospérité reposait en effet sur des bases fragiles :
• l'impôt versé par les non-croyants (chrétiens, juifs...) dont le nombre tend à diminuer du fait des conversions,
• l'esclavage, sujet à des révoltes périodiques.

Pour cultiver leurs immenses domaines agricoles et notamment les plantations de canne à sucre, les riches notables de Bagdad s'approvisionnent en main-d'oeuvre servile en Afrique subsaharienne, où l'esclavage est une institution solidement établie. De nombreux esclaves noirs, appelés Zendj (d'un mot arabe qui désigne les Africains ; on écrit aussi Zandj ou Zenj), en viennent à travailler très durement comme manoeuvres agricoles dans les zones marécageuses du Chott al-Arab, au sud de l'Irak actuel.

Révoltes noires

Dès les débuts de l'occupation musulmane, en 689, on signale une révolte en Mésopotamie, parmi les esclaves africains employés à la construction des villes comme Bassorah ainsi qu'à l'assèchement des marais qui s'étendent au confluent du Tigre et de l'Euphrate. Elle est réprimée avec la plus extrême brutalité.

Un siècle et demi plus tard, en 869, survient au même endroit la plus mémorable de toutes les révoltes d'esclaves. Elle germe dans une période d'anarchie consécutive à la mort du calife el-Moutawakkil, en 861, assassiné par sa garde turque.

Les Zendj s'insurgent à l'appel d'un agitateur musulman venu de Perse, un certain Ali ben Mohammed surnommé « Sahib al-Zandj » (le maître des esclaves). Sous sa conduite, les esclaves s'emparent des villes de la région et mettent en déroute plusieurs armées. Les vainqueurs en arrivent à fonder un embryon d'État avec ses tribunaux et sa monnaie. Le 7 septembre 871 enfin, ils triomphent avec la prise de Bassorah, capitale du bas-Irak.

À Bagdad, l'inquiétude est à son comble. On craint que les Zendj en viennent à menacer Bagdad. En 883 enfin, les armées du calife ont raison des rebelles. La plupart des anciens esclaves meurent les armes à la main. Mais une partie des survivants, reconnus pour leur combativité, sont intégrés dans les armées du calife.

La révolte des Zendj ébranle les fondations de l'empire arabo-persan et marque le début de son déclin.

Publié ou mis à jour le : 2021-10-27 04:07:31

 
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