Frantz - Un mélodrame de l'entre-deux-guerres - Herodote.net

Frantz

Un mélodrame de l'entre-deux-guerres

7 septembre 2016 : le cinéaste François Ozon nous surprend avec Frantz, un film intime, plein de finesse et de sensibilité, dans une atmosphère appesantie par le souvenir de la Grande Guerre...

Frantz (François Ozon, 2016)L'annonce laisse sceptique : un film de près de deux heures, en noir et blanc - avec tout de même quelques touches de couleur -, des dialogues tantôt en allemand tantôt en français, tout cela peu après l'Armistice,  dans l'atmosphère sombre d'une petite ville allemande endeuillée par la Grande Guerre.

Le résultat ? Un moment d'évasion très agréable et une histoire pleine de suspense et d'émotion. La grande Histoire, avec ses cimetières, ses grands blessés, ses coups de gueule patriotiques, est évoquée avec une rare justesse. Elle s'immisce dans les relations entre les personnages sans que ceux-ci puissent jamais lui échapper.

Nous ne vous raconterons pas ici le scénario car ce serait enlever beaucoup d'intérêt à ces deux heures de projection. Il suffit de savoir que tout commence avec une Allemande qui va se recueillir sur la tombe de son fiancé. Elle croise un jeune Français, venu se recueillir sur la même tombe. Il va s'ensuivre des échanges, des malentendus, de vrais mensonges et de fausses joies (ou l'inverse)...

Ce film de fiction pure, sans rapport direct avec l'Histoire, aide pourtant à appréhender celle-ci. Il nous fait pénétrer dans ce qu'ont pu être les sentiments des Allemands et des Français au sortir de la Grande Guerre. Dans un registre tout à fait différent, il n'est pas sans rappeler Le ruban blanc de Michael Haeneke qui montrait en 2009, également en noir et blanc, un village de l'Allemagne luthérienne d'avant la Grande Guerre.

Avec ses personnages cultivés, parfaitement bilingues, qui partagent les mêmes passions et se différencient seulement par la carte d'identité, Frantz nous emmène loin des problématiques sociales du moment... quoiqu'en prétende le cinéaste qui se croit obligé dans sa promotion de faire un rapprochement entre son film et la question des migrants ! Il nous rappelle certains écrivains d'autrefois qui redoublaient de piété ostentatoire pour gagner la bienveillance des censeurs de l'Église.

André Larané
Publié ou mis à jour le : 2018-11-27 10:50:14

 
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