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>> 1er mars 1382
Charles VI le Fou
4 novembre 1380 : sacre de Charles VI à Reims
• 1er mars 1382 : révolte fiscale des Maillotins
• 5 août 1392 : Charles VI le Bien Aimé devient le Fou
• 23 novembre 1407 : assassinat dans la rue Vieille du Temple
• 27 avril 1413 : révolte des Cabochiens
• 25 octobre 1415 : la «fleur de la chevalerie française» défaite à Azincourt
• 10 septembre 1419 : assassinat de Jean sans Peur
• 21 mai 1420 : la France humiliée par le traité de Troyes
21 octobre 1422 : mort de Charles VI
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1er mars 1382

La révolte fiscale des Maillotins


Le 1er mars 1382, les bourgeois de Paris, marchands, artisans et notables, s'assemblent et prennent à parti les agents du fisc mais aussi les juifs. C'est le début de la révolte des « Maillotins », la plus grave des révoltes fiscales de cette fin du Moyen Âge, en France.

André Larané

Embellie au royaume de France

Sous le précédent règne, celui de Charles V, la France a commencé à se remettre d'un douloureux conflit avec les Anglais grâce au roi, justement surnommé le Sage, et à son connétable, le Breton Bertrand Du Guesclin.

Ils ont réussi à chasser les Anglais et ceux-ci ne tiennent plus que cinq ports sur le Continent : Calais, Cherbourg, Brest, Bordeaux et Bayonne. Ils ont aussi débarrassé le pays des Grandes Compagnies, en entraînant en Espagne ces mercenaires transformés en bandits de grand chemin. 

Il s'ensuit une longue « embellie » dont témoignent les enluminures des Très riches Heures du duc de Berry. La tapisserie de l'Apocalypse, qui fait aujourd'hui la célébrité du château d'Angers, en est un autre héritage. Elle est réalisée entre 1375 et 1382 à Paris, dans l'atelier du licier Robert Poinçon, d'après des cartons du peintre Jean de Bruges. Le commanditaire est le duc Louis 1er d'Anjou, frère du roi Charles V. L'œuvre mesure 6 mètres de haut et 133 mètres de long. Notons que, pour la première fois en France, une femme, Christine de Pisan (1364-1430), s'adonne avec talent aux lettres et à la littérature. On lui doit une biographie de Charles V.

Cette « embellie » va se prolonger jusqu'à la reprise du conflit avec les Anglais, en 1415, avec la bataille d'Azincourt.

Charles VI n'a pas tout à fait 12 ans quand il succède à son père Charles V le Sage, le 16 septembre 1380. Il est sacré à Reims selon l'antique coutume le 4 novembre 1380. Les habitants de la ville saluent le sacre par les cris de « Vive le roi de France ! Montjoie Saint Denis ! » C'est qu'ils viennent d'apprendre, à leur grande satisfaction, qu'est confirmée la suppression des fouages décidée à la fin du règne précédent (les fouages étaient un impôt extraordinaire perçu sur chaque ménage (on dit aussi feu ou foyer).

Une régence détestée

Mais le roi étant encore mineur à son avènement, ses puissants oncles, Louis d'Anjou, Jean de Berry, Louis de Bourbon et Philippe de Bourgogne, assurent la régence. Ils profitent de leur pouvoir pour dilapider les ressources du royaume et instaurer de nouveaux impôts pour leur profit personnel.

C'est ainsi que le 28 février 1382, le duc d'Anjou instaure une nouvelle taxe sur les comestibles. Dès le lendemain, sur le marché, un percepteur est massacré alors qu'il réclame l'impôt à une marchande.

C'est le début de la révolte. Les bourgeois de Paris, déjà exaspérés par les désordres de la cour, se rassemblent et se soulèvent.

Ils s'emparent de l'Arsenal et de l'Hôtel de ville. À l'intérieur de celui-ci, ils trouvent environ deux mille maillets de plomb entreposés en prévision d'une attaque de la ville. Ils s'en emparent (d'où leur surnom de « Maillotins ») puis descendent dans la rue. Ils s'en prennent aux juifs, dont plusieurs sont massacrés, et aux percepteurs.

Le conseil de régence instaure sans attendre la loi martiale. On ferme les portes de Paris et tend des chaînes à travers les rues. Les émeutiers demandent à parlementer. Le 4 mars, le roi consent à abolir la taxe incriminée et accorde l'amnistie aux émeutiers sauf aux meneurs. Une douzaine d'entre eux sont pendus.

Mais la situation reste tendue. La monarchie a besoin d'argent pour mener la guerre contre les milices flamandes et ne renonce pas à lever de nouveaux impôts.

Le jeune roi arrive à réunir des troupes et écrase les Flamands à Rosebeke le 27 novembre 1382. Il entre en vainqueur dans la capitale, à la tête de ses troupes. Là-dessus, en janvier, le conseil de régence fait arrêter un grand nombre de suspects parmi les marchands et les notables de la ville. Puis il rétablit à compter du 1er février les aides et autres impôts indirects. Il supprime également la prévôté des marchands, l'équivalent de la mairie de Paris, par laquelle les bourgeois sont associés à l'administration de la capitale. Enfin, le 1er mars, le roi consent à accorder son pardon aux Parisiens.

La révolte des Maillotins est la dernière et la plus grave des grandes révoltes fiscales qui secouent le pays en ces premières années de régence, après la révolte des « Tuchins » en Languedoc et les « Hardelles » à Rouen.

Éphémère éclaircie

En 1388, le roi Charles VI reprend en main les affaires du royaume. Il chasse ses oncles prévaricateurs et rappelle les sages conseillers de son père, gens de modeste extraction, que les princes surnomment avec mépris les « Marmousets ». Ce terme péjoratif désignait à l'époque les parvenus. Il vient du nom donné aux figures grotesques qui ornent les heurtoirs de portes.

Le jeune roi est appelé par ses sujets Charles VI le Bien-Aimé. Mais, contre toute attente, son règne, l'un des plus longs de l'Histoire de France, se terminera en 1422 dans les pires calamités à cause, tout simplement, de ce qu'il sera devenu fou et inapte à exercer son autorité.

Effervescence sociale dans toute l'Europe

La révolte des Maillotins n'est pas un phénomène isolé en France et en Europe. La brutale diminution de la population, après la Grande Peste de 1347, réduit la main-d'oeuvre disponible dans les campagnes et les villages. Les travailleurs de la terre et les artisans des villes en profitent pour multiplier les revendications sociales.

Dans le même temps, les très grosses dépenses dues à la guerre franco-anglaise poussent les nobles et les souverains à créer de nouvelles taxes. Il s'ensuit de nombreuses révoltes sociales qui annoncent la fin du Moyen Âge.

– En Angleterre, les paysans se révoltent en 1381 sous l'égide de Wat Tyler et menacent la monarchie.
– En Flandre, sous la conduite de Philip Van Artevelde, les tisserands de Gand se soulèvent en 1382 contre le comte de Flandre et ses soutiens français.
– En Hongrie, sous le règne du roi Sigismond, les paysans se révoltent contre les grands féodaux. Battus, ils retournent au servage... et se vengent en refusant leur concours aux seigneurs lorsque la Hongrie est envahie par les Turcs.

En Europe occidentale, cependant, en marge de révoltes spectaculaires et de troubles politiques, cette époque tragique se solde par une augmentation des salaires et des revenus, ainsi que par un renforcement des droits des travailleurs. Le servage disparaît sur presque toute l'étendue du continent, les seigneurs s'efforçant de retenir la main-d'oeuvre paysanne sur leurs terres en offrant de meilleures garanties que précédemment. De la même façon, les seigneurs multiplient les franchises communales pour encourager l'activité artisanale et le commerce sur leurs terres.

Faut-il donc baisser les bras ? Bien au contraire. Le temps de cette lecture, oublions le paradigme selon lequel la crise économique serait entretenue par les déficits publics. Défaisons-nous de nos préjugés et de la croyance quasi-religieuse dans le libéralisme financier (voir la dernière partie de ce document : Une Histoire de la Grande Crise). Et pour commencer, réfléchissons à une réalité troublante : la construction européenne n'a créé en cinquante ans aucune solidarité effective par-dessus les États. En pratique, les Français ne sont pas plus solidaires des Allemands que des Suisses ou des Marocains. Il y a aujourd'hui plus de liens (fiscaux, sociaux,...) entre un habitant d'un bidonville de Mayotte et un bourgeois de Strasbourg qu'entre ce dernier et son voisin de Fribourg-en-Brisgau. L'union monétaire et la libre circulation des capitaux ne remplacent pas cette absence de solidarités. Au contraire, elle exacerbe les conflits entre les États en supprimant les barrières de protection avec les conséquences qui suivent.


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• 5 août 1392 : Charles VI le Bien Aimé devient le Fou

Publié ou mis à jour le : 2016-03-01 12:18:27

Les commentaires des Amis d'Herodote.net

Les commentaires sur cet article :

Anonyme (04-03-201321:42:32)

En 1382, les Flamands sont commandés par le fils de Jacob van Artevelde, et non pas par celui-ci, puisqu'il a été tué en 1345.


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