Une femme d'exception - « RBG », avocate au service des femmes américaines - Herodote.net

Une femme d'exception

« RBG », avocate au service des femmes américaines

15 janvier 2010 : le biopic Une femme d'exception (2018) retrace les débuts d'une avocate américaine promise à une prestigieuse carrière, Ruth Bader Ginsburg. Après avoir toute sa vie lutté contre les discriminations fondées sur le sexe, elle siège aujourd'hui à la Cour Suprême...

Une femme d'exception (2018)En ce début du XXIe siècle, les studios d’Hollywood ont mis à l’honneur un nouveau genre cinématographique, le biopic, un mot-valise pour désigner la biographie romancée d’un personnage public.

Si l’on devait traduire le terme en français savant, cela donnerait hagiographie, et en français commun : Vies de saints. En effet, comme les Vies de saints des siècles passés, qui avaient pour objectif avoué l’édification des chrétiens, les biopics hollywoodiens ont le plus souvent pour but l’édification du public américain.

Les biopics témoignent toujours d’une empathie pour leur héros. Même le film consacré à l’odieux John Edgar Hoover laissait transparaître une grande admiration pour le personnage. Autant dire que ce biopic consacré à Ruth Bader Ginsburg, une magistrate d’une grande hauteur morale, ne fait pas dans la nuance.

Connue aux États-Unis sous ses simples initiales : « Notorious RBG », l’héroïne est encore bien vivante, n’en déplaise à ses adversaires et en premier lieu au président Trump. Elle s’est d’ailleurs autorisée un droit de regard sur le scénario du film qui lui a été consacré sous le titre On the Basis of Sex (titre français : « Une Femme d’exception »).

Le film a été réalisé par Mimi Leder sur un scénario du propre neveu de RBG ! Il relate essentiellement les dix ou quinze premières années de la vie publique de Ruth, depuis son entrée à Harvard jusqu’à sa victoire en 1971, dans un procès qui a remis en cause pour la première fois les discriminations fondées sur le sexe dans le droit américain.   

De l’importance du droit aux États-Unis

Ruth Bader Ginsburg, juge associée à la Cour Suprême des États-Unis (DR)Ruth Bader Ginsburg est la deuxième femme à avoir été nommée à la Cour Suprême. C’était en 1993, sous la présidence de Bill Clinton (cette juridiction compte aujourd’hui trois femmes dont RBG sur un total de neuf juges). Depuis lors, sa popularité n’a cessé de croître et elle a connu encore un rebond après l’élection du président Trump, du fait de ses prises de position caustiques.

Née en 1933 dans une famille juive de Brooklyn, affichant une ténacité à l’opposé de sa petite taille (1,55 mètre), RBG a combattu toute sa vie les discriminations juridiques fondées sur le sexe et en premier lieu contre les institutions qui lui faisaient barrage.

En 1959, épouse comblée et jeune maman, elle fut l’une des neuf femmes à entrer à Harvard au milieu d’une promotion de cinq cents hommes. Elle en sortit major et gagna ensuite l’université de Columbia (New-York) pour suivre son mari.

Recalée dans tous les cabinets juridiques du fait de son sexe et en dépit de ses compétences, elle s’engagea dans l’enseignement et le militantisme jusqu’au fameux procès de 1971, relatif à un célibataire du Dakota qui, ayant renoncé à son travail pour s’occuper de sa mère malade, s’était vu refuser un abattement fiscal de quelques dizaines d’euros au prétexte que seules les femmes faisant office de garde-malade y avaient droit.

Engagée à ses côtés comme avocate, Ruth Bader Ginsburg se servit du fait que la discrimination sur le sexe affectait dans ce cas précis un homme pour la contester et par là même mettre en cause l’ensemble des lois discriminatoires. C’est le début d’une cascade de procès et de victoires qui vont rénover le droit américain.

Tout en donnant la primeur à l’amour sans nuage du couple Ginsburg, le film témoigne de l’importance toute particulière du droit aux États-Unis et de la place prééminente des avocats. Mais, disons-le, le spectateur français se perd assez vite dans les arguties juridiques, surtout quand celles-ci sont en anglais sous-titré. Le plus regrettable est la quasi-absence du contexte. La société américaine a profondément changé dans les années 1960 et elle a vu naître en particulier le mouvement de libération des femmes (Women’s Lib) sans lequel, sans doute, le combat judiciaire de RBG aurait été vain. On eut apprécié une mise en parallèle des deux phénomènes.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2019-01-18 22:48:27

 
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