IIIe au Ier millénaire av. J.-C. - Les origines de la Chine - Herodote.net

IIIe au Ier millénaire av. J.-C.

Les origines de la Chine

La Chine n'est pas seulement l'État le plus peuplé de la planète (environ 1,300 milliard d'habitants, non compris une diaspora de 100 millions d'âmes). C'en est aussi le plus ancien. Ses origines remontent au IIIe millénaire avant notre ère si l'on en croit les chroniques anciennes tissées de légendes et d'épopées tout autant que d'histoire...

André Larané

L'aube de la civilisation

La civilisation chinoise est née dans la « Grande Plaine » du Fleuve Jaune ou Huang He. Il s'agit d'un plateau recouvert de loess, un sédiment déposé par le vent.

Sur cette étendue fertile d'environ 300.000 km2 (les deux tiers de la France) s'est développée une agriculture intensive autour de deux céréales : le blé et le millet.

La vie des Chinois s'est très tôt organisée autour de la vie des champs.

Le souverain, investi d'un « mandat céleste » qui fait de lui le  « Fils du Ciel », a la lourde responsabilité de fixer le calendrier des travaux agricoles et d'ouvrir les saisons par des rituels propitiatoires et des sacrifices. Il garantit l'harmonie du Ciel et de la Terre et prévient de la sorte les catastrophes (famines, séismes, épidémies...).

La mythologie chinoise attribue à Shennong, un héros né d'une immortelle et d'un dragon, l'apport de l'agriculture, de la charrue et de l'écriture.

Des Xia aux Shang-Yin

À peine plus fiables, les chroniques anciennes évoquent une première dynastie de rois sacrés, les Xia, qui auraient régné sur la Grande Plaine de l'an 2207 à l'an 1766 av. J.-C. environ. À la même époque, en Occident, s'épanouit la civilisation crétoise et Hammourabi organise son empire babylonien.

La dynastie suivante, les Shang ou Shang-Yin, aurait été fondée par Tang le Victorieux. Elle a duré jusqu'aux alentours de 1100 av. J.-C.  et établi sa capitale à Anyang, sur le cours inférieur du Fleuve Jaune. 

Sépulture de l'époque Shang près du site d'Anyang (Chine du nord) ; les chars et leurs chevaux accompagnent les défunts dans l'au-delà (DR)Cette dynastie coïncide avec  l'introduction du bronze en Chine, en provenance de la Sibérie, et la diffusion de l'écriture, de type idéographique (chaque signe représente un objet ou un concept) et non phonétique comme au Proche-Orient.

Elle introduit aussi le culte des ancêtres, lequel est au début réservé aux classes dirigeantes.

Les paysans chinois, déjà à l'étroit dans la Grande Plaine, commencent de coloniser les régions périphériques : les steppes de l'ouest et du nord ; les forêts denses du sud et le bassin du Fleuve Bleu ou Long Fleuve (Yangzi Jiang ou Yangtse).

Les Zhous et l'« époque des Printemps et des Automnes »

En 1121, le dernier souverain Shang-Yin est, d'après les chroniques, un débauché, ce qui lui vaut de perdre le mandat du Ciel. Un seigneur des Marches de l'Ouest, qui s'est aguerri dans les combats contre les Barbares, marche sur sa capitale et met le feu au palais. L'empereur, désespéré, se vêt de ses perles et de ses jades, monte sur une terrasse et se jette dans les flammes !

Le vainqueur, Wu, inaugure la dynastie des Zhou (prononcer djo). Il établit la nouvelle résidence impériale dans la haute vallée de la Wei, d'où il est issu. Respectueux du culte des ancêtres, propre à la noblesse de ce temps, il honore son propre père du titre de roi sous le nom de Wen.

Les arts décoratifs tendent à régresser sous le règne de ces guerriers austères mais, dans le même temps, se raréfient aussi les sacrifices humains. Divisée en un millier de principautés féodales, plus ou moins autonomes, la Chine prospère et s'étend sous la dynastie Zhou jusqu'à la catastrophe de 771 av. J.-C. qui voit la capitale, située dans les marches de l'ouest, investie par des Barbares. L'héritier du trône se replie avec sa cour vers le centre du pays, à Luoyi (l'actuelle Luoyang), près du Fleuve Jaune.

C'en est fini des Zhou occidentaux. La période qui s'ouvre est joliment appelée « époque des Printemps et des Automnes » (printemps-automne n'est rien d'autre que la traduction mot à mot du terme chinois qui désigne des annales). Cette période correspond à un affaiblissement de l'autorité du souverain.

Le pays est partagé entre une douzaine de grandes principautés rivales. Les princes se battent aussi les uns contre les autres en respectant un strict code de l'honneur, à la manière des chevaliers féodaux du Moyen Âge occidental. L'arme noble est le char de combat. Cet engin à deux roues est tiré par deux chevaux. Il porte un cocher accompagné d'un archer et d'un guerrier armé d'une hache-poignard. En temps de paix, le char est employé à la chasse.

Les princes ressentent aussi le besoin d'affirmer leur légitimité en s'appuyant sur de bons législateurs. Plusieurs sages jettent les fondements de la morale. Le plus célèbre est Confucius (555 à 479 av. J.-C.), dont les préceptes nourriront jusqu'à nos jours la pensée chinoise.

Les « Royaumes combattants »

En 453 av. J.-C., la Chine des Zhou orientaux (capitale : Luoyi) ne compte plus que sept grandes principautés virtuellement indépendantes : les royaumes Qin (à l'ouest), Wei, Zhao et Han (dits « les trois Jin », au centre), Yan (au nord-est), Qi (péninsule du Shandong) et Chu (au sud).

Plus que jamais, les rois et princes s'appuient sur des lettrés itinérants pour consolider leur autorité d'où l'expression : « Cent Écoles » parfois employée pour qualifier cette période (on peut y voir quelques similitudes avec l'humanisme des XIVe et XVe siècles occidentaux). Xuan, roi de Xi (342 à 324 av. J.-C.), organise à Linzi une académie ou université où ces lettrés débattent.

Dans le pays de Qin, sous le règne de Xiaogong (361 à 338 av. J.-C.) le ministre Shang Yang jette les bases d'un véritable État avec des circonscriptions administratives solidement arrimées au pouvoir central. Il impose un ordre policier avec un système efficace d'autocontrôle dans lequel les sujets sont répartis dans des groupes collectivement responsables des fautes que pourraient commettre l'un ou l'autre !

L'époque est propice aux progrès techniques : soucieux d'accroître leur puissance et leur richesse, les rois encouragent les travaux de défrichement, drainage et irrigation. La productivité de l'agriculture est améliorée par l'invention de l'attelage de poitrail et du collier d'attelage (avec plusieurs siècles d'avance sur l'Occident), ainsi que par la production en grand nombre d'outils en fer. L'industrie de la soie, spécialité chinoise, fait la fortune du pays et nourrit un commerce fructueux avec l'Asie centrale et même le bassin méditerranéen. Des caravanes de plus en plus nombreuses empruntent les « routes de la soie ». Celles-ci prospèreront et nourriront les échanges entre l'Orient et l'Occident jusqu'à l'irruption des Turcs, au XVe siècle.

Côté militaire, il n'est plus question de code de l'honneur. Les guerres deviennent brutales. Elles associent la cavalerie et l'infanterie (indispensable pour le massacre des populations ennemies !). Les rois érigent des murailles à leurs frontières pour se protéger autant que faire se peut de leurs ennemis.

Cette époque de fer et de sang, mais aussi de progrès intellectuels et techniques, est dite « époque des Royaumes combattants ». Elle prend fin avec l'avènement du Premier Empereur en 221 av. J.-C. Celui-ci a le génie et l'énergie d'appliquer à l'ensemble de la Chine, de façon standardisée, les recettes qui auront si bien réussies aux différents royaumes, à commencer par le sien, Qin.

Publié ou mis à jour le : 2019-05-01 09:10:03

 
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